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LI9RARIES 




LE 

MOYEN AGE 



TOME 19 

{2ème Série —Tome 10) 
1906 




LE MOYEN AGE 



LE MOYEN AGE 

REVUE 

D'HISTOIRE & DE PHILOLOGIE 

Directeurs : 
MM. A. MARIGNAN, M. PROU et WILMOTTE 

Secrétaire: M. A. VIDIER 



2« SERIE. - TOME X 

TOME XIX DE LA COLLECTION') 




PARIS (Vl«) 

LIBRAIRIE \NCIENNE HONORÉ CHAMPION, ÉDiTElR 
5, Quai "MieaBqja^ie^ 

1906 

' Tous ihoi^s resev^é.,) 
Reprinted with the permission of Librairie Honoré CVvarKçvou ^^«vw. 

JOHNSON REPEINT CORPORATION ]OHNSON KEPBMTC COWSKSn ^^^»*^^ - 

ni Fifth Avenue, New York, N.Y. 10003 BerVeley Sci^ate ^o\i^, \jatÀoxi,^ . 



First reprinting, 1966, Johnson Reprint Con^oration 
Printed in the United States oi Xwenea 



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DE 



L'ITALIE MÉRIDIONALE 

Et de leurs rapports avec P Empire franc 



I 
LES SOURCES 

M. J. Gay, dans le beau livre consacré par lui à T his- 
toire delà domination byzantine dans l'Italie méridionale *, 
n'a pas cru devoir réserver de chapitre spécial à Tétude 
des sources, et spécialement des sources narratives de cette 
histoire. Pour une période aussi vaste, s'étendant du ix"" au 
XI* siècle, la tâche eût été d'ailleurs difficile. La présente 
notice ne s'applique qu'aux textes latins *, et spécialement 
à ceux qui peuvent intéresser l'histoire des rapports des 
principautés lombardes avec l'Empire franc, depuis Char- 

i. L'Italie méridionale et V Empire Byzantin, depuis Vanènement de 
Basile I" jusqu'à la prise de Bari par les Normands (867-1071). Paris, 
1904, in-S". (Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 
fasc. 90.) 

2. Parmi ceux-ci, je laisse bien entendu de côté les textes concernant 
l'histoire générale de l'Italie, ainsi que ceux du duché de Spolète,- où 
le centre historiographique qui se trouvait à l'abbaye de Farfa vient 
d'être étudié par M. Balzani. Quant aux sources grecques, on trouvera 
l'indication des textes hagiographiques dans la notice de Capasso citée 
ci-après; les chroniques à consulter pour la période qui nous occupe 
sont relevées dans la Bibliographie du livre de M. Gay (p. xiv), et il suffit, 
h, leur sujet, de renvoyer au manuel de K. Krumbacher, Geschichte der 
byxanlinischen Litteratur^ 2« éd. Munich, 1897, in-8*. 

Moyen Age, t. XIX 1 



2 R. POUPARDIN 

lemagne jusqu'à Otton le Grand. La plupart de ces textes 
ont été réunis dans le volume des Scriptores rerum Lango- 
bardicarunif de la série in-4" des Monumenta Germanise 
historica, et pourvus par G. Waitz d'excellentes préfaces *. 
Une étude historiographique de ces sources, principalement 
au point de vue des manuscrits, a jadis été faite par 
Bethmann 2. Capasso a esquissé un tableau assez super- 
ficiel dans Tintroduction de ses Monumenla Neapolitani 
ducatiis 3, et fait œuvre plus utile en donnant, en 1880, 
des sources de Thistoire des provinces méridionales, une 
liste très complète accompagnée d'une bibliographie abon- 
dante et précise *. Malgré son travail, malgré les préfaces 
de Waitz, il n'est peut-être pas inutile de présenter aux 
lecteurs français, sans prétendre apporter rien de nouveau, 
un tableau sommaire des résultats acquis à ce sujet, et de 
brèves notices sur ces textes, qui intéressent d'une manière 
si directe l'histoire de Charlemagne et de ses successeurs 
en Italie. 

De même que les princes de Bénévent semblent avoir 
tenté de se poser en successeurs des rois lombards, de 

1. Monumenta Germaniœ historica. Scriptores rerum Lanqobardicarum 
et Italicarum, sœc, Vl-lX. Hanovre, 1878, in-4o. 

2. Die Geschichtschreibung der Langobarden, dans Archiv., t. X, p. 335- 
414. La majeure partie du mémoire est bien entendu consacrée à Paul 
Diacre et à ses continuateurs. 

3. Monumenta ad Neapolitani ducatus historiam pertinentia, t. I. 
Naples, 1881, in-4'. 

4. Indicazione délie Fonti délia storia délie provincie Napoletane dal 568 
al i077, dans Archioio storico per le promncic Napoletane, l. V, 1880, 
p. 437-469. L'existence de ce répertoire permet de ne signaler en prin- 
cipe que la dernière édition d'un texte, en renvoyant au travail de 
Capasso pour les éditions aujourd'hui vieillies qui se trouvent dans 
les recueils de Pellegrino (Historia principum Langobardorum, Naples, 
1643, in-4»), de Pralilli (Historia principum Langobardorum, Naples, 
1749, in-4'), de Grevius (Thésaurus aniiquitatum Italiœ, Ulrecht, 1694, 
12 vol. in-fol.), de Di Blasi {Senes principum qui Langobardorum œtate 
Salerni imperarunt».. ab a 840 ad a 1087, Naples, 1786, in-fol.), etc., et 
même de Muratori. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 3 

même leurs historiens se rattachent à ceux de ces mêmes 
rois. L'historiographie lombarde de Tltalie méridionale a 
une double origine : d'une part, ce sont les catalogues de 
ducs et de princes, imités des catalogues de rois, accom- 
pagnés paVfois de notes historiques, qui se développent au 
point de prendre la forme de chroniques ou d'annales. 
D'autre part Paul Diacre a trouvé des continuateurs qui 
ont repris le récit des événements au point où lui-même 
l'avait laissé, c'est-à-dire à la coupure marquée, dans l'his- 
toire d'Italie, par la chute du royaume de Didier et la 
conquête carolingienne. Ce sont les œuvres de ce genre 
qui constituent pour l'histoire de l'Italie méridionale la 
source la plus abondante et la plus sûre. Ce sont elles que 
je passerai d'abord en revue. 

I. — Sources du Mont-Cassin. 

Le recueil de morceaux divers dont G. Waitz*, en der- 
nier lieu, a publié la majeure partie sous le titre de Chro- 
nica Sancti Benedicti Casinensis, se compose de deux 
parties bien distinctes, transcrites dans un manuscrit 
du Mbnt-Cassin *, de deux mains différentes, et long- 
temps publiées séparément ^. La première, dont les 
érudits du xviii*' siècle et de la première partie du xix* siècle 
désignaient l'auteur sous le nom d'Ignotus Casinensis, est 
un récit des événements dont les pays voisins du monastère 

1. SS. Rer. Lang,, p. 467. 

2. Sur ce ms., qui porte le n* 353 dans la bibliothèque du Mont-Cassin, 
cf. Bethmann, dans VÀrchiv, t. X, p. 389-395, qui donne un état précis 
et détaillé des divers morceaux dont il est composé. On trouvera un 
fac-similé des deux miniatures placées en tète du volume dans Tosti, 
Storia dellu badia di Monte-Cassino, t. I (Naples, 1842, in-8»), p. 100, 
cl. aussi p. 128. 

3. On trouvera Tindicaiion de ces diverses éditions partielles dans 
Oapasso, op. cit., p. 443. 



4 R. POUPARDIN 

fureat le 'théâtre de 839 à 867 S intéresôant principa- 
lement au point de vue de l'histoire des invasions des Sar- 
rasins, et de l'expédition dirigée contrjB ceux-ci par Tcm- 
pereur Louis II. Le texte doit même avoir été écrit à une 
époque à laquelle le séjour du souverain dans les pro- 
vinces lombardes se prolongeait encore, car celui qui Ta 
rédigé paraît ignorer la prise de Bari, en 871, et les-évène- 
ments qui la suivirent ^. Il constitue donc, malgré sa détes- 
table latinité 3, une source de premier ordre : Fauteur, 
pour les dernières années, était témoin oculaire, et, pour 
la partie de son œuvre relative aux premières invasions^ 
tenait ses renseignements ex majorum dictu *. Il a même 
eu entre les mains un document officiel, le capitulaire 
préparant l'expédition contre les Sarrasins, qu'il a inséré 
in extenso dans sa chronique ^. 

La seconde partie, que l'on désignait seule autrefois sous 
le titre de Chronica Sancti Benedicti, est moins une chro- 
nique qu'un recueil de matériaux destinés à servir de 
point de départ à un ouvrage de ce genre. C'est un tableau 
synchronique des abbés du Mont-Cassin et des ducs lom- 
bards allant jusqu'à l'année 872, suivi de diverses listes 
d'empereurs, de papes, de ducs, accompagnées de notices 
historiques et qui se prolongent jusqu'au début du x* siècle. 
La compilation de ces catalogues, l'idée de les joindre au 



1. Ce récit est d'ailleurs précédé d'une courte histoire des origines du 
monastère et de son existence jusqu'à la fin du viii* siècle, extraite et 
abrégée de ÏHistona de Paul Diacre. 

2. Je me sépare sur ce point de l'opinion de Betbmann, d'après lequel 
{Archiv., t. X, 390) le texte n'aurait été écrit qu'en 872. 

3. Cf. sur la langue de l'auteur, Bethmann, Ueber den Sprachgebrauch 
des Chronicon Casinense und des Andréas presbyter von Bergamo, dans 
Archiv, t. IX, p. 659, qui d'ailleurs ne paraît tirer, des minutieuses 
observations philologiques et grammaticales faites par lui, aucune con- 
clusion de caractère général. 

4. Chron. S. Benedicti, d 22, p, 480. 

5. Jbid., c. 3, p. 469. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES S 

texte précédents doivent sans doute être attribuées à 
Fabbé Jean, dont Tabbatiat se place entre le 22 août 915 
et le 31 mars 934, et dont Léon d'Ostie * et Pierre 
Diacre ^ mentionnent les travaux historiques *. Peut-être 
même la seconde partie du manuscrit doit-elle être consi- 
dérée comme autographe ^. 

Les Annales Casînates hreves ^ ne sont qu'une série 
de courtes notes ahnàlistiques '^, allant de 915, date de 
Texpulsion des Sarrasins du Garigliano, à Tannée 10.42, et 
inscrites, dans un manuscrit du Mont-Cassin, en marge 
d'une table des cycles de dix-neuf ans selon-le comput de 
Bède ^ 

Malgré le titre et le caractère de son ouvrage, c'est à la 
série des chroniqueurs du Mont-Cassin qu'il faut rattacher 

1. L'abbé Jean est représenté sur la première page, oflrant le volume à 
saint Benoit ; au début du xii° siècle Pierre Diacre désigne sous le nom de 
Chronica Johannis àbhaiis l'ensemble des textes contenus dans celui-ci. 
Il en est de même de Léon d'Ostie, cf. la note suivante. 
■ 2. Epistola ad dominum Oderisium, Mon, Germ», SS,, t. VII, p. 575 : 
a mox itaque repertis illis ipsis scriptiunculis, quœ de bac eadem materia 
lacinioso licet stilo vide&antur vel breviter exarata, et precipue Cbronica 
Johannis abbatis qui primus in Capua Nova monasterium nostrum 
construxit. » 

3. Liber de viris iUustrihus €asin., c. xv ; Migne, 1. 173, col. 1024 : 
Johannes supradicti Casinensis cœnobii abbas, vir nobilis carne et 
spiritu, de persecutionibus ejusdem cœnobii, et de miraculis inibi factis 
chronicam succinctam sed valde necessanam loco descripsit. 

4. Il appartenait d'ailleurs à la famille des comtes de Capoue, et à ce 
titre il devait s'intéresser à l'histoire de celle-ci. 

5. Betbmann, op. cU,, p. 394. 

6. Publiées par Pertz, Mon, Germ., SS,, t. III, p. 171; cf. Gattola, Accès- 
siones, t. II, p. 838. 

7. Hirsch, De inferioris Ilaliœ annalihus, p. 49-52, suppose que ces 
Annales Casinates ne seraient qu'un extrait d'Annales Casinenses plus 
anciennes et plus étendues, qui auraient elles-mêmes été utilisées pour 
la rédaction des Annales Cavenses minores, mais son argumentation ne 
m'a pas semblé convaincante. 

8. C'est le ms. n* 3 du Mont-Cassin. On en trouvera une description 
détaillée, mais très brève en ce qui concerne les annales elles-mêmes, 
dans la Bibliotheca Casinensis^ 1. 1, p. 85. 



6 R. POUPARDIN 

YHistoria Longobardorum Beneventanorum * d'Erchempert, 
moine au Mont-Cassin ^, mais chassé du monastère comme 
ses compagnons par l'invasion des Sarrasins, et forcé de 
séjourner durant plusieurs années à Capouo. Son ouvrage, 
le plus complet et le plus intéressant de ceux que r\ous 
avons à passer en revue, pousse le récit des événements 
jusqu'au mois de janvier de Tannée 889, et la dernière 
phrase indique que l'auteur se proposait de le continuer ^. 
L'œuvre est donc restée interrompue, mais il est douteux 
que ce soit par la mort de l'auteur, si ce dernier doit, 
comme il est -vraisemblable, être identifié avec un Erchem- 
pertusmonachusdeCastro.Casino^ auteur d'un martyrologe 
et d'un traité de comput, conservés dans un manuscrit de 
Madrid *, et datant du début du x® siècle. Quoi qu'il en soit, 
il parait certain que le texte qui nous est parvenu repré- 
sente bien VHistoria telle que l'auteur l'avait laissée, car 
ni Léon Diacre ^, qui donne quelques renseignements sur 
Erchempert, ni l'auteur anonyme du Chronicon Salerni- 
tanum ^ qui l'a utilisé; no semblent avoir connu de rédac- 
tion plus complète que celle que nous possédons. Erchem- 
pert se proposait de reprendre l'histoire des Lombards au 
point où l'avait laissée Paul Diacre, c'est-à-dire à l'époque 
de la conquête franque, à la chute de Didier, et à la consti- 
tution de la principauté indépendante de Bénévent sous le 
gouvernement d'Arichis. Il parait avoir utilisé pour cette 

1. SS. Rer. Lang., p. 234. 

2. Il était lui-même originaire du comté de Teano. 

3. Ilist. Long. Ben., c. 32, p. 264 : « quod deinceps egerint, presenti 
opusculo inseram. » 

4. Ms. A. 16 de la Bibliothèque Nationale. Le ms. est du xii' siècle mais 
paraît représenter un original plus ancien (Neues Archiv, t. VI, p. 285) 
qui d'après la date à laquelle s'arrêtent les tables de comput qui y sont 
contenues devait dater du début du x* siècle (cf. Archiv, t. VUI^ p. 176 
et 187). 

5. Chron. Casinense, 1. I, c. 47. Cf. aussi Pierre Diacre, Liber de viris 
illustr. C(i«m.,c. 14 (Migne, t. 173, col. 1023). 

d. Sur le Chron. Salernitanuniy cf. infra, p. 14. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 7 

première partie une continuation de Paul Diacre composée 
au Mont-Cassin, et pour la suite, avoir voulu traiter en 
détail des événements qu'il avait vu s'accomplir sous ses 
yeux, ou de ceux qui s'étaient produits au temps de la 
génération précédant la sienne, et dont il était instruit par 
les récits de témoins dignes de foi *. Pour la majeure 
partie de son récit, en effet, il n'est point à proprement 
parler contemporain, car il devait être encore jeune en 
886, puisqu'il parle de son preceptor qui, à cette date, l'ac- 
compagnait à Capoue 2. D'autre part il fait à diverses 
reprises appel à l'autorité des témoins qui lui ont rapporté 
tel ou tel fait ^. D'ailleurs, dans toute cette dernière partie 
de son œuvre, la plus considérable et la plus intéressante, il 
paraît bien informé et assez impartial. S'il se montre natu- 
rellement peu favorable aux ducs francs de Spolète *, tou- 
jours prêts à menacer l'indépendance des principautés 
lombardes, il sait rendre justice aux qualités de l'empereur 
Louis II ^, et s'il prend le parti de ses compatriotes molestés 
par les compagnons de l'empereur ^, il a des paroles de 
blâme pour la trahison dont le duc Adelchis se rendit cou- 
pable vis-à-vis de ce dernier ^. 

Il faut descendre jusqu'au début du xii° siècle pour 
trouver à l'abbaye du Mont-Cassin un nouvel historien. Le 
moine Léon, originaire du pays des Marses et appartenant 
peut-être à la famille des comtes qui le gouvernaient, 
bibliothécaire du monastère, eut, à l'occasion de procès 



1. Hist, Long. Ben,, c. 1, p. 234. 

2. Ibid., c. 21. Or Ercbèmpert se proposait de « precipue ab Adelgiso... 
ystoriolam condere Langobardorum Beneventumdegehtium», c'est-à-dire 
depuis le milieu du ix' siècle. 

3. Ibid, : « tôt mibi sunt testes quot pêne homines versantur in 
urbe », et c. 22 : a ut a referentibus audivi. » 

4. Ibid,, c. 17-18, c. 25, c. 62, c. 79. 

5. Ibid., c. 20 et 34. 

6. Ibid., c. 34. 

7. Jbid. 



8 R. POUPARDIN 

soutenus par celui-ci, le devoir d'étudier certains points de 
son histoire. Il poursuivit ces travaux, et consacra à This- 
toire de sa maison une œuvre qui pousse le récit des évé- 
nements jusqu'à Tannée 1094, et dont nous possédons 
quatre rédactions *. Léon, entré àTabbaye vers Tan 1060 
et y ayant passé sa vie jusqu'aux premières années du 
XII* siècle, époque à laquelle le pape Pascal II l'appela à 
l'évèché d'Ostie (d'où le nom de Léon d'Ostie sous lequel 
le chroniqueur est habituellement désigné ^), a connu 
et utilisé à peu près tous les textes antérieurs provenant 
de son monastère, non seulement les ouvrages historio- 
graphiques 3, mais aussi les documents diplomatiques. Au 
point de vue du récit des faits du ix" siècle, il n'ajoute à 
peu près rien au Chronicon Sancti Benedicti et à VHistoria 
d'Erchempert, qui lui ont servi de sources, mais pour le x* 
il est susceptible de fournir un certain nombre de rensei- 
gnements que nous ne retrouvons pas ailleurs, sans parler 
de SOS analyses de pièces d'archives, analyses qui semblent 
faites avec soin, et qui peuvent rendre des services pour 
certains actes dont les textes ont aujourd'hui disparu. 

Aux sources du Mont-Cassin on peut joindre la chro- 
nique qu'un moine d'une autre abbaye bénédictine, celle 
de Saint-Vincent du Vulturne, au diocèse d'Isernia, 
du nom de Jean, entreprit au début du xi" siècle, à 
l'instigation de l'abbé Girard *. Encouragé dans son 
travail par le pape Pascal II, auquel il communiqua en 
1108 le début de son livre, durant le séjour fait par le 
souverain pontife à Bénévent ^, le moine Jean termina 

1. Publ. par Wattenbach, Mon. Germ., SS., t. VII, p. 574. 

2. On l'appelle aussi parfois Léo Diaœnus ou Léo 3îar$icanus. 

3. La liste de ses sources a été dressée par Wattenbach, op. cit.j 
p. 559-560. 

4. Muratori, SS. Rer. itaL, t. P, p. 326 C. 

5. Ibid., p. 327 A. — Sur le séjour du pape à Bénévent dans les trois 
derniers mois de l'année 1108, cf. Jalïé, Regesta ponHfkum^ n" 6205 

el su/ y. 



PRINCIPAUTÉS LOMPARDES 9 

son Chronicon Vulturnense sous Tabbé Benoît (v. 1110- 
1130) auquel il le dédia*. Le manuscrit original, orné 
de peintures curieuses, bien que moins remarquables 
que celles de la Chronique de Sainte - Sophie , a fait 
partie de la Bibliothèque Barberini ^, et se trouve aujour- 
d'hui conservé à la Bibliothèque du Vatican. L'auteur 
annonce, au début de sa préface 3, l'intention de mar- 
cher sur les traces d'Eusèbe, d'Isidore de Séville, de 
Paul Diacre, et commence en effet son œuvre par une 
•chronique du monde, depuis la Création jusqu'à la pre- 
mière Croisade, divisée en six âges, selon le type de 
Bède, suivie d'un catalogue des papes allant jusqu'en 1124. 
L'histoire proprement dite du monastère débute par la 
pure et simple reproduction d'une vie des premiers abbés 
(vers 720-730), composée à la fin du vm° siècle par un 
certain Autpert *, et d'une autre biographie, sans valeur, 
des mêmes personnages ^. L'œuvre même du moine Jean, 
qui vient ensuite, a consisté à « instrumenta operum 
diversorum denique post catalogum imperatorum ponti- 
ficumque Romanorum, ducum quoque et principum Lan- 
gobardorum vitaSj decessus, seu actus abbatum nostrorum 
pleniter digerere^ precepta etiam reguvi, ducunij princi- 
puniy vel quorumlibet oblationes fidelium admiscere ^. » 

1. Muratori, SS. Rer, ital, t. 1^ p. 326 B. — Jean fut lui-même plus 
♦ard abbé de Saint-Vincent, de 1130 à 1154. 

2. Sous la cote XXXIV, 42. La meilleure description et la plus détaillée 
est celle de Bethmann (Neues Àrchiv, t. II, p. 344-347, cf. aussi Archiv, 
t. XII, p. 386), qui donne une analyse très détaillée du ms et indique les 
nombreuses corrections à faire aux reproductions de dessins publiées par 
Muratori. La seule édition est celle de Muratori (55. Rer, itaL, t. 1'^, 
p. 325-523). Mais elle est fort défectueuse et présente des lacunes étranges. 
M. Federici, de l'Université de Rome, a entrepris de donner du texte une 
édition correcte (cf. Archivio slorico Romano, 1901^ p. 476) 

3. SS. Rer. ital, t. \% p. 326 D. 

4. Publiée également par Waitz, SS. Rer. Lang., p. 547. 

5. Cf. SS. Rer. Lang., p. 546. 
6.55. ReritaL, I^, p. 327 B. 



10 R. POUPARDIN 

C'est à Erchempert * qu'est empruntée la majeure partie 
du récit pour la partie qui s'étend jusqu'à la fin du 
ix° siècle, mais, pour la suite, Jean n'avait plus à sa dis- 
position de source aussi copieuse et aussi sûre ; par suite 
les renseignements qu'il donne sont souvent bien peu 
précis, sauf les indications qui paraissent empruntées à 
une source annalistique, qui se présentait pôut-ètre sous 
la forme d'un catalogue des princes lombards avec notes 
historiques, ou à un catalogue abbatial. Mais l'élément 
narratif est peu de chose dans l'ensemble de l'œuvre. Ce 
qui fait le principal intérêt de celle-ci, ce sont les docu- 
ments diplomatiques insérés in extenso dans l'ouvrage. Le 
Chrnnicon Vulturnense est un cartulaire tout autant et 
plus qu'une chronique. Un certain nombre de ces docu- 
ments, surtout parmi les plus anciens, peuvent d'ailleurs 
être considérés comme des faux. D'autre part, il est facile 
de s'apercevoir que les transcriptions ont été faites avec 
quelque négligence, ou môme avec des altérations et des 
simplications volontaires. La chronologie est d'autre 
part fort hésitante, et déjà Muratori avait eu à relever 
de fréquentes contradictions entre les dates des diplômes 
et celle des abbatiats auxquels ils sont attribués. Le plus 
ancien de ces documents est un précepte de Gisolf I de 
Bénévent, probablement faux et rapporté à l'an 703 2^ 
le plus récent une restitution faite au monastère, au 
mois d'août 1059^. Les pièces sont rangées par abbatiats 
sous réserve des erreurs dont je viens de parler, mais 
sans aucun souci d'un ordre chronologique rigoureux. 



1. Bethmann, Archiv, t. X, p. 375. 

2. SS. Rer. itai, l\ p. 347. 

3. Ibid., p. 515.— La chronique proprement dite va jusqu'à l'année 1071, 
et Jean (ibid., p. 327 E V, se proposait do la continuer jusqu'au temps de 

J'a/?j[?é Benoît, 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 11 

IL — Annales de Bénévent. 

L'historiographie bénéventaine, pour la période qui 
nous occupe, est représentée par deux séries. d'Annales 
désignées toutes deux sous le nom d'Annales Beneven^ 
tani^, sans parler d'une série d'Annales fausses, publiées 
par Pratilli 2 et composées à l'aide des premières de celles 
que j'indique ici : ce sont les Annales Beneventani 1 3, 
qui vont d^ 788 à 1113, et les Annales Beneventani II*, 

1. Publfées toutes deux parallèlement par Pertz [Mon. Germ., SS., t. III, 
p. 173) qui donne aux premières le n* 1, aux secondes le n" 3^ en réser- 
vant le n° 2 aux Annales de Pratilli, qu'il me semble inutile de faire 
entrer en ligne de conipte. 

2. Hist, princ. Langobardorum, t. IV, p. 360-380. 

3. Pertz ne paraît pas en avoir connu de mss. et les donne seulement 
d'après les éditions antérieures. Capasso (Àrchivio storico Napolitano, 
t. V, p. 449), cite inexactement le ms. Vat. lat. 4925. En réalité il s'agit 
du ms. Vat. lat. 4928, qu'il n'est peut-être pas sans intérêt de décrire 
brièvement ici. C'est un volume de 363 feuillets de parchemin, plus 
quatre feuillets de garde, daté de 1120 environ, car au fol. 100, v*», se 
trouve la mention du possesseur du ms., le doyen Jean qui vivait à cette 
date (Falcon de Bénévent, Chronique, dans Muratori, SS. Rer. ital., t. V, 
p. 96). Il provient, comme l'indique une note au 2« folio de garde, du 
cardinal Siriet, et antérieurement, d'après une indication d'Âssemani, 
au foi. 1, aurait été conservé au monastère de Sainte-Sophie, ce qui est 
confirmé par une note en haut du fol. 9, r<», relative à l'élévation au 
cardinalat d'Ascanio Colonna, abbé de Sainte-Sophie (5 juin 1606). Le 
ms., d'écriture lombardo-bénéventaine à rubriques, est ainsi constitué : 
Fol. 1-8 v* : Annales. — Fol. 9-14 v" : Calendrier, ne contenant ni obits ni 
mentions historiques. — Fol. 15-24 : Traité de comput. — Fol. 25-100 : 
Bréviaire. — Fol. 100 v<»-363 : Psautier. Les huit premiers feuillets, qui 
contiennent les Annales, sont réglés à la pointe au recto. A gauche sont 
indiquées, en noir, les années de Tincarnation, puis, en rouge les indic- 
tions. Sur les blancs ainsi ménagés ont été inscrites les mentions histo- 
riques, dont les premières sont des obits, et qui en général n'occupent 
qu'une ou deux lignes, sauf depuis l'année 1083. A partir xle 1114 les 
indications d'années sont disposées de deux en deux lignes, de façon à 
prévoir des notices plus abondantes. Mais les blancs ainsi ménagés sont 
restés vierges. 

4. Ces Annales se trouvent dans le ms. Vat. lat. 4939, contenant la 
Chronique de Sainte-Sophie, dont j'aurai occasion de reparler plus loin. 



12 R. POUPARDIN 

allant de 759 à 111 9, avec deux additions relatives aux 
années 1120 et 11213. 

Ces dernières Annales proviennent du monastère de 
Sainte-Sophie. Quant aux Annales Beneventani I, cer- 
taines mentions me paraîtraient de nature à faire sup- 
poser qu'elles ont reçu leur forme actuelle dans le monas- 
tère de Saint-Barthélemi ^ Les notices de ces deux 
séries annalîstiques offrent d'ailleurs entre elles de très 
grandes analogies, et il est certain qu'elles ont eu une 
source commune *, tout au moins un substratum commun, 
et remonter à d'anciennes Annales Bénéventaines aujour- 
d'hui perdues, mais que semblent avoir également utili- 
sées au XII' siècle, au moins pour la partie antérieure à 
1024, les rédacteurs des Anna/es Barenses^ et des Annales 
dites de Loup le Protospataire *. Ces deux derniers textes, 
bien que très postérieurs, sont donc à consulter même 
pour la période qui nous occupe. Cette source commune, 
selon F, Hirsch^, aurait eu le caractère d'une chronique 
plutôt que d'un texte annalistique. C'est ce qui explique- 

Elles ont été transcrites d'une seule main jusqu'à l'année 1119, au fol. 15. 
Puis une autre main a préparé la suite en inscrivant la série des années 
et des indictions de 1120 à 1137. La mention annalistique de l'an 1120 
est contemporaine, car on avait laissé pour l'inscrire un blanc suffisant 
entre les indications d'années 1120 et 1121, tandis que pour 1121-1137 
ces indications d'années se suivent sans qu'on ait ménagé entre elles 
d'intervalles. En regard des années 1122 à 1126 ont été écrits ces mots : 
« Ex legibus Justiniani. Omnia autem privilégia que data sunt a nobis 
sacrosanctis ecclesiis et religiosis episcopis et clericis sive monachis 
maneant immutabilia. » — Enfin une dernière main a rajouté la mention 
relative à 1138. 

1. Cf. années 838, 839 (qui se retrouvent dans les Ànn. Beneventani 11), 
et 1112, date à laquelle les deux séries se séparent. 

2. Source commune allant peut-être seulement jusqu'à 1112 Hirsch, 
De inferions Italiœ annalibvs sœculi X et XL Berlin, 1864, in-8», p. 9-11), 
car à partir de cette date les deux séries deviennent nettement distinctes, 
et rapportent des événements différents. 

3. Publ. par Pertz, Mon, Germ.y SS., t. V, p. 58. 

4. Ibid. 

5. De infenoris Italiœ annatibus, p. 11-16. 



PRCfCIPArrBS LOMBARDES 13 

rait les nombreuses incertitudes et les inexactitudes des 
Annales Beneventstni I et Ilj des Annales Barenses et de 
Loup. Il serait alors un peu surprenant que tous les 
textes dérivés de cette chronique perdue aient pris la 
forme annalistique. Je croirais plutôt à des annales 
anciennes, présentant, peut-être par la façon même dont 
elles avaient été transcrites, des difficultés ou des imper- 
fections chronologiques, qui ont passé dans les docu- 
ments que nous possédons aujourd'hui, et qu'il faut 
constater sans chercher à leë expliquer, comme les histo- 
riens des siècles derniers, par l'emploi de styles divers 
(florentin, pisan, etcO, pour le point de départ des années 
de rincarnation. C'est d'ailleurs la pauvreté des sources 
pour le début du x* siècle qui fait le principal intérêt de 
ces Annales, car leurs mentions sont en général bien 
brèves et bien sèches^ et ne suffisent point à remplacer les 
récits d'Erchempert. 

Quant aux sources secondaires relatives à Bénévent, 
elles sont sans grande importance. Le récit en vers de 
la translation des Douze-Martyrs *, en 760, mentionne 
quelques-unes des constructions d'Arichis, qui fut, comme 
l'on sait, un grand bâtisseur. La Translatio sancti Mer- 
curii *, vers 768, ne contient à peu près aucun renseigne- 
ment historique, et si la Translatio sancti Heliani ^fait 
connaître une ambassade envoyée par Arichis à Cons- 
tantinople, elle n'en indique ni l'objet, ni les résultats. La 
Translatio sanctorum Januarii, Festi et Desiderii *, et la 
Translatio sancti Bartholomei ^ sont encore moins impor- 
tantes au point de vue historique. 

1. SS. Rer. Lang., p. 574 ; Bibl. hag, lat., n« 2299. On en a également 
une translation en prose (ÀA. SS. BolL, sept., I, p. 142-144; Bibl. hag. 
lat., no 2300). 

2. SS. Rer. Lang., p. 576 ; Bibl. hag. lat, n° 593a 

3. SS. Rer. Lang., p. 581 ; Bibl. hag. lat., n" 3799. 

4. ÀÀ. SS. Boll., 19 sept., VI, p. 888; Bibl. hag. lat., n» 4118. 

5. AÂ. SS. Bon., 25 août, V, p. 42; Bibl. hag. lat., uP 1007. 



14 R. POUPARDIN 

III. — Sources de Salerne et de Naples. 

L'historiographie Salernitaîne est surtout représentée 
pour nous par la Chronique ^ que rédigea, au temps de 
Paldolf Tête-de^Fer ff 981), un moine de Salerne, auquel 
Pratilli^ et Muratori^ ont voulu, d'après une pièce de 
vers placée en tète de son œuvre *, donner le nom d' Ar- 
dericus, mais que les historiens des derniers siècles 
citent plus souvent sous le nom (ÏAnonymus Salernitanusj 
tandis que les modernes désignent son ouvrage par le 
titre de Chronicon Salernitanum, L'auteur anonyme était 
moine ^, à ce qu'il semble, et vivait à Salerne, où il avait 
accès dans le palais et les archives des princes de cette 
ville ^, mais il semble avoir également connu des textes 
conservés au Mont-Cassin ^, et peut-être à La Cava ®. Du 
reste, nous no savons rien sur sa personnalité. Comme 
Erchempert, dont il a d'ailleurs utilisé VHistoria, il prend 
les événements au point où s'arrête l'ouvrage de Paul 
Diacre, c'est-à-dire à la chute du rgyaume lombard, et 
poursuit le récit jusqu'à l'année 974. Pour la première 
partie de son œuvre, il emprunte à VHistoria Longobar- 
dorum Beneventanorum la majeure partie de, ses rensei- 

1. La dernière édition est celle de Perlz, Mon. Germ., SS., t. 111, p. 467. 

2. Hist, principum langobardorum, t. II, p. 37. 

3. SS. Rer. itai, t. U\ p. 287-288. 

4. Mon. Germ.y SS., t. III, p. 469. 

5. Chron. Salem., c. 33. — Pertz, Inlrod., p. 467, semble avoir attribué 
à un monastère de Salerne une anecdote qui se rapporte plutôt à l'abbaye 
du Mont-Cassin. 

6. Chron. Salernitanum, c 84 : « Et ipsum fœderis scriptum in bac 
Salernitana urbe adbuc hactenus manet. » 

7. En tout cas il paraît avoir utilisé le Chron. Sancti Bencdicti Casi- 
nensis dans le ms. même de Tabbé Jean (Bethmann, dans Archiv, t. X, 
p. 394), qui nous a conservé ce texte (cf. supra). 

8. Du moins il reproduit, au c. 34, une lettre qui n'est aujourd'hui 
conservée que.dans un ms. de La Cava. 



PRINCIPAUTES LOMBARDES 15 

gnements, et n'a donc pas grande valeur originale. 
Cependant il a connu des inscriptions *, qu'il insère 
in extenso dans son texte, et même des documents offi- 
ciels qu'il reproduit également, comme le traité de par- 
tage entre Kadelchis et Siconolf -, en 843, ou la lettre de 
Louis II à Basile le Macédonien ^. Pour le x'' siècle, il 
abonde en détails et en anecdotes. Mais là chronologie 
n'existe pour ainsi dire pas, en dehors des quelques 
données qui semblent empruntées à un catalogue de 
princes lombards *. D'autre part, les détails proprement 
historiques sont trop souvent noyés au milieu d'une 
foule de légendes et d'historiettes empruntées à la tradi- 
tion populaire. C'est là surtout ce qui explique la méfiance 
dont il a souvent été Tobjet, et ce qui, en effet, le rend 
souvent difficile à utiliser, faute d'autres récits permettant 
de contrôler le sien ^ 

Pour Naples, ce n'est plus à Paul Diacre que se rattache 
la source principale. Comme à Ravenne^, c'est le Liber 
pontificalis de l'église de Rome qui a servi de modèle aux 
vies des évêques de la ville. Les Gesta episcoporum Neapp- 
litanorum ^ ont été écrits, à la fin du viu'' siècle ou au 
début du ix% par un auteur anonyme qui disposait de 
sources assez- nombreuses, Isidore, Bède, le Liber Ponti- 

1. Chron. Salem., c. 20 et 21, p. 482 et 483 ; c. 29, p. 485. 

2. 76/d.,c. 84, p. 510 

3. Ibid., c. 107, p. 521. — Cf. Le Moyen-Age, 1903, p. 185. 

4. Un catalogue de ce genre se trouve d'ailleurs placé eu tête de la 
Chronique. 

5. Comme autres sources Salernitaines il n'y a guère à mentionner, et 
encore comme très accessoires, que les Annales de Romuald de Salerne 
qui vivait au xii' siècle [Mon. Germ,, SS., t. XIX, p. 398), et des Annales 
Cavernes très brèves, qui vont de 569 à 1305 [ibid,, t. III, p. 185). 

6. Agnellus, Liber pontificalis ecclesiœ Ravennaiis, dans SS, lier. Lang,^ 
p. 275. 

7. Ed. Waitz, SS. Rer, Langob., p. 398, et Capasso, Monumenta Neapo- 
litani ducatus, t. l, p. 155, avec une annotation historique très abondante 
et en appendice le texte d'un ancien catalogue épiscopal. 



16 R. POUPARDIN 

fic&lis, la chronique attribuée à saint Jérôme, et qui a 
même trop bien utilisé celles-ci, en ce sens qu'il est arrivé 
à donner à son œuvre le caractère d'une histoire uni- 
verselle plutôt que d'une chronique de l'église de Naples. 
Ce travail, sans grand intérêt, a été, à la fin du ix" siècle, 
continué jusqu'à la mort de l'évêque Athanase par Jean, 
diacre de Saint-Janvier, écrivain parfois un peu diffus, mais 
soigneux, plus correct que la plupart de ceux dont j'ai eu 
occasion de parler jusqu'ici, sachant se restreindre aux 
faits intéressant son sujet (peut-être parce qu'il avait 
à sa disposition moins de textes étrangers que son pré- 
décesseur), et, semble-t-il, assez soucieux de la vérité. Un 
peu plus tard, un second rédacteur a repris le récit de 
la vie de l'évêque Athanase ^, en prenant pour base le 
récit de Jean Diacre, mais en y ajoutant quelques détails 
et quelques renseignements nouveaux, dont il y a lieu 
de tenir compte. 

Les autres sources napolitaines du ix" siècle sont 
d'ordre purement hagiographique ^ et sans intérêt au 
point de vue de l'histoire générale ^. 

IV. — Catalogues de Princes lombards. 

Les catalogues de princes lombards ont joué un rôle si 
important dans le développement de l'historiographie 

1. Ed. Waitz, ibid,, p. 439. Capasso a publié en notes de son édition 
des Gesta episcoporum les morceaux ajoutés par l'auteur de la Vita 
Athanasii. Nous avons du même auteur une Tramlatio 5. Àthanasii 
(Wailz, ibid,, p. 449; Capasso, p. 282). 

2. Elles ont été réunies par Capasso, Monumenta, 1. 1, p. 269. 

3 C'est à dessein que je n'ai pas mentionné certains textes souvent 
cités par les auteurs du xviii* siècle, en particulier le Chronicon Caverne 
(Pratilli, Hist. princ. Langohardorum, t. IV, p. 386), et le Chronicon 
comitum Capuœ (Mon, Germ., 5S., t. III, p. 207), dont la fausseté a été 
péremptoirement démontrée par Kôpke (Archiv, t. IX, p. 1-283). On trou- 
vera une liste de ces œuvres apocryphes dans le travail précité de Capasso 
^v>rA ^/ûr. Napoletano, p. 449-450). 



PRINCIPAUTES LOMBARDES 17 

latine de Tltalie méridionale qu'il paraît indispensable d'en 
donner ici une liste sommaire, en renvoyant pour plus de 
détails à l'article de Capasso K 

I. Catalogus Casinensis, de Zotto (590) à Landolf et Atenolf 

(910) 2. 
II. Catalogus Salernitanus, de Zotto à Radelchis (840) 3. 

III. Catalogus Cavensis, de Zotto à Atenolf II (932) K 

IV. Catalogus Beneventanus Sanctœ Sophiœ, de Zotto à 

Landolf VI (1077) \ 
V. Catalogus ducum Beneventi et principum Salerni, de 

Zotlo au roi normand Guillaume II (1189) ^. 
VI. Catalogi comitum Capuœ : A, de Landolf et Atenolf 
(909) à Atenolf II (943) ^ ; — B, de Landolf et Atenolf 
à Adémar (1001) ». 
VIL Chronica Langobardorum seu mona^^horum de monasterio 

sanctissimi Benedicti (720-872) '•^. 
VIII. Chronicon ducum et principum Beneventi, Salerni et 
Capuœ, et ducum iVcapo/is (518-964) ^^. 

Il est aisé de se rendre compte en comparant ces divers 
catalogues, que tous se rattachent à une source commune, 
et que certains d'entre eux, comme les n"' II, III et IV, 

1. Àrch, star, Napoletano, t. V, p. 439-442. 

2. Ms. 353 du Mont-Cassin, publ. SS. Rer. Lang., p. 487. Le -texte est 
de diverses maÎDS. Le ms. qui le contient est celui.de laC/iromca sancti 
Benedicti, cf. supra. 

3. Ms. Vat. iat. 5001 (manuscrit du Chron, Salernitanum) ; publ. SS, 
Rer. Lang., p. 493-495, 

4. Ms. 22 de la Gava ; publ. ibid., p. 493-5. 

5. Ms. Vat. Iat. 4939 (manuscrit de la Chronique de Sainte-Sophie, 
dont je parlerai plus loin) ; publ. l^Jon, Germ., SS., t. III, p. 202. 

6. Publ. par Muratori, SS. Rer. ital., H«, p. 319 « ex ms. codice Salerni 
in cenobio D. Nicolai delitescente ». Ce ms. semble aujourd'hui perdu. 

7. Ms. 353 du Mont-Cassin ; publ. SS. Rer. lang., p. 498. 

8. Ms. 22 de la Cava, publ. ibid. 

9. Ms. 353du Mont-Cassin; publ. ibid., p. 480. 

10. Ms. 580 de Vienne et 3899 de Bruxelles; publ.- J/on. Germ,, SS., 
t. Ill^ p. 21. — Â ces listes il faudrait joindre celles qui ont été connues 
par les auteurs d'œuvres plus développées, comme les Annales Bene- 
ventani, et qui leur ont fourni les mentions relatives à la durée de tel ou 
tel principat. 

Jfûi^en Âgej t. XIX 



18 R. POUPARDIN 

ont les uns avec les autres des rapports très étroits. Les 
n*** II et IV renferment cependant tous deux des indications 
sur la durée totale de certaines périodes de l'histoire du 
principat qui ne se retrouvent pas dans le n*" III. Les cata- 
logues du n** VI sont accompagnés de notices historiques. 
Ceux du n** VII sont conçus sous la forme de tableaux 
synoptiques des princes de Bénévent et de Salerne, des 
émirs arabes, des empereurs et des abbés du Mont-Cassin. 
D'ailleurs il ne semble pas qu'aucune de ces listes, telles que 
nous les possédons actuellement, ait pu servir de source 
aux autres. Les durées de règne attribuées à chaque prince 
diffèrent selon les rédactions, et le n** I omet même complète- 
ment les indications relatives à Liutprand, qui se retrouvent 
partout ailleurs. Il est possible qu'il y ait eu un premier 
catalogue, s'arrêtant à la chute du royaume lombard et à 
la transformation du duché de Bénévent en principauté 
indépendante. C'est peut-être ce qui expliquerait cette sin- 
gulière omission du nom de Liutprand, dont je viens de 
parler. D'autre part les différences entre le Catalogus Sa/er- 
nitanus (n** II), le Catalogus Cavensis [n'' III), le Catalogus 
S. Sophiee (n** IV) sont surtout marquées à partir du princi- 
pat de Radelchis (840); il est donc possible qu'il y ait eu une 
deuxième rédaction s'arrêtant à cette date (qui est celle de 
la séparation des principautés de Bénévent et de Salerne), et 
utilisée par les compilateurs de ces trois listes dont les rap- 
ports entre elles sont manifestes. La présence du nom d'Au- 
delais!, presque inconnu d'ailleurs, dans les n^' III et V, 
permet de leur supposer une origine commune, probable- 
ment salernitairie, puisqu'en dehors de ces deux textes 
Audelais n'est mentionné que par les Annales Cavenses^ et 
cette constatation est parfaitement d'accord avec le fait que 
ces deux catalogues sont fournis par des manuscrits con- 
tenant d'autres textes salernitains. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 19 

V. -~ Textes diplomatiques. 

Les documents diplomatiques relatifs à la période ici 
étudiée ont à peu près tous été publiés. Je ne crois cepen- 
dant pas inutile d'indiquer au moins les plus importants 
parmi les dépôts d'archives où Ton peut encore espérer 
trouver quelques pièces à glaner, ou retrouver les origi- 
naux des textes publiés depuis le xvi* siècle par les érudits 
italiens. 

Il n'existe point pour le Mont-Cassin de cartulaire 
imprimé, mais la plupart des documents, et en particulier 
des diplômes des princes lombards, ont été publiés par 
Margarini \ Gattola^ et Tosti ^. Dans les archives du 
monastère les diplômes originaux sont, depuis une époque 
assez ancienne, divisés en capsœ, ou tiroirs, chaque capsa 
comportant un certain nombre de numéros. Il en existe 
un index manuscrit datant du début du xix** siècle. Quelques- 
uns des documents relevés dans cet index semblent d'ail- 
leurs ne plus se retrouver aujourd'hui. 

Parmi les cartulaires de l'abbaye *, le seul intéressant au 
point de vue qui nous occupe est le célèbre registre de 
Pierre Diacre. C'est un volume de 259 feuillets de par- 
chemin, mesurant 235""" sur 340, avec une ancienne numé- 
l'otation en rubrique. C'est en rubrique également qu'ont 
été tracés les titres des actes et les monogrammes repro- 

1. BullaHum Casinensey seu constitutiones pontificum^ imperatorunij 
regum... etc. Venise,. 1650-1670, 2 vol. in-fol. 

2. Historia abbatiœ Casinensis, sœculorum série dislribv ta. Venise, 1733, 
2 vol. in-fol. Accessiones ad historiam abbatiœ Casinensis, 1734, 2 vol. 
in-fol. 

3. Storia délia badia di Monte-Casino, Naples, 1842-1843, 2 vol. in-S®. 

4. Sur ces registres {Registrum sancti Placidi, Regislrum samti Angeli 
in Formis, etc.), cf. Capasso, op. cit,, p. 465; Bethmann, dans Archiv, 
t. XII, p. 509 et 511-514, et Kehr, Le boUe pontificie anteriori al H98 che 
si consermno neW Archivio di Monte-Casino, extr. de Miscellanea Cassinese, 
1899, p. 7-9. 



20 R. POUPARDIN 

duits. Le registre est écrit à deux colonnes, d'une écriture 
cassinienne du xii" siècle, mais d'autres actes ont été 
ajoutés de diverses mains, soit à la fm, soit dans les 
10 feuillets préliminaires, qui contiennent la dédicace et 
des tables. Les documents sont pourvus d'une numérota- 
tion moderne allant du n** 1 au n^ 641, mais qui. ne 
tient pas compte des documents ajoutés. Pour la compo- 
sition même du registre on a suivi un certain ordre et 
transcrit successivement les actes pontificaux, les diplômes 
des empereurs, des rois d'Italie et des « rois » de Sar- 
daigne, puis les chartes des princes lombards et des parti- 
culiers, avec un visible effort pour ranger ces dernières 
par abbatiats ^ 

Les documents relatifs à Bénévent ont été publiés par 
Borgia *, par De Vita 3, par Ughelli *, sans parler de 
jecueils d'un caractère plus général. Beaucoup d'actes 
connus par ces divers érudits semblent avoir aujourd'hui 
disparu. Les plus intéressants parmi ceux des originaux 
qui subsistent encore sont actuellement conservés à la 
bibliothèque capitulaire, où ils forment une série de per- 
gamene, rangées par ordre chronologique et accompagnées 
de transcriptions modernes souvent défectueuses ^. — 
L'un des recueils les plus importants de documents pour 

1. 11 faut ajouter qu'un cef tain nombre de feuillets avaient été laissés 
en blanc à la suite des diverses séries. Ils ont été remplis après coup par 
des actes qui se trouvent ainsi en dehors de la place qu'ils devraient 
régulièrement occuper. 

2. Memorie storiche délia pontifieia citta di Benevento. Rome, 1763-1769, 
3 vol. in-4^ 

3. Thésaurus antiquitatum Beneventanarum. Rome, 1754, in-fol. 

4. Italia sacra, éd. Coleti, t. VIII, p. 18 et suiv. 

5. VArchivio vescovile, au rapjport de l'archiviste, ne contient que des 
documents de l'époque moderne. A la bibliothèque de l'évêché on affirme 
également ne pas avoir d'actes anciens. Des documents du xi' siècle et 
de la période suivante sont conservés à l'Orfanotrofio di S. Filippo. — Sur 
ces divers dépôts cf. Bethmann, dans ÏÀrchiv, t. XII, p. 525, et Kehr, 
Papsturkunden in Benevent und in Capitanata (Gœttingue, 1898, in-8o ; 
extrait des Nachrichten de l'Académie de Gœttingue). 



Pl(lNCIPiiUTé& LOMBARDES 21 

l'histoire de la principauté de Bénévent est celui des actes 
concernant Téglise de Sainte-Sophie. Le cartulaire de cet' 
établissement^ assez improprement désigné sous le nom de 
chronique parce qu'il est précédé d'Annales dont j'ai déjà 
eu occasion de parler,- est aujourd'hui conservé au Vatican. 
11 serait à désirer qu'il en fut fait une édition correcte, sua- 
ceptible de remplacer le texte très défectueux publié par 
Ughelli *. 

Quant aux documents relatifs à Capoue *, ceux qui 
remontent à la fin du x? siècle sont des actes privés dont la 
plupart ont été transportés à VAirchivio dx Stato de Naples. 
Les plus anciens parmi les documents conservés dans ce 
dernier dépôt, qui remontent à l'année 703, ont été l'objet 
d'une publication intégrale 3. Pour Salerne les documents 
sont épars dans divers recueils, mais l'on pourra utilement 
consulter le regeste donné par Schipa ♦. A Févéché, TAr- 
chivio délia mensa^ outre ces registres et des papiers 
divers de l'époque moderne, possède une série de perga- 
mené allant du ix® siècle au xvI^ Ce sont des originaux ou 
des copies anciennes de diplômes, de chartes privées et de 
bulles pontificales, qui avaient été l'objet, au xvni* siècle, 
d'un classement chronologique permettant de les retrouver 
facilement dans les quatre arcœ (buffets), entre lesquelles 
elles étaient réparties. Le classement est aujourd'hui très 
approximatif et le nombre des pièces déplacées ou perduesi 
très considérables. 



1. Le ms. est assez important pour mériter tout au moins une descrip- 
tion sommaire que je rejette ci-après, pour ne pas interrompre i'énumé- 
ration des divers groupes de documents. 

2. Cf. Bethmann, loc. cit. et Kehr, Papsturkunden in Campanien (Gœt- 
lingue, 1900, in-S*; extrait des iVac/inc/itcn de l'Académie de Gœttihgue). 

3. Regii Neapolitani Archici monumenta. Naples, 1846 61, 6 vol. in-4*. 
i. Il principato Longobardo di Salerno, Naples, 1887, in-8, p. 193-220, 

qui serait d'ailleurs à compléter sur certains points. CI. Bethmann, op. 
cit , p. 529, et Kehr, Papsturkunden in Salerno, La Cava und Neapel 
(Gœllingue, 1900, in-8»). 



22 R. POUPARDIN 

Tous les. documents concernant la célèbre abbaye de 
La Cava^ conservés encore dans ses archives parfaitement 
tenues S ont reçu^ au début du xix* siècle, un classement 
chronologique, dû à dom Ignazio Rossi et remplaçant l'an- 
cien classement par ordre topographique. C'est dans cet 
ordre chronologique qu'ils ont été intégralement publiés 
par les éditeurs du Codex diplomaticus Cavensis ^y dont 
les 8 volumes actuellement parus embrassent seulement 
la période comprise entre 792 et 1065 ^. 

Appendice. — Chronique de Sainte-Sophie. 

Le manuscrit du cartulaire improprement désigné sous 
le nom de Chronique de Sainte-Sophie de Bénévent est 
a^ijourd'hui conservé à la Bibliothèque du Vatican sous 
le n** 4939 des manuscrits latins du fonds Vatican propre- 
ment dit. C'est un volume de 290""° sur 210, comprenant 
217 fol. de parchemin avec 2 fol. préliminaires. A l'inté- 
rieur de la reliure en bois, recouverte de cuir rouge aux 
armes de Paul V, se trouve la mention « Emptum ex libris 
cardinalis Sirleti ». Cependant il ne semble pas que l'on 
puisse trouver aucune mention susceptible de s'appliquer 
à ce volume, ni dans l'inventaire des livres du cardinal 
passés au V^ttican ♦, ni dans le catalogue des ouvrages 
qui, après avoir figuré dans la bibliothèque de Sirlet, firent 

1. Sur l'histoire des archives de La Gava et leurs divers classements, 
cf. Guillaume, Efsai historique sur Vabbaye de Cava. La Gava, 1877, in-8, 
p. xcix-cvi. 

2 Codex diplomaticus Cavensis, nunc primum in lucem editus, curan- 
tibus DD. Michaele Morcaldi, Manso Schiani, Sylvano de Stephano. 
Naples, Pise, Milan, 1873-1883, 8 vol. in-4«. 

3. Les Gartulaires d'Amalfi (Gapasso, op. dt., p. 466), deXremiti (J. Gay, 
dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, de l'École française de Rome, 
t. XVII, p. 387), de Bari (cartulaire factice en cours de publication) ne 
iournissent point d'actes intéressants à notre point de vue. 

4. Ms. Vat. lat. 6163. — Get inventaire a été signalé et en partie publié 
par M. L. Dorez dans lés Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. XI, p. 457. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 23 

partie de celle d'Ascanio Colonna *. Borgia - accuse d'ail- 
leurs formellement ce dernier d'avoir profité de sa qualité 
d'abbé commendataire de Sainte-Sophie pour enlever de 
Bénévent ce manuscrit, en même temps que quelques 
autres. Après la mort d'Ascanio Colonna, Paul V les fît 
remettre à la Vaticane. 

Le manuscrit est écrit à longues lignes, d'une écriture 
bénéventainefort belleet fort régulière en général. En tète de 
chaque acte figure une rubrique, reproduite dans les tables 
qui précèdent chacune des six parties dont se compose le 
recueil. De nombreuses corrections, soit grammaticales, 
soit orthographiques, ont été faites par le rubricateur. Des 
mains un peu postérieures ont ajouté en marge quelques 
notes. Je signalerai comme particulièrement intéressante 
au point de vue linguistique celle qui se trouve au verso du 
folio 82, et dans laquelle on a voulu donner l'explication 
d'un mot d'origine germanique, ce qui prouve qu'au 
xii° siècle les populations lombardes de l'Italie méridio- 
nale se préoccupaient encore de la langue parlée par leurs 
ancêtres du vi® : « Arimannus est homo sine alterius condi- 
tione, et dicitur quasi herus mannus, quod est herilis homo. 
Teutonica quidemlingua manu est homo, /le/' herus. » Le 
manuscrit est orné d'initiales peintes en couleurs vives, 
rouge, bleu, jaune, vert, à entrelacs compliqués et à têtes 
d'animaux fantastiques, caractéristiques de la calligraphie 
lombarde. Ces initiales sont surtout nombreuses dans la 
dernière partie, et s'y trouvent d'ailleurs plus variées 
que dans les premières, où la lettre ornée est toujours TI 

1. Ms. Vat. lai. 6937, fol. 50-205. Cf. sur les vicissitudes subies par 
cette collection, P. Batifïoi, La Vaticane de Paul III à Paul F. Paris, 1890, 
in-12, p. 61-62. 

2. Memorie di Uenecento, t. I, p. 51. Cf. les notes sur les antiquités de 
Bénévent, du xvii' siècle, qui se trouvent dans le ms. XXX. 135 de l'an- 
cienne Bibliothèque Barberini (fol. 23) : « l libri manoscritli che erano 
a S^ Sophia in tempo che ne fu abbate comendatore ili"* Ascanio card. 
Colonna furono trasferiti in Homa. » 



24 R. POUPARDIN 

du mot IN de Tinvocation des diplômes. En outre, en tête 
d'un certain nombre d'actes> Qe trouvent placés des dessins 
au trait ou des miniatures représentant les personnages au 
nom desquels sont donnés ces documents. 

Les feuillets 1 à 15 du volume sont occupés par les 
Annales de Bénévent dont j'ai déjà parlé ; les feuillets 
16 à 22 par des extraits de bulles et de décrétales. Les 
textes historiques reprennent aux feuillets 23 et 24 avec 
le catalogue des ducs de Bénévent. Aux feuillets 25 et 20 
sont copiés trois diplômes d'Arichis. Au fol. 26 v** se 
trouve la préface, qui indique à la fois la date à laquelle 
fut composé le recueil et l'objet de celui-ci : 

... Anno incarnationis domini nostri Jesu Xpisti mjHc- 
simo centesimo nono decinio, ejusdem domus tam princi- 
purnquam imperatorum pontificumque roraanorum uecnon 
Beneventauorum aliorumque probaiissimorum virorum 
éxemplar preceptorum l)oc in libelle gcneraliter siudium 
fuit nobis scribere, quatenus si quid renim tam posses- 
sarum quam concessarum eidem ecclesie, sive in instanti, 
sive in preterito, sive in future, per supradictarum perso- 
narum precepta questionis oriatur, facile in primis ad hune 
libellum quasi generaliler recurratur. Deinde per singuluni 
quod queratur preceptum sine labore atque ambiguitate 
titulo ejus inspecte et libelli divisione considerata specia- 
liter perveniatur ; quo ex précepte auctoritate sumpta 
inviolabili supradicte questioni satisfieri valeant. Quocirca 
et in divistones libellum secari et titulum unicuique pré- 
cepte plaçait ascribi. 

Le recueil d'actes commence véritablement au fol. 27 
avec la table des 43 numéros qui en constituent la pre- 
mière partie. Malgré l'accusation de désordre portée par 
Troya * contre le compilateui^ du Chronicon, celui-ci 
semble bien avoir observé une certaine méthode -. Les 

1. Codex diplomat. Langob,, t. III, p. 81, n" 1. 

2. 11 faut reconnaître toutefois que l'on ne voit guère quel a été l'ordre 
adopté pour la répartition des actes ducaux entre les trois premières 
parties. 



PHIXCTPAVTÉS LOMBARDES 25 

six divisions entre lesquelles il a réparti les actes sont en 
effet ainsi constituées : 

I. Fol. 26-68. I 

II. Fol. 69-86 v«. J Actes des princes lombards (115). 
IlL Fol. 87-125 vo. ) 
IV. Fol. 126 138 vo. Privilèges impériaux (7). 

V. Fol. 139-161 v». Privilèges pontificaux (14). 
VI. Fol. 162 202 v«. Chartes de comtes et d'évéques (29). 

Les chartes qui occupent les fol. 203 à 217 ont été 
rajoutées après coup, de diverses mains. Au total, sans 
compter les fragments, le manuscrit fournit 181 diplômes 
du viii* au XII*' siècle, émanant tous de personaai^^es d'un 
rang élevé. Ces actes paraissent, d'ailleurs, en général 
authéhtiques, à Te^cception de celui qui ouvre le recueil, 
diplôme d'Arichis d'une longueur exagérée, évidemment 
formé à l'aide de plusieurs autres réunis pour constituer 
un privilège de confirmation générale des biens du monas- 
tère et il semble qu'il y ait lieu également de soupçonner 
quelques interpolations dans certains diplômes des princes 
de Capoue et de Bénévent. 

La seule édition complète de la chronique est jusqu'à 
présent celle d'Ughelli ^ Les défectuosités de cette publi- 
cation ont été depuis longtemps signalées-. En outre, on 
peut constater dans le manuscrit l'absence de 30 actes qui 
se trouvent dans Vltalia sacra ^, et qui sont dés faux 
grossiers, comme il est aisé de s'en convaincre par un 
examen même superficiel *. Ce sont ces documents qui 

1. Italia sacra, éd. Coleti (Venise, 1717-1722, 10 vol. in-fol.), t. X, 
2' partie, col. 415-560. 

2. Borgia, 3femorie di Denecento, t. HI, p. 5; Pflugk-Hajrttung, Iter 
Italicum^ p. 126. -r Le texte est fautif, les dates de divers diplômes sont 
gravement altérées, et certains actes ont même été complètement omis. 

3. Col. 522-525 et 537-547. 

4. Cf. sur ces actes K. Voigt, Deitrarje zur Diplomatik der langobardis- 
chen Fiirsten von lienetent, Capua und Salerno {seit 774). Gœttingue, 1902, 
in-4% p. 49-58. 



26 R. POUPARDIN 

avaient donné occasion à certains critiques * de déclarer 
suspects tous les actes ajoutés au texte primitif de la 
compilation et même jeté un certain discrédit sur la chro- 
nique elle-même. Ughelli parait cependant avoir utilisé 
pour son édition le manuscrit du Vatican ^. Faut-il croire 
qu'il ne Ta pas consulté directement, et que l'intermé- 
diaire qui lui en communiqua la copie abusa de sa confiance? 
Ou bien le codex Vaticanus dont il parle est-il distinct 
du Vat. lat. 4939 et aujourd'hui perdu ? Il ne semble pas 
que l'on se trouve en présence do faux anciens, faits pour 
servir les intérêts du monastère et la première hypothèse 
me i^arailrait plus vraisemblable ^. 

Uené PouPARDiN. 



1. Capasso, Arch. storico Napolet,, t. 1, p. 465, considère ces actes 
comme « modelli de diplomi inserti in qualche formolario in uso presso 
la corte dei principi di Benevento, o lavori scherzevoli di qualche monaco 
del sêcolo xi ». 

2. Voigt, op. ciL, p. 57. 

3. 11 semble que le faussaire se soit surtout proposé de faire intervenir 
dans ces actes de prétendus officiers palatins d'un caractère bizarre, 
vigneron, cordonnier, pécheur, etc. — Les actes sont attribués aux plus 
anciens ducs, comme Arichis, Adelchis et Gisolf. 



JUGEMENT D'UN PAPE JEAN 

EN FAVEUR DE CORBIE 



Il existe, dans le manuscrit latin 12272 de la Bibliothèque 
Nationale, à Paris, un acte pontifical qui n'a pas été 
catalogué dans la dernière édition des Regesta de Jafîé. 
C'est un jugement par lequel un pape du nom de Jean 
condamne un certain chevalier Drogon à rendre à l'abbaye 
de Corbie le domaine de Sailly-le-Sec dont il s'était 
emparé. La sentence fut rendue à Rome par un tribunal 
d'évéques et d'autres personnes en présence de moines de 
Corbie et du comte de Soissons, Gui, avec d'autres vas- 
saux. Mais le pape désire que l'abbé de Corbie et ses 
moines abandonnent à Drogon, sa vie durant, la moitié de 
ce domaine, de telle façon qu'après la mort de ce cheva- 
lier ses héritiers ne puissent rien réclamer soit <iirecte- 
ment, soit par l'intermédiaire du roi ou de l'èvêque. L'acte 
est écrit, sur injonction du pape, par le cardinal-prêtre 
Jean. Il n'est pas daté. 

Il importe tout d'abord d'en préciser la date, dans la 
mesure du possible. L'instrument sur parchemin, qui a 
été signalé par M. Léopold Delisle, est attribué par cet 
érudit au x* siècle*; il me parait être de l'extrême fin de 
ce siècle, sinon même du siècle suivant. 

1. Inventaire des manuscrits latins (extr. de la Bibliothèque de VÉcole 
des chartes, 6* série, l. I, III et IV), p. 44. 



30 L. LEVILLAIN 

D'autre part, l'abbé de Corbîe Maingaudus était certaine- 
ment mort le 12 novembre 1015*; et cela permet d'élimi- 
ner le pape Jean XIX qui a gouverné l'Église d'Occident 
de 1024 à 1033. 

Nous avons par conséquent à choisir entre Jean XVI 
(mai 997-février 998), Jean XVII (9 juin 1003-7 décembre 
1003) et Jean XVIII (25 décembre 1003-fîn mai 1009). Pour 
nous décider, nous n'avons que des arguments de vrai- 
semblance à invoquer. 

Il y avait eu double violation des droits de l'abbaye : 
violation de l'immunité laïque et des droits de propriété, 
violation des privilèges ecclésiastiques. La première eût 
dû relever du tribunal du roi ; mais le roi était complice 
du comte dans cet attentat. De quel tribunal relevait la 
seconde ? Le cas avait été prévu par le pape Nicolas P'. 
Ce pontife avait reconnu aux moines de Corbie le droit de 
porter leurs causes devant le tribunal de l'Église romaine 
lorsque, pour une raison quelconque, l'évêqui diocésain 
et l'archevêque métropolitain ne leur assureraient pas la 
protection de leurs droits légitimes^. Il n'y avait pas à 
songer à la juridiction de l'ordinaire puisque Tun des cou- 
pables était précisément le diocésain. Mais on ne semble 
pas non plus avoir eu recours à celle du métropolitain 
qui, en l'espèce, était l'archevêque de Reims. Pourquoi? 
Il est possible que, lorsque cette affaire se produisit, le siège 
de Ptcims ait été vacant. Gerbert avait quitté sa ville 
archiépiscopale avant le mois de mai 997 et il n'y revint 

1. MaiDgaudus mourut ud 12 novembre d'une année indéterminée. 
D. Benoit Coquelin, d'après D. Caulaincourt, le fait mourir en 1014 {Hi$- 
toriœ regalis abbatiœ Corbeiensis compendium, éd. J. Garnler, dans ilém. 
de la Soc, des Antiq, de Picardie, t. VIU, p. 414) ; mais cette date ne repose 
sur rien. Le successeur de Maingaudus, l'abbé Herbert, est mentionné 
pour la première fois en 1016 dans un diplôme de Robert le Pieux qui 
se place entre le 1" mars et le 24 octobre. (Cf. mon Examen critique des 
chartes de Corbie, p. 208, p. 209, n° 1). 

2. DuUe de Nicolas I", 863, 28 avril, éd. Levillain, op. cit., p. 282, n«32. 



JUGEMENT POUR CORBIE 31 

pas. Son prédécesseur sur le siège de Reims, Arnoul, fut 
rétabli condition nellement par le pape Grégoire V, au 
début de Tannée 998, et lorsque Gerbert devint pape sous 
le nom de Silvestre II, il lui rendit le pallium^ On peut 
donc, avec quelque vraisemblance, donner à notre docu- 
ment comme dates extrêmes celles du pontificat de 
Jean XVI : mai 997-février 998. 

La charte de Tabbé Foulques nous dit que Tévêque ne 
persévéra pas dans ses prétentions qui lui furent inter- 
dites « apostolica auctoritate -, » C'est, sans doute, 
dans la même circonstance que le pape appela Drogon 
à Rome où se trouvaient déjà les moines corbéiens. La 
papauté ne s'était-elle pas en quelque sorte portée garante 
ide l'intégrité de Timmunité par la bulle du pape Chris- 
tophe •'^? L'acte pontifical qui condamnait la conduite de 
révoque ne nous est pas parvenu ; les lettres apostoliques 
qui déboutaient Drogon sont-elles authentiques ? 

Dom Grenier déclare que « cette pièce est suspecte ^. » 
Si Ton admet que l'écriture du document est du xi*' siècle, 
on sera tenté de rapporter la fabrication de cette pièce au 
différend qui éclata entre l'abbaye et Enguerrand de 
Boves à une date comprise entre 1071 et 1079; et Ton 
notera comme des preuves de falsification le ton général 
de cette pièce, cette particularité diplomatique que l'acte 
est écrit par un cardinal, et ce fait que le pape se fait rendre 
à lui-même le domaine usurpé comme si Corbie eût été 
une abbaye romaine, alors que rien n'atteste cette condi- 
tion de l'abbaye avant la date du document ^. 

1. Sur ces faits, voir F. Lot, op, cit., pp. 126-128 et p. 275. 

2. « Fulco vero, ejus filius (du comte d'Amiens), Ambianis jam tune 
episcopus, simili pertinacia in locis xpristianis [in jus] et justiciam cle- 
ricorum obrepsit^ sed tandem resipuit quia utraque apostolica auctoritate 
ei fuerant interdicta ad abbatem tantum loci pertinentia. » 

3. Voir cette bulle de 903, dans Levillain, op. cit., p. 299, n° 38. 

4. Bibl. nat., coll. D. Grenier, t. 53, fol. 40. 

5. C'est en ellet en 1129 que le pape Honorius H accorde à l'abbaye de 



32 L. LEVILLAIN 

Mais, d'autre part, si Ton admet que récriture puisse 
être de la fin du x'' siècle, étant donné la parfaite confor- 
mité de la teneur avec les événements de 997, on sera tenté 
d'admettre Tauthenticité de la lettre. Nous sommes trop 
mal renseignés sur les rapports de Rome et de Corbie 
pour refuser au successeur de saint Pierre le droit d'agir 
comme il Ta fait en faveur de Tabbaye Saint-Pierre de 
Corbie.. Et nous sommes tout aussi mal renseignés sur la 
diplomatique pontificale de cette époque. Il faut tenir 
compte de cette observation des diplomatistes que : « dès 
« le x** siècle, il semble que la chancellerie pontificale 
« délivrait parfois, en même temps que l'original, une 
a ampliation sur parchemin écrite en minuscule, l'écriture 
« lombarde étant dès lors lettre morte pour la plupart des 
« fidèles*, » et que, le plus souvent, selon l'opinion de 
M. Hickel, ces ampliations ne devaient pas être expédiées 
en forme, puisqu'elles n'étaient ni scellées ni datées - : ce 
qui est le cas de notre charte. Ce qui rend ici la critique 
plus difficile et la prudence plus nécessaire, c'est que les 
pièces de comparaison font défaut, nous ne trouvons dans 
les documents pontificaux de cette époque qu'un seul 
jugement: c'est le procès-verbal d'un jugement rendu par 
le pape Silvestre II dans une affaire entre le monastère de 
Saint-Pierre de Pérouse et l'évêque, en date du 3 décembre 
1002^. Il n'est en rien pareil au nôtre, mais il est en 
forme avec la date en tête. 

(Corbie sa première bulle d'exemption de la juridiclion de Tévêque 
d'Amiens. Hibl. nat., lat. 17758, Carttdaire Noir, fol. 229 et lat. 17759, 
Caviulaire Blanc, fol. 43 \\ Cf. Cochcris, yotices et Extraits.,, t. I, 
p. 597. 

1. A. Giry, Manuel de diplomatique, p. 669. 

2. Cf. de Mas-Latrie, Trésor de chronologie, col. 1070. 

3. Jaflé, Uefjesta, 2" édit.. t. 1, p. 499, entre les n"^ 3925 et 3923. M. P/lugk- 
llarttUQg l'a reproduit dans ses Specimina, pi. 108. avec un autre docu- 
ment qu'il considère à tort comme un jugement : celui-ci est une lettre 
du page Jean XVUI, de mai 1007, conlirmant les biens de l'église de Fisc 
Ja//d, ner/esta, 2* éd., n"> 3953;. 



JUGEMENT POUR GORBIE 33 

Je crois donc prudent de ne pas conclure trop vite à 
Tinauthenticité de notre lettre apostolique, quelque tenta- 
tion qu'on en ait. En publiant ici ce document, nous 
n'avons pas d'autre dessein que de fournir un élément 
d'information aux savants qui, ayant la compétence néces- 
saire, ont aussi le loisir de se livrer à l'étude captivante 
des lettres apostoliques et qui tenteront de faire la diplo- 
matique pontificale, s'il est possible de la faire avec aussi 
peu d'instruments originaux pour cette époque. 

L. Leviltain. 



A, — Bibliothèque nationale, ms. lat. 12272 (anc. Saint-Germain 293), 

fol. 115. 
h, — Copie du xviii' siècle, Bibl. nat., collection Dom Grenier, t. 53, 

fol. 40, d'après A, 
Indiqué : L. Delisle, Inventaire des manuscrits latins, p. 44. 

Johannes episcopus servus servorum Dei. Emunitates ecclesiarum, 
clericorumque décréta prospéra videlicet ac adversa nostrum est diligen- 
tins pervigilare, et in omnibus eis secundum posse subvenire quia, licet 
inmeriti, divina tamen suffragante gratia, vicem sancti Pétri gerimus. 
Igitiir notum sit omnibus romanis et episcopis francigenis quod quidam 
miles nomine DROGoquandam sancti Pétri Corbeiensis villamquedicitur 
Salliacus^ violenter invasit super abbatem et fratres Corbeie, qui propter 
hoc sepius conquesti sunt judicium nostrse justitie. Qua de re, manda- 
vimus utrisque, monachis scilicet et DrogoiNI, coram nobis venire et 
diffînere secundum judicium romane justitie, qui, ut quantotius valuerunt, 
pnpsentie nostrae vultibus se exhibuerunt, et hoc idem coram nobis 
diffmientes, intelleximus Drogonis prave judicium rectitudinemque 
monachorum, judicio Romanorum episcoporum ceterorumque hominum. 
Tuncque examinantes utrorumque causam, apostolica auctoritate, coegi- 
mus Drogonem totam reddere nobis villam vice sancti Pelri, asstantibus {a) 
fratribus ejusdem cœnobii et Vuidone Suessonico comité cum ceteris 
vasallis. Postea vero pro nostrit* caritatis amore petivimus et diligenter 
rogavimus fratres, qui prœsentie nostra^ aderant, ul, quantotius ad 
monasterium venirent, abbas et fratres ejusdem loci, pro nostro amore, 
medietatem ejusdem ville ipsi Drogoni tantummodo in vita sua consen- 

4. Sailly-Ie-Sec, canton de Bray, arr. de Péronne, Somme. 
faj sic. 

Moyen Age, i. XIX ^ 



34 L. LEVILLAIN 

tirent in tali tenore, ut nuUus ex heredibus (5) ejus post discessum 
ipsius, neque per se, neque per regalem aut episcopalem aut cujuscumque 
potestatem ullo modo inde se intermittat. Si quis autem hoc decretum 
infringere et nostro obstare prœcepto voluerit seu temptaverit, ex suc- 
toritate Dei omnipotentis et sanctorum apostolorum Pétri et Pauli cete- 
rorumque sanctorum et nostra excommunicatus et anathematizatus sit 
et a consortio christianorum sequestratus hic et in futuro. AMHN. 
Benevalete. Johannes presbiter cardinalis, cogente (c) papa, scripsit. 

(h) Eredibus, A, avec devant le E majuscule un petit signe pour indiquer 
le h omis; on trouve quelquefois ce signe dans des manuscrits du I« siècle 
et même dans des chartes du XI* siècle. — (c) Rogante vaudrait mieux. 



COMPTES RENDUS 



F. Carreras y Candi. — Miscelanea historica catalana. I'® série. 
— Barcelone, 1905^; in-S^. 

M. Carreras y Candi, bien connu déjà de tous ceux qui s'inté- 
ressent à l'histoire de la Catalogne, vient de consacrer à sa patrie 
un volume de mélanges d'un grand intérêt. M. Carreras s'occupe 
d'abord de l'institution du castlà en Catalogne : cette étude est un 
utile complément aux ouvrages d'Alart et de M. Brutails sur le 
régime féodal en Roussillon et en Cerdagne. Le castlà était un 
officier auquel le seigneur confiait la garde d'un castell (castrum), 
qui n'était pas un simple château, mais bien un village fortifié, ou 
du moins un village « où la fortification englobait seulement 
l'église et quelques constructions * ». Le castlà n'avait pas seule- 
ment des attributions militaires ; il tenait à la fois du châtelain 
(le castellano, ou alcaide en Castille), de l'intendant et du magis- 
trat; il exerçait la justice, percevait des droits et des prestations 
dans les limites dont le castell était comme le chef-lieu. M. Car- 
reras nous donne sur l'origine du castlà, sur ses pouvoirs et leur 
durée, sur les conditions, fort diverses, du contrat qui le liait à 
son seigneur, sur les lieutenants qui lui furent bientôt subor- 
donnés (les sots-casllans), sur la distinction qui s'établit au 
XIV» siècle entre castlanfa et capitania d'une part, castlania et cas- 
tellania de l'autre, une étude bourrée de renseignements souvent 
tirés de chartes inédites, et de citations placées dans le texte et en 
notes, étude très savante, mais que peut-être l'abondance même 
•des renseignements et des citations rend un pQu confuse. 

La deuxième étude du recueil est consacrée à la brève histoire 
du domaine royal de Bellesguart, près de Barcelone, acheté en 
1408 par le roi d'Aragon Martin 1®'. Ce roi, obèse et maladif, avait 

1. Brutails, Étude sur la condition des populations rurales du Roussil- 
don au moyen-âge, p. 37. 



36 COMPTES RENDUS 

rintentioQ de s'y refaire, comme il le dit lui-même dans unt? des 
lettres publiées par M. Carreras : « Nous avons acheté dans le ter- 
ritoire de Barcelone une maison de campagne que nous avons 
nommée bell esguard^ et cAt la iata]e>iftrd partie de Taniée^ nous 
entendons habiter pour la santé, plaisir et déport de notre per- 
sonne. y> Mais le château était délabré, les jardins à l'abandon ; le 
roi veut y mettre bon ordre. Les huit lettres de Martin 1®^ relatives 
à ce sujet nous intéressent à plus d'un titre. On sait qu'aux xiv« et 
xv<^ siècles on avait coutume de planter les jardins royaux d*arbres 
fruitiers et de légumes, et non d'arbres et de plantes d'agrément. 
Roi bonhomme* et simple, Miartin I«' u» dédaigne pas de s'occuper 
lui-même du choix d'un jardiniier et de bona arbres fruitière. Le 
15 décembre 1408, il écrit toot exprèe au procureur royal de 
Majorque pour Ivi demander, poiir sa torrade Bellesgwrt a un 
bon esclave capable d'y planter dee arbres^ ée les grefier et de les 
cultiver ainsi que toutes autreecfaoses propres à être cultivé«8>... 
et il est nécessaire qu'au plus tôt possible vous nous envoyiez ledit 
esclave, car le temps où les arbres se doivent planter est tout 
proche, et il devrait déjà y être. » Dans une seconde lettre, le roi 
réclame au baile général d'Aragon des plants de poiriers de UHïte 
espèce et de pommiers de Tarragane ; dans une troisième, U 
demande au Commandeur de Caspe des plants de raisin. 

D'autres lettres du roi sont relatives à la construction du château 
de Bellesguart. 

Toutes ces lettres, rédigées en un très pur catalan, ont pour 
nous un autre intérêt, d'ordre littéraire. Martin I^r avait alors pour 
secrétaire le célèbre écrivain catalan, Bernard Metge, que nous 
avait déjà fait connaître Milà y Fontanals. Toute la correspondance 
royale de Bellesguart fut sans doute rédigée par lui, comme le 
prouve la formule latine qui se trouve au bas de plusieurs dee 
lettres publiées par M. Carreras : a Dominus rex mandavit mihi 
Bernard Medici. » 

Dans la troisième étude, intitulée « Numismatica sarda dei 
sigle XIII ))^ M. Carreras s'occupe de l'atelier monétaire élabli à 
Viladiglesies, en Sardaigne, peu d» temps après la prise de celte 
ville par tes troupes aragonaises (1^4). Les trois chartes royales 
découvertes par M. Carreras nous renseignent d'une façon très 
nrécise sur i'org^anisation de cet atelier, les privilèges et les 



F. CARRERAS Y CANl» : MISGELANEA GATALANA 37 

devoirs de 9es i^uvriers. Nous allons donner une idée de quelques- 
uns «n wdiss de t^es privilèges qui nous montrent Texistenoe, 
dès le xTv<) siècle, d'institutions que le xix^ siècle croit presque 
avoir intentées. 

D^abord, seuls les fils ou petits-fils de Tun des travailleurs de la 
Monnaie pouvaient en devenir ouvriers. Le « maître de la Mon- 
naie )) ne pouvait y admettre aucun homme qui ne fût sujet du roi 
d'Aragon et dl!0yen<de Viladiglesies, sauf le cas où tous les autres 
o^uwiers y consentiraient. 

Les monnayeurs avaient leur existence assurée pour toujours : 
ils entretenaient une caisse ou boite (bustia), de sorte que, lorsque 
run d'-etix, malade ou trop vieux, ne pouvait plus travailler, il 
n'était pas réduit à la misère, mais touchait sur «cette caisse, une 
somme égale au salaire qu'il avait lorsqu'il travaillait. N'était-ce 
pas là une société de secours mutuels ? 

D'autres règlements contribuaient à maintenir entre les ouvriers 
la fraternité et à enrichir la caisse de secours. Les disputes et les 
rixes étaient sévèrement punies de suspension temporelle du tra- 
vail; d'amendes, ou de réparation de Tinjure. L'ouvrier qui insulte 
un de ses compagnons^ ou le frappe de la main, devra cesser le 
travail ii^endant deux jours, et remettre cinq sous à la caisse ; s'il 
le prend aux cheveux et le jette à terre, vingt jours de cessation de 
travail, et deux sous pour la caisse ; et ainsi de suite ; les peines 
s'élèvent selon la gravité des cas. Celui qui entretient des relations 
avec, la femme d'un autre, est exclu de la société des autres 
ouvriers, jusqu'à ce qu'il veuille bien les cesser, etc. 

La fraternité qui unit tous les ouvriers se manifeste surtout lors 
de la mort de Tun d'eux : tous les compagnons devaient cesser le 
travail en signe de deuil, se relever pour la veille du corps, et 
l'enterrer décemment, tout cela sous peine d'amende. 

Le plus curieux, c'est que ces ouvriers, en plein xiv^ siècle, 
jouissaient du droit de grève : et c'est le roi lui-môme qui leur 
permet d'en user contre leur « maître », dans des cas bien déter- 
minés, il est vrai, jusqu'à oe que ce dernier leur fasse droit. Ce 
point nous parait trop important pour que nous ne citions pas 
intégralement le texte en question : 

<c Item si forte magister propter sui iracundiam alicui de ope- 
rariis argentum prohibere voluerit vel compotum alicui de mone- 



38 COMPTES RENDUS 

tariis, et illi operarii vel monetarii fidejussionem sibi dare 
voluerint et Magister accipere noluerit, omnes alii operarii vel 
monetarii cessent ab omni opère inonete quousque magister jiistam 
causam reddiderit ob quam prohibe! argentum operario vel com- 
potum monetario et postea ille operarius vel monetarius faciat 
magistro justicie complementum secundum quod aliis visura 
fuerit faciendum. Et si forte noluerit eis reddere in qualibet ebdo- 
mada in die dominica lo obratgeet el braçatge secundum quod in 
moneta nostra et predecessorum nostrorum dari consuevit, omnes 
operarii et monetarii cessent ab omni opère monele quousque 
Magister eis reddiderit lo obratge predictum. » 

L'article suivant sur les pigeons et les colombiers en Catalogne 
au moyen âge est aussi très curieux. M. Carreras y étudie d'abord 
les mots paloma et colom et les mots dérivés ou similaires ^ans la 
langue catalane ; puis il fait Thisloire de la chasse aux pigeons, des 
palomeras, des colomers et tudoners baillés à cheptel ou à cens, du 
<( droit féodal de construction des colombiers ruraux », des com- 
munications par pigeons en Catalogne, et enfin des « pigeons au 
marché et dans la cuisine ». Cette intéressante étude est suivie de 
30 pièces justificatives et d'un glossaire. 

La cinquième étude est consacrée à un (( livre de géomancie 
populaire du xiip siècle » découvert par l'auteur et par M. Mas y 
Domenech, l'excellent archiviste de la cathédrale de Barcelone. 
Après une brève étude des manuscrits similaires décrits par 
J. Camus dans la lievue des langues romanes^ et par M. P. Méyer, 
dans la Ilomania, M. Carreras publie les fragments subsistants de 
ce très curieux manuscrit des Archives capitulaires de Barcelone. 

Les quatre derniers mémoires de M. Carreras sont relatifs aux 
« dolmens de Pinana et Vilasar », aux « Eaux et baios de Barce- 
lone », aux luttes, très vivement racontées, des « Eotences, 
Montcades et Templiers » dans les montagnes de Prades, do 1279 
à 1300, et enfin aux « visîtes de nos rois à Monlserrat. » 

Nous regrettons de ne pouvoir, faute de place, analyser ces 
quatre mémoires dont l'avant-dernier surtout nous a fort inté- 
ressé. M. Carreras y Candi a montré à quel point il connaissait 
les institutions et les coutumes de son pays, et nous souhaitons 
voir paraître bientôt les nouvelles études qu'il prépare. 

Marcel Robin. 



E. CASPAR : ROGER H (1101-1154) 39 



E. Caspar. — Roger II (1101-1154) und die Qrtindung der 
noniiannisch-sicilischen Monarchie. — Innsbrûck, 1904 ; 
in-8o» XIV 652 p. 

L'histoire du fondateur de la monarchie sicilienne n'avait été 
jusqu'ici l'objet d'aucun travail spécial ; l'ouvrage de M. Caspar 
vient donc combler une lacune. Après avoir dans une courte 
introduction résumé le règne du grand comte Roger, l'auteur 
aborde Thistoire de Roger IL Nous ne savons pas grand'chose sur 
la régence d'Adélaïde, les sources ne nous renseignent que très 
imparfaitement sur les événements qui agitèrent alors la Sicile ; 
on ne saurait donjD faire un grief à M. Caspar de nous avoir donné 
un chapitre un peu maigre. Toutefois ce chapitre contient quelques 
inexactitudes. P. 54, M. Caspar dit que le duc de Fouille Guil- 
laume, le petit-iils de Guiscard, en se rendant à Constantinople 
pour se marier, confia ses états à Calixte IL Je sais bien que Tau- 
teur de la vie de Calixte II * mentionne ce voyage, mais il y a 
là une difficulté. Dès avril 1117, le duc Guillaume était marié ; sa 
femme Gaitelgrime est mentionnée à cette date dans un diplôme 
(Arch. de la Cava F. 2), nous savons aussi qu'elle lui survécut, 
puisque Falcon de Bénévent raconte que, quand le duc Guillaume 
mourut, Gaitelgrime se coupa les cheveux pour en couvrir le 
corps de son mari 2. D'autre part, Gaitelgrime est mentionnée 
comme ayant assisté à la rédaction de la donation par testament 
faite au monastère de la Cava par le duc Guillaume à son lit de 
mort (1127) (Arch. de la Cava F. 40). Le duc était donc marié 
avant l'élection de Calixte IL Ailleurs, M. Caspar, p. 56, s'appuie 
sur une bulle de Calixte II du 28 décembre 1121 (Jafié. Lôwenfeld, 
6940), sans avoir l'air de se douter que M«>* Batifîol ^ et Fabre * 
ont démontré que cette bulle était fausse. Le chapitre suivant est 
consacré aux premières guerres de Roger II avec les Musulmans 
d'Afrique et aux attaques contre la Fouille. Vient ensuite le récit 

1. Liber Pontifical ii^, od. L. Duchesno, II, 322. 

2. Falco Uenev., éd. del Re, p. 193. 

3. La chronique de Taberna et les fausses ddcrétales de Catanzaro, Jaos 
Revue des Questions historiques, t. LI (1832). 

4. Revue des Questions historiqties, t. LUI, p. 519, et LIV, p. 596. 



40 



COMPTES RENDUS 



des luttes que le comte de Sicile devenu duc de Fouille par la 
mort du duc Guillaume eut à soutenir contre tous les seigneurs 
de ritalie méridionale qui se refusaient à le reconnaître comme 
héritier du duc défunt. On sait comment Roger sut imposer son 
autorité aux rebelles et profita habilement du schisme qui déchi- 
rait alors rÉglise pour se faire accorder par Anaclet II le titre 
de roi. 

La lutte entreprise par Innocent II contre le roi de Sicile rem- 
plît tout le chapitre III ; la question sicilienne prit alors une 
importance européenne. L*empereur dWllemagne, le basileus 
byzantin, la ville de Pise cherchèrent à profiter de la situation 
pour arrêter dans son essor Taccroissement de la puissance nor- 
mande. Tous leurs efforts devaient échouer et Innocent II, prison- 
nier du roi de Sicile, dut reconnaître les faits accomplis. S*arrêtant 
dans l'exposé des faits historiques, M. Caspar étudie au milieu de 
son ouvrage 1 organisation de la monarchie normande. 11 consacre 
un chapitre aux Assises qu'il examine assez longuement. 

Je trouve que le chapitre consacré par M. Caspar aux inslitu- 
tions est bien sommaire et il me semble qu'il y avait peut-être 
plus à dire sur l'administration telle qu'elle s'organisa alors. 
P. 310, note 7, M. Caspar se demande ce que signifie le titre de 
juslificalor curie. Or un jugement rapporté par (îaltola * montre 
clairement que le justificator cufie est identique au justicier, 
puisque les mêmes personnages prennent successivement les deux 
titres. Sur l'origine même de l'institution des justiciers, il me 
semble que Ion eût pu être plus complet que M. Caspar. Page 31o, 
M. Caspar a commis une grosse erreur. Il écrit : « Der diwûn-al- 
tahkikal-mamûr oder TsxpsTixé^, doana de secretis. » Or jamais 
la doana de secretis n'a été désignée dans les documents grecs par 
le mot o'exû£Tt.x6î. Celui-ci désigne certains fonctionnaires de la 
doana qui s'appelle elle-même o-éxpsTov. 

La dernière partie est consacrée à la politique mondiale de la 
monarchie. M. Caspar a utilisé fort heureusement la chronique 
de l'anonyme de Ferrare qui jette quelque lumière sur la lutte 
de Roger 11 avec la papauté. Les faits sont trop connus pour qu'on 
y insiste ici. La dernière partie du chapitre est consacrée aux 

/. Jé/ àtsf, ahbal. Caasin. accessione!<, I, 263. 



H. ROGER : LES LETTRES CLASSIQUES D*AUSONE A ALCL'IN 41 

guerres d'Afrique et à Torganisatioa donnée par Roger II à ses 
conquêtes d'outre-mer. L'ouvrage se termine par un chapitre 
sur la civilisation sicilo-normande au temps de Roger II, sur 
lequel je n'insisterai pas. Pourquoi M. Caspar cite-t-il l'émail de 
Bari, d'après l'ouvrage démodé de Schultz ^ alors qu'il en existe 
une excellente reproduction 2 

En somme le livre de M. Caspar est intéressant et contient beau- 
coup de bonnes pages. On ne peut que louer la composition du 
catalogue d'actes qui termine l'ouvrage. Il contient deux cent 
cinquante-cinq numéros. Je n'y ai pas relevé de lacunes pour les 
documents déjà publiés. A ce propos, une observation personnelle. 
P. 477, M. Caspar dit qu'à mon avis un seul des actes de la 
période de la régence d'Adélaïde est authentique. J'ai dit que 
pour la période de la régence un seul acte latin est authentique -% 
ce que je crois encore. Mais je n'ai jamais dit que nous ne 
possédions pas de diplômes grecs authentiques pour cette période, 
ce qui serait inexact. 

En appendice M. Caspar a publié à nouveau une étude sur la 
fondation des évéchés siciliens et la politique religieuse du 
comte Roger I dont il a déjà été rendu compte dans cette Revue *. 

F. Chalandon. 



H. Roger. — L'Enseignement des lettres classiques d*Ausone 
à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennes. 
— Paris, Picard, 1905 ; in-S^, xviii-359 p. 

Nous connaissons assez bien, grâce surtout aux œuvres d'Au- 
sone, l'organisation et le caractère de l'enseignement qui se don- 
nait en Gaule, durant les dernières années de la domination 
romaine, dans les écoles de Bordeaux, de Trêves ou d'Autun. 
D'autre part la Renaissance carolingienne a produit des écrits 
suffisamment abondants pour qu'il soit possible de juger du degré 

i. Denkmàler d. Kunst in Unterialien. 

2. Bertaux. L'émail de saint Nicolas de Bari, duos Fondation Eug. Piot. 
Monuments et Mémoires, publ. par l'Acad. des Inscriptions, t. X (1899), p. 61-93. 

3. Ecole française de Rome. Mél. d*archeoL et d'kist., t. XX, p. 198. 

4. Moyen Age, t. XVII (190i), p. 360 361, 



42 COMPTES RENDUS 

de culture et des connaissances littéraires des personnages ins- 
truits de cette époque. Des recueils de lettres, comme celui de 
Loup de Ferrières, permettent également de saisir la manière dont 
les humanistes du ix» siècle comprenaient et pratiquaient l'étude 
de Tanliquité. 

Comment la connaissance de cette antiquité, et en général de la 
culture classique, s'est-elle transmise des derniers représentants de 
l'éducation romaine aux lettrés de la période carolingienne? Telle 
est la question à laquelle M, Roger s'est proposé de répondre. 

L'auteur est adversaire décidé de toute théorie qui tendrait à 
admettre, après l'époque des invasions, une survivance quelconque 
des anciennes écoles, de groupes de professeurs constituant, dans 
une ville déterminée, un corps subventionné ou tout au moins 
reconnu par l'autorité publique. De fait, aucun document n'auto- 
rise à admettre, sous les rois mérovingiens, l'existence d'écoles 
ainsi comprises, et les rares renseignements que nous pouvons 
tirer de textes comme celui de Grégoire de Tours sont contraires 
à toute hypothèse de ce genre On a longtemps admis que Tjbs- 
truclion classique était donnée dans les écoles instituées au sein 
des monastères, où se serait (( recueilli «t transmis jusqu'à nous 
tout ce qui resie actuellement, ou à peu près, de la littérature 
ancienne tant sacrée que profane*./) L' « École du Palais », dont 
on a voulu faire remonter les débuts jusqu'au règne de Clovis, 
aurait représenté ce que nous appellerions aujourd'hui l'enseigne- 
ment supérieur. 

En ce qui concerne cette école palatine, M. Roger est d'accord 
avec M. l'abbé Vacandard^ pour en reconnaître le véritable carac- 
tère. Le terme de schola désigne l'ensemble des palatins. Les jeunes 
gens qui en font partie y arrivent après avoir complètement terminé 
leur éducation proprement dite, et font simplement dans l'entou- 
rage du prince une sorte de stage avant d'être choisis par lui pour 
remplir diverses fonctions civiles ou ecclésiastiques. Les monas- 

1. Vallet do Virivillc, Hist. de l'instruciion publique en Europe et parliculiè- 
remeiit en Frmice (Paris, 1849, in-4» . M. Roger n'a pas cru devoir faire figurer 
dans sa bibliographie cet ouvrage bien vieilli, mais qui représente des tliéories 
que l'on s'étonne de voir traîner encore aujourd'hui dans un certain nombre 
d'ouvrages classiques. 

2. Aux articles duquel il eût pu joindre les quelque; pages que M. Guilhiermoz 
a consacrées à la schola du Palais, dans son Origine de la noblesse^ p. 422-424. 



II. ROGER : LES LETTRES CLASSIQUES d'aUSONE A ALCUIN 43 

tères d'autre part ont été des centres d'éducation et d'instruction. 
M. Roger, laissant de côté ce qui concerne l'éducation religieuse, 
pour ne se préoccuper que de renseignement des lettres, a nette 
ment montré le double mouvement qui se produisait à ce point de 
vue dans l'Église et surtout dans les cloîtres. D'un côté, certains 
esprits, comme Paulin de Noie (pourquoi M. Roger adopte^t-il la 
forme Noies?) et Grégoire le Grand, sont nettement hostiles à la cul- 
ture classique, trop entachée de paganisme. D'autres, dont Cassio- 
dore est le représentant le plus brillant, considèrent qu'il faut cul- 
tiver tout ce qui peut contribuer à une connaissance plus approfon- 
die de rÉcrilure ou des Pères, et l'étude de l'antiquité est remise 
en honneur au monastère de Vivarium. 11 n'en reste pas moins vrai 
qu'en Gaule c'est la première tendance qui triomphe. On néglige la 
lecture des auteurs de l'antiquité, et c'est dans des formulaires, des 
abrégés ou des manuels, qui se rattachent plus ou moins tous aux 
Origines d'Isidore de Sévil'le, que l'on va puiser les quelques élé- 
ments de la langue latine indispensables à l'existence intellectuelle. 
Et, en étudiant l'œuvre du mystérieux grammairien Virgile, ou la 
langue des auteurs de l'époque mérovingienne, M. Roger aboutit 
à constater avec précision jusqu'à quel point les résultais aux- 
quels on arrivait en cette matière étaient minces. 

Ce n est pas à dire que les personnages de l'époque mérovin- 
gienne aient été ^des illeltrés ignorants et fiers de l'être. Grégoire 
de Tours ne se plaint pas de ce que les livres manquent de lec- 
teurs.; il se plaint de ce que ces lecteurs soient grossiers et peu 
instruits. M. Roger s'est livré à un consciencieux dépouillemenl 
de toutes les Vies de saints, du vf siècle au viii"', qui semblent 
avoir quelque valeur historique. Tous les biographes attribuent à 
leur héros une bonne éducation. Le bienheureux est toujours a Cla- 
ris ortus parentibus, liberalibus litteris imbutus », ou quelque 
formule analogue. En quoi consistait celte bonne éducation? C'est 
ce qu'il est bien difficile dédire. Le biographe de Didier de Cahors 
raconte que le saint, « post insignia litterarum studia Gallicana 
que eloquentia, que vel floroitissima sunt vel eximia... legum 
Romanarum indagcilione studium dedït, ut ubelalcin eloquii 
Gallici nitoremque sermonis gravitas romana lemperaret. » Le 
passage semble un peu suspect à M. Roger (p. 418), parce que 
la dernière partie du texte (depuis ut ubertatem) est empruntée à 



44 OeHiPI^S AEKMJS 

saint Jércrane. OèpeiHlant il est dcnateux qu'on ait (ait k ce êertSÊ&t 
ufi «mirant <im n^eût pa s^appliqiier dans uii« certaine mesure à 
la situation, et il est possible «fixe dans les villes du Midi (Didier 
était dTAlbi), on ait conservé quelque vague souvenir de œ 
qu'étaient jadis les étndes romaines. Dm reste, en oe qui oonceme 
lalnngae latine, M. Roger a pu constater que ôette brillante édti- 
catitsn av«it tout a<Q pins permis à Oi<di«r d^Trire dans «nie lan^ve 
un peu moins barbare 'q©e oeux qui 1 entouraient, et qu« les por- 
stMBiaages $>ont 'leurs x^ontemporains admiraient la haute <kiltiire 
possédaient >Qne instruction des plus rudimentaires. Il n'«n reste 
pas moins que la science était honorée et considérée. On prati- 
quait mal la grammaire, mais on la respectait sans bien la con- 
naure. 

Le terrain était donc dans une certaine mesure préparé pour les 
maîtres venus d'Irlande et de Bretagne, sous Tinfluence desquels 
allait se produire la Renaissance carolingienne. M. Roger examine 
également comment les lettres classiques ont continuées à être 
étudiées dans ces deux pays, et Tinfluence qu'ils ont pu à ce point 
de vue exercer Tun sur Tautre. Il a dû d'ailleurs laisser sans 
réponse certaine la question de savoir dans quelles limites les 
Irlandais peuvent être considérés comme les maîtres des Bretons, 
ou réciproquement. Ce qui est certain, c'est qu'en Grande-Bretagne, 
au VII'' siècle, on considère l'étude des lettres latines, et même, 
jusqu'à un certain point, de l'antiquité grecque, comme utile au 
développement de la foi. L'arrivée de Théodore et d'Hadrien, 
en 669, donne au mouvement un nouvel essor, marqué par l'appa- 
rition des œuvres d'Aldhelm et de Bède. M. Roger a consacré un 
important chapitre à l'exposé des connaissances et des théories 
grammaticales de l'école de Bretagne. Ce chapitre intéressera sur- 
tout les spécialistes. Qu'il nous suffise d'avoir indiqué l'intérêt que 
ce livre, sur un sujet qui semble au premier abord un peu aride, 
peut présenter pour l'histoire. 

R. POIPARDIN. 



E. DONADONI I SCRITTI REFUTATI DANTESCHI 45 



Prof. Eugenio Donadoni. — SuU* autenticità dl alcuni scritti 
reputatl danteschi. -^ Palermo, Alberto Reber, 1905; in-8o, 
«Op. 

Vatei ua peilt tÎTi^ qui j^euTEait bien jetet quelque émoi^pro 
Yoquer même quelque scandale dans le monde des dantologues. 
Les (c éearîts lépatés dantesques » dont M. Donadoni a entrepris de 
démontrer la fausseté, ce sont tout d*abprd trois poésies, qui ne 
sool assurément pas parmi les meilleures de Dante, mais dont 
personne jusqu'à présent R'ayait songé à suj^pecter Tauthenticité ; 
cescMit les trois canzeni: Le doki rime.,,, Poscia che Amor,.. et 
Doglia mi reca... Dans chacune d'elles, M. Donadoni relève ée» 
fautes grares contre la métrique, une phraséologie dantesque qui 
ne serait qu'une iosdtation maladroite, une tendance voulue à 
rardiaîs»«>; surtout, dans un commentaire assez déveliD^ppé, et 
d'uot ism sottvest irrévérencieux et aigre, il en fait ressortir les 
faiblesses de style et V « infériorité artistique ». — En vain 
objectera-t-on que Dante lui-même, dans le de Vulgari Eloquentia 
(U, 12 et II, 2), se donne comme Tauteur des deux dernières de 
ces trois canzoni: les deux. pièces qui nous sont parvenues ne 
sont point celtes de Dante ; elles sont Tœuvre de quelque rimeur 
inconnu, qui, des deux canzoni authentiques, n'aura gardé que 
le premier vers et aura réussi à» faire passer sous le nom de Dante 
sa médiocre contrefaçon. 

Mais voici qui est bien autrement grave. La quatrième partie ou 
trattato IV du Convivio n'est pas autre chose, d'un bout à l'autre, 
qu'un commentaire de la canzone : Le doki rime.,. Rejeter comme 
apocryphe cette canzone, c'est donc rejeter, du même coup, toute 
cette partie du Contix)io, réputée la plus belle et la plus impor- 
tante. C'est ce que M. Donadoni, nullement ébranlé par l'énormité 
de cette conséquence, n'hésite pas à faire. Et les arguments, 
d'après lui, ne manqueraient pas : imitation gauche de certains 
passages d« la Divine Comédie, comme dans les canzoni incri- 
minées ; différence de style et de langue entre cette quatrième 
partie et les trois premières; faiblesse de Targumentalion ; men- 
tions de personnages vivants ou morts depuis peu (ce qui ne se 
rencontre pas dans les traités Mil) ; manque d'harmonie, et même 



46 COMPTES RENDUS 

contradiction entre certaines idées exprimées dans le traité IV, 
et ce que nous savons par ailleurs de la doctrine de Dante ; en 
outre, cette qaatrième partie, avec ses digressions et ses trente 
chapitres, -ne présente ni les mômes proportions ni la même 
ordonnance que les trois autres ; énfin^ sans parler des difficultés 
chronologiques qu'elle soulève, elle n'en est pas la suite naturelle 
et logique. 

Quant aux très anciens témoignages que Ton pourrait alléguer, 
concen^nt celle quatrième partie du Convitio, M. Donadoni on 
bien les considère comme suspeets (Villani), ou bien, s'ils sont 
irrécusables, estime qu'ils se rapportent à un trattato i F tout 
autre, par le contenu, que celui que nous possédons (Cecco 
d'Ascoli). 

La démonstration est habilement conduite, ingénieuse, subtile; 
mais si la première lecture de cette dissertation est un peu trou- 
blante, il n'est pas une* des raisons invoquées par l'auteur qui, à 
la réflexion, paraisse décisive ; ce sont là des impressions bien 
plutôt que des raisons, et la critique de M- Donadoni est toute 
subjeotive. On sait combien est trompeur l'argument tiré de la 
qualité du style I II est, en oulre, tout un côté de la question 
que M. Donadoni a laissé dans l'ombre. Il ne suffisait pas de dire 
que le trattato IV du Connivio n'est pas de Dante ; il fallait essayer 
d'en découvrir l'auteur; il fallait, à tout le «moins, cherchera 
déterminer, autant que possible, l'origine et la date de cette soi- 
disant supercherie littéraire ; en un mot, apporter à l'appui d'une 
thèse aussi neuve et aussi hardie,autre chose que des arguments 
purement négatifs. 

Je doute que M. Donadoni, — pas plus que le D^* Prompt, qui, il 
y a une douzaine d'années, a voulu prouver l'inauthenticité du 
de Monarchia, -— convertisse beaucoup de ses lecteurs à son opi- 
nion ; cependant, son mémoire mérite autre chose que le dédain, 
que sans doute plus d'un critique lui opposera ; et sans en 
adopter pour cela leis conclusions, on en pourra retenir plus d'une 
observation intéressante, notamment sur la composition un peu 
particulière de quatrième livre du Convivio, 

L. AUVRAY. 



STEIN ET LE GRAND : FRONTIÈRE D'ARGONNE 47 



Henri Stein et Léon Le Grand. — La frontière d*Argonne (843- 

1659). Procès de Claude de La Vallée (1535 1561) [avec une pré- 
face par A. Roserot]. — Paris, A. Picard et fils, 1905 ; in-S», 
326 p. 

André Lesort. — Les chartes du Clermontois, conservées au 
Musée Condé à Chantilly (1069-1352). — Paris. H. Champion, 
1904; in-8«, 271p. 

L'expression géographique Clermontois a désigné suivant les 
époques deux régions de TArgonne d'étendue très différente. Jus- 
qu'au xvii« siècle le Clermontois c'est la seigneurie proprement dite 
de Ciermont-en-Argonne, à Toiiest de la Meuse et à Fest de l'Aisne, 
entre Verdun et Sainte-Menehould. A partir du milieu du xvii® siècle 
le Clermontois est un comté infiniment plus vaste constitué par 
la réunion artificielle entre les mains du grand Condé des prévôtés 
lorraines de Clermont, Varennes, Vienne-le-Château, les Monti- 
gnons, et, plus au nord, Dun et Stenay sur la Meuse, et Jametz sur 
la rive droite de cette rivière. L'histoire féodale de cette région 
qui commande les défilés de l'Argonne, quMl s'agisse de Clermont 
seul ou du comté de Clermont, est remplie des démêlés entre les 
officiers des rois de France d'une part, et les ducs de Bar et de Lor- 
raine d'autre part, ces derniers agissant soit comme suzerains en 
franc alleu, soit comme seigneurs fieffés de l'évêché de Verdun 
et de l'Empire. Les documents qui concernent la frontière de la 
France et de l'Empire ont fourni à quelques-uns des érudits les 
plus distingués de notre époque l'occasion de notices et d'articles 
importants. Julien Havet a publié et commenté en 1881 dans 
la Bibliothèque de l'École des Chartes une enquête faite en 1288 à 
Verdun par les commissaires impériaux pour prouver que les 
frontières d'Empire s'étendent bien au delà de la Meuse ; en 1888, 
M. Emile Duvernoy a consacré 25 pages des Annales de l'Est à l'his- 
toire d'un règlement de frontière entre la France et le Barrois en 
1500, concernant surtout le village de Clinchamp ; plus récemment 
encore, en 1903, M. P. Collineta étudié dans la Revue d'Ardenne et 
d'Argonne la constitution de la frontière d'Empire dans l'Argonne 
et l'Ardenne surtout au nord du Clermontois. C'est enfin à la ques- 
tion controversée de l'étendue de la mouvance du royaume d^ 



48 COMPTES RENDUS 

France vers la Meuse, au sud de Clermont, que se rattachent la 
détermiDation de la nationalité de Jeanne d'Arc et les polémiques 
ardentes qu'a suscitées la prétention énergiquement soutenue par 
M. Tabbé Misset d'enlever Jeanne d'Arc à la Lorraine pour la resti- 
tuer à la Champagne. 

Dans les deux ouvrages dont les titres sont transcrits ci-dessus, 
les auteurs ont concurremment produit de nouveaux et intéres- 
sants documents sur cette question des confins delà France à Test, 
et apporté de part et d'autre dans de copieuses introductions une 
importante contribution à l'histoire de l'extension du domaine 
royal vers la Meuse. 

Le procès de Claude de La Vallée, qui a servi d'occasion aux 
recherches de MM. Stein et Le Grand, est une de ces affaires fré- 
quentes dans rhistoire des pays de gouvernement absolu, où l'on 
voit un officier accusé à tort ou à raison de prévarications, et con- 
damné, plus sous la pression d'une meute d'envieux qui ont 
entrevu la part de dépouilles où placer leurs crocs, que sous l'ac- 
cablement des preuves d'une mauvaise administration. Les mat- 
heurs de Claude de La Vallée, prévôt gruyer de Clermont-en- 
Argonne, qui ne présentent en eux-mêmes que l'intérêt local d'un 
fait divers, empruntent un intérêt spécial au fait que cet officier 
clermontois, sujet du duc de Lorraine, condamné en appel à la 
cour ducale de Saint-Mihiel, porta son affaire devant le Parlement 
de Paris. 

Si le Parlement de Paris était compétent, le Clermontois mouvait 
du roi de France ; et les limites du royaume s'étendaient jusqu'à 
la Meuse ; sinon, Clermont et toute la région à l'ouest de la Meuse 
jusqu'à la Biesme était lorraine et terre d'Empire. Telle est la 
forme que prit dans la bouchedu procureur général du roi et dans 
celle de l'avocat du duc de Lorraine la question posée au Parlement 
dans l'instance introduite devant lui par Claude de La Vallée, 
et suivie, après sa mort, par sa veuve et ses fils. Le procureur 
général Cappel soutint naturellement que la Cour pouvait con- 
naître en appel de l'affaire du prévôt gruyer de Clermont parce 
que le roi de France était suzerain en ce lieu, et cela en vertu du 
traité de Verdun. A en croire en effet les historiens du xvi« siècle 
dont les ouvrages imprimés avaient depuis un demi-siècle servi à 
" ^stractioB des juristes^ la Meuse constituait la limite des royaumes 



STEÏN ET LE (iRAND : FRONTIÈRE D'aRGOXXE 49 

de Charles le Chauve et de Lothaire. A Tappui de cette thèse 
inexacte, empruntée par les auteurs aux compilations historiques 
de Marianus Scotus et de Sigebert de Gembloux, on produisit pour 
ClermontenÂrgonne des actes de foi et hommage du xiip siècle, 
fournis par les archives de la Chambre des comptes et relatifs à 
une localité de nom latin identique, ClartAS Mons. 

A cette argumentation détestable les représentants du duc de 
Lorraine ne surent pas opposer les textes de Prudence et d'Hinc- 
mar contemporains des souverains carolingiens, ils y eussent 
aisément trouvé la preuve que les limites du royaume de Charles 
le Chauve loin d'atteindre la Meuse se confondaient avec celles des 
pagi situés à l'ouest de cette rivière. Ils ne prirent pas garde non 
plus que les noms des localités mentionnées dans les actes de foi 
et hommage devaient faire attribuer ces documents à Clefmont* 
en-Bassigny. On ne saurait reprocher beaucoup aux juristes du 
XVI* siècle d'avoir fait preuve de part et d'autre d'une aussi piètre 
information historique et d'un aussi médiocre esprit critique, l'ou- 
tillage si perfectionné d'éditions de textes et de travaux critiques 
créé par l'érudition moderne leur manquait pour voir clair dans 
cet imbroglio à la fois historique, juridique et topographique. A 
défaut de la réplique qui eût convenu, les avocats lorrains n'eurent 
du moins pas de peine à produire de nombreux actes prouvant que 
Clerniont-en Argonne était terre d'Empire, dépendant de l'évêché 
de Verdun et inféodée aux ducs de Bar et après eux aux ducs de 
Lorraine. Buté à sa thèse de la Meuse et du traité de Verdun, le 
procureur général, sans nier l'authenticité des actes produits par 
ses adversaires, sans nier la réalité des fréquentes reconnaissances 
faites par les oinciers du roi de France touchant la suzeraineté du 
duc de Lorraine à Clermont, contesta la légitimité de lout acte sou- 
verain exercé par le duc de Lorraine, comme résultant d'usurpa 
tions, toutes caduques en vertu de Tinaliénabilité imprescriptible 
du domaine royal. 

I-a solution de l'affaire dans ces conditions ne relevait plus de 
la justice mais de la politique. Après trente ans de procès, après 
des alternatives de succès et de défaites suivant que les relations 
l)onnes ou mauvaises entre le roi de France, Tenipereur et le duc 
de Lorraine faisaient pousser ou remettre l'affaire, la disparition 
des demandeurs mit fin à la procédure devant \ePaLv\ô\s\^\i\..^\tiv\^- 
Jfûi^é'n Age, t. MX W 



IV) COMPTES RENOrîS 

lieu eD 1625 rouvrit la question d'abord par la voie judiciaire sous 
forme d'enquête sur les usurpations de frontière. Verdun avait 
cessé d'être terre d'Empire pour être du royaume, le fief de Clcr- 
mont avait dû par suite passer dans la mouvance du roi de France. 
Quant au détenteur du fief, le duc Charles IV, il fournit par son 
agitation politique une occasion de donner k Taflaire de Clermont 
un épilogue militaire. Pour obtenir le retrait des troupes royales 
qui avaient envahi ses états, il dut en 1632 céder au roi la ville de 
Clermont. Telles sont les grandes lignes du procès historique dont 
MM. Stein et Le Grand ont publié les principales pièces et retracé 
les phases. 

Le livre de M. Lesort n'a pas comme le précédent une subs- 
tructure judiciaire, il est fondé sur Tétude d'un fonds d'ar- 
chives, celui du comté de Clermonlois conservé actuellement 
à Chantilly et représenté par de nombreuses épaves aux 
Archives nationales, aux archives de la Meuse et à la Biblio- 
thèque Nationale. Les différentes prévôtés qui devaient former au 
xvii« siècle le Clermontois, comté de Clermont, tel qu'il a été déli- 
mité au début de ce compte rendu, avaient été réunies par les ducs 
de Lorraine à leur domaine, à des époques très variées, à des 
titres très différents et dans des conditions qui n'avaient aucun 
rapport entre elles. La partie occidentale, soit Clermont, Varennes, 
Vienne-le-Château, les Montignons, avait été inféodée au comte de 
Bar parles évoques de Verdun ; le lien féodal qui rattachait ces 
prévôtés à l'Empire et à l'évêché devint au xv® et au xvi® siècle de 
plus en plus lâche, au fur et à mesure que grandit la puissance des 
ducs de Lorraine après la réunion du Barrois. Au nord, Dun fut 
successivement aux évêques de Verdun, aux comtes de Bar, puis 
pendant deux siècles à la maison d'Apremont, puis de nouveau 
aux ducs de Bar et après eux aux ducs de Lorraine. Stenay, long- 
temps disputé entre les ducs de Luxembourg et les évêques de 
Verdun finit par rester aux premiers, qui l'inféodèrent aux comtes 
de Bar et par suite aux ducs de Lorraine. Jametz enfin donné 
aux évêques de Verdun par les ducs de Basse Lotharingie fut 
inféodé par les évêques à des seigneurs particuliers qui prirent 
le nom de la ville, puis celle-ci passa, suzeraineté et domaine, aux 
'^csde Luxembourg ; les ducs de Lorraine les en dépossédèrent 



A. LESORT ! CHARTES DU GLERMONTOIS SI 

par la force à la fin du xvi® siècle. Comme en dépit d'accidents 
temporaires Tœuvre lente du temps aboutit toujours à l'absorption 
des petits états par les grands, les ducs de Lorraine éprou* 
vèrent à leur tour les effets de cette loi inéluctable. Les événements 
de 1632 dont nous avons parlé à propos du livre de MM. Stein et 
Le Grand, firent passer toutes ces prévôtés aux mains du roi de 
France. Mais celui-ci peu d'années après dut pour des â aisons poli- 
tiques constituer avec les domaines lorrains récemment acquis 
une seigneurie, le comté de Clermont, en faveur du prince de 
Condé. A ce comté artificiel le prince et ses descendants durent 
constituer des archives rétrospectives factices, auxquelles vinrent 
s'ajouter au fur et à mesure des années toutes les pièces d'admi- 
nistration courante. Pour réunir tous les titres nécessaires à 
l'exercice de leurs droits les princes de Condé s'adressèrent à divers 
dépôts d'archives. Les principales sources où ils avaient à puiser 
étaient les archives du duché de Bar et celles du duché de Lor- 
raine s les premières* avaient été, pour la plus grande partie, 
réunies aux secondes à Nancy ; mais les guerres du xvn« siècle, 
avaient eu pour résultat de les faire transférer partiellement à 
Paris. En 1661, Condé obtintrque non seulement des copies mais 
des pièces originales lui fussent livrées par le Trésor des 
chartes du roi. D'autre part les archives de l'évéché de Verdun 
présentaient pour les nouveaux comtes de Clermont un intérêt 
tout spécial, les évéques ayant été pendant des siècles suzerains de 
la plupart des terres du comté. Les archives de l'évéché avaient 
été dépouillées de toutes les pièces concernant les droits du roi; 
au profit de celles du Parlement de Metz ; là également avait 
été envoyée la partie des archives ducales de Lorraine qui n'avait 
pas été transférée de Nancy à Paris. Les archivistes du prince de 
Condé se firent donc à Metz de même qu'à Paris livrer des docu- 
ments relatifs aux domaines de leur maître. Confisqués sous la 
Révolution avec les archives des Condé, les titres du Clermontois 
furent déposés aux Archives de la Seine, puis aux Archives natio 
nales, pendant que l'administration du département de la Meuse 
réunissait les papiers d'administration locale restés sur place. 
Restitués en 1814, repris et rendus pendant et après les Cent 
jours, les titres saisis à l'Hôtel de Condé passèrentà Chantilly où ils 
sont encore, non sans avoir été fortement éprouvés par les triages 



52 COMPTES RENDUS 

révolutionnaires. Ce sont les plus anciennes chartes(l 29 antérieures 
au milieu du xiv« siècle) dix fonds de Clermont à Chantilly que 
M. Lesort, sur les conseils et avec le concours de M. L. Delisle S 
a publiées dans ce volume. Si ce recueil ne présente pas toute la 
belle ordonnance d'une compilation diplomatique relative à un 
même domaine ancien, ou tirée des registres d'une même chan- 
cellerie, le service rendu par l'éditeur n'est cependant pas diminué 
par la composition factice du livre puisque toutes les chartes 
qu'il y a comprises font lacune dans les fonds où les archivistes 
des Côndé les ont prises, et qu'il a ainsi mis à la disposition des 
historiens locaux un ensemble de documents qu'il leur eût été 
mal aisé d'aller consulter dans un dépôt, libérhlement ouvert; 
mais éloigné de la région où ils font résidence. 

A. ViDIER. 



1. Beaucoup de ces chartes ont été imprimées d'après des copies faites par 
M. Delisle, et très libéralement abandonnées par lui à son jeune confrère. 



CHRONIQUE 



Un grand nombre d'églises du moyen âge présentent une particularité 
curieuse : l'axe du chœur n'est pas dans le prolongement reciiligne de 
celui de la nef et le chcyet paraît incliné, tantôt adroite, tantôt à gauche, 
sur l'un des bras du transept. Des explications variées de cette anomalie 
ont été fournies tant dans des monographies que dans des. manuels, ou 
dans des notes contradictoires sur le symbolisme architectural. Il a 
coulé somme toute déjà beaucoup d'encre sur la déviation de l'axe des 
églises, et la majorité des archéologues s'est ralliée à une explication 
symbolique sans qu'une étude analytique complète de la question ait 
jamais été tentée. M. de Lasteyrie vient d'y procéder dans une notice 
intitulée: La déviation de Vaxe des églises est-elle symbolique? (Pmris, 
Klincksieck, 1905 ; in-4% 36 p. Extrait des Mémoires de VAcadémie des 
inscriptions et belles-lettres). Le savant archéologue passe en revue toutes 
les explications fournies jusqu'à ce jour et les rejette toutes ou à peu 
près. La déviation n'est pas symbolique, elle ne résulte pas du desseifi de 
rappeler dans les églises de plan cruciforme l'inclinaison prise par la 
tète du Christ lorsqu'il expira sur la croix, car cette idée symbolique 
n^est indiquée dans aucun des écrits des Pères, dans aucune des œuvres 
des anciens liturgistes, condition primordiale que doit remplir toute 
explication symbolique pour être acceptable; de plus le sens de la 
déviation n'est pas partout identique, tantôt elle est à droite, tantôt elle 
est à gauche, et cela à une époque où l'iconographie fournit exclusivement 
des représentations du Christ triomphant sur la croix, la tète haute et 
droite et non du Christ mourant, la tète inclinée; enfin il y a des cas de 
déviation dans des églises qui ne sont pas construites sur un plan cruci- 
forme. D'autres explications non symboliques ne sont pas plus accep- 
tables ; les affaissements du sol ou le tassement des édifices amènent une 
déviation dans le sens de l'élévation et non dans le plan ; des explica- 
tions d'ordre esthétique sont de pures fantaisies ; les nécessités locales, 
manque de place, gène causée par l'existence de constructions qu'on n'a 
pu abattre fournissent pour nombre de cas une raison plus plausible; 
mais il en est une autre beaucoup plus simple qui peut s'appliquer à tous 
les cas, elle est fournie par les textes et résulte de l'examen des édifices. 
Jamais les églises du Moyen-Age n'ont été construites d'un seul jet, cette 
vérité, incontestable pour les églises remaniées et agrandies, est bonne 
aussi pour les édifices d'une apparence homogène, car dans ceux-ci 



54 CHRONIQUE 

l'étude de l'appareillage permet de reconnaître des étapes successives 
dans les travaux d'édificatioç ; et Ton sait qu'au fur et à mesure qu'une 
nef s'allongeait on en livrait les nouvelles travées à l'exercice du culte. 
Les constructeurs n'avaient ainsi, pour effectuer les raccords de maçon- 
nerie, même plus la vue d'ensemble des parties déjà construites, et ils 
n'avaient pas encore les instruments do précision permettant le repérage 
mathématique des alignements. Pour que les différentes travées de la 
nef fussent exactement dans l'axe du chœur il fallait au meilleur et au 
plus soigneux des architectes le concours d'un hasard vraiment provi- 
dentiel ; une erreur minime au départ entraînait à l'arrivée une dévia- 
tion notable, c'est ce qui est arrivé dans la plupart des cas. Cette expli- 
cation est corroborée par l'étude d'un grand nobmre d'édifices dontM.de 
Lasteyrie reproduit le plan et rappelle les conditions de construction. 
Mais ce n'est pas assez d'indiquer sommairement les conclusions de 
l'auteur, ce mémoire doit aussi être signalé comme fournissant un modèle 
de discussion archéologique. Point de vaines phrases, point de considéra- 
tions de vague esthétique ; mais des observations rigoureuses, des des- 
sins nombreux et de la logique. Dans l'histoire de l'art, particulièrement 
de l'art architectural, la méthode scientifique de l'observation des faits 
ol du classement des constatations donne seule des résultats sérieux. 

A. V. 



I^ littérature hagiographique est une des formes de la littérature reli- 
gieuse qui offre le plus d'intérêt pour les historiens. C'est à elle qu'on 
doit la biographie de pieux personnages dont beaucoup ont joué dans 
l'histoire de l'Eglise un rôle important, à une époque où l'Église était le 
centre autour duquel gravitaient toute politique et toute civilisation ; 
c'est à elle qu'on doit le récit d'événements auxquels les héros ont été 
plus ou moins directement mêlés; c'est à elle enfin qu'on doit de nom- 
breux tableaux de mœurs, pour des époques dont fort peu de sources nous 
donnent une connaissance intime. Mais que vaut cette littérature scien-^ 
tifiquement parlant? Doit-on faire état des verbeuses homélies de pané- 
gyristes qui n'ont connu la. réalité qu'à travers des traditions déjà 
anciennes, qui ont plus mis à contribution la fertilité de leur imagina- 
tion que la documentation écrite léguée par des prédécesseurs mieux 
informés mais moins versés dans la rhétorique ; qui ont moins cherché 
à rapporter des faits rigoureusement exacts qu'à offrir à la ferveur des 
fidèles de hauts exemples de piété. L'œuvre colossale et encore inachevée 
des Bollandlstes et de Mabilïon est là pour témoigner qu'il ne faut ni 
frapper les écrits des bagiographes d'un ostracisme général ni les englo- 
ber dans une approbation collective. Autant d'écrits, autant de textes à 
critiquer. L'esprit et les moyens de cette critique constituent une mé- 
thode dont le P. Deiehaye, l'un des Boilandiates actuels, a donné dans un 
exeeUeni petit livre ("Im légendes hagiographiques, Bruxelles, 1905; in-8') 



(.HROXÏQÏT ;)5 

un aperçu aussi agréablement présenté que savamment documenté. Cer- 
taines vies des saints sont des textes de premier ordre, comparables aux 
chroniques des historiens les plus intelligents et les mieux renseignés; 
il y en a d'autres dont les différentes parties sont de valeur très inégale ; 
d'autres enfin qui n'ont pour les temps auxquels elles se réfèrent abso- 
lument aucune valeur. Quelle est dans tout cela la part de la légende et 
l'œuvre de l'hagiographc ; comment doivent se classer les textes ; quels 
points de comparaison doit-on choisir pour reconnaître la parenté 
qui les unit ; comment se constitue le dossier d'un saint ; quelles traces 
du paganisme se retrouvent dans les œuvres des hagiographes ; de 
quelles fautes doit-on se garder dans leur utilisation critique? telles 
sont les questions qu'a posées, étudiées et résolues ou débrouillées 
le P. Delehaye. On retrouve dans ce volume toute la rigueur de dis- 
cussion, toute la sûreté historique, toute la bonne tenue littéraire dont 
font preuve les éditeurs des derniers volumes de.^ Acta sanctorum et de 
l'excellent recueil des Analecta Bollandinna, 

A. V. 



Dans une bible du xi' siècle provenant de l'église de Vienne et conser- 
vée actuellement à la Bibliothèque de Berne, trois feuillets ont été inter- 
calés qui n'ont aucun rapport avec rÉcriture mais qui offrent pour l'his- 
toire du pays dont le manuscrit est originaire un intérêt historique 
assez grand. C'est à l'étude de ces trois additions que M. G. de Manteyer 
vient de consacrer un nouveau mémoire sur Les ongines de la maison de 
Savoie en Bourgogne (910-1060), la faix en Viennois, Anse [17 juin?] 102:i 
et les additions à la Bible de Vienne, ms, Bern. A9, Grenoble, 1904; in-8'', 
192 p. Extrait du Bull de la Société de statistique, des sciences naturelles 
et des arts industriels du département de V Isère. ^" série, t. VII, XXXIll* 
de la coll.). 

Le premier des feuillets intercalaires contient le texte d'un serment de 
paix prêté par un seigneur laïque pour lès églises de Vienne et de Belley 
et le comté de Vermorens. En rappelant à l'aide des excellentes FHedens- 
ordnungen in Frankreich de L. Huberti l'itinéraire suivi par le mouve- 
ment progressif de la paix de Dieu en France, M. de Manteyer place 
entre 1024 et 1026 le passage de ce courant en Viennois ; or précisément 
il se tint un concile en 1025 dans l'église Saint-Homain près d'Anse. 
La teneur même du serment de paix viennois fournil une preuve de 
l'exactitude de cette attribution chronologique, car elle est dans uc rap 
port de filiation certain avec le texte d'un autre serment de paix prêté 
en 1023 par l'évèque de Beauvais en présence du roi Bobert. D'autre part 
l'analyse détaillée des indications topographiques contenues dans la 
paix viennoise permet d'attribuer le serment au comte de Savoie Hum- 
bert aux Blanches Mains, de même que les stipulations juridiques de ce 
même serment perm^ettent de déduire sur l'organisation féo<lale du 



5C <:hromque 

Viennois et l'organisation temporelle de sa métropole des considératioDS 
fort intéressantes. Au cours de cette étude M. de Manteyer a trouvé 
sinon de nouvelles preuves absolues, du moins de nouvelles probabilités 
à l'appui de la thèse déjà soutenue deux fois par lui sur les origines et 
la filiation des princes de la maison de Savoie pendant la période du 
haut moyen âge. 

La seconde addition est une sorte de martyrologe-obituaire des 
évoques de Vienne fondé sur un ancien catalogue épiscopal du iv* siècle, 
interpolé et tenu à jour dans les siècles suivants et dans lequel ont été 
intercalées au xi* siècle des notices biographiques. 

La troisième addition est le texte d'une prophétie relative à l'avenir 
du monde à partir du moment où le siège éphémère de l'empire échappe 
à Vienne par la disparition de Louis l'Aveugle. Cette relation écrite de 
deux mains différentes contient une part de vérité qui se réfère à des 
événements antérieurs à la rédaction et une part de fantaisie concernant 
l'avenir; le commentaire des mentions historiques de cette prophétie a 
amené M. de Manteyer à placer sa date de rédaction entre 1038 et 1039 
et à en attribuer la paternité ù l'archevêque de Vienne, Léger. « Mieux 
que tous les autres documents de cette époque, dit à juste titre M. de 
Manteyer, celui-ci fait connaître l'élàt d'esprit d'un lettré viennois du 
XI' siècle. » 

On ne saurait soumettre les trois textes intercalés dans la bible de 
Vienne à un examen critique plus consciencieux que celui que leur a 
fait subir M. de Manteyer, ni tirer de ces écrits des données historiques 
plus abondantes que celles que .M. de Manteyer en a fait sortir en les 
pressurant jusqu'à l'extrême limite du possible. 

A. V. 



Abbevillc. — Imprimerie F. Paiilart« 



ERMITAGES ORLÉANAIS 

AU XII* SIÈCLE 



Le Gué de TOrme et Chappes 



Les domaines ecclésiastiques qui se sont constitués 
durant le moyen âge et qui ont subsisté pour la plupart 
jusqu'à la Révolution ont des origines diverses. Nombreux 
étaient les biens que les églises ou les abbayes tenaient de 
la libéralité désintéressée des rois, des seigneurs et des 
plus humbles fidèles. Nombreux aussi les domaines acquis 
à prix d'argent ou reçus en précaire. Il est superflu de 
citer des exemples de ces deux modes d'accroissement du 
domaine foncier ecclésiastique, la plupart des chartes con- 
servées dans les fonds d'archives, transcrites dans les car- 
tulaires ou copiées par les érudits des siècles passés, n'ont 
pas d'autre objet que de constater les largesses des parti- 
culiers ou les acquisitions des intéressés. Mais il est encore 
un autre mode d'agrandissement du domaine des églises 
dont les exemples sont moins fréquents, surtout dans les 
siècles les plus éloignés du moyen-âge, c'est l'absorption 
de petites communautés par les grandes. La réunion d'un 
prieuré par une abbaye était pour celle-ci une façon de 
s'enrichir fort avantageuse; elle ne comportait pas d'incer- 
titudes sur la situation des tenanciers, elle ne nécessitait 
pas Torganisation d'une exploitation nouvelle pour la mise 
en valeur des terres; c'était un petit domaine que l'on réu- 
nissait au grand; c'était un petit organisme aux droits 
duquel on se substituait. Par contre des diiïicultés pou- 

Moyen Atje, l. XIX ^ 



58 A. VIDIER 

valent surgir lorsque les moines dont on voulait confis- 
quer les biens n'étaient pas d'accord sur l'opportunité de 
leur fusion avec une autre communauté, ou étaient divisés 
quant au choix de cette communauté. 

Pour éviter des difficultés de ce genre les grandes 
abbayes prenaient parfois leurs précautions en préparant 
de longue main des réunions éventuelles qui n'aboutissaient 
pas toujours. C'est ainsi, par exemple, que les religieuses 
de Saint-Rémy des Landes, au diocèse de Chartres, n'ob- 
tinrent en 1160 quelques concessions de terres de l'abbé 
de Saint-Benoît-sur-Loire qu'à la condition de soumettre 
l'élection des abbesses à l'approbation de l'abbé et qu'en 
promettant la restitution des biens cédés par les religieux 
en cas de dissolution de la communauté ^ 

Il faut dire du reste à la décharge des grandes abbayes, 
que des absorptions de ce genre leur furent parfois impo- 
sées par le souci de leur propre sécurité, et qu'elles durent 
souvent supprimer un modeste voisin pour se préserver 
de rivalités futures dans les territoires où elles dominaient. 
Le zèle inopportun des fidèles s'employa volontiers, au 
XII* siècle, à la fondation, à proximité des abbayes, d'ermi- 
tages libres qui constituaient pour elles des voisins 
gênants, tant à cause de leur extension sur un domaine qui 
paraissait réservé aux premiers occupants qu'à cause des 
exemples d'indiscipline, ou de manque de discipline, 
qu'elles donnaient à des moines trop facilement enclins à 
s'affranchir des rigueurs de leur règle. 

Dans la seconde moitié du xii'^ siècle, deux abbayes orléa- 
naises, celle de la Cour-Dieu ^ et celle de Saint- Benoît-sur- 
Loire 3, eurent à prendre tout particulièrement des mesures 

1. M. Prou et A. Vidier, Recueil des chartes de Vabbaye de Saint- Benoit- 
sur-Loire, t. I, p. 395. 

2. Commune d'IngraDDcs, Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Neuville- 
au-Bois. 

3. Loiret, arr. de Gien, cant d'Ouzouer-sur-Loire. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII« SIÈCLE 59 

de précaution contre les fondations indiscrètes de deux 
personnages, Guy et Sevin, dont l'un au moins, le premier, 
appartenait à l'entourage du roi Louis VII, et qui firent 
tous deux concourir la faveur royale au succès de leurs 
entreprises monastiques. 

L'abbaye de la Cour- Dieu, fondée en 1118, confirmée en 
1123 par l'évêque d'Orléans Jean II S et la même année 
par le roi Louis VI ^, fut menacée la première par les 
entreprises de Guy, sergent d'armes du roi, qui. édifiait 
une maison dont la construction pouvait ruiner l'abbaye. 
Grâce à son affiliation à Citeaux, la Cour-Dieu trouva 
dans le chef de la congrégation un intermédiaire influent. 
Gilbert, abbé de Citeaux de II63 à 1167, avait en 1165 reçu 
Louis VII au chapitre général de sa congrégation, il était 
tout particulièrement qualifié pour intervenir; il écrivit 
au roi pour lui transmettre les doléances des moines ^. 
Le roi ému par l'exposé des craintes des religieux invita-t-il 
son familier à tempérer les excès de son zèle ? les docu- 
ments ne permettent pas de l'affirmer, mais il est cer- 
tain en tout cas que l'abbaye de la Cour-Dieu ne fut 
plus troublée par le voisinage de confrères importuns; 
tout au plus crut-elle quelques années plus tard, en 1169, 
devoir prendre des précautions contre le retour possible 
de nouveaux dangers ; elle obtint en effet à cette date un 
acte de l'évêque d'Orléans, Manassès de Garlande, inter- 



1. L. Jarry, Histoire de Vabbaye de la Cçur-Dieu, p. 5 et 173. 

2. A. Luchaire, Louis VI le Gros, p. 152, n» 329; L. .Jarry, op. cit., 
p. 7 et 174. 

3. Letlre de G.^ abbé de Citeaux, à Louis VII : a Serenitati vestfae humi- 
liter preces ofTerImus pro abbatia de Curia Dei, quam pater vesler fun- 
davit, majestas veslra bene semper lovit et custodivit ; in cujus ruiDam 
domîDUS W. hostiarius vester quamdam domuni aediticat^ nam si tam 
prope domum Curiae Dei domus religiosorum fiat, peremptio ejus est. » 
Duchesne, Scriptores, IV, p. 679; cité en partie par L. Jarry, op. cit., 
p. 37. Le nom représenté par l'initiale W. peut être restitué Wido d'après 
les documents cités plus loin et publiés à la suite de cette notice. 



60 A. VIDIER 

disant toute fondation de monastère à moins de cinq lieues 
de Tabbaye *. 

Ce n'est pas sans raison que Tabbé de la Cour-Dieu 
avait cru devoir solliciter cette interdiction, car précisé- 
ment à la même époque Tabbé de Saint-Benoît-sur-Loire 
prenait des dispositions pour conjurer les effets d'une fon- 
dation analogue à celle contre laquelle l'abbé de Citeaux 
avait protesté auparavant. 

Guy, repoussé des environs de la Cour-Dieu, n'avait pas 
renoncé à ses projets. Il avait en un lieu appelé le Gué de 
l'Orme et situé dans le voisinage de Saint-Benoit-sur- 
Loire ^, sur une terre que lui avait donnée le roi Louis VII 
par acte authentique, fondé un petit couvent soumis à la 
règle de saint Augustin réformée par les chanoines de 
l'ordre des Prémontrés. Au domaine primitif du Gué de 
l'Orme était venue s'ajouter la maison de Doulchamp, 
située, assez loin vers le nord, sur la paroisse de Courcy *. 
En 1165, la communauté du Gué de l'Orme était suffisam- 
ment organisée pour obtenir du pape Alexandre III une 
bulle confirmant son institution monastique et la propriété 
de ses biens ^. 

Nous devons à cette bulle de connaître les origines du 
prieuré, l'acte de Louis VII en faveur de Guy ne nous étant 
pas parvenu, et aucun document ne nous renseignant sur 
les conditions dans lesquelles la maison de Doulchamp 
avait été acquise. L'année suivante, en 1166, les frères du 

1; Charte de Manassès évéque d'Orléans (1169) : a Universis...declaran- 
dum dignum duxîmus quia ne abbatia aliqua infra spatium quinquo 
leugarum circa Curiam Dei fiât, sive statuatur, modis omnibus inhibe- 
mus ; et hoc diligentissime fratri L. predicti loci abbati et fratribus... 
Gonfirmamus », publiée parL. Jarry, op. dt,^ p. 186, d'après leXartuIaire 
de la Cour-l)ieu. 

2. Le Gué de l'Orme, commune de Saint-Martin d'Abbat> Loiret, arr. 
d-Orléans, cant. de Cbâteauneuf-sur-Loire. Pour cette identification, 
voy. plus loin, p. 68 et 72. 

3. Loiret, arr. et cant. de Pithiviers; Cf., plus loin, p. 74. 

4. Charte L 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU Xll^ SIÈCLE 61 

Gué de rOrme étendirent leur exploitation ; ils obtinrent 
des chanoines de Saint- Vrain de Jargeau l'accensement de 
la terre comprise dans leur enclos, moyennant une rede- 
vance d'un cierge pesant un quart de livre, payable chaque 
année à la fête des martyrs Jean et Paul (24-29 juin), et 
d'une autre terre à l'entour de l'enclos, mesurée en pré- 
sence du chantre de Jargeau, Geoffroy, et du prieur du Gué 
de l'Orme, Jean, et marquée par des bornes, moyennant 
un cens annuel de deux sous huit deniers, payable le jour 
de l'Invention de la Sainte-Croix (3 mai) ; pour une autre 
redevance de douze deniers payables au même jour, les 
frères du Gué de l'Orme obtinrent encore l'usage d'une 
noue plantée déjeunes tilleuls. Une association de prières 
conclue entre les deux églises de Jargeau et du Gué de 
l'Orme consacrait cet accord. 

Le contrat passé par les frères du Gué de l'Orme ne 
fournit pas l'indice qu'ils fussent alors dans une situation 
bien brillante, il leur fallait évidemment des terres à cul- 
tiver pour subvenir à leurs besoins et il semble que jus- 
qu'alors leur existence avait été misérable ; par commisé- 
ration pour cette détresse, les chanoines de Jargeau leur 
promirent de venir accompagnés de leurs paroissiens les 
visiter processionnellement *. 

L'année 1167 fut plus heureuse que les précédentes 
pour le Gué de l'Orme car le roi, Tévèque diocésain, des 
particuliers, le Pape s'intéressèrent à son sort. Guy, qui 
était assez avant dans les bonnes grâces royales pour 
s'être fait donner le domaine sur lequel il avait édifié son 
monastère, sut encore très habilement se ménager pour 
l'avenir les profits de la bienveillance royale. Louis VII, 
sans héritier mâle après vingt-huit ans de règne, souhaitait 
ardemment la venue d'un fils. La naissance de Philippe- 
Auguste, le 21 août 1 1 65, fut considérée par la famille royale 

1. Charte H. 



62 A. VIDIER 

et par les gens de son entourage comme un bienfait du 
ciel *. Or c'est vers le même temps que le prieuré du Gué 
de rOrme commençait de se développer. Guy qui Tavait 
fondé, qui s'y était même retiré, ne manqua pas de sou- 
ligner rheureuse coïncidence qui se produisait entre les 
effets de la faveur divine accordant un fils au roi et ceux 
de son zèle pieux, donnant à Dieu un nouveau sanctuaire. 
Et lorsqu'on 1167, Louis VII confirma au Gué de l'Orme 
la terre sur laquelle il était établi et prit le couvent sous sa 
protection 2, il rappela que l'un des titres que ce couvent 
avait à sa sollicitude était d'avoir vu le jour en même temps 
que son fils Philippe. 

C'est également pour témoigner de la joie que lui causait 
la naissance de l'enfant royal, et aussi pour favoriser le 
développement de l'ordre des chanoines de Prémontré 
dans son diocèse, que, la même année, l'évêque d'Orléans, 
Manassès de Garlande, donna au Gué de l'Orme l'église 
Saint-Nicolas de Lande, située comme la maison de Doul- 
champ, dans la partie nord de la forêt d'Orléans, sur la 
paroisse de Chilleurs^, voisine de celle de Courcy *. Par le 
même acte, l'évêque concède aux frères du Gué de l'Orme 
le droit d'usage dans ses bois pour la pâture de leurs bes- 
tiaux, le bois de chauffage, de construction, de clôture, 
d'échalas, etc., mais avec défense d'en donner ou d'en 
vendre ; il les exempte de la dime des produits destinés à 



1. Rigord et Guillaume le Breton qualifient le nouveau né de a Deo 
datus. Voy. aussi une charte de Louis VII de 1165 (après le 21 août) dans 
laquelle il remercie Dieu de lui avoir donné un fils et accorde à Ogier^ 
sergent de la reine, qui lui a annoncé la naissance de Philippe-Auguste, 
une rente de 3 mulds de blé sur la grange royale de Gonesse. (Luchaire, 
Études sur les actes de Louis VU, n** 522.) Un certain nombre d'actes 
furent datés par la chancellerie royale de l'année de la naissance de 
Philippe-Auguste. (Luchaire, op. cit., p. 42 et n*' 525, 526, 529, 564.) 

2. Charte III. 

3. Loiret, arr. et cant. de Pithiviers. Voy. plus loin, p. 73, note 1. 

4. Charte IV. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII» SIÈCLE 63 

leur nourriture et de la dîme des novales ainsi que des 
charges paroissiales ; il les prend enfin sous sa protection. 
L'exemple donné par le roi et Tévêquc fut immé- 
diatement suivi par les fidèles et, dans une charte datée 
du même jour que la précédente, l'évêque Manassès 
prend acte du don fait au Gué de TOrme d'une vigne allo- 
diale sise à Soisy *, par un certain Geoffroy Ravel, à l'occa- 
sion de son entrée dans le prieuré, et de la concession 
d'une rente de douze mines de seigle sur la dîme de Sury ^^ 
faite à la même maison par Renaud, fils dudit Geoffroy, en 
témoignage de sa reconnaissance pour l'accueil fait à son 
père. L'acte de l'évêque fut expédié à Orléans, mais la 
donation avait eu lieu solennellement au Gué de l'Orme, en 
la présence de Manassès, avec l'approbation non seulement 
de Renaud, mais encore d'un autre fils de Geoffroy Ravel, 
de ses deux filles et de ses gendres et de quatre de ses 
neveux 3, c'est-à-dire de tous les héritiers du novice qui 
auraient pu plus tard contester la validité de la donation. 
Ce concours de personnages d'une même famille, et la pré- 
sence de l'évêque font, penser à la solennité d'une prise 
d'habits. La notoriété du prieuré du Gué de l'Orme aug- 
mentait. Une confirmation générale des biens obtenue du 
pape en janvier 1168 par le prieur du Gué de l'Orme, Jean, 
énumère non seulement les biens que nous connaissons 
déjà par d'autres documents : le lieu du Gué de l'Orme, 
Doulchamp, Saint-Nicolas de Lande, la vigne de Soisy, la 
dîme de Sury, la noue des chanoines de Jargeau, mais 
encore divers autres terres ou revenus dont les contrats 
d'acquisition ne nous sont pas parvenus : des vignes sisesen 
un lieu indéterminé, données par un frère du nom de Gilles 
et par Osanna, d'autres vignes à Châteauneuf-sur-Loire, 

1. Actuellement Bellegarde, cbef-Iieu de canton de rarrondissement de 
Montargis (Loiret). 

2. Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Châteauneuf. 

3. Charte V. 



64 A. VIDIER 

un muid de vin sur une vigne à Saint-Benoit, donné par 
Arnoul le Bref et sa femme ^ 

Cet accroissement rapide qui semblait faire présager 
pour le Gué de l'Orme une fortune brillante devait entraîner 
sa perte. La région où le prieuré de Guy était établi, où 
par des acquisitions lentes il tentait de se constituer un 
domaine de plus en plus considérable, était soumise tout 
entière à Tinfluence d'une abbaye, vieille alors déjà de plus 
de six siècles, celle de Saint-Benoît-sur- Loire. L'ardeur éré- 
mitique de Guy allait avoir à compter là, comme jadis aux 
environs de la Cour-Dieu, avec la prospérité ombrageuse 
d'un puissant monastère. Pour des moines qui possédaient 
d'immenses étendues de bois dans la forêt d'Orléans, de 
vastes pâturages dans le val de Loire, qui détenaient des 
prieurés dans le Berry, dans le pays Chartrain, en Nor- 
mandie, en Bourgogne, en Champagne, et jusqu'en Gas- 
cogne et en Angleterre, qui jouissaient depuis un siècle, 
grâce à leurs écoles, d'une renommée européenne, qui par 
la possession encore incontestée des reliques de saint 
Benoît voyaient affluer dans leur majestueuse basilique des 
pèlerins venus de tous les pays de la chrétienté, les enva- 
hissements de l'infiniment petit qu'était encore le Gué de 
l'Orme étaient intolérables. Cette minuscule communauté, 
qui avait la hardiesse d'acquérir des vignes à Saint-Benoît- 
sur-Loire même devait être éloignée d'abord et confisquée 
ensuite. 

Les moines firent le nécessaire ; un homme à leur dévo- 
tion, Sevin, devint abbé du Gué de l'Orme. Il prétexta la 
stérilité du sol pour projeter une émigration en un lieu indé- 
terminé,|mais éloigné, comme présentement, pour le moins 
de quatre lieues de Saint-Benoît-sur- Loire; il promit en 
outre qu'une fois le transfert accompli, lui et ses confrères 
deviendraient membres de l'abbaye de Saint-Benoît-sur- 

/. Charte VJ. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AV XIF SIÈCLE ()5 

Loire. Conformément à ces projets le roi mit provisoirement 
le Gué de TOrme en sa main et Tévêque Manassès dont un 
acte de 1169 donne l'économie de toute la combinaison 
ratifia l'opération *. 

On aperçoit entre les lignes de la charte épiscopale 
les intrigues auxquelles se livrèrent les moines de Saint- 
Benoit pour en venir à leurs fins, on soupçonne par le fait 
même que Guy n'y est pas nommé, lui dont le nom figure 
dans toutes les chartes précédentes et dans celles qui 
furent octroyées ultérieurement au Gué de l'Orme, l'oppo- 
sition qu'il fit à l'escamotage projeté de son prieuré. Et, si 
la charte de 1169 contient des indices de la connivence 
de Sevin avec les bénédictins, une autre charte de 1170 
prouve d'autre part surabondamment que les frères du 
Gué de l'Orme, loin d'être d'accord avec leur prieur, ne 
furent nullement dupes de la comédie imaginée par lui, et 
refusèrent tant et si bien de se prêter à sa combinaison que 
les moines de Saint-Benoît-sur-Loire, en dépit de l'appui 
royal et de l'approbation épiscopale, échouèrent dans leur 
tentative pour éloigner et subjuguer le Gué de l'Orme. 
Une nouvelle charte de l'évêque Manassès en effet, 
accordée en 1 170, dit qu'à cette date les frères de ce prieuré 
étaient toujours dans l'enclos appartenant à Saint- Vrain de 
Jargeau et leur assure la protection de l'évêque 2. Le 
même acte sans se référer directement à celui de 1169 con- 
tient des allusions très claires à l'émotion que les projets 

1. Charte Vil. — L'interprétation du texte de cette charte reste dou- 
teuse ; suivant qu'on y lit distantem amoveri ou distantes amoveri et 
qu'on accorde plus ou moins d'importance aux mots in eodem loco et 
a loco memorato, Ton doit comprendre que le Gué de l'Orme, étant déjà 
distant de quatre lieues de Saint-Benott-sur Loire, sera transféré ailleurs, 
ou bien que le Gué de l'Orme sera éloigné de Saint-Benoît-sur-Loire 
à une distance d'au moins quatre lieues. Peut-être encore faut-il entendre 
l'une et l'autre chose : le prieuré distant de quatre lieues sera déplacé 
de manière à rester à une distance au moins égale de l'abbaye; c'est 
à cette dernière interprétation que je me rallierais de préférence. 

2. Charte VIII. 



66 A. VIDIER 

de Sevin, consignés dans ce document, avaient fait naître 
parmi les intéressés et à la résistance opposée par eux à 
leur réalisation. « Les frères sont privés de pasteur depuis 
longtemps, » dit TévêqueManassès; entendez : a Leur abbé 
Sevin s*est engagé dans une voie où ils n'ont pas voulu le 
suivre et ils Tout chassé » ; — « Les frères ne veulent pas 
qu'on change leur institution monastique ni qu'on subor- 
donne leur maison à une autre d'un ordre différent » ; 
entendez : « Nous sommes chanoines réguliers de l'ordre 
des Prémontrés, nous ne voulons pas devenir moines 
bénédictin^ ni abdiquer notre indépendance au profit des 
religieux de Saint-Benoit-sur-Loire »; — a Les frères 
veulent élire librement le maître de leur communauté, sous 
réserve de l'approbation de l'élu par l'évèque protecteur 
de la congrégation » ; entendez : « Nous ne voulons plus 
d'un abbé imposé comme le fut Sevin ; la liberté de nos 
élections nous gardera d'un chef comme celui dont les 
fantaisies ont failli causer notre perte; la protection épis- 
copale empêchera qu'on n'attente à nos droits K » 

Le Gué de l'Orme sauvé de Saint-Benoît-sur-Loire se 
reprit à grandir. Guy, momentanément éclipsé, reprit toute 
son influence. Dans une bulle de 1172, Alexandre III 
rappelle avec complaisance le rôle joué par Guy dans la 
fondation et dans l'institution régulière du monastère. 
Le pape prend l'abbaye sous sa protection, y approuve 
l'établissement de la règle de Cîteaux et confirme les 
biens 2. Deux anomalies sont à signaler dans ce docu- 

1. Cf. le préambule d'un acte de Tarchidiacre Manassès, daté par erreur 
de 1180 mais certainement postérieur à 1185: « Quantum humanamalicia, 
suggerente diabolo, successu temporis vicio cupiditatis accensa, per lites 
injustas et semina discordie contra ecclesiam Dei viam veritatis nititur 
impedire et bonorum quietem ausu malicioso perturbare, huic pesti occur- 
rentes, presentium adnotatione tam futuris quam presentibus declaratum 
esse volumus quod pacificatis fratribus de Vado Ulmi... » Bibl. Nat., ms. 
Jat, iOOB9, p. 459, cartulaire de Saint-Euverte d'Orléans. 
'^ Charte IX. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII<^ SIÈCLE 67 

ment. C'est d'abord la mention de la règle de Cîteaux. 
Les frères du Gué de l'Orme avaient d'après les actes 
antérieurs adopté la règle des Prémontrés, et, par la suite, 
ils conservèrent la même observance : une autre bulle 
pontificale et une charte épiscopale de 1176 et 1177 S le 
disent formellement. M. Jarry, qui no connaissait pas la 
présence de Sevin au Gué de l'Orme en 1169, attribue à son 
influence comme abbé cistercien, on verra plus loin qu'il 
l'élait devenu, l'introduction de la règle de Cîteaux dans 
cette maison. Cette hypothèse est inconciliable avec les 
événements de 1169 rapportés ci-dessus ; on repoussera de 
même l'idée d'un retour offensif heureux de Sevin dans son 
ancien prieuré, puisque la bulle de 1172 ne mentionne 
qu'un seul personnage Guy, à qui l'on devait précisément 
l'adoption de la règle des Prémontrés. Aucune explication 
satisfaisante ^ de cette mention de la règle de Cîteaux ne 
se présente à notre esprit, soit que les documents qui nous 
éclaireraient fassent défaut, soit qu'il n'y faille voir qu'une 
erreur de rédaction ou une faute de copie. Cette incor- 
rection n'est du reste pas la seule que présente la bulle 
de 1172. L'énumération des biens confirmés porte une 
maison de « Loche » qui n'est mentionnée dans aucun 
document antérieur ou postérieur ^, et surtout elle place 
en une localité appelée suivant les copies « Silerro » ou 
« Silberre », probablement Chilleurs, une rente en grains 
donnée par Geoffroy Ravel, alors que cette rerite était * et 

1. Chartes XIV et XV. 

2. Hubert, d'après L. Jarry (op, cit.^ p. 42), se refusait à croire à réta- 
blissement de la règle de Ctteaux au Gué de l'Orme, et rejetait comme 
supposée une bulle d'Alexandre III la mentionnant, or cette bulle est si 
peu supposée que c'est précisément celle dont il s'agit ici et dont nous 
donnons le texte sous le n* IX. 

3. Peut-être faut-il l'identifier avec une grange des Trois Fontaines 
mentionnée dans une bulle de 1176 (charte n" XIV) etdans un état des 
cens et rentes (charte n* XXV). 

4. Voy. charte de 1167, n° V. 



68 A. VIDIER 

fut toujours* assise sur Sury, localité assez éloignée do 
Chilleurs pour qu'il ne puisse pas y avoir de confusion 
entre elles, fl n'y a certes pas là des raisons suffisantes 
pour contester Tauthenticité de la bulle d'Alexandre III, 
mais Ton est du moins fondé à soupçonner des incorrec- 
tions dans les copies qui nous en ont conservé le texte ^. 

L'année même où cette bulle fut expédiée (1 172), Louis VII 
toujours à la demande de Guy donna au Gué de l'Orme la 
dîme du pain et du vin de la maison royale de Châteauneuf 
pendant les séjours du roi-''; il y ajouta en 1174 un droit 
d'usage dans la forêt d'Orléans*. 

Les divers documents qui viennent d'être analysés et 
commentés en suivant l'ordre chronologique de leur 
rédaction ne permettent pas de fixer avec précision le 
site du Gué de l'Orme. Deux actes de l'évêque d'Orléans, 
Manassès de Garlande, fournissent, entre autres ren- 
seignements, des éléments sûrs d'identification. Par une 
première charte de 1175, qui n'engage que lui •% et par 
une seconde charte 1176 qui engage l'archidiacre de 
Sully, Marescot, et tout le chapitre cathédral", l'évêque 
concéda aux frères du Gué de l'Orme moyennant une rede- 
vance d'une livre de cire à la fête de la Sainte Croix en 
mai, l'église de Saint-Martin d'Abbat. Cette église avait 
jusqu'alors dépendu de l'évêque « par droit féodal », mais 
celui-ci estimait que le Gué de l'Orme étant situé dans la 
circonscription paroissiale de cette église, cette dépen- 
dance était humiliante, inconvenante et injuste à l'égard 
des frères. Saint-Martin d'Abbat est actuellement une 
commune du département du Loiret, canton de Château- 

1. Voy. État des cens et rentes (charte, n" XXV). 

2. A noter encore une faute évidente Ebrulfus Brava pour Àmulfus 
Brevus, 

3. Charte X. 

4. Charte XI. 

5. Charte XII. 
0. Charte XU). 



ERMITAGES ORLEANAIS AU XIP SIÈCLE 69 

neuf, elle est située à une distance d'environ 4 kilomètres 
de Châteauneuf d'une part et de Saint- Benoît-sur-Loire de 
l^autre. 

L'abbaye du Gué de l'Orme obtint encore en H76 du 
pape Alexandre III une confirmation générale de ses biens 
et privilèges^ qui ajoute peu de choses à ce que nous ont 
appris les documents antérieurs ; on remarque seulement 
dans cette bulle la mention de la règle des Prémontrés et 
non pas celle de Citeaux comme dans la bulle de 1172; 
rénumération des biens est muette en ce qui concerne 
Téglise Saint-Martin d'Abbat, par contre elle indique 
immédiatement après Doulchamp et Saint-Nicolas de 
Lande, une grange de « rectis fontibus » qu'il faut peut- 
être interpréter de « tribus fontibus » en se reportant à un 
état de cens postérieur * et identifier avec cette maison de 
« Loche » qui figure exactement à la même place dans 
rénumération des biens faite en 1172^. 

Une autre confirmation de Tévêque Manassès octroyée 
en 1177* n'ajoute rien non plus à ce que nous savons 
déjà; on y notera seulement, comme dans la bulle de 
l'année précédente, la mention de la règle de saint Augus- 
tin, c'est-à-dire des Prémontrés, et l'on en retiendra le 
fait qu'à cette date, le Gué de l'Orme était encore une 
maison placée sous la protection de l'église Sainte-Croix 
d'Orléans. 

Cette indépendance relative n'allait pas tarder à prendre 
fin. En 1178, l'évêque Manassès unit le Gué de l'Orme au 
collège des Chanoines réguliers de Saint-Euverte d'Or- 
léans ^ ; l'abbé du Gué de l'Orme, Simon, consentit à cette 
réunion, les chanoines de Jargeau l'approuvèrent, l'abbé 

1. Charte XIV. 

2. Charte XXV. 

3. Charte IX. 

4. Charte XV. 

5. Charte XVI. 



70 A. VIDIER 

de Saint-Euverte Taccepta * et le pape la ratifia ^. Par suite 
des accords passés à cette occasion il fut entendu que Saint- 
Euverte paierait chaque année au chapitre de Sainte-Croix 
pour les églises de Saint-Nicolas du Bois (précédemment 
Saint-Nicolas de Lande) et de Saint-Martin d'Abbat deux 
livres de cire ^; au chapitre de Jargeau : 1** pour un domaine 
d'une contenance de 22 arpents, 4 sous et un cierge d'un 
quart de livre, toute terre au-delà de cette évaluation de 
superficie devant, au choix des chanoines de Jargeau, leur 
rapporter soit le montant global du terrage et la dîme, 
soit un cens calculé à raison de 4 deniers Tarpent; 
2** pour la noue des tilleuls, un cens de 12 deniers. En outre 
Tabbé de Saint-Euverte ne devait ni aliéner le Gué de 
rOrme, ni en changer Tinstitution monastique sans Tap- 
probation des chanoines de Jargeau ; il s'engageait à 
recevoir ceux-ci dans ladite maison; une association de 
prières pour les chanoines décédés de part et d'autre est la 
dernière clause de l'accord. Le sort du Gué de l'Orme était 
définitivement lié à celui de Saint-Euverte. Un état des cens 
et rentes reçus et dus par le prieuré inséré dans le cartu- 
lairede Saint-Euverte* mentionne, entre autres biens, les 
terres et revenus dont le Gué de l'Orme avait la jouissance 
dès le temps de son indépendance, tels que les vignes de 
Châteauneuf, les 15 mines de seigle de Sury, la terre de 
Trois-Fontaines et la vigne de Soisy. Dans la suite le 

1. Charte XVII. 

2. Charte XVIII. 

3. Par deux chartes de 1184, Tcvêque Manassès déchargea de ces rede- 
vances les chanoines de Saint-Euverte en ayant soin de spécifier qu'elles 
avaient été établies par lui et n'existaient pas au temps de ses prédéces- 
seurs. Bibl. Nat., ms. lat. 10089, p. 458 et 487. Saint-Euverte hérita 
naturellement du droit de nomination à la cure de Saint-Martin d'Abbat; 
un acte de Manassès, archidiacre, porte reconnaissance de ce droit (après 
1185). Ibid., p. 450. 

4. Charte XXV. — Ce rôle est sans date, mais il ne paraît pas posté- 
rieur au début du xiv' siècle, date où fut rédigé le manuscrit original 

w## ^'"'tuJaire où il est inséré. 



ERMITAGES ORLEANAIS AU XII® SIÈCLE 71 

prieuré du Gué de l'Orme passa du vocable de Notre- 
Dame sous celui de Saint- Laurent ; en 1203^ Béatrice 
des Gués (de Vadis) lui donna une rente de 6 mines de 
seigle, à la mesure de Sully et son fils Adam y ajouta 
1 muid de seigle à la mesure d'Orléans * ; son domaine 
s'accrut au xiii* siècle par l'acquisition des bois de La Broce 
donnés en 1236 par Agnès veuve d'Etienne des Mesnils et 
son fils Adam 2; une tuilerie y fut établie en 1278 3; la 
maison continua néanmoins d'avoir une métairie assez 
importante, elle pouvait contenir en 1303 jusqu'à 100 pour- 
ceaux *. 

Les clauses de l'accord conclu en 11 78 entre Roger, abbé 
de Saint-Euverte, et les chanoines de Jargeau restèrent en 
vigueur pendant plusieurs siècles. En 1510 les chanoines 
citèrent le prieur du Gué de l'Orme devant le bailli d'Or- 
léans et le firent condamner à payer les arrérages d'une 
rente de 24 sous et d'un cierge. En 1628 ils firent recon- 
naître cette redevance au prieur Pierre Noury. En 1655, 
ils allèrent plus loin et prétendirent percevoir le revenu 
total d'une année à chaque changement de prieur; ils 

i. Bibl. Nat., ms. lat. 10089, p. 522. 

2. Bibl. Net., ms. lat. 10089, p. 534. Cf. dans le même ms., p. 535 et 539 
d'autres chartes du xiii^ siècle relatives aux bois du Gué de l'Orme. 

3. « Philippus, Dei gratia Francorum rex, ballivo Aureliauensi salutem. 
Scire volumus quod nos dedimus et concessimus licentiam abbati et 
convenlui sancti Evurtii Aurelianensis, habentibus usagium suum in 
griagio nostro foreste Lagii ad cooperiendum [domos suas] de asseribus, 
quod possint construere et habere tegulariam in loco qui dicitur Vadum 
de Ulmo pro suis edificis cooperiendis sine fraude, loco usagli de 
asseribus supradicti. Actum Parisiis, die lune post octabas beati Mar- 
tini hyemalis, anno Domini M* CC*" septuagesimo octavo. » Bibl. Nat., 
ms. lat. 10089, p. 528, cartul. de S. Euverte; publ. par R. de Maulde, 
Etude sur la condition forestière de VOrléanais, p. 531, d'après une copie 
moins correcte. 

4. Jugement de Simon de Montigny, bailli d'Orléans, dans un procès 
entre Saint-Euverte et Saint-Benolt-sur-Loire au sujet du droit d'usage 
dans les bois de Saint-Benoit. (Gartulaire C de Saint-Benolt-sur-Loire, 
p. 400.) 



72 A. VIDIËR 

firent à cet effet saisir les grains dans les granges et un 
procès s'engagea à ce sujet avec le nouveau prieur Etienne; 
nous n'en connaissons pas Tissue. Les pièces concernant 
cette affaire nous apportent encore un renseignement que 
ne nous ont point donné les documents anciens. C'est 
comme seigneurs de Milourdin que les chanoines de 
Jargeau avaient des droits fonciers sur le Gué de TOrme, 
ce qui explique pourquoi d'après la liste des cens et rentes 
déjà citée la redevance due au chapitre était payée entre 
les mains du maire de « Monlordin » représentant do 
celui-ci. Milourdin est actuellement une ferme située à 
3 kilomètres et demi de Saint-Martin d'Abbat^ 

Le Gué de TOrme appartenait encore à Saint-Euverte à 
la lin du xviii° siècle, il comprenait un prieuré et une 
métairie qui sont mentionnés dans l'inventaire des biens 
de Saint-Euverte dressé en 1790 lors do la suppression 
des couvents î^. Le Gué de l'Orme est actuellement un 
hameau de la commune de Saint-Martin d'Abbat ; on y 
voit encore les vestiges d'une ancienne chapelle. 

Les maisons de Saint-Nicolas de Lande et de Doulchamp, 
anciennes dépendances du Gué de l'Orme, devinrent après 
l'union de ce prieuré à Saint-Euverte des prieurés de 
l'abbaye. Le cartulaire de Saint-Euverte contient un cer- 
tain nombre de chartes du xiii*' siècle, concernant Saint- 
Nicolas do Lande, notamment l'acte de fondation, en 1209, 
de l'anniversaire d'Adam de Loury pour 5 sols de cens à 



1. Un ruisseau de Milourdin ou du Gué de l'Orme est dans le voisinage. 
(P. Domet, Histoire de la forêt d'Orléans, p. 102.) 

2. « La métairie du Gué de l'Orme, size en la p"*" de S'-Marlin d'Abat, 
dépendante du prieuré simple et régulier de S'-Laurent du Gué de l'Orme 
dont est titulaire M. l'abbé Chatclard, chanoine sacristain de l'église de 
Vienne en Daupliiné, consistant en bâtiments, jardin^ 115 arpents de 
terres labourables et 20 arpents de prez, G arpents 1/2 de pâture et un 
tercier de bois, le tout tenu par Jean Farncau qui en rend annuellement 
550 livres de ferme payable à la Toussaint et à Pâques... » (Arch. nat., 
/'^': 611 (i), n' i'J, 



ERMITAGES ORLEANAIS AU XIP SIÈCLE 73 

Chilleure ^ Le même manuscrit nous a également conservé 
le texte de quelques chartes concernant Doulchainp. Les 
plus intéressantes^ à cause des personnages qui y sont 
nommés^ se rapportent à une dîme do Luyères qui fut 
concédée en mars 1212 (ou 1213 n. st ) par Garin le Bou- 
teiller, sauf le fourrage, et à condition que les moines de 
Saint-Euverte entretiendraient à Doulchamp un moine 
prêtre pour célébrer des offices en Thonneur de Garin et 
de ses parents ^. Kn 1236 Hugues le Bouteiller et sa 
femme Eustachie renoncèrent au fourrage qu'avait réservé 
Garin, et y ajoutèrent la dîme de leurs vignes audit lieu 
et une pièce de terre pour édifier une grange ^ ; en 1265 
enfin Jeanne de Loury amortit la même dîme, qui relevait 
de son fief, sous condition de messe ou d'anniversaire pour 
elle, pour son mari Jean de Corbeil, pour son père Adam 
de Loury, pour sa mère Agnès, pour sa fille Marguerite 
et pour son gendre Raoul le Bouteiller *. 

La maison de Doulchamp à la fm du xv!!!"" siècle faisait 
encore, comme le Gué de TOrme, partie du domaine de Sain t- 



1. Bibl. Nat., ms. lat. 10089) p. 488. L'acte est confirmé par Marie, 
mère d'Adam de Loury, par Agnès sa femme et par Guillaume de Jouy. 
En 1790 le prieuré de « Saint-Nicolas des Landes, des Champs, du Roi 
ou du Bois l'Evèque », commune de Chilleurs^ comprenait d'après un 
mémoire cité par M. Domet (Histoire de la forêt d'Orléans^ p 68), 35 hec- 
tares et 72 ares de bois dans la forêt d'Orléans. Ces bois forment actuel- 
lement le canton de Saint-Nicolas ; des maisons isolées sises à 3 kilo- 
mètres de Chilleurs sont encore connues sous le nom de Saint-Nicolas 
de Lande ; enfin sur la même commune, à la lisière de la forêt, est située 
une maison forestière dite de Saint-Nicolas, construite en 1850. 

2. Bibl. Nat., ms. lat. 10089, p. 467. Cet acte fut approuvé par lesfrères 
de Garin, Algrin et Hugues, par sa femme Eremburgc, par leurs fils 
Hugues et Mathias, par le seigneur du Oef Herraudus. 

3. iWd., p. 471. 

4. Bibl. nat.^ ms. lat. 12775, p. 26. - 11 existe dans le fonds de Saint- 
Euverte aux archives du Loiret un registre dont l'écriture est très soi- 
gnée, avec des titres en rouge et des initiales peintes, qui contient sous 
le titre de a Collacion du prioré de Doulxchamp » la transcription de 
baux et quittances de la fin du xv' et du début du xvr siècle. 

Moi/m Age, ^ Xï\ ^ 



74 A. VIDIER 

Euverte et elle figure comme telle dans Tinveiitaire 
de 1790*. Actuellement un canton de la forêt d'Orléans 
s'appelle encore canton de Doulchamp, et il s'y trouve, sur 
la commune de Courcy, une maison forestière de Doul- 
champ 2. 

Nous avons laissé Sevin au moment où, en 1169, il 
échouait dans sa tentative pour déplacer le Gué do TOrme 
et l'unir à Saint-Benoit-sur-Loire. Abbé sans monastère, 
Sevin n'alla pas ou ne put pas se réfugier dans le couvent 
qui lui aurait ouvert toutes grandes ses portes s'il eût 
réussi; il alla se terrer avec quelques compagnons dans 
un petit ermitage très voisin du théâtre de ses récents 
exploits, Notre-Dame de Lanche. 11 obtint de l'évoque d'Or- 
léans Manassès, moyennant une redevance de quatre livres 
de cire, à fournir chaque année la veille de l'exaltation de 
la Sainte-Croix (13 septembrcj, une charmée de terre défri- 
chée de longue date, et d'une étendue telle que six bœufs 
la pouvaient labourer, et, en pure aumône, six arpents de 
terre près de la fontaine de Lanche, qu'il faut vraisembla- 
blement identifier avec la petite rivière de l'Anche qui finit 
à Châteauneuf-sur-Loire^. Le séjour de Sevin à Lanche 

1. « La métairie de S*-Thoma8 de Douxchamps, p"' de Courcy, dépen- 
dante du prieuré simple et régulier de S'-Thomas de Douxchamps, con- 
sistante en chapelle, bâtimens et huit arpens de terres labourables, non 
compris 38 arpents de bois en grurie, réservés par le bail fait à François 
Régis moyennant 80 livres payable à la Toussaint... » (Arch. nat., 
F^^. 611 (4), n" 43. D'après un mémoire manuscri tconcernant la maîtrise 
de la forêt d'Orléans (1790) cité par M. Domel, (op. cit. p. C3), la conte- 
nance des bois de Doulchamp était de 22 hectares 79 ares; et d'après un 
terrier de 1743, cité par le même auteur fibidj, la contenance totale du 
domaine du prieuré était de 60 arpents. 

2. P. Domet, op. cit. p. 328. La maison forestière date de 1862. Sur un 
plan de 1673 cité par M. Domet, Doulchamp est appelé Ducham ; sur la 
carte du Ministère de l'Intérieur on a orthographié à tort Donchampt. 

3. (( ... Ego iManasses, Dei miseratione Aurciianensis ecclcsie minister 
humilis, notum facimus... quia... fratri Sevino abbati béate Marie de Len- 

"' fratribus Dec ibidem servientibus .. unam carrucam terrae antiqui- 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIP SIÈCLE 75 

ne dura pas plus de deux ans. En 1171 il recommença, en 
faveur de la Cour-Dieu cette fois, et avec plus de succès, 
Topération qu'il n'avait pu mener à bonne fin en 1169 en 
faveur de Saint-Benoit-sur-Loire. Il unit son prieuré à 
l'abbaye cistercienne de la Cour-Dieu, dont du même 
coup il devint abbé. L'évêque Manassès qui avait contribué 
à la fondation de l'ermitage de Lanche approuva sa réu- 
nion à la Cour-Dieu, en ayant soin naturellement de 
maintenir la redevance en cire qu'il avait précédemment 
établie ^ Durant l'abbatiat de Sevin l'abbaye de la Cour- 
Dieu accrut notablement son domaine, elle reçut ou acquit 
les dîmes d'Estouy, de Faverolles, la Chaude Borde, la 
maison de Précottant à Ingrannes^; mais, incapable de 
se fixer quelque part, Sevin quitta l'abbaye après deux 
ou trois ans de séjour, dès 1173 il était remplacé par un 
autre abbé nommé Léger 3. Le souvenir de son abbatiat ne 
demeura pas bien vivace à la Cour-Dieu, car le nom de 
Sevin ne figure dans aucune des deux listes des abbés 
inscrites au nécrologe de l'abbaye *. 

tus laboratae, quantum sex boves in cunctis sasionibus poterunt arrare, 
volente capitulo Sancte Crucis et concedente, in perpetuum possidendam 
dedimus et concessimus, ita quod annuatim in vigilia sancte Crucis, 
mense septembri, quatuor libras cerae altari Sanctae Crucis inde persoi- 
vent ; praeterea sex arpenta terrae circa fontem de Lencha in elemosinam 
ipsis donavimus; stagnum vero si ibi lecerint et moleiidinum et aquae 
ductum extra sex arpenta praedicta quiète et libère possidere eis annui- 
mus... Actum publiée Guarguogili in curia nostra, anno incarnationis 
dominicae M'C'LX'IX'... » L. Jarry, op. cit., p. 186, d'après le cartulaire 
de la Cour-Dieu. 

1. « Quicquid fratri Sevino et Iratribus suis apud locum qui dicitur 
Leincha concesseramus et dederamus, sicut in litteris quas eidem Sevino 
super hoc fecimus continctur, abbatiae Curiae Dei, sub eadem census 
quantitate perpetuo possidendum concedimus. » L. Jarry, op. cit., p. 187, 
d'après le cartulaire de la Cour- Dieu. 

2. Ibid., p. 41. 

3. Ibid,, p. 43. 

. 4. Copies de dom Estiennot, BIbl. de l'Arsenal, ms. 1007, p. 101 et 105. 
Cf. Mes Obituaires du diocèse d'Orléans dans le Recueil des Historiens de 
la France, in-4». 



76 A. VIDIER 

Reprenant le cours de ses pérégrinations, Sevin alla 
foncier un nouvel ermitage dans la forêt de Montargis, le 
prieuré de Montgousson ou Montcochon * qu'il céda quel- 
ques années plus tard aux religieuses de la Madeleine 
d'Orléans *. Au moment où il fit cette cession Sevin s'était 
rapproché de Saint-Benoît-sur- Loire, il avait établi au Gué 
de Chappes ^ sur une terre donnée par Louis VII * une nou- 
velle communauté de Bons-Hommes soumise à la règle de 
saint Benoit. Le roi accorda en outre à ce prieuré la dîme 
du pain et du vin à l'hôtel royal de Lorris *. Philippe- 
Auguste confirma cette dîme en 1180 ® et y ajouta en 1184 
celle de l'hôtel royal de Vit ry-aux- Loges '^. Une bulle pon- 
tificale de 1186 portant confirmation des biens, droits et 
privilèges du Gué de Chappes nous apprend que cette 
maison était soumise à la règle de saint Benoît et 
qu'outre la terre sur laquelle elle était fixée et les dîmes 
déjà citées, elle possédait une rente en blé sur le grenier 
de Lorris, des vignes à Châteauneuf-sur-Loire, des prés, 
près de Chappes, une terre à Saint-Martin d'Ars, actuelle- 
ment les Bordes, et divers privilèges ^. 

1. Sainte-Marguerite de Montgousson sur la paroisse de Paucourt, au 
diocèse de Sens (dép. du Loiret, arr. et cant. de Montargis). 

2. Selon M. de Vauzelles {Histoire du prieuré de la Maffdeleine-les- 
(h'IéanSy p. 22) cette cession aurait eu lieu en 1174 et serait constatée par 
un document conservé aux archives du Loiret. Une charte de l'archevêque 
de Sens, Guy, de 1184, rappelle la cession dans les termes suivants : 
« Universis tam presentibus quam futuris notum fieri volumus quod 
frater Sevinus de Capis assensu fratrum suorum quittavit in perpetuum 
sanctimonialibus de Hospitio Aureliancnsi Monguostum et omnia ad 
eumdem locum pertinentia. » Ibid,, p. 220. 

3. Communes des Bordes et de Bonnée, Loiret, arr. de Gien, cant. 
d'Ouzouer-sur- Loire ; cf. plus loin, p. 80. 

4. L'acte est perdu mais la donation est mentionnée dans une bulle 
d'Urbain HI, de 1186. (Charte XXIIl.) 

5. Acte également perdu mais mentionné dans une charte de Philippe- 
Auguste, de 1180. (Charte XIX.) 

6. Charte XIX. 

7. Charte XXI. 
A Charte XXIIL 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIP SIÈCLE 77 

Les Bons-Hommes de Chappes n'avaient pas obtenu 
pour longtemps la libre jouissance de tous ces biens, ils 
devaient^ comme toutes les communautés fondées par Sevin , 
être promptement absorbés par quelqu'autre maison plus 
ancienne et plus riche. Comme précédemment au Gué de 
rOrme, & Lanche et à Montgousson, Sevin se prêta sans 
difficulté à la fusion, avec une abbaye voisine ; il semble 
même que, rendu plus prudent par l'aventure du Gué de 
rOrmo, il ait cette fois préparé l'union de longue main. 
Quand, en 1183, il plaça son prieuré sous la protection de 
l'archevêque de Sens, dans le diocèse duquel la maison de 
Chappes était située, Sevin était déjà gagné aux intérêts 
des moines de Saint-Benoit-sur- Loire, car l'acte de l'arche- 
vêque Guy rédigé à cette occasion est daté de Saint- 
Benoit-sur-Loire, en la maison de l'abbé, et il enregistre 
l'engagement pris par Sevin, dès cette époque, en vue d'une 
union éventuelle du prieuré avec l'abbaye de Saint-Benoît 
à l'exclusion de toute autres 

Nous retrouvons ici la politique de défense pratiquée 
sans succès par Saint-Benoît-sur-Loire en 1169 à l'égard 
du Gué de l'Orme. Chappes était peu éloigné de l'abbaye, 
et si ce prieuré n'était pas encore en 1183 tellement puis- 
sant que son voisinage fût devenu dangereux, du moins 
fallait-il éviter à tout prix qu'il n'excitât les convoitises de 
quelqu'autre monastère. On s'assura donc un droit de pré- 
férence, laissant par la création d'un état intermédiaire, la 
protection du diocésain, qui avait si bien réussi à Saint- 
Euverte pour le Gué de l'Orme, le temps de préparer lente- 
ment une union déjà envisagée comme possible. Cette pos- 
sibilité équivalait h une promesse formelle. Les chslhoines 
de Saint-Euverte, possesseurs depuis quelques années du 
Gué de l'Orme, l'ancien couvent fondé par Guy et si extraor- 
dinairement administré par Sevin, ne s'y trompèrent pas. 

1. Charte XX. 



78 A. VIDIER 

Us comprirent bien où tendait Facte expédié en 1183 sous 
le nom de l'archevêque de Sens et entrevirent pour la 
comédie dont cet acte était le prélude un dénouement où 
leur prieuré du Gué de TOrme pourrait bien se trouver 
intéressé. C'est évidemment à la crainte de voir Sevin, 
futur moine de Saint-Benoît-sur-Loire, élever des préten- 
tions sur son ancienne maison du Gué de l'Orme, c'est 
peut-être même à quelque tentative de ce genre déjà 
esquissée qu'il faut attribuer la notification tardive de 
l'annexion du Gué de l'Orme à Saint-Euverte, adressée 
vers 1185 par le doyen du crfiapitre d'Orléans, Hugues de 
Garlande, à l'archevêque de Sens, avec prière de ne point 
souffrir qu'on inquiétât injustement le Gué de l'Orme et 
Saint-Euverte ^ 

En 1187, Sevin put enfin réaliser le projet formé par lui 
dix-huit ans plus tôt, et repris en 1183, d'entrer à Saint- 
Benoît-sur-Loire en apportant à l'abbaye un prieuré tout 
constitué. Un acte capitulaire solennel détermina lescondi- 
lions de l'union de Chappes avec Saint-Benoît-sur-Loire *. 
Sevin et les frères se plaçaient eux et leurs biens sous la 
protectionet la juridiction des moines de Saint-Benoît, et 
ceux-ci, déférant à leur prière, cédant même en cela aux 
instances du roi Philippe Auguste, daignaient leur accorder 
l'une et l'autre. Sevin et ses confrères ayant fait entre les 
mains des moines acte de profession et obéissance à la règle 
de saint Benoît, les frères feront de même à l'avenir, moyen- 
nant quoi ils auront à Saint-Benoît-sur-Loire place au 
chœur, au réfectoire et au chapitre, les convers cependant 
mangeant les derniers. Lorsqu'ils seront à l'abbaye, ils por- 
teront le froc noir, et, au dehors, lais et clercs porteront le 
scapulaire noir en signe de leur ordre. Quand ils viendront 
à Saint- Benoît avec la permission de leur prieur, ils pourront 
entrer dans les maisons du bourg, mais ne pourront péné- 

1 Charte XXII. 
2, Charte XXW. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII^ SIÈCLE 79 

trer dans le monastère qu'avec Tautorisation des moines ; 
et, quand ils y auront pénétré, ils ne pourront en sortir et 
entrer dans les maisons qu'avec cette même autorisation ; 
à la raortde Sevin ou de Tun de ses successeurs, les frères 
viendront au couvent demander la permission de procéder 
à Télection ; s'il se trouve parmi eux quelqu'un qu'ils jugent 
digne d'être élevé à l'office de prieur et qui soit apte à rem- 
plir cette fonction ils pourront l'élire, sous condition de le 
présenter ensuite aux moines ; si au contraire ils ne sont 
pas d'accord sur le personnage à élire, les moines désigne- 
ront d'office le prieur. Celui-ci, une fois en fonction, ne 
pourra être éloigné du prieuré que s'il y a des motifs pour 
le priver de sa dignité; et pour prévenir d'autre part 
des insubordinations futures, Chappes ne recueillera désor- 
mais aucun nouveau clerc ou laïque que sur l'ordre ou le 
conseil des moines. L'obligation d'obéissance pour les frères 
entraînera pour les moines un droit de visite et un droit de 
correction de gré ou de force. Pour la maison de la fontaine 
Sainte-Croix concédée par l'abbaye et où le siège du prieuré 
sera transporté, les frères paieront un cens annuel de six 
deniers au cellerier. Les cinq frères de Chappes outre Sevin 
apposèrent leur signature au bas de cet acte chyrographaire. 
L'autonomie du prieuré y était réservée, mais dans des con- 
ditions de sujétion tellement étroites que sa vie propre devait 
être promptement annihilée. Que pouvait-il rester au bout 
d'une génération d'une maison dans laquelle les protecteurs 
s'étaient réservé le droit de recrutement et le droit d'élec- 
tion du prieur. Aussi dans les actes du xiii* et du xiv® siècle, 
Chappes n'apparaît plus que comme un simple prieuré de 
Saint-Benoît-sur-Loire. En 1214 l'abbaye y entretenait 
deux moines prêtres ^ On y célébrait trois messes par 

1. Reconnaissance de l'abbé de Saint-Benott-sur-Loire Maurice (avril 
1214-1215), orginal, Arcb. nat. J. 461, fondations,)!!, n' 3, et copie Ibid., JJ 
XXXI fol. 47 r*. — Cf. Delisle, Catalogue des actes de Philippe- Auguste, 
n' 1486 et Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, \, n» 1071. 



82 A. VIDIER 

Dans les cinq unions, ou tentatives d'union, de prieurés 
à des abbayes, que les avatars successifs de Sevin nous 
ont fait connaître, on constate que des procédures diffé- 
rentes furent suivies. Ces cinq faits analogues, survenus 
dans la même région, à des époques très voisines les unes 
des autres, intéressant des personnes de condition iden- 
tique, ont donné lieu à la rédaction d'actes doftt l'origine 
et le sens sont différents. Pour le Gué de l'Orme, tentative 
de Saint-Benoît, en 1169, c'est un acte épiscopal se référant 
à une intervention royale et à un engagement pris par le 
prieur; pour Lanche, c'est un acte épiscopal pur et simple; 
pour le Gué de l'Orme, union avec Saint-Euverte en 1177, 
c'est un acte épiscopal et un accord entre Saint- Vrain de 
Jargeau et Saint-Euverte ; pour Montgousson, c'est, à ce 
qu'il semble, un acte du prieur ; pour Chappes enfin, c'est 
un simple acte capitulaire de Saint-Benoît-sur-Loire. Ce 
n'est pas à une incohérence juridique qu'il faut attribuer 
la diversité de ces actes ; on trouve l'explication de leurs 
divergences dans les différences que présentait la situation 
particulière de chacun des prieurés au point de vue 
féodal. 

Le Gué de l'Orme, en 1169, dépendait du roi, qui avait 
concédé une terre pour sa fondation, et du prieur qui était 
chargé d'en administrer les biens. Quand il s'agit de 
transfert et d'union, ce furent ces deux autorités qui inter- 
vinrent; l'évèque diocésain ne parut que pour prendre acte 
des projets en cours d'exécution. L'union n'ayant pas été 
accomplie, le chapitre de Saint- Vrain de Jargeau, proprié- 
taire du fonds, n'eut pas à intervenir pour assurer la 
sauvegarde de ses droits vis-à-vis d'un nouveau délen- 
teur. 

Lanche était une fondation de l'évèque d'Orléans; quand 
son prieur Sevin fut devenu abbé de la Cour-Dieu, il suffit 
d'un acte de ce même évêque pour transporter à Tabbaye 
la. propriété du prieuré. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU Xn« SIÈCLE 83 

Montgousson paraît avoir été une propriété pei^sonnelle 
de Sevin, et il semble résulter de l'acte de Tarchevêque de 
Sens cité plus haut que c'est une cession directe de Sevin 
qui fît passer la maison dans le domaine de la Madeleine 
d'Orléans. 

Le Gué de TOrme, en 11 77, se trouvait dans une situation 
plus complexe. L'évêque d'Orléans d'une part en était 
devenu le protecteur et le patron effectif; le chapitre de 
Saint- Vrain de Jargeau d'autre part y était toujours 
seigneur du fonds. Ces deux propriétaires, l'un spirituel, 
l'autre temporel, intervinrent concurremment lors de 
l'union à Saint-Euverte, le premier pour transmettre son 
droit de patronage et de surveillance, le second pour fixer, 
d'accord avec le nouveau détenteur du sol, le montant et 
le mode de paiement des redevances auxquelles il continuait 
d'avoir droit. 

Chappes, en M87, était sous la protection purement 
nominale dé Tarchevèque de Sens ; l'acte même qui avait 
institué cette protection portait une renonciation éventuelle 
au profit de Saint-Benoît-sur-Loire. Le sol appartenait en 
propre aux religieux du prieuré, sauf peut-être une petite 
partie qui avait été concédée précisément par Saint- Benoît- 
sur-Loire. L'union enfin fut, officiellement du moins, 
plutôt le fait de Sevin que le fait de l'abbé de Saint-Benoît- 
sur-Loire ; le premier ne céda pas son prieuré, il demanda 
qu'on voulût bien le prendre, ce à quoi le second consentit. 
Aussi pas d'acte épiscopal, pas d'accord avec un tiers, 
seigneur foncier, pas même d'acte de cession du chef de 
la communauté qui va disparaître, mais un simple acte 
capitulaire, rédigé, au mieux de leurs intérêts, par les 
moines de la grande abbaye qui s'accroît, et accepté, 
sous forme chyrographaire, par ceux du petit couvent 
qui perd une autonomie qu'il n'était plus en mesure de 
conserver. 

Telles sont les raisons qui expliquent U ^. dei^ 



82 A. VIDIER 

Dans les cinq unions, ou tentatives d'union, de prieurés 
à des abbayes, que les avatars successifs de Sevin nous 
ont fait connaître, on constate que des procédures diffé- 
rentes furent suivies. Ces cinq faits analogues, survenus 
dans la même région, à des époques très voisines les unes 
des autres, intéressant des personnes de condition iden- 
tique, ont donné lieu à la rédaction d'actes doftt l'origine 
et le sens sont différents. Pour le Gué de l'Orme, tentative 
de Saint-Benoit, en 1169, c'est un acte épiscopal se référant 
à une intervention royale et à un engagement pris par le 
prieur; pour Lanche, c'est un acte épiscopal pur et simple; 
pour le Gué de l'Orme, union avec Saint-Euverte en 1177, 
c'est un acte épiscopal et un accord entre Saint-Vrain de 
Jargeau et Saint-Euverte ; pour Montgousson, c'est, à ce 
qu'il semble, un acte du prieur; pour Chappes enfin, c'est 
un simple acte capitulaire de Saint-Benoît-sur-Loire. Ce 
n'est pas à une incohérence juridique qu'il faut attribuer 
la diversité de ces actes ; on trouve l'explication de leurs 
divergences dans les différences que présentait la situation 
particulière de chacun des prieurés au point do vue 
féodal. 

Le Gué de l'Orme, en 1169, dépendait du roi, qui avait 
concédé une terre pour sa fondation, et du prieur qui était 
chargé d'en administrer les biens. Quand il s'agit de 
transfert et d'union, ce furent ces deux autorités qui inter- 
vinrent; l'évèque diocésain ne parut que pour prendre acte 
des projets en cours d'exécution. L'union n'ayant pas été 
accomplie, le chapitre de Saint- Vrain de Jargeau, proprié- 
taire du fonds, n'eut pas à intervenir pour assurer la 
sauvegarde de ses droits vis-à-vis d'un nouveau délen- 
teur. 

Lanche était une fondation de l'évèque d'Orléans; quand 
son prieur Sevin fut devenu abbé de la Cour-Dieu, il suffit 
d'un acte de ce même évêque pour transporter à Tabbaye 
la nropriété du prieuré. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIl^ SIÈCLE 83 

Montgousson paraît avoir été une propriété personnelle 
de Se vin, et il semble résulter de l'acte de Tarchevêque de 
Sens cité plus haut que c'est une cession directe de Sevin 
qui fît passer la maison dans le domaine de la Madeleine 
d'Orléans. 

Le Gué de TOrme, en il 77, se trouvait dans une situation 
plus complexe. L'évêque d'Orléans d'une part en était 
devenu le protecteur et le patron effectif; le chapitre de 
Saint- Vrain de Jargeau d'autre part y était toujours 
seigneur du fonds. Ces deux propriétaires, l'un spirituel, 
l'autre tempore), intervinrent concurremment lors de 
l'union à Saint-Euverte, le premier pour transmettre son 
droit de patronage et de surveillance, le second pour fixer, 
d'accord avec le nouveau détenteur du sol, le montant et 
le mode de paiement des redevances auxquelles il continuait 
d'avoir droit. 

Chappes, en M87, était sous la protection purement 
nominale dé Tarchevèque de Sens ; l'acte même qui avait 
institué cette protection portait une renonciation éventuelle 
au profit de Saint-Benoît-sur-Loire. Le sol appartenait en 
propre aux religieux du prieuré, sauf peut-être une petite 
partie qui avait été concédée précisément par Sairit-Benoît- 
sur-Loire. L'union enfin fut, officiellement du moins, 
plutôt le fait de Sevin que le fait de l'abbé de Saint-Benoît- 
sur-Loire; le premier ne céda pas son prieuré, il demanda 
qu'on voulût bien le prendre, ce à quoi le second consentit. 
Aussi pas d'acte épiscopal, pas d'accord avec un tiers, 
seigneur foncier, pas même d'acte de cession du chef de 
la communauté qui va disparaître, mais un simple acte 
capitulaire, rédigé, au mieux de leurs intérêts, par les 
moines de la grande abbaye qui s'accroît, et accepté, 
sous forme chyrographaire, par ceux du petit couvent 
qui perd une autonomie qu'il n'était plus en mesure de 
conserver. 

Telles sont les raisons qui expliquent la diversité dea 



84 A. VIDIER 

actes auxquels les unions de prieurés ont donné lieu. Cette 
diversité n*est qu'apparente, dans chacun des cas, l'autorité 
agissante vis-à-vis de la partie prenante fut toujours, en 
conformité avec le droit féodal et avec la plus élémentaire 
logique, celle qui exerçait sur la maison cédée un droit 
éminent. 

Quelle fut à travers ces événements l'orientation de la 
politique royale? Il ne semble pas que le roi Louis VII 
ait adopté, lorsqu'il fut mêlé aux diverses opérations que 
Ton a rapportées, une règle de conduite bien déterminée. 
Il céda à toutes les sollicitations d'où qu'elles vinssent, 
pourvu (qu'elles fussent transmises par de puissants per- 
sonnages. Guy et Sevin purent demander à quelques 
années d'intervalle les faveurs les plus contradictoires, leur 
nom valut toujours à leurs projets l'adhésion du sou- 
verain. 

L'évêque Manassès de Garlande ne parait pas avoir 
davantage orienté son administration, en ce qui concerne 
les monastères de son diocèse, conformément à des prin-^ 
cipes généraux arrêtés d'avance; successivement il pro- 
tégea les grandes abbayes, puis favorisa les petites contre 
celles-ci, puis défaisant le lendemain ce qu'il avait fait la 
veille, il se prêta à des mesurés de rigueur à l'égard des 
institutions récemment créées avec son appui. La seule 
chose que l'évêque d'Orléans n'oublia pas, ce fut d'alléger la 
charge du luminaire de son église cathédrale, charge qui 
pesait sur lui personnellement * ; les redevances annuelles 
en cire furent la monnaie courante dont il se fît payer les 
faveurs et concessions qu'il accorda. On a vu ^ que, pris de 
remords aux derniers jours de sa vie, il renonça à ces rede- 
vances ; il les avait créées, il en avait profité, c'était assez, et 
il ne se soucia pas de charger sa mémoire et de compro- 

1. Voy. les livres de distributions de la cathédrale dans mes Obituaires 
du diocèse d'Orléans, {Recueil des histonens de la France, In-4'.) 
« Supra, p. 70, note 3. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XlP SIÈCLE 85 

mettre son salut pour la simple satisfaction de laisser une 
rente de plus à ses successeurs. 

Quant aux personnages que nous avons ou l'occasion de 
mettre en scène dans les pages qui précèdent, il est malaisé 
de tracer d'eux un portrait vivant, les sources narratives 
étant muettes à leur sujet, et les chartes nous faisant seules 
connaître les différents actes de leur vie religieuse. Guy, 
familier du roi, sergent d'armes, avait quitté le service de 
son seigneur pour se vouera celui de Dieu. Du fait qu'il 
choisit la forêt d'Orléans pour y fonder un couvent on 
ne peut conclure qu'il était originaire de la région, car ce 
n'est pas sur une terre de son patrimoine qu'il édifia le Gué 
de l'Orme mais sur une terre" donnée par le roi. Cer- 
tains ont vu en lui un membre de Ja famille des Bouteiller, 
c'est une hypothèse qu'aucun texte ne confirme. La sin- 
cérité de la retraite de Guy fut réelle, il demeura toujours 
au Gué de l'Orme, s'il n'en devint pas abbé, il en fut tou- 
jours le bienfaiteur et, quoique simple frère, les évoques 
et les papes ne manquèrent pas dans leurs chartes de 
citer son nom ou de mentionner son intervention. 

Qui était le Sevin que nous avons vu se promener pen- 
dant vingt ans de couvent en couvent pour finir par se 
retirer définitivement à Saint-Benoit-sur-Loire? On a vu 
en lui un familier du roi, un ofTicier retiré, comme Guy, de 
la vie du monde * ; c'est une supposition, que la faveur 
royale dont il jouissait rend vraisemblable, mais qu'aucun 
texte n'établit formellement. L'identité entre l'abbé du Gué 
de rOrme, de Lanchc, de la Cour-Dieu, do Montgousson, 
deChappes^, et le moine de Saint-Benoit-sur-Loire n'est pas 



1. L. Jarry, op. cit., p. 40; P. Domet, op, dt., p. 24. 

2. Selon dom Estiennot (Bibl. Nal., ms. lai. 127.39, fol. 169) il faudrait 
encore ajouter à cette énuméralion des prieurés fondés par Sevin l'ermi- 
tage de Hiëre, plus tard Franchart, dans la foret de Fontainebleau, qui 
fut uni en 1197 à l'abbaye de Saint-Euverte d'Orléans. 11 se peut que Sevin 
ait établi là encore une communauté mais la chose n'est pas démontrée. Le 



86 A. YIDIER 

démontrée d'une façon absolue ; elle est certaine pour l'abbé 
de Montgousson, de Chappes et le moine bénédictin, car 
les documents qui le concernent l'appellent uniformément 
Sevin de Chappes ; elle est presque certaine entre Sevin de 
Chappes et Sevin du Gué de l'Orme à cause du nom pri- 
mitif donné à Chappes, le Gué de Chappes, analogue à celui 
du Gué de l'Orme, à cause des rapports avec Saint-Benoit, 
à cause de la notification du doyen d'Orléans de 1185 
relative au Gué de l'Orme ; elle n'est que vraisemblable 
entre Sevin du Gué de l'Orme et Sevin de Lanche et de 
la Cour-Dieu, mais la vraisemblance est ici bien grande ; 
Sevin, après son échec piteux de 1169, quitte le Gué de 
l'Orme, il n'entre pas à Saint-Benoit puisqu'il ne s'y retire 
que dix-huit ans plus tard. Ce serait une homonymie bien 
extraordinaire que celle d'un Sevin qui, juste la même 
année, édifie Notre-Dame de Lanche tout à fait dans le voi- 
sinage du Gué de l'Orme, avec l'appui du même évêque 
Manassès qui favorisait les projets de Sevin au Gué de 
l'Orme. Comment n'y pas voir un seul et même personnage. 
Sevin de Lanche et Sevin de la Cour-Dieu ne font qu'un : 
la charte d'union de Lanche l'établit sans qu'aucun doute 
soit possible. Les raisons qu'on a pour confondre Sevin de 
la Cour-Dieu et Sevin de Chappes sont à peu près les 
mêmes que celles qu'on a de confondre Sevin du Gué de 
l'Orme et Sevin de Lanche. Il disparait de la Cour-Dieu et 
nous retrouvons aussitôt un personnage du même nom se 
livrant dans la même région aux mêmes opérations que 
celles auxquelles procédait Sevin avant son entrée dans 
l'abbaye cistercienne, fondations d'ermitages et union de 

plus ancien document concernant Francbart est de 1197, il mentionne 
l'existence de deux prieurs antérieurs à celui qui était alors en fonction, 
mais sans donner leur nom. Les chartes concernant Francbart sont, 
comme la plupart de celles relatives au Gué de l'Orme, transcrites dans 
le cartulaire de Saint-Euverte ; elles ont été analysées par M. A. de Bois- 
lisle dans le Bulletin de la Société de Vhistoire de Paris et de Vïle-de-France, 
L ///, p. 23. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIP SIÈCLE 87 

ceux-ci à des abbayes préexistantes. Comment n'en pas 
conclure que c'est toujours le même Sevin que mention- 
nent les chartes, un Sevin agité comme beaucoup de ses 
contemporains, hanté de la manie des fondations pieuses, 
ébloui par la prospérité des maisons voisines ou subjugué 
par leur puissance, mais rebelle au joug rigoureux qu'im- 
pose dans une grande communauté l'observation stricte de 
la règle monastique. 

Les chartes imprimées ci-après sont tirées de deux 
sources différentes : les unes sont empruntées aux archives 
de Saint-Euverte-d'Orléans, et les autres à celles de Saint- 
Benoît-sur- Loire. 

l. Saint-Euverte. — Tous les documents concernant le 
Gué de l'Orme, sauf un, ont été transcrits dans le cartu- 
laire de Saint-Euverte \ par suite de la réunion à cette 
abbaye du prieuré et de ses dépendances. Le cartulaire 
est représenté: 1"* par une copie complète faite en 1775, 
conservée à la Bibliothèque Nationale, ms. lat. 10089, l'ori- 
ginal datait du début du xiv* siècle ; T par une copie partielle 
conservée à la Bibliothèque Nationale dans le volume 78 de 
la collection Baluze ; 3** par des extraits dans les manuscrits 
de dom Esiiennot conservés également à la Bibliothèque 
Nationale, notamment dans le manuscrit latin 12775; 4"par 
des extraits dans le tome XXV du Monasticon Benedic- 
tinurriy ms. lat. 12682 de la Bibliothèque Nationale ; 5" par 
une liasse do copies authentiques ou informes exécutées 
au XYi*" siècle, données en 1895 par M. de Bassevillc à la 



1. Le fonds de Saint-Euyerle, dans la série H des Archives du Loiret, 
comprend encore un certain nombre d'originaux remontant au xi' siècle, 
mais il ne se trouve pas parmi eux de documents concernant le Gué 
de rOrme et ses dépendances; on peut noter tout au plus dans un 
registre de biens et renies un « Estai du revenu du prieuré de Saint- 
Laurent du Gué de l'Orme, paroisse Saint-Martin d'Abast, 1688 ». 



88 A. VIDIER 

Société archéologique de l'Orléanais et sommairement 
analysées par M. E. Jarry^ Je remercie le bureau de la 
Société d'avoir bien voulu tout récemment m'envoyer cette 
liasse en communication à Paris. 

IL Sainf-Z?enoîf-sur-Loire. — Une pièce relative au Gué 
de l'Orme et toutes celles qui concernent Chappes nous 
sont parvenues par les cartulaires ou les archives de Saint- 
Benoît-sur-Loire. 11 est inutile de revenir ici sur ce que 
M. Prou et moi avons dit ailleurs de l'histoire des 
archives de cette abbaye *. Il me sufïira de rappeler, pour 
l'intelligence de la bibliographie des chartes de Chappes, 
que le cartulaire li est perdu mais en grande partie sus- 
ceptible de reconstitution, que les cartulaires C et E sont 
des copies modernes conservées aux archives du Loiret, 
qu'un grand nombre de chartes ont été transcrites par 
dom Jandot dans ses Apparatus chronologiciy sive Collée- 
tanea chronologica.. ad historiam... monasterii Sancti 
Benedicti Floriacensis (1681), manuscrit actuellement 
conservé dans la collection particulière de M. Jarry, à 
Orléans ^ ; par dom Estiennot dans ses divers manuscrits 
conservés à la Bibliothèque Nationale, surtout dans les 
volumes 12739 et 12775 du fonds latin ; par dom Chazal 
dans son Historia monaslerii Sancti Benedicti Floria- 
censis (1725), manuscrit 270 bis de la Bibliothèque muni- 
cipale d'Orléans. 

Tous les textes que nous donnons ne sont pas inédits; 

1. Résumé des documents relatifs à un procès entre le chapitre de Jargeau 
et le prieuré du Gué de VOrme, membre de Vabbaye de Saint- Euverte^ dans 
le Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XI, 
p. 242-243. 

2. Recueil des Charles de Vabbaije de Saint- Benoit-sur- Loire, t. I, 
Inlroduction. 

3. Noire confrère M. K. Jarry a bien voulu il y a quelques années le 
communiquer à xM. Prou et à moi pour la préparation àwRecueil cité dans 
la noie précédente. 



ERIUTAGES ORLEANAIS AC Xir SIÈCXE N? 

ceux-ci à des abbayes préexistantes. Comment n*en pas 
conclure que c'est toujours le même Sevin que mention- 
nent les chartes^ un Sevin agité comme beaucoup de ses 
contemporains, hanté de la manie des fondations picuscH, 
ébloui par la prospérité des maisons voisines ou subjugue 
par leur puissance^ mais rebelle au joug rigoureux (|uMni- 
pose dans une grande communauté Tobservation stricte de; 
la règle monastique. 

Les chartes imprimées ci-après sont tirées de doux 
sources différentes : les unes sont empruntées aux archivrH 
de Saint-Euverte-d'Orléans, et les autres à celles (W Saiîil- 
Benoit-sur-Loire. 

I. Saint'Euverte. — Tous les documents couccriianl. lo. 
Gué de rOrme, sauf un, ont été transcrits dauH h» cartu- 
laire de Saint-Euverte *, par suite de la réunion ix c(»llp 
abbaye du prieuré et de ses dépendances. Le cartulain» 
est représenté: i** par une copie complète faitcî n\ 177rï, 
conservée à la Bibliothèque Nationale, niH. lat. lOOK!), l'ori- 
ginal datait du début du xiv*" siècle; 2" par une copie». i)ai lii^llo 
conservée à la Bibliothèque Nationale dans W, volnuu» 7M lU» 
la collection Baluze ; T par des extraits dans I^h manusrrilH 
dedom Esiiennot conservés éj^^aleinciit à la lîihliolhrqiu» 
Nationale, notamment dans le manuscrit latin IV77:» ; V'pa]- 
des extraits dans le tome XXV du Moiinstimn Hrurdir- 
tinurriy ms. lat. 12682 de la Bibliothè(|uc Nationah». ; .V par 
une liasse de copies authenticiues ou inforinc^s (»\rruUM's 
au XYi*" siècle, données en 1895 par M, iW> Hassovilh* à la 



1. Le fonds de Saint-Euyerte, dans la série II dfs ArrhivcH chi LoirrI, 
comprend encore un certain nombre d'ori^nnaux romonlniil au xi' siôclo, 
mais il ne se trouve pas parmi eux de docinncMils nmccM'nant le (lue 
de l'Orme et ses dépendances; on peut noier tout au plus dans un 
registre de biens et rentes un « Kstat du revenu du prieuré de Saint- 
Laurent du Gué de l'Orme, paroisse Saint-Martin d'Abast, 1()88 ». 



90 A. VIDIER 

tuis ibidem temporibus inviolabiliter observetur ; preterea quascumque 
pôssessiooes, quecumquc eadem ecclesia iopresentiarum juste et cano- 
nice possidet aut io iuturum concessione pontificum, liberalitate regum 
vel principum, oblaiionc fidelium sou aliis justis modis, prestanle 
Domino, poterit adipisci, vobis vestrisque successoribus et illibata 
permaneant ; in quibus bec propriis duximus exprimenda vocabulls : 
locum ipsum de Vado Ulmi, quem predictus rex, intuitu pietatis et 
interventu jam dicti bostiarii sui, liberum ab omoi indebita cxactioDe 
et injusta consuetudioe donavit, sicut io autentico scripto ipsius régis 
exinde facto contioetur, domum de Tuecampo. Decernimus ergo e/c, 
salva sedis apostolice auctoritate et diocesani episcopi caoonica jus- 
titia. Si qua igitiir etc. 

Datum Stampis, per manum Normanni, sancte RomaDe ecclesie sub- 
diaconi et notarii, XI kaleodas maii, indictione XIII, incarnationis 
DomiDice anoo MCLXV, pontificatus vero domiDi Alexandri pape III 
anno VI. 

II. - 1166. 

Les chanoines de Saint-Vrain de Jargeau accensent aux frères du Gué 
de VOrme toute la terre comprise dans leur er^^los pour un cierge d'un 
quart de livre, une terre voisine de Venclos et mesurée en. présence de 
Geoffroy, chantre, et des chanoines de Jargeau et de Jean, prieur du Gué 
de VOrme, pour 2 sous 8 deniers, et une noue des jeunes tilleuls pour 
42 deniers; ils contractent en outre avec les frères une association de 
prières et s'engagent par chanté à visiter leur église une fois ran, 

À, Original perdu. 

B. Copie du xviii' s., dans un cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat., 
ms. lai. 10089, p. 517. — C, Copie du xvii* s , d'un vidimus de Jacques 
Gaillart, garde de la prévôté d'Orléans (23 juillet 1468), Bibliothèque de 
la Société archéologique de l'Orléanais. — D, Copie du xviu® siècle, 
Bibl. nat., ms. lat., 12682, fol. 102, d'après un cartulaire de Saint- 
Euverte. 

Notum sit existentie presentium et posteritati luturorum quod cano- 
nici sancti Verani de Gergosilo acccensiverint fratribus Vadi Ulmi 
totam terram que clausuris eorum cingebatur, pro uno cereo appendente 
quartam partem unius libre, in natali martirum Johannis et Pauli sin- 
gulis annis reddendo ; et aliam terram circa clausuram, in presentia 
Gaufridi cantoris et aliorum canonicorum Gergosili Johannisque prioris 
Vadi Ulmi et fratrum ejus et multorum aliorum mensuratam in (a) 
certis terminis (b) limitatam, pro duobus censualibus solidis et octo 
dcnariis in Inventione sancte Crucis solvendis ; et totum notatorium (c) 

(a) et C, — (b) fermlDibus C. — (c) nalatorlum C. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII® SIÈCLE 91 

junioris tileti (d), pro XII denariis in eodem festo sancte Crucis quot- 
annîs persolvendis, quem censum si fratres Vadi Ulmi diebus nomi- 
natis hora compétent! reddere neglexerint/a canonicis conmoniti veniant 
in capitulo Gergosili satisfacturi, ab omni alla exactione vel (e) angaria 
liberi. Sane igitur ad custodiam pacis et caritatis inter eos fîrmata est 
societasfraternitatis (/*), videlicet ut defunctoaliquo Gergoliensi (g) cano- 
nico fratres Vadi Ulmi plenarium servicium pro eo faciant, et mortuo quo- 
libet fratre Vadi Ulmi simile [h] servicium faciant (i) canonici. Ad subie- 
vandam quoque fratrum illorum inopiam Gergolienses canonici cum cru- 
cibus et parrochianis suis visitent ecclesiam Vadi Ulmi semcl in anno, 
non tamen ex debito set solius caritatis intuitu. 

Actum est hoc anno incarnati Verbi xMCLXVI, régnante Ludovico 
rege in Francia. 

III. - 1167 ou 1172 ^ - Orléans. 

Louis VII déclare qu*il a concédé aux frères du Gué de l'Orme, et parti- 
culièrement à Guy y le lieu où leur église est établie et quHl les a pris sous 
sa protection pour le salut de son père Louis et de son fils Philippe né au 
moment de la formation de la communauté, 

À. Original perdu. 

B. Copie authentique (1580) d'un vidimus de Jacques Gaillart, garde 
de la prévôté d'Orléans (7 décembre 1468), Bibliothèque de la Société 
archéologique de l'Orléanais. — C. (^opie du xvir s., Bibl. nat , coll. 
Baluze, vol. 78, fol. 72 v», d'après un cartulaire de Saint-Euverte. — 
D. Copie de dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 12. — 
JF. Copie du xviii' s., dans un cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat.^ 
lifis. lat. 10089, p. 497. — F, Copie du xviii' siècle, Bibl. nat., ms. lat. 
12682, fol. 106, d'aprèsuncartulairedeSaint-Euverte. — (?. Copie abrégée 
de Dom Estiennot (1682), Bibl. nat., ms. lat. 12739, p. 274. — H. Copie 
de dom Gérou (4 février 1765), Bibl. nat., coll. Moreau, vol. 78, fol. 52, 
d'après un cartulaire de Saint-Euverte. 

PuBL. : Lucbaire, Éludes sur les actes de Louis Vil, p. 442, d'après //. 

I.NDiQ. : Luchaire, Op. cit. p. 294, n° 617, d'après H. 

In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Ludovicus, Dei gralia 
Francorum rex. Religiosis locis providere nos oportet ut res eorum in 

(d) lilietum C. — (c) et CD. — {f] firmilalis BC. — {g) Gergogiliensi C. — 
(h) simililer C. — (i) pro eo faciant C. 

1. Dans six copies et dans l'édition de M. Luchaire, faite d'après l'une d'elles, 
cette charte est datée de 1172 ; la copie B donne seule la date de 1167, qui serait 
peut-être préférable à celle de 1 172 tant à cause do la fondation encore récente 
du Gué de l'Orme (1165), qu'à cause do la menlion de la naissance de Philippe- 
Auguste. 



92 A. VIDIER 

tuto sint et maloruoi pervicacia non possint turbari. Sciant itaque uni- 
vers! présentes et (a) futuri quod ecclesie de Vado Ulmi terram in qua 
fundata est et fratribus ibidem manentibus et mansuris et nominatim 
etiam(5) Guidonifratri, qui de loco anipliandose intromisitetnostrum(c} 
ibi ad Dei servitium commutavit, pro nostra et genitoris nostri régis 
Ludovici anima et pro filii nostri Philippi sainte, quem nobis dédit Deus 
cum illa oriebatur religio, regia benignitate habere in pace et quiète 
concessimus, et ipsum lôcum et res fratrum (d) in nostra protectione et 
custodia suscepimus. Quod ut ratum sit in posterum, presens scrip- 
tum sigilio nostro muniri precepimus (e), subjecto nominis nostri Icarac- 
tere. 

Actum Aurelianis, anno incarnati verbi millesimo sexagesimo sep- 
timo (/*), astantibus in palatio nostro quorum apposita sunt nomina et 
signa. 

S. comitis Blesensis Theobaldi dapiferi. S. Guidonis buticularii. S. Ma- 
thei camerarii. S. Radulli constabularii. 

Data per manum Hugonis canceliarii et episcopi Suessionensis. 



IV. — 1167, 23 Décembre. — Orléans. 

Manassès, évêque d*Orléans, voulant contribuer au déjoeloppement de 
l'ordre des Primontrés dans son diocèse et témoigner de la joie quHl 
éprouve de la naissance de Philippe, fils du roi^ donne à la maison du Gué 
de l'Orme Véglise Saint-Nicolas de Lande (t lui concède le droit d'usage 
dans les bois de révêqucy l'exempte de la dime des novales et la prend sous 
sa protection. 

À, Original perdu. 

B, Deux copies informes identiques, Bibliotlièque de la Société archéo- 
logique de l'Orléanais, d'après A^.—C* Copie de dora Estiennot (1680), 
Blbl. nat., ms. lat. 12775, p. 24. — D. Copie du xviii» s., dans un cartu- 
laire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 485. 

PuBL. : Galla Chrisliana, t. Vlll.p. 517. 

In nomine sancto et individuoTrinitatis amen Ego Manasses, Dei gra- 
tia Aurelianensis episcopus, universis catholicis bene valere. Approbatœ 



(a) pariler et CDF. — {b) ctiam omis par DFG. — (c) et... ibi D ; et locum 
de Capis ibi ad Del servitium G, — (d) et ipsos fralrcs H — (e) precipimus E* — 
if) MCLXXII CDEVGH, 

1. Ces deux copies donnent une description du sceau : « Sigillaia sigillé oblongo 
in cera subalba, obvoluio et coopcrlo stupa et panniculo, pendent! in corrigia 
alba duplicata. » 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII® SIÈCLE 93 

consuetudinis est eos qui locum tenent (a) rcgiminis et episcopi vocan- 
tur religiosorum circumvallari (b) frequentia. Ea propter nos, diligenter 
inspicientes sanctam Aurelianensem ecclesiam pêne omnium religio- 
num floribus adornatam, sanctum Prsemonstratensem ordinem, quem 
non mediocriter diligimus, solum nobis déesse vidimus. Placuit igitur 
nobis ut ejusdem (c) ordinis claritas, quae fere per universum mundum 
jam lucet, nobis etiam non deesset. Quamobrem locum ecclesise nostrœ 
proprîum qui dicitur sanctus Nlcholaus de Landa^ pro gaudio nativitatis 
illustrissimi pueri Philippi, filii domini nostri Régis, ab omni exactione 
et angaria liberum ordini prœfato tradimus et domui Vadi Ulmi sociamus, 
quantumcumque eorum plassetis (d) qui ibi habitaverant ambiebatur, 
sed et extra plasseta (e) XXX arpenta, sub censu unius libra) cerœ in 
Exaltatione sanctœ Crucis singulis annis persolvendae. Concedimus 
etiam (/*} fratribus loci illius usuale suum in nemoribus nostris, pastum 
sciiicet bestiis cujuscumque (g) generis^ ligna ad faciendum ignem, ad 
domos sedificandas, ad clausuras faciendas, ad vineas sustinendas et ad 
usus cœteros sibi necessarios, excepta omni datione seu (h) venditione ; 
de nutrimentis autem et novalibus suis et de eis qu8(3 inter minutas 
décimas computantur nullus ab eis décimas accipiat ; et ab eis vel fami- 
liis suis nemo ritus (i) parrochiales exigat. De cœtero qucTcumque largi- 
tione regum vel principum, oblationeûdelium, emptione veialia qualibet 
acquîsitione rationabiliter acquirere poterunt etiam si de casamento nos- 
tro sint eis libère recipienda et (j) possidenda concedimus. Prohibemus 
etiam ut, prœler Romanam ecclesiam (k) et ecclesiam nostram et domi- 
num Regem, nemo super eos dominium usurpet sive justitiam, sed si 
quis ab eis injuriam se pati queritur nos eos ad justitiam adducemus. Si 
quis igitur banc conscriptionis nostrae paginam vioiare tentaverit ana- 
themati subjacebit. 

Actum publice in capitulo nostro, anno incarnati Verbi MCLXVIl, 
astantibus in ecclesia nostra Johanne decano, Wiiieimo (/) cantore, 
Hugone subdecano, Manasse capicerio. 

Datum Aurelianis X kal. januarii. Canceliario nullo (m). 

V. — 1167, 23 Décembre. — Orléans. 

Manassès, évéque d'Orléans, prend acte de Ventrée de Geoffroy Ravel dans 
la maison du Gué de VOrme et des donations faites par lui à la dite mai- 
son d'une, vigne à Soisy, et par son fils Renaud, de i^ mines de seigle à 
Sury, 

(a) tenent loeam C. —{b) circumvalli BC. — (c) ejusmodi C. — [d) placitis B ; quan- 
tamcamque plassetis qui D; quantumque... a sectis qui C. — (e) placeta B. — 
if) et C. — {g) cujusque C, — {h) sive D. — {i) ritus omis et laissé en blanc par 
B. — ij) ac D, — {k) éccles. rom. D. — {/) Guillelmo D. — (m) cane, nullo 
omis par CD, 



94 A. VIDIER 

A, Original perdu. N> 

B. Copie du xviii' s.» daus un cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ^ 

ms. lat. 10089, p. 519. — C Court extrait, Bibl. nat,, coll. Baluze, i 

vol. 78j fol. 75, d'après un cartulaire de Saint-Euverte. ■ 

il 
Ego Manasses, Dei gratia Âurelianensis episcopus, notum fieri 

volo universis presentibus et futuris quod Godefredus Ravellus, ab- . 

renuncians seculo in domo Vadi Ulmi se reddit, et vineam suam que 

est Sosiaco, quam tenebat in alodio eidem dédit domui. Filius au- | 

tem ejus, Reinaudus^ diligenter inspiciens quod fratres ejusdem loci | 

patrem suum misericorditer suscepissent, eorum caritati caritative 

obvians et donum vinee laudavit et XII minas sileginis in décima 

Suriaci, que de casamcnto Sancte Crucis est, eis dédit, concedens se 

vel heredem suum ex eadem décima nicbil recepturum, donec fratres de 

Vado Ulmi ad justam minam ville singulis annis modium suum prius 

mcnsuraverint. Laudante hoc Malcho fratre suo, de quo predictus Rai- 

naudus tenebat camdcm decimam in casamento. Laudaverunt hoc etiam 

sororcs eorum Maria et Elisabeth, et viri earum Laurencius Imperator et 

Arnulfus, et nepotes Godefredi Ravelli Huo et Guillermus de Monte 

Leardo, Ursus de Chaloolo, Gillebertus Charpensus. 

Actum est publice in presentia nostra apud Vadum Ulmi, anno verbi 
incarnati MCLXVII, astantibus in ecclesia nostra Johanne decano, 
Guillermo cantore, Hugone subdecano, Manasse capicerio. 

Data Aurclianis decimo kalendas januarii. Cancellario nullo. 



VI. — 1168 *, 5 Janvier. — Au Latran. 

Alexandre III, pape, confirme à Jean prieur et aux frères de V église du 
Gué de VOrme le lieu même du Gué de VOrme, Doukhampy Saint-Nicolas de 
Lande, des vignes données par Gilles et Osanna, d'autres vignes sises à 
Châteauneuf et à Soisy, une partie de la dîme de Sury, un muid de vin 
donné par Arnoul le Bref sur sa vigne de Saint-Benoît, Vherbe de la 
noue des jeunes tilleuls accensée par les chanoines de Jargeau pour ii de- 
niers, l'exemption de la dinie, le droit de rececoir parmi eux des hommes 
libres, et le droit de donner la sépulture. 

1. Cette petite bulle ne porte quo la date de lieu et do jour, Latran, 5 janvier; 
l'itinéraire du pape lui a fait. assigner par les éditeurs des /2e^^s(a la date de 
1166 ou 1167. La donation de Saint-Nicolas de Lande, de la vigne de Soisy et de 
la dlmo deSury étant du 23 décembre 1167, il est évident que Tannée 1166 est 
impossible et que même celle do 1167 (5 janvier) ne peut être acceptée que sous 
réserve d'une réduction en 1168, nouveau style. 11 en résulterait dans l'ilinéralre 
du pape une rectification fondée sur l'interprétation de la date de toute une série 
de bulles citées par Jaflé ; ce n est pas ici le lieu d'enlrcprendre cet examen, 
w/j/s nous In signalons à l'attention des diplomatistes. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII« SIÈCLE 9o 

A. Original perdu. 

B. Copie da xtii' »., Bibi. nat., coll. Baluze vol. 78, fol. 75, d'après 
ancartulairedeSaint-Duverte. — C. Copie du xviirs., dans un cartulaire 
de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 532. — Z). Copie du xviii* 
siècle, Bibl. nat., ms. l'at 12682, fol. 113, d'après un cartulaire de Saint- 
Eo?erte. 

IiiDiQ. : Jaffé^ Regesta pontificum romanorum, n* 11310 d'après B et C. 

Alezander^ epîscopus servus servorum Dei, dilectîs filiis Jobanni 
priori et Iratribus ecclesie Vadi Ulmi salutem et apostolicam benedic- 
tfoaeiD. Justis petentium desiderlis dignum est nos facilern prebere con- 
senaum et vota qne a rationis tramite non discordant eflectu sunt prose- 
qaente eomplenda. Eapropter, dilecti in Domino fllii, vestris justis 
poetuiationibus grato concurrentes assensu, Vadum Llmi cum pertinentiis 
rats, Duichampum (a) cum pertinentiis, Landam sancti Nicholai cum 
pertinentiis suis, yineas quas frater Egidius et Osanna mulicr vobis pia 
krgitione dederunt^ et alias vineas quas apud Castellum Novum habetis, 
rineam quam apud Sois! habetis, quicquid décime habetis in villa de 
Sari, iDodium yini quem Ârnulfus Brevus et uxor ejus vobis in vinea 
sna de Sancto Bénédicte concesserunt imperpetuum percipicndum, 
omnemherbam tocîus natatorie junioris tilieti quemadmodum (5) domini 
eanonîci sancti Veranî Gargogili sub annuo censu Xll denariorum eam 
robis concesserunt, et quecumque in presentiarum légitime possidetis 
aut in luturum justis modis, Deo propicio, poteritis adipisci, vobis et per 
vos ecclesie vestre auctoritate apostolica confirmamus et preisentis scripti 
patrocinio communimus; sane novalium vestrorum, que propriismanibus 
aut sumptibus colitis, sive de nutrimentis vestrorum animalium nullusa 
Tobis [décimas] présumât exigere. Libéras preterea et absolutas personas a 
XVannis suprà que se reddere ecclesie vestre volueruntliberum sit vobis 
absque alicujus contradictione recipere. Eos vero qui apud vos sepeliri 
elegerint nisi excommunicati vel nominatim interdicti sint ad sepulturam 
recipiendi lacultatem liberam habeatis, salva justicia in parte testamenti 
liberarum ecclesiarum a quibus mortuorum corpora sumuntur.Statuimus 
insuper et auctoritate apostolica probibemus ne quis infra ambitum 
ecclesie vestre violentiam velrapinam committere,furtum facere,hominem 
capere ausu temeritatis présumât, et si quis hoc attcmptavcrit divina 
ultiune plectatur. Decernimus ergo, etc. Si quis autem, etc. 

Datum Laterani, nonis januarii. 

VII. — 1169. - Orléans. 

Manassès, évéque d*Orléans, confirme la décision prise par Louis VII de 
transféi-er en un autre lieu la maison du Gué de VOrme en raison de la 

(a) Duichampartem C, Duichamp, D. — (b) quem C. 



96 A. VIDIER 

sUHlité du sol, et de la tenir éloignée ^ d'au moins quatre lieues de Vdbbaye 
de Saint-Benoît-sur-Loire, il prend acte de la promesse faite par Vahhé 
Sevin d'unir la communauté après son transfert à celle de Saint-Benoit- 
sur-Loire, 

À. Original perdu. 

B, Copie de dom Jandot (1681), ms. de la collection Jarry à Orléans, 
d'après le cartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. — C. (Copie de dom 
Kstiennot (1680), Bibl nal., ms lat. 12775, p. il7. — D, Copie duxviii» s. 
dans le cartulaire C do Saint-Benott-sur-Loire, p. 337. 

Ego Manasses (a), Dei gratia Aurelianensis ecclesie minister humilis, 
universis ad quos (b) littere iste per venerint, notum ûeri volumus quatenus, 
cum ex petitione Sevini, abbatis de Vado Ulmi, dominus rex Francorum 
Ludovicus (c), sterilitatem loci considerans, sapientum virorum usus 
consilio, memoratam abbatiam transfcrri voluisset eamque per quatuor 
leugas ad minus a cenobio sancti Benedicti distantem^d) amoveri, usque 
ad festum sancti Remigii proximo (e) f uturum in manu cepisset, nos domini 
régis autoritate et voluntate usi, memoratique abbatis fratrumque 
suorum petitione requisiti, idipsum slatuimus, et ex tune in eodem loco 
abbatiam manere inbibuimus eamque perpétue inde removendam conGr- 
mavimus et confirmamus. Omnes autem illosqui hu le concession! domini 
régis et statuitioni nostre contradicere presumpserint autoritate Dei et 
nostra (f) anatbemati supponimus (g). Sciant autem universi quod memo- 
ratus.abbas Sevinus {h) in presentia bonorum virorum Meldensis, abbatis 
de Chagia, et quorumdam aliorum religiosorum, cum fratribus suis 
jam dictam petitionem fecit et a festo sancti Remigii proximo abbatiam 
a loco memorato amoveri membrumque abbatie antedicte (i) fier! fideliter 
compromisit. 

Actum anno incarnati Verbi MCLXIX, ordinatis in ecclesia sancte 
Crucis majoribus personis H[ugone] decano, Lfetoldo] subdecano, 
W[illelmo] cantore, M[ana88e] capicerio. 

(a) M. D. - (b) présentes litière C. — (c) L. D. — (d) distantes CD. — 
(e) proxlme C, — {f) mei BD. — [g) supposuimus C, — (h) S. D. — (i) in antea C. 

1. Sur l'interprétation du texte voy. plus haut, p. 65. 

(A sutvrej 



COMPTES RENDUS 



PouPARDiN (René). — Monuments de l'histoire des abbayes de 

Saint-Philibert (Noirmoutier, Grandlieu, Tournus), publiés 
d'après les notes d'Arthur Giry. — Paris, A. Picard, 1905; 
in-8% Liii-139 p. (Collection de textes pour servir à Tétude et à 
renseignement de l'histoire. ) 

Les Monuments de rhùtoire des abbayes de Saint-Philibert sont un 
travail dû à la collaboration posthume d'Arthur Giry et d'un de 
ses meilleurs élèves^ M. René Poupardin. La part de l'élève est ici 
aussi considérable que celle du maître qui n avait pu, avant de 
mourir, rédiger que des notes sommaires: M. Poupardin a dû 
compléter ces notes, mettre en œuvre les textes recueillis par 
Giry, et composer sous sa propre responsabilité une introduction 
qui constitue une partie importante de la présente publication, 
u II est toujours malaisé de terminer un travail entrepris par un 
« autre. La tâche ici était particulièrement difficile. » Nous devons 
savoir gré à M. Poupardin de n'avoir pas reculé devant la difficulté 
de la besogne^ et même si nous croyons avoir rencontré de ces 
« imperfections » nécessaires dont parle cet érudit, nous les lui 
signalerons, non pas dans un esprit de dénigrement, mais dans 
la pensée de lui venir en aide (si lui-même juge que nos observa- 
lions sont justifiées) et de cultiver dans la mesure de nos moyens 
le souvenir du maître qui nous est, à tous deux, également pré- 
cieux. 

L'introduction débute par une étude sur la Vita Filiberti ; les 
conclusions très prudentes de M. Poupardin sont, je crois, accep- 
tables : la Vita Filiberti, telle qu'on la trouve dans le recueil 
d'Ermentaire, serait la reproduction d'une Vie dédiée à Tabbé 
Cochin et déjà remaniée antérieurement à Ermentaire ; elle cons- 
tituerait une source à utiliser pour l'époque mérovingienne. Et 
M. Poupardin l'utilise dans la biographie quil nous retrace de 



98 COMPTES RENDUS 

saint Philibert (p. xvi-xxiv) : on retrouve dans ces quelques pages 
les éminentes qualités de Thistorien qu'est M. Poupardin. Dans un 
troisième paragraphe, M. Poiipardin étudie Thistoire de Tabbaye 
de Noirmoutier jusqu'au transfert des reliques de saint Philibert 
kDeas: sur un point, cette notice pourrait être complétée, comme 
du reste le catalogue d'actes royaux qui termine la publication. 
Le nouveau monastère de Deas construit avant 819 par Taboé 
Arnoul reçut probablement de Louis le Pieux TimmUnité sous 
Tabbatiat d'Arnoul. Le diplôme ne nous est connu que par un 
recueil de formules et il a été, selon toute vraisemblance, bien 
identifié par M. Zeumer {Formulœ impei^iales n*" 4 ; éd. Zeumer, 
p. 290) : il ne fait pas double emploi avec celui de 830. Enfin Tin- 
troduction comprend encore des études sur Ermentaire, moine 
de Saint-Philibert, sur le transfert du corps de saint Philibert à 
Tournus, sur Falcon et son Chronicon Trenorchiense et sur les 
manuscrits et éditions des œuvres d'Ermentaire et de Falcon. 
Une note (p. xlv) fournit la liste « d'un caractère essentiellement 
provisoire » des manuscrits qui contiennent à l'état isolé la Vita 
Filiberti. 

Le corps du livre nous offre des textes bien établis de la Vie et 
des Miracles de saint Philibert par le moine Ermentaire, la Chro- 
nique de Tournus du moine Falcon, et, en appendice, la liste des 
diplômes des rois carolingiens et des bulles concernant les abbayes 
de Saint-Philibert. 

Un index bibliographique, une table alphabétique 4es noms de 
personnes et de lieux et une table des matières complètent cette 
importante publication. 

Il faut maintenant revenir sur quelques points de détail ; les 
remarques que nous ferons, même si elles sont considérées par 
les lecteurs de cette Revue comme fondées, n'enlèveront rien de 
son mérite au travail de,notre confrère et ami. 

M. Poupardin établit que l'œuvre d'Epmentaire a été composée 
en deux fois: le moine de Saint-Philibert a écrit d'abord la Vita 
et le premier livre des Miracula, puis le second livre des miracles. 
Il adopte pour la première rédaction la date de 837-838 et pense 
que cette rédaction fut dédiée à l'abbé de Saint-Denis Hilduin, en 
839-840. Voici ses raisons : il ressort du début du second livre des 
Miracles que la mort de Louis le Pieux (20 juin 840) est postérieure 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAINT-PHILIBERT 99 

à rachèvement de la première partie du recueil ; dans la dédicace 
versifiée à Hilduin et dans le prologue en prose qui la suit, Ermen- 
taire parle d*un roi Charles qui ne peut être que Charles le Chauve 
roi d'Aquitaine (mai 839). Dans ce prologue en prose, Ermentaire 
s'excuse de n'avoir pas cité le nom de Charles en même temps que 
ceux de ses frères au début des Miracula « parce qu'au moment où 
ces Miracula furent écrits, le prince in aula régla puernutriebatur » : 
ce qui reporte la composition du premier livre des Miracles avant 
juin 838, le prince n'ayant pas encore atteint sa majorité légale 
fixée à 15 ans ; or cette composition est certainement postérieure 
au 20 août 837. (Cf. Miracula, I, c. 29 et 68.) 

Le fait de trouver dans la préface du livre II la mention de la 
mort de Louis le Pieux ne me parait pas suffisant pour justifier 
cette assertion que le premier livre des Miracles fut composé 
avant 840. Ermentaire nous dit pourquoi il a terminé son récit à 
la date à laquelle il s'est arrêté (837) : ce ne sont pas le& miracles 
qui manquent, mais trop d'événements divers se produisent et le 
corps de saint Fillbert n'est pas encore transféré ; il se propose 
de reprendre son sujet pour narrer les miracles qu'il a volon- 
tairement omis ou ceux qu'il apprendra ou ceux que Dieu vou- 
dra bien accomplir au cours de la translation ^. 

Ermentaire parle ici d'une translation qu'il juge prochaine. 
Quelle est cette translation? Le passage a paru embarrassant. 
M. Léon Maître a cru qu'il s'agissait d'un simple transfert du 
sarcophage dans une autre partie de l'église de Deas où le corps 

1. ce His itaque breviter digestis, non quod miracula defecerint finem facimus 
loquendi, sed quia mulliplicia extant et beatissimi Filiberti nondum transpositum 
est corpus. Ideo sequenti adnectenda sunt operi sive quœ nostris diebus, 
ezcepUs suprascriptis, seu etiam nonnulla quae olim sicut ab antiquis, que nuUo 
tenentur scripto, referuntur miracula, necnon insuper ea quas in ejus transposi- 
tione Domini pietas dignabitur, sicut credimus, operari. » (P. 57-58.) — Évidem- 
ment Ermentaire qui veut intéresser Hilduin et, par son intermédiaire, Charles 
le Chauve à son monastère n'a pas tenu à leur parler des événements postérieurs 
à la mort de Louis le Pieux, car il ne s'est pas senti le triste courage de cacher son 
sentiment sur certains faits du roi : il est un < impérialiste », et la victoire de 
Fontenoy-en*Puisaye est regardée comme une < Victoria lugubris atque misera- 
bilis » ; à ses yeux Louis le Germanique et Charles le Chauve se sont c insurgés > 
contre leur frère aîné et c'est leur discorde qui a fait la force des ennemis du 
dehors : les invasions normandes sont le fruit de l'insurrection des princes 
contre leur aine. (Cf. Miracula, II, prasf., p. 60). C'est peut-être vrai, mais la 
vérité n'était pas bonne à dire au prince dont on sollicitait une faveur. 



100 COMPTES RENDUS 

venait d'être apporté en juin 836. Mais cette opinion, que M. Ppu- 
pardin n'admet pas, ne tient pas compte en effet de ce qui est dit 
dans le prologue où Ermentaire parle de la nécessité d'un second 
transfert à cause des invasions normandes qui ne permettaient à 
personne de rendre au saint les honneurs qui lui étaient dus^ 
Cette phrase, écrite après le transfert à Deas^ ne permet guère 
d'accepter l'explication hypothétique de M. Poupardin que moins 
de deux ans après leur établissement à Deas les moines étaient 
obligés de « considérer comme probable et souhaitable un nouvel 
exode de la communauté. » Elle n'a pu être écrite que lorsque les 
religieux de Deas avaient déjà abandonné Saint-Philibert de Grand- 
lieu pour Cunaud en y laissant le corps du saint, c'est-à-dire après 
845. Ermentaire ajoute même que Ton ne peut songer à rester là 
(à Cunaud?) et que l'on ne sait où transporter le corps du saint 2. 
Cela nous reporte à une date où le séjour de Cunaud paraissait 
lui-même peu sûr. Or, Deas ayant été incendié en 847, le corps du 
saint séjourna sous les ruines jusqu'au moment où les moines de 
Saint-Philibert crurent pouvoir le transporter à Cunaud pendant 
une accalmie de la dévastation normande en 858. C'est, je crois, 
entre ces deux dates 847 et 858 qu'il faut placer la rédaction du 
premier livre des Miracles. 

La difficulté à laquelle on s'est heurté me semble venir de ce 
que l'on a vu dans l'abbé Hilduin à qui l'œuvre est dédiée, l'abbé 
de Saint-Denis. Mais cette identification est loin d'être assurée. 
On est obligé de supposer, d'après ce texte, que Hilduin fut placé 
aux côtés du jeune Charles le Chauve^ roi d'Aquitaine (mai 839- 
juin 840)3. Cette hypothèse que rien ne vient justifier n'est pas 
nécessaire. Ermentaire prie l'abbé Hilduin « le plus grand des 
abbés )) d'obtenir du roi Charles pour les moines de Saint-Phili- 

1. € Vitam beati Philiberti atque miracula in ejus translatione declarata... clari- 
tudini vestre mittere curavi, quatinus talia recolentos, de e]u8 iterum transposi- 
tione coDsideretis, quia, sicuti optime nostis, propter Normannorum infestatio- 
nem ad (lis. a) nullo ei prebetur oflicium. » (P. 1-2.) La fin de la phrase serait 
inintelligible si la communauté était encore à Deas, 

2. Le texte cité dans la note précédente continue ainsi : c presertim cum nec 
ibi consistere, nec aiicubi locum quo transferri possit obtinere valeamus. » 

3. Charles le Chauve à qui Ton avait attribué l'Aquitaine n'était pas en 839- 
840 le souverain que sollicitaient les moines de Saint-Philibert. Ceux-ci en vertu 
de leurs privilèges immunitaires semblent être immédiatisés et en novembre 

839 ils obtiennent un diplôme de Louis le Pieux et non de Charles le Chauve. 



H. P*3CFA»M>- : ABBAYES l»E SAINT nilLIHKHT |(l| 

bert ua Liea «le rrfage. et il lui dit : « Tu peux le faire farilnneiil, 
si ta as aataiLt de bonne volonté que tuas de puissance, puisipie 
ta es le seeoad après le roi dans le royaume ^ ;) Le serond fiersoii 
nage da royiiame après le roi, c*est rarcliirhapelain. connue lliiic- 
marnoos rapprend^. Notre Hilduin est certainement ratdx'* df* 
Saint-Germain -des-Prés qui devint archichapelain à une date iiid<^ 
terminée entre 830 et le 18 décembre HIV/} 'K 

Xoa9aTonsdeaxdiplAmes,rundatéd'()rléansetdu llljanvierN:i4, 
l*aatre d;ité de Louvîers et du 10 février Hl'A\, dans les(|uels le roi 
Charles le Chaove concède à Tabbé Hilbod et aux moines de Saint- 
Philibert des biens pour leur servir de refujre durant les invasions 
normandes*; oiais le second est dû à Tinlervention du roi breton 
Érispoê ; le premier seul rendu à la requête de l'abbé et des 
moines aurait pu avoir pour ambascialor rarrhirliapeiaiii. 
Dans ce cas, c'est le péril pressant de la fçrande incursion nor- 
mande dans la vallée de la Loire en Slh\/H'M (\{\\ détermina Pahhé 
Hilbod à faire écrire par Ermenlaire et à faire dédier c^i ranhirlia- 
pelain la Viia Filibertiei le premier livre des Miracula. Kt r/est en 
effet le diplôme de 854 qui donna aux moines le domaine de 
Messay où ils devaient plus tard se retirer. Après l'alerte de H.'w, 
le corps de saint Filibert était apporté clandestinement à (lunaud 
en 858 et quatre ans plus tard (802) transporté sans pompe A 
Messay. 

Le seul argument qui me paraît pouvoir être opposé à cette 
interprétation du texte d'Ermentaire est l'excuse fournie par 
Tauteur à Hilduin pour n'avoir pas cité le nom de Charles le 
Chauve avec celui de ses frères « parce qu'au moment où ces Mira- 
cula furent écrits, le prince in aula regia puer nutricbalur. » Mais h» 
texte d'Ermentaire n'estpas ici bien rapporté ; il dit : a le nom de 
notre très glorieux roi Charles n'est pas cité dans la petite préface 
des Miracula avec celui de ses frères, parce que (juand ces faits s(> 
produisirent fquando hec gesta fuerunt), il n'était encore (|u'un 



i. € PotesUs namque id faciUimo perficerc, si posse comitalum fuerit vollo, 
secuadum quippe post regem locum in omnibus tendis » (p. 2). 

2. Hincmar, De ordine palalii, éd. Prou, p. 42 et 132. 

3. Cela ressort des textes cités par M. Lot, dans le Moyen-Age, 11K)3, p. 256, 
257 ; et 1904, p. 338-342. 

4. PoupardJD, lisl^ des diplômes^ n"» 9 et 10. 



102 COMPTES RENDUS 

enfant nourri, instruit, élevé dans la cour du roi w (p. 2). Il n'est 
pas question de la rédaction deTœuvre ^ 

L'économie de Tœuvre d'Ermentaire nous parait être la suivante : 
à la fin de 853, Ermentaire compose d'après une vie ancienne rema- 
niée la Vita Filiberti et le premier livre des Miracula qu'il dédie à 
l'archichapelain Hilduin. A la veille d'un nouveau transfert, il 
arrête son récit après les miracles qui ont marqué l'arrivée du 
corps saint à Deas. Lorsqu'il reprend la plume, il relate en bloc 
les grands événements qui se sont écoulés entre les translations, 
et rapporte des miracles antérieurs et postérieurs à ces événements. 

La date du second livre est certaine : c'est à la fin de 862 ou au 
commencement de 863 qu'Ermentaire se remet à l'œuvre, après 
rétablissement de la communauté à Messay ^. 

Les translations à Cunaud en 858 et à Messay en 862 eurent-elles 
lieu, comme le dit M. Poupardin, sous l'abbatiat de Hilbod? 
Ermentaire ne le dit pas. M. Poupardin l'infère de ce que cet 
auteur ne mentionne pas la mort de Hilbod ; on ne peut pas fonder 
une assertion certaine sur un argument négatif et je ne vois 
aucune raison de rejeter Axenius du nombre des abbés de Saint- 
Philibert. 

Falcon, fauteur de la Chronique de Tournus, disposait d'un 
catalogue abbatial fort fidèle, M. Poupardin le prouve. Je crois 
que la mention d'Axenius pourrait en fournir une preuve nou- 
velle. La dernière mention que nous ayons de Hilbod est du 
10 février 856. La première notation chronologique concernant uu- 
de ses successeurs est celle de l'abbé Bernon le 25 août 868. Falcon 
nous dit que l'abbé Ermentaire successeur d'Axenius a gouverné 
l'abbaye pendant cinq ans : ce qui place son avènement avant le 
25 août 863. H nous dit aussi que l'abbé Axenius mourut vers le 
temps où eut lieu la translation à Messay ^ : or, cette translation 
eut lieu le 1*^' mai 862. C'est donc entre ces deux dates qu'Ermen- 
taire devint abbé. Quand d'autre part Falcon nous dit que la trans- 
lation à Cunaud eut lieu dans la sixième année de l'abbatiat d'Axe- 
nius ^, il ne place pas du tout la mort de Hilbod en 853, comme 

1. Vitasancii Filiberti...^ prologue, p. 2. Cf. Miracula, II, ppaBf., CO. 
â2. Miracula, II, prœf, et c. viii (p. 62, 65). 
3. Chronic. Trenorch., c. xxi et xxii, p. 84. 
4. J6id., c. xxt, p. 8i, 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAINT- PHILIBERT 103 

le lui font dire Juénin et M. Poupardin, ce qui serait une erreur 
manifeste. 

L'erreur de Falcon réside ailleurs : il se sert des Miracula 
d'Ermentaire ; il n*a pas compris le passage qu'il avait sous les 
yeux, le a quod factum esse constat anno dominiceincarnationis octin- 
genteMmo sexagesimo secundo ^ » qu'il a rapporté à la translation à 
Cunaud qui précède et non à la translation à Messay qui suit. 11 
nous dit en effet (et il renvoie expressément au libellus qu'il a sous 
les yeux) que Dieu accorda pendant vingt-sept ans à son peuple^de 
nombreux bienfaits dans le lieu de Deas depuis que le corps y fut 
déposé 2 : ce qui répond à la période comprise entre 836 et 862. 
En plaçant le transfert à Cunaud en 862, il se trompe, mais en le 
mettant dans la sixième année de l'abbatiat d'Axenius, il fait mou- 
rir Hilbod en 856 ou 857, ce qui est très admissible. De telle sorte 
que l'on peut établir ainsi la chronologie des abbés de Saint Phi- 
libert au ix« siècle : 

Amoul ? — 824 ou 825. 

Hilbod 824/825-856/857. 

Axenius 856/857862/863. 

Ermentaire 862/863-867/868. 

Bernon mentionné en 868. 

Geilon mentionné en 876 et en 887. 

Blitgarius mentionné en 889 et en 896/897. 
La translation à Cunaud et probablement celle à Messay sont 
vraisemblablement les événements les plus importants de l'abba- 
tiat d'Axenius, et il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un document 
conservé à Tournus en ait gardé le souvenir fldèlement recueilli 
par Falcon. 

Si Ton admet notre façon de voir en ce qui concerne la per- 
sonne de l'abbé Hilduin, les Miracula constituent un texte pré- 
cieux pour la question si embrouillée des Hilduins du ix<^ siècle 
sur laquelle M. Lota tenté de jeter quelque lumière. Ce personnage 
était mort depuis peu de temps quand Ermentaire écrivit son 
second livre de Miracles. L'abbé Hilduin de Saint* Germain des- 

i. Cr. Ermentaire, Miracula, H, prsf., p. 62. 

2. € Ad Dcas suum monaslerium gloriosa pignora delulerunl. Ubl quanta bcnc- 
fleia par XX et VII annos omnipotens Deus populo suo continua opitulatione 
largltoa faerlt, in proprio coDtiDelur ilbello » (p. Bi). 



104 COMPTES RENDUS 

Prés était certainement mort avant 867 ; on ne trouve pas mention 
de lui comme archichapelain après 857, et il mourut un 19 novem- 
bre. Et je suis tenté d'identifier cet abbé archichapelain avec le 
Hilduin qui reçut en 854 l'abbaye Saint-Martin de Tours et qui 
mourut sans doute au retour du concile de Tusey en novembre 860. 
Cette identification me semble plus acceptable que celle .qui a été 
tentée par M. Lot. Mais c'est là une question que je reprendrai 
prochainement. 

Enfin M. Poupardin a indiqué en quelques mots l'état de la 
question archéologique que soulève le chapitre xxviii du livre 1 
des Miracula. Sur ce point, je ne sais si la note de Giry qu'il repro- 
duit est la dernière pensée de notre maître^ car celui-ci alla au 
mois d'octobre 1898 visiter en compagnie du R. P. de la Croix 
les fouilles que celui-ci avait pratiquées à SaintPhilibert-dè- 
Grandlieu. Si l'on s'en tient au seul texte d'Ermentaire, le sarco- 
phage ayant été retrouvé en place en 1865, si mes souvenirs sont 
exacts, il est difficile de suivre jusqu'au bout MM. Maître et Bru- 
tails dans leur interprétation ; le sens me parait être le suivant : 
l'édifice n'ayant pas été fondé pour recevoir une sépulture, l'abbé 
Hilbod jette par terre la façade, et toute la partie haute de la croix 
(c'est-à-dire les murs du chœur et une partie des murs du tran- 
sept) ; l'église fut de cette façon très agrandie; le lieu de la sépul- 
ture fut admirablement votité et trois absides furent disposées 
autour. Les agrandissements auraient porté à la fois sur la nef 
puisqu'on abat la façade, sur le transept et sur le chœur puisqu'on 
aurait détruit la partie haute de la croix. Un travail du R. P. de 
la Croix nous apportera prochainement sur cette question le 
témoignage des murs eux-mêmes et tranchera sans doute la diffi- 
culté. Léon Levillain. 



/léfionse de M. R. POUPÂRDIN 

En remerciant mon ami L. Levillain de l'article qu'il a bien 
voulu consacrer à mes Monuments de Vhistoire des abbayes de Saint- 
Philibert^ et en reconnaissant mes torts * en ce qui concerne le 

/. Jo profite de Voccasïon pour signaler uno autre addition à apporter k mon 
'. Etienne, vicomte de Vclay fChron. TreaorcK., c, *il, v- 97) est men* 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAINT-PHILIBERT 105 

diplôme de Louis le Pieux conservé par les Formulae impériales, je 
désirerais tenter de défendre, sur un point au moins, les opinions 
que j'ai émises. Il s'agit de la date qu*à la suite de Giry j'ai cru 
pouvoir attribuer à la rédaction du premier livre des Miracula 
(836/837) et à son envoi à Hilduin (839/840) — fin 853 selon 
M. Levillain. 

En ce qui concerne le personnage auquel est dédié Touvrage, 
le (( plus grand des abbés » peut être Hilduin, abbé de Saint-Denis 
et autres lieux aussi bien que celui de Saint-Germain-des Prés. 
L*abbé de Saint Denis comptait parmi les fidèles de Charles au 
temps des guerres civiles ^, mais on pourrait supposer qu'il n'em- 
brassa son parti qu'après le commencement de la lutte, par consé- 
quent il n'est pas nécessaire qu'il se soit trouvé en relations avec 
lui antérieurement, en Aquitaine par hypothèse. J'écarte donc 
cet argument. M. Levillain rappelle en outre qu au témoignage 
d'Hincmar, le premier dans le royaume après le roi, c'est l'archi- 
chapelain. Mais le texte du De ordine palatii^ en plaçant ce person- 
nage à la tête de l'administration ecclésiastique du royaume, 
n'implique pas que la désignation de primus post regem lui ait été 
formellement réservée, et que les termes dont se sert Ermentaire 
pour capter la bienveillance du conseiller du roi d'Aquitaine n'aient 
pu s'appliquer qu'à un archichapelain. On a d'ailleurs d'autres 
exemples de cette qualification de prfmus (ou secundus) post regem 
attribuée à des personnages qui ne furent jamais à la télé de la 
chapelle palatine, à Wala *, à Bernard de Septirnanie 'S etc K 

J'ai parlé de roi d'Aquitaine. En effet si les moines de Saint- 
Philil>ert, « en vertu de leur privilège d'immunité se trouvent 
immédiatisés », cela ne les empêche pas de solliciter du roi d'Aqui- 
taine (aussi bien, du reste, que de l'empereur), la concession d'un 
domaine où ils puissent s'établir avec le corps de leur patron. Cela 
est si vrai qu'ils obtiennent un précepte du roi f^épin L^ '\ et que 

tionné par une charte datée seulement du règne de Lothaire (Cart. de Saint 
Chaffre du Monastier, éd. U. ChevaUer, Paris, 1884, in-8% p. 62, n^ xciii, en 
même temps que sa femme Bliosinda. 

1. Nithard, Hist, 1. II, c. 3. 

2. Vita Adalhardi^ c. 32. 

3. Nithard, HisL, 1. I, c. 3. 

4. Cf. Wailz, Deutsche Verfassungsgeschichte, 2« éd., t. 111, p. 53G, n. 1. 

5. Dipj.. n*2, p. 108. 

j¥ûyân Age, t. XIX >^ 



106 COMPTES RENDUS 

Tauteur de la Chronique de Tournus rapporte que l'abbaye de 
Deas a été l'objet des bienfaits de Charles, créé roi d'Aquitaine par 
Louis le Pieux *. 

D'autre part M. LeviUain ne croit pas que le récit d'Ermentaire 
ait été composé pendant que les moines étaient encore à Deas, 
mais songeaient déjà à quitter les bords du lac de Grandlieu. Il le 
place à l'époque à laquelle les moines eux-mêmes se trouvaient à 
Cunaud, ayant laissé derrière eux, dans les bâtiments de leur 
monastère incendié, le corps du saint abrite dans son épais sarco- 
phage de marbre (847-854). Mais en ce cas il me semble que la 
préface à Hilduin devient moins compréhensible. Ce dont se plaint 
Ermentaire, c'est que les religieux ne peuvent rester là où ils se 
trouvent, et n'ont point de lieu pour y transporter les reliques de 
leur patron *. Or après avoir obtenu la donation de Cunaud, et 
surtout après s'y être installés, les moines ont eu un locus pour y 
déposer leur saint, et l'ont prouvé en l'y transportant en 858, 
pendant une accalmie de l'invasion, comme le dit fort bien 
M. LeviUain, au lieu de le porter à Messay, dont la concession, 
dans l'hypothèse que je rejette, aurait été le résultat de la requête 
adressée à Hilduin par Ermentaire. Ce que demande celui-ci, ce 
n'est pas l'appui d'un personnage puissant pour permettre à ses 
compagnons d'émigrer. C'est un domaine pour s'établir. En 847- 
858, ils possèdent ce domaine, puisqu'ils y effectuent la translation 
de saint Philibert^ Ils n'ont donc pas besoin de le reclamer ^. 

Il en résulte que pour deux passages mon interprétation du 
texte, diffère légèrement de celle de M. LeviUain. Le qiuindo hec 
gesta sunt de la préface (p. 2) me paraît pouvoir porter, non seule- 

1. Chron. de Tournus c. 20, p. 8i. — Peul-élro même ne faut-il pas Identifier 
comme ]e l'ai fait, cette donation de Charles, roi d'Aquitaine, mentionné^ par 
Falcon, avec le diplôme do Charles le Chauve, roi des Francs occidentaux, de 
845 fDipl., n» 6). 

2. Praef.y p 2 : « Cum nec ibi consisterc, nec alicubi locum quo transferri 
possit obtlnere valeamus. » 

3. J'avais songé à la correction de adnuUo en a nullo proposée par M. Levil- 
lain. Mais le ms. porte bien ad nullo, que je serais porté à considérer comme 
un adverbe barbare formé sur admodum de ad et nullo. J'entends : « On ne 
rend plus au saint presque aucun culte », en ce sens que les pèlerins, par 
crainte des Normands, ne viennent plus à Deas, où du reste il demeura toujours 

quelques moines auprès du corps du saint, même pendant que le gros de la 
JommuDauté était â Cunaud (Mir., l. II, praef.,p. 61.) 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAIXT- PHILIBERT 107 

ment sur les événements dont il est question dans le premier livre 
des Miracles^ mais aussi sur le tune temporis tyrunculus minus cullo 
composui sermone. En outre Ermentaire annonce qu'il prépare un 
second livre pour y rapporter a les miracles qui restent encore à 
raconter et ceux qui auront lieu à l'avenir. » M. Levillain suppose 
que les miracles qui restent encore à raconter sont ceux qui eurent 
lieu depuis l'arrivée à Z)ea5 jusqu'en 853, époque à laquelle, suivant 
lui, Ermentaire aurait écrit. Rien ne le prouve. Je crois qu'il s'agit 
de miracles qui ont eu lieu avant cette arrivée à Deas, mais qu'Er- 
mentaire a dû laisser de côté parce qu'ils étaient trop nombreux, 
et sur lesquels il revient au début du second livre. Quand bien 
même en effet il pourrait y avoir doute pour certains de ces 
derniers, les Mir. X et A7 * sont certainement d'une époque 
antérieure au départ de Noirmoutier. Cette manière de voir 
permet de ne pas considérer l'espèce de résumé historique qui se 
trouve en tête du second livre comme un retour en arrière sur des 
événements politiques anciens, en partie antérieurs à la rédaction 
du premier livre, mais comme une protelatio, une continuation 
destinée à mettre le lecteur au courant de ce qui s'est passé entre 
les dates des deux récits. Evidemment, il est impossible d'arriver 
en ces matières à une conclusion certaine — et c'est ce qui fait 
l'intérêt de l'histoire carolingienne — mais j'ai cru devoir indiquer 
les raisons qui me font continuer à considérer comme plus 
vraisemblable l'hypothèse de Giry que celle si ingénieusement 
présentée par M. Levillain. 

Quant à la conjecture de ce dernier sur Terreur commise par 
Falcon, attribuant à la translation à Cunaud la date de 862 qui est 
celle de la translation à Messay, et indiquant avec celle erreur 
initiale l'époque de l'abbatiat d'Axenius, elle est fort séduisante, 
surtout en ce qu'elle permet de rendre à Axenius sa place dans la 
liste des abbés de Saint-Philibert, mais elle n'est nullement incon- 
ciliable avec la date que j attribue à la rédaction du premier livre 
des Miracula. 

René Polpardix. 

1. P. 66 et 67. 



108 COMPTES RENDUS 

Lettre ouverte à M. R. POUPÂRDIM sur /es n Monuments de 
l'histoire des Abbayes de Saint-Philibert » 

PoiUers, le 18 Avril 1906. 
Mon cher Ami, 

((En reconnaissant vos torts », comme vous dites, et plus encore 
en réfutant ce que vous croyez être inexact dans le compte-rendu 
de vos Monuments de V histoire des abbayes de Saint-Philibert que 
j'ai publié dans ce numéro du Moyen Age, vous m'avez montré que 
ce compte-rendu ne vous avait pas été tout à fait inutile; il 
n'avait pas, vous le savez, d'autre prétention. Et si aujourd'hui je 
reviens sur l'hypothèse que vous avez rejetée, je vous prie de ne 
voir dans l'insistance que je mets à la défendre qu'une preuve 
nouvelle de mon désir de poursuivre en votre compagnie la vérité 
et de chercher à l'atteindre, si possible, en combinant nos efforts. 
Je ne compte pas, du reste, reprendre l'examen complet de la 
question, mais vous soumettre quelques observations sur les 
divers points que vous avez traités ; souffrez seulement que j'inter- 
vertisse l'ordre que vous avez adopté. 

I. Le lieu de la rédaction du premier livre des Miragula. — Vous 
n'admettez pas, mon cher ami, que le premier livre des Miracula 
ait pu être écrit à Cunaud parce qu'il vous a semble que la préface 
à Hilduin devient moins compréhensible. » Examinons les choses 
de très près, si vous le voulez bien. 

Ermentaire se plaint que les moines de Saint-Philibert ne 
peuvent rester là où ils se trouvent et n'ont nulle part de lieu où 
ils puissent transférer les reliques de leur patron. « Or, dites-vous, 
après avoir obtenu la donation de Cunaud, et surtout après s'y 
étrô installés, les moines ont eu un locus pour y déposer leur saint, 
et l'ont prouvé en l'y transportant en 858. » Le raisonnement serait 
impeccable si les moines avaient cru dès le début pouvoir trans- 
porter le corps du saintde/)ea$à Cunaud :or, vous savez bien qu'ils 
n'ont pas fait cette translation avant 858, même après leur établis- 
sement à Cunaud en 847, parce qu'ils espéraient pouvoir réinté-' 
grer Deas ; et que, à J'époque où j'ai placé la rédaction du premier 



R. POUPARDIN : ARBAYES DE SAINT-PHILIBERT 109 

livre, le séjour de Cunaud ne paraissait plus pouvoir se prolonger 
puisque en 854 et en 856 les religieux et leur abbé Hilbod deman- 
daient au roi des biens qui pussent leur servir de refuge contre 
les Normands. Ermentaire a soin de nous dire qu'on avait laissé 
le corps à Dewi (où il était merveilleusement caché dans sa crypte) 
« quia malis ubique crassanlibus nullum certum obtinere pote- 
ramus securitatis locum » ; et il ajoute que c'est en désespoir de 
cause que les moines opérèrent la translation à Cunaud en 858 
pour que, dès que la nécessité Texigerait, on put transférer le 
corps ailleurs. {Miracfda, II, praBf., p. 62.) 

Vous avez ajouté: «Ce que demande Ermentaire, ce n'est pas 
Tappui d'un personnage puissant pour permettre à ses compa- 
gnons d'émigrer. C'est un domaine pour s'établir. En 847-858, ils 
possèdent ce domaine... ils n'ont pas besoin de le réclamer. » Cela 
parait péremptoire, et ne Test pas. Évidemment, Ermentaire et les 
moines désirent obtenir un domaine ; mais ce domaine, ils ne le 
demandent pas à Hilduin. Ils sollicitent de ce dernier son appui 
auprès du roi : « Si vero hoc negotium vestro peractum fuerit 
adjutorU), — potestis namque id facillime perficere, si posse comi- 
tatum fuerit velle, secundum quippe post regem locum in omnibus 
tenetis, — vobis quam maxime... prospicietis... Igitur si vestra 
benignissima suggestione, ejusque (Karoli) liberalissima largi- 
tione, ^ammonita effectum obtinuerint, etc.. » (Cf. praef. vers 9 
et 10). Or, le domaine qu'ils attendent de la libéralité du roi est 
un lieu de sûreté où ils puissent transporterie corps du sainte 
et, ce domaine sûr, ils pouvaient encore le demander une fois 
établis à Cunaud : ce qu'ils ont fait en 854 et 856. Je ne vois donc 
pas qu'il y ait lieu jusqu'à présent d'abandonner mon hypoth/^ne, 
puisque Cunaud n'était pas le refuge désiré par les reiiKieiix qui 
d'ailleurs ne l'avaient pas obtenu de Charles le Chauve, mais du 
comte Vivien (Contre Ermentaire, Mirac, II, pra^f. p. <îl, voir Utn 
diplômes et chartes n<» 5 et 6, et note 5 A et K.) 

IL L* ùiimmédiatUatUm}} de Saintrl^hiliberi. - Vouh ave/, mon 
cher confrère, parfaitement raison de dire que '' VUmuhWiïWMïWun >/ 
de Saint-Philibert n'empêchait pas les inoineh d<i mM\vàU*s ^U'm 

t. Cf. ce qne dit ErmenUire, p. 2 et p. 62. 



110 COMPTES RENDUS 

diplômes du roi d'Aquitaine aussi bien que de Tempereur. Mais 
il y aurait peut-être lieu de distinguer : Pépin I^r, en 826, accorde 
et pouvait seul accorder une exemption de péages sur les cours 
d*eau qui arrosent a son )) royaume ; mais c'est Louis le Pieux, en 819, 
et ce sont les deux empereurs Louis et Lothaire, en 830, qui 
octroyent l'immunité. Laissons cela de côté. La question qui se 
pose est différente : il s'agit de savoir si, après la mort de Pépin l^^ 
et la spoliation de Pépin II — car, dans votre système, si Ermen- 
taire s'adresse à Hilduin, c'estque Charles le Chauve est roi d'Aqui- 
taine, et il n'a reçu l'Aquitaine qu'au partage de Worms (30 mai 
839), — les religieux de Saint-Philibert se sont adressés à Charles 
ou à son père ; et j'y réponds avec le diplôme du 27 novembre 839 
(n^ 4, p. 109) que c'est Louis le Pieux qui a été sollicité par les 
moines et non son fils. Quant au texte de Falcon que vous invo- 
quez, il n'indique pas que les donations faites par Charles le 
Chauve aient eu lieu avant la mort de Louis le Pieux : je crois que 
votre première interprétation de ce texte était la bonne, à la con- 
dition de ne pas la limiter au seul diplôme de 845, mais de l'étendre 
à l'ensemble des diplômes de 845 à 856. 

III. Du personnage auquel est dédié louvrage. — Je crains fort de 
m'étre mal fait comprendre dans mon article précédent au sujet 
de Hilduin. Le texte d'Ermentaire ne m'avait pas paru surtout 
important à cause des mots « secundum quippe post regem locum in 
omnibus tenetis» ; c'est toute la phrase qui m'a semblé indiquer 
la place prééminente du personnage dans l'État: Ermentaire dit à 
son correspondant que celui-ci peut d'autant plus facilement aider 
les moines de Saint Philibert , <( s'il a autant de bon vouloir que de 
pouvoir, qu'il tient en toutes choses le second rang après le roi. » 
Comme j'avais placé la rédaction du premier livre entre 847 au 
plus tôt et 858 au plus tard et qu'il y a eu entre ces deux dates un 
archichapelain du nom de Hilduin, j'étais autorisé à noter que 
Hincmar attribue à Tarchichapelain la première fonction de l'État 
après celle du roi. Je ne voulais pas dire par là que la désignation 
primus ou secundus post regem était formellement réservée au chef 
de la chapelle palatine ; l'idée d'une telle interprétation de ma 
pensée ne me serait pas venue à l'esprit et vous avez eu raison de 
relever cù gu'aurait eu d'inexact une telle affirmation. Hilduin me 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAINT-PHILIBERT lii 

paraissait bien être Tabbé de Saint-Germain des Près (et non Tabbé 
de Saint-Denis), à qui l'auteur promettait de dédier son second 
livre de Miracles comme illui avait dédié le premier, s'il réussis- 
sait dans son intervention auprès du roi. L'identification que je 
propose ne serait donc condamnée que si la date de la rédaction du 
premier livre des Miracula pouvait être placée avec certitude 
avant 840. 

IV. La date de la rédaction du premier livre des Miracula — Il me 
semble bien difficile d'admettre que le quando hœc gesta sunt de la 
préface (p. 2) puisse viser la première phrase de cette préface, car 
(( ces choses qui se sont accomplies » sont évidemment celles qui 
permettaient de citer les noms des frères du roi^ donc celles dont 
il est question dans la prefatiuncula (p. 24 et 25.) 

Vous me prêtez en outre une légère inexactitude en me faisant 
dire que les miracles qui restent à raconter et dont parle Ermen- 
taire sont ceux qui eurent lieu à Deas jusqu'en 853 : j'ai écrit que 
lorsque Ermentaire (( reprend la plume, il relate en bloc les grands 
événements qui se sont écoulés entre les translations et rapporte 
des miracles antérieurs et postérieurs à ces événements», et j'avais 
pris soin dénoter plus haut que Ermentaire avait omis volontai- 
rement de rapporter certains miracles. Je n'ai précisé ni la date ni 
le lieu où ces miracles omis se seraient produits. Quoi qu'il en soit, 
je ne comprends pas en quoi le fait de constater que les Mir. X 
et XI du second livre sont antérieurs au départ de Noirmoutiers 
vous permet d'interpréter dans un sens favorable à votre thèse 
(( l'espèce de résumé historique» qu'Ermentaire a placé entête du 
second livre. Mais CSrmentaire nous dit lui-même pourquoi il a 
composé ce récit : « Non enim seriem rationis rite conservare 
poterit oratio, nisi temporum fuerint protelationes relate. » (P. 59.) 
Les luttes intestines qu'il rapporte alors, postérieures au transfert 
des reliques à Deas, sont destinées à expliquer la recrudescence 
des invasions normandes (P. 60. — Voir plus haut, p. 99, n. 1) et 
celles-ci servent à localiser dans le temps les miracles suivants 
et les migrations des moines de Saint-Philibert. Et cet historique 
ne me paraît pas suffisant pour établir que la rédaction du 
premier livre soit antérieure au premier des faits ici rapportés 
qui est précisément la translation à Deas à laquelle se réfère le 
premier miracle du livre If. 



112 COMPTES RENDUS 

Maintenant, la date de la rédaction que j'avais proposée me 
paraissant pouvoir être maintenue, j'ajouterai que celles de 
837-S38 pour la rédaction et de 839-840 pour l'envoi à Hiiduin me 
semblent inacceptables. Avant le transfert des reliques à Deas, la 
dernière invasion normande qui ait eu lieu est celle de 835 (Mirac. 
II, p. 66) ; les Normands ont été vaincus et il s'en est suivi une 
période de paix que les religieux ont mise à profit pour trans- 
porter le sarcophage de Heri à Veas. (Mirac, l, praBf., p. 24 25.) 
Ermentaire lui-même ne connaît pas d'autre incursion normande 
dans les pays de la Loire avant 843^ année où Bjœrn-Côte-de-Fer 
détruisit Nantes; et aucun texte ne montre, en effet, les Normands 
revenus ni établis avant cette date dans cette région après leur 
défaite de 835; les moines de Saint-Philibert ont cru pouvoir se 
fixer à Deas puisqu'ils se font céder des biens dans le pays de 
Retz, en 839, c'est-à dire dans la région momentanément débar- 
rassée des Normands. Or, quand Ermentatre dédie son œuvre à 
Hiiduin, il parle de la nécessité d'une nouvelle translation a quia, 
sicuti optimenostis, propter Normannorum infestationem ad-nullo 
ei prebetur officium ^ », cela nous reporte à une date ultérieure 
à l'invasion de 843. A cette date nous ne connaissons aucun abbé 
Hiiduin du parti de Charles : Hiiduin de Saint-Denis est mort ou 
déposé ; Hiiduin de Saint-Germain des Prés n'entre en fonctions 
qu'en 847 ; Hiiduin de Tours n'apparaît que vers 855. Nous nous 
trouvons ainsi ramenés à voir dans le destinataire de la lettre dédi- 
catoire l'archichapelain de Charles le Chauve^ et à attribuer à cette 
lettre la date de 853-854. 

Voltaire a dit quelque part que lorsqu'on avait la raison pour 
soi on était bref. Si j'en juge par la longueur de cette lettre, je 
dois avoir tort; et je m'excuse auprès de vous de n'avoir pas su 
faire une réponse plus brève. 

Veuillez, mon cher ami, croire à mes sentiments bien cordiaux. 

L. Levillain. 

1. J'admets la leçon du manuscrit ad-nullOf quoique répugnance que J'aie à 

introduire dans le vocabulaire latin une forme barbare qui n'est peut-être qu'une 

faute de copie ; la pbrase : « Non enim adbuc Herbidilica tellus atanto expoliari 

patiebatur patrono, quamdiu pars aliqua ibi commorari poterat monacborum », 

(p. 61), ne serait pas en contradiction nécessaire avec «a nullo ei prebetur 

o/Beium » ; csiT Ermentaire dit qu'en 847 on ne songeait pas à dépouiller le pays 

d'Herbauge d'un ai grand patron, tant que quelques moines pourraient y 

^^nÈ^urer ; mata, en 853, ces suprêmes gardiens des re\\q>ie« «lN^VboX ^^ ^wx- 

f lâcher pied puisqu'on songe à enlever le corps. 



R. POUPARDIN : ABBAYES DE SAINT-PHILIBERT 113 

Deuxième réponse de M. R. POUPÂRDIM à M. L LEÏILLÂIM 

Errare humanum est, perseverare diabolicum. Et cependant, mon 
cher ami, je dois dire que votre argumentation, dont je reconnais 
toute la force,nem'a point encore complètement convaincu. Jecrois 
que nous sommes d'accord sur certains points. L'Hilduin de la 
dédicace est peut-être Tarchichapelain de Charles le Chauve, mais 
pas nécessairement. Le diplôme de 839 prouve que les moines, 
sujets, parla situation géographique de leur abbaye, du roi d'Aqui- 
taine, pouvaient s'adresser directement à l'empereur pour obtenir 
de lui des donations de terres, mais je ne crois pas qu'on puisse 
en conclure que les religieux n'aient pu adresser au roi d'Aquitaine 
une requête de même genre, pour des domaines situés dans ses 
Etats, comme pour les exemptions de péages sur les rivières, qui 
traversent son royaume. Ces arguments accessoires ne sont donc 
très probants ni dans un sens, ni dans l'autre. En ce qui concerne 
la question de Cunaud, je remarque comme vous que ce n'est 
point à l'insécurité de cette dernière résidence qu'il faut attribuer 
le transfert tardif des reliques, mais au désir des moines de laisser 
celles-ci le plus longtemps possible à Deas. Donc Cunaud a pu 
être considéré encore après 847 comme un lieu de refuge possible. 
11 en a été autrement après l'arrivée des Normands en 853. C'est ce 
qui explique les deux diplômes de 854 et 856 et expliquerait égale- 
ment, d'après vous, l'envoi à Hilduin du premier livre des Mira- 
cles. Mais alors, je ne comprends toujours pas qu'Ermentaire, au 
début du livre II, déplore d'avoir à « cunctorum occidentalium 
regnorum pandere erumnosa discrimina » au lieu des miracles 
auxquels il s'attendait, car des discrimina qu'il rapporte, il en 
connaissait une partie en 853 aussi bien qu'en 858, et le fait que 
la grande invasion normande de la Loire n'a eu lieu qu'en 8i3 
n'exclut pas la possibilité de la présence de bandes danoises au 
sud de ce fleuve, à une époque antérieure, même après le succès 
remporté par les chrétiens à Noirmoutier. 

Mais je crois inutile de prolonger notre discussion. Elle aura 
eu du moins l'avantage de mettre sous les yeux des lecteurs du 
Moyen-Age les arguments que Ton pouvait \u\oc\w^t A^ ^^^\V. ^V 



114 COMPTES RENDUS 

d'autre, d'indiquer les points que Ton pouvait provisoirement 
considérer comme acquis, et ceux qui demeuraient douteux. Les 
érudits ont entre les mains toutes les pièces du procès, et les indi- 
cations nécf>i$)saires pour chercher à atteindre la vérité, comme 
vous le dites, en se formant un jugement dans un «^'ns ou dans 
Tautre. 

René Pqupardin. 

P. S. — J'ai reçu, d'autre part, de mon confrère et ami, M. E. Clouzot, 
la lettre ci-dessous que je crois devoir intéresser les lecteurs du Moyen 
Age et qui complète le dossier des remarques qui peuvent être faites au 
sujet du nouveau recueil des Monuments des abbayes de Saint-Philibert. 



Lettre de M, f. CLOUZOT à M. R, POUPÂRDIM 

Mon cher âmi. 

J'avais préparé un compte-rendu de votre recueil des monu- 
ments de Saint-Philibert et je comptais demander à la rédaction 
du Moyen Age de bien vouloir Tinsérer. Notre confrère M. Levillain 
m'avait devancé et son compte-rendu était déjà composé lorsque 
j'ai présenté le mien. J'y faisais l'éloge de votre méthode si sûre, 
et de votre compétence toute particulière dans les questions 
d'histoire carolingienne. Mais, en même temps, j'y faisais quelques 
remarques sur divers noms de lieux des régions angevine et 
poitevine que vous n'avez pu déterminer d'une façon précise ou 
pour lesquels vous avez^ proposé ou accepté des identifications qui 
me parais<tent discutables. Je me permets de vous les soumettre 
en vous laissant libre d'en disposer à votre gré. 

Parmi les noms auxquels vous n'avez pu donner aucune attri- 
bution, je trouve Celenù dllula (p. 63). Ce vocable ne doit-il pas 
être rapproché de Celesium villam qui figure, au xi® siècle, dans 
plusieurs chartes de l'abbaye de Saint-Maixent ^ et qui s'applique 
à la localité appelée plus tard Dumni Viti, maintenant Damvix 
(Vendée, arr. Fontenay-le-Comte, canton Maillezais) ? Plus loin, 

/. A. Richard, Archives historiques du Poitou^ t. XVI, p. 92', 105, 160, 192. 



R. POCPARDIN : ABBATES DE SAINT-PHIUBERT 115 

je trouve Criciacum (p. 420), un nom d'ori^ne franque dont le 
suffixe -tactil est calqué sur le suffixe -acus des gentiles romains. 
Dans le nord de la France, Criciacum ou mieux Crisciacum a donné 
Crécy. Dans Touest, c'est la forme Cressé que Ton doit trouver. 
Un tiers de sou d'or mérovingien, portant crisoac sur une de ses 
faces, a été attribué par M. Prou ^ à l'atelier nmnétaire de Crissé 
dans la Sarthe. Ici il ne peut être question d'une localité du Maine. 
Pour toutes ces raisons, le Criciacum du diplôme de Charles 
le Simple me semble devoir être identifié plutôt avec Cressé 
(Deux-Sèvres, arrondissement et canton de Niort, commune de 
Prahecq). — Quant à la cella Sancti Prudentii (p. 114), je la 
retrouve sans difficulté dans la commune de Saint-Prouant 
(Vendée, arrondissement La Roche-sur- Yon, canton Chantonnay). 
Elle offre un exemple très rare et peut-être unique de la persis- 
tance du nom de saint Prudent dans la toponymie française^. 

L'emplacement dePusiago, qui figure dans la dotation primitive 
de l'abbaye de Noirmoutier au viP siècle, a été plusieurs fois 
discuté. M. L. Maitre Ta identifié avec Paizay-le-Chapt, dans les 
Deux-Sèvres 3. M. J. Tardif considérant cette localité comme 
répondant mal au vocable Pusiago et la trouvant trop éloignée 
des autres domaines donnés à l'abbaye, a proposé Pouzay dans 
rindre-et-Loire, ou Puzé dans la Vienne, commune de Champigny- 
le-Sec *. Vous avez cité ces diverses opinions sans prendre parti. 
A mon tour, je me permettrai de vous proposer Puiset-Doré 
(Maine-et-Loire, arrondissement Cholet, canton Montrevault) qui 
s'appelait en 1052 Puziacum, comme Ta mentionné Célestin Port 
dans son Dictionnaire, et qui faisait certainement partie du diocèse 
d'Ansoald, le donateur. 

Voici maintenant quelques identifications qui me semblent 
nécessiter un nouvel examen. Gaurancio vico (p. 27) est de ce 
nombre. Il me paraît difficile de l'identifier avec Gorron, dans la 



i. Catalogue des monnaies mérovingiennes^ p. 103, n» 449. 

2. Il n'y a pas d'autre Saint- Prouant au Dictionnaire des postes, et M. A. 
Thomas qui a fait une étude spéciale des noms de saints dans la toponymie 
française considère cet exemple comme typique. 

3. Cunauld, son prieuré et ses archives, dans Bibliothèque de l'Ecole des 
Chartes, t. LIX, 1898, p. 241, n. 5. 

4. Les Chartes mérovingiennes de l'abbaye de Noirmoutier, p. 18^ n. 1. 



116 COMPTES RENDUS 

Mayenne ^ Toute question de phonétique mise à part, croyez-vous 
qu'il soit possible de situer cette localité si loin du lieu où se passe 
Taction. Les religieux se sont embarqués à Noirmoutier avec le 
corps de saint Philibert le 7 juin 836, ont abordé au port « qui 
Furc» vocatur » et ont porté le cercueil sur leurs épaules jusqu'au 
lieu appelé TAmpan. C'est là que le jour suivant, 8 juin, au milieu 
d'une grande affluence de peuple, un aveugle recouvre la vue 
(( caBCus quidam, Baldradus nomine, ex vico Gaurancio ». Quelle 
que soit la rapidité avec laquelle se transmettaient les nouvelles, 
ce n'est pas en un jour, voire en un jour et demi, qu*un aveugle 
aurait pu apprendre dsins un bourg perdu à deux cents kilomètres 
de là le débarquement des religieux, et franchir cette distance 
aidé de son seul bâton, « baculum quem gestare solebat ». D'autre 
part, (( ex vico Gaurancio » ne peut s'entendre par a originaire de 
Gorron ». Le rédacteur des miracles n'avait aucun intérêt à noter 
le lieu de naissance de cet aveugle, tandis qu'il devait tenir à 
indiquer sa résidence habituelle où chacun pouvait s*assurer de la 
réalité de la guérison. Il faut donc chercher Gaurancio tdco ou 
mieux Gavraneio vico^ dans les environs presque immédiats de 
l'Âmpan. Je vous propose Givrand (Vendée, arrondissement les 
Sables d'Olonne, canton Saint Gilles-sur- Vie) qui satisfait aux 
doubles exigences de la phonétique et de la topographie. 

Quant à l'identiQcation d'Atciaco (p. 68, 111) avec l'Âbsie (Deux- 
Sèvres, arr. Parthenay, canton Moncoutant), je ne la crois pas 
non plus très acceptable. L'Absie est un nom de formation savante 
dû probablement aux bénédictins qui avaient là leur abbaye. Les 
formes anciennes sont l'Assye et i'Assée qui dérivent très norma- 
lement du prototype latin absida^ au sens de sanctuaire. Àtciacum 
n'a pu donner en Poitou qu'Aizai ou Azai. Je l'identifierais volon 
tiers soit avec Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres, arrondissement Niort, 
canton SaintMaixent), soit avec Azay-sur-Thoué (Deux-Sèvres, 
arrondissement Parthenay, canton Secondigny). 

Reste Verna monasteriolo (p. 42), dont le rapport linguistique 



1. M. L. Maitre avait proposé «Garand s dans la Charente, ou Gorron dans la 
Mayenne, ou Bois Garan en Sautron » [Géographie historique et descriptive de 
la Loire Inférieure. II. les villes disparues des Pictons. Nantes, i899. In -8*, 



R. POUPARDIN . ABBAYES DE SAINT PHILIBERT 117 

avec Vern * (Maine-et-Loire, arrondissement Segré, canton Lion- 
d'Angers) n'est pas douteux encore qu'indirect. Mais était-il bien 
nécessaire d'aller chercher une localité au nord de la Loire pour 
situer ce petit monastère? Vema a donné en français'la Vergne, 
nom qui figure à trente exemplaires dans le seul département des 
Deux-Sèvres 

Voici les quelques rectifications que la lecture de votre inté- 
ressant travail m'a suggérées pour les provinces de Touest. 11 me 
reste à vous féliciter de la sagacité et du bonheur avec lesquels 
vous avez identifié certains noms qui avaient jusqu'à ce jour été 
mal interprétés. 

Ainsi, vous avez bien traduit Boginno par Bouin sans suivre l'avis 
de M. L. Maitre qui proposait le Port Bossino en Saint- Philbert de 
Granlieu *, et vous avez deviné dans Cucuiaco ^ une erreur de 
scribe pour Curcuiaco qui s'applique à Saint-Etienne de Corcoué 
sur la Boulogne. 

Veuillez croire, moucher ami, à mes sentiments bien dévoués. 

Etienne Clouzot. 



1. (( Il y a Vern, commune de Maine-et- Loire, le château de Vair en la com- 
mune de Anetz (Loire-Inférieur<)). L'île de Vair, en Coueron, avait aussi une 
chapelle ». Maitre, op. cit, p. 266. 

2. Cf. L. Mailre, op. cit., p. 260. 

3. L. Maitre, op. cit.^ p. 270, avait proposé Coussay, commune de la Vienne. 



CHRONIQUE 



Le Moyen-Âge se trouve quelque peu en retard pour signaler à ses 
lecteurs la publication par divers érudits de Seine-et-Oise du Liber 
testamentorum de Saint-Martin-des-Cbamps r^Li&er TestamentorumSancti 
Martini de Campis. Reproduction intégrale du manuscrit de la Biblio- 
thèque Nationale. Paris, 1904 ; in-S"" de xv-121 pages. Publications de la 
Conférence des sociétés historiques de Seine-et-Oise), ou du moins de la 
première partie du recueil conservé dans le ms. lat. 10977. La publication 
comprend 98 pièces dont les dates s'échelonnent entre 1062 et 1116. Indé- 
pendamment de l'intérêt que présentent les documents, généralement 
transcrits sous forme de notices, pour l'histoire même de l'abbaye, ils 
constituent une source abondante de renseignements utiles pour la 
généalogie si compliquée des petites familles féodales de l'Ile-de-France, 
seigneurs de Montmorency, d'Orsay, de Palaiseau, etc. A ce point de 
vue, l'annotation est très copieuse, et bien des rapprochements ingénieux, 
encore que parfois un peu hypothétiques, ont été faits par les éditeurs. 
Mais il est fâcheux que la table, improprement qualifiée d' (( Index 
onomastique », placée à la fin du volume, ne comprenne que les noms de 
lieux et les noms de familles à l'exclusion des noms propres de per- 
sonnes, et par suite ne permette pas d'utiliser commodément les rensei- 
gnements ainsi réunis. 

Les historiens du xi' siècle, d'ailleurs, pourront trouver bien des 
détails divers à relever dans ces actes. Je citerai par exemple, au 
n* XVIII, un texte très curieux pour ce qui concerne l'usage des doubles 
noms et la substitution du nom de baptême au surnom de naissance. 
Les textes sont précédés d'analyses sommaires en français, et semblent 
en général bien établis, mais à ce point de vue on pourrait formuler une 
critique. Les éditeurs disent dans leur préface que les textes transcrits 
dans le ms. sont très défectueux. 11 eût été bon d'indiquer avec préci- 
sion les cas dans lesquels on a cru devoir les corriger. 

R. P. 



Il peut ne pas être inutile de signaler ici, à ceux qui ne sont pas celti- 

tisants de profession, le petit Manud pour servir à Vétude de Vantiquilé 

celtique, publié par M. Georges Dottin (Paris, Champion, 1906; in-12 

de vi-407 p ), résumé clair et précis, avec renvoi pour chaque point 

aux textes, de ce que les auteurs de la Grèce et de Rome nous ont 



CHRONIQUE 119 

transmis sur lesXleltes, et des résultats auxquels on peut arriver par 
des considérations archéologiques ou linguistiques. L'ensemble de nos 
connaissances sur la matière est mince, et les conclusions générales sont 
peu sûres, parce que les témoignages des écrivains de l'antiquité s'appli- 
quent à des peuples très éloignés les uns des autres dans le temps et 
dans l'espace. Des index commodes terminent le volume, qui rendra 
certainement des services, en permettant à bien des érudits de se rendre 
compte de ce que peut être l'étude de l'archéologie gauloise, et en arrê- 
tant aussi parfois «l'élan des imprudents lancés à toute vitesse sur la 
route de l'hypothèse et de la chimère. » 

R. P. 



VArchivio Muratoriano, siudi e ricerche in servigio délia nuota edizione 
dei BetMfn Italicarum Scriptores di Muratori, dont trois fascicules ont 
paru en 1904, 1905 et 1906, dans le format de la nouvelle édition des 
Scriptores que publie à Città di Castello la maison Lapi, est destiné à 
jouer à peu près, par rapport à cette publication, le rôle que joue le 
Neues Archiv par rapport aux Monumenta Germaniœ, C'est-à-dire que 
VArchivio Muratoriano publiera des travaux critiques sur un certain 
nombre de textes historiographiques, donnera des descriptions de manus- 
crits contenant ces mêmes textes, renseignera le public sur l'état d'avan- 
cement de la publication des Scriptores, et en certains points complétera 
celle-ci. Le premier fascicule est surtout consacré à l'exposé du plan de 
la collection. Une brève liste des mémoires contenus dans les deux 
suivants permettra de juger de l'intérêt qu'ils peuvent présenter. 

Fasc. H. Marco Vatasso. Sur un ms. du xu* siècle de l'abbaye de 
S. Niccolo de Catane, contenant les œuvres de Hugo Falcandus, ros. ré- 
cemment acquis par le Vatican. — Giov. Guenici. Le Brève chronicon Nort- 
mannicum (I04M08o), que l'auteur considère comme un faux, extrait au 
xviu* siècle par B. Tafuri et P. Pollidoro, érudits des Abruzzes, des 
Annales de Loup le Prbtospataire. — N. Rodolico. Le ms. Guadagni de la 
chronique Florentine de Marchione di Coppo Stefani (jusqu'à 1386); re- 
trouvé dans la Bibliothèque particulière de la famille Ricasoli. 

Fasc. m. P. Torelli. La chronique Milanaise dite Flos Florum, et 
diverses notices plus brèves de G. Mazzatinli sur les chroniques de Forli, 
de C. Foligno sur les Annales de Padoue, etc. 

Rappelons qu'on compte actuellement 35 fascicules de la collection des 
nouveaux Scnpiores, qui fait grand honneur à la fois à l'érudition 
italienne et à l'art typographique des imprimeurs de Città di Castello. 

R. P 



11 n'est jamais trop tard pour signaler les publications utiles. Celle 
que M. Cazauran vient de donner sous le titre de : Glanages de Larcher. 
Notes biographiques et table deVouvrage (Mirande, 1903; in-8*), nous parait 



120 CHRONIQUE 

être du nombre. Jean-Baptiste Larcber, né à Amiens en 16%, mort en 
1777, e'st un de ces feudistes, nombreux en Gascogne au xviii* siècle, qui 
dépouillaient patiemment, soit pour dés travaux généalogiques, soit pour 
des étude» bistoriques personnelles, les titres des abbayes, des familles 
ou des administrations. Il nous a laissé en particulier une collection de 
25 volumes de notes et de copies manuscrites, aujourd'bui conservée à la 
Bibliothèque municipale de Tarbes. C'est le dépouillement complet, pièce 
par pièce, de cette série, si riche pour l'histoire de tout le sud-ouest, 
que M. Gazauran a publié dans la Retue de la Société Académique des 
Hautes- Pyrénées, et qu'il a fait tirer à part en la faisant précéder d'une 
intéressante étude biographique sur Larcher. La vie de cet archiviste 
ambulant, si longue ^t si bien remplie par un labeur continuel et mal 
récompensé de son vivant, méritait bien cet honneur posthume. 

Ch. S. 



Dans l'œuvre considérable de Gaston Paris, que la bibliographie dres- 
sée par MM. Bédieret Boques fait connaître dans tous ses détails (Voy. 
t. XVIII, p. 150, un compte rendu par M. G. Huet), il est un petit livre 
intitulé la Littérature française au Moyen-Âge qui rend à tous les médié- 
vistes de fréquents et inappréciables services. L'illustre maître des 
études romanes en France y a condensé en quelques centaines de pages 
toutes les notions de l'histoire de la littérature française du xi* au 
XIV' siècle ; tous les auteurs, tous les ouvrages y sont passés en revue 
dans un ordre méthodique, et analysés ou critiqués sommairement. Des 
notes bibliographiques et une table alphabétique en font un répertoire 
complet et commode pour l'identification des textes, la consultation des 
éditions et des travaux critiques étendus. Deux éditions de cet ouvrage 
ont paru du vivant de l'auteur, une troisième vient d'être publiée (Paris, 
Hachette ; in-16, xvii-344 p.\ par les soins du plus intime et du plus qua- 
lifié des amis de Gaston Paris, M. Paul Meyer, avec le concours de 
M. Bédier. Les corrections et additions sont empruntées à un exemplaire 
de l'édition précédente annoté par Gaston Paris lui même. Quant à la 
bibliographie elle a dû subir une refonte assez sérieuse. Quinze années 
de travaux des deux fondateurs de la Romania et de leurs collaborateurs 
et élèves portent trop de fruit pour qu'une bibliographie dressée en 1889 
ne soit pas déjà très arriérée; M. P. Meyçr a donc mis au point cette 
seconde partie du volume, et il en revendique la responsabilité dans un 
avertissement préliminaire, mais non sans nous laisser entendre que s'il 
a modifié sur certains points la méthode bibliographique suivie jusqu'alors 
par G. Paris, il n'a fait en cela que se conformer aux intentions expri- 
mées par son regretté confrère. 

A. V. 



Abbeville. — Imprimerie F. PAiLLARt. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 



ET 



LA CONCIERGERIE DE GOUVIEUX 



J'ai, autrefois, donné quelque commentaire aux deux 
huitains de François Villon qui mettent en scène, Tun et 
Tautre, Nicolas de Louviers et Merebeuf, et le premier, en 
outre, Pierre de Rousseville, à savoir : le 34* du Petit Tes- 
tament et le 92** du Grand Testament^. J'en replace le texte 
sous les yeux du lecteur : 

Item, je laisse à Merebeuf 
Et à Nicolas de Louvieulx, 
A chascun Tescaille d'un œuf, 
Plaine de frans et d*escus vieulx. 
Quant au concierge de Gou vieulx, 
Pierre de Rousseville ordonne 
Pour donner, en attendant mieulx, 
Escus tieulx que le prince donne. 

Item, quant est de Merebeuf 
Et de Nicolas de Louviers, 
Vache ne leur donne ne beuf, 
Car vachiers ne sont, ne bouviers, 
Mais gens à porter esperviers, 
— Ne cuidez pas que je me joue, — 
Et pour prendre perdriz, plouviers, 
Sans faillir, sur la Machecoue 2. 

1. Un légataire de Villon, Mcolas de Louviers (Extrait du bulletin de 
la Conférence des Sociétés samntes de Seine-etOise, année 1904}, Paris, 1905, 
in-S*. 

2. J'ai emprunté le texte donné par M. Auguste Longnon (Œuvres 
complètes de François Villon, Paris, 1892, in-8% p. 14 et C4) ; — sauf, dans 
le second liuitain, le changement de « Maschecroue » en « Machecoue » 

Moyen Ape, t. XIX ^ 



122 A. REY 

Acceptant, pour le second huitain, le sens, certain d'ail- 
leurs, que tout le monde lui donne, j'avais, comme tout le 
monde, renoncé à interpréter la fin du premier, faute de 
clartés sur Pierre de Rousseville et de raisons de l'asso- 
cier aux deux autres personnages. Je crois apporter 
aujourd'hui la solution de ce petit problème. 



I 



En voici brièvement l'exposé : Louviers et Merebeuf, qui 
seront bafoués dans le Grand Testament, en 1461, à cause 
de leur prétention à la noblesse, le sont, en 1456, dans le 
Petit Testament, à cause de leur fortune, dont Louviers, 
au moins, — car Merebeuf a un rôle accessoire, — a pu 
faire étalage et tirer une vanité de parvenu. A ces gens 
trc:; riclios Villon laisse un nigaud, de la vieille monnaie 
de quoi ivMTiplir un œuf. Puis, poussant plus loin la plai- 
santerie, il « ordonne », comprenez le mot en ce sens, 
assez commun, qu'il « nomme » ou « désigne », pour 
acquitter cette libéralité provisoirement, sous une forme 
également dérisoire, un homme qui, en tant que person- 
nage officiel au moins, — j'expliquerai le fait, — devait 
être sans feu ni lieu. 

(cf. le ms. 20041 de la Bibl. nat., et H. Moranvillé, « Aide imposée par 
le Roi d'Angleterre, à Paris, en 1423 », dans le Bulletin de la Société de 
V Histoire de Paris et de Vile de-France, 1903, p. 121 ; — sauf, dans le premier 
huitain, le changement de a Louviers » en « Louvieulx », pour conformer 
l'orthographe à la rime, et, ce qui est le plus grave, le remplacement de : 
« Pour le donner entendre mieulx », par : « Pour donner, en attendant 
mieux ». Voici, sur ce dernier point, mes raisons : la leçon que je pré- 
fère est celle du ms. 3523 de la Bibl. de l'Arsenal, qui vaut le ms. fr. 1661 
de la Bibl. nat., d'où l'autre est tirée; elle reproduit en termes presque 
identiques le vers final du 28' huitain du même Testament : « En atten- 
dant de mieulx avoir », et l'on sait que Villon a recherché la répétition 
:de certaines formules, en imitation du style des gens de loi ; enfin, un 
vers me donne un sens, et l'autre non. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 123 

Le poète dira, au 168* huitain du Grand Testament : 

Pour tout ce fournir et parfaire, 
J' « ordonne » mes exécuteurs. 

De même, ici, il dispose : 

Quant au concierge de Gouvieulx, 
Pierre de Rousseville a ordonne » 
Pour donner, en attendant mieulx, 
Escus tieulx que le prince donne. 

Donc, Pierre de Rousseville est désigné * ou, — si l'on 
ose parler, comme fait souvent Villon, un langage juri- 
dique en pleine fantaisie, — est délégué pour payer provi- 
soirement le legs susdit, d'une façon qui d'ailleurs ne le 
grèvera guère, en jetons du prince des Sots, comme qui 
dirait en monnaie de singe -. Telle serait la seconde pointe 
de notre huitain, qui, en somme, jouerait sur le contraste 
de l'opulence des légataires, d'abord avec la misère du 
legs, ensuite avec le dénuement notoire, officiel, en quelque 
sorte, d'une espèce de caution. Il faut établir historique- 
ment cette opposition. 

De la grande richesse de Nicolas de Louviers, je ne 
ferai que résumer les preuves que j'ai données ailleurs ^. 
Il sortait d'une lignée de drapiers qui ne laissa pas de 
prospérer à travers les tragédies de l'époque. Son aïeul 
Jean de Louviers le jeune, deux fois échevin, est un des 
plus imposés dans le rôle de l'aide levée à Paris, en 1423, 
par le roi d'Angleterre. Sa mère, Jeanne Clutin, fille du 

1. a Pierre de Rousseville », à mon sens, n'est pas une apposition à 
a concierge de Gouvieux », mais le régime direct de « ordonne », qui 
est pour (( j'ordonne ». 

2. On s'accorde à reconnaître, dans « le prince », ce « prince âes Sots » 
que Villon a expressément mis en scène dans le %* huitain du Grand 
Testament. Cependant, ne peut-on croire à une visée plus hardie, et que 
le trait s'adresse au vrai Prince, au Roi lui-même ? Le Trésor comptait, 
en cdet, parmi les mauvais payeurs du temps. 

3. Dans mon étude précitée : Un léyataire de Villon, où je renvoie pour 
le détail et les sources. 



124 A. REY 

changeur du Trésor Henri Clutin, veuve de bonne heure, 
s'étant remariée, lui donna pour beau-père Pierre de 
Landes, seigneur de Magnanville, qui fut échevin et 
général maître dos Monnaies *. Nicolas se signala parmi 
les grands bourgeois qui aidèrent à remettre Paris en la 
main du roi de France ; service qui lui aplanit la voie des 
honneurs. On le vit, « marchand » au début de sa carrière, 
prendre le plus bel essor : échevin deux fois, receveur des 
aides dans le temps où Villon écrivait les Testaments, 
maître des Comptes, anobli, envoyé de Paris auprès du roi, 
et plus tard envoyé du roi auprès de Paris, enfin prévôt 
des marchands. En cette dernière qualité, il reçut les 
ambassadeurs du duc de Bourgogne. La mission que lui 
donna Louis XI Tassocia aux deux personnages les plus 
considérables, Tun sans doute le plus fastueux du royaume : 
le chancelier Jouvenel des Ursins, comte de Trainel et le 
trésorier Etienne Chevalier, le Mécène de Jean Fouquet. 
On pourrait, au surplus, dénombrer les fiefs de Louviers : 
à Hérouville, dans le Vexin ; à Saint-Leu, Saint-Prix, 
Margency, Ermont, Franconville, dans la vallée de Mont- 
morency ; à Cannes, La Forêt, Saint-Méry, Maurevert, 
dans la Brie. J'abrège, ayant donné Tidée suffisante d'une 
rare fortune. 



1. Voici un bref résumé de sa généalogie. Un Jean de Louviers dit 
l'alné, — Jean I, pour plus de clarté, — m'est connu pour avoir acheté 
une rente sur un fîef d'Hérouville, en 1405 (Archives de Chantilly, BA- 
52), et prêté serment à Jean san^ Peur, en 1418 (Le Roux de Lincy et 
L. M. Tisserand, Paris tt ses historiens au XIV et au XV* siècle, Paris, 
1867, in-4% p. 373 et 374). Jean de Louviers le jeune, — Jean II, — son 
(ils ou petit-fils, son héritier en tout cas, fut seigneur des fiels de Cler- 
bourg et de Brécourt à Hérouville, et épousa Margot Buignet. Jean 111, 
fils du précédent, époux de Jeanne Clutin, mourut avant 1443, laissant 
trois filles et Nicolas, notre personnage, qualifié « marchand bourgeois 
de Paris » dans une généalogie du Cabinet des titres (BibL ndit, Pièces 
originales, vol. 1764, p. 272). Nicolas fut père de deux Jean : Tun, cha- 
noine de Notre-Dame de Paris ; l'autre, échanson du roi, seigneur de 
Cannes et dé Maurevert (Cf. Vn légataire de Villon). 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 125 

Sur Merebeufy notre science est singulièrement plus 
courte^ et pour cause. Villon, à côté de Louviers, a nomme 
deux fois, donc avec une intention soulignée, un bour- 
geois, riche sans doute, puisqu'il avait marié une fille dans 
la magistrature, mais simple drapier, demeuré bourgeois, 
sans dignités ni charges ^ Il m'a paru qu'il l'avait accolé à 
l'important Louviers pour rappeler ce futur noble à la 
modestie de ses origines. Merebeuf était un symbole du 
passé ; la répétition du rapprochement, si l'on me permet 
un mot à Tunisson des ballades jargonnesqucs, se peut 
appeler « une scie ». 

De Pierre de Rousseville, après ce que je vais dire, la 
fonction nous sera mieux connue que la personne, et c'est 
d'ailleurs par ce côté que s'éclairera la plaisanterie de 
Villon, car il a raillé, à mon sens, le fonctionnaire et non 
pas l'homme. M. Longnon a signalé un Pierre de Rousse- 
ville, — probablement le père du nôtre, — notaire au Châ- 
telet de Paris, et qui exerçait en 1452 *. Paul Lacroix l'a 
présenté comme notre personnage même, ce qui est invrai- 
semblable, celui-ci étant qualifié, comme on verra, concierge 
de Gouvieux en 1453 3. Faut-il lui rattacher un Pierre do 
Rouceville (différence d'orthographe négligeable) qui suivit 
le duc d'Anjou en Provence et en Guyenne, et auquel ce 
prince, pour le dédommager d'une campagne où il avait été 
blessé et avait fait des pertes importantes, assigna trente 
florins d'or sur son trésorier, le 11 juillet 1 369, quatre-vingt- 
sept ans avant le Petit Testament * ? Je ne fais que poser la 
question, et j'arrive à Gouvieux et à son concierge. 



1. Catherine Merebeuf, fille de Jean, avait épousé « Mathieu Soudeman, 
conseUler en cour laye ». 

2. Œuvres de ViUonj p. 342. M. Longnon renvoie à Sauvai, Histoire et 
recherches des antiquités de Paris, HT, 351. 

3. Voir rédition de 1877, Œuvres de François Villon, Paris, in-S*, p. 306 
ei;<07. 

4. Bibl. nat., Mss, Pièces originales, vol. 2538, dossier n' 567S3. 



126 A. REY 



II 



Gouvieux était un village du Valois, proche de Chan- 
tilly, premier gîte d'étape en allant de Saint-Denis vers 
la Picardie, assis sur le bord d'un étang qu'une chaussée 
traversait. Cette route, qui s'infléchissait alors de Lamorlaye 
vers Gouvieux, pour gagner Creil par Saint-Maximin, suit 
aujourd'hui presqu'une ligne droite de Lamorlaye à Creil 
par Chantilly ^ Un droit de travers, auquel se juxtaposait 
un droit de conduit, payait, et bien au-delà, les frais d'en- 
tretien de la chaussée. Quelques bâtiments d'exploitation 
s'étaient groupés à l'entour, sous la protection d'un hôtel 
royal. Tandis que le droit de conduit appartenait, de temps 
immémorial, aux religieux de Chaalis, le droit de travers, 
dont la valeur était triple, fut une acquisition de 
Charles V 2. Le 13 juillet 1374, en effet, le roi acheta de 
a Charles, comte de Dammartin, seigneur de Necllc en 
Vermandois, agissant en son propre nom et au nom de 
Jehanne d'Amboise, comtesse et dame desdits lieux, sa 
femme, le vivier ou estang de Gouvyeulx, avec les maisons, 
jardins, chaussée, appartenances et appendances... ; item 
le travers dudit lieu... ; item sa part en la ville de la Mor- 
laye... ; pour le pris de XX mil frans d'or ». Le 15 janvier 
suivant, le roi réunit à la couronne l'étang de Gouvieux, 
cum domo et molendinis ibi existentibus, en môme temps 
que la châtellenie de Creil, qu'il acquit de Béatrix de 
Bourbon, veuve de Jean de Luxembourg, remariée à Eudes 

1. Tous les villages que je viens de nommer font aujourd'hui partie du 
canton de Creil et de l'arrondissement de Senlis, dans le département de 
rOise. 

2. Archives de Chantilly, 118 A^'' et B-99. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 127 

de ftrancey *. Deux gouverneurs tinrent dès lors Creil et la 
chaussée de Gouvieux, au nom de Charles V : là un capi- 
taine^ ici un concierge^ qui était aussi bien un ofiicier du 
roi, chargé de la garde de son hôtel -. Quant au village de 
Gouvieux même, il relevait féodalement de Tabbaye de 
Saint-Denis '. 

Je n'ai rien à en dire jusqu'au temps où, la défaite d'Azin- 
court ayant ouvert le cccit^ Je la France aux Anglais, tout 
t le plat pays », de Saint-Denis à Compiègne, de Pontoisc 
à Lagny^ est horriblement foulé ; vaste champ de bataille 
d'où les voyageurs se détournent et les laboureurs s'en- 
fuient, « terre déserte plus que terre de France *. » Que de 
fois Senlis et Creil surtout, forteresses barrant les routes de 
Flandre et de Picardie, furent-ils pris et repris ! Et môme, 
aux mains de partis opposés, se combattirent Tun l'autre, 
sans compter les agressions de châteaux voisins, Chan- 
tilly, Chaalis et Pontarmé ^ ! Gouvieux, à deux lieues de là, 
ne pouvait avoir de trêve. Il est connu que la campagne de 
Jeanne d'Arc, définitive ailleurs, n'amena dans nos tristes 
plaines qu'un flux et un reflux de gens de guerre, pillards 
également redoutés. La plupart des places se rendirent au 
roi en 1429 ; presque toutes, à plus ou moins bref délai, 

i. Arch. nat., .TJA, f*21. - Cf. Mathon, Histoire de la rillc ci du châ- 
teau de Creil, Paris, 1861, in-S*. Le poisson de Gouvieux figura dès lors 
sur la table du roi. (Douêt d'Arcq, Comptes de Vhôtel, p. 12, 173. 196.) 

2. Villon a eu pour intime ami un autre concierge, Jean Perdricr, qui 
remplît cet office à l'hôtel royal des Loges, en la forêt de Saint-Germain. 
{Grand Testament, 1406, 1407. Cf. Longnon, p. 332, 333.) 

3. Le 18 février 1415, le Roi fit défense au capitaine du château de 
Creil d'employer à la garde et aux réparations de cette forteresse les 
habitants de Gouvieux, sujets de l'abbaye de Saint-Denis, à cause de 
sa châtelleniede Montmélian. (D. Doublet, Histoire de Vabbaye de Saint- 
Denys en France, 1625, in-4% p. 1067 et s.) 

4. Journal d'un bourgeois de Paris, édit. L. Tuetey ^Société de l'His- 
toire de Paris et de rUe-de-France), Paris, 1880, in-8\ p. 113. 

5. J. Flammermont, Histoire de Senlis pendant la seconde partie de la 
guerre de Cent ans fiiOù-IUI). dans le tome V des Mémoires de la Société 
de VHistoire de Paris et de V Ile-de-France. Paris, 1879, in-8'', p. 180 à 29S. 



128 A. REY 

retombèrent au pouvoir de ses ennemis. Senlis tint bon ; 
maisCreil, en 1434, fut reconquis parTalbot. Les gens de 
Charles VII Tassiégèrent vainement, après la réoccupation 
de Paris, en mai 1436 ; ils ne le recouvrèrent qu'en 1441, 
dans la campagne qui libéra sans retour l'Ile-de-France et 
la Picardie. 

Cette année-là, s'attendant sans doute aux prompts 
bienfaits d'une ère de paix prochaine, un locataire se 
trouva pour la chaussée et l'étang de Gouvieux : Jean 
Houel, écuyer, les prit à bail pour douze années, au cours 
desquelles la conciergerie fut commise à Pierre de Rousse- 
ville. Mais combien la paix était loin encore, et surtout le 
relèvement des ruines et des cœurs dans la contrée ! Jean 
Houel s'en alla guerroyer et se fit enlever par l'ennemi dans 
le Perche, à belle distance de Senlis, qui dut cependant* 
payer une imposition pour l'aider à se « délivrer et ravoir 
des mains de François l' Arragonois, chevalier anglais » . 
Il avait été « mis à rançon », disent des lettres de 
Charles VII, datées de Bourges le l'* décembre 1447, lui 
et un autre écuyer Guillaume Le Jay, « estant en nostre 
service pour la chose publique de nostre royaume *. » 
Plus do quarante ans devaient être nécessaires pour 
ramener dans le Senlisien des habitants et des voyageurs, 
la fertilité et la sécurité. Les religieux de Chaalis décla- 
raient, en juillet 1450, « que le conduit de la chaussée de 
Gouvieux leur avait donné de beaux revenus tant que le 
commerce avait été libre et prospère ; mais que, depuis le 
sacre du roi, il ne rapportait plus rien, parce que les mar- 
chands n'osaient plus s'aventurer sur les routes -. » 

Il y avait une autre raison meilleure, — soit dit en pas- 
sant, — pour que les revenus en question fussent anéantis, 
c'est que Jean .Houel, avec l'appui des gens du roi, avait 
perçu à son profit exclusif le droit de conduit avec le droit 

1. Voir les lettres royaux, Bibl. de Senlis, dans Adorty, XXI, 390. 
i. JMd., XXI, 448. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 139 

de jtravers^ « sous Tumbre qu'il tenait à ferme ladite chaus- 
sée, vivier et travers de Gouvieux. » Les religieux ayant 
réclamé eurent gain de cause, en vertu de lettres 
patentes, entérinées au bailliage de Senlis le 14 août 1450, 
et obtinrent qu'il fût distrait des droits encaissés par Jean 
Houel un quart, applicable à leur droit de conduit K 
Moins d'un an après, le 14 janvier 1450 (1451), les mêmes 
religieux, lésés par la suspension depuis vingt années des 
rentes que leur devait le Trésor royal, demandèrent la 
jouissance de l'étang de Gouvieux, pour le moment pro- 
chain où allait expirer le bail de Jean Houel. Proposition 
suivie d'une promesse d'affermage de neuf ans, moyennant 
le versement à la recette de Senlis de 900 1. pour la durée 
stipulée ^. 

Mais, en 1453, quand le bail précédent expira, il ne parut 
y avoir delà parole royale ni souci ni souvenir. 

A la requête de la Chambre des comptes, une commission 
composée des « maistres des eaues et forestz, des ouvres de 
charpenterie et de maçonnerie et autres gens en ce cognois- 
sans » se réunit, le 7 mars, pour « la visitacion du vivier et 
estang de Gouvieux et ses appartenances », en la présence, 
entre autres, de Jean Le Charon, lieutenant du bailli de 
Senlis, et de Pierre de Rousseville, concierge et garde 
dudit étang. Quelques jours après, le 27 mars, un nouveau 
bail intervenait, où Tabbaye de Saint-Denis, et non pas les 
religieux de Chaalis, prenait pour dix-huit ans la place du 
précédent locataire. Elle acceptait, en effet, des conditions 
infiniment plus avantageuses pour le Trésor royal que les 
rivaux qu'on lui laissait évincer sans mot dire. Elle devait 
payer 200 1. t. de loyer annuel ; faire toutes lôparations 
utiles, jusqu'à concurrence de 300 1. t. dans les trois 
premières années; tenir le roi quitte de toutes ]?.& rc.tes 
qu'il lui devait, sauf de celle de 2500 1. t., intérêt d un prêt 

1. Voir les lettres royaux, Bibl. de Senlis, dan^ Alï'.rty. \Xi, 449; 

2. Ibid., XXÏ, 461. 



130 A. REY 

de 20,000 francs qu'elle avait consenti, le 22 avril 1418, 
réalisant pour cet objet divers joyaux et spécialement « la 
châsse ou souJoit reposer Monsieur saint Loys ^ » 

De ce bail et surtout du procès-verbal de la visite qui en 
avait été le préliminaire, résultent plusieurs constatations 
intéressantes : Tune, comme on verra, capitale en notre 
sujet. Jean Houel, empêché pour les raisons que nous 
avons dites, n'a rien entretenu, et laisse le domaine « en 
bien grant ruyne et décadence. Et singulièrement ledit 
estang est aterry et plain de roseaulx, longs et autres 
ordures, et semblablement y a grans réparations à faire et 
nécessairement en la chaussée dudit estang, bondes, grilz 
et souffletz, lesquelles lesdits maistres estiment à grans 
sommes de deniers... Et pareillement sont nécessaires à 
faire plusieurs réparacions esdits hostcl royal et concier- 
gerie, ou autrement décherront et viendront en totale ruyne 
et démolicion... » Plus loin, il est dit que ces réparations 
consistent à faire « promptement recouvrir et dcucment 
tous les manoirs et édiffices que le Roy a audit Gou- 
vyeulx. » 



III 



En 1453, — je répète Tannée où nous sommes, — la 
guerre de Cent ans s'achève. Villon, mêlé sans aucun 
doute aux mutineries de TUnivcrsité, prélude au Petit Tes- 
taynenl par le roman du Pet au Diable. La conciergerie de 
Gouvieux, office fort enviable ja lis, et disputé avec âpreté 
devant le Parlement, en 1418, entre les Blancardin Thierry, 

1. Voir D. Doublet, p. 1070-1075, et In Chronique du Religieux de Saint- 

Denyê (Paris, 1852, C vol. in-8% vi, p. 145, 227). — On voit par là que 

l'abbaye avait été frustrée de la garantie qu'on lui avait primitivement 

assignée sur les et.aux de la boucherie de Beauvais, et subsidiairement 

sur Ja caisse commune de la halle aux poissons. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 13f 

les Thomas de Plevron^ les Jacotin de Brimeu ^ a pour 
titulaire Pierre de RoussevilIe> et pour siège un hôtel sans 
toit^ et dont la ruine totale est imminente. Le concierge n'a 
pu que déserter un pareil poste ; qu'y garderait-il ^ d'ail- 
leurs, et comment s'y garder soi-même ? Les religieux de 
Chaalis viennent de peindre l'abandon et l'insécurité de la 
contrée, et Tétat dés lieux parle. Qu'est devenu Pierre de 
Rousseville dans la tourmente ? Il est Parisien et voisin de 
Paris : double raison pour s'aller confier au grand refuge 
qui, à chaque alerte, voit refluer dans ses murs des popu- 
lations affolées. 

Notre homme a conté son aventure, à quoi les Parisiens 
se sont facilement intéressés, ayant' les meilleurs motifs 
pour se souvenir de Creil. Il y a là un passage de rivière 
qu'on s'est maintes fois disputé. Son nom s'est inscrit, en 
1429, dans la conquête de Jeanne d'Arc ; il a été perdu, en 
1434, au cours de la fameuse campagne de Talbot. La ten- 
tative de 1436 pour le ressaisir coûta à la capitale « une 
très grosse somme d'argent et d'or », où il n'y eut guère de 
ménage qui ne contribuât. Enfin le roi tint tellement au 
succès de la seconde attaque, en 1441, qu'il fit enlever, non 
sans tumulte, de pauvres gens, à la porte des églises, pour 
tirer de ce troupeau un renfort que la nouvelle de la reddi- 
tion de Creil libéra inopinément. Cris de « Noël ! » feux de 
joie; nouveau bruit, nouvelle émotion 2. Et, dans les 
champs, « tout fut perdu durant le temps que le ciège fut 
à Creil et à Ponthoise ^. » 

Gouvieux, sur le chemin et à brève distance de Creil, 

i. Journal de Clément de Fauquemhergue, Paris, 1903, in-8% 1, 337. — 
Les Brimeu étaient gentilshommes picards, très notoires, ralliés à la 
cause bourguignonne. Jaquot de Marcilly fut nommé concierge provi- 
soire, par arrêt du 17 janvier 1420. fLa Chronique d'Enguerran de Mans- 
treleiy édit. Douël d'Arcq, VI, 237.) 

2. Jouimal d'un bourgeois de Paris, p. 359-360. 

3. Victor de Beauviilé, Recueil de documents inédits concernant la Picar- 
diCy Paris, 1860, in-4*. 



132 A. REY 

avec sa conciergerie « sans poutres ni chevrons », devint 
célèbre, cela est sûr. Autrement, Villon ne Teût pas nommé, 
lui qui tint à être compris du populaire autant que des 
lettrés, et qui interpelle, dans son auditoire, « Chartreux 
et Célestins, mendians et dévotes, musars et cliquepatins, 
servans et filles mignottes » et combien d'autres ! On trou- 
vera, quelque jour, chanson ou complainte sur Taventuro 
de rhomme de Gouvieux. On en pleura et on en rit, ce qui 
est humain, ou parisien, si Ton veut ; on en put rire sans 
cruauté, car il est probable que Rousseville, fils ou parent 
d'un notaire au Châtelet, « officiellement » ruiné, c'est-à- 
dire et sans jeu de mots comme officier du roi, n'était pas 
sur le pavé. Villon se moqua de la ruine de Gouvieux, 
comme de celle de Nigeon, de Bicêtre et de Billy * ; le 
thème lui était familier. Il a légué à d'autres des débris de 
donjons fameux ; ici, variant la plaisanterie, il assigne 
comme caution à Louviers et à Merebeuf le défenseur de 
quelques murailles en ruines, un homme dont le poste est à 
la belle étoile. 

Veut-on me permettre finalement une transposition qui 
rende les traits du poète plus sensibles aux modernes ? 
Qu'on imagine un Verlaine, léguant à un Rothschild une 
poignée d'écus des Etats pontificaux, avec une délégation 
provisoire sur le conservateur de la Cour des comptes, telle 
que les incendies de la Commune nous l'avaient faite. 

Je ne sais rien de la fin de Pierre do Rousseville ; mais 
je puis indiquer quand et comment survint celle de sa 
fonction *. Ce fut en 1465, deux ans après la disparition de 
Villon. Au cours du bail que nous avons rapporté, l'abbaye 
de Saint-Denis se vit attribuer par Louis XI, en toute 
propriété, « l'ostel, estang, chaussée et autres choses qu'il 

1. Voir Petit Testament, 138, 140; Grand Testament, 1347. 1348. 

2. Toute cette fin est puisée aux Archives de Chantilly, B-99. Je 4ais 
rindication de cette source à la coulumière obligeance de M. Maçon, 

conservateur adjoint du Musée Condé. 



PIERRE DE ROUSSEVILLE 133 

avoit au lieu de Gou\7eux », et ce « moyennant et pariny ce 
que » lui et ses successeurs « demoureront quictes envers 
ladicte église et lesdicts religieux, abbaye et couvent de ce 
qu'ils souloient prendre et ont droit d'avoir » sur le Trésor. 
Le style de l'acte est d'une donation ; au fond, dation en 
payement, qui libérait le Trésor de l'emprunt de 1418, rem- 
boursenlent de l'or provenant de la châsse de saint Louis. 
Le roi n'eut donc plus de raison d'avoir un officier pour 
garder un domaine vendu ; le concierge disparut. 

Poussons un peu plus loin l'histoire du domaine lui- 
même. Les religieux de Saint-Denis n'en furent pas très 
longtemps les possesseurs paisibles. Anne de F'rance, 
duchesse de Bourbonnais, comtesse de Clermont, le reven- 
diqua comme faisant partie de la seigneurie de Creil dont 
la cession à Charles V, en 1374, avait été, dès l'origine, 
l'objet de certaines contestations étrangères à notre sujet. 
A la fin, l'abbaye céda : un accord intervint, le 4 sep- 
tembre 1497, aux termes duquel elle échangeait le droit 
qu'elle « prétendoit à elle appartenir sur Testang de Oou- 
vieulx » contre une rente de 200 1. t. 

A la mort du connétable de Bourbon, la chaussée et 
l'étang faisaient partie de sa succession, confisquée par le 
roi, qui les donna à Louise de Savoie, sa mère, avec la 
terre de Creil. A partir du 12 janvier 1535, François P'et 
Henri II concédèrent successivement, de neuf en neuf 
années, la jouissance des biens susdits au connétable de 
Montmorency. Puis, par lettres patentes du 27 dé- 
cembre 1577, Henri III en transféra la pleine propriété à 
François de Montmorency, en échange de la seigneurie du 
Mesnil-Paviot. Alors l'étang de Gouvieux, confondu dans 
le patrimoine des Montmorency, en suit la fortune obscuré- 
ment, passe aux Condé, puis est remplacé par une prairie, 
après le débordement, causé par la fonte des neiges, qui 
renversa le 21 février 1658, la chaussée et une partie des 
bâtiments qu'elle portait. Auguste Rey. 



ERMITAGES ORLEANAIS 

AU XII" SIÈ3CLE 



Le Gué de TOrme et Chappes 

(Fin) 



Vlii. - 1170. - Jargeau. 



Manassès, ivêque d'Orléans, A la prière des frères du Guè de VOrme, les 
prend sous la protection de l'église Sainte-Croix et des ivêques d'Orléans, 
sauf le droit de Véglise Saint- Vrain de Jargeau en ce qui touche les posses- 
sions du monastère qui dépendent d'elle, 

A. Original perdu. 

B, Copie du xvii' s., Bibl. nat., coll. Baluze, vol. 78, fol. 74 v% d'après 
un cartulaire de Saint-Euverte. — C. Copie de dom Estiennot (1680), 
Bibi. nal., ms. iat. 12775, p. 19. ^ /). Copie du xviii' s., dans un cartu- 
laire de Saint-Euverte, Bibi. nat., ms. Iat. 10089, p. 520. — E. Copie du 
xviu* siècle, Bibl. nat , ms. Iat. 12682, fol. 103, d'après un cartulaire de 
Saint-Euverte. 

In nomine sancte et individue Trinitatis amen. Ego Manassès, Dei 
permissione Aurelianensis ecclesie mlnister bumilis, declarandum duxi- 
mus universis instantibus (a) et futuris quia cum fratres de Vado Ulmi 
absque pastorali diu (b) aberrâssent regimine, tandem considérantes 
ovili Dei Diabolum incessanter insidias parare, ab ejus insidiis omnino 
sibi volentes precavere, presentiam nostram adierunt, cum omni humi- 
iitate postulantes quatenus ipsos et domum suam seu res et possessiones 
suas sub protectione ecclesie Sancte Crucis et nostra reciperemus, et 
iiberam eligendi magislri (c) facultatem eis concederemus (d), ita quod 
nos seu successores nostri persone approbationem et reprobationem 
haberemus. Postuiaverunt etiam idem {e) fratres ut institutiones suas 
nuUi iiceret permutare seu domum suam aiie religionis domui {f) nisi de 
ipsorum voiuntate subjugare, et quod fralrem aiiquem de domo eorum 

/a) preseotibus C, — (b) diu omis par D, — (c) magistrum DE, — (rf) concede- 
mus D. — {e) itidem C ; iidem E. — (f\ domui reltgtonf s D. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII^ SIÈCLE 135 

egressum, nisi emancipatum, liceat alîcui [g) reciperc. Nos vcro, salvo 
jure ecclesie Sancti (h) Verani quantum de possessionibus ei pertinen- 
tibus, benignum postulationibus suis assensum prebuimus et presens 
scriptum ut ratum et inconcu)ssum imposterum permaneat (i) sigilli nos- 
tri munîmine (j) confîrinaviinus (k), et quod conlirmatum est ne immu- 
tetur sub anathemate protiibemus. 

Actum publiée Guarguogili [l), anno incarnationis DominicsB M C 
LXX, episcopatus nostri annoXXIiII% ordinatis in ecclesia Sanctœ Cruels 
majoribus personis Hugone decano, Guiilelmo (m) cantore, Letoido (n) 
subdecano, Manasse capicerio. Cancellario nullo. 



IX. — 1172 S 17 Février. — Frascati. 

Alexandre III prend sous la protection du Saint-Siège Vabbaye du Gué 
de l'Orme fondée par Guy, il y approuve rétablissement de la règle de 
Cîteaux et confirme les possessions du monastère, savoir les trois maisons 
de Doulchamp, Saint-Nicolas de Lande et Loche, des vignes à Château- 
neuf et à Soisy, un muid de grain à Chilleurs donné par Geoffroy Ravel, 
une pièce de vigne, une charruée de terre et un muid de vin à Saint- 
Benoit donné par Amoul le Bref. 

À. Original perdu. 

B. Copie du xvii® s., Bibl. nat., coll. Baluze, vol. 78, fol. 73, d'après 
un cartulaire de Saint-Euverte. — C. Copie du xviu* s., dans un cartu- 
laire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 503. —Z>. Copie très 
abrégée de dom Estiennot. Bibl. nat., ins. lat. 12775, p. 14. — E. Copie 
du xviii' s., Bibl. nat., ms. lat. 12682, p. 104, d'après un cartulaire de 
Saint-Euverte. 

Alexander, episcopus servus servorum Dei, dilectis filiis abbati mo- 
nasterii Vadi Ulmi ejusque (a) fratribus tam presentibus quam futuris 
regularem vitam professis, in perpetuum. Religiosam vitam eligentibus 
apostolicum convenit adesse presidium ne forte cujuslibet temeritatis 
incursus aut eos a proposito revocet, aut robur, quod absit, sacre reli- 

{g) nulli C. — (h) beat! DE. — (t) remaneat CD, — Ij) muDitione BE, — 
(k) coofirmamus C, — (/] Gargolii C. - (m) Guillermo D. — (n) Letaldo G. 

1. L'année du pontificat donnée dans la date convient à l'année 1172 et non à 
1171, millésime exprimé ; par suite entre les deux leçons pour le quantième 13 
des calendes de mars et 13 des calendes de mai on a choisi la première qui, en 
faisant commencer l'année à l'Annonciation (25 mars), permet de réduire le mil- 
lésime 1171 à 1172 nouveau style. Le chiffre de l'Indiction convient du reste à 
cette dernière année. 

(a) ejusdem (' ; ejusdemque D. 



136 A. VIDIER 

gionis infringat. Quapropter, dilecti in Domino filii, vestris justis pos- 
tulationibus clementer annuimus (b) et monasterium vestrum in quo 
divino mancipati estis obsequio, quod videlicet monasterium dilectus 
filius noster Guido, Ira ter vester^ propriis expensis divina inspiratione (c) 
fundavit et ibidem studio suo religio est instituta, sub beati Pétri et 
nostra protectione suscipimus et presentis scripti privilegio communi- 
mus; in primis si quidem statuentes ut ordo monasticus, qui secundum 
Peum et beati Benedicti regulam necnon et institutionem Cisterciensium 
fratrum in eodem loco institutus esse dignoscitur, perpetuis ibidem tem- 
poribus inviolabiliter observetur ; preterea quascumque possessiones, 
quecumque bona idem monasterium inpresenciarum juste et canonice 
possidet aut in futurum concessione pontificum, largitione regum vel 
principum, oblatione fidelium seu aliis justis modis, prestante domino, 
poterit adipisci firma vobis vestrisque successoribus et illibata perma- 
neant ; in quibus hec propriis duximus exprimenda vocabulis : locum 
ipsum in quo monasterium vestrum situm est cum omnibus pertinentiis 
suis, très domos cum omnibus pertinentiis suis, scilicet Tuecampus (d), 
sanctus Nicholaus de Laixde et Locha, vineasde Novo Castello, vineas de 
Soysi (f), unum modium annonae quod Godefridus Revel (/') vobis in 
perpetuam elemosinam dédit apud Silerre {g), unam peciam vincc et car- 
rucatam terre, modium {h) vini (i) quem Ebrulfus Brava 0) vobis concesssit 
apudSanctum Benedictum. Sane(/E) laborum(/) vestrorum quos(m) propriis 
manibus aut sumptibus colitis, seu de nutrimentis vestrorum animalium (n) 
nullus a vobis décimas vel primitias exigere audeat. Paci quoque et 
tranquillitati vestre paterna diligentia providere volentes, auctoritate 
apostolica prohibemus ut infra clausuram locorum seu grangiarum ves- 
trarum nullus violentiam facere vel rapinam seu furtum committcre 
aut ignem apponere prohibemus, vel homines capere seu interficere 
audeat. Liceat etiam vobis clericos vel laicos liberos et absolutos a seculo 
fugientes in monasterio vestro recipere et eos sine contradictione aliqua 
retinere. Prohibemus insuper ut nulli fratrum vestrorum post factam in 
eodem loco professionem aliqua levitate sine abbatis vel prioris sui licen- 
tia fas sil de clauslro discedere, discedentem vero absque communium (o) 
litterarum cautione nullus audeat retinere. Decernimus érgo, etc. Si qua 
igitur, etc. 

Datum Tusculani, per manum Gratiani S. R. E. subdiaconi et notarii, 
XIII kal. marcii (p) [indictione] V (g), anno incarnationis dominicsB M C 
LXXI pontificatus vero domni Alexandri pape III anno decimo tertio. 



(b) annuentes D. — (c) miseratione D. — (d) Tunieampus D ; Tueampus E, 
— {e) Soisy D. — (/') Defredus Revel B ; Erfredus Reu D. — {g) Sliberre D. 
^ {h) molendinum D. — (t) unum B, — {j) Braun BC ; Ernulfus Braun E. 
Corriger Arnulfus Brevus, cf. n* V. - (A) sive C. — (0 iaborum BCD. Corriger 
peut être novalium. — [m) que J9; quas D, — (n) anim. vest. D. — (o) com- 
muttl B. — (p) mai!. — (q) V omis par CD. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIK SIÈCLE 137 



X. — 1172 16 Avril-10 Novembre*. — Etampes. 

Louis VII à la demande du frère Guy, son ancien sergent, donne à la 
maison et aux frères du Gué de l'Orme la dîme du pain et du vin que lui 
et la reine consommeront à Châteauneuf. 

À. Original perdu. 

B. Copie du xvii* s., Bibl. nat., coll. Baluze, vol. 78, fol. 74, d'après 
un cartulaire de Saint-Euverte. — C. Copie du xviii* s., dans un cartu- 
laire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 516. ^ D. Copie 
authentique très incorrecte (1580) d'un vidimus de Jean de Longueau, 
garde de la prévôté d'Orléans, du 29 janvier 1326 (n. st.), Bibliothèque 
de la Société archéologique et historique de l'Orléanais. 

PcBL. : Luchaire, Etudes sur les actes de Louis Vil, p. 440, d'après C ^. 

Indiq. : Luchaire, op, dt., n* 614, d'après C. 

In nomine sancte et individue Trinitatis amen. Ego Ludovicus, Dei 
gratia Francorum rex, notum facimus omnibus futuris sicut et presen- 
tibus quod, pro nostra et antecessorum nostrorum regum Francie ani- 
mabus, domui et fratribus de Vado Ulmi, de pane et vino nostro quod 
apud Castrum Novum nos et regina simul et separatim expendimus, 
petitione fratris Guidonis^ quondam scrvientis nostri, totam decimam in 
elemosinam et imperpetuum concessimus. Quod ut ratum sit, presentem 
paginam sigillé nostro communiri fecimus, addito nostri nominis karac- 
tere. 

Actum Stampis, anno incarnati Verbi MCLXXII (a), astantibus in 
palatio nostro quorum apposita sunl nomina et signa. 

S. comitis Theobaldi, dapiferi nostri. S. Guidonis buticularii. S. Mathei 
camerarii. S. Radulfi constabularii. 

Data per manum Hugonis cancellarii. 

XI. - 1174. - Lorris. 

Louis Vil déclare qu'il a pris sous sa protection la maison du Gué de 
l'Orme et quHl lui a concédé le droit d*usage dans les bois royaux. 

À. Original perdu. 

B, Copie authentique (1580) d'un vidimus de Jacques Gaillart, garde 

(a) miileaimo sexagesimo septlmo D, 

i. D'après l'une des copies la plus incorrecte cet acte serait de 1167 ; les rai- 
sons qui nous ont fait reporter à 1167 un autre acte daté de 1172 par plusieurs 
copies n'existant pas pour celui-ci, nous lui conservons la date 1172 sous réserve 
de la constatation formulée ici. 

2. Corriger la référence ms. lat. 10889 en ms. lat. 10089. 

Mûi^m Age, U XIX Nû 



138 A. VIDIER 

de la prévôté d'OrléaDS» du 6 décembre 1468, Bibliothèque de la Société 
archéologique et historique de l'Orléanais. ■— C. Copie du xvii* s., Bibl. 
nat.) coll. Baluze) vol. 78, fol. 73 \°, d'après un cartulaire de Saint- 
Kuverte. — D, Copie de dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, 
p. 18. -- E, Copie du xviu* s., dans un cartulaire de Saint-Euverle, 
Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 515. — F. Copie du xviii" siècle, Bibl. nat., 
ms. lat. 12682, fol. 110, d'après un cartulaire de Saint-Euverte. 

PuBL. : Luchaire, Eludes sur les actes dt Louis VU, p. 449, d'après E. 

Lndiq. : Luchaire, op. cit.j n® 660, d'après CE. 

Ludovicus, Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis pre- 
sentibus et futuris quod domum de Vado Ulmi et omnes possessiones 
fratrum inibi Deo servientium tam intus quam extra et quicquid ipsi 
acquirent légitime in manu etprotectione nostra8Uscepimus(a), statuentes 
et concedentes quod nos et Philippus, filius noster, et heredcs nostri 
protectores (b) et doinini existamus predicte domus ut fratres ab omnibus 
infestationibus malignantium defendamus. Prcterca usagium in nemo- 
ribus nostris ad totalcm ipsius domus usum cisdem fratribus conces- 
simus (c). Quod ut perpétue mancipetur stabilitati scribi et sigilli nostri 
auctoritate praecipimus conlirmari. 

Actum Lorreaci (d), anno ab incarnationc Domini MCLXXIV, astantibus 
in palatio nostro quorum nomina subposita sunt et signa. 

S. Comitis Theobaldi, dapiferi nostri. S. Matheî camerarii. S. Guidonis 
buticularii. S. Hadulfi constabularii. 

Vacante cancellaria. 

Xll. - 1175. - Orléans. 

Mariasses, évêque d'Orléans^ donne à Simon et aux frères du Gué de 
VOrmey moyennant un cens annuel d'une livre de cire, Véglise de Saint- 
Martin d*Àbbaty dans la paroisse de laquelle est établi leur monastère, 

A. Original perdu. 

/y. Copie informe du xvii* s.. Bibliothèque de la Société archéologique 
et historique de l'Orléanais. — C. Copie du xviii' s , dans un cartulaire 
de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 456. 

In nomine sancte et individue Trinitatis amen. Menasses, sola altis- 
simi dispensatoris benignitate Aurelianensis episcopus, fratri Simoni (a) 
et ceteris fratribus in ecclesia béate Marie de Vado Ulmi sub beat! Augus- 
tini régula Deo servicntibus, in perpetuum. Quoniam, sacro testante elo- 
quio, brèves sunt dies hominis (b) et in manu altissimi vita ejus, diem 

(a) susciplmus D. — (b) patres BCEF. — (c) concedimus D. — (d) Loriaci D, 
(a) Symoni C\ — {b} Jjominis omis par C. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII« SIÈCLE 139 

district! examinis et tribunal judicis bonis in vita debemus operibus 
prevenire (c) ut dum locis religiosis (d) et fratribus ibidem Deo servien- 
tibus aliquod impenderimus beneiicium nostri inter eos vivat memoria 
nominis in eternum, elucescat itaque presentibus et luturis quod ego 
Manasses, Dei gratia Aurelianensis episcopus^ considerans ecclesiam de 
Vado Ulmi, que nostra propria est, et in fundo ecclesie et capituli Gargo- 
liensis (e) ex nostro et ejusdem capituli bénéficie fundata (/*), inparrochia 
Sancti Martini de Campis dedecorose, inconvenienter (g) et inhoneste 
fore, eamdem Sancti Martini ecclesiam jure feodalinobis spectantem,cum 
omnibus suis pertinentiis prefate ecclesie de Vado Ulmi, salvo jure Aure- 
lianensis episcopi et salvis synodis et alîis consuetudinibu's archidiaconi, 
salvo etiam jure arcbipresbiteri, fratribus inibi Deo servientibus solo 
earitatis et pietatls intuitu concessimus inperpetuum et donavimus, 
et presentis scripti munimine et sigilli nostri auctori ta te confirmavimus, 
ita quod nos et successores nostri episcopi annuatim in festo sancte 
Crucis de maio unam libram cere censualem de recognitione inde habe- 
bîmus. Statuimus etiam (h) quod si aliqua ecclesiastica secularisve persona 
bujus nostre conûrmationis benefîcium ausu temerario infringere attemp- 
taverit aut minuerC) nisi resipuerit, anatbematis sentencia teneatur, et 
conservans eam cum Deo in celestibus ascribatur. 

Actum Aurelianis, anno incarnationîs dominice MCTiXXV, episco* 
patus vero nostri anno XXX, ordinatis in ecclesia Sancte Crucis majo- 
ribus personis Hugone decano, Andréa cantore, Letoldo subdecano, 
Manasse capicerio. 

Datum per manum Odonis notarii et scriptoris nostri. 



XIII. - 1176. - Orléans. 

ManMsè^, èvêque d'Orléans, avec le consentement de Varchidiacre inté- 
ressé et des dignitaires du chapitre, donne aux frères du Gué de VOrme^ 
moyennant une redevance annuelle d'une livre de cire, Véglise de Saint- 
Martin d'Àbbat. 

A. Original perdu. 

B. Copie du xviii* s. dans un cartulaire de Saint-Euverte, Blbl. nat., 
ms. lat. 10089, p. 523. 

In nomine sancte et individue Trinitatiç amen. Ego Manasses, Dei 
gratia Aurelianensis episcopus, tam posterorum quam modernorum noti- 
oie transmittendum duximus quod ecclesie béate Marie de Vado Ulmi et 
fratribus sub habitu religionis ibidem Deo servientibus ecclesiam sancti 

(c) pervenire C, — {d) relllgiosis C. — (e) Juargogilensis C. — (f) ex nostro 
et ejusdem capituli beneficio fundata omis par C, — (g) dedecorosa se inconve- 
nientur C. — {h) Statutum est etiam B. 



140 A. VIDIER 

Martini de Abet, salvis per omnia universis archidiaconi consuetudinibus 
et jure, donavimus cuiii omnibus suis pertinentiis, volente et concedente 
domino Marescoto archîdiacono, in cujus arcbidiaconatu eadem sita erat 
ecclesia. Hoc etiam donum nostrum voluerunt et concesserunt Hugo, 
Sancte Crucis decanus, Andréas, cantor, Letoldus, subdecanus, Ma- 
nasses, capicerius et universum ejusdem ecclesie capitulum. Ne autem 
hoc donum nostrum vel infringi vel adnullari aliquatenus posset, prefate 
ecclesie et predictis fratribus presens inde donavimus scriptum, sigiili 
nostri munimine roboratum. Statuimus etiam quod si quis buic confirma- 
tioni nostre obviare presumpserit anatbema sit. Ad hoc etiam notum 
esse voluimus quod nos et successores nostri Aurelianenses episcopi a 
memorata ecclesia de Vado Ulmi annuatim in festo sancte Crucis unam 
inde cere iibram habebimus. 

Actum publiée in capitule Sancte Crucis, anno incarnati verbi MC 
LXXVI, episcopatus vero nostri anno XXXI, ordinatis in ecclesia 
Sancte Crucis majoribus personis Hugone decano, Andréa cantore. Le- 
toldo subdecaoo, Manasse capicerio. Cancellario nullo. 



XIV. - 1176 S 20 Mars. - Anagni. 

Alexandre III prend sous sa protection les chanoines de Notre-Dame du 
Gué de lOrme, approuve rétablissement dam leur monastère de la règle des 
Prémontrés et confirme leurs biens, savoir : le lieu du Gué de VOrme, avec 
son dmetièie, concédé par V église de Jargeau et par le roi Louis VII moyen- 
nant une redevance en cire à la dite église, une terre dépendant de la même 
église de Jargeau, la maison de Doulchamp, Saint-Nicolas de Lande, la 
grange de Trois-Fontaines, des vignes données par Gilles et Osanna, d'au- 
ires vignes à Châteauneuf et à Soisy, des dîmes à Sury, un muid de vin à 
Saint-Benoît, le pâturage de la noue de jeunes tilleuls concédé par le cha- 
pitre Saint- Vrain de Jargeau moyennant un cens de 1i deniers, Ve^emp- 
tion de la dîme des nomles, le droit de sépulture, etc, 

À. Original perdu. 

B. Copie du xvii« s., Bibl. nat., coll. Baluze, vol. 78, fol. 72 bis, d'après 
un cartulairedeSaint-Euverte. — C. Copie du xviir s. dans un cartulaire 
de Sainl-Euverle, Bibl. nal., ms. lai. 10089, p. 507. — /;. Copie abrégée 
de dom Estiennot (1680), Bibl. nat , ms. lat. 1277;>, p. 1G. — E. Copie du 

1. L'année de Tincarnalion 1180 donnée par les trois copies ne concorde ni avec 
rindiclion ni avec l'année du pontiflcat ; ces deux éléments chronologiques font 
reporter la bulle k 1176 ; le copiste de l'ancien cartulaire a vraisemblablemenl lu 
pour Tannée do l'incarnation LXXX pour LXXV, faute très facile ù commetlre 
quand l'écriture est un peu effacée ; étant donné le mois et le quantième 11 faut 
interpréter iilij n. si., l'année commençant à l'Annonciation (2îi mars). 



ERBIITAGËS ORLÉANAIS AU Xl^ SIÈCLE l'il 

xrni« siècle, Bibl. nat., dis. lat. 12682, fol. 107, d'après un cartulaire de 
Saint-Euverte. 

IiiDiQ. : Jaffé, Regesta porUificum romanorum, n* 12690, d'après CD. 

Alexander, episcopus servus servorum Dei, dilectis filiis canonîcis 
Sancte Marie de Vado Ulmi tam presentibus quam futuris regularcm 
vitam prolessis, in perpetuum (a). Quotiens illud a nobis petitur quod 
religion! et honestati convenire dinoscitur anime nos decet libenti conce- 
dere et petentium dcsideriis congruum suffragium impertiri (5). Eaprop- 
ter, dilecti in Domino lilii^ vestris justris postulationibus clementcr 
annuimus et prefatam ecclesiam in qua divine estis obsequio mancipati 
sub beati Pétri et nostra protectione suscipinius et prcscntis scripti pri- 
vilegîo communimus ; in priniis siquidem statuentes ut ordo canonicus, 
qui secundum Dcum et beati Augustin! regulam et institutioncm Prc- 
monstratensium(c)fratrumineademecclesianosciturin8titutus,perpetuis 
ibidem temporibus inviolabilitcrobscrvetur. Pretereaquascumqueposses- 
siones quecumque bona eadem ecclesia in presentiarum etc., ut supra m 
caria Âlexandri III anno 1172 n* IX usque ad in quibus bec propriis 
duximus exprimenda vocabulis : locum ipsumde Vado Ulmi in que eccle- 
sia vestra cum cimiterio edificata est, quemadmodum [d] a Oargogilensi (e. 
ecclesia et ex concessione karissimi in Cbristo filii nostri L., illustris 
Francorum régis, ipsum liberum ab oinni indebita et inconsueta cxac- 
lione habetis, excepto quod eidem Gargogilcnsi (/*) ccclesic ccrcum unum 
in sollempnitate sancti Verani debetis annuatim persolverc ; terra m 
cultam quam a prescripta ecclesia Gargogilcnsi (g) ad annuam pcnsio- 
ncm tcnetis, prout in autentico scripto exinde facto continetur ; domuni 
de Dunchamp (h) cum pertinentiis suis, Landam sancti Nicholai cum per- 
tinentiis suis, grangiam de Hectis fontibus (i) cum pertinentiis, vineas 
quas frater Ëgidius et Osanna mulicr vobis pia j) largitione dederunt, et 
alias vineas quas apbd Castelli^m Novum habetis, vincam quam apud 
Soisi (A) habetis, décimas in villa de Suri (0 ad ecclesiam vestram perti- 
nentes, modiuni vini (m) quod (n) Arnulfus Brevus et uxor cjus in vincu 
sua de Sancto Hencdicto concesscrunt in perpetuum possidcnduin, pas- 
cua iotius natatoria^ junioris (o) tilleti quemadmodum (p) capiluluui ['i) 
Sancti Verani Gargogili (r) sub annuo ccnsu Xll denariorum ca >) vobis 
cunccsserunt sicut in autentico scripto exinde facto continetur ; sanc 
novalium vestrorum que propriis manibus aut sumptibus coiitis, sive de 
Dutrimentis animalium vestrorum, nullus a vobis décimas présumât 
exigcrc. Sepulturam quoque ipsius loci liberam esse censemus ut corum 

(a) impertuum C. — (h, impartir! C. ~ [c) I^remonslratensem C. — 'd) quem 
adhuc 6', quondam D. — [e) Gargoiiensi D. — .( f) Jargolionsi C. ~ (g) Gargo- 
lieosi D. — h) Domchamp f). — [i] Corriger peut-être de Tribus fontibus (cf. 
n'XXV). — lj)sua l). —(A*; Soisy D. ; Soysi E. — (/) Sury /). — [m) unum B. — 
l'w) quod omis par liC. — (o) ncmoris U. — [p) quic 1), quem ad C. — (q) capi- 
tulum ninis ptir C. — r) Gargolicnsis /). — (s) ca oinia par /). 



142 A. VIDIER 

devotioni et extrême voluntati qui se illic sepeliri délibéra i^erint, nisi 
excommunicati fuerint vel interdicti, nullus obsiiBtat, salva justicia illa- 
rum ecclesiarum a quibus mortuorum corpora assumuntur. Liceat quoque 
vobis clericos vel laicos liberos et absolûtes e seculo fugientes ad con- 
versionem vestram recipere et eos sine alicujus contradictione in vestro 
monasterlo retinere. Paci quoque et tranquillitati vestre paterna provi- 
sione providere volentes, auctoritate apostolica prohibemus ne quis infra 
ambitum ecclesie vestre violentiam, rapînam vel furtum facere, hominem 
capere vel interûcere audeat. Decernimus ergo etc. Si qua igitur etc. 

Datum Anagnie per manum Gratiani S. R. E. subdiaconi et notarii 
XIII kalend. aprilis, indictione VIIII*, incarnationis, dominicœ anno M 
CLXXX, pontiiicatus vero Domni pape Alexandri III, anno decimo sep- 
timo. 

XV. - 1177 ^ -Orléani. 

Manoèsh, évêque d'Orléans, confirme à Viglise du Gué de VOrme, établie 
sur le domaine de Saint-Vrain de Jargeau, Vinstitution de la régie saint 
Augustin, et la protection de Véglise Sainte-Croix d'Orléans, 

À. Original perdu. 

B. Copie du xvii* s., Bibl. nat., coll. Baluze, vol. 78, loi. 72 v\ d'après 
un cartulaire de Saint-Eu verte. — C. Copie du xviii* s , dans un 
cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat.< ms. lat. 10089^ p. 499. — D. Copie 
de dom Esticnnot (1680)» Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 13. — E. Copie du 
xviii' siècle, Bibl. nat., ms. lat. 12682, fol. 115, d'après un cartulaire de 
Saint-Euverte. 

In nomine sancte et individue Trinitatis amen. Pontificalis exigit [a) 
officii dignitas subditis suis sub habitu religionis Deo servientibus 
institutiones et observationcs suas regulares intégras conservare (6) 
et illibatas. Eapropter ego Manasses, Dei gratia Aurelianensis 
episcopus, tam posterorum quam presentium notitie transmittendum 
duximus quia ecclesia de Vado Ulmi in fundo ecclesie Beati Verani 
Guargogilensis (c) fundata est et totus ejusdem loci situs, verum quia 
eadem ecclesia de Vado Ulmi ad ecclesiam Sancte Crucis et ad nos et ad 
successores nostros Aurelianensis ecclesie pontifices post nos proprie 
et spécial! ter cum omnibus pertinentiis suis (d) tam in temporalibus 
spectare dinoscitur quam in spiritualibus, fratribus ibidem Deo servien- 
tibus sub institutionibus régule beati Augustini et observationibus, 

{a) Exigit pontificalis CD, — (b) observare D, — (c) Jargoliensis D ; Guarguo- 
gilensis BE, — {d) suis pertinentiis D. 

1. La date 1107 donnée par deux copies est évidemment erronée ; la trente et 
unième année de Tépiscopat correspond k 1177, année pour laquelle rindiction 
fû* eêt bonne. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIl'^ SIÈCLE 143 

easdem mstitutiones et observationes (e) presentis scripli rnunimine et 
8igilli nostri autboritaie confirmamus (f) ; modis omnibus inhibentes 
ut nulli (g) oninino homîDum fas sit easdem inslilutiones et observationes 
seu statum ejusdem ecclesie aliquatenus immutare, sive eandem ecclcr 
siam et pertinentias et poséessiones suas, quas inpresentiarum possidet 
et in posterum habitura est, de potestate et subjectione Âurelianensis 
episcopi {h) et Guargogilensis (t) ecclesie removere et protectione. Si 
autem aliqua ecclesiastica secularisve persona huic nostre confirmation is 
pagine sciens contraire presumpserit anathema sit. 

Actuni annoincarnationisdominice M GLXX VII (j) Âurelianis, indic 
tione X«, episcopatus nostri anno XXXI, ordinatis in ecclesia Sancte Crucis 
majoribus personis Hugone decano, Andréa cantore^ Letoldo (k) subdc- 
cano, Manasse capicerio. Cancellario nuUo. 



XVI. - 1178. - Orléans. 

Manassès, évéque d*Orléam^ avec le consentement du chapitre de Sainte- 
Croix^ du chapitre de Jargeau, de Simon et des frères du Gué de VOrme 
concède aux chanoines de Saint-Euverte d*Orléans la maison du Gué de 
VOrme avec toutes ses dépendances, et fixe les redevances que lesdits cha- 
noines devront payer aux chapitres de Jargeau et de Sainte-Croix. 

À. Original perdu. 

B. Copie informe d'un vidimus de Jacques Gaillart, garde de la prévôté 
d'Orléans (23 juillet 1468), d'une confirmation de Jean le Bon (mai 1351), 
Bibliothèque de la Société archéologique et historique de l'Orléanais. — 
C. Copie du xviir s., dans un cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. 
lat. 10089, p. 500. — D. Copie informe, arch. du Loiret, H 4. — E. Copie 
de Chesneau (xviii* s.), Bibliothèque municipale d'Orléans, ms 319 (207). 
— F. Copie très abrégée de dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 
12775, p. 17. — G. Copie du xviii» siècle, Bibl. nat., ms. lat. 12682, 
fol. 116, d'après un cartulaire de Saint-Euverle. 

PuBL. : Gallia Christiana, t. VIII, p. 520. 

In Domine Sancte et individue Trinitatis amen. Ego Manasses, Dci 
gratia Aurelianensis episcopus, omnibus ad quos présentes littere perve- 
nerint salutem in Domino. Pastoralis exigit officii sollicitudo speciali 
diligentia domibus roligiosis providere et in locis Deo dicatis religionem 
et divinum cultum propagare. Universis igitur tam futuris quam pre- 
sentibus plenius (a) innotescat quod, approbante et conccdentc capitulo 

(e) observationes et ioslitutiones D. — {f) roboramus D. — (g) ulli D, — 
(h) episcopi omis par BCE. — (t) Guarguogilensis BE-, .largoliensis D. — 
(j) incarnat! verbl M» C» VIP BC. - {k, Lelaldo D. 

{a) plenius omis par B, 



144 A. VIDIER 

Sancte Crucis et capitule Gargogilensis ecclesie, de voluntate et cod- 
sensu Simonis et omnium fratrum de Vado Ulmi, donium cum omni- 
bus (b) appendenciis suis que sita est in loco qui dicitur de Vado Ulmi (c) 
canonicis Sancti Evurcii imperpetuum possidendam concessimus, ut 
fratres ibidem divinum célébrantes oillcium regulariter et honeste Deo 
deserviant et, crescente ibidem religione, bonitatis eorum opinio ceie- 
bri fama Dominum timentes letiiicet. Quia vero predicta domus in 
fundo terre Gargogilensis capituli fundata est, de concessione Gargogi- 
lensis capituli et canonicorum beati Evurcii statutum est quod pro uni- 
versa possessione sua quam ibi habent tam terre quam nemoris vel 
prati XX et II (cO arpenta tantum habeant (e) et exinde IIII solides Âure- 
lianensis monete et cereum, quartam partem unius libre ccre babentcm, 
Gargogilensi capitulo persolvent. Si vero ultra (J) prenominatam arpen- 
torum quantitatem occupatum fuit, vel imposterum occupabitur, in options 
et arbitrio canonicorum Gargogilensis ecclesie erit vel ex tota terra que 
ultra XX et II arpenta invenietur terragium et decimam habere, vel ex 
singulis arpentis IIII*' denarios annuatim recipero. Canonîci autem beati 
Evurcii pro ecclesia Sancti Nicholai de Nemore et pro ecclesia Sancti 
Martini de Abeto nobis et successoribus nostris ad festum sancte Crucis 
de maio II libras cere annuatim reddiderunt (g), Preterea natatorium, 
vel noam senioris tellei, sub annuo censu XII denariorum prescripti 
canonici Sancti Evurcii possidebunt ; usagium nemoris mortui ad cale- 
factionem et necessitatem fratrum ibidem morantiuui et usum nemoris 
vivi ad ediiicandas, ibi tantum et non alibi, domos babcbunt; pro pascuis 
propriorum animalium et pro panagio propriorum porcorum (h) XII dena- 
rios singulis annis persolvent. Concesserunt ctiam prcfali canonici Sancti 
Evurcii quod (i) in predicto loco per canonicos suos in perpetuum Deo 
desservietur ; nec licebit eis prescriptuni locum sine assensu Gargogi- 
lensis capituli ab (j) abbatis et capituli beati Evurcii dominio removere 
vel in alium ordinem quoquomodo (k) transferre. Si vero aliquis ex cano- 
nicis Gargogilensis ecclesie egritudinelaborans ibidem requioscere volue- 
rit ut celerius salutem recuperet vel, precibus fratrum ibidem Deo mili- 
tantium adjutus (/), securius adcelestem patriam valeat pervenire, bénigne 
eum récipient ac misericorditer et accurate tractabunt. Statutum est 
etiam quod pro uno quoque canonico Gargogilensis ecclesie canonici Sancti 
Evurcii idem oilicium quod de quolibet fratrum suorum celebrare con- 
sueverunt sollempnitei* celebrabunt et simiiiter canonici Gargogilensis 
ecclesie pro singulis canonicis beati Evurcii. 

Âctum publiée Âurelianis, anno incarnati verbi M** G* scptuagesimo 
Vin* 



(b) omnibus omis par C. — (c) dicitur Vadum Ulmi BG. — {d) XXVII F. - 
(e) habent DF. — if) Inter CG. Tout ce qui suit jusqu'à la date manque dans F. 
— /^) reddideriDi BG, — {h) peccorum C ; pccorum G. — (i) quod omis par CG, 
— /jy ex CG, — (k) guoque C. — \),) admonUus B. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIP SIÈCLE liîi 



XVII. — 1178. — Orléans. 

Roger, abbé de Saint-Euoerte d*Orléans, fixe d*un œmmun accord atec 
le cîiapitre de Jargeau les redetances que devra payer son église au dit 
chapitre par suite de l'union du Gué de VOrme à Sainl-Euverte. 

A. Original perdu. 

//. Copie authentique (1580) du vidiinus par Jaccfucs Gaillart, garde de 
la prévôté d'Orléans (24 juillet 1468), d'un accord entre le chapitre 
Saint-Vrain de Jargeau et Tabbaye de Sainl-Euverle {3 juillet lîtô3) 
reproduisant le texte de cette charte, Bibliothèque de la Société archéo- 
logique et historique de l'Orléanais. 

In noniînc sancte et individue Trinitalis anicn. Kgo Hogerius, Sancti 
Evurcii abbas, totusque ejusdem ecclesice conventus omnibus ad quos 
présentes litcre pervenenerint salutem in Domino. Universis tam futuris 
quam presentibus plenius innotescat quod, aprobante et concedente 
capitulo Gargogilensi, de voluntate et consensu Symonis et omnium 
fratrum de Vado Ulmi, doniu[m] illa[m] quu) dicitur Vadum Ulmi in per- 
petuum possidendafmj suscepimus. Quia vero predicta domus in fundo 
terre Gergogilensi[s! capituli lundata est^ inter nos et ipsum capitulum 
est et concessum et statutum ut pro universa posscssionc quam ibi 
Symon et alii fratres habcbant^ tam terre quam nemoris vel prati, viginti 
et duo arpenta tantum haberemus et exinde [a] quatuor solidos Aurélia- 
nensis monete et ccreum, quartam partem unius libre cere habentem, 
annuatim Gargogilensi capitulo persolvemus. Si vero ultra prenominata 
arpentorum quantitate occupatum fuit vel inposterum, in obtione et arbi- 
Irio canonicorum Gargogilensis ecclesic erit vel ex tota terra que ultra 
riginti et duo arpenta invenietur terragiuni et decimam habere vel ex 
singulis arpentis quatuor denarios annuatim recipere. Preterea natato- 
r[i]um vel noam junioris tilieti sub annuo censu duodecim denario[rum^ 
pro predicta ecclesia recipiemus. Usagium quodquod nemoris mortui ad 
calefactionem fratrum et necessitatem ibidem morantium et usum nemo- 
ris vivi ad edificandas, ibidem tantum et non alibi, domos habebimus ; 
pro pascuis vero propriorum animallium et pro pasnagio propriorum 
porcorum fratrum ibidem morantium duodecim denarios singulis annis 
predicte ecclesie persolvemus. Concessimus etiam quod in predicto loco 
per canonicos nostros in perpctuum Deo deservieinus, ncc licebit nobis 
prescriptum locum sine assensu Gargogilensis capituli allieno dominio 
removere vel in alterum ordinem quoquomodo transferre. Si vero aliquis 
ex canonicis Gargogilensis ecclesie egritudine laborans ibidem requies- 
cere voluerit ut celerius salutem reciperet vel, prccibus fratrum ibidem 

[a) exemptum A. Otrrtger. exinde. 



146 A. VIDIER 

Deo militantium admonitus^ securius ad celestcm gratiam valeet pcrvc- 
nîre, bénigne eum recipiemus et misericorditer et accurate tractabimus. 
Concessimus etiani quod pro unoquoque canonico Gargogilensis ecclesie 
idein servicium quod de quolibet fratrum nostrorum celebrare consuevi- 
mus solempniter celebrabimus et simiiiter canonici ecclesie Gargogilen- 
sis pro singulis canonicis nostris. 

Actum publiée Âurelianis, anno incarnationis verbi milesimo [cente- 
simo] septuagesimo octavo. 



XVIII. - 1179, 9 Septembre. - Segni. 

Alexandre III confirme en faveur de Vabbé Roger et du coûtent de Saint- 
Euterte d'Orléans la donation de la maison du Gué de VOrme qui leur 
a été faite par l'évéque^ le chapitre d*Orléans et le chapitre de Jargeau, 

À. Original perdu. 

B, Copie du xviii'' s., dans un cartulaire de Saint-Ëuverte, Bibl. nat., 
ms. lat. 10089, p. 525. — C. Copie du xviii' siècle, Bibl. nat., ms. lat. 
12682, fol. 112, d'après un cartulaire de Saint-Euverte. — l). Copie 
informe. Bibliothèque de la Société archéologique et historique de l'Or- 
léanais. — E, Copie informe, Arch. du Loiret H 4. 

Indiq. : Jaffé, Regesta pontificum Romanorum, u^ 13468 d'après B. 

Alexander, episcopus servus servorum Dei, dilectis filiis Hogerio (a\ 
abbati etconventui Sancti Evurtii Aurclianensis, salutem et apostolicam 
benedictionem. Si quando ab apostolica sede requiritur quod juri conve- 
niat et consonet honestati, petentium desideriis facilem debemus imper- 
tiri consensum eorumque vota cflectu prosequente complere, hac itaque 
ratione inducti et vestris benignius precibus inclinati, domum de Vado 
Ulmi cum pertinentiis suis a venerabili fratre nostro Manasse {b) epis- 
copo et capitulo Aurelianensi nccnon et conventu Gargoliensis occlcsise 
canonice vobis donatam, sicut eampacilice possidetis et in eorum scriptis 
autenticis continetur, vobis et per vos cidem (c) ecclesiœ aucloritate apos- 
tolica cpnfirmamus et presentis scripti patrocinio communimus, statuen- 
tes ut nulli omnino hominum etc. Si qnis autem etc. 

Datum Signie, quinto idus septembris 

XIX. — 1180. - Lorris. 

Philippe-Auguste confirme aux Bons -Hommes du Gué de Chappes les 
libéralités que leur avait faites son pérc Louis VII, savoir : une rente de 

(a) Rogero BC. — {b) M. BC, — (c) per vos omis par £\' continetur et per nos 
eldem D, 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XII® SIÈCLE 147 

18 setiers de seigle sur le grenier royal de Lorris, une distribution quoti- 
dienne de 4 pains, i deniers, 4 demi-'setier de vin et 4 morceaux de chan- 
delle pendanl les séjours du roi à Lorris, distribution qui sera de moitié 
seulement pendant les séjours de la reine. 

A. Original perdu. 

B. Copie du xv* s , Arch. nat., JJ., fol. 163 v* dans le registre E de Phi- 
Hppe-Auguste. — C. Copie authentique du notaire Foubert (9 mai 1644\ 
Arch. du Loiret H 61, d'après le cartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loirc. 
— D. Copie de dom Jandot (1681), ms. de la collection Jarry, à Orléans, 
p. 223, d'après le cartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. — E, Copie de 
dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 118, d'après le cartu- 
laire B de Sainl-Benolt-sur-Loire. — F. Copie du xviii' s., dans le 
cartulaire C de Saint Benolt-sur-Loire, p. 337. — G, Copie abrégée du 
XVII* s., par Fr. Mathieu Gilbert (1708), Bibl. nat., ms. lat 12670, fol. 259, 
d'après le cartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. 

PuBL. : Mabillon, De re diplomatica^ p. 664, d'après le cartulaire B de 
Saint-Benolt-sur-Loire. 

Indiq. : L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste y p. 3, n* 5, 
d'après B et G. 

In nomine sanctsB et individuae Trinitatis amen. Philippus Dei gratia 
Francorum rex. Noverint univers! présentes pariter et futur! quod 
karissimus pater noster Ludovicus bonis hominibus de Vado de Cha- 
petes (d), divinae pietatis intuitu et ob remedium animae suae, donavit 
decem et octo sextarios siliginis annuatim de granario suo apud Lorria- 
cuni (5) percipiendos ; adjccit etiam ut quotiescumque ipsum apud Lor- 
riacum (c) esse contingeret memorati boni homines in illo loco servitio 
Dei vacantes, singulis diebus de liberatione pcrciperent quatuor panes, 
duos denarios, dimidium sestarium vini et quatuor frusta candel» ; si 
regina sine ipso esset apud Lorriaciim [d), dimidiam iiberationem habe- 
rent. Nos itaque beneficium karissimi patris nostri [e) nullatenus quas- 
sare vel diminuere volentes (/*), patrîs nostri mcmoratam donationem con- 
cedimus et sigilii nostri auctoritate ac regii nominis caractère subtus (q) 
annotato conflrmamus (h), 

Actum anno incarnationis dominicœ MCLXXX, regni nostri anno 
primo, apud Lorriacum (i), astantibus in palatio nostro quorum nomina 
supposita sunt et signa. 

S. comitis Theobaldi (J) dapiferi nostri. S. Guidonis buticularii. 
S. Math8Bi(^) camerarii. S. Radulphi constabularii. 

Data par manum (monogramma) (/) Hugonis cancellarii. 

(6t) de Vado de Chappes DG ; de Vado Ghappettes E. — (b) Loriacum C. -— 
{€) Loriacum C. — {d) Loriacum C ; Lorreacum B. — {e) nostri omis par CDEG, 
— if) Dolentes B. — [g] subter EF. — {h) confirma vimus F. — (i) Loriacum CjF.— 
ij) Theobaldi comitis F, — {k) Matthaei F. — (/) monogr, omis par EF, 



148 A. VIDIER 

XX. — 1183. — Saint-Benaît-8ur-Loire. 

Guy, archevêque de Sens, déclare que Sevin de Chappes et les frères dudit 
lieu se sont mis sous sa protectionj quHls ont pris rengagement de ne se 
placer sous la sujétion d*aucune abbaye sans son consentement et, qu'au 
cas où par la suite ils viendraient à le faire, de ne s'unir qu'à la seule 
abbaye de Saint-Benoït-sur-Loire, 

A. Original perdu. 

B, Copie de dom Jandot (1681), nis. de la collection Jarry à Orléans, 
p. 428, d'après le cartulaire B de Saint-Benott-sur-Loire. -- C. Copie do 
dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 118. — l). Copie du 
xvm' s., dans le cartulaire C de Saint-Benolt-sur-Loire, p. 338. 

Guido, Dei gratia Senonensis archiepiscopus, omnibus ad quos littere 
iste pervenerint in Domino salutem. Notum fieri volumus quod venientes 
ante nos frater Seguinus de Capis (a) et fratres ejusdom loci se et ordi- 
nem suum et domum suam nostro specialitcr subdiderunt patrocinio et 
protectioni, firmiter promittentes quod nec se alii ordini nec domum 
suam alii subjicient religioni sine licentia et assensu nostro ; et si forte 
aliquo tempore voluntatem habucrint ut ordinem suum mutent et alium 
suscipiant^ alium suscipere non poterunt quam ordinem Sancti Benedictl 
super Ligerim, nec hoc quidem liccbit eis (acere nisl pcr assensum et 
licentiam nostram et salvo pcr omnia jure Senonensis ecclesiac. Ut ergo 
hoc ratum maneat et tirmum praesenti scrfpto fecimus annotari et sigillo 
nostro muniri. 

Actum apud Sanctum Benedictum in domo abbatis, anno incarnati 
Verbi MCLXXXllI. 

XXI. - 1184, 1" Avril-31 Octobre. - Vitry-aux-Loges. 

Philippe-Auguste donne aux frères du Gué de Chappes le tiers de la 
dime du pain et du vin pendant les séjours du roi à Vit ry aux- Loges. 

A, Original perdu. 

B. Copie de dom Jandot (1681), uis. de la collection Jarry à Orléans, 
p. 230, d'après le cartulaire B de Sainl-Benoll-sur-Loirc. — C. Copie de 
dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lut. 12775, p. 119. — /;. Copie du 
XVIII' siècle, dans le cartulaire C de Saint-Benott-sur-Loire, p. 338. 
— E. Copie de dom Gcrou (1764), Dibl. nat., coll. Moreau, vol. 88, 
fol. 321, d'après 1). 

Indiq. : L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe- Auguste, p. 27, n* 108, 
d'après C et E. 

(a) Cappis B. 



ERMÏTAGES ORLÉANAIS AU XïF SIÈCLE 149 

In Domine sancte ci individue Trinitatis amen. Philippus, Dei gratia 
Krancorum rex. Noverint universi présentes pariter ac futuri quoniam (a) 
nos, intuitu Dei et ob remedium anime nostre et patrisnostri régis Ludo- 
vici et predecessorum nostrorum, dedimus Iratribus de Vado Capparum 
et in perpetuum habendam concessimus tertiam partcm décime totius 
panis et vini quod expendemus quoties (5) et quandiu erimus apud Vitria- 
cum in Logio (c). Quod ut in posterum ratum iilibatumque permaneat pré- 
sentera paginam sigilli nostri authoritate acregii nominis caractère infe- 
rius annotato precepimus conûrmari. 

Âctum Vitriaci in Logio (d) anno incarnati Verbi MCLXXXIUI, 
regni nostri anno V*, astantibus in palatio nostro quorum nomina 
siipposita sunt et signa. 

S. comitis Theobaudi dapiferi nostri. S. Guidonis buticularii. S. Ma- 
thei (e) camerarii. S. Radulphi {f) constabularii. 

Datum per manum Hugonis (monogramma) (g) cancellarii. 

XXII. —Vers lî85^ 

Hugues^ doyen du chapitre d'Orléans^ notifie à Guy, archevêque de 
SenSy que^ avec Vapprobation de Manassès, évêque d'Orléans et du chapitre 
de Jargeau, la maison du Gué de VOrme a été donnée à Véglise Saint-Eu- 
verte d'Orléans et il le requiert de ne pas souffrir qu'il soit porté atteinte 
aux droits de ladite église. 

A. Original perdu. 

B. Copie do xvii* s., Bibl. nat., coll. Baiuze, vol. 78, fol. 74 v', d'après 
un cartulaire de Saint-Euverte. — C. Copie du xviu' s., dans un 
cartulaire de Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. lat. 10089, p. 525. — D. Copio 
du xvm* siècle, Bibl. nat., ms. lat. 12682, fol. 111, d'après un cartulaire 
de Saint-Euverte. 

Sanctissimo patri et domino G., Dei gratia Senoncnsi archiepiscopo, 
H. Âurelianensis ecclesie decanus et totum ejusdcm ecclesie capitulum, 
devotam cum débita reverentia obedientiam veritati testimonium perhi- 
bentes. Sanctitati vestre notum facimus quod ex assensu et voluutate 
M. tune episcopi nostri, assentiente capitulo nostro [et] Gargogilensis 
ecclesie, in cujus fundo domusde Vado Ulmi sita est, idem locus ecclesie 
Beati Evurcii sine reclamatione alicujus persone donatus est. Rogamus 
igitur ne prefatam ecclesiam de re quam catfônice et juste possidet 
injusta vexatione inquietari paciamini. Valete. 

(o) quod C. — (b) quotiens B. — (c) Legio C. — (rf) Legio C. - {e) Matthei D. 
- if) Radulfi D. — {g) monogr. amis par CD. 

i. Cette lettre est vraisemblublement poslérieure à la mort de Tévôquo Ma- 
nasses (118U), tant ù cause do sun auteur le doyen, qu'il cause de l'expression 
lune episcopi. 



150 A. VIDIER 



XXIII. - 1186, 18 Juillet. - Vérone. 

Urbain III à la requête de Semn^ prieur, et des frères de Notre-Dame du 
Gué de Chappes, prend leur église sous sa protection, y confirme rinstitu- 
tion de la règle de saint BenoU, et la propriété de leurs biens, savoir : le 
lieu même jadis donné par Louis VII, où leur maison est établie, dix-huit 
setiers de seigle à prendre chaque année au grenier royal de Lorris, des 
offrandes en pain, argent, vin et chandelle quand le 7*oi ou la reine 
séjournent à Lorris et à Vitry-aux-Loges, des vignes à Châteauneuf, des 
prés tenus à cens près de Chappes, une terre à Saint-Martin d'Ars [les 
Bordes). Le pape en outre les exempte de la dime des novales, les autorise 
à donner asile aux laïques et aux clercs fugitifs, défend aux frères ayant 
fait profession monastique dam leur maison de la quitter sans Vautorisa- 
tion du prieur, leur accorde le droit de célébrer les offices en cas d'interdit 
général, de donner la sépulture, d'élire librement les prieurs, et défend 
d'exercer des violences sur les terres de l'église, 

À. Original perdu. 

B. Copie authentique du notaire Foubert (14 décembre 1644), Arch. 
du Loiret H. 61, d'après le çartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. — 
C, Copie de dom Jandot (1C81), ms. de la collection Jarry à Orléans, 
p. 150, d'après le çartulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. — D. Copie du 
XVII" s., dans le çartulaire E de Saint-Benolt-sur-Loire, fol. 41. — 
E, Copie du xviirs., dans le çartulaire C de Saint- Benolt-sur-Loire, p. 25. 
— F. Copie informe sur parchemin, Arch. du Loiret H 61, d'après le çar- 
tulaire B de Saint-Benolt-sur-Loire. —^ G, Copie abrégée de dom Estien- 
not (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 128. 

Indiq. : Jaffé, Regesta pontifkum romanorum, n« 15648, d'après G. 

Urbanus, episcopus servus servorum Dei, dilectis filiis Sevino, priori 
ecclesiae Sanctœ Mariœ de Vado Caparum (a) ejusque fratribus tam prœ- 
sentibus quam futuris regularem vitam professis, in perpetuum. Quo- 
tiens a nobis petitur quod religioni et honestati convcnire dignoscitur, 
animo nos decet libenti concedere et petentium desideriis efîectum con- 
gruum impertiri. Eapropter dilecti in Domino filii vestris justis postula- 
tionibus clementer annuimus, et prsefatam ecclesiam Sanctœ Mariœ de 
Vado Caparum (b) in qusrdivino estis obsequio mancipati, sub beati Pétri et 
nostra protectione suscipimus et prœsentis scripti privilégie communi- 
mus. Imprimis siquidem statuentes ut ordo monasticus qui secundum 
Deum et beati Benedicti regulam in eodem loco noscitur institutus per- 
petuis ibidem temporibus inviolabiliter observetur. Prœterea quas- 
cumque possessiones, quœcumque bona eadem ecclesia imprsesentiarum 

fa) Capparum C. — (b) Capparum C. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIÏ'' SIÈCLE 151 

juste et canonice possidet, aut in futurum concessione pontificum, lar- 
gitîone regum vel principum, oblatione fidelium seu aliis justis modis 
pru^stante Domino potcrit adipisci, firma vobis vestrisque successoribus 
et illibala permaneant. In quibus ha^c propriis duxinius exprimendum 
vocabulis : Ex dono îliustris niemoriœ Ludovici régis Francorum, locum 
ipsura cum pertinentiis (c) suis, decem et octo sextarios siliginis annua- 
tim de granario regio ((/) apud Lorriacam (e) et quamdiu rex ibidem 
fuerit, singulis diebus de domo (/*) ejus quatuor panes, duos denarios, 
dimidiuui sexlarium vini et quatuor frusta candelarum, quod si regina 
dbsque rege ibidem fuerit medietatem duntaxat horum recipietis ; ter- 
tiam practerea parlem decimse panis et vini régis quoties et quamdiu 
perhendinavcrit {g) apud Vitriacum in Logio {h) ; vineas quas habetis apud 
Castellum Novum et prata qua3 tcnctis ad censum prope Cappas, cum 
terra quam habetis de ipsa qua^ fuit Burchardi (i) apud Sanctum Marli- 
num de Ars (;). Sane novalium vestrorum quap propriis manibus aut 
sumplibus colitis, sive de nutrimentis vestrorum animalium, nulius a 
vobis décimas exigere vel extorquere pro^sumat. Liccat quoque vobis 
clericos vel laicos e sœculo fugientes liberos et absolutos ad conversio- 
nem reciperc, et eos absque contradictione aliqua retinere. Prohibemus 
insuper ut nulli fratrum vestrorum post factam in eodem loco professio- 
nem fas sit de ipso sine prioris sui licentia nisi arctioris religionis 
obtentu discedere, discedente [k) vero, absque communium litterarum 
cautione nuUus audeat retinere. Cum autem générale interdictum terrai 
fuerit, liceat vobis, clausis januis, exclusis excommunicatis et inter- 
dictis, non pulsatis campanis, suppressa voce, divina officia celebrare. 
Sepulturam prœterea ipsius loci liberam esse decernimus, ut eorum 
devotioni et extremœ voluntati qui se illic sepeliri deliberaverint, nisi 
forte excommunicati vel interdicti sint, nuUus obsistat, salva tamen 
justitia illarum ecclesiarum a quibus mortuorum corpora assumuntur. 
Obeunte vero te nunc ejusdem loci priore, vel quolibet tuorum {l) succes- 
sorum, nulius ibi qualibet subreptionis astutia seu violentia prœpo- 
natur, nisi quem fratres communi consensu vel fratrum pars consilii 
sanioris [m) secundum Dei timorem et beati Benedicti regulam provide- 
rint eligendum. Paci quoque et tranquillîtati vestr.T^ patcrna in poste- 
rum solliciludine providere volantes, authoritate apostolica prohibemus 
ne quis înfra ambîtum domorum vcstrarum furtum facere, ignem appo- 
nere, hominem capere vel interfii^ere rapinamve committere, seu aliquam 
violentiam temere audeat exercere. Decernimus ergo etc.. Si qua igitur 
etc.. Cunctis autem, etc.. Amen, Amen, Amen. 
[Rota) (n) Ego Urbanus, catholica» ecclesiae episcopus, SS. Benevalete. 

iC) cum omnibus pertinentiis C. — (d) régis DE, — (e) Lorlacum BDE. — 
if) donls E. -- (g) perhennimaveril C. - (h) Legio DE. — (i) Buchardi CDE. — 
ij) AcP8 BDE. — {k) discedentem C. — (l) tuorum quolibet C. — [m) sanioris 
consilii C. — (n) Rota non figurée par C. Les croix omises par toutes tes copiPd 
$auf C. Les SS irrégulièrement donnés par les différentes copies. 



152 A. VIDIER 

f Ego HenricujS, Albanensis cpiscopus, SS. 

f Ego Paulus, Prœnestinus (o) episcopus, SS. 

f Ego Johannes, presbiter cardinalis tituli sancti Marci, SS. 

f Ego Laborans, presbiter cardinalis sanctae Mariae trans Tyberim 
tituli sancti Calixti, SS. 

f Ego Pandulfus [p), presbiter cardinalis tituli XII apostolorum, SS. 

f Ego Albinus, presbiter cardinalis tituli sanctœ Crucis in Jérusa- 
lem, SS. 

f Ego Melior (g), presbiter cardinalis sanctorum Joannis et Pauli 
tituli Pagmachii, SS. 

f Ego Jacinthus(r), diaconus(.<i cardinalis sanctu) Mariœ in Cosmi- 
din, SS. 

f Ego Gratianus, sanctorum Cosma> et Damiani diaconus cardi- 
nalis^ SS. 

t Ego Bobo (0, sancti Angeli diaconus cardinalis, SS. 

f Ego Octavianus, (ti) sanctorum Sergii et Bachi diaconus cardinalis, SS. 

f Ego Sonredus(r), sanctœ Mariœ in Via Lata diaconus cardinalis, SS. 

f Ego Rolandus(a;), sanctae Maria) in Porticu diaconus cardinalis, SS. 

f Ego Radulfus {z), sancti Gcorgii ad Vélum aureum diaconus cardi- 
' nalis, SS. 

Datum Veronee, per manum Alberti (a), sanctœ Romanae ecclesiee pres- 
biteri cardinalis et cancellarii, HI idus julii, indictione IIH", incarnatio- 
nis dominicsB anno MCLXXXVI, pontificatus vero domni Urbani papœ III 
anno primo. 



XXIV. — 1187. — Saint-Benoît-sur-Loire. 

Garnier abbé et le chapitre de Saint- Benoit-sur- Loin, considérant l'en- 
gagement précédemment pris en présence de Guy, archevêque de Sens, par 
Secin, prieur, et les hermites de Chappes, à la requête du dit Sevin et de ses* 
confrères et sur la demande du roi Philippe, prennent la maison de Chappes 
sous leur protection, la placent sous leur juridiction et fixent les condi- 
tions de cette union. 

A, Original, cirographe, trace de deux doubles queues, les sceaux 
manquent, Arch. du Loiret II 61. 

B. Copie de dom Chazal (1725), Bibl. d'Orléans, ms. 490-491 (270 bis) 
p. 439, d'après A» — C. Copie de dom Jandot (1681), ms. de la collection 
Jarry à Orléans, p. 431^ d'après le cartulàirc^deSaint-Benolt-sur-Loire. 

(0) Prsenestensis C. — (p) Pandulphus C ; Pardulfus G. — {q) Mehor C ; 
Melchior DEF; — (r) Hyacinlhus B; Hyacinlus C; Jacintus DE. — (s) presbiter 
BDEFG, — (0 Rolo BDEFG ; Uobo C. Corriger Bobo. ~ (u) Cette souscriiHion 
et la suivante omises par DE. — (v) Gofredus BCF ; Goliredus G. Coti'iger 
SonreûuH. — {X) Rollandus CG. — (s) Kadulphus C. - (a) A Iberici BD£FG. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU Xïï« SIÈCLE <53 

- /). Copie de dom Estiennot (1680), Bibl. nat., ms. lat. 12775, p. 120. 

— Copie du XYiii* s., dans le cartulaire C de Saint-Benott-sur-Loire, 
p. 338. 

CaRTA GARNfERII ABBATIS DE CaPIS (a). 
CiROORAPHUS (6). 

Quoniara ea que sub oculis presentium juste et legittime geruntur ne 
oblivione possint deleri ad posterorum notitiam necessarlum est perve- 
nire. Ea propter ego Garnerius, Del gratia Sanctl Benedicti Floriacensis 
humilistabbas. et universum ejusdem ecclesîe capitulum omnibus pre- 
sentibus et futuris notum facimus quod frater Sevinus, prior de Capis 
et alîi fralres ibidem vltam heremiticam ducentes, in presentia venerabilis 
archiepiscopi Senonensis Guidonis, nobls compromiserunt quod ad nul- 
lam religionem transmigrarent nec alicujus alius ecclesie capud suum 
lacèrent nisi de ecclesia Sancti Benedicti Floriacensis ; quod ne in pos- 
terum quoquomodo malitiose posset infringi, ipse dominus Senonensis 
lilterarum suarum munimento et sigilli sui impressîone hoc munivit et 
confirmavit. Processu vero temporis succedente, memoratus frater 
Sevus [sic] et alii fratres ad monasterium nostrum venientes summa cum 
devotione humiliter a nobis expetierunt ut in protectione et juridicione 
nostra eos susciperemus et sua cum omnibus possessionibus et appen- 
diciis suis. Quorum devotionem et benignitatem adtendentes, ad peti- 
cionem insuper illustris Régis Francorum Philippi, peticionibus eorum 
bénigne annuimus et tam ex nostro quam ex eorum assensu sub tali 
tenore eos in protectione et juriditione nostra suscepimus, videlicet quod 
frater Sevinus et alii fratres clerici de Capis professionem nobis fecerunt 
et obedientiam secundum regulam sancti Benedicti nobis promiserunt, 
quod similiter successores eorum clerici nobis semper facient ; in choro 
monasterii nostri et in refectorio et in capitulo fratres clerici stallum 
suum habebunt, conversi vero ultimi manducabunt. Quandiu inter nos 
fuerint frocco nigro utentur, foras vero scapulare nigrum tam laici 
quam clerici in signum noslre professionis portabunt. Cum autem fra- 
tres apud Sanctum Benedictum venerint de licentia prioris sui, licebît 
eis domos ville ingredi, sed tune in monasterium non intrabunt, nisi per 
nostram licentiam ; ingressi autem in monastcriuai minime exibunt nec 
domos ville intrabunt, nisi de licentia nostra. Quando autem fratrem 
Sevînum seu quemlibet successorum suorum priorum decedere conti- 
gerit, de substiluendo priore tali modo tractabîtur : fratres de Capis ad 
nos venient, et accepta a nobis eligendi licentia, si aliquem inter ipsos 
ad prioratus offîcium ulilem et idoneum invencrint ipsum poterunt eli- 
gere, et electum nobis tenentur presentare ; si autem in electione dis- 
cordes inventi fuerint, quem nos secundum timorem Domini et consi- 

(a) Note contemporaine de l'acte au dos de l'original. — {b) La partie supé- 
rieure des lettres de ce mot est coupée. 

Moyen Age, t. XIX 11 



154 A. viniER 

lium religiosorum virorum elegerimus ibidem substitucmus; substitutus 
vero prior a prioratu non amovebitur nisi evidens fucrit causa pro qua 
prioratus sui privatione debeat militari. Prelerea gravamini eorum in 
posterum precaventes statuimus ut nuiium in domibus suis clericum 
sive iaicum nisi de voluntate et consilio nostro suscipiant, et quia ipsi 
nobis tenentur obedire simili modo et nos tenemur eos vifaitare, et si 
quid luerit inter eos corrigendum quod per se emendare non valeant, 
nos illud per nos vel per fratres nostros emcndabimus. De domo quoquc 
nostra que fons SancteCrucis dicitur, quam eis propria largitione dedi- 
mus et concessimus in perpetuum tenendam cum omnibus possessio- 
nibus et appendiciis suis, cellerario solitam reddent censivam/scilicet 
annis singulis sex solidos parisiacensium in Illatione bcati patris Bene- 
dicti ; ad quametiam domum prioratus sui capud transitèrent. De incultis 
vero terris et aliis que salvo jure aliorum ad prenominatam domum 
adquirere potcrunt eis ad predictam censivam tenenda concessimus. 
Quod ut ratum et inconcussum permaneat in posterum sigiili nostri et 
capituli munimine confirmavimus sub cirographo sicut presens pagina 
partita testatur, cujus unam partcm scpedicto Sevino et fratribus de 
Capis tradidimus sigiiiatam, reiiquam vero pênes nos reservandam reti- 
nuimus. 

Actum publice in capitulo nostro anno ab incarnatione Domini M° C" 
LXXX« septimo. 

Hujus rei testes sunt ex parte nostra : Artaudus prior, Arnulfus sup- 
prior, Guillelmus tercius in ordine^ Guilleimus armarius, Guillelmus 
cellerarius, Theobaldus elemosinarius, Jobannes intirmarius et alii 
multi ; laici vero, Gaufredus major, Guidbertus Dies Jovis, Fredericus. 
Ex parte Sevini : Manasses, Tiieobaldus, Christianus, Petrus presbiter. 
Gaufredus presbiter de Vcteribus domibus. 

Data per manum Guillelmi armarii. 



XXV. - S. d. 

Cens dus et reçus par la maison du Gué de VOrme. 

A. Original perdu. 

B. Copie du xviii* s., dans un cartulaire Saint-Euverte, Bibl. nat., ms. 
lat. 10089, p. 512 ». 

ISTI SUNT REDDITUS QUOS UABET RT DEBET DoMUS VaDI UlMI. 

Domus de Vado Ulmi nostra est cum appendiciis suis, terra arabilis 
cl prata que circa domum sunt cum censu reddcndo. De quibus debe- 

i. Copie très incorrecte* dont on corrige dans le texte quelques leçons évidem- 
ment fautives. 



ERMITAGES ORLÉANAIS AU XIF SIÈCLE 155 

mus ccclesie Sancti Verani de.Gargogilo in festo sancte Crucis in niaio VI 
solidos censuales, tam de domo quamde pratis et de terris arabilibus, et 
cereum quemdam de UDa libra subtilis cerc in festo sancti Johannis et 
Pànli et de teneuris de ultra (a)... Sancto Benedicto II solidos et IIII dene- 
rios in festo sancti Benedicti in julio, qui reddentur majoride Mesnis, et 
II denarios majori de Germeniaco. Predicta domus IIII arpentos vinea- 
rum habet ad Castruni Novum, de quibus débemus II solidos et I dena- 
riura census P. de Roncia in medio XL*, et priori de Castro Novoobolum, 
et domine Ysvene et sociis ejus VI denarios in festo sancti Remigii, et 
domino régi debemus III denarios census pro domo nostra de Castro 
Novo et pro platea, qui redduntur priori de Castro Novo. Habet etiam ad 
Suri (b) XII minas segetis singulis annis in tercio (sic) décime, de elemosina 
Godefridi Raveau, et ad Vada XII minas sigali ad minam Aurelianensem, 
de elemosina Adam Brenni {sic)ei matris ; ad Montrale, terram ad IIII boves, 
quam Gilebertus Lipotet Menet fîlius ejus tenent ; ad vicariam XL sol. 
reddendo[s] singulis annis ad Vadum Ulmi per duos terminos, ad Pascha 
scilicet et ad sanctum Remigium ; habet etiam medietatem de cultura [c) 
décime, ille qui tenet terram de Tribus fontibus [ab ] abbate nostro, habet 
in feodo ad servicium roncini. 

Census quos (d) debemus : in aiedio [e) quadragesime, Petro de Mon- 
barroes, II solidos I denarium pro vinca dj monte et pro vinea de valle. 

In festo sancti Benedicti hyemalis, priori de Castro Novo, I obolum dé 
vinea de Berchot, non pro tota vinea de Berchot, set pro quadam pecia 
vinee que tenet vinee de Berchot. 

In festo sancte Crucis in maio, majori de MonlordinoC/*) pro omnibus 
terris nostris XIllI solidos et II denarios, quos recipit pro capitulo de 
Jargolio apud Monlordinum. 

Item in festo sanctorum Johannis et Pauli, capitulo Jargolio, unum 
cereum, quartam partem unius (g) libre continentem, quod débet tradi 
borsariis ecclesie non alibi. 

Item in festo sancti Johannis, preposito de Castro Novo, IX denarios 
pro domo et area. 

Item in festo sancti Benedicti in julio, majori de Meniz, II sol. et II den. 
pro prato et insula que sunt ultra natatoriam ; item I den. pro prato au 
Bore. 

Census qui debetur nobis in festo beati Laurentii in domo de Vado 
Ulmi : de vinea de Sosiaco, Raginaldus Torel, I den., domna Gila, I den., 
relicta Raginaldi Loge, I den., Guillermus de Vilete, 1 den., Johannes 
Piquaut, I den., Petrus Andri, I den., Guillelmusde Chareton clericus, 
Iden., Guiardus Perronele, I den. 

(a) « Ainsi en blanc au cartulaire original » li. ■— (b) Suin B. — (c) culture B^ 
— (//) qua B. — -e) médias B. — (f) Monlordini B. — (g) minus B. 



156 A. VIDIER 

Debetur domui de Vado Ulmi singulis annis XII minas sigali in décima 
de Suri ad mansuram dicte ville juxtam, et debemus primo capere in 
décima et per cartam. 

Item habet XII eminas sigali in territorio de Vadis ad mensuram Âurè- 
lianensem in festo beati Remigii. 

Item habet XII eminas sigali ad mensuram beati Benedicti ultra SoUa- 
cum (/i), quas debent heredes de Moys in festo sancti Remigii apud Sanctum 
Petrum ultra Ligerim. 

Item habet octo eminas sigali ad mensuram Aurelianensem et II soli- 
dos census in festo sancti Michaelis in domo de Vado Ulmi. 

Item habet 1 denarium census apud Sosiacum in festo beati Laurencii 
in domo de Vado Ulmi soluturum. 

(h) Sollacus B. 



COMPTES RENDUS 



Albert Metcke. — Die Lieder des altfranzosischen Lyrlkers 
Onie le Vinler, Inaugural-Dissertation zur Erlangung dcr philo- 
sophischen Doctorwûrde. — Halle am Saale, C. A. Kaemmerer, 
t906;in-8^ SO p. 

Parmi les écoles romanistes des universités allemandes, où pro- 
fessent des maîtres d'une autorité scientifique universellement 
reconnue, celle de Halle s'est placée aux premiers rangs par U) 
nombre, la variété et l'importance des travaux que ses élèves 
livrent chaque année à la publicité. Pour ne parler que de ceux 
qui ont trait à notre vieille langue du nord, nous pouvons, sans 
remonter bien haut, rappeler les recherches de A. Baudlcr sur 
Guiot de Protins , de Ernst Pein sur F/i Passion et la Vengence de, 
Ihisucrist (sujet déjà traité avec une rare compétence par le 
Dr Walther Sucbier), de Max Richter sur les Chansons du trouvi're 
Ifan de NueviUe, de Konrad Weisker sur la Chronique de lluguc de 
Totd, de Alfred Fichtner sur la Prise d'Orange et l'origine du cotc- 
mnt Vivien, de Jobannes Mackrodt sur la légende picarde et la 
Romance du sire de Criqui, etc. 

Nous avons ici même signalé, au moment de sa publication, 
l'étude de Reinhold Schmidt sur les Chansons de Andrieu Con- 
tredit d^Arras. C'est encore à un de nos chansonniers artésiens, 
Gille le Vinier, que M. Albert Metcke emprunte à son tour le sujet 
d'une thèse de doctorat. Cette préférence pour nos poetœ minores 
s'explique aisément: chacun d'eux, en effet, ofire aux jeunes 
romanistes un terrain de recherches déjà frayé et nettement 
circonscrit, où la rencontre d'une foule de petits problèmes 
historiques et philologiques ne peut manquer de fournir à leur 
sagacité l'occasion de faire ses preuves. 

Les deux frères Gille et Guillaume le Vinier, l'un prêtre, ofTi- 
cial et chanoine d'Arras, l'autre simple clerc, marié et bourgeois, 



158 COMPTES RENDUS 

ont pu èlre replacés dans leur cadre historique et social, grâce à 
certains documents d'archives mis au jour, il y a une dizaine d'an- 
nées*. Après les avoir résumés avec une scrupuleuse exactitude 
dans un premier chapitre d'exposition biographique, M. Metcke 
se demande ensuite quelles sont les compositions que l'on peut, 
avec quelque certitude, attribuer à son poète. Il en compte six : 

/. Aller m'estuet la ou je trerai paine. 

2, Amors qui le me commande. 

3, Maistre Simon, d'un essample noveL 

4, Biaus m'est prinstans. 

.7. Au partir de la froidure, 
6. A ce m'acort. 

M. Metcke rejette comme douteuse la pastorale Dalès un pre ver- 
doiant ; il laisse à (luillaume le Vinier^ comme protagoniste, le jeu 
parti entre lui et son frère Gille : Sire frere^ fêtes m'un jugement; 
enfin il adjuge à Oudart de Laceni la chanson Amors et déduis et 
joie. 

Ce premier point établi, Fauteur procède à l'examen des manus- 
crits, compare leurs variantes, établit leur filiation. Vient ensuite, 
conformément au programme, la dissection anatomique des textes 
au point de vue de la métrique, de la langue, de sa phonétique, 
de ses dérivations, de ses fiexions, etc., partie technique de la 
thèse, où les doctrines philologiques de l'enseignement universi- 
taire doivent trouver leur application. La matière est troparide pour 
que nous nous aventurions ici sur ce terrain professionnel, mais 
le lecteur peut y suivre la thèse en toute confiance, car elle a pour 
guide une compétence irrécusable, celle de Tauteur du traité clas- 
sique sur Les voyelles toniques du vieux français 2. 

La dernière partie du travail de M. Metcke, pour nous la plus 
intéressante, est consacrée à l'établissement du texte des six com- 
positions attribuées par lui à notre chansonnier. La paternité de 
la première est disputée à Gille le Vînier par Hue, châtelain 
d'Arras, auquel l'assignent, sur la foi d'un excellent manuscrit, 

1. Recherches biographiques sur les Trouvères artésiens, dans le Bulletin 
historique et philologique du Comité des Travaux historiques, année 1894. 

2. Cette traduction du traité Die betonten Vocale de M. le Prof. Hermano 
Suchler virnt de paraître chez H. Champion, éditeur. Paris, 1906, in*8*. 



A. METCKE : GILLE LE VINIER 159 

A. Dinaux, Paulin Paris et H. Passy. C'est un chant d'adieu, 
adressé à sa « douce dame, contesse et chastelaine, » par un croisé 
qui part « el règne de Surie ». A première vue, le sujet paraît con- 
venir à un homme d'épée, plutôt qu'à un prêtre. Il est vrai pourtant 
que Gille le Vinier fit, en 1250, le voyage d'outre-mer, mais en 
Egypte, et pour une mission dont l'objet reste inconnu. D aulre 
part, le châtelain d'Arrasetsa famille (Conr/e de Bodel, v. 445) ne 
restèrent vraisemblablement pas étrangers au mouvement qui, à 
la fin du xii^ siècle, entraînait, avec toute la chevalerie d'Artois, 
Quesnes de Béthune « sospirant en Surie K » 
L'envoi de la chanson milite d'ailleurs en faveur du châtelain : 

Li Chastelains d'Arras dist en ses chans : 
Ne doit avoir amour vraie entérine 
Ki a la fois n'en est liés et dolans ; 
Por ce se met dei tout en ses comans. 

A cela M. Metcke, qui tient pour Gille le Vinier, répond qu'il 
n'y a dans ces vers qu'une simple citation, produite par l'auteur à 
l'appui de sa thèse. S'il en était ainsi, on comprendrait certes 
mieux l'arbitrage d'un Châtelain de Couci ou d'un Roi de Navarre. 
Mais en accordant à ce Châtelain d'Arras, dont on ne con;naît 
presque rien, une autorité doctrinale aussi peu justifiée, au moins 
le chansonnier qui l'invoque devait-il, ce semble, appliquer la sen- 
tence à son cas particulier et conclure ainsi en son propre nom : 

Por ce me met del tout en ses comans, 
comme le fait ailleurs Quesnes de Béthune : 

Si me mettrai del tout à son commant -. 

Du moment, au contraire, où c'est le même personnage qui 
résume la théorie de la chanson et s'en applique la formule, on est 
autorisé, si je ne me trompe, à voir dans l'envoi final, non pas une 
citation, mais la signature môme de Tauteur. 

Nous remarquons dans cette pièce un vers faux, st. 1, 3 : 

Mainte pensée j'avrai greverainc. 
On rétablirait la mesure en lisant : 

Mainte pensée i avrai greveraine. 

1. A. Dinaux, Trouvères artésiens, p. 397. 

2. P. Paris, Roinanccro, p. 89. 



160 COMPTES RENDUS 

Plus importantes sont les erreurs que présente le n"* 3, st. VIII du 
jeu parti entre Gille le Vinier et Simon d'Autie : 

Gilles a d'autres amours plain son tavlel. 
Gilles, la vostro escriro n'i poriés, 
N'en une chire et mole eraprainderiés 
Plus de legier vostre amour k'el secl. 

Il est impossible de rien comprendre à cette argumentation de 
Simon en faveur de sd thèse, à savoir <c qu'un jouvencel ne doit 
avoir vieille amie ». D'après la lecture de M. Metcke, le manuscrit 
d'Arras porterait : 

Gielles a d'autres amours plaine son tavelel. 

Ainsi transcrite, la phrase n'a pas de sens. Gielles est certaine- 
ment un mot estropié ; mais la leçon à substituer ne peut être 
Gilles, c'est mellc{s) : 

Vielle a d'autres amours plain son tavlel. 

La méprise portant sur la majuscule initiale de la strophe, 
semble imputable au rubricateur K 

Le texte du troisième vers n'est pas moins fautif dans le 
manuscrit : 

En nune chire et mole emprainderiez... 

Comment lire le second mot ? Vouloir, comme plus haut, l'ex- 
pliquer par n-hune, en faisant de Vn une négation transposée, 
n'aboutit qu'à un contre-sens ; d'autre part la leçon une rend inex- 
plicable la conjonction qui précède mole. On ne saurait donc voir 
dans nune qu'une première épithète altérée de chire, telle que 
nu(7?)e, à moins de lire une, mais en supprimant la conjonction, ce 
qui me paraît le plus vraisemblable : 

En une chire mole empraindriez... 
En tout cas, le sens général ne laisse aucun doute : 

Vieille a d'autres amours ses tablettes remplies ; 
Gilles, vous ne pourriez jamais y inscrire le vôtre. 
[Mais] en une cire mole, l'empreinte 
En serait plus facile que celle d'un sceau. 

1. Vérification faite, le ms. d'Arras écrit u Vielles » et non u Gielles » ; le 
rubricaicwT est donc hors de cause. 



A. MET(KE : GILLE LE VINIER ' 161 

Cest le développement logique du plaidoyer de Simon en faveur 
de la jeunesse. 

Plus bas : 

Mouton metés, maistre, en vostre cefcel. 
n'est apparemment qu'une faute d'impression pour « Bouton 
metés.. X». Il suffit de la signaler ^ 

Une dernière observation m'est suggérée par le passage suivant 
de la pièce n^ 6, st. III, v. 15 : 

Tant puet demorcr 
Bontés desirec, 
Ke par désirer 
lert m'amors hastcc. 
Je comprends : 

lert ma mors haBtce 

C'est la môme pensée que nous trouvons reprise un peu plus 
Ioin,9t. lV,v. 21 : 

Que vostre cuers me consente 
K'autre fois mie vous sente. 
Trop estes de soucors lente, 

Si n'ai deservi 

Ke je muire ensi. 

Notons, dans le passage ci-dessus, le mot mie souligné, qui rend 
la phrase obscure; elle deviendra lumineuse en lisant ainsi ce 
vœu — dépouillé d'artifice : 

Que vostre cuers me consente 

K'autre fois nue vous sente. 

Ce descort, dont M. Metcke publie pour la première fois le texte 
complet, nous ouvre des perspectives sur la galanterie des clercs 
en ce temps-là. Il nous montre sous un jour nouveau la physio- 
nomie de notre officiai d'Arras. On voit que l'hôte du cloître de 
la Cité * laissait à d'autres Tidéal des manifestations platoniques. 
Certes, son imagination poétique savait enguirlander l'expression 
de ses requêtes amoureuses; mais au fond, c'était un réaliste. 

A. GUESNON. 

i. La leçon fauUve ici relevée est celle du ms. d'Arras, ce qui l'explique sans 
la jusUfier. 
2. n habitait la maison canoniale n* 2 de la Place de la Préfecture actuelle. 



162- COMPTES RENDUS 



J. M. RiGG. — Calendar of the plea rolls of the Exchequer of the 
Jews preserved In the public Record Office. Vol. I., 
Henry llf, A. D. 4278 1272. — London, Macmillan 1905 ; iii-4", 
xx-367 p. (The Jewish historical Society of England.) 

Les Archives de l'Echiquier juif conservées au Uccord Office 
comprennent trois séries : les rôles des recettes perçues sur les 
Juifs ; une collection de documents variés ; et une cinquantaine de 
rôles judiciaires formant pour le règne de Henri III une collection 
très incomplète et pour le règne d'Edouard I'»" une série mieux 
suivie. Les IHea Holls restèrent à peu près inutilisés jusqu'en 1844 
quand Henry Cole publia ceux de 1218-1210 dans les Documents 
illustratives of Emjlifih Imionj, Un travail de Gross (The Krchcqucr of 
tlic Jeu s of ErKjland), paru lors de l'exposition anglo-juive de 1S88, 
rappela l'attention sur cette source. M. Rigg s'est attaché à la faire 
connaître entièrement. Kn 190211 pubHait pour la Svlden Society et 
la Société d'histoire juive d'Angleterre un choix de pièces sous le 
titre de Select Vleas^ starrs and other records from the rolls of the 
Exchequer of the Jars, Le nouveau volume, paru sous les auspices 
de la même Société juive, donne l'analyse et dçs extraits de tous les 
rôles judiciaires conservés pour le règne de Henri 111 : ils corres- 
pondent aux années 1218-1220, i24'i-1245, 1232, 12:)3, 1266-1208, 
1270 et 1272. 

Si le premier texte relatif à l'Echiquier juif ne date précisément 
que de 1218, on sait que son organisation peut être reportée aux 
dernières années du règne de Richard 111. A la suite des massacres 
de York (1190), où avaient disparu non seulement quelques 
centaines de Juifs, mais les obligali )ns à eux souscrites par leurs 
débiteurs chrétiens, la couronne avait pris des mesures pour 
protéger sinon les personnes, du moins les créances des Israélites : 
elle avait établi dans un certain nombre de villes des oflices 
d'enregistrement (Archœ) où tous Jictes entre Chrétiens et Juifs 
devaient être conservés sous forme de duplicata ou de mémento. 
L'habitude s'établit même de faite enregistrer les quittances 
délivrées par les créanciers remboursés. On comprend dès lors 
quel instrument pouvaient devenir res bureaux dans la main du 
roi : c'était comme un service de slatistique qui le renseignait de 



RIGG : PLEA ROLLS OF THE JEVVS 163 

façon précise sur la situation de fortune des Juifs et fournissait 
une base certaine à la levée des tailles Les vingt-six arcliœ, qui 
existaient au milieu du xiip siècle, étaient quvertes en tout temps 
à rinspection des agents do la couronne : chaque fois qu'il plaisait 
au roi, les registres étaient fermés, les affaires suspendues et un 
état des contrats dressé. 

A cette création correspondit rétablissement à l'intérieur .de 
l'Echiquier d'un département spécial : constitué primitivement 
par quatre ((gardes » des Juifs, dont deux avaient même été un 
moment Israélites, l'Echiquier juif se trouva investi d'une double 
fonction : contrôle administratif des offices d'enregistrement ; 
connaissance des causes plaidées entre Chrétiens et Juifs et jugées 
avec le concours d'un jury mixte. Les affaires où les deux parties 
étaient juives relevaient des tribunaux juifs, à Texceplion de 
certains cas royaux, tels qu'homicide, effraction ou incendie, 
réservés à l'Echiquier juif et jugés avec un jury exclusivement 
juif. Cette égalité — qui se retrouve dans l'institution d'un 
personnel mi-juif, mi-chrétien pour les arcluv — était d'ailleurs 
peut-être plus apparente que réelle : ainsi les frais de procédure à 
ce tribunal étaient plus onéreux aux Juifs qu'aux Chrétiens. 
D'autre part cette juridiction spéciale pouvait toujours être 
suspendue et elle avait des pouvoirs assez mal délimités : des 
conffits de compétence paraissent s'être souvent produits et les 
juges itinérants ou les cours ecclésiastiques semblent avoir plus 
d'une fois empiété sur ses attributions. Elle restait enfin toujours 
subordonnée au trésorier et aux barons de TEchiquier, dont elle 
prenait les avis en cas grave. Ainsi, bien que possédant un sceau 
particulier et un personnel propre, elle n'a jamais été une cour 
autonome, et malgré des essais d'émancipation elle est demeurée 
un rouage du grand Echiquier. 

Cependant la richesse des Juifs, leur activité commerciale et 
financière, la fréquence des affaires qui les concernaient ne 
tardèrent pas à donner à TEchiquier juif un nMe important, mais 
il dut surtout cette importance à la multiplicité des tailles qui 
vinrent frapper ses justiciables. La couronne trouvait dans les 
Juifs des banquiers forcés ; eux et leurs biens étaient sa propriété ; 
détourner quelque chose de leur fortune, c'était frustrer le domaine 
royal. Très 161 le souverain avait compris l'intérêt de soustraire 



164 COMPTES RENDUS 

les Juifs à la domination des barons et de monopoliser leur activité 
à son profit. Les tailles sont donc anciennes, mais Henri III en 
perfectionne la perception. Sous le contrôle de TEcbiquier juif, 
un inventaire est dressé des actes enregistrés dans les archœ ; le 
montant de la taille est fixé sur cette base ; les Israélites les plus 
ricbes sont rendus responsables du total ; ils répartissent la 
contribution entre les membres de la communauté et la font 
rentrer, au besoin par contrainte. La taille est levée désormais 
avec moins de violence, mais avec plus de régularité. Et quand la 
communauté ne répond pas aux sollicitations du roi avec l'élas- 
ticité voulue, un redoublement de rigueurs, une menace d'expul- 
sion, un rappel des canons du Concile d'Oxford (1222) vient à 
point exciter leur zèle ; et si certaines mesures, comme le domicile 
forcé dans certaines villes, l'imposition d'une (( marque », peuvent 
au besoin passer, aux yeux de certains écrivains, pour des signes 
de bienveillance, on ne peut s'empêcher de constater qu'elles 
facilitaient singulièrement la rentrée des taxes. Pendant les treize 
premières années de son règne, Henri 111 exige des Juifs 
10,000 marcs ; de 1230 à 1240, le total des tailles s'élève à 
18,000 marcs, de 1240 à 1250, à 80,000. 

L'examen détaillé de ces chiffres pourrait montrer comment les 
Juifs ressentent le contre-coup de la politique royale. Pour eux, 
l'arrivée de Pierre des Roches au gouvernement, la régence de 
Richard de Cornouailles, l'expédition du prince Edouard en Sicile 
ont des conséquences financières. C'est au moment où les rapports 
sont le plus difficiles entre la couronne et les barons que les taxes 
pèsent le plus lourdement sur les Juifs. En 1237, les derniers 
arrérages d'une taille de 10,000 marcs sont réclamés avec rigueur; 
en 1241 cette contribution est doublée, après réunion d'ailleurs 
d'une assemblée de notables juifs à Worcester. Aussi bien des 
notables juifs étaient-ils souvent adjoints aux magistrats de 
l'Echiquier juif, qui mettaient à profit leur connaissance spéciale 
des fortunes de leurs coreligionnaires; et par cette marque de 
distinction, accompagnée de menus faveurs, le souverain essayait 
de former parmi les Juifs comme le noyau d'un parti royaliste. 

Ce n'est pas en effet comme banquiers seulement que la couronne 
utilise ses Juifs ; ils peuvent lui servir d'instrument politique 
contre les barons : les seigneurs féodaux, empruntant aux Juifs, 



RIGG : PLEA ROLLS OF THE JEVVS 465 

leur reconnaissaient en garantie certains droits sur leurs châteaux ; 
rintérét du roi et celui des préteurs se confondent ici pour 
retarder le plus possible le dégagement de ces garanties ; et les 
doléances des barons à Oxford rappellent qu'ils ne peuvent qu'avec 
peine se faire restituer leurs sûretés. On comprend dès lors que la 
guerre civile se soit compliquée de mouvements anti-juifs : à Wor- 
cester, à Londres, à Northampton, à Lincoln, les juiveries sont 
attaquées et les incidents comme le sac de Varclia de Cantorbery 
(p. 160, 182, 183) sont fréquents ; le pillage des archœ était d'autant 
plus grave qu'à la fin du règne de Henri III on y conservait non 
plus des copies, mais les originaux (voy. p. 162, etc.): môme, api es 
la bataille de Lewes, Simon de Montfort fit annuler toutes les 
créances juives. 

Ces exemples montrent combien précaire était la situation des 
Juifs à ce point de vue. En dehors des privilèges dont l'ensemble 
formait la coutume juive, ils n'avaient d'autre loi que le caprice 
royal. La confiscation les menaçait sans cesse ; la synagogue les 
excommunie-telle : la couronne confisque leurs biens; se conver- 
tissent-ils au christianisme : la couronne conlisque leurs biens ; 
meurent-ils : si la couronne ne confisque pas Théritage tout entier 
(voy. p. 37, etc.), elle conserve au moins un droit de relief d'un 
tiers. Le souverain a naturellement la garde des orphelins; il 
prélève une taxe à l'occasion de leur mariage ; il leur interdit 
même de se transporter dans une autre ville sans sa licence, c'est- 
à-dire qu'il perçoit un droit sur leurs changements de résidence. 
Toutes taxes qui, comme les tailles, les reliefs, les confiscations, 
rentrent dans la compétence de l'Echiquier juif. 

Etrange essai d'adaptation du droit féodal à une certaine 
catégorie d'habitants qui n'avaient pu entrer dans ce système ! Par 
principe même, les Juifs, ne pouvant prêter le serment féodal, 
étaient exclus d'un régime avec lequel ils étaient cependant sans 
cesse en contact. Répartis en communautés riches, mais impuis- 
santes et sans défense^ ils ne pouvaient avoir qu'à souffrir du 
développement de la société qui les entourait. Ce sont précisément 
ces rapports avec leurs concitoyens, ce sont leurs relations avec la 
couronne et les barons qu'éclaire le nouveau recueil de M. R. Ces 
documents montrent la place de cette population dans la vie 
sociale, économique et politique du xiir siècle ; ils mettent en 



IGG COMPTES RENDUS 

relief la procédure suivie à leur égard (voy. rintroduction unique- 
ment consacrée à la déliuition de termes juridiques) ; ils ajoutent 
un peu à la connaissance que Ton avait d'hommes comme Aaron 
d'York par. exemple ou ce rabbin Elie qui essaya de tenir tète à 
Richard de Cornouailles; en un mot ils suppléent au défaut de 
textes juifs, h rinsuffisance, à rindifférence ou à la partialité des 
chroniques anglaises. 

Cette publication est donc du plus vif intérêt, de la plus sûre 
utilité, il sera permis cependant de regretter que ce monument ne 
se présente pas complet en lui-môme : le lecteur est assez souvent 
obligé de recourir aux Select Pleas de 1902 : il n*eût pas été très 
long pour l'auteur d'analyser les pièces déjà publiées dans ce pré- 
cédent recueil, et il eût été commode au chercheur de trouver 
celle analyse ici. On voudrait avoir aussi, ne fût-ce que par une 
noie d'une page, la liste des rôles que présentera celte publica- 
tion: les lecteurs qui suivent avec intérêt les travaux de M. R. 
souhaiteraient connaître les résultats définitifs de ses recherches, 
déjà si fructueuses, à la poursuite de documents égarés. 

Ce premier volume est accompagné d'une table des noms 
rédigée par Madame Corcos. Elle forme dès maintenant un riche 
répertoire de noms juifs du xiif siècle ; mais surtout, quand elle 
sera complétée parcelle du volume suivant, elle permettra d'établir 
la liste des localités anglaises où les Juifs habilorent ou exercèrent 
leur activité. Un certain nombre de villes, où ils avaient pu résider 
au xir- siècle, leur furent successivement fermées durant lexiir- ; et 
en 1253 fut interdite la formation de toute communauté nouvelle. 
Us se trouvèrent ainsi concentrés dans les comtés du sud, ne 
débordant guère au-delà de la Trent que dans les comtés d'York et 
de Nottinçham. On peut donc grâce à ces textes lixer la géographie 
complète des communautés et dresser un tableau qu'il serait si 
utile de pouvoir établir pour les communautés françaises. Ce ne 
sera pas un des moindres résultats de cette importante publi- 
cation. 

P. HlLDENFINGER. 



BAUCHOND : JUSTTCE CRTMTNELLK A VALENCIENNES 107 



M. Bauchond — La justice criminelle du Magistrat de Valen- 
ciennes au Moyen-Age. — Paris, A. Picard et fils, 1904 ; 
in-8o, 314 p. 

« Dans rénumération des juridictions au Moyen-Age, disait 
Ad. Tardif en 1885 ^ on omet presque toujours les juridictions 
municipales. Leur étude comparative offrirait cependant un grand 
intérêt. » A cet effet, ajoutait-il, il faudrait consulter, non pas les 
coutumes et coutumiers, mais les titres d'origine purement 
urbaine. Ce sont cette remarque et ce regret qui ont engagé 
M. Bauchond, ainsi qu'il l'observe dans sa Préface (p. 6-12), à écrire 
VHistoire de la juridiction criminelle du Magistrat de Valcnciennes 
au Moyen-Age, Peut-être, pense-t-il, aurait-on fait difficilement 
un meilleur choix et pour plusieurs motifs: en général, la nou 
veauté d'un travail de cette nature pour la France entière et pour 
la Belgique ; en particulier, le caractère réellement novateur et 
original du droit de Valenciennes., qui, du xiif au début du 
xvi« siècle, n'accepte l'influence germanique, prédominante dans 
le Hainaut, que lorsqu'elle s'accorde avec les mœurs du pays, tan- 
dis que, postérieurement, cette indépendance juridique disparaît 
de plus en plus ; la valeur enfin des textes, extraits surtout des 
Registres des Choses communes et des Comptes du massard, qui 
commencent respectivement en 1301 et en 1347 : pour le fond, ils 
ont l'avantage assez rare d'être des documents de pratique, et pour 
la forme, écrits par des clercs et greffiers de l'échevinage, conci- 
toyens et contemporains de Froissart, comme l'a dit un historien 
de Valenciennes, « ils ne sont pas trop indignes de lui -. 

La Bibliographie (p. 11-20) comprend les sources et la littéra- 
ture. Les premières viennent, en somm'e, exclusivement des 
Archives et de la Bibliothèque de la ville : les pièces d'ordre théo- 
rique ne comprennent guère que la charte fort connue de 1114 ; 
les actes pratiques appartiennent aux deux collections précédem- 
ment citées, qui sont malheureusement des plus incomplètes ^. La 

1. La procédure criminelle aux XIll* et XIV* siècles^ p. 14 ; cité par 
Tauteur, p. 5. 

2. Cité p. 9, d'après Cafliaux, Le bannissement, p. 15 (Valcnciennes, 1891, in 8»). 

3. Pour le xv* siècle, chacune ne comprend <iue deux années ! (P. Ifi). 



168 COMPTES RENDUS 

littérature renferme quelques ouvrages généraux sur l'histoire du 
droit et une liste critique des rares travaux relatifs au droit cri- 
minel de Valenciennes, du Hainaut et même, dans quelques cas, 
de la Flandre. 

Le travail proprement dit se divise en deux parties : l'organisa- 
tion judiciaire et la procédure (p. 21-141); les pénalités (p. 143- 
231). 

La compétence, tout d'abord, peut être considérée sous trois 
aspects différents. A l'égard de la compétence ratUme maUriœ, 
depuis la charte de 1114, qui, comme toujours, fut bien plutôt une 
régularisation qu'une innovation, le Magistrat jouissait de la plé- 
nitude de la juridiction criminelle ; exception n'était faite que 
pour quelques cas de lèse-majesté divine : les crimes contre le 
mariage, le suicide, l'hérésie, l'usure, réservés aux oiTicialités ; au 
sujet de la lèse majesté humaine, on ne saurait préciser. La com- 
pétence ratione personœ s'étendait aux bourgeois, aux « manants », 
aux étrangers en rapport avec les premiers, sans s'arrêter aux dis- 
tinctions de qualité, aux nobles par conséquent: elle était donc 
très étendue, très « démocratique », ne disparaissant en effet que 
devant les ofTiciers du prince, d'une façon assez indéterminée 
d'ailleurs, et devant le privilège de <c clergie », mais pourvu que 
l'accusé excipât de sa condition et fût réclamé par le juge ecclé- 
siastique. Enfin, la compétence ratione loci englobait la ville et 
la banlieue et même, pour l'abattis de maison, le chef-lieu, 
beaucoup plus étendu. Au reste, tout méfait d'un forain contre 
un bourgeois, en quelque lieu qu'il fût accompli, le rendait 
justiciable de la juridiction échevinale. Seuls, quelques endroits 
immunistes, possessions d'abbayes et Château du Comte, exis- 
taient dans la ville. 

Le Magistrat comprenait : le magistrat-juge : prévôt et douze 
jurés ou échevins, tous bourgeois, nommés, le premier par le 
pouvoir public et par les seconds, ceux-ci par l'autorité cen- 
trale seule ; leurs fonctions étaient annuelles et gratuites, sauf 
une participation aux amendes ; le magistrat-accusateur : le pré- 
vôt-lecomte et son lieutenant, qui étaient au contraire des offi- 
ciers du prince, bien que le second fût pris parmi les bourgeois : 
tous deux n'arrêtaient pas, mais semonçaient les juges; les auxi- 
//^/^^<7 M///i ; Je iwaître-clerc, qui a restant seul aux affaires... gar- 



RAI'CHOND : JI'STICR CRIMIXRLLF. A VAIXNCIRXNES 169 

dait looles les Iraditions ' » et était l'auxiliaire indispensable du 
Magistrat : on lui doit tous les recueils de documents de pratique ; 
puis, les sei^ntsde divers genres, le bourreau et, depuis 1258, les 
paiseurs, chargés « d'appointer tons differens où il n'y auroit playe 
ouverte et en asseoir jugement, o 

La poursuite et la recherche des coupables, en dépit d*une cer- 
taine initiative, sans doute d'origine germanique, laissée aux 
proches parents de la victime, étaient réservées au Magistrat, qu'il 
agisse spontanément ou sur les indications du prévôt-le-comte. 
Des différences de forme existaient cependant. En cas de meurtre, 
si la victime était morte et que l'autorité ignorât le coupable, elle 
l'invitait par un ban a à mander le fait », à l'avouer et au besoin à 
s'en excuser pour se faire pardonner, mais dans les trois jours 
seulement ; ensuite toute excuse était rejetée ; si la victime au 
contraire vivait encore, le Magistrat se transportait à son domi- 
cile et la (c conjurait » de lui déclarer le nom du coupable. D'autre 
part, en cas de délit, la victime pouvait, par sa plainte, amener le 
Magistrat à ajourner le jcoupable devant lui ; le plaignant devait 
naturellement se présenter de nouveau et prouver son accusa- 
tion, sinon il était puni. Enfin, d'une façon générale, la justice 
s'aidait de dénonciations et d'autres renseignements. 

Vient ensuite la comparution. Par une remarquable exception 
dans le droit germanique du Hainaut, la guerre privée était, 
en principe tout au moins, interdite à Valenciennes. Aussi la pro- 
cédure était-elle engagée par le Magistrat seul. Si l'inculpé se 
trouvait dans les limites de la juridiction échevinale et que son 
son cas fût grave, l'autorité urbaine le faisait arrêter par des ser- 
gents, que d'ailleurs « aucuns » ne pouvait remplacer, selon un 
principe général au Moyen-Age; on ne faisait une exception que 
pour le droit d'asile et le privilège des sept « maisons fortes » de 
familles puissantes. Dans les cas moins graves, on ajourna primi- 
tivement à une date fixe, puis, en raison des inconvénients de ce 
système, on « commande de faire tenir prison par loy )>, à per- 
sonne ou à domicile, également dans un délai donné ; la sanction 
était l'amende ou l'abattis de maison. Si, au contraire, le coupable 
était un forain, l'ajournement seul se trouvait naturellement pos- 

1. Caffiauz, Nicole de Diwuy, maître clerc de la rille de Valenciemies (Valen- 
deaiies, 1886, in-8*) p. 15 ; cité p. 58-59. 

ITûym Age, t. Xl\ VI 



170 COMPTES RENDUS 

sible, dans un délai de sept jours en général : on remployait fré- 
quemment lorsqu'un bourgeois avait été blessé ou lésé dans ses 
privilèges à l'étranger. Comme sanctions, la ville usait du retrait 
de la cité, seule peine efficace d'ailleurs, de l'amende et enfin de 
rabattis de maison. 

Le système de preuves établi par la charte de 1114 était essen- 
tiellement germanique : l'inculpé surtout devait en effet établir 
son innocence. 11 existait quatre sortes de preuves. La preuve par 
témoins^ au nombre minimum de deux, était la plus probante, car 
elle était exclusive et n'admettait pas la démonstration contraire : 
elle équivalait au flagrant délit ; elle pouvait d'ailleurs servir 
pour ou contre l'accusé. Celui-ci avait aussi le droit d'user du 
serment purgatoire. Ou encore, il se servait des cojurements, 
de la preuve a à tierche main » ou « à main sietieme », avec 
deux ou six cojureurs, qui n'étaient pas des témoins^ mais aflir- 
niaient seulement la crédibilité de l'accusé. Le duel judiciaire, 
par une exception remarquable dans la région, due au caractère 
parliculariste et belliqueux des bourgeois, fut encore très fré- 
quent aux xip et xiir* siècles, diminua ensuite graduellement, 
mais ne disparut qu'en 1455, aboli par le duc de Bourgogne 
(|ue la vue de « ce spectacle avait écœuré. » La charte de 1114 
l'autorisait pour les larcins, puis aux xiir et xiv" siècles, il 
était permis surtout pour les homicides. L'appelant était la partie 
lésée ou, le cas échéant, un parent de la victime, ou un champion, 
ce dernier, dans les deux cas, pour les femmes. Quiconque refu- 
sait le combat était déclaré coupable. Les luttes se passaient en 
grand appareil. Enfin, à ces quatre preuves primitives, s'ajouta, 
depuis 1347, la question. 

Les débats, qui sont assez mal connus, se terminaient par la 
sentence et son exécution. La première était rendue par le Magis- 
trat, à la requête du prévôt-le-comte ou de son lieutenant et au 
nom des pouvoirs public et urbain et de la communauté. D'une 
part, la condamnation comprenait des peines de divers genres : 
matérielles, pécuniaires, morales, politiques, civiles. Elles pou- 
vaient être réduites, en raison de circonstances atténuantes, l'igno- 
rance, l'âge, ou atteindre aussi des complices. L'exécution, par 
une exception rare, était réservée à la ville, qui veillait énergi- 
iewent au nhiinîien de l'ordre, en particulier pour empêcher les 



BAUCHOND : JUSTICE CRIMINELLE A VALENCIENNES 171 

« haines », si fréquentes entre les (( proïsmes » des parties. 
L'acquittement au contraire résultait d'un manque de preuves de 
raccusation ou d'excuses invoquées par Taccusé : alibi, légitime 
défense, faute non intentionnelle^ coups non suivis de mort. 

L'appel, en réalité, faisait défaut. I^ justice communale fut 
même longtemps absolument souveraine et ce n'est qu'au 
xiv« siècle qu'en dépit des efforts du Magistrat^ s'introduisit l'habi- 
tude du « recours et ressort » au comte de Hainaut. Ce dernier 
exerça dès lors, non pas un droit de substitution et de cassation, 
mais une sorte de contrôle et de tutelle sur le Magistrat, lui ordon- 
nant par exemple de rendre la ville aux bannis, sans pouvoir per- 
sonnellement les acquitter, et usant aussi du droit de grâce. Au 
fond, le véritable appel, ^la réformation même des jugements 
n'existait pas. 

La seconde partie, on le sait, est consacrée aux pénalités. Le 
.temps leur fit subir une évolution. Dès 1114, leur système, dont 
étaient absentes la peine du talion et la guerre privée, témoignait 
d'un état de civilisation assez avancé. On usait surtout de 
l'amende, puis de la pendaison, de la perte du poing ou de l'oreille 
et de l'abattis de maison. Ce ne fut qu'au xhp siècle qu'apparut le 
bannissement, qui domine jusqu'à la période suivante pour les 
cas un peu plus graves que ceux que punit l'amende. Alors, ces 
deux pénalités diminuèrent et môme, comme si la seconde n'était 
pas assez rigoureuse seule, elle s'accompagna de punitions acces- 
soires, le pilori par exemple. Les condamnations à un pèlerinage, 
à la peine de mort se développèrent. Pour les personnes, les 
nobles perdirent au xiv« siècle le régime de faveur que leur garan- 
tissait la charte de 1114 ; on distingua simplement les bourgeois 
des non-bourgeois. Enfin, les peines étaient arbitraires, variant 
selon les circonstances pour une même faute. 

L'emprisonnement était bien plutôt un moyen de rétention que 
de punition. L'amende, très usitée, constituait « la répression de 
tout délit peu important. » Le montant lui-même subit des chan- 
gements. En 1114, il variait de 5 à 20 s., et n'en dépassait pas 60; 
deux siècles après, il était en moyenne de 33 1. et montait jusqu'à 
SCO et même 1000 ^ Généralement, le comte et la ville se le par- 

1. p. 180-181, mais Tauteur n'indique pas les lal»'*— '^ «*ette translormalioa. 



172 COMPTES RENDUS 

iageaient. Bien que cette punition affectât essentiellement un carac- 
tère pénal, elle avait parfois aussi celui de dommages et intérêts 
envers la victime. 

Le bannissement formait la peine communale par excellence. La 
communauté expulsait ou repoussait tous les individus indignes, 
habitants ou étrangers. Cette punition était de deux espèces : soit 
temporaire et de trois ans, pour les cas les moins graves, violences, 
injures, soit, et plus fréquemment, perpétuelle, pour les délits, 
homicides, coups et blessures sérieuses. Le banni rentrant et pris 
était puni plus sévèrement, mais, de toutes façons, il pouvait être 
gracié par le Magistrat et surtout, nous Tavons dit, sur Tordre du 
pouvoir public (joyeuses entrées). Dès la fin du xiv*^ siècle, les rap 
pels de bans deviennent assez nombreux pour annuler toutes les 
condamnations i. 

Des peines accessoires, rarement principales, se joignaient fré- 
quemment au bannissement: les amendes, les pèlerinages, ceux-ci 
mentionnés dès 1308 et dont Taccomplissement annulait, bien 
entendu, Texil: malheureusement, de bonne heure^ le rachat fut 
autorisé ; les peines politiques : perte de la bourgeoisie, des offices 
communaux et du droit d'être témoin : ces deux dernières puni- 
tions presque toujours jointes ; enfin, pénalités infamantes, assez 
raresavant le xvi^ siècle : marque au fer chaud, pilori, mise au cep. 

La peine de mort, en 1114, punissait le larcin et, postérieure- 
ment, le meurtre, le larcin encore, la trêve brisée, la fausse mon- 
naie. L'exécution s'accomplissait, dans le haut moyen âge, le plus 
souvent par la pendaison, puis, selon l'ordre d'apparition et d'im- 
portance des systèmes employés, par la décapitation, le feu, Teau 
bouillante et Tenfouissement même. — Les mutilations étaient la 
perte de l'oreille et du poing. 

Enfin vient l'abattis de maison. En 1114, on y condamnait celui 
qui, élu prévôt ou juré, refusait d'accepter, ou qui assigné devapt 
le prévôt ne comparaissait pas ou enfin l'enfant qui, à sa majorité, 
ne voulait pas jurer la paix urbaine : c'était essentiellement un 
acte de vengeance communale, presqu*un fait de guerre contre un 
membre indigne. Depuis le xiv« siècle, le second cas seul persista; 
à cette époque, dans les documents de pratique, c'était toujours la 

p. 2^}, 



BAUGHOND .' JUSTICE CRIMINELLE A VALENGIENNES 173 

punition de l'outrage fait par un forain à un bourgeois hors de la 
banlieue, dans l'étendue, on le sait, de la paix urbaine. La justice 
ajournait le coupable, et^ jusqu'au xiv^ siècle, s'il ne comparaissait 
pas, et depuis, même s'il comparaissait, « on li abatoit. » De là, des 
expéditions, dont Texécution était minutieusement réglée. Leur 
coût ou les difficultés qu'elles causèrent avec les seigneurs voi- 
sins amenèrent leur disparition complète en 1458, sur l'ordre du 
duc de Bourgogne. Les quelques abus que ce droit entraîna n'em- 
pêchèrent pas (( qu'avec un peu de mal, il a pu faire beaucoup de 
bien » et qu'il permit u la cité de (( répandre au loin autour d'elle 
un prestige de respect mêlé de terreur '. » 

L'ouvrage se termine par onze pièces justificatives (p. 283-297), 
de 1286 à loOl, extraites des manuscrits de Valenciennes et classées 
suivant Tordre des matières de Touvrage, et enfin par une table 
onomastique générale et une table des matières (p. 29i)-3i1t). 

Nous n'ajouterons à cette analyse que quelques simples 
remarques. M. R. aurait peut-être dû insister sur ce point que, 
après la charte de il 14, tout document faisant défaut jusqu'à la 
seconde moitié du xiv° siècle, une lacune aussi étendue l'avait 
forcément obligé à laisser de côté le droit de lapogée coramuntile 
pour n'étudier plutôt que celui de la décadence. La bibliographie 
placée en tète est bonne, mais, comme elle ne mentionqe pas 
plusieurs travaux cités cependant au cours de louvrage, elle 
aurait pu être facilement plus complète, elle aurait iiiême dû 
l'être, car l'absence de certains travaux relatifs à Tournai ou 
à la Flandre n*est pas sans causer quelque surprise- Très 
nombreux sont les documents insérés au milieu iiième du 
texte: pour certains chapitres, par exemple ceux qui sont con- 
sacrés aux amendes et aux bannissements ; leur abondance est 
parfois telle qu'ils composent pour ainsi dire presque tout le 
travail. Nous croyons qu'il eût été préférable, sinon de les joindre 
aux pièces justificatives proprement dites, du moins de les reje- 
ter en notes, afin de ne pas interrompre trop souvent le déve- 
loppement des idées, mais de réserver au texte TutUisation et 
l'explication seules de tous ces documents. Eufin^ les pièces justi- 

1. Caffiaux, Abattis de maison à Gommegnies, Crespin cl S.-Saulvc, 
Valendennes, 1863, 8r, p. 27 : cité p. 279-281. 

2. Ne serait-ce que Touvrago do Warnkftnig. 



174 COMPTES RENDUS 

iicatives auraient été classées beaucoup plus simplement dans 
Tordre, non pas méthodique, mais chronologique, et quelques ren- 
seignements de nature diplomatique sur la qualité des actes ou la 
date des copies auraient été les bienvenus. 

Mais ce ne sont là que des remarques de pure forme, qui ne 
touchent en rien au fond même du travail, et celui-ci n'en demeure 
pas moins vraiment très bon. D'une façon générale, Tauteur se 
sert de ses documents avec une véritable aisance comme avec une 
compétence réelle, si bien que, dans tout l'ouvrage, se manifeste 
autant de limpidité que de précision. Le plan, par son ensemble et 
par ses diverses parties, est très simple et très juste. Les détails 
intéressants abondent, en particulier dans les deux chapitres du 
duel judiciaire et de l'abattis de maison. En même temps^ les idées 
d'ensemble ne font pas défaut et, spécialement, les caractéristiques 
du droit urbain parmi le droit territorial du Hainaut sont toujours 
parfaitement mises en lumière. Bref, la familiarité de l'auteur 
avec son sujet et ses connaissances juridiques, la facilité et le soin 
avec lesquels le travail est traité rendent la lecture du volume à la 
fois très aisée et très instructive. Et puisque M. B. paraît avoir été 
mis sur la voie de ses recherches par le regret d'Ad. Tardif, que 
nous mentionnions plus haut, on peut conclure que leur résultat 
a commencé à combler le vide dont se plaignait ce savant et que 
ce travail, le premier du genre comme le premier de Tauteur, 
constitue un excellent modèle pour d'autres monographies de 
même nature, dont l'ensemble permettra enfin d'entreprendre sur 
des bases sérieuses une histoire générale de la juridiction com- 
munale en France. 

Georges Espinas. 



P. Hu VELIN. — L'histoire du Droit commercial (Conception 
générale. Etat actuel des études). — Paris, L. Cerf, 1904 ; in-8", 
125 p. (Extrait de la Itetue de synthèse historique. T. VU, 1903, 
p. 54-85, p. 328-371 ; t. Vlll, 1904, p. 198 243.) 

11 n'y a pas, dit M. Huvelin, « de champ moins exploré, en France 

5£/r/oiil^ guecelui de l'histoiredu droit commercial ». C'est sans doute 

illat de la pénurie et de Tobscunlé des sources comme des 



HU VELIN : DROIT COMMERCIAL 173 

difficultés du sujet : les transactions commerciales, à l'inverse des 
civiles, n'étant pas formalistes, mais consensuelles, sont à la fois 
plus fugitives et complexes ; elles nont fait aussi que plus tardive 
ment l'objet de lois spéciales. Et cependant leur histoire « embrasse 
au moins une bonne moitié de Thistoire du droit privé. » 

L'auteur divise sa revue en deux parties, ainsi que le titre l'in 
dique : la conception générale du droit, Tétat actuel des études ; la 
théorie et l'application. 

En premier lieu, M. Huvelin veut définir le droit commercial, 
ce qui l'entraîne à chercher ce qu'est le commerce. On doit par 
suite reconstituer l'évolution de cette seconde notion, au point de 
vue juridique comme économique. Les groupes sociaux primitifs, 
les sociétés à « solidarité mécanique », dites de « type segmen- 
taire », n'ayant économiquement qu'une économie naturelle et 
juridiquement vivant isolées, dans l'ensemble constituent des 
économies domestiques fermées. Ils n'ont, par conséquent, ni 
commerce, ni, bien entendu, de droit commercial, mais seulement 
un droit national, d'origine religieuse, collectif, exclusivement 
civil et répressif, non restitutif (excluant la volonté individuelle). 
Mais l'augmentation de la population sur un espace resté inva 
riable, amena, pour la satisfaction des besoins grandissants qui 
en résultèrent, une division du travail et un échange de services 
entre ces premiers groupements, devenant ainsi des sociétés à 
« solidarité organique », dites organisées. Ces relations ne 
peuvent s'opérer que pendant des trêves de plus en plus régu- 
lières et durables, qui permirent successivement l'établissement 
de commerce (( muet » ou par « dépôts », de marchés remédiant 
économiquement aux obstacles de l'espace et du temps et juridi- 
quement à ceux des hostilités, et enfin l'établissement de l'hospi- 
talité. Il se forme ainsi un système économique commercial et 
également un droit commercial, « qui est l'ensemble des condi- 
tions de la convention de paix, grâce à laquelle les échanges 
peuvent s'effectuer ». En principe, ce droit nouveau s'oppose net- 
tement au droit civil ancien, car il est international, laïque, 
individualiste, conventionûel, (non formaliste) et restitutif : il 
repose sur l'idée « de la lutte économique et de la libre concur- 
rence ». Mais, en fait, lopposition s'atténue plutôt k wv^^>\\^ Q^vfc"^^ 
société organisée se c/e'veJoppe, que, iur\d\c\\\^«\^\iV^ \^ ^wsvxjk 



176 COMPTES RENDUS 

nauté et la paix du marché donnent naissance d'abord à une 
ville ^ puis à une communauté territoriale et enfin à une orga- 
nisation étatique, qu'économiquement se forme d'une façon suc- 
cessive réconomie urbaine, puis nationale et même mondiale. En 
effet, les deux systèmes juridiques, fonctionnant dans une même 
société, agissent et réagissent l'un sur Tautre et, finalement, la 
tendance du droit commercial à devenir répressif, formaliste 
(effets de commerce) et national, supprime entre lui et le droit 
civil toute distinction juridique : il ne subsiste plus qu'une diffé- 
rence économique, le premier s'occupant plutôt de la richesse cir- 
culante, le second de la richesse immobile. 

La seconde partie comprend trois subdivisions. La première est 
consacrée aux travaux d'ensemble et aux sources. Les ouvrages 
généraux d'histoire commerciale, économique, d'histoire du droit, 
les traités de droit commercial contemporain sont tous à peu près 
inutiles. Des synthèses plus spéciales de l'histoire du droit com- 
mercial, on ne peut citer que la classique Universalgeschichte des 
Handehrechts^ de Goldschmidt. — Les sources sont juridiques 
ou historiques. D'une part, une étude des faits par lesquels se crée 
le droit commercial manque absolument. Or, ces faits sont à l'ori- 
gine des conventions de paix, individuelles ou collectives, privées 
ou publiques (paix des marchés et des foires, sauf-conduit des 
foires, hospitalité privée, représailles, transactions privées, elc.).I^ 
répétition des contrats privés entraîne des usages qui n'ont encore 
que force de convention. Mais, dès que la société, intermédiaire 
entre le type « segmentaire » et le type organisé, se w commercialise », 
qu'elle se transforme en un marché, une corporation, une ville, 
ces usages, sans perdre toute nature conventionnelle, acquièrent 
un caractère impératif: la justice, qui les applique, est encore arbi- 
trale, mais elle devient publique: ces sources, de caractère 
mixte, sont dites statutaires (lois des marchés et des foires, lois 
des villes, des corporations). Enfin, quand l'état se forme, appa- 
raissent des sources uniquement impératives : elles sont législa- 
tives (ordonnances, loiS; codes de commerce). Par conséquent, 
si on se place maintenant au point de vue historique, on doit exa- 
miner successivement ces trois formes de sources et c'est ce que 

fiio idée serait pout-éti*e suiette k quelques té«Qrvea. 



HUVELIN : DROIT COMMERCIAL 177 

fait l'auteur. Le chapitre se termine par quelques pages consa^ 
crées à l'histoire de la science du droit commercial, aux 
recherches qui ont eu pour but de systématiser et de synthétiser 
cette partie du droit. Les études modernes sont d'ailleurs peu 
nombreuses. Mais, dans ce mouvement, Tltalie au xvi"* et au 
début du xvu®, puis la France jusqu'au milieu du xix« et, après 
elle l'Allemagne, ont successivement tenu une place prépondé- 
rante. 

Après l'étude des documents, vient celle de Thistoire externe 
du droit commercial : c'est la recherche de l'influence qu'exer- 
cèrent sur lui les diverses civilisations. Cette partie est d'ailleurs 
la moins avancée. On peut seulement constater que, d'une façon 
générale, les institutions se sont propagées d'Orient en Occident, 
de l'Asie vers la Grèce, Rome et l'Europe. 

La troisième partie est l'histoire intime du droit, c'est-à-dire de 
chaque institution commerciale, considérée dans toute son évolu- 
tion historique (sociétés de commerce, droit maritime, assu- 
rances, etc., etc). Suivant les questions, les travaux sont dénombre 
et d'importance très variables. 

Par son sujet même, l'histoire du droit commercial intéresse à 
la fois autant les historiens économistes que les juristes historiens. 
Par la façon dont cette bibliographie est comprise et traitée, elle 
sera particulièrement utile aux uns et aux autres. L'auteur en 
effet, quoique juriste d'origine, est absolument familier avec l'es- 
prit même des recherches économiques et il a la qualité, fort 
rare, de comprendre l'avantage des idées synthétiques en pareille 
matière. L'introduction contient, par exemple, sur Torigine et sur 
le développement des marchés, qui ne sont pas seulement un 
point de départ du droit commercial, mais dont l'influence géné- 
rale dans la formation des villes, sans être exagérée, n'est plus à 
démontrer, des vues d'ensemble particulièrement précieuses. 
D'autre part, la bibliographie est aussi sûre et précise qu'abon- 
dante et variée, et rien ne parait avoir échappé à la remarquable 
érudition de M. Huvelin. Mais nous croyons bien que le nom de 
l'auteur dispense à lui seul de plus amples éloges. Nul autre que 
lui, en France tout au moins, n'était capable d'entreprendre et de 
mènera bonne fin une synthèse bibliographique de cette nature. 
Si on ne peut malheureusement que se joindre aux plaintes (Vi'vl 
Moyen Age, i. XIX 



178 COMPTES RENOUA 

élève sur le discrédit dans lequel est toml^e ctiez nous, depuis un 
demi-siècle, Tétude de l'histoire du droit commercial, il y a cer- 
taineinent à cette décadence une exception personnelle sur la 
valeur de laquelle il n'est pas besoin d'insister. 

Georges EspinasI 



FiERENs Gevaert. — La Renaissance septentrionale et les pre- 
miers maîtres des Flandres. — Bruxelles, Van Oest et Ci®, 1905; 
in-8^224p., fig. 

M. Fierens Gevaert à qui la critique d'art est déjà redevable de 
plusieurs bonnes monographies apporte une nouvelle contribution 
à l'étude des primitifs flamands. Les frères Van Eyck occupent 
comme de droit une place prépondérante dans son ouvrage. Le 
célèbre rétable de V Adoration de V Agneau, la plus haute expression 
de Tart du xv® siècle et peut-être de tous les temps, ne peut être 
considéré comme un produit spontané ; c'est Taboutissemeut, ou 
mieux encore l'épanouissement d'une longue série d'efforts. 
M. F. G. rappelle que l'histoire de l'art au xiv® siècle évoque à 
chaque page les noms d'artistes flamands. Déjà Courajod avait 
enseigné que l'art du xi\^ siècle dans le Nord de la France a été 
essentiellement flamand, et cette thèse résume encore aujourd'hui 
le plus clair et le plus positif de nos connaissances historiques. 

Reprenant ce point de vue, M. F. G. trace un brillant tableau de 
l'activité des artistes flamands de la seconde moitié du xi\^ siècle. 
Pendant toute cette période, les rois de France, les ducs de Bour- 
gogne et de Berry s'entourent des Broederlam, des Beauneveu, des 
Claes Sluter, des Malouel, des Bellechose, des Jacquemart de 
Hesdin, des frères Limbourg et les comblent de faveurs et de 
commandes. 

L'art de cette époque contient en germe l'inspiration et la 
technique des maîtres du siècle suivant. Ce n'est guère que vers 
1375 que commence à s'affirmer la prédilection pour l'observation 
directe de la nature. A ce propos, M. F. G. critique fort justement 
le jugement superflciel et trop sommaire qui englobe tout l'art 
flamand depuis ses origines sous la qualification d'art réaliste 
M. F. 6r. noie comme il convient les effets de cette longue péné- 



G. J)ES MAREZ : LE TRAVAIL A HRUXELLES 179 

tralion de l'élite des artistes flamands au cœur de la France. Si les 

peintres, les sculpteurs, les miniaturistes wallons, flamands, 

hollandais et rhénans qui fondèrent l'école de Dijon ou que leur 

renommée conduisit à Paris, ont conservé leur tempérament 

d'hommes du Nord, il n'est pas moins certain qu'ils ont ressenti 

l'influence d'un milieu raffiné ayant conservé des traditions 

classiques et possédant à un haut degré le sentiment de 

l'élégance. 

On remplirait une bibliothèque avec les travaux publiés depuis 

un siècle sur les Van Eyck ; les documents historiques concernant 

les illustres frères sont malheureusement beaucoup plus rares. 

A force d'avoir été exploré, le sujet ne laisse plus de champ aux 

découvertes. Mais l'expression d'une admiration sincère et éclairée 

a toujours de quoi nous intéresser. Pour nous faire partager la 

sienne, M. F. G. a des accents d'une ferveur communicative. Son 

livre est d'une lecture attachante et les nombreuses illustrations 

dont le texte est orné le rendent aussi agréable à regarder qu'à 

lire. 

Joseph Nève. 

G. Des Marez. — L'organisation du travail à Bruxelles* au 
XV* siècle. — Bruxelles, Laraertin, 1904; in 8^, xn-520 p. 

L'histoire économique de la vieille cité brabançonne est encore 
à faire. M. G. D. M. nous en donne un des chapitres les plus 
instructifs, fruit d'une vaste et minutieuse enquête dont il a puisé 
presque tous les éléments aux archives communales. 

Jusqu'au XIV® siècle, la puissante gilde des drapiers est seule en 
possession de l'organisation corporative et défend jalousement un 
privilège qui lui permet de maintenir sous sa dépendance les 
tisserands, foulons, tondeurs, cardeurs, fileurs, etc. Vers 1350, les 
artisans entrent en lutte pour la conquête de l'autonomie ; après 
un siècle, la lutte est terminée : chaque métier est en possession 
de sa charte. Une réglementation étroite surveille et limite la 
production et la vente de tous les produits. C'est le règne des 
monopoles. Dans une certaine mesure, cette réglementation 
préserve les consommateurs des produits sophistiqués et frelatés 
et de l'invasion de ta camelote, mais ses formules immuables 



ISO COMPTES RENDUS 

ferment la porte à tout progrès industriel, à toute innovation. En 
tuant la concurrence, elle ne parvient même pas à assurer la \ 
prospérité aux métiers. Ceux-ci végètent et s'épuisent en querelles i 
byzantines. L'évidence qui ressort des textes cités île justifie que i 
trop ces conclusions que nous empruntons à M. G. D. M. a En 
désaccord avec les besoins sociaux, la corporation... creusait elle- 
même inconsciemment sa propre tombe par la pratique d'un 
système écononomique incompréhensible. Elle paralysait l'initia- 
tive de l'individu, dont elle s'emparait de force, sous prétexte de le 
protéger... L'ouvrier... ne trouva dans le régime réalisé que 
Tamertume de la désillusion. La collectivité corporative ne fut pas 
pour lui la tutrice zélée et dévouée qu'il avait rêvée. Sa protection 
lui apparut comme la plus dure des tyrannies... Il se rendit 
compte que le travail collectif ne pouvait être vraiment efficace et 
productif que si la collectivité était composée d'individus d'égale 
valeur, librement recrutés II comprit — mais trop tard — qu'une 
collectivité, dans laquelle la loi embrigade forcément tous les 
travailleurs d'une même industrie, ne pouvait qu'opprimer l'élite 
au profit de la médiocrité. Lui qui avait combattu jadis pour la 
réalisation du régime corporatif, trouvait absurde maintenant que 
la corporation put lui commander, au son de la cloche, de 
commencer et de finir ses travaux. Il ne pouvait comprendre 
davantage comment lui, qui travaillait deux fois plus vite que son 
voisin, devait s'arrêter dans son activité de crainte qu'une produc- 
tion trop intense ne rompît l'équilibre des intérêts et ne nuisit à 
un confrère indolent, paresseux ou moins inventif... Du jour où 
l'ouvrier d'élite et d'initiative fit cette pénible découverte, il 
répudia sur-le-champ le régime corporatif et vit dans la liberté 
commerciale et industrielle une solution meilleure. x> 

L'étude si méthodique et si consciencieuse de M. G. D. M. donne 
à ce jugement sévère toute la force d'un arrêt définitif. 

Joseph Nève. 



A. TOBLER : MÉLANGES DE GRAMMAIRE 181 



Adolf ToBLBR. — Mélaqges de Grammaire française. Traduction 
française de la 2<» édition par Max Kuttner, avec la collabo- 
ration de Léopold Sudre. — Paris, A. Picard et fils, 1905 ; in-S^, 
XXI 378 p. 

Tous ceux qui s'intéressent à la grammaire historique du fran- 
çais et particulièrement à la syntaxe, connaissent les Vermischte 
BeUrâge de M. AdoU Tobler. Publiées d'abord toutes ou presque 
toutes, dans la ZeiUchrift fur romanisehe Philologie^ elles ont été 
réunies par l'auteur, sous une forme revue et complétée, en trois 
volumes : la première série a paru en 1886, le second en 1894, le 
troisième en 1899. 

La lecture de Toriginal n*est pas précisément commode, même 
pour celui qui lit couramment Tallemand ; aussi ne saurait on assez 
approuver MM. Kuttner et Sudre, qui ont résolu de mettre l'ou- 
vrage & la disposition des lecteurs français. Ils se sont servis, pour 
les onze premiers chapitres, d'un travail de Mademoiselle Obert, 
traductrice de la Syntaxe duXVIb siècle de Haase ; ils ont complè- 
tement remanié et complété le travail de Mademoiselle Obert et ils 
ont en outre soumis à l'auteur tous les changements qu'ils faisaient 
dans rintérèt de la précision ou de la clarté, de sorte que cette 
traduction peut être considérée comme une édition française 
originale. 

Nous avons comparé un certain nombre de chapitres avec le texte 
original et nous avons pu constater comment les traducteurs avaient 
réussi, tout en rendant fidèlement la pensée de Toriginal, à intro- 
duire Tair et la lumière dans Texposé souvent très dense et très 
touflu de M. Tobler. Le lecteur français pourra désormais, sans 
être gêné par un style trop technique, goûter pleinement les mérites 
du savant professeur de Berlin, la richesse et la variété de ses lec- 
tures, l'ingéniosité de ses aperçus cl un esprit véritablement phi- 
losophique, qui ne se borne pas à constater les faits, mais s*eflorce 
d'en faire voir l'enchaînement et d en exposer la genèse. 

Les traducteurs annoncent la publication prochaine de la tra- 
duction de la seconde et de la troisième série ; on ne peut que 
leur souhaiter bonne chance et bon courage. 

G. HUET. 



CHRONIQUE 



Les fascicules de la Bibliothèque des Ecoles françaises (VAthènes et de 
RomCj série in-i» (Paris, Fontemoing) parus de 1904 à 1906, sont les sui- 
vants : Le liber censuum de Véglise romaine, par Paul Fabre, 4" et 5« fasci- 
cules. Le 4* fascicule termine le premier volume. Le 5* fascicule comprend 
les remaniements apportés au texte primitif du Liber censuum sous Gré- 
goire IX et Innocent IV, avec les suppléments jusqu'au xv* siècle, d'après 
le manuscrit Kiccardianus SS8, les livres X et XI des Gesta paupens sco- 
laris Albini, d'après le manuscrit Ottobonianus 30S7, La publication des 
registres pontificaux du xiu* siècle ne s'est augmentée que du 6* fascicule 
des Registres d'Urbain IV, par M. Jean Guiraud, et comprenant la suite 
de la troisième année (1263-1264), et du 4' fascicule des Registres de Gré- 
goire X (1272-1276), du même éditeur, et consacre à des appendices qui 
contiennent un certain nombre de bulles non insérées dans les registres 
de la chancellerie pontificale, savoir : 1* les lettres de Grégoire X que le 
notaire Bérard de Naples avait réunies dans ses Dictamina et ses Epistolœ 
notabiles ; ces lettres sont, dans les manuscrits de Bérard, dépourvues de 
dates ; M. Guiraud a reculé devant le travail considérable et les diffi- 
cultés presque insurmontables qu'eût présenté la détermination de la 
date de chacune d'elles ; il les a données dans l'ordre où elles se pré- 
sentent dans les recueils de Bérard, et il a laissé à ceux qui auront à les 
utiliser le soin de les dater ; 2* cent six bulles de Grégoire X dont 
M. Guiraud a retrouvé les originaux ou les copies (c authentiques » dans 
les dépôts publics de France et d'Italie où il a pu faire des recherches ; 
quand M. Guiraud parle de copies authentiques, il entend dire des copies 
dont la certitude est inattaquable, et non pas seulement des copies garan- 
ties par des officiers publics ayant qualité pour authentiquer des actes, 
puisque plus loin il parle de copies a tout à fait modernes » qui ne sau- 
raient être des copies authentiques. On regrettera qu'il prenne occasion 
de ses recherches, que d'ailleurs il déclare n'avoir pas faites méthodi- 
quement, dans les archives de la France, pour lancer une diatribe contre 
l'organisation et l'administration de ces dépôts ; sans doute, les inven- 
taires n'en sont pas achevés ; mais quel est le pays qui ofire aux érudits 
un ensemble d'inventaires comparable aux trois cents volumes, et plus, 
rédigés au xix* siècle par nos archivistes départementaux. M. Guiraud 
dit n'avoir visité ni les archives d'Espagne, ni celles d'Angleterre, ni 
celles d'Allemagne, nï celles d'Âutrichc-Hongrie. Nous doutons qu'il y 



CHRONIQUE 183 

eût trouvé plus de facilités de travail qu'en France. Connait-il même 
toutes les ressources que lui offrent les publications des archivistes ? 
Ainsi, sous les numéros 1033 et 1034 il indique deux lettres de Gré- 
goire X, du 11 mai 1274, dont les originaux sont conservés dans les 
archives du Cher ; ces deux lettres ont été publiées, dès 1903, par Tarchi- 
viste M. Jacques Soyer, dans un recueil intitulé Les actes des souverains 
antérieurs au xv' siècle, conservés dans les archives départementales du 
Cher (fonds de Saint-Satur), p. 81 à 83, n*' XLVii et XLVill. Voici encore 
une autre petite observation. La référence « Bibl. munie, de Sens, 
H 1,20 » n'est pas suffisamment précise. Il existe bien à la Bibliothèque 
de Sens, une série H, mais elle fait partie des Archives départementales, 
et non de la Bibliothèque municipale. Pour être exact, i'.éditeur eût dû 
mettre une référence du genre de celle-ci : « Archives départementales 
de r Yonne, H 1, 20, en dépôt à la Bibliothèque municipale de Sens. » 
Un troisième appendice contient l'indication de bulles mentionnées 
dans d'anciens inventaires d'archives, celui de l'abbaye de Grandselve 
et celui de l'ancien archevêché de Narbonne. On souhaiterait qu'un qua- 
trième appendice comprit le relevé des bulles mentionnées dans les Regesta 
de Potthast et qui ne figurent ni dans les registres du Vatican ni dans les 
appendices, de telle sorte que la publication de M. Guiraud présentât un 
état complet de toutes les bulles de Grégoire X jusqu'ici publiées. 

I^s fascicules de la série des registres pontificaux du xiv* siècle se suc- 
cèdent rapidement. Le deuxième fascicule des Lettres secrètes et curiales 
du pape Urbain F se rapportant à la France, dû à M. Paul Lecacheux, 
comprend la fin de la seconde année et une partie de la troisième du pon- 
tificat (1364-136o). MM. les chapelains de Saint-Louis des Français, qui 
ont entrepris la publication des lettres communes des papes d'Avignon, 
ne déploient pas moins d'activité que les membres de l'Ecole française. 
M. Mollat a donné en 1904 le deuxième fascicule des lettres de Jean XXIi, 
en 1905, le troisième et le quatrième, comprenant les n" 2848 à 10279 
(années 1316 à 1319). Le troisième fascicule des lettres communes de 
Benoit XII, rédigé par M. J.-M. Vidal, et comprenant les n^' 5251 à 7632 
années 1338 et 1339), a paru en 1904. 

M. l\ 



L'incendie de la Bibliothèque de Turin a appelé l'attention des crudits 
sur la nécessité de reproduire par des procédés photographiques les plus 
importants des manuscrits. 11 était naturel que l'Académie des Sciences 
de Turin fût la première à se préoccuper de faire faire des fac-similé des 
plus précieux manuscrits de la Bibliothèque de Turin et des autres 
bibliothèques du Piémont. Le premier volume de la collection H messalc 
miniato del Card. Mcolô Roselli detto il cardinale d'Àragona ; Cùdice délia 
Biblioteca nazionale unitersitavia di Torino, riprodotto in fac-similé 
(Turin, Bocca, in-fol., 134 pi. en héliotypie et 24 pages de texte) est con- 



184 CHRONIQUE 

sacré à la reproduction des pages ornées de miniatures, du Missel du 
cardinal Nicolo Roselli exécuté entre 1358 et 1361 par un artiste 
espagnol. 



Ce sera un répertoire fort utile aux historiens et aux archéologues que 
la table alphabétique des comptes-rendus do l'Académie des Inscriptions 
et Belles- Lettres qui vient de paraître sous le titre : Académie des InscHp- 
lions et Belles- Lettres. Comptes-rendus des séances. Table des années iSoJ- 
4900 dressée par M. G. Ledos. (Paris, Picard, 1906; in-8", xix-232 pages.) 
Suivant l'usage aujourd'hui adopté, les noms communs et les noms 
propres, noms d'auteurs et noms de personnages faisant l'objet d'un 
mémoire, ont été rangés dans une seule série alphabétique. C'est le 
système le plus commode et dont M. de Lasteyric a fait l'application dans 
plusieurs tables rédigées par lui ou sous sa direction. Le choix des 
rubriques et le classement des matières sous chaque rubrique présentent 
plus de difficulté qu'on ne l'imagine communément, surtout quand il 
s'agit de dresser la table d'un recueil qui, comme celui des comptes- 
rendus de l'Académie des Inscriptions, contient des mémoires d'objels 
les plus variés. On no saurait trop louer la façon dont M. Ledos a 
accompli la tâche dont il avait assumé la charge. Les observations qu'on 
pourrait adresser à son œuvre ne porteraient que sur des dispositions 
typographiques. Ainsi on regrettera que le texte soit aussi compact et que 
l'on n'ait pas distingué les noms latins à l'aide de lettres italiques. 

M. P. 



La librairie Meininger à Mulhouse annonce la publication, en deux édi- 
tions, l'une allemande, l'autre française, d'un livre intéressant pour l'his- 
toire des idées religieuses et l'iconographie chrétienne, savoir une édition 
par MM. Lutz et Pcrdrizet, du Spéculum humanœ salcationis. Cet 
ouvrage a été composé en 1324 par un moine de l'ordre des Frères 
Prêcheurs. D*après la conception de l'auteur, (|ui fut celle de la plupart des 
théologiens du moyen-âge, et qui a sa source dans les écrits des Pères de 
TEglise, les événements de l'histoire du monde antérieurement à la venue 
du Sauveur n'auraient été que des imai^^cs préfigura tives des principaux 
faits de la vie du Christ. Spécialement les faits de l'Ancien et du Nouveau 
Testament répondent les uns aux aulrcs. Exemple : un ange annonce 
à Joachim la naissance de Marie. Le Sf rculum trouve la préfiguration de 
cet événement : 1" dans le passage du Cantique où la fiancée est appelée 
un jardin fermé et une fontaine scellée ; 2* dans l'apparition de l'ange à 
l'ânesse de Balaam ; 3° dans le songe d Astyage, roi des Mèdes, qui vit 
sortir de sa fille Mandane un ceps de vi^^nequi couvrit toute l'Asie. Ainsi 
chaque chapitre du Spéculum; comprend un fait de l'histoire du Sauveur 
et trois préfigurations, illustrés de quatre images. Au total, 192 minia- 



CHRONIQUE 185 

tures qui ont servi de modèles aux gravures des éditions imprimées. Le 
texte est écrit en vers latins. La popularité de l'ouvrage est affirmée par 
les nombreux manuscrits et les traductions françaises, allemandes et 
anglaises, comme aussi par les impressions qu'on en a faites dès le 
XV» siècle. 

Les nouveaux éditeurs se proposent de donner une édition critique du 
texte d'après les meilleurs manuscrits de Paris et de Munich, avec la 
reproduction photographique, en cent planches, du manuscrit de Munich 
qui a appartenu au couvent des chevaliers de Saint-Jean à Schlettstadt. 
Ils rechercheront les sources auxquelles a puisé l'auteur du Spéculum 
humanœ salvationis comme aussi les modèles qu'il a suivis. Us étudie- 
ront l'influence des miniatures sur le développement de l'art. 



Les chartes béarnaises remontant au haut moyen âge sont extrêmement 
rares ; la disparition de plusieurs cartulaires d'abbayes, la destruction 
complète de la plupart des chartriers donnent aux quelques documents 
diplomatiques qui nous sont parvenus^ si imparfaits soient-ils, une 
importance toute particulière. Les chartes de l'abbaye de Lucq, au diocèse 
d'Oloron, compilées en un cartulaire dont l'original est perdu mais dont 
il existe une copie du xvu' siècle à la Bibliothèque nationale, n'ont été 
utilisées que par Marca; MM. L. Barrau-Dihigo et R. Poupardin les ont 
publiées l'année dernière d'après la copie de la Bibliothèque nationale 
(Cartulaire de Saint-Vincent de Lucq, Pau, 1905;in-8%32 p. Extrait de 
la Retue du Béarn et du pays Basque), Les actes rédigés sous forme de 
notices sont sans date sauf un, mais ils ne paraissent pas postérieurs au 
début du xu' siècle; ils comptent parmi les rares pièces qui mentionnent 
plusieurs anciens vicomtes du Béarn et d'Oloron et ils fournissent sur la 
topographie domaniale de la région qu'ils concernent des indications 
qu'on ne saurait trouver ailleurs. 

A. V. 



Les comptes du moyen âge, même lorsqu'ils n'ont qu'un intérêt pure- 
ment local, constituent toujours une source de renseignements d'une 
grande variété. On y trouve à peu près tout ce que l'historien peut 
souhaiter tirer de textes historiques. M. Isnard, archiviste des Basses- 
Alpes, en publiant des extraits des Comptes du receteur de la vicomte de 
Valemes, petite seigneurie provençale, pour les années 1401-1408 (Digne, 
1905; in-8<», 53 et ui p.), a très bien fait ressortir dans une longue intro- 
duction l'abondante documentation apportée par l'étude d'une modeste 
cx)mptabilité seigneuriale du début du xv' siècle. 11 a pu d'après cette 
seule source étudier successivement le personnel administratif du 
domaine, le personnel domestique du château, la vie seigneuriale, les 



186 CHRONIQUE 

gages et salaires des agents, les droits, revenus et biens des vicomtes, les 
immeubles seigneuriaux, les fortifications, la juridiction, la nature et la 
circulation des monnaies, les mesures et les poids, l'agriculture, le clergé, 
l'industrie, les moyens de communication, l'alimentation et le vêtement, 
les prix, etc. Cette seule énumération prouve que les érudits seront 
toujours bien avisés en ne se laissant pas décourager par l'aspect géné- 
ralement peu engageant de ces sortes de documents, ils sont presque 
toujours sûrs en déchiffrant patiemment ces textes hérissés de sigles 
énigmatiques et rédigés en une langue parfois déconcertante, d'y trouver 
les éléments d'une monographie constituant une utile contribution à 
l'histoire des hommes et des choses. 

A. V. 



Les travaux communiqués au Congrès international des sciences histo- 
riques tenu à Rome au mois d'avril 1903 ont été réunis en 12 volumes (Àtti 
del Congresso internazionale di mtn%e storiche) parmi lesquels nous signa- 
lerons tout particulièrement le tome Ili qui vient de paraître. Ce volume 
consacré tout entier à l'histoire du moyen âge et des temps modernes, à 
la méthode historique et aux sciences auxiliaires de l'histoire, contient les 
articles suivants rentrant dans le cadre de nos études : F. Novati : Tema 
per la pubblicazione del Corpus inscriptionum italicarum medii œvi 
p. 3-9. — L Schiaparelli : Proposte per la pubblicazione di un Corpus 
chartarum Italise, p. 11-18. — G. Gerola : Sulla istituzione di un museo 
veneto-levantino in Venezia, p. 19-21. — L. Duchesne : Les évéchés 
d'Italie et l'invasion lombarde, p. '79-115. — L. Schulte : La lana comc 
promotrice délia floridezza economica dell'Italia nel medio evo, p. 117- 
122. — L. Pastor : Le biblioteche private e specialmente quelle délie 
famiglie principesche di Roma, p. 123-130. — G. Gay : Les résultats de la 
domination byzantine dans l'Italie méridionale aux x* et xi* siècles, 
p. 289-295. — G. Monticolo : Sul opportunité di riprendere e compiere la 
pubblicazione del Glossaire archéologique du Moyen Âge et de la Renais- 
sance di Victor Gay, p. 297-307. — L. Fumi : Se sia utile una raccolta di 
marche e filigrane cartacee dal secolo xii al xv, p. 307-310. — S. Terlizzi : 
Le relazioni di Carlo I d'Angio con la Toscana (1265-1285), p. 331-339. — 
E. de Dienne : Des rapports de l'Agenais avec l'Italie principalement aux 
XV' et xvi* siècles, p. 351-358. — G. Uzielli : Le deviazioni dei iiumi negli 
assedi^ di Lucca (1430), di Pisa (1509) e in altre imprese guerresche, 
p. 369-379. — F. Gabotlo : Dalle origine del comune a quelle délia signoria, 
p. 457-478. ^ A. de Gerbaix-Sonnaz : Luigi Ludovico o Luis di Savoia, 
sire del Vaud, senatore di Roma (1310-1312), p. 483-505 et pi. — C. Mazzi : 
Repértorio délie fonte, a stampa, dell'antico costume italiano, p. 507-518. 
— C. Calisse : La pubblicazione del poema balearico, p. 519-521. — S. Lippi : 
Gli archivi e la storia délia Sardegna, p. 523-526. — Lorenzo Salazar Sars- 
lield : Una iscrizione inedita di Federico II nella certosa di S. Martino in 



CHRONIQUE 187 

Napoli, p. 527. — G. Hondoni : Un piccolo ed importante corn une médiévale 
toscano, S. Miniato ai Tedesco, p. 529-531. — L. Ovary : Le relazioni ira 
i'italia 8 i'Ungheria dai medio evo ai nostri giorni, p. 533-543. — L. Ovary : 
L'archivio diplomatico ungherese, p. 545-547. — M. Darvai : L'imperia- 
lismo ungherese val medio evo, p. 549-553. — William J. D. Croke : Tbe 
national English institutions of Rome during the fourteenth century, 
a guild and its popular initiative, p. 555-572. — J. K. Kochanowski : Le 
développement de l'historiographie polonaise dans la seconde moitié 
du xix*" siècle, p. 599-605. — D. Marzi : Nuovi studii e ricerche intorno alla 
questione del calendario durante i secoli xv e xvi, p. 637-650. — I. Guidi : 
Gli archivi in Abissinia, p. 651-698. — C. Garufi : Rerum normannicarum 
monumenta sicula, acta et diplomata, p. 699-703. — L. Fumi : In quale 
ordine debbano collocarsi le quattro carte più antiche d'Italia, p. 713- 
716. 



MM. R. Poupardin et A. Thomas ont publié 29 chartes ou notices de 
chartes concernant le petit monastère de Paunat, dont l'origine remonte 
vraisemblablement au début du ix* siècle et qui devint au milieu du 
même siècle un prieuré de Saint-Martial de Limoges; {Fragments de 
eartulaire du monastère de Paunat ("DordogneJ.Toulousej 1906; in-8'*, 39 p. 
Extrait des Annales du Midi, XVIII, 1906.) Ces chartes transcrites au xi* et 
au XII* siècle sur les feuillets blancs d'une compilation canonique pro- 
venant de l'abbaye de Saint-Martial présentent toutes quelque intérêt ; 
deux d'entre elles ont fourni aux éditeurs l'occasion de deux petites 
dissertations de diplomatique et d'histoire carolingienne. La charte de 
donation de la eella de Paunat à Saint-Martial présente dans sa date des 
difficultés chronologiques que des considérations historiques permettent 
de discuter sinon de résoudre ; un privilège d'exemption de l'évêque de 
Périgueux Frotaire porte une souscription surchargée au nom d'un roi 
Charles qui parait devoir être restituée à Hugues Capet. Les observations 
paléographiques et diplomatiques laites au sujet de ce dernier texte sont 
très curieuses et les conclusions qu'en ont tiré MM. Poupardin et Thomas 
semblent parfaitement fondées. 

A. V. 



Le faste de la cour des ducs de Bourgogne de la maison de Valois dont 
témoignent si éloquemment les comptes de leur maison a laissé dans les 
Flandres un souvenir qui n'est pas encore effacé de nos jours, ^u cours 
du XIX* siècle des fêtes populaires ont donné lieu dans plusieurs villes à 
l'organisation de cortèges historiques et à la reconstitution éphémère des 
brillantes cavalcades que les bourgeois, ancêtres des citoyens de nos villes 
du Nord, purent admirer au xv' siècle. C'est à ces démonstrations que 
M. F. Lefebvre Du Prey a consacré une brochure intitulée : Cortèges 



188 CHRONIQUE 

historiques des canUes de Flandre Jean sans Peur et Philippe le Bon à 
Douai. (Saint-Omer, 1905 ; in-8*, 43 p.) L*auteur y décrit successivement 
le banquet du faisan à Lille en 1863 et en 1892 ; la création de la Toison 
d'Or à Cambrai en 1827, à Douai en 1839 et en 1840 ; rentrée de Philippe 
le Bon à Saint-Omer en 1840 ; l'entrée de Jean sans Peur à Douai en 1861. 
Le culte qu'ils ont du passé, le souci qu'ils montrent d'en perpétuer le 
souvenir dans l'esprit des classes les moins cultivées de la population par 
des fêtes publiques, font le plus grand honneur aux Flamands instruits 
et M. Lefebvre Du Prey a fait œuvre méritoire en retraçant le détail des 
cérémonies historiques qu'ont rénovées des esprits fidèles aux traditions 
de leur province^ 

A. V. 



Nous avons signalé à nos lecteurs le premier volume des mémoires et 
documents que publie M. Uzureau sous le titre d*Àndegatiana (Voir Le 
Moyen-Age, 1905, p. 212). Une quatrième série vient de paraître (Paris, 
Picard, 1906; in-8*, 512 p.), qui contient surtout des études d'histoire 
moderne. Les médiévistes n'y trouveront que peu à glaner ; Les origines 
de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur ; le pays des Mauges avant le 
XI* siècle ; la baronnie d'Ingrandes et la cbâtellenie de Champtocé ; le 
bienheureux Gauthier deBruges à Vihiers ; Éloge de l'Université d'Angers 
au XV* siècle. Encore ne sont-ce là que de courtes notes où les références 
aux documents sont trop rares. 



Le Gérant : H. CHAMPION. 



Abbeville. — Imprimerie F. PAiLLAtT. 



NOTICE 



LE TRÉSOR DU SANCTA SANCTORUM 



AU LATRAN 



La chapelle du Sancto Sanctorum est le seul débris du 
palais patriarcal de Latran qui ait été conservé dans son 
intégrité. C'est un petit édifice de style gothique itaUen du 
xin* siècle, en fort bon état^ dans lequel est enfermée la 
célèbre icône acheiropoiète du Christ que mentionne^ dès 
le vm* siècle^ le Liber Pontificalis ^ Au fond est un autel de 
marbre, entouré d'une forte grille de fer forgé cadenassée. 
Depuis Léon X^ personne n'avait ouvert cette grille^ der- 
rière laquelle une porte de bronze à deux vantaux^ ornée 
des effigies des apôtres Pierre et Paul^ avec inscriptions 
des papes Innocent III et Nicolas III^ abritait un trésor de 
reliques très riche^ dont Jean Diacre au xii'' siècle et 
Léon X, au xvi% avaient dressé des catalogues som- 
maires. Aucun des archéologues qui se sont occupé du 
Latran depuis le xvi* siècle, même Panvinio, n'avait 
jamais pu voir ce trésor, au sujet duquel Jean Diacre s' ex- 
prime ainsi ^ : 

« Dans le palais sacré existe un oratoire Saint-Laurent, 
dans lequel sont trois autels très saints. D'abord, dans 
r t arche » de cyprès qu'a fait faire Léon III, il y a trois 

1. Ed. L. Duchesne, t. I, p. 443. 

2. Le texte traduit ici a été publié par Mabillon, Muséum italicum^ 
t. II, p. 572. Je prépare une édition de ce Liber de ecclesia Lateranensiy 
d'après tous les manuscrits connus. 

Moyen Age, t XIX 



190 PH. LArER 

châsses ou coffrets. Dans Tun de ces coffrets, est la croix 
d'or très pur, ornée de perles et de pierres précieuses, 
c'est à savoir d'hyacinthes et d'émeraudes. Au milieu de la 
croix est Tombilic de Notre Seigneur Jésus-Christ, et la 
surface de cette croix est tout enduite de baume. Chaque 
année la même cérémonie de Fonction est renouvelée, 
le jour de l'Exaltation de la Croix (14 septembre), lorsque 
le pape se rend processionnellement avec les cardinaux de 
l'oratoire Saint-Laurent à la basilique du Sauveur ou Cons- 
tantinienne*. Et dans un autre coffret d'argent doré, orné 
de scènes diverses, il y a une croix d'émail de couleur, et à 
l'intérieur est la relique de la croix de Notre Seigneur 
Jésus-Christ. Et dans un troisième coffret d'argent sont les 
sandales ou chaussures de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 
Enfin, dans un autre coffret doré est un morceau de la 
croix qu'Éraclius, après la défaite de Chosroès, apporta 
avec lui de Perse, etc. » Suit une longue énumération de 
reliques, parmi lesquelles des pierres de Terre Sainte (du 
Jourdain, du Calvaire, du Sinaï, etc.), et surtout les chefs 
des apôtres Pierre et Paul (transportés depuis solennelle- 
ment, en 1367, par Urbain V, dans la basilique de Latran), 
et ceux des saintes Agnès, Praxède et Euphémie. 

Le R. P. Florian Jubaru, S. J., désirant retrouver le 
chef de sainte Agnès, au cours des études qu'il poursui- 
vait sur cette sainte, obtint en 1903 de faire forcer la 
fameuse grille que l'on m'avait refusé d'ouvrir en 1900, 
lorsque je faisais exécuter des fouilles dans les fondations 
mêmes de la chapelle ^. Le coffret ou « arche » de cyprès de 
Léon III était intact, scellé derrière les vantaux de bronze 
qui ferment la face antérieure de l'autel, et à l'intérieur se 
trouvait un coffret d'argent renfermant le chef de sainte 
Agnès. D'autres objets furent entrevus par le P. Jubaru, 

1. Saint-Jean-dc-Latran. 

2. Mélanges d'archéologie et d'histoire, publ. par l'Ecole de Rome, 
/, \X, pp. 251-287. 



LE TRÉSOR DU SANGTA SANCTORUif l9l 

mais il ne lui fut pas loisible de les étudier^ le rescrit 
pontifical ne portant permission que pour le chef de sainte 
Agnès *. Depuis, le R. P. Grisar avait été autorisé à voir 
les objets retrouvés, mais on me laissait entendre que la 
publication de ses conclusions serait très longtemps, peut- 
être indéfiniment ajournée. Il était de Tintérêt général de 
faire connaître le plus tôt possible en quoi consistait le 
trésor pontifical de la chapelle privée des papes du moyen 
âge. Grâce aux lettres que TAcadémie des Inscriptions et 
Belles-Lettres et la Société des Antiquaires de France vou- 
lurent bien m'accorder, les difficultés, grandes au début, 
finirent par être aplanies et les délais diminués. A la suite 
de deux voyages successifs à Rome, je pus examiner en 
détail et photographier* T « arche » de cyprès de Léon IIP 
et son contenu dont voici une courte description : 

1 . La croix d'émail cloisonné (sur fond d'or) aux extrémités 
évasées, dont parle Jean Diacre, conservée sur un coussinet 
de soie, dans une boîte d'argent ornée de figures en reHef 
au repoussé et dorées. Au revers, la croix est creuse, et une 
épaisse croûte brune de baume desséché remplit à demi 
la cavité. Cette croix parait bien pouvoir être identifiée 
avec celle dont il est question au Liber Pontificalis, dans 
la Vie du pape Serge I" (687-701) en ces termes : 

Hic beatissimus vir in sacrario beat! Pétri aposloli capsam argenteam, 
in angulo obscurissimo jacentem, et ex nigritudine transacte annositatis 
Dec si esset argentea apparente, Deo ei révélante, repperit. Oratione 
itaque iacta, sigillum expressum abslulit; lucellum aperuit in quo interius 

1. Etudes, n' du 20 septembre 1905. 

2. Voy. quelques-unes de ces photographies dans la Revue de VArt 
ancien et moderne du 10 juillet. Elles ont été communiquées à l'Académie 
des Inscriptions et Belles-Lettres le 1" juin et seront toutes publiées dans 
les Monuments Piot. 

3. Ce coffre lui-même est très simple. C'est plutôt une sorte d'armoire 
à deux étages avec portes à deux battants ornés de dessins géométriques 
en creux et de cercles en relief. En haut se lit l'inscription : LEO 
INDIGNVS I DEIJ^MVLVS | TERTiVS EPISCOPVS | FECIT, et celle-ci 
(du XIII* siècle) : SCA ( SCORV, peinte en noir sur fond d'or. 



192 PH. LAUER 

plumacium ex holosirico superpositum, quod stauracin dicitur, invenit; 
eoque ablalo, inferius crucem diversis ac praetiosis lapidibus perornatam 
iii43pexit. De qua tractis III I petalis in quibus gemmae clausae erant, mire 
magnitudinis et ineffabilëm portionem salutaris Hgni dominicae crucifl 
interius repositàm invenit. Qui etiam ex die illo pro saiute humani generis 
ab omni populo cbristiano, die Exaltationis sanctae Crucis, in basilicam 
Saivatoris quae appellatur Constantiniana osculatur ac adoratur ^ 

De Rossi avait identifié la croix de Serge V' avec celle 
que, d'après un ancien Ordo romanus^j on portait le 
Vendredi-Saint à la station papale de Sainte-Croix de 
Jérusalem. UOrdo la décrit ainsi : 

Grux vero ipsa de iigno pretioso desuper ex auro cum gemmis intus 
cavam habens confectionem ex balsamo satis bene oiente. 

Le rite solennel usité le jour de l'Exaltation de la Croix 
(14 septembre) est mentionné, on Ta vu, par Jean Diacre; 
il l'est aussi par Benoit, chanoine de Saint-Pierre ^, et par 
Cencius Camerarius *. On pourrait identifier encore cette 
croix retrouvée par Serge V et par suite celle du Sancte 
SATictorum avec la croix dont il est question sous le pape 
Symmaque (498-514) : 

Item ad lontem, in basilica beati Pétri apostoli : Oratorium sanctae 
Crucis : ex argento confessionem et crucem ex auro cutn gemmis» ubi 
inclaudit iignum dominicum ; ipsa crux aurea pens. lib. X. 

Si la croix du Sancta Sanctorum était identique à celle 
de Symmaque, il faudrait la dater du vi' siècle. Ce serait 
le plus ancien émail cloisonné avec scènes à personnages 
signalé jusqu'à présent. Quoi qu'il en soit, l'identification 
avec la croix de Serge I" dépouillée des quatre' plaques 
d'orfèvrerie sur Tune de ses faces est vraisemblable. Cette 
croix d'émail est donc en même temps qu'un objet d'art 

1. Liber Pontificalis, éd. L. Duchesne, t. I, p. 374. La basilique du Sau- 
veur ou Constantinienne est, on l'a dit plus haut, la basilique de Latran. 

2. De Rossi, Inscr» christ, urb, Eomœ, t. II, p. 34-35. 

3. Mabillon, Mus, iial, t. II, p. 152. 

^. Le Liber Censuum, éd. Fabre et L. Duchesne, p. 310-311. 



LE TRÉSOR DU SANCTA SANCTORUM 193 

unique^ un objet liturgique d'une haute antiquité et d'une 
mémorable provenance. Une croix d'émail un peu du même 
type, mais beaucoup moins grande, est conservée au musée 
Kensington. Kondakow la date du ix' ou x* siècle. La 
croix d'émail du Sancta Sanctorum est certainement plus 
ancienne. C'est le plus beau morceau d'émail de ce genre 
et le plus ancien orné de scènes qui ait été signalé jusqu'à 
présent. Les scènes qui s'y trouvent représentées sont les 
suivantes, en commençant par en haut : l'Annonciation, la 
Visitation, la Fuite en Egypte, la Nativité, l'Adoration des 
mages, la Présentation au Temple et le Baptême du Christ. 
Sur les tranches sont des mots en lettres capitales 
d'émail qui, par suite peut-être de restaurations mala- 
droites, ne sont plus actuellement intelligibles : (En haut :) 
OAT I (à droite :) EPISCOPX | MEAR | TIP | CHALIS | 
[VEjXILLVM CRVCiS. 1 (A gauche:) PEQVAES | OAD 
I MINA I [RjEGiNA MVNDH | (en bas :) IIO. — Cette 
croix mesure 0",27 de hauteur sur 0™,18 de large (d'une 
extrémité d'un bras à Tautre). 

Le coffret d'argent rectangulaire avec couvercle à glis- 
sière, qui renfermait cette croix d'émail, mesure 0'",197 sur 
0",30. Sur le couvercle sont figurés, en haut, deux bustes 
d'anges dans des médaillons, et au-dessous le Christ en 
croix entre les apôtres Pierre et Paul. Le premier tient les 
clefs qui affectent la forme du monogramme de Petrus. Au 
pied du trône, les quatre fleuves du paradis et une fleur au 
milieu. Le tout est entouré d'un encadrement de perles en 
relief. Sur le côté droit sont ciselées les scènes suivantes, 
imitées de la croix en émail : Annonciation, Visitation, Nati- 
vité. Sur le devant, les symboles des quatre évangélistes, 
avec l'agneau au milieu. Sur la partie opposée, le berger et 
les rois mages guidés par l'étoile. Sur les angles, des tor- 
sades. — Le relief assez plat des figures et le costume des 
personnages incitent à dater ce coffret d'une époque posté- 
rieure au VII* siècle, mais antérieure au xtf- Il \!^%%^\s&Jv^ 



194 PH. LAUER 

au coffret d'argent cruciforme qui renferme l'autre croix, 
décrite au paragraphe suivant, mais il offre cependant 
quelques caractères plus archaïques. 

2. La seconde croix à mentionner est en or avec des 
gemmes. Ses branches, d'égale dimension, sont légère- 
ment évasées aux extrémités. Elle se compose essentiel- 
lement d'un cadre en or enrichi d'une suite de petites 
arcatures d'émail cloisonné, avec filigranes au revers et 
bordure de perles. Sur ce cadre, des griffes en forme de 
palmettes soutiennent une plaque d'or en laquelle sont 
serties, dans des bâtes, les améthystes et les émeraudes. 
Cette croix contiendrait, d'après Jean Diacre, 1' « ombi- 
licum D. N. J.-C. » Marangoni et d'autres estiment qu'il 
s'agit de la relique de la Circoncision *. Quoi qu*il en soit, 
la boîte centrale est intacte au-dessous du couvercle ovale, 
orné de petits émaux et d'une améthyste irrégulière, qui 
est maintenu par une vis munie d'un anneau. La légende 
du vol de la relique de la Circoncision et de son transport 
à Calcata, près de Viterbe, est donc peu vraisemblable. 
Cette croix rappelle beaucoup celle de Bérenger II du trésor 
de Monza, mais elle est d'un art moins barbare. Sa facture 
semble garder encore les traditions antiques. Elle ne paraît 
pas devoir être postérieure au vi' siècle. Sa surface est en 
grande partie cachée sous l'épaisse croûte de baume dessé- 
ché, dont on l'oignait tous les ans solennellement à l'époque 
de Jean Diacre. 

Elle était conservée dans un coffret d'argent cruciforme 
avec scènes en relief dorées (Miracle des noces de Cana, le 
Christ officiant, etc.). Le couvercle de ce coffret, muni d'une 
poignée, porto l'inscription : PASCHALIS EPISCOPVS | 
FI EU! FECIT | PLEBI DEI. Il semble bien qu'il s'agisse 
de Pascal II (1099-1118) plutôt que de Pascal V' (817-824). 



1. Marangoni, Istoria delV antichissimo oratoria,.. appellato Sancta 
Sanctorum (Rome, 1747), pp. 38 et 250. 



LE TRÉSOR DU SAXlTTA SAXCTORUM !95 

Dans œ cx)flret^ deux monnaies d*argent ont été retrou- 
vées^ l'une de Philippe de Heinsberg, archevêque de Cologne 
de 1167 à 1191, et Tautre champenoise, peut-être de Thi- 
baut IV (12011253). 

3. Les deux croix sont les pièces capitales du trésor. 
Elles sont appelées à une célébrité égale, sinon supérieure, 
à celle de la croix de Justin II du trésor de Saint-Pierre de 
Rome. Parmi les autres objets, nous ne ferons que men- 
tionner des boites de cyprès rectangulaires à couvercles ù 
glissière, d'autres rondes avec couvercles coniques, un 
coffret d'ivoire moresque (xii* siècle) rectangulaire avec 
charnières affectant la forme de baguettes dorées, une pyxide 
d'ivoire antique, ornée d'une scène bachique et d'oves, du 
genre de celle du Musée de Berlin, un flacon de cristal do 
roche, d'un travail oriental, des boites avec peintures byzan- 
tines sur fond d'or, un coffret d'ivoire cylindrique orné de 
caractères koufîques, enfin et surtout un superbe coffret 
byzantin en argent repoussé (xi* siècle), orné de figures de 
saints avec légendes grecques (S. Jean le Précurseur, 
S. Nicolas, S. Grégoire de Nazianze, S. Basile) dont le 
couvercle enrichi d'émaux byzantins sur or, semblables 
à ceux de l'icône de Khakouli, conservée à Ghélat en 
Mingrélie (Russie), était scellé de l'anneau du pêcheur de 
Nicolas III (1277-1281), le plus ancien original connu S fixé 
à une grosse cordelette de chanvre. 

Il faut faire une place à part à un coffret d'argent ovale, 
à couvercle bombé, bordé d'une torsade et orné de 
médaillons du Christ et de saints nimbés sans légendes, 
d'anges vêtus de longues robes, de la colombe et de la main 

1. Ovale. Diamètre le plus grand : 0",025. Au centre, un petit person- 
nage imberbe et nu, debout, tenant une ligne ; en exergue, la légende : 
•fi SECRETVM NICOLAl PP. 111. On n'en connaissait pas jusqu'à présent 
d'antérieurs au xv* siècle. Cf. Giry, Manuel de Diplomatique, pp. 692, 699, 
et Likbatschef, Une lettre du pape He V au tsar Itan le Terrible, en 
rapport avec la question des brefs pontificaux, Saint-Pétersbourg, 1906, 
in-8* (en russe), p. 51. 



196 PH. LAUER 

symbolique. Ce coffret est du même type que Isu « capsella 
argentea africana » d'Henchir-Zirara (Numidie), offerte par 
le cardinal Lavigerie à Léon XIII, que de Rossi a publiée à 
différentes reprises, en la datant du v* siècle. 

A mentionner aussi spécialement un petit bas-relief 
d'ivoire représentant la Guérison de l'aveugle, où le Christ 
est imberbe. Le style des costumes et l'allure générale 
de la scène rappellent beaucoup les bas-reliefs des sarco- 
phages chrétiens. 

Un certain nombre de tissus de soie ont aussi été retrou- 
vés. Us servaient à envelopper les reliques. Plusieurs sont 
ornés de figures de personnages ou d'animaux. Trois pré- 
sentent des scènes : l'Annonciation et la Nativité dans des 
médaillons de feuillage, et une chasse au lion. Sur d'autres 
sont figurés des lions stylisés, dressés et affrontés, des coqs 
stylisés et nimbés dans des médaillons, d'une conservation 
parfaite. Ces tissus, qui ont des teintes variées, pouge, 
violacé, jaune clair, vert, bleu, etc., appartiennent tous 
à cette variété que M. Julius von Lessing appelle sassanide 
dans sa belle publication des étoffes anciennes de Berlin. 
M. Cox, de Lyon, et M'"' Errera, de Bruxelles, en ont aussi 
publié du même genre. Enfin ils ressemblent beaucoup à 
quelques-uns de ceux que MM. l'abbé Chartraire et Mau- 
rice Prou ont découverts à Sens. Leur fabrication paraît 
remonter aux vii% viii« et ix*^ siècles.. 

Sur l'un d'eux on relève les inscriptions grecques : 

t Sr lEPEVS EIS TON AIQNA KATA THN TASIN MEAXISEAEK. 
et KVPIOS EKAESIQN... 

Ce sont des extraits des versets 4 et 5 du Psaume 109. 

Un grand nombre d'authentiques répètent les reliques 
énumérées par Jean Diacre. Leur écriture varie depuis la 
petite capitale mêlée d'onciale et la lombarde jusqu'à la 
cursive du xiu* siècle. Plusieurs sont grecques, deux 
syriaques ("surpapyru»). 



LE TRÉSOR DU SANCTA SANCTORUM 197 

Nous nous boraerons ici à publier les textes suivants S 
que nous avons relevés sur des parchemins enveloppant 
les reliques *. Ds présentent quelque intérêt historique : 

I. Dq X* sièele. — Parchemin irriguHer. — Dimensions les plus grandes : 
Hauteur 0-047 ; largeur 0*,05. 
Iste snnt ex reliquiis sanctornm martirum Primi et Feliciani et Gor- 
gonii, que inTenitè sunt in ciroeterio sancte Hélène temporibus domni 
Ben^cti {lape octavî, mense junio, die secunda, indictione prima. Cetere 
vero reliquiae sunt in ecclesia sancti Stefani protomartiris in Celio 
monte. 

II. Du XI" au xn* siècle. — Parchemin. Hauteur 0*,201 ; 
largeur 0*,205. 

In nomine sancte et individue Trinitatis, notum sit omnibus quod hic 
est corpus sanctissimi Dyonisii^ Il qui a loco Âriopagita et patricio prae- 
nomine Ioniens, xpistiano autem agnomine est apljpellatus Macharius, a 
sancto Paulo apostolo Atheniensium ordinatus archiepiscopus, aposto- 
lica audltoritate beati Clementis, pape universalis, tocius Gailie consti- 
tutus apostolus. Pro fide Xpisti, || sub Domiciano cesare et praefecto 
Sisinnio, VIL id. octobr., gloriosum martyrium perpétra vit, et caput 
proprium per duo milia fere deportavit usque ad locum in quo nunc Dei 
dispositione requiescit humatum sine cessatione, te Deum laudans et 
dicens : a Gloria tibi, Domine. » 

Au-deuouSy Us noms de Âriopagita, Dionisius et Metropolitanus m 
trois monogrammes. 

EiiMBRAMMDS Aquitauus, Dionisius Ariopagita hic requiescunt. Sub 
Arnolfo imperatore et Odone rege. 

Sub Ebulone, abbate monasterii sancti Dionisii, Gisalbertus furavit. 

Furatus est V. non jdl., hue venit II. non. dec, tempore Tutonis 
episcopi'. 

III. Lettre missive originale de Gelin, chapelain de Lyon, au pape Gèlase 11, 
sur l'état du diocèse de Lyon, après la mort de Varchevéque Joceran 
f110$'iri5J. — Ce parchemin fut utilisé au xiii* siècle pour enve- 
lopper une relique. — Il était scellé sur simple queue. 
Excellentissimo sancte Dei universalis Ecclesie pape G. Gelinus Lug- 

dunensis cappellanus, servorum suorum minimus, devotissimam per 

1. Une description détaillée de tout le trésor, avec nombreuses figures, 
est sous presse, dans les Monuments Piot publiés par l'Académie des Ins- 
criptions et Belles-Lettres. 

2. Plusieurs sont des fragments de manuscrits, notamment d'un 
Tite-Live en onciale (lib. XXXIV). 

3. Tuton, évèque de Ratisbonne, 893-10 octobre 930 (?]. 



108 PH. LAUER 

oinnia sicut patri obedientiain. Quoniam in necess(e)itatibus mois amplis- 
simam caritatis vestre dulcedinem sepissime sensisse me rccolo, superne 
gratie dispositioni super apostolatu vestro quantas possum cordis et oris 
gratias refero. Quia igitur de largissima vestre celsitudinis pietate 
confido, Lugdunensis ecclesie statum, quam non ultimum inter ceteras 
romane Ecclesie filias gradum optinere cognoscitis, notificare vobis desi- 
dero. Noverit itaque vestra sancta paternitas donnum J K, Lugdunensem 
archiepiscopum, Xil. Kl. april., a vinculis corruptibilibus carnis Domino 
jubente solutum, quinta vero feria ante Palmas facto celebri conventu 
sufTraganeorum et honoratorum, necnon etiam présente donno Grati[a]no- 
politano episcopo cum ceteris qulbusdam venerabilibus personis, non 
ex aliqua qua[e] inter nos esset quocumque modo discordia, set sola pre 
oculis omnium ecclesie nostre consolationc proposita, divino nutu equa- 
nimi ac devotissimo omnium tam clericorum quam laicorum consensu, 
elegimus fidelissimum vestrum donnum videlicet Hubaldum', Heducn- 
sem archidiaconum. vobis quidcm non incognitum, nobis autem a puero 
notum et jampridem ad hoc officium desideratum, divina favente clemen- 
tia, in octavis paschalibus in archiepiscopum consecrandum, et quoniam 
Lugdunensem ecclesiam longo tempore ex debilitate sui capitis egrotasse, 
eta Viennensi archiepiscopo sub obtentu romane legationisplurimis modis 
depressam fuisse non ignoratis^ copiosissimam vestre sanctitatis implo- 
ramus clementiam, quatinus peticionibus ipsius super bis quae contra 
Lugdunensem spectant ecclesiam exauditionis aurem festinantius non 
inclinetis, quoadusque domnus noster quantocius post consecrationem 
suam, vel per se, si oportunitas aliquo modo concesserit, vel per legatio- 
ncm suam, beatitudinem vestram valeat visitare. De cetero nihilominus 
sanctissime vestre notifico paternitati, domnum nostrum electum ipsa 
ebdomada sue electionis per quendam Hainaldum, Troiane ecclesie cano- 
nicum, auctoritatis vestre litteras accepisse, intention! quarum non 
minori studuit occurrere sollicitudinis vigilantia, quam si ejus singula- 
riter humeris summa hoc a vobis injunctum esset obedientiae. Suppli- 
camus igitur summopere pietatis vestre dulcedini, ut per portitores pre- 
sentium aliquas vestre benivolentie litteras super bis mereamur accipere. 
In nuUo namque quantumcumque noslri laboris pondus subire refugi- 
mus, in quo sancte matris nostre romane Ecclesie utilitati vel honestati 
prospici sentiamus. 

Au dos, (Vune main du XllV siècle : l'ignera [plurium]. 



Ph. Lauer. 



1. Joceran, archevêque de Lyon (1106-1115'. 

2. Archevêque de Lyon de 1119 à 1128. 



ALERAN, comte de Troyes 



Dans un mémoire intitulé Aleran J" et AleraiiII^, 
M. l'abbé Pétel veut bien signaler avec éloges un article, 
publié dans la Romania d'avril 1904, où il est question des 
comtes de Troyes du ix* siècle, cl aussi présenter des objec- 
tions. Voici les deux plus importantes : 1** M. l'abbé Pétel 
nie (p. 5-6, 34) qu'Aleran P"" ait continué à être comte de 
Troyes après 844, date à laquelle apparaît en Espagne un 
marquis de ce nom que j'ai (après M. R. Merlet) identifié 
avec lui; 2® le gouvernement d' Aleran II à Troyes que j'ai 
signalé avec réserve devrait être absolument écarté. 

Je demande la permission de répondre, le plus briève- 
ment possible. 

I. Je maintiens que de 844 à 851 Aleran P"", bien qu'en 
Espagne, a continué à être comte de Troiesin. En effet, il 
est certain que son successeur, Eudes, était encore en 
fonctions -dans l'ouest en août 851*, qu'il lui avait succédé 
dès 853 3, enfin que, dans un diplôme du 25 avril 854 *, c'est 

1. Pétel (Abbé A.), Aleran !•' et Aleran IL Note historique sur les 
comtes de Troyes du W siècle, — Troyes, 1905, iii-8% 41 pages. (Extrait 
des Mémoires de la Société académique de VAube, t. LXVIII, 1904.) 

2. Voy. René Merlet, Les comtes de Chartres,... p. 34 (Extrait des 
Mémoires de la Société archéologique d* Eure-et-Loir, t. XII, 1897). 

3. Ibid., p. 38. En cette année Eudes apparaît comme missus dans la 
province de Sens. On sait que les fonctions de missus étaient confiées à 
des personnages investis de fonctions dans le ressort qu'ils étaient 
chargés d'inspecter. 

4. Je dois à propos de cet acte dont l'original, très lisible, subsiste 
encore aujourd'hui aux archives de l'Aube, exposer mes doutes 



200 F. LOT 

cet Eudes qui intervient auprès du roi pour en obtenir la 
confirmation d'un acte du feu Aleran « son prédécesseur* ». 
Je ne vois donc pas qu'il y ait lieu d'introduire un person- 
nage imaginaire entre Aleran et Eudes et la conséquence 
forcée c'est que le premier a continué à être comte — au 
moins nominal — du Troiesin jusqu'à 852ydate précisé- 
date véritable. Ce diplôme est daté d'Attigny, du 25 avril, 14* année du 
règne de Charles, indiction 3. M. Giry, dans les Mélanges d'histoire du 
Moyen-Age dédiés à Gabriel Monod (p. 124, note 3), fait la remarque sui- 
vante : a II y a discordance dans les éléments chronologiques et proba- 
a blement erreur du scribe dans le calcul de l'indiction. Le 25 avril de la 
« 14* année du règne correspond à 854, mais l'année 854 a pour indiction 
« 2 et non 3. » A moins d'admettre un intervalle entre ÏActum et le 
Datum je crois qu'il faut, par extraordinaire, donner ici la préférence à 
l'indiction et dater l'acte de 855 et non de 854, comme je l'ai fait, après 
M. Giry. L'étude de l'itinéraire du roi en 854 montre, en effet, que sa 
présence à Attigny le 25 avril est impossible. Prudence nous apprend 
que Charles célébra, à l'époque du carême^ son départ pour l'Aquitaine 
et qu'il demeura en ce pays jusqu'à Pâques : « Karolus profectionem 
in Aquitaniam tempore quadragesimae célébrât; in qua usque paschaiem 
festivitatem demoratur... » (Annales Bertiniani, éd. Waitz, p. 44). Le pre- 
mier dimanche du carême en 854 tombe le 11 mars, Pâques le 22 avril. 
En admettant que Charles ait pris le chemin du retour dès le 23 avril, il 
est clair qu'il n'a pu franchir en deux jours la distance qui sépare 
l'Aquitaine d'Attigny qui était à la frontière Nord-Est du royaume. 
U y a plus : Prudence s'est certainement mépris et le voyage du roi 
s'est prolongé bien au delà de Pâques ; un diplôme en faveur de l'église 
de Mâcon nous montre Charles au cœur de l'Aquitaine, à Clermont, 
le 21 mai. L'acte est daté de la 14' année du règne, indiction 1 {Histo- 
riens de France, VIII, 524, n® cxiii; Ragut, Cartulaire dt Saint-Vincmt de 
M(Uon, p. 44). Mais il est certain, ici, que l'an du règne qui correspond 
à 854 doit être préféré à l'indiction qui vaut pour 853, car en cette der- 
nière année Charles n'a pas quitté la Francia et n'a fait aucun voyage en 
Auvergne — non p^us qu'^ 855 d'ailleurs. L'année 854 est donc seule 
possible. Par suite, Charles entrant en Aquitaine au mois de mars, quit- 
tant cette région après le 21 mai, n'a pu se trouver à Attigny le 25 avril. 
En 855, au contraire, nous le voyons le 26 février à Paris {Hist. de Fr.y 
VIII, 538), pendant le mois d'août à Bonneuil-en-Parisis [Ibid., VIII, 542) 
et dans l'intervalle, le 28 juin, à Attigny (Ihid., VIII, 541). Il semble pro- 
bable qu'il y a passé une partie du printemps et de l'été. 

1. « Tempore predecessoris sui Aledramni, quondàm fideiis comitis 
nostri, ex comitatu Tricasino, etc. » {Hisi. de Fr,, VIII^ 591); cf. le fac- 
s/oj/Ie du Musée des archives départementaks, pi. VI, n"* 7. 



ALERAN, GOlfTB DE TROTES 301 

ment de la mort^ en Espagne, du marquis Âleran. Ou bien 
il faut nier absolument l'identité d'Âleran de Troiesinet du 
marquis Aleran — ce que M. Tabbé Pétel se garde de faire 
(p. 7). L'identification est, en efifet, des plus séduisantes et 
le fait qu'AIeran et Eudes ont été amis et compagnons 
d'armes en Gothie, e3q>liquerait peut-être la succession du 
comté de Troyes *. 

Vu le titre traditionnel de comU de Troiesin accolé à 
Aleran, j'avais conclu que le récit épique du ix* siècle où 
son nom a dû figurer était antérieur à l'année 844, date à 
laquelle le comte fut créé marquis de Gothie. M. l'abbé 
Pétel le conteste (p. 34) : < Il (le récit épique) peut fort bien 
« être postérieur et si on demande pourquoi, dans cette 
« hypothèse, l'auteur a donné à son héros le titre modeste 
< de comte de Troiesin plutôt que celui plus ronflant de 
« marquis d'Espagne ou de duc de Gothie et de Septimanie, 
c M. F. Lot fournira lui-même la réponse : « c'est parce 
« que le titre de comte de Troiesin offrait une rime 
« commode dans les laisses en in. > C'est peut-être aussi 
c parce que l'auteur étant lui-même du Troiesin a voulu, 
t en bon Champenois, faire retomber sur son pays, plutôt 
« que sur l'Espagne, quelques rayons de la gloire d' Aleran.» 
Impossible de discuter cette dernière raison ou plutôt cette 
dernière hypothèse qui ne repose sur rien. Quant à m'op- 
poser à moi-même les deux lignes que je viens de repro- 
duire c'est prouver que l'on n'a pas compris. J'ai expliqué 
que l'auteur d'Aye d'Avignon, à la fin du xu* siècle, nous a 
transmis le nom traditionnel d'Aleran de Troiesin parce 
qu'il offrait une rime commode, mais le poète (hypothé- 
tique) du IX* siècle (qui d'ailleurs ne rimait pas) n'aurait 
eu aucune raison de se refuser à qualifier Aleran de 
« marquis » s'il l'avait connu comme remplissant cette 



1. R. Merlel, loe. cit., p. 32. Voy. aussi Calmette, Les marquis de 
GoMê wui CharUs U Chôme. (Annaki du Midi, t XIV, 1902). 



202 F. LOT 

fonction en Espagne. Mon observation subsiste donc K 
IL L'existence d'AIeran II comme comte de Troyes est 
inadmissible si le comte Eudes a recouvré le Troiesin à la 
mort de Raoul, oncle du roi, en janvier 866. M. l'abbé 
Pétel, après M. R. Merlet, et avec beaucoup plus d'assu- 
rance encore, affirme qu'Eudes a recouvré le Troiesin ; 
mais ses arguments (p. 19) n'ont aucune portée parce qu'il 
n'a que des idées confuses sur les fonctions des misai 
dominici^, et même, à dire vrai, sur les institutions du 
ix'' siècle 3. On demeure étonné de voir que Fauteur s'ima- 
gine * que, les comtes avaient droit à certains comtés sous 
Charles le Chauve, que ces comtés étaient la propriété 
d'un grand personnage et de sa famille ^. J'ai montré que, 

1. J'accorde cependant à M. l'abbé P. (p. 5, 6) que le motif que j'imaginais 
pour expliquer le séjour du comte Eudes en Anjou jusqu'en 852, la néces- 
sité de combattre les Bretons, ne vaut rien. Mais j'ajoute contre M. R. Mer- 
let (loc. cit., p. 32, note 1 et 38) et M. l'abbé P. (p. 19) que rien absolument 
ne prouve que ce personnage ait continué à posséder le Dunois après 850. 
Nous le voyons comte d'Anjou en 851 et 852, comte de Troiesin de 853 
à 858, plus tard comte et missus dans la Haute-Bourgogne, de 861 à 871. 
Ces déplacements sont tout naturels. Sous Charles le Chauve les comtes 
sont encore des fonctionnaires. 

2. Cf. plus haut, p. 199, n. 3. A la page 18 l'auteur semble m'attribuer 
l'opinion que les fonctions de missus et de comte étaient incompatibles. 
Est-il besoin d'ajouter que je n'ai jamais rien dit de pareil? 

3. P. 29, il est question de « châtelains de Chappes » devenant abbés de 
Saint- Loup à la place des comtes de Troyes « à cette époque ou à peu 
près ». — P. 24, l'auteur nie que le duc Boson ait été comte de Troyes : 
« il en fut simplement l'administrateur au nom d'Eudes II, sinon comme 
tuteur, du moins comme agent, comme représentant ou vicecomes ! » 

4. Le coupable est un peu M. R. Merlet qui^ dans ses travaux, a fait 
remonter trop haut l'enracinement des grandes familles dans un coin 
du Regnum Francorum. 

5. P. 20 : (( le comté de Troyes enlevé à Eudes en 859 et donné à l'oncle 
du roi, Raoul, devint vacant en 866 par la mort subite de ce dernier. 
N'est-il pas naturel, n'est-il pas logique (sic) de conclure qu'il fit retour à 
Eudes de plein droit et par la force même des conventions ? » — P. 29 : 
« Robert étant mort sans enfants, le comté de Troyes aurait dû, semble- 
t-il, faire retour à son frère Eudes II qui le lui avait donné, et cependant 

Robert eut pour successeur son neveu Mleaume... M. R. Merlet explique 



ALERAN, COMTE DE TROYES 203 

de 866 à 871^ Eudes ayant été missus dans la Haute-Bour- 
gogne, et apparaissant dans les comtés d'Oscheret et 
d'Atuyer (vers Dijon) et de Maçonnais, a certainement 
possédé un des pagus de cette région. Et, c'est ce que met 
hors de doute un passage de la Translatio sancti Mauri 
qui nous montre un comte Eudes accueillant sur ses 
domaines en deçà de la Saône les moines de Glanfeuil fuyant 
les Normands*. A cette date, c'est-à-dire au milieu de 864 -, 
Eudes était donc dans la Haute-Bourgogne et on ne cesse 
de le voir dans cette région jusqu'à sa mort en 871 . Comme, 
d*autre part, il n'y a pas trace d'un séjour de ce person- 
nage à Troyes après sa révolte de 858, nous n'avons pas le 
moindre droit de dire qu'il ait jamais recouvré ce dernier 
comté. Par suite, le gouvernement d'Aleran H, enTroiesin, 
suggéré par un diplôme de Charles le Chauve de 859-875, ne 
rencontre aucune objection solide et peut se placer approxi- 
matîvementaprès janvier 866. Il n'eutd'ailleursqu'unecourte 
durée, ce qui ne surprendra point les érudits persuadés par 
l'étude de cette époque que les comtes n'étaient rien moins 
qu'inamovibles^. Le mémoire de M. l'abbé Pétel appelle- 
rait encore d'autres observations *, mais après ce que nous 

cette irrégularité {sic) en disant que le comte Eudes II était alors occupé 
à repousser les Normands du Chartrain, etc. » — P. 3, l'abbé P. nous dit 
qu'AIeran I" (mort en 852) « a certainement possédé le comté de Troyes a 
titre bénéficiaire (ne), c'est-à-dire sans avoir sur ce comté un droit trans- 
missibie à ses héritiers. x> A cette date on le croira aisément. 

1. Voy. Monumenta Germaniœ, Scriptores, t. XV, p. 471. 

2. J'établirai cette date dans un prochain mémoire. M. R. Mcriet dit 
(p. 49) (( dans le courant de l'année 863. » Cette divergence n'est, au sur- 
plus, pour la question des comtes de Troyes, d'aucun intérêt. 

3. Aussi n'ai-je tenu aucun compte, à la grande surprise de M. l'abbé P., 
de phrases de ce genre : « ce qui donne lieu de croire qu'en 866 Eudes ren- 
tra en possession du comté de Troyes c'est que, après sa mort, ses deux 
fils lui succédèrent l'un après l'autre dans celte charge. » (R. Meriet, 
p. 55, note 2). Cette assertion n'est qu'à moitié exacte : car ses fils ne 
lai succédèrent pas directement. Le fut-elle entièrement que — à cette 
date — elle ne serait en aucune façon probante. 

4. Ainsi, à la page 13-14, l'auteur ne s'aperçoit pas que la formule « ut 



204 F. LOT 

venons de dire on comprendra qu'il ne noua semble pas, 
malgré son réel mérite^ de nature à modifier sérieusement 
ce que l'on sait de l'histoire des comtes de Troyes du 
IX* siècle. 

Ferdinand Lot. 

nulli comitum Trecassinoram liceat », d'une fausseté criante, appartient 
à la portion remaniée du diplôme de 859-875 et ne saurait être invoquée 
par lui. — La longue discussion des p. 20-23 est inutile : il est clair que 
Tabbé de Saint-Loup de Troyes, Adelermus (et non Adelerinus) de 890- 
891, est identique au comte de Troyes Adelelmus-AUeaume, lequel gou- 
verna de 886 à 893, et n'a rien à faire avec Aleran II, etc. Je laisse de 
côté les appréciations (p. 16) sur la révolte de Robert le Fort en 858 qui 
sont inspirées de M. R. Merlet et qui, à mon sens, sont tout à fait 
erronées. 



SUR TROIS LIGNES INÉDITES 

DE SULt^ICE SÉVÈRE 



Les manuscrits de la Vie de saint Martin, des Lettres el 
des Dialogues de Sulpice Sévère sont si nombreux, qu'on 
n'en a jamais entrepris une étude générale. Sur plus de 
cent cinquante manuscrits que contiennent les bibliothè- 
ques d'Europe, l'éditeur du Sulpice de Vienne, M. Halm, 
n'en a connu directement que quatre, et trois ou quatre 
autres par les éditions antérieures ^ Il a pu cependant 
reconnaître que les manuscrits se groupaient naturel- 
lement en deux familles : dans l'une, Vitalienne, qui n'est 
représentée que par deux manuscrits, les Dialogues ont 
conservé leur division primitive en deux livres ; dans la 
seconde, qui comprend l'immense majorité des manuscrits 
et que Halm appelle famille française et allemande (disons 
famille franquë), les Dialogues forment trois livres, le pre- 
mier livre du texte original ayant été coupé en deux. 

Il y a au moins un manuscrit qui ne se classe ni dans 
la famille italienne, ni dans la famille franque : c'est le 
Livre d'Armagh, copié en 807, aujourd'hui la propriété du 

1. Sulpiciî Severi Libri qui supersunt, rec. C. Halm. Corp. Scr. EccL 
Lat.y vol. 1. Vienne, 1866. Voir p. ix et p. 108. Le ms. de Brescia du 
XIV* siècle, utilisé par Jérôme de Pralo, qui doit former avec le Vero- 
neniii la famille italienne, esi, sauf ignorance de ma part, encore à 
retrouver. Il n'y a pas de catalogue des dépôts de Brescia. 

Ifoym Age, t. \l\ V^ 



200 K.-CH. HAHLT 

Trinity Collège de Dublin K Ce volume célèbre (célèbre 
pour les parties dont je n'ai pas à parler) contient, après 
quelques textes relatifs à saint Patrick et un Nouveau 
Testament archaïque, les écrits de Sulpice sur saint 
Martin : la Vita Martini, les Dialogues en deux livres, avec 
les titres originaux de Postumianus et Gallus qui ne se 
retrouvent pas ailleurs, enfin les Lettres I et II (III manque). 
M. le Rcv. D*" Gwynn, professeur à F Université de Dublin, 
achève de préparer une édition diplomatique du Livre 
cVArmagh. Il a bien voulu m'envoyer les bonnes feuilles 
de toute la dernière partie (fol. 152 à 222) du beau volume 
qu'il va publier. C'est sur cette reproduction, presque 
équivalente à un fac-similé, que j'ai pu étudier le texte du 
manuscrit. Je prie M. le D*" Gwynn et M. Th. K. Abbott, 
bibliothécaire en chef de Trinity Collège, qui a bien voulu 
me servir d'intermédiaire auprès de lui, d'agréer mes 
respectueux remercîments. 

La tradition irlandaise du texte de Sulpice s'est séparée 
de la tradition continentale avant 460, et sans doute, 
puisque les relations sont devenues très rares entre la 
Gaule et l'Irlande dès le premier quart du v* siècle, peu de 
temps après la publication des petits écrits martiniens. Ces 
écrits ont en effet subi au v' siècle, à Tours et au temps de 
l'évoque Perpetuus (461-490), des remaniements dont tous 
les manuscrits italiens et francs portent la trace, et dont le 
manuscrit de Dublin est seul exempt 2. La collation des 



1. T. K. Abbott^ B. D.^ D. Litt. Catalogue of the manuscripts of THnity 
Collège. Dublin-London, 1900, p. 6, ras. n° 52. 

2. Pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer, deux passages ont 
été supprimés: la prophétie de saint Martin sur l'Antéchrist (Dial, II, 14), 
et les invectives de Bricius (Dial. III, 15-16). Les mss. italiens, ou du 
raoins le Veronensis du vir-viii* siècle, copie d'un ms. de l'an 519 (je ne 
sais rien du Bnxianus), ne présentent que la lacune de Bricius. Les mss. 
francs présentent les deux lacunes : j'entends par là, ou bien que les deux 
morceaux manquent, ou bien qu'ils ne figurent que hors de leur place, 

ou bien qu'ils ne figurent à leur place que pour y avoir été rétablis. 



TROIS LIGNES DE SL'LPICE SÉVEUE 20*i 

Lettres et des Livres II et III des Dialogues, au reste, m'a 
permis un classement des manuscrits qui est très net : 
d'un côté la tradition irlandaise, de l'autre la tradition 
continentale qui se divise en deux rameaux, l'italien et le 
franc. 

Il est vrai que la même conclusion ne ressort pas de la 
collation de la Vita Martini et du Dialogue I. Si l'on cons- 
taté encore, dans ces parties, des fautes communes au 
texte italien et au texte franc que le texte irlandais ne pré- 
sente pas, on relève aussi des fautes communes à l'irlan- 
dais et au franc, dont l'italien est exempt : en sorte que le 
classement paraîtrait d'abord impossible. Il est arrivé, je 
crois, qu'un manuscrit irlandais a été transporté à Tours, 
et a servi à corriger la Vita Martini et le premier des 
« trois livres » des Dialogues : mais le correcteur n'aura 
pas poussé son travail jusqu'au bout. Le manuscrit ainsi 
corrigé aura donné naissance à la nombreuse famille 
franque, dont tous les exemplaires les plus anciens sont 
des volumes tourangeaux. 

Je ne citerai que deux des bonnes leçons du manuscrit 
de Dublin : l'une et l'autre comblent de petites lacunes du 
texte continental et des éditions. 

Dans la lettre I, § 3, il faut lire (les mots en italiques ne 
figurent que dans le texte irlandais) : 

Vere plane iste quicumque est si illis temporibus nalus essct, utique 
ÎD dominum banc vocem emittcre potuisset! Profecto nequaquam ei 
voluntas ad perfidiam defuisset, qui simili sanctum domini blasfemat 
exemplo. 

A la dernière page du Gallus {Dial. III^ 18, l},le Livre 



comme le prouve la numérotation des chapitres et la Capitulatio initiale 
des Dial. II et III. L'indice le plus apparent (ce n'est pas le seul) qui per- 
mette d'attribuer à Perpetuus le retranchement des deux passages, c'est 
que les deux lacunes se constatent déjà dans la traduction métrique des 
écrits de Sulpice que Paulin de Périgueux fit, vers 465, à la prière de 
Perpetuus et sur un manuscrit reçu dç lui. 



208 E.-CH. BABUT 

d'Armagh nous fournit deux lignes inédites qui ont plus 
d'intérêt. Je cite tout le passage : 

Ceterum cum Hierosolymam inde petiturus ventorum cursui (aj vêla 
commiseris, negotium tibi nostri doloris iojungo ut si umquam inlustris 
illius Ptolemaidis litus accesseris, sollicitus inquiras ubi sit consepultus 
noster ille Pomponius ("bj, nec fastidias visitare ossa peregrina. Multas 
illic lacrimas tam ex afiectu tuo quam ex nostris efTuade visceribus, 
ac licet inani munere, solum ipsum flore purpureo et suave redolentibus 
sparge graminibus. Simul ignosce decepto et miserere fugitivo (cj. Placi- 
tum un esse dominumf et indulgens tantis obnoxio erroribus pi*ecare 
judtctum. Dices tamen illi, sed non aspere non acerbe, sed ("dj compa- 
tientis alloquio, non exprobrantîs elogio, quod si vel te quondam vei me 
semper audire voluisset, et Martinum magis quam illum, quem nominare 
nolp, fuisset imitatus, numquam a me tam crudeliter disparatus ignoti 
puiveris syrte {"ej tegeretur, naufragi sorte prœdonis passas in medio 
mari mortem et vix in extremo nanctus litore sepulturam. 

Quand aura paru le volume du D*" Gwynn, on s'assu- 
rera que le Livre d'Armagh, s'il est beaucoup plus incor- 
rect que le manuscrit de Vérone (vii'-viii* siècle) et que les 
bons Martinellus du ix' siècle, est pourtant Tun des plus 
importants manuscrits de Sulpice Sévère, et permettrait à 
lui seul d'amender en quantité d'endroits le texte de la Vie 
de saint Martin^ des LettreSy du Postumianus et du Gallus. 

La page que je viens de citer réclame un éclaircissement 
qui n'a jamais été donné. A qui rapporter les mots : illum 
quem nominare nolo et pourquoi l'allusion est-elle faite à 
cette place importante, la dernière page du livre? La ques- 
tion, à vrai dire, n'était pas très obscure ; mais en pré- 
cisant un peu les données, les quelques mots que nous a 
fournis le manuscrit d'Àrmagh permettent de la résoudre 
plus sûrement. 



(a) Sic I (Àrdmachanus); voir les lectiones variœ de Halm. — {b) Pam- 
punius I. — (c) Sic 1 ; fugitivi ? Je lirais : Placitum illi esse dominum 
preçare, et indulgens tantis obnoxio erroribus praestare judicium. ~ 
(d) Si I; om. rell. — (e) Regione I ; le texte franc donne aussi regione; 

// y aura eu, à la dernière page du livre et pour un passage difficile^ 

un emprunt du texte franc au texte irlandais. 



TROIS LIGNES DE SULPICE SÉVÈRE 209 



II 



Un certain Pomponius^ ami de Sulpice^ se laissa déce- 
voir, malgré ses avis^ par les mauvais conseils et la doc- 
trine funeste d'un inconnu. Les erreurs où il tomba devaient 
être graves^ car Sulpice estime qu'il avait grand besoin 
de Tindulgence du Seigneur. Nous savons encore que 
Pomponius s'enfuit loin de Sulpice, qu'il voyagea en 
Orient, qu'enfin il mourut en mer et fut enseveli sur la 
côte de Cyrénaïque. 

Ce passage du Galltxs est évidemment à rapprocher 
d'un texte du Posfamianus (Diai.I, 12, 5) : c'est Postumien 
qui parle : 

Undc quendain, si a^noscis, censeo jure laudandum, eo quod cum eum 
libertus descruerit ingratus, miscratus est potius quam inscctatus est 
abeuntcni. Sed neque iili irascitur, a quo videtur abductus. 

Hgo autem : Nisi istud vinccndaî îracundiaB Postumianus prodidissel 
excinpium, graviter irasccrôr discessione lugitivi : sed quia irasci non 
licet, tota istoruni commemoraticrrtiuœ nos conpungit, abolenda est. 

L'allusion est ici moins explicite que tout à l'heure. Le 
séducteur n'est pas plus clairement désigné : et le fugitif 
n'est même pas nommé. Personne ne doutera cependant 
que les deux personnages visés ne soient Pomponius et 
son mauvais guide : même situation de part et d'autre> et 
chez Sulpice même tristesse, même parti pris de silence. 
Nous apprenons que Pomponius était un affranchi de Sul- 
pice. Nous voyons aussi que Sulpice attachait beaucoup 
d'importance à l'incident de sa fuite, puisqu'il en a parlé 
deux fois, et la seconde fois aux dernières lignes de son 
livre. Sulpice aimait les sous-entendus, les double-sens, 
les façons couvertes de s'exprimer. La fuite de Pomponius 
pourrait bien avoir quelque rapport avec le au\et dvk 



210 E.-CH. BABUT 

livre, ou plutôt avec Tun de ses sujets : moines d'Orient, 
moines d'Occident, saint Martin. 

Il faut remarquer encore que les Dialogues étaient des- 
tinés par leur auteur à une large publicité. Aussi la double 
allusion devait-elle être intelligible pour beaucoup de 
lecteurs. L'affranchi Pomponius était un homme obscur ; 
il faut que le maître qu'il a suivi en Orient ait fait parler de 
lui. 

Ces quelques données nous désignent assez clairement 
rhomme dont Sulpice n'a pas voulu dire le nom, tant il 
lui eût été douloureux de le prononcer : c'est Vigilance de 
Calagurris. Ce personnage, qui eut un moment de célé- 
brité, nous est assez bien connu, grâce à la haine que lui 
porta saint Jérôme. Il était né à Cazères en Comminges, où 
son père tenait une auberge. Il était prêtre en 390; on le 
trouve, celte année-là, à Bethléhem, où il avait remis à 
saint Jérôme de la part de Paulin une lettre et un exem- 
plaire du Panégyrique (perdu) de Théodose. Jérôme dit lui 
avoir fait le meilleur accueil K 

Le prêtre aquitain Vigilance de 390^ ami de Paulin de Nole^ 
est-il le môme personnage que le moine aquitain Vigi- 
lanlius, qui avait en 395, en compagnie d'un jeune esclave 
de Sulpice (Pomponius??) apporté à Noie une lettre de Sul- 
pice, et que Paulin avait comblé de marques d'estime et 
d'ami lié ^ ? L'identification, qui est généralement admise ^, 

1. s. Jérôme, ep. 58. Hdiuschen (Jahrbucher der chrûtlîchen Kirche unter 
Theoaosius, 1897, p. 462) met celte lettre au début de 396 ; Grûlzmacher 
(Hieronymus, 1901, p. 79) eu 396. La date d'année est certaine. 

2. Paulin, ep. V, §§ 11, 14 (écrite en 395). 

3. Tillemont, Annales, t. XIV, p. 74; Dict, of Christian biography, s. v. 
Vigilanilus; A Réville, Vigilance de Calagurris, Ecole des Hautes Eludes, 
Sciences religieuses, Rapport-Programme de 1902. Rauschen {Jahrbiicher, 
p. 462) distingue deux Vigilantius. La raison qu'il allègue est que le 
Vigilanlius de la lettre V de Paulin était un catéchumène. Mais la lettre 
prouve au contraire à l'évidence que le Vigilantius en question était 
membre de l'Eglise {sociale membi^m), à la différence de son compagnon, 

auquel se rapportent les mots : ille calcchtwncnti*. 



TROIS LIGNES DE SULPICE SÉVÈRE 211 

parait très probable; si elle est fondée, Vigilance était un 
peu Thomme de Sulpice, auquel Paulin écrit, en parlant du 
moine et de son compagnon : conservi nostri, pueri tui ; il 
faudra faire de Vigilance Taffranchi de Sulpice, au moins 
le fils de son affranchi. Si, au contraire. Ton faisait du 
moine de 395 et du prêtre de 396 deux personnages dis- 
tincts, il demeurerait nécessaire d'admettre que le prêtre, 
étant un Aquitain ami de Paulin de Noie, était connu de 
Sulpice*. 

Après avoir fait quelque séjour à Bethléhem, Vigilance, 
choqué de voir Tancicn origéniste Jérôme dénoncer avec 
véhémence les origénistes, se remit en route sans prendre 
congé. Il voyagea alors dans TEgyptc intérieure, qui était, 
aux yeux des saints occidentaux comme Paulin et Sulpice, 
le pays de la sainteté. 11 observa la vie des solitaires et des 
cénobites de la Thébaïde. Ce pèlerinage, qui a été fait par 
un assez grand nombre de contemporains, ne laissa à la 
plupart que des sentiments de pieuse admiration : Vigilance 
porta sur les moines d'Orient un jugement sévère, et il en 
vint, lui que Jérôme et Paulin avaient regardé jusqu'alors 
comme un confrère en sainteté, à penser que l'institution 
monastique et le célibat obligatoire des clercs étaient dans 
l'Eglise des nouveautés dangereuses. De retour en Occi- 
dent, il mûrit ses réflexions pendant quelques années; 
puis il les publia, en 402 ou 403 2, dans un ouvrage qui s'est 

1. Sulpice et Paulin ne sont pas seulement des amis étroitement liés ; 
quiconque a lu leur correspondance sait qu'ils appartenaient tous deux à 
un parti ecclésiastique peu nombreux. Paulin, qui avait dû quitter 
l'Aquitaine pour se soustraire à l'inimitié du clergé, qui engageait Sulpice 
à la quitter comme lui et pour la même raison, n'y avait gardé que peu 
d'amis ecclésiastiques, que Sulpice devait tous connaître. 

2. Date fournie par la lettre 109' de Jérôme, ad Riparium, qui est 
de 404 (Grùlzmacher, p. 71). Jérôme, quand il l'écrivit, n'avait pu encore 
se procurer le livre de Vigilance. Antérieurement, et pendant son voyage 
de retour à travers l'Italie du Nord, Vigilance avait publié une lettre où 
Jérôme était fort maltraité. Voir Jérôme, ep. 61, datée par Grûlzmaciier 
(p. 68) de 399-403. Le Contra VitfHantium fut écrit en 406 sur la demande 



212 E.-CH. BABUT 

perdu. C'était un manifeste contre les tendances, étroite- 
ment unies, qui étaient alors en voie de transformer le 
catholicisme : Tesprit ascétique et la dévotion aux saints*. 
Vigilance combattait la religion même de Sulpice Sévère. 
Sulpice dut éprouver, quand il vit son ancien ami se 
joindre au grand nombre de ses adversaires, une douleur 
véritable : ce sentiment apparstit bien dans les deux pas- 
sages que j'ai cités, et Ton comprend que Sulpice ne puisse 
même prononcer le nom de Thomme qui Ta si fort déçu. 
Le tantis erroribus obnoxius s'applique parfaitement à la 
doctrine de Vigilance, qui devait, après le triomphe du 
monachisme rigoureux et du culte dos saints, être classé 
parmi les hérétiques 2; et du milieu aquitain où vivait 
Sulpice Sévère, il n'est sorti peu avant 404^ à notre con- 
naissance, aucune autre hérésie que celle do Vigilance. 
Pomponius est mort sur la côte de Cyrénaïque : c'est que 
le faux docteur qu'il suivit l'avait emmené en Egypte. Enfin 
il y a bien quelque rapport entre les erreurs de Vigilance 
et le dessein des Dialogues. Si Sulpice, en 401, a envoyé 
Postumien en Egypte, c'est sans doute que pou auparavant 
Vigilance en était revenu, et lui avait communiqué ses 
impressions ; Sulpice aura voulu instituer une contrc- 
enqucte sur le compte des moines d'Orient. Et si, écrivant 
ses Dialogues trois ans plus tard (404), il y fait prononcer 
par Postumien l'éloge des solitaires et des cénobites égyp- 
tiens, c'est qu'il éprouve le besoin de les défendre devant 
l'opinion catholique, émue par la publication récente 
(402 ou 403) du livre de Vigilance. Il est aussi très naturel 

des deux prêlrcs Riparius et Dcsiderius. Impossible de savoir si ce 
Dcsiderius est l'ami de Sulpice, à qui est dédiée la Vi(a Martini. Cf. Dict. 
of christ, biography, s. v. Dcsiderius 1^2. 

1. On trouvera un résumé de la doctrine de Vigilance (d'après saint 
Jérôme) dans la brochure déjà citée de M. A. Révilie. 

2. Gennadius, De viris inlustribus, xxxvi : et alia locutus est frivola, 
quae in catalogo hacreticorum necessario exponentur. (Ed. Cushing 

RicbardsoD, p. 74.; 



TROIS LIGNES DE SLLPIGE SÉVÈRE 213 

de penser que lorsqu'il fait Tapologie du caractère de 
Jérôme et de sa doctrine {Dial. I, 7 à I, 9), Sulpice répond 
encore à Vigilance^ qui avait raillé les variations du publi- 
ciste de Rome et de Bethléhem. Ainsi les Dialogues, qui ont 
surtout été composés pour ajouter des compléments à la 
Vie de saint Martin, semblent être, par un côté, un autre 
Contra Vigilantium. Il y a d'ailleurs un frappant contraste 
entre le livre de Jérôme et celui de Sulpice Sévère. Tandis 
que Jérôme abonde en injures, Sulpice Sévère n'a voulu 
adresser à son ancien ami qu'un reproche anonyme, où 
perce bien plutôt le regret que le ressentiment. 

E. Ch. Babut. 



COMPTES RENDUS 



Heinrich Zimmer. — Pelagius in Irland. Texte und Uûtersuchun- 
gen zur patristischen Litteratur. — Berlin, Weidmannsche 
BuchhandluDg, 1901 ; in-8, viii-450 p. 

L'auteur de cet excellent travail nous apprend dans sa préface 
qu'il en a différé la publication pendant vingt ans. Il voudra bien 
ne pas nous savoir mauvais gré du retard de ce compte-rendu. 

Pendant le v- et le vi" siècle, au temps où la Gaule était occupée 
pardesGoths, des Burgondes et des Francs et toute la Bretagne 
orientale par des Saxons et des Angles, il y eut au fond de 
rOccident un petit monde celtique isolé, coupé de la Méditerranée 
par une double ou triple zone d'états barbares, et qui vécut plus de 
cent cinquante ans d'une vie archaïque et ignprée. L'Irlande et la 
partie demeurée celtique de la Bretagne ne commencèrent à 
redevenir des pays européens qu'à l'extrême fin du vi« siècle, au 
temps où S. Colomban s'en vint en Germanie et où S. Augustin 
s'en alla dans le Kent. Si Tlrlandc n'avait jamais été conquise par 
l'armée romaine, elle n'était pas restée étrangère à la civilisation 
de l'Empire catholique. Elle avait, à la fin du iv® siècle, des 
églises^; elle avait aussi des foyers de culture littéraire. Et les 
Irlandais chrétiens et lettrés, qui étaient surtout des moines, ont 
rendu au monde un service dont M. Zimmer a été, je crois, le 
premier à signaler l'importance probable. Dans l'asile éloigné de 
l'île celtique, l'étude des lettres et particulièrement la connaissance 
du grec se conservèrent, au v^ et au vi*^ siècle, beaucoup mieux 
qu'en Italie ou en Gaule ; les bibliothèques monastiques de 

1. M. Zimmer, qui est surtout connu par ses travaux sur la littérature cel- 
tique et connaît à fond les choses d'Irlande, a fait ailleurs justice de la légende 
de saint Patrick, fondateur de l'Rgliso d'Irlande (entre 430 et 4G0). V. Hcrzog- 
ffauck, Real-Encykiopédie, 3« éd., t. X, p. 207-221. 



ZIMMER : PELAGIUS IN IRLAND 215 

rirlande ont sauvé, pendant cette longue période de destruction, 
toute une portion du patrimoine littéraire du monde latin. 

L'Irlande n'était épargnée que pour un temps ; elle devait avoir 
ses grandes invasions au cours du ix® et du x« siècle. Tous ses 
monastères, Hi, Bangor, Armagh, Clonmacnois et autres, furent à 
plusieurs reprises incendiés. Des moines fugitifs emportèrent avec 
eux le plus qu'ils purent des manuscrits conventuels, et les 
déposèrent dans les bibliothèques des monastères francs. C'est 
ainsi qu'un catalogue de Saint-Gall, dressé au ix® siècle, mentionne 
trente libri scottice scripti. Mais ces livres scotiques n'étaient guère 
en sûreté en Europe. Les moines continentaux, qui lisaient mal 
l'écriture irlandaise, les jugèrent inutilisables et en mirent un 
grand nombre en pièces ; le beau parchemin d'Irlande servit à 
copier ou à relier d'autres volumes. Des trente volumes scotiques 
de Saint-Gall, un seul subsiste aujourd'hui, tandis que le monastère 
a conservé 127 des 2S9 manuscrits continentaux qui figurent sur 
le même catalogue du ix® siècle. 11 est ainsi devenu impossible 
d'évaluer, dans l'ensemble des textes antiques conservés, l'impor- 
tance de l'apport irlandais ; car beaucoup de textes qui ont passé 
par l'Irlande ne nous sont parvenus que par des copies continen- 
tales de livres scotiques. 

C'est d'Irlande qu'est revenu en Europe, au ix*^ siècle, le livre 
auquel est consacré Touvrage de M. Zimmer: VËxpositio super 
omnes epistola^ Pauli du prêtre Pelage. Ce commentaire, composé 
peu après l'an 4(XI et presque aussitôt condamné par l'Eglise 
d'Afrique et par le pape, ne se conserva dans son état primitif et 
avec sa véritable attribution que dans la patrie de l'hérésiarque, 
l'Irlande, où un parti pélagien se forma dès le début du v® siècle, 
et se maintint à tout le moins jusqu'aux environs de l'an 70(). 
En Europe, le Commentaire de Pelage ne subsista que sous deux 
formes pseudépigraphes et très altérées : un abrégé fait par un 
inconnu peu après la publication de l'ouvrage, et qui jusqu'à 
Erasme était attribué à S. Jérôme ; et un remaniement anti-péb- 
gien, exécuté entre 450 et 500, et faussement attribué à Primasius 
d'Hadrumëte (Pseudo-Jérôme. Migne, t. XXX; Pseudo-Primasius, 
Migne, t. LXVIII)^. 

1. p. 200-213, discussion bien conduite sur les trois commentaires de saint Paul 
que possédait Cassiodore. Outre le Pseudo Primasius et le Pseudo JérAme, il avait 



216 COMPTES RENDUS 

M. Zimmer a retrouvé dans le Litre (FArmaghde Dublin, dans 
un manuscrit de Vienne et dans un manuscrit de Wurtzbourg, des 
fragments du Commentaire sous sa forme originale. Toute la 
première partie de son livre (p. 1-216) consiste principalement 
dans la publication et Tétude de ces fragments. 

Au moment de livrer son travail à Timprimeur, M. Zimmer 
découvrit que le Commentaire original de Pelage existait encore 
dans un manuscrit anépigraphe de Saint-Gall (ms. n** 73). Surprise 
heureuse, mais quelque peu décevante, car si elle confirmait toutes 
les conclusions de Fauteur, elle rendait quelques parties de ses 
recherches moins utiles. Il est probable que si M. Zimmer avait 
connu dès Tabord le Sangallensis, il eût fait d'une publication 
intégrale du texte de Pelage offert par ce manuscrit le principal de 
son ouvrage 6t ne se fût servi qu'à titre de complément des trois 
manuscrits de Dublin, de Wurtzbourg et de Vienne et du texte 
du Pseudo-Jérôme. N'ayant fait sa découverte que tardivement, 
il y aurait eu de sa part quelque héroïsme à refondre un livre qu'il 
pensait avoir achevé. Il a pris le parti de publier tel quoi son livre 
déjà écrit ; dans une seconde partie (p. 217-450) qui forme à vrai 
dire un ouvrage distinct, il a donné du Sangallensis une notice 
excellente et une collation, établie sur le texte du Pseudo-Jérôme ^ 

Le manuscrit de Saint-Gall, copié vers 850-870, est certainement 
la copie d'un livre irlandais, sans doute de l'un de ces livres que 
l'évéque d'Armagh Marcus et son neveu l'abbé d'Armagh Moengal 
apportèrent à Saint-Gall en 850-8.'):^. Le texte du Sangallensis ne 
présente pas de lacunes graves; mais il n'est malheureusement pas 
exempt d'additions. M. Zimmer y a relevé des passages identiques 
à des morceaux de S. Jérôme; et il prouve qu'il faut écarter, dans 
chacun de ces cas particuliers, l'hypothèse d'un emprunt fait par 

Irès probablement le Pseudo-Ambroise ou Ambrosiasler. Sur ce mystérieux Am- 
broslastcr, Romain contemporain de Damase, en qui Dom Germain Morin voulait 
reconnaître le Juif converti isaac, je signale une digression do M. Zimmer, p. 117 
et suiv., où la question est résolue par des sources irlandaises: l'Ambrosiaster 
est bien, comme le veut saint Augustin, un nommé Hilarius, inconnu par ail- 
leurs. 

1. M. Zimmer publie intégralement et pour la première fois, dans cette 
seconde partie, le commentaire sur l'épttre aux Hébreux qu'offre le ms. de 
Saint-Gall : ce commentaire n'est évidemment pas de Pelage. Dans la première 
partie, l'auteur avait établi que Pelage n'a pas écrit de commentaire sur les 
/lébreux. 



ZIMMER : PFXAGIUS IN IRLAND 2t7 

Péiage lui-même à son grand contemporain, et admettre qu'un 
lecteur a interpolé dans son Commentaire de Pelage des extraits 
des commentaires partiels de S. Jérôme. Ailleurs, le Sangallensis 
cite expressément le même S. Jérôme, le beatus Augustinu^, et 
même S. Grégoire : autant d'interpolations évidentes, qui font 
craindre des interpolations cachées. Il y a donc lieu, pour tous les 
passages du Sangallensis qui ne se trouvent pas dans le Pseudo- 
Jérôme, de se poser la question d'origine. 

Aussi M. Zimmer estime-t-il qu'il ne pouvait tenter de recons- 
tituer le Commentaire de Pelage. Il allègiie en outre, pour se 
justifier du reproche de n'en avoir pas donné une édition, qu'il 
existait au ix« siècle, comme l'attestent d'anciens catalogues, un 
deuxième manuscrit du Commentaire à Saint-Riquier et un 
troisième à Lorsch, et qu'il n'est pas certain que ces deux volumes 
aient péri. Mais la vérification de cette hypothèse n'était pas 
impossible. J'avoue n'avoir été qu'à demi convaincu par cette 
apologie. Les ressources dont disposait M. Zimmer permettaient 
du moins une édition provisoire, où l'on eût pu prendre une 
connaissance approximative du livre de Pelage. Si un érudit 
entreprend d'éditer le Commentaire, le Pelage en Irlande de 
M. Zimmer lui rendra de grands services ; mais le livre est, en 
attendant, pour les lecteurs, d'un emploi très incommode. Outre 
qu'il suppose le recours constant au XXX^ volume de la Patrologie 
latine (Pseudo-Jérôme), on y doit chercher à une place les données 
du manuscrit d'Armagh, à une seconde les données du manuscrit 
de Wurtzbourg, à une troisième les fragments cités dans le 
manuscrit de Vienne, à une quatrième la collation du Sangallensis. 
11 est à souhaiter que ce travail soit remplacé par un autre, qui ait 
avec .les mêmes mérites l'avantage d'être maniable. 

J'ai insisté sur le premier chapitre du livre, où M. Zimmer 
traite de l'Irlande savante du \^ et du w siècle et de la part qu'elle 
eût à la conservation des œuvres antiques. Toute celte intro- 
duction est très suggestive. Ainsi, la surprenante découverte que 
Schepss a faite en 1883, à Wurtzbourg, d'un manuscrit du vp ou 
du VII® siècle contenant onze traités de l'Espagnol Priscillien 
s'explique d'elle-même après qu'on a lu M. Zimmer. Quand on sait 
avec quelle unanimité Priscillien était condamné dans la Gaule 
du v*' siècle, et avec quel zèle les inquisiteurs du temps pourchas- 



218 COMPTES RENDUS 

sèrent les écrits de la secte; quand on se souvient que Wurtzbourg 
a eu l'un des plus richeà dépôts de livres scotiques, on regarde 
comme très probable que les précieux traités nous sont revenus 
d'Irlande. La condamnation définitive de Priscillien ne fut pro- 
noncée qu'au Concile de Tolède de 400, à l'époque même où allait 
commencer l'isolement de l'église irlandaise: les chrétiens scots 
auront pu ignorer ou ne pas accepter la sentence, et lire Priscillien 
comme ils lisaient Pelage. Peut être aussi faut-il se souvenir que 
des priscillanistes de marque furent, en 386, déportés aux îles Scilly, 
au large de la Cornouailles. J'ai fait, à propos du Sulpice Sévère 
de Dublin, une constatation qui confirme encore les vues de 
M. Zimmer. Il peut être souvent utile dans les études de patris- 
tique, comme nous y invite le livre de M. Zimmer, de chercher 
l'Irlande. 

E. Ch. Babut. 



Sancti Prancisci Assisiensis vita et miracula, additis opusculis 
liturs:icis, auctore Pr. Thoma de Celano. — Hanc editionem 
novam ad fidera mss. recensuit P. Eduardus Alençoniensis ord. 
Fr. min. cap. RomsB. Desclée, Lefebvre et soc, 1906; in-S^, 
Lxxxvii-481 p. 

Il y a plusieurs années que le P. Edouard d'Alençon nous pro- 
mettait.cette édition de Thomas de Celano. Notre impatience trop 
longtemps excitée n'a point été déçue et c'est un vrai plaisir pour 
moi d'annoncer ici ce livre de valeur et de haute Jenue scienti- 
fique. 

Quand il s'agit d'étudier la figure de saint François d'Assise, 
les textes présentement édités forment encore et malgré tout, 
malgré leur imperfection, la maîtresse pièce à placer entre les 
mains de l'hagiographe. 

Thomas de Celano, l'auteur du Dies irœ, naquit dans les 
Abruzzes. Il entra chez les Mineurs vers 1214-1215, après le 
retour d'Espagne de saint François. Après le chapitre de 1221, il 
s'en va sous la conduite de Césaire de Spire en Allemagne ; il y est 
nommé CHstode. Revenu en Italie vers 1228, il écrit sur Tordre 
de Grégoire IX, sa legenda prima terminée dès (évrier 1229. 



KDOUAHII d'aLENÇON : s. FUAXCISCI VITA AL'CT. TH. UE (XLAXU 419 

Tout n'était évidemment pas dit en ce premier travail. Aussi le 
chapitre général de 1244 ordonna à tous les frères de rédiger par 
écrit quidquid de vita^ signis et prodigiis beati Francisci scire vera- 
citer passent. Ce fut l'occasion des notes des trois compagnons 
Léon, Ange et Rufin et de la legenda secunda de Celano terminée 
en 1247. Cette nouvelle biographie fût reprise par Tauteur en 
1257 et augmentée du Traetatus de miraculis. 

Ce sont ces trois œuvres que le P. Edouard édite à nouveau, en 
y ajoutant la legenda ad usum chori, plus deux séquences Sancti- 
tatis nova signa et Fregit victor virtualis, du même Thomas de 
Celano. 

I^ fjegentia prima avait déjà été mise au jour dans le tome II 
d'octobre des Acta Sanctorum, et plus tard, accompafçnée de la 
seconde, par Rinaldi en 180G et Amoni en 1880. Le Tractalus Je 
miracnlis connu tout récemment fut inséré par le P. Van Ortroy 
au tome XVIll des Ànalecla Bollandiana. Les trois textes cnfm 
parurent à Londres en 1904 par les soins du chanoine anglican 
Rosedale, mais avec quelle désinvolture et quelle négligence ! 
(cl Etudes franciscaineSy tome XU (1904), p. 184). Le P. Edouard 
reprend les travaux épars de ses devanciers pour leur donner une 
base solide : il présente la legenda prima d'après un ms. de Barce- 
lone du XIII' siècle (Archive gênerai de la Corona de Aragon. 
RipoU. 41), la legenda secunda d'après le ms. 68G de la ville d'As- 
sise, enfin le Tractalus de miracu/ts d'après Tunique ms. connu, 
jadis à la bibliothèque du prince Boncompagni, maintenant aux 
archives générales des Capucins. 

Le P. Edouard discute aussi la valeur des textes qu'il publie, par 
rapport au Spéculum et à la Legenda 3 Soc. A son avis (p. xxxviii), il 
est possible que le Spéculum ne contienne qu'une partie des écrits 
des compagnons (bien que ces écrits lui aient servi de base) car 
dans le Spéculum, aucun détail n'est fourni sur la vie du saint 
dans le monde et sur sa conversion. La légende des compagnons 
a pu pareillement être rédigée d'après ces écrits conjointement 
employés comme sources avec les deux légendes de Celano. Je 
m'en voudrais de contredire cette opinion. Je veux seulement 
retenir ce point : c'est que le texte de Celano est un texte sur 
lequel on peut s'appuyer avec confiance, tandis que dans Tétat 
actuel des documents on ne peut se servir sans réserve des mul* 



230 COMPTES RENDUS 

tiples éditions du Spéculum perfectUmis et de la Legenda 3 Soc. 

L'ouvrage du P. Edouard donne très exactement les diverses 
variantes fournies par les mss. qu'il a consultés. Je me permet- 
trai cependant de demander au savant auteur pourquoi il n'a pas 
cherché à établir la généalogie de ces mss.? N'en existe-t-il 
aucune ? Ce seul fait que tous les mss. viennent de monastères 
bénédictins ou cisterciens était pourtant une indication. 

J'aurais aimé pareillement que le P. Edouard plaçât au bas des 
pages des notes ou indications ayant trait aux événements racon- 
tés par Celano. Plus qu'un autre il était en mesure de satisfaire 
ce désir. 

Enfin pourquoi n'avoir pas dit un mot des sources littéraires 
du premier biographe franciscain ? 

Je veux signaler en dernier lieu un ms. de la séquence Fregit 
Victor virtualis, Bibl. nat, Paris, lat. 912, fol. 31-37, quia plusieurs 
variantes notables avec le texte reproduit. 

Ces légères critiques ne doivent pas faire oublier que l'édition 

de Thomas de Celano par le R. P. Edouard est une œuvre achevée 

et définitive. 

P. Ubald d'Alençon. 



Etienne Clouzot. — Cartulaire de Fabbaye de Notre-Dame de 

La Merci-Dleu autrement dite de Bécheron, au diocèse de 

Poitiers. — Poitiers, Société française d'imprimerie et de 

librairie, 1905; in-S», vi-xxiv-455 p. (Archives historiques du 
Poitou, t. XXXIV.) 

L'abbaye cistercienne de Notre Dame de La Merci-Dieu {Miseri- 
cordia Dei) a pour origine une colonie de moines venue de Chaalis, 
au diocèse de Senlis, qui s'établit en un lieu dit Bécheron, sur la 
Gartempe, non loin du confluent de cette rivière avec la Creuse, et 
qui fait partie actuellement de la commune de La Rôche-Pozay 
(Vienne). 

L'abbaye fut fondée sur la terre des seigneurs de Preuilly, qui 
s'en déclarèrent protecteurs, et c'est à juste titre que les moines 
considéraient Eschivard de Preuilly et son fils Pierre de Montrabé, 
comme leurs fondateurs. Ces deux personnages sont qualifiés 



cLOuzoT : cartulaire: de la mergi-dieu 221 

« fundator hujus loci », « fundator abbatisB )) dans Tobituaire de 
La Merci-Dieu (p. 364 et 365). Et dans une lettre que Pierre de 
Montrabé adressée Tévêque de Poitiers, il déclare : « Pater meus... 
dédit abbatie predicte in prima fundatione ipsius quiquid sui 
juris erat inter assignatas sibi metas ita ut eo nec a nobis nec ab 
aliis ulla donatio alicui alii ecclesie exinde fieri possit. » (P. 7.) 
Et encore, en 1235, Geoffroy, seigneur de Preuilly et de La Roche- 
Pozay, rappelant les bienfaits de ses prédécesseurs envers les 
moines de La Merci-Dieu, déclare tout d'abord que ceux-ci ont reçu 
de ses ancêtres le lieu même où avait été construit le monastère : 
« Locum in quo abbatia constructa est... a meis progenitoribus et 
dictorum fratrum antecessoribus certis métis ab antiquo divisum. » 
Voilà assez de preuves que les seigneurs de Preuilly ont fondé 
La Merci-Dieu. Nous inclinerions à croire que les premiers reli- 
gieux, venus de Chaalis, furent même appelés à La Roche Pozay par 
Eschivard. Quant à la date de la fondation, ce n'est pas 1157, 
comme on Ta écrit, sur la foi d'un vieux livre conservé à La Merci- 
Dieu, c'est plutôt 1151, comme Ta établi M. Clouzot, en s'appuyant 
sur le témoignage de Tobituaire : « Anno Domini MCLI fundata 
est abbatia Misericordia Dei, Y kal. octobris. » (P. 365.) Et comme 
le remarque M. Clouzot, la première pièce du cartulaire implique 
que la fondation de la Merci-Dieu est antérieure à 1157 ; c'est une 
charte rédigée au nom de l'archevêque de Tours, Engebaud, lequel 
mourut le 11 septembre 1156. Et quand même cet archevêque ne 
serait pas mort exactement en 1156, et qu'on dût reculer sa mort 
à 1157, il n'en resterait pas moins qu'il faut reporter la fondation à 
une époque antérieure à 1157, puisque l'archevêque constate la 
confirmation faite par Pierre de Montrabé des donations de son 
père Eschivard aux moines de Bécheron. 

Le cartulaire dont la Société des Archives historiques du Poitou 
a confié la publication à M. Etienne Clouzot, est aujourd'hui en la 
possession de M. de La Fouchardière. C'est un volume écrit par 
plusieurs mains et qui comprend 305 pièces, dont la plus ancienne 
est d'entre 1151 et 1156, et la plus récente de l'an 1291. Bien que 
les rédacteurs n'aient suivi aucun plan dans la transcription des 
chartes, l'éditeur en a respecté l'ordre, ou plutôt le désordre. Et il 
a eu raison ; car souvent les titres relatifs à une même propriété 
sont groupés. Comme l'a remarqué M. Clouzot, les scribes se sont 
Moyen Age, ^ XiX Vti 



222 COMPTES RENDUS 

bornés à ouvrir successivement les liasses des archives du monas- 
tère et à en transcrire les pièces dans Tordre où elles s'y trou- 
vaient : les plus anciennes étaient dessus, les plus récentes 
dessous ; cette façon de classer les pièces est encore en usage dans 
les dossiers administratifs. Ainsi s'explique qu'à plusieurs reprises 
dans le cartulaire, des deux actes relatifs à un même objet, le plus 
récent est le premier. La négligence des scribes se marque aussi 
dans l'incorrection des textes. M. Clouzot pour les rendre intelli- 
gibles a dû introduire de nombreuses corrections; il en a été 
cependant assez sobre et, bien entendu, il a toujours reporté la 
leçon du manuscrit en note. Il eût pu montrer plus de hardiesse 
dans les corrections, suppressions et restitutions. Par exemple, 
p. 4, 1. 11, nous lisons : « Boscum vero, quod machcrias lignorum 
ad pontem necessarias accipiant eis providere debeo. » Mais 
quelques lignes plus loin, nous lisons mallierias Supposé qu'on 
puisse distinguer les c des t, il n'en faut pas moins substituer 
malherias à macherias ; d*autant plus que dans une charte posté- 
rieure, nous lisons : « teneor... boscum quo materias lignorum ad 
dictum pontem necessarias accipiant providere. » (P. 355.) Il faut 
donc aussi à la p. 4, effacer le ddequod, et lire : « boscum vero 
quo materias... », c'est-à-dire « je dois les pourvoir d'un bois où 
ils puissent prendre les matériaux nécessaires à la construction 
(ou à l'entretien) du pont. » M. Clouzot a fait preuve de critique 
dans l'établissement du texte ; mais des fautes échappent aux 
esprits les plus attentifs ; ainsi, à la p. 23, au lieu de « decimam de 
gaamgnage d, ne convient-il pas de lire « decimam degaaingnage »? 

Au texte du cartulaire M. Clouzot a ajouté, en appendice, un 
certain nombre de chartes du xii® et du xui® siècle, tirées du fonds 
de La Merci-Dieu aux Archives départementales de la Vienne, 
auxquelles il a joint deux actes dont les originaux sont en la 
possession de la famille du Puynode. L'appendice contient en 
outre des extraits de l'obituaire de labbaye, représenté par des 
copies de Dom Estiennot et de Dom Fonteneau et par des mentions 
insérées dans la Gallia Christiana; et aussi un catalogue des livres 
composant la bibliothèque des moines à la fin du xiv^^ siècle. 

L'éditeur a présenté les analyses des actes dans une table chro- 
nologique. On doit le féliciter du soin qu'il a apporté à ces analyses, 
gui se distinguent par une exacte détermination de la nature de 



CLOUZOT : CARTULAIRE DE LA MERCI-DIEU 223 

l'acte et Télégance de la forme. Cependant il est un document que 
M. Clouzot paraît n'avoir pas compris, la bulle d'Alexandre IIÏ 
publiée sous le n* VII de l'appendice, p. 349 et qu'il résume ainsi : 
« Bulle du pape Alexandre III qui exempte Tabbaye de La Merci- 
Dieu de même que les autres abbayes du même ordre, de paj^er 
les dîmes et novales de ses terres, m On regrettera que M. Clouzot 
ait omis, pour cette fois, de chercher dans le Glossaire de Du Cange 
le sens de novale. Tout d'abord cette bulle ne porte pas exemption 
du paiement des dîmes ; elle a pour objet de mander aux arche- 
vêques de Bourges, de Bordeaux et de Tours et à leurs suflragants 
d'excommunier ceux qui, au mépris de privilèges apostoliques 
antérieurement concédés exigeraient des moines de La Merci Dieu 
le paiement des dîmes pour les terres qu'ils cultivent eux-mêmes. 
Il rappelle que ses prédécesseurs ont exempté les moines de l'ordre 
de Cîteaux du paiement des dîmes pour les terres qu'ils cultivent 
de leurs mains ou à leurs frais : « de laboribus quos propriis 
manibus aut sumptibus excolunt. » Il ajoute que certaines 
personnes ont interprété de laboribus comme si le texte des privi- 
lèges apostoliques portait de novalibus et prétendent par conséquent 
que l'exemption ne vise que les seules terres que les moines ont 
mises en culture ; il s'élève contre cette interprétation et indique 
avec précision ce qu'il faut entendre par de laboribus, savoir, aussi 
bien les terres cultivées d'ancienneté, que les moines cultivent 
personnellement ou directement « de terris cultis quos propriis 
manibus vel sumptibus excolunt », que les terres défrichées « de 
terris illis quas deduxerunt vel deducunt ad cultum », c'est-à- 
dire les novalia. 

Une table alphabétique des noms de personnes et de lieux et des 
principales matières termine le volume. Il faut appeler l'attention 
des éditeurs de cartulaires sur l'introduction dans cette table des 
mots techniques tels que agricultura, animalia, aqua^ census, ciro- 
graphuniy feodum, etc. On voit bien de quelle utilité de pareilles 
références peuvent être pour les historiens du droit ou de l'éco- 
nomie agricole. 

Nous n'avons pas encore parlé de l'introduction que M. Clouzot 
a mise en tête du cartulaire. Elle est telle qu'on peut la souhaiter : 
des notions précises sur l'origine et l'histoire de l'abbaye, une 
description raisonnée du cartulaire avec un historique et un état 



224 COMPTES RENDUS 

des archives, des observations de diplomatique, un aperçu des 
renseignements que le cartulaire et l'appendice offriront aux 
historiens. Ce recueil de chartes permettra de rectifier les généa- 
logies de plusieurs ifamilles tourangelles et poitevines, spéciale- 
ment celles des seigneurs de Preuilly et des seigneurs d'Angle. 
C'est un travail que l'éditeur a préparé par le soin qu'il a eu de 
distinguer dans la table alphabétique les personnages homonymes. 
L'introduction est écrite d'un style clair et ferme, bien approprié 
au sujet. Quoique concise — et c'est là une qualité — elle témoigne 
cependant chez l'auteur d'une conception très exacte de l'objet des 
recherches historiques. Ce n'est pas assez pour l'historien de 
former une collection chronologique de faits : il lui faut encore 
rechercher les causes qui les ont provoqués et les liens qui les 
unissent. Pourquoi les moines de La Merci-Dieu, après avoir tout 
d'abord accepté des donations de terres en quelque lieu qu'elles 
fussent situées, échangent-ils leurs propriétés du Berry contre des 
terres sises en Poitou et en Touraine et reportent-ils toute leur 
activité et leur capital à l'Ouest et au Nord plutôt qu'à l'Est, c'est 
que la partie du Berry voisine de La Merci-Dieu est infertile et 
coupée de marécages, tandis que les terres du Poitou et de la 
Touraine se prêtaient à tous les genres de culture comme aussi, 
par de nombreuses voies de communication, à l'écoulement des 
produits du sol. 

Au xiip siècle, les maisons des hommes de l'abbaye habitant à 
La Haye (Indre-et-Loire, arr. de Loches) se distinguaient des 
autres par une croix posée au-dessus. Cette marque portait ombrage 
au seigneur de La Haye qui en réclamait l'enlèvement. M. Clouzot 
se demande si ces croix réservées aux demeures des tenanciers 
des églises, ne sont pas l'origine de la croix que les paysans du 
Poitou font peindre encore aujourd'hui sur le mur ou sur la porte 
de la maison, et qui de signe de la juridiction et de la protection 
ecclésiastique est devenue un signe de protection divine, de 
bonheur et de prospérité. 

Ainsi, M. Clouzot ne s'est pas seulement montré un éditeur de 
texte consciencieux et critique; il a su, par des notes chrono- 
logiques, l'identification des noms de lieu, des analyses générale- 
ment exactes, et enfin une introduction historique, mettre en 
valeur les textes qu'il publiait. Maurice Prou. 



M. ROY : LE GHESNOY-LEZ-SENS 225 



Maurice Roy. — Le Chesnoy-Iez-Sens. Histoire d*un fief et de 
ses seisnneurs. — Fascicule 2". Chap. v à vn. xvi* siècle. — Sens, 
P. Duchemiû, 1903 ; in-8o, p. 95 222; 1 plan et 1 grav. 

Les sources du travail de M. Roy sont de préférence des archives 
locales, surtout de caractère plus ou moins privé, personnelles ou 
notariales : c'est ainsi que l'auteur a mis à profit un précieux 
registre des actes reçus par un clerc d'un tabellion de Sens, de 
1481 à 1483, et conservé à la Chambre des Notaires de cette ville. 

Sur les trois chapitres de l'ouvrage, le premier et le dernier sont 
consacrés à l'histoire du fief principal, le Chesnoy ^; le second con- 
cerne le fief des Grosses Pierres-, voisin du précédent, en dépen- 
dant toujours juridiquement et souvent détenu par les mêmes 
propriétaires. Les deux premiers chapitres, le dernier est excessi- 
vement court, comprennent chacun en somme deux parties : 
l'histoire des seigneurs; et celle, non pas précisément 9u domaine, 
mais exactement des petites agglomérations qui se sont formées 
sur lui ou (( à l'entour ». C'est seulement, il convient de le dire, 
pour l'histoire des propriétaires du Chesnoy même que le litre 
chronologique du travail, le « xvp siècle », est a peu près valable, 
car l'auteur y considère en effet ce fief de 1496 à 1619 ; quant 
à l'autre domaine, il Tétudie également pendant le xv^ siècle, 
et, pour les habitations qui apparurent à la fin de cette dernière 
période, il traite toute leur histoire, quelquefois- depuis leur 
origine jusqu'à nos jours. 

Le fief proprement dit du Chesnoy, gui appartenait à une famille 
de conseillers au Parlement, les Allegrin, fut vendu par elle 
en 1307 aux de Bierne, d'une ancienne famille de la bourgeoisie 
sénonaise enrichie par le négoce. Le premier propriétaire était 
sommelier et échansonnier de Louis XIl, garde du scel de la 
prévôté de Sens, et possesseur et receveur des deniers communs de 
la ville. Le Chesnoy passa ensuite à ses héritiers directs, puis indi- 
rects, qui, tous, ne présentent rien de très particulier, pendant 
quatre-vingt-dix ans, jusqu'en 1596. Le dernier liquida peu à peu 



1. Ecart ; départ. Yonne, arr. et cant. Sens, comm. I^aron. 

2. Hameau j départ. Yonne, arr. Sens, cant. Chéroy, comm. Subligny. 



226 COMPTES RENDUS 

tous ses immeubles et, en celte même année, vendit à un écuyer 
delà région son domaine, qui, en 1601 et 1607, appartint succes- 
sivement à d'autres petits seigneurs locaux. D'autre part, les 
Grosses Pierres, au x\^ siècle, furent tenues d'abord par un cheva- 
lier de la famille des Seignelay, puis, en général, par des Séno- 
nais, tels un clerc, un bourgeois, un prévôt, un marchand. Celui-ci 
maria sa fille au premier des de Bierne, et c'est ainsi qu'en 1307 
le domaine fut réuni au Chesnoy jusqu'en 1577, année où il fut 
acheté par un apothicaire de Sens : ce commerçant ayant fait de 
mauvaises affaires, le seigneur du Chesnoy, en 1018, racheta, et 
définitivement, son fief u sa famille. 

L'élat intérieur de ces deux domaines, dans la seconde moitié 
du xw siècle, après la guerre de Cent Ans, était déplorable. Dans 
l'ensemble, les campagnes sénonaises ne formaient « qu'un vaste 
désert ». En particulier, le Chesnoy, situé à Técart, abandonné de 
ses seigneurs, ruiné par plus d'un demi-siècle de procès, fut d'au- 
tant plus long (( à reprendre la vie normale )). De même, les 
Grosses Pierres qui, primitivement, portaient le nom caractéris- 
tique de « Chateigneraies » ou de « Bois des Ordons », ne se com- 
posaient en elïet que de bois fort peu productifs. Mais, vers la fin 
du XV*' siècle, selon le mouvement de rénovation général en Séno- 
nais, les propriétaires des deux seigneuries, tout en conservant 
autour de leur habitation propre, de la maison seigneuriale du fief, 
un domaine privé qu'ils exploitaient personnellement, entre- 
prirent de remettre le reste du domaine en valeur. C'est ainsi 
qu'en 1496, 1497 et 1508, trois seigneurs du Chesnoy successive- 
ment, comme nous le montrent les actes qui ont été conservés, 
cédèrent à des « laboureurs » de la région et « à toujours », une 
totalité de 230 arpents répartis en 9 (( pièces de (erre », d'une con- 
tenance variant de 2 à 31 arpents, mais d'une moyenne d'une Iren- 
lainr, à obligation d'y construire, dans un délai déterminé, une 
« maison de charpcnterie bonne et convenable » dite « masure », 
en génér;il couverte de tuiles que fournissait abondamment le sol 
de la région. Autour, se trouvait un clos appelé « l'accin », entouré 
lui-même de haies vives enfermant le reste des bâtiments de 
l'exploitation agricole, avec le jardin et le verger. Il s'y joignait un 
puits, généralement commun à plusieurs maisons, et, pour le 
bêlai), une mare, qui portail le nom de « marchais » souvent 



M. ROY : LE CHESNOY-LEZ-SENS 227 

appliqué aux mares dans celle région. Le loulélailcédé, moyennanl 
le paiemenl pour la lerre de 1 s. par. par arpenl, u somme insi- 
gnifianle », el, pour la maison, de 2 à 4 s. par. de censive el « d'une 
poulie de couslume ». C'étaienl en somme des baux perpétuels à 
cens, dont les droits étaient si légers qu'ils constituaient « plutôt 
que le loyer de la terre un lien durable entre les tenanciers et 
leur seigneur », si bien qu'en principe ils étaient des plus avan- 
tageux pour les premiers, et qu'en fait, comme ils étaient perpé- 
tuels, ils rendaient les possesseurs de véritables propriétaires. 
Aussi, ces derniers pouvaient-ils au besoin se procurer l'argent 
nécessaire à leur exploitation par des constitutions de rentes sur 
leurs terres, et d'autre part, sous-accenser à leur tour leur conces- 
sion, mais en transmettant toujours l'obligation de défricher et de 
bâtir. Cette initiative des seigneurs du Chesnoy fut imitée dans 
toute la région et, en particulier, par le propriétaire des Grosses 
Pierres, alors un marchand sénonais.'Bien que ses contrats d'ac- 
censement n'aient pas été conservés, des témoignages indirects 
postérieurs prouvent leur existence aussi clairement que possible : 
en 1491, des laboureurs du Perche vinrent même s'établir dans 
(( une maison avec l'assint ». De la sorte, de mauvais bois devin- 
rent des terrains assez productifs. Ainsi, partout « ce fut une véri- 
table rénovation foncière, un superbe réveil d'activité et de tra- 
vail. » 

En effet, ces masures n'eurent pas seulement de l'importance 
par elles-mêmes, mais comme origines de « ce que l'on appela plus 
tard les hameaux ». Pour le Chesnoy, trois étaient situées sur le 
domaine lui-naême, et aux alentours s'en trouvaient huit, qui, en 
général tout au moins, ne paraissent pas avoir été fondées par le 
seigneur du fief *, mais qui datent de la même époque que les pré- 
cédentes et leur sont en somme tout à fait assimilables; d'autre 
part, les Grosses Pierres renfermaient dix de ces hameaux, en y 
comprenant la maison seigneuriale. Leurs habitants étaient en 
général simplement de « modestes laboureurs », qui y résidaient, 
mais certains étaient en même temps vignerons, d'autres sabo 
tiers, même tisserands; un hameau contenait une tuilerie; en 

I. Cependant « Le Bois-desHongres » aurait été établi sur un bois des « Le 
Hongres », seigneurs du Chesnoy de 1442 à 1471 et « défriché à la (in du 
XV siècle » (p. 129). 



228 COMPTES RENDUS 

outre, des étrangers plus ou moins éloignés, marchands sénonais 
ou bourgeois parisiens, avocats au Parlement, y avaient des pro- 
priétés. La plupart de ces agglomérations subirent un double 
changement, terminologique et économique. En premier lieu, 
elles durent toutes porter d'abord le nom des anciens lieux-dils 
sur lesquels elles furent établies. Cinq le gardèrent : elles s'ap- 
pellent par exemple, d*une façon significative, a Les Masures », 
« Les Chastignées » — comparez « La Chastaigneraie », — « La 
Moudinerie », d'un moulin à moudre. Mais, pour tous les autres 
hameaux, cette première dénomination disparut dès le milieu 
du xvi'' siècle, et fut remplacée par celle des familles les plus 
importantes qui y étaient établies. Dans sept cas, la transformation 
nous apparaît et l'on possède les deux noms successifs. « Le Mar- 
chais blanc » devient « Les Dauges », « Le Pont de Lanti », « l^a 
Mardelle-Bernard », nom composite, « mardelle » désignant un 
endroit à recueillir la marne ; « La Terre-à-Pot » devient « Les 
Trotereaux » et un endroit appelé d'abord u Houlleron » changea 
ensuite de « nom de famille » jusqu'à trois fois. Ënlin, tous les 
autres lieux, au nombre de neuf, ne nous sont également connus 
que par ce dernier genre de dénomination. Ce changement de 
terminologie put s'accompagner d'un autre, de nature économique. 
Au moment surtout des guerres de religion, ces petits hameaux, 
« éprouvés par les guerres civiles », commencèrent à disparaître; 
mais d'autres eurent le même sort au xviio et au xviip siècle, un 
dernier même en 1840. Bref sur vingt-un, treize, plus de la moitié, 
n'existent plus et trois d'entre eux se sont conservés tout au pins 
nominalement comme « lieu dit ». 

De riiistoire des possesseurs mêmes des domaines, il n'y a peut- 
être pas de conclusions bien particulières à tirer. On peut cepen- 
dant d'abord remarquer que les fiefs paraissent rarement liés à 
une famille. S'il faut faire une exception pour le Chesnoy avec les 
De Bierne, elle n'est que partielle et doublement : elle ne porte 
pas sur toute l'époque étudiée et même, pendant sa durée, la trans- 
mission ne s'accomplit pas longtemps en ligne directe. Kn dehors 
de cet exemple, les domaines sont achetés et passent de l'un à 
Tautre absolument au hasard des circonstances. Si, de plus, le 
propriétaire est de préférence sénonais, d'origine locale, il peut 
être aussi tout à fait étranger au pays, si bien qu'il ne parait 



M. ROY : LE CHESNOT-LEZ-SENS 

((résider» que par exception ^ Socialement enfin, il appartient 
assez fréquekiinentà la bourgeoisie commerçante. Ainsi, le plus 
souvent, il n y a aucune stabilité ni aucune suite dans la vie juri- 
dique du domaine : la majeure partie des transmissions sont de 
véritables interruptions, des (( brisures ». Economiquement, 
comme le propriétaire ne demeure pas en général sur ses terres, 
il doit bien plutôt, pour le moment présent, les considérer comme 
une simple affaire de rapport, qui ne l'intéresse que par les droits 
qu'il y possède et non par les devoirs qui pourraient l'y attacher, 
et il a encore moins de raisons de s'occuper de l'avenir. En un mot, 
les motifs d'y entreprendre une œuvre de longue haleine semblent 
lui faire plutôt défaut. La condition mercantile de certains de ces 
seigneurs est d'ailleurs intéressante à constater : c'est, une fois 
de plus, même dans cette région agricole, la subordination de 
réconomie rurale à l'économie urbaine. Mais c'est aussi une nou- 
velle preuve de l'absence d'une classe de propriétaires proprement 
terriens et comme une démonstration indirecte que, en thèse 
générale, les liens entre les individus et les choses doivent de plus 
en plus se relâcher et se détendre. 

Cependant, une œuvre remarquable fut accomplie à la fin du 
xiv© siècle et au début du xv« : le repeuplement des terres. Elle 
mérite d'autant plus d'attirer Tatlention que son intérêt en est 
réellement double, régional et plus encore général. Sans doute, 
cette rénovation agricole est digne d'observation en soi, par sa 
propre nature ; sans doute, en particulier, les trois propriétaires 
du Chesnoy qui, successivement, poursuivirent le même but, 
paraissent avoir voulu réaliser un véritable plan d'ensemble, et 
surtout le seigneur qui, sur un total de neuf concessions en fit six, 
et en deux jours consécutifs, les 2 et 3 mars 1497 ^, semblait avoir 
des conceptions parfaitement arrêtées d'avance. Mais on doit de 
préférence remarquer que la création des agglomérations, carac- 
téristique essentielle de cette sorte de renaissance rurale, ne 
paraît avoir été que l'application locale d'un fait d^une extension 
géographique beaucoup plus large ^. En effet, non seulement dans 

1. Etienne de Bierne « résidait liabilueiiement » au Chesnoy, note l'auteur 
(p. 138). 
i. P. 98-100. 
3. Voyez, une fois pour toutes, pour ce qui va suivre : Plrenne, L'Origine flen 



230 COMPTES RENDUS 

les campagnes bourguignonnes du xv® siècle, mais aussi dans les 
plaines flamandes du xi® et du xii'' et dans le plat pays germanique 
du Rhin à l'Elbe à cette époque, le même phénomène fondamental 
de colonisation se réalise et dans des conditions similaires, quoiqu'il 
s'agisse d'une part de repeupler la terre, de Tautre de créer des 
centres urbains qui s'y opposent plutôt et qui, finalement, la 
dépeupleront, et quelles que soient aussi les distinctions secon- 
daires dues à la séparation des époques et des lieux. 

Tout d'abord, avant la transformation, la maison du fief seigneu- 
rial, qui n'a qu'un caractère purement administratif, peut-être 
militaire, en tout cas nullement économique, qui ne produit pas, 
mais reçoit simplement et qui semble d'autant moins tenir réelle- 
ment au pays que le propriétaire n'y réside pas forcément*, par 
tous ces motifs parait bien assimilable au castrum flamand ou au 
btirg germanique, car, d'un côté, il n'y a pas plus de caractère 
vraiment rural que, de l'autre, de nature proprement urbaine. 
Ensuite, que le seigneur qui est propriétaire du sol environnant 
cette demeure, veuille y faire édifier des masures, ou, plus ou 
moins spontanément, y fonder ou y laisser fonder ce qu'on peut 
appeler, en thèse générale, une « ville », topographiquement, il les 
placera ou les laissera s'établir dans une situation naturelle favo- 
rable, où en particulier, l'eau, dormante ou courante, parait jouer 
un certain rôle. Les agglomérations sénonaises se fondent près des 
puits et des mares, comme le portm flamand et la ville de marché 
germanique se créent fréquemment sur des rivières navigables. 
Pour peupler ces divers points, le seigneur appellera ou accueillera 
des émigrants : les advcnœ exislont en somme dans les collines 
bourguignonnes comme dans les plaines du Nord, et, en parti- 
culier, rien n'est plus intéressant que de constater l'arrivée aux 
environs de Sens de laboureurs du Perche. Partout, le seigneur 
passera avec les nouveaux venus des contrats d'établissement, qui, 
tous aussi, se présentent dans des conditions similaires. En effet, 

constitutions urbaines au M. A. (Revue hist.^ 1. LVll, 1895) ; le môme, Villea^ 
marchés et marchands (Revue hisl., l. I.XVII, 1898, ; le môme, lea villes fla- 
mandes avant te XII* siècle [Annales de l'Est et du Nord^ t. I, 1903) ; Rietschel, 
Markt u. Stadt^ 1897, 8' ; Des Marez, Etude sur la propriété foncière dans les 
villes du M. A, 1898,8*. 
i, P, 9ô, à la fln : « l'absence de ses seigneurs », pendant la guerre de Cent- 
Ans, 



M. ROV : LE CHESNOY-LEZ-SENS 231 

pratiquement, le propriétaire du sol divisera ce dernier et en 
cédera à chaque arrivant une partie : qu'on l'appelle une « pièce de 
terre » au Midi, un <( censuale allodîum » ou une (( area » au Nord, 
le système est évidemment le même. D'autre part, la concession 
sera faite toujours, et la ressemblance est bien caractéristique, 
moyennant le paiement d'un cens très léger qui, par suite, a une 
valeur beaucoup plus juridique qu'économique, qui vaut beaucoup 
moins « comme loyer de la terre » en effet, que comme recon- 
naissance (( d'un droit de propriété éminente et théorique », qui, 
en un mot, nulle part, n'est une taxe pécuniaire, mais un simple 
droit récognitif du dominium. Ainsi, partout, se constituera une 
propriété censale, où la perpétuité de la possession, jointe à la 
légèreté delà redevance, fera du possesseur, du censier, un véri- 
table propriétaire. Partout encore, la terre est, même et surtout 
à la campagne, un terrain à bâtir. Egalement, en quelque temps et 
endroit que ce soit, ce qui montre bien que la possession immo- 
bilière n'entraîne aucune sujétion personnelle du preneur vis-à-vis 
du bailleur, c'est la possibilité complète pour ce dernier de la 
transmission et de l'aliénabilité de sa terre ; toujours enfin, ces 
possesseurs, quand ils veulent se créer des revenus, se constituent 
sur leur possession des rentes, celle fois de nature économique. 
En un mot, à côté'de la résidence purement administrative du 
seigneur, sous sa protection et sur son domaine, se constituent 
une série d'agglomérations topographiquement analogues, à divers 
égards, SiXix suburbia du Nord, et dont la ressemblance économique 
ou juridique avec eux n'est pas moins certaine, puisqu'à l'origine 
ce sont également, en thèse générale, des colonies d'immigrants 
libres fondées sur un sol seigneurial^^ et qu'ensuite, les nouveaux 
arrivés, liés économiquement à la terre sur laquelle ils habitent et 
sachant la mettre en exploitation, forment ainsi une sorte debour 
geoisie rurale-locale, qui peut assurer aux masures, comme la 
bourgeoisie urbaine mercantile Ta fait pour les villes, une véri- 
table valeur productrice. Peu importe que, de ces masures ne soit 
sorti qu'un simple hameau qui disparut même souvent deux siècles 
après, tandis qu'au Nord, le portus et le mercatus devinrent des 
centres de plus en plus considérables : il est évident que, par sou 

1. Rletscfael, p. 131. 



232 COMPTES RENDUS 

époque, comme par son caractère, la fondation des agglomérations 
sénonaises ne doit pas avoir une nature proprement originale, 
mais que, de même que la propriété du fief rural, on Ta vu, a par- 
fois subi rinfluence urbaine par l'origine mercantile de plusieurs 
de ses propriétaires, ainsi, la création des centres établis sur un 
domaine agricole a pu se modeler sur la fondation plus ancienne 
et plus importante des villes proprement dites. De toutes façons, 
les masures ne peuvent élre que de second ordre. Mais on n'a à 
considérer en somme que le fait de la colonisation et à faire 
ressortir que, partout, il parait bien se réaliser selon les mêmes 
formes économiques et juridiques. Celles-ci ont donc une portée, 
non pas locale, mais absolument générale, on pourrait presque 
dire sociologique. 

Le travail de M. Roy permet, en somme, de constater pour les 
campagnes de Bourgogne les principes qu'avaient successivement 
observés MM. Pirenne, Rietschel et Des Marez pour les villes du 
Nord. On doit donc être particulièrement redevable à l'auteur 
d'avoir si bien tiré parti de tous les documents d'ordre uù peu 
secondaire qui étaient mis à sa disposition, accensements, muta- 
tions de terres, contrats de mariage, etc., pour être arrivé à recons- 
tituer avec une telle précision les caractères de la fondation de ces 
petites agglomérations et à suivre avec tant de soin leurs diverses 
vicissitudes. Aussi, ses recherches, malgré leurs restrictions géo- 
graphiques dépassent de beaucoup en réalité leurs limites locales 
et acquièrent une véritable portée générale ; on voudrait que toute 
Thistoire de France fût étudiée dans de semblables conditions 
pour qu'il fût possible de n'avancer à son sujet que des conclu- 
sions aussi certaines que les résultats auxquels conduit Thistoire 
du Chesnoy et de ses seigneurs. 

Georges Esimnas. 



D'ALLEMAGNE .* CARTES A JOUER 233 



Henry-René d'Allemagne. — Les Cartes à jouer du XIV* au 
XX® siècle. Ouvrage contenant 3,200 reproductions de cartes 
dont 956 en couleur, 12 planches hors texte coloriées à l'aqua- 
relle, 25 phototypies, 116 enveloppes illustrées pour jeux de 
cartes et 340 vignettes et vues diverses. — Paris, Hachette, 1906; 
2 vol. in-4o, xvi-504, 640 p. 

M. Henry d'Allemagne, qui s'est fait une spécialité de l'histoire 
des jeux et sports, récréations et passe-temps, vient de consacrer 
deux beaux volumes aux instruments d'un jeu, qui, sous une 
apparence calme, cache toutes les agitations des passions les plus 
vives, et par les malheurs dont il a été et continuera d'être la 
cause, a provoqué et provoquera l'indignation des moralistes et 
les mesures répressives des législateurs. Il s'agit des cartes à jouer. 
Quand par déclaration du 22 mai 1583, Henri III frappa les cartes 
d'un impôt, il le fit sous couleur d'arrêter les débordements des 
joueurs : 

(( Les jeux de cartes, tarots, dez... au lieu de servir au plaisir et 
récréation selon l'intention de ceux qui les ont inventés, ne 
servent a présent. que de dommages et font scandale public, 
étant jeux de hasard sujets à toutes sortes de piperies, fraudes et 
déceptions, et partant grandes dépenses, querelles, blasphèmes, 
meurtres^ débauches, ruines et perditions de famille et de ceux 
qui en font profession ordinaire, mêmement la jeunesse qui y 
consomme tous ses moyens et ses biens, de la perte desquels s'en- 
suit une mauvaise et scandaleuse vie au grand préjudice du public, 
ce qui procède de ce qu'aucuns tiennent banque et maison ouverte 
à tous jeux pour tirer commodité desdites piperies à tous jours et 
heures, singulièrement les fêtes et dimanches au lieu de vaquer au 
service de Dieu. )) 

Mais prétendre arrêter certaines pratiques en les frappant d'une 
imposition, c'est pour un souverain se condamner à ne les pas pour- 
suivre bien sévèrement, puisqu'on n'a jamais vu un gouvernement 
s'appliquer à tarir les sources auxquelles il puise ses revenus. 11 
paraîtra qu'à Lille, le Magistrat municipal avait été mieux avisé 
quand entre 1381 et 1384 il avait simplement interdit le jeu de 
cartes. En fait, ^e ban n'eut pas d'effet durable; car Lille est la 



234 COMPTES RENDUS 

ville où dès le xv^ siècle on trouve la plus ancienne ferme de jeux. 

C'est aux joueurs eux-mêmes qu'il faut persuader de renoncer 
à la satisfaction de leur passion. Le moyen âge l'avait compris. 
M. d'Allemagne cite un acte de notaire marseillais de 1381, cons- 
tatant rengagement pris par le fijs d'un négociant envers ses 
amis, de vrais amis, singulièrement soucieux de leur devoir, de ne 
se livrer à aucun jeu, spécialement le jeu de cartes, pendant une 
traversée qu'il allait faire. Cet usage de s'engager par-devant 
notaire et sous la foi du serment, à ne pas jouer pendant un certain 
temps, est très ancien. La minute d'un acte de notaire, de Bozen, 
du 20 octobre 1237 porte : « Hainricus^ filius dicti domini Conradi 
Rubei, juravit ad sancla Dei euvangelia quod ipse non ludat cum 
tesseris nec societatem ludi habeat nec aliquod ludum ludat hinc 
ad proximam Nativitatem domini nostri Jhesu Christi et deinde ad 
unum annum ^. » 

M. d'Allemagne a étudié et discuté l'origine des cartes, la légis- 
lation qui en a réglé la fabrication et l'usage, les procédés de 
fabrication et spécialement la gravure sur bois, enfin l'organisation 
des corporations de maîtres cartiers. Il a compris dans le cadre 
de son livre l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne aussi bien que la 
France. 11 a suivi les transformations des cartes depuis l'origine 
jusqu'à nos jours. La plus grande partie de son livre échappe à la 
compétence de notre revue et nous ne pouvons parler ici que du 
moyen âge. 

Il n'est plus d'historien qui puisse sérieusement prétendre que les 
cartes ont été inventées pour distraire Charles VI dans sa folie. Nous 
avons mentionné plus haut deux textes d'entre 1381 et 1384 qui 
prouvent qu'à cette date le jeu de cartes était d'usage courant aux 
deux extrémités de la France. M. d'Allemagne cite d'autres témoi- 
gnages, dont l'un est plus ancien, un traité de morale, Tractatus 
de moribus, composé en 1377 par frère Jean de Reinfelden, près de 
Bâie, et où nous trouvons l'explication des jeux de cartes pratiquées 
en ce temps-là. L'auteur dit : a Un certain jeu qui est appelé jeu de 
cartes est arrivé chez nous cette année, savoir l'an 1377. Dans ce 
jeu l'état du monde dans les temps modernes est excellemment 
décrit et figuré. Mais en quel temps, par qui et en quel lieu ce jeu 

y. D'HêDB voD VoiteiJoi, Die Sudtiroler Notariat* Iinbrevtaturen, p. 991. * 



D'ALLEMAGNE : CARTES A JOUER 23o 

a-t-il été fait, je l'ignore complètement. » Les descriptions de 
l'auteur permettent de reconnaître la composition de divers jeux, 
les uns de 52 cartes, les autres de 60, comprenant des figures, 
rois, reines, maréchaux, et des cartes de points. L'auteur compare 
les cartes aux échecs. 

On a cherché dans l'Extrême-Orient Torigine des cartes ; mais il 
n'y a aucun rapport entre les caries chinoises et les cartes euro- 
péennes. C'est peut-être avec raison que le moine Jean de Reinfel- 
den a établi un rapprochement entre les cartes et les échecs. 
M. d^Allemagne estime que les séries du jeu de cartes ont pour 
modèle les pièces du jeu d'échecs. Si de ce jeu on enlève la Tour 
et le Fou, on trouve la composition des premiers jeux de cartes 
allemands : un roi, une reine, deux chevaliers et les cartes numé- 
rales représentant les pions. L* Allemagne serait la patrie des caries 
numérales; de là ce jeu passa en France, puis de France en 
Espagne et en Italie. 

Le tarot doit être distingué des caries numérales. Au xiv^ siècle, 
en Italie, on usait pour l'amusement et l'instruction des enfants, 
des séries de dessins de 50 pièces, appelés naibis, qui représen- 
taient les différents états du monde et de la vie : les Muses, les 
Vertus, les Planètes. De la combinaison de ces naibis avec les cartes 
tiumérales sortit le jeu de tarot ; on distingua les tarots de Lom- 
bardie, de Bologne, de Florence, de Venise. 

Le (( portrait » des cartes françaises ne se fixa que dans les 
premières années du xvii® siècle; cependant, dès la fin du 
XV* siècle on rencontre les cartes à « enseignes » françaises propre- 
ment dites : cœur, carreau, trèfle, pique. On peut tenir pour les 
plus anciennes images de cartes françaises qui nous soient 
parvenues des planches gravées du cabinet Vital Berthin, qui ont 
figuré à l'Exposition Universelle de 1900. Sur deux de ces 
planches est gravé le nom du fabricant, Jacques ; or un a tailleur 
de moules » du même nom vivait à Lyon en 1472. Les costumes 
des personnages nous reportent aussi à celle époque. Ces planches 
comprennent vingt personnages, les preux et les preuses. D'autres 
feuilles de cartes de la fin du xv^ siècle sont conservées au Cabinet 
des Estampes de la Bibliothèque Nationale. 

Nous ne parlons pas du remarquable jeu dit de Charles VI. Ce 
sont des tarots vénitiens du commencement du xv* siècle. 11 ne 



236 COMPTES RENDUS 

reste que dix-sept cartes^ hautes de 185 millimètres sur 90 milK- 
mètres de large, peintes avec talent sur un fond doré rempli 
d'ornements formés de lignes en pointillé. M. d'Allemagne en a 
donné de remarquables reproductions à l'aquarelle. Les tarots 
italiens sont parfois l'œuvre de véritables artistes; tels les tarots 
du cardinal Sforza et les tarots dits de Mantegna. 

Les plus anciennes cartes étaient peintes à la main, et au 
XV* siècle encore les cartiers faisaient partie des corporations de 
peintres enlumineurs. Mais très anciennement on a eu recours 
aux procédés xylographiques pour tracer les contours à l'intérieur 
desquels on appliquait les couleurs. On trouve mention en 1444, 
pour la première fois, à Lyon, d'un graveur de cartes, Jean du Boys, 
(( tailleur de molles de cartes ». Le plus ancien jeu gravé est le jeu 
du Saint-Empire, conservé dans la collection Ambrassienne de 
Vienne, et qui remonte au premier quart du xv« siècle. 

Les corporations de cartiers ne se constituèrent qu'au xvi® siècle. 
Jusqu'à la fin du xvi« siècle, on ne constate la présence de cartiers 
que dans les grandes villes, au moins en France : Paris, Toulouse, 
Lyon, Rouen, Limoges, Avignon, Thiers, Le Puy, Troyes. Dans 
certaines villes, à Rouen, par exemple, la corporation des cartiers 
était, au xvi® siècle, Tune des plus importantes ; en 1567, les mar- 
chands de Rouen réunis en assemblée générale ayant décidé de se 
cotiser pour parfaire la somme de 20.000 livres tournois destinée 
à l'acquisition d'un terrain pour l'établissement d'une Bourse du 
Commerce, les principaux maîtres cartiers furent taxés à des 
sommes variant de 50 sous à 10 livres. 

Les pages que M. d'Allemagne a consacrées à l'histoire de l'in- 
dustrie cartière dans chacune des villes de France sont nouvelles 
et de très grand intérêt. Ce n'est pas que nombre d'auteurs n'aient 
consacré des monographies à l'étude des fabriques provinciales; 
mais la plupart, après des discussions plus ou moins futiles sur 
Torigine des cartes et après avoir analysé quelques-unes des circu- 
laires royales les plus connues, se sont en général contenté de 
publier des notes d'état civil sur les maîtres cartiers tirées des 
registres paroissiaux. M. d'Allemagne nous présente au contraire 
une série d'études d'un plan uniforme. Il détermine d'abord 
l'époque à laquelle a commeucé la fabrication des cartes dans telle 
ou telle villCj puis il recherche s'il y avait une communauté formée 



D'ALLEMAGNE *. CARTES A JOUER 237 

par les maîtres cartiers ou si les maîtres avaient obtenu que leur 
corps fût érigé en maîtrise jurée, ou si, trop peu nombreux, ils 
éUiient simplement placés sous la juridiction du lieutenant de 
police comme tous les métiers sans règlements. II indique quels 
étaient les bluteaux ou enseignes particuliers à chacun des maîtres. 
Il dresse des tableaux comparatifs des recettes dont la perception 
de rimpât a été l'occasion et aussi des états de fourniture de papier 
à filigrane : ce qui permet de saisir l'importance de la production 
cartière. En guise de récapitulation M. d'Allemagne a dressé une 
liste alphabétique des maîtres cartiers de France et de Belgique 
qui ne comprend pas moins de 3,200 noms du x\* au début du 
XIX® siècle. 

Si les types de cartes sont restés en quelque sorte immobiles du 
XV* au xix« siècle, au point qu'il est difficile pour des personnes 
qui n'ont pas une particulière compétence, de reconnaître Tâge 
d'une carte, il s'est trouvé de tout temps des esprits ingénieux, 
curieux d'innovations, qui ont constitué des jeux sous l'influence 
de préoccupations morales ou politiques. De telle sorte que 
certains jeux exceptionnels, jeux de fantaisie, et qui ont tous 
sombré devant le jeu traditionnel, sont le reflet des changements 
de mœurs ou de régimes politiques; on en trouvera Tétude et la 
reproduction dans le livre de M. d'Allemagne. 

Comme dans ses ouvrages précédents l'auteur a donné à l'illus 
tration un soin particulier. Non seulement il s'est attaché à repro- 
duire des monuments inédits, mais il a donné de monuments 
connus, tels que les cartes dites de Charles VI, des images 
meilleures, plus exactes que celles qu'avaient fait faire ses devan- 
ciers. Nous ne saurions passer en revue les gravures innombrables 
qui forment l'ornement indispensable de ces deux magnifiques 
volumes, car la plupart des monuments sont postérieurs au moyen 
âge ; mais nous nous contenterons de signaler quelques monu< 
ments jusqu'ici inédits parmi les plus anciens : une boite à cartes, 
de bois sculpté, du xv^ siècle, au musée de Cluny ; une custode de 
cuir repoussé destinée à contenir un jeu, du xvi« siècle au musée 
de Turin; une tapisserie du musée de Bâle, représentant des 
joueurs de cartes; des cartes à enseignes espagnoles éditées à 
Toulouse par Antoine de Logiriera. 

En présence du travail considérable auquel s'est livré M. d'Aile- 
Moyen Age, t. XIX V^ 



238 COMPTES RENDUS 

magne, des recherches étendues qu'il a poussées en tout sens et 
des résultats si intéressants qu'il a obtenus, la critique se trouve 
désarmée et nous hésitons à présenter une observation, qui doit 
cependant être formulée dans une Revue du genre de la nôtre : on 
regrettera de ne pas trouver des références plus précises aux textes 
les plus anciens ; nous devinons la réponse de l'auteur; s'adressant 
au public lettré et non aux seuls érudits, lia craint d'effrayer par 
l'encombrement des notes. Et d'ailleurs il faut dire que toute 
personne ayant l'habitude des recherches historiques suppléera 
facilement à cette lacune, sans compter qu'on sent bien que toutes 
les assertions de lauteur s'appuient sur des documents dûment 
contrôlés. 

Cette réserve faite, on peut déclarer que si d'autres grands 
ouvrages d'ensemble avaient été consacrés aux cartes, aucun 
n'avait paru jusqu'ici qui présentât un plan aussi vaste et aussi 
complet, et dont le cadre fût mieux rempli que celui que nous a 
donné M. Henry d'Allemagne. 

M. Prou. 



H. MoRis. — Cartulaire de l'abbaye de Lérins, publié sous les 
auspices du Ministère de l'Instruction publique. — Paris, 
Champion, 1905; in-4° de ex- 295 pages. (Publication delà Société 
des lettres, sciences et arts des Âlpes-Maritimes.) 

M. Moris avait publié en 1883 le texte du cartulaire de l'abbaye 
de Lérins, conservé aux archives départementales des Âlpes- 
Maritimes Le second volume forme le complément du précédent, 
en donnant les pièces qui n'avaient pas été transcrites dans le car- 
tulaire et qui sont conservées, soit en originaux, soit en copies, 
dans les mêmes archives. Il comprend 135 documents, dont les 
dates s'échelonnent entre 1022 et 1782. Il y a même une charte qui 
porte la date de 954, 30 mars, mais l'éditeur a fort bien reconnu 
qu'elle ne pouvait être de cette époque, et d'ailleurs l'authenticité 
de ce document, qui n'est connu que par une copie du xviP siècle, 
a été fortement contestée. C'est une « charte de Croisade », où 
abondent les renseignements généalogiques d autant plus suspects 
^£/yy5 50/2/ pius précis et plus intéressants. Les autres pièces sont 



MORIS : CARTULAIRE DE LÉRINS 239 

de meilleur aloi. 11 y a notamment un certain nombre de bulles 
pontificales des xiF et xiii^ siècles, publi(^.es d'après les originaux, 
et dont la plupart semblent manquer aux Regesta de Jaflé et de 
Potthast. II est fâcheux même que M. Moris ne Tait pas fait res- 
sortir, en indiquant le renvoi aux Regesta pour celles de ces 
bulles qui avaient déjà été éditées antérieurement, comme le n° Ll 
(Potthast, n* 3.960) ^ Les actes sont rangés par ordre topogra- 
phique, selon les diverses possessions de Tabbaye auxquelles ils 
se rapportent, mais une table chronologique termine le volume. 
En tête de celui-ci, l'éditeur a placé une copieuse introduction, 
dans laquelle il expose Thistoire du monastère, et surtout de su 
décadence depuis le xvf siècle. M. Moris n'a pas cru, et ce n*élaît 
pas d'ailleurs son sujet, devoir entrer dans beaucoup de développe- 
ments en ce qui concerne le rôle joué par les moines de Lérins 
dans l'histoire des premiers siècles de TEglise de Gaule On peut 
regretter davantage qu'il n'ait pas dit un mot de la soumission de 
Lérins à l'abbaye provençale de Montmajour et à la règle cluui- 
sienne. Mais on trouvera là, en analyse ou en extraits, des docu 
ments abondants et, en particulier, un certain nombre de statuts 
intéressants pour l'histoire de la vie monastique à la fin du moyen 
âge." La carte jointe à l'introduction et l'index géographique qui 
accompagne la publication rendront également des services. 

R. P. 

1. Un lapsus a fait attribuer, à la table, à la bulle d'Alexandre IV de 1257 
(n*CXX VI), la date de 1237, ce qui fait qu'elle figure deux fois (à 1237 et 1257 • 
dans rtndex chronologique. 1^ n^* Cil est bien du 6 mai, comme il est indique 
dans cet index, et non du 7, date qui se trouve en tète de la pièce dans le corps du 
volume. 



CHRONIQUE 



Une partie des archives de la Chambre Apostolique est aujourd'hui con- 
servée aux Archives de Tliltat à Rome. On y trouve entre autres docu- 
ments des registres d'annatcs, de quittances, d*exilns et dHntroilus^ qui 
fournissent le nom d'un grand nombre de bénélicicrs ecclésiastiques. 
Grâce à eux^ on peut établir la succession des curé& d'une église, les cha- 
noines d'une collégiale, connaître aussi la cause du changement de titu- 
laire d'un bénéfice et la valeur des bénéfice^. Déjà en 1904, M. l'abbé 
DubruUe en avait tiré des documents du pontificat de Pie 11, concernant 
le diocèse de Cambrai. Plus récemment il a publié un répertoire compre- 
nant Lrs Bénéficiers des diocèses, d'ArraSy Cambrai^ Thérouanne, Tournai 
penaànt le pontificat de Martin V, d'après les documents conservés avx 
Archives d'Etat à Rome. (Louvain, 4905; in-8*, 145 p. ; extr. des Ana- 
lectes pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Belgique.) M. DubruUe a 
souvent conservé aux noms propres, dont l'identification ou la traduc- 
tion étaient douteuses, la forme latine. Mais il eut été préférable d'impri- 
mer ces noms latins en italique. Une table des noms de personnes et une 
table des noms de lieux facilitent les recherches dans ce précieux réper- 
toire. 

M. P. 



M. Gustave Schlumberger, qui a été le promoteur de la renaissance des 
études d'histoire byzantine en France, vient d'achever Tœuvre qu'il avait 
entreprise d'écrire l'histoire de l'IDmpire byzantin depuis l'année 959, 
c'est-à-dire depuis la mort du basileus Constantin Porphyrogénète, jus- 
qu'au 1"* septembre 1057, date de l'avènement de la dynastie des Com- 
nènes. Le dernier volume intitulé L Epopée byzantine à la fin du x' siècle. 
Troisième partie. Les Porphyrogénètes Zoé et Théodora (1025-1057) (Paris, 
Hachette^ 1905 ; in-4% viii 849 p.), est la chronique de l'empire sous 
les règnes de Constantin VIII, de Zoé et de ses trois maris, Romain 111, 
Michel IV le Paphlagonien, Constantin IX Monomaquc, de Théodora et de 
Michel VI Stratiotikos. C'est le tableau des mœurs dissolues d'une cour 
où s'agitent, au milieu d'intrigues criminelles, des personnages de sang 
impérial mêlés à des gens de la plus basse extraction et à des eunuques, 
tous avides de satisfaire leur passion du pouvoir, mais cependant tous 
S-cûs courageux et vaillants, et quelques-uns doués d'aptitudes au gouver- 



CHRONIQUE 241 

nement. Les chroniqueurs de ce temps-là n'ont prêté attention qu'aux 
faits divers du Palais et de la Capitale, et aussi aux actions guerrières, 
mais moins à celles-ci qu'à ceux-là ; de telle sorte que leurs récits ne sont 
guère propres à nous donner une idée exacte de l'état de l'empire. Les 
questions de législation et d'administration ne les intéressent pas. 
D'autre part il ne nous est resté que peu de rescrits impériaux du 
XI* siècle, et pas beaucoup plus d'actes privés. 

Dans ces conditions il est diOicile de se rendre compte de l'étal de 
l'empire. Il faut bien toutefois que les luttes intestines du Palais n'aient 
pas eu sur l'ensemble de la vie sociale et sur l'organisation administra- 
tive et militaire l'influence qu'on serait tenté de leur attribuer, que les 
éléments de dissolution que contenait le pouvoir central n'aient pas été 
assez actifs pour avoir raison de ce corps vigoureux qu'était l'Empire, 
puisqu'en dépit des attaques de ses voisins, peuples jeunes, il se tenait 
encore ferme et presque intact. C'est que, quand même l'empereur était 
incapable, il y avait encore des généraux hardis et instruits de la tac- 
tique militaire, une armée très forte, une marine puissante, de grandes 
ressources .pécuniaires, et, d'un mot, Taccuraulation des résultats d'une 
civilisation vieille de plusieurs siècles, si bien qu'en vain les Barbares 
font des brèches aux frontières ; l'Empire est attaqué de toute part, mais 
il résiste. Sans doute les Petchenègucs dévastent les provinces d'Europe, 
et les Turcs celles d'Asie ; sans doute, en Italie les Normands arrachent 
quelques lambeaux du territoire ; mais, les Kusses qui assaillent la Ville 
sont vaillamment repoussés ; mais, le royaume d'Arménie est annexé. La 
puissance byzantine reste debout. 

M. Schlumberger a fait des événements d'entre les années 1025 et 1057 
un récit animé, et des mœurs de la cour un tableau saisissant. On regret- 
tera seulement qu'il ait trop souvent cédé la parole à Psellos, dont l'his- 
toire a parfois les allures d'une chronique scandaleuse. Quant à l'illus- 
tration du volume, elle n'est ni moins riche, ni moins neuve que celle 
des volumes précédents. Les vignettes et les planches des quatre volumes 
constituent un véritable musée d'art byzantin aux x° et xi* siècles; pour 
lui donner toute sa valeur il reste à en dresser une table alphabétique et 
une autre méthodique et l'auteur nous fait espérer qu'il s'imposera cette 
tâche ardue. 

M. P. 



Le second volume de la Coleccion de documentos para cl estudio de la 
historia d'Aragon (cf. le Moyen Àqe, 1905, p. 63) est consacré à l'édition du 
For de Ternel (Forum Ttirolii. Transcripcion y estudio preliminar de 
Francisco Aznar y Navarre. Saragosse, 1905 ; in-8«, xlvi-300 p.) Ce For 
est conservé par deux manuscrits, l'un de Madrid, l'autre de Ternel. 
Ce dernier, le plus ancien, ne date que du milieu du xiv* siècle, mais jus- 
qu'au xvu* il a été considéré comme le texte officiel, reproduisant le texte 



242 CHRONIQUE 

original du privilège de la cité. Tel est aussi l'avis de M. Aznar y Navarro, 
qui admet que cette copie, fort soignée d'ailleurs au point de vue maté- 
riel, représente encore le « Fuero de poblacion » accordé en 1176 aux 
gens de la ville neuve delernel par le roi Alfonse le Chaste, et sa manière 
de voir parait acceptable. De Ternel, cette « loi » passa à Cuenca, à Scpul- 
veda, et de là se répandit en diverses cités d'Aragon. C'est donc un texte 
fort curieux au point de vue de l'histoire du droit espagnol. Il est d'au- 
tant plus intéressant qu'il est très étendu, ne comprenant pas moins de 
552 articles. Ces articles règlent l'organisation municipale de la ville : le 
« consilium », établit un juge, — quatre alcades chargés d'attributions 
de police^ de certaines levées, des rapports avec le roi ; — un notaire, 
spécialement chargé de tenir le registre des jugements, qui doit (§ 83) 
« savoir faire les comptes^ lire les chartes et le livre (le Fuero ?) et rédi- 
ger les jugements » ; — un vérificateur des poids et mesures ; — dss 
fonctionnaires, doi^t les attributions sont un peu laissées dans le vague, 
sans parler de divers agents subalternes au sujet desquels le rédacteur 
est au contraire entré dans d'abondants détails. Mais surtout le For 
constitue un code de droit civil et de droit criminel, ce dernier étant 
spécialement développé pour pi:pvoir les diverses catégories de délits 
contre les personnes, depuis la simple injure verbale jusqu'aux mutila- 
tions^ au meurtre, et aux divers cas de viol, et pour fixer les pénalités 
correspondantes, pénalités en général pécuniaires : cependant on brûle 
les femmes coupables d'avoir fabriqué des philtres ou commis adultère 
avec un Sarrazin ou un Juif. Les §§ 223 et suiv. sont consacrés aux 
duels; le § 382 décrit en détail le mode de procéder dans l'épreuve par 
le fer rouge. Je signale également à titre de curiosité des dispositions 
très détaillées prises en ce qui concerne la voirie (§ 107 et suiv.), — les 
bains publics (§ 291) réservés aux hommes certains jours de la semaine, 
aux femmes certains autres, ce qui n'empêche pas les meretrices d'y jouer 
un rôle — sur les latrines (§ 420) cl leur entrelien. Enfin les derniers 
articles (§ 517 et suiv.) sont consacres à une série de règlements particu- 
liers aux divers corps de métiers. 

Le texte est donné sans notes cl sans glossaire. C'est un fâcheuse 
lacune, car la langue n'est pas toujours très claire, et beaucoup de termes 
manquent au Du Cange. M. Aznar y Navarro n'a pas cru devoir joindre à 
sa publication de sommaire ou de table destinés à en faciliter l'usage. Il 
est à souhaiter que dans une étude ultérieure sur le For de Ternel, il 
fournisse les renseignements nécessaires pour le mieux comprendre. 

R. P. 



M. Joaquin Miret y Sans a publié sous le titre de Politica oriental de 

Alfonso V de Aragon, exposidon del libro de Francésco Cerone (Barcelona, 

^^i ; in-iS, 47 p.), un fort mtéresaant résumé du travail important 



CHRONIQUE 243 

que M. F Cerone a fait paraître, dans VArchivio stonco per le provinde 
Napoleiane, en 1902 et 1903. Le rôle d'Alfonse V le Magnanime, roi d'Ara- 
gon et de Naples, dans les événements qui précédèrent et suivirent la 
prise de Constantinople par les Turcs, a été jugé très sévèrement par 
quelques historiens, en particulier par M. Pastor ; M. Cerone, qui le'pre- 
mier a étudié dans les détails la politique orientale de ce prince, conclut 
qu'il n'y avait lieu de Taccuser ni d'inertie ni de duplicité. Les négocia- 
tions menées par lui, avant 1454, avec le sultan d'Egypte, l'empereur 
d'Ethiopie, le sultan de Tunis, les traités conclus avec Démétrius Paléo- 
logue, prince de Morée, Georges Castriota, prince d'Albanie et avec le 
prince d'Achaîe témoignent de l'activité politique d'Alfonse V, avant 
comme après la prise de Constantinople. D'après M. Cerone, le roi d'Ara- 
gon n'avait pas seulement pour but d'étendre au profit de ses sujets com- 
merçants ses relations et son influence dans le bassin de la Méditerranée, 
ou d'en imposer à la papauté par un zèle fictif pour la défense de la Chré- 
tienté, mais ses efforts étaient réels pour faire faire des diversions par 
ses alliés contre les Turcs et arrêter ceux-ci dans leur marche, et en 1456 
il entretenait même des troupes en Albanie ; les intrigues de Venise 
auraient élevé les principaux obstacles à la réussite du plan d'Alfonse V. 
M. Miret ajoute qu'il y aurait de nouveaux documents sur ce sujet à 
découvrir dans 1' « Archive de la corona de Aragon. » 

E. M.-C. 



Le dernier volume publié par la Commission royale d'histoire de Bel- 
gique (série in-4*) est dû à nos collaborateurs MM. Georges Espinas et 
Henri Pirenne. 

Il est intitulé Recueil de documents relatifs à l'histoire de Vindustrie 
drapière en Flandre, tome I (Bruxelles, Kiessling, 1906; in-4o, xx-695 p.\ 

Il n'y a pas lieu d'insister sur l'importance d'un pareil recueil pour 
l'histoire économique du moyen-âge. Mais c'est une bonne fortune poyr 
les érudits qu'il ait été entrepris par deux savants que leurs études anté- 
rieures, la connaissance qu'ils ont de l'histoire industrielle et municipale 
de la Flandre, comme aussi la pratique des documents du moyen-âge et 
une expérience déjà longue des bonnes méthodes de publication, dési- 
gnaient pour le faire : l'un, auteur d'une histoire de Belgique qui a 
recueilli l'unanimité des suffrages, et d'une synthèse originale des insti- 
tutions urbaines du Nord; l'autre, qui a consacré à la ville de Douai, où 
la draperie atteignit un si haut degré de développement, un livre remar- 
quable par la nouveauté des aperçus. 

Le présent recueil comprend seulement les documents relatifs à l'in- 
dustrie et non pas ceux qui concernent le commerce des draps. C'est le 
travail de la laine, dans ses branches si diverses et dans son organisation 
si variée, qui constitue l'objet propre de cette publication. Les limites 



244 CHRONIQUE 

géographiques sont celles du comté de Flandre au moment de sa plus 
grande extension, comprenant par conséquent TArtois, les territoires de 
Lille, de Douai, de Bétbune et d'Orchies. 

Comme limite chronologique, on n'a pas dépassé la fin du xiv' siècle. 
En effet, à partir de l'époque bourguignonne, les archives des métiers 
présentent une telle abondance de documents qu'il serait impossible et 
d'ailleurs inutile, en raison du fatras des formules, de les reproduire in 
extenso; il faudrait choisir, et dès lors la formation d'un recueil devrait 
être faite d'après une méthode différente de celle qu'il convenait de suivre 
pour la publication de textes du moyen-âge. Les documents ont été 
groupés par villes, et les villes rangées par ordre alphabétique. Le pre- 
mier volume s'étend d'Aire à Courtrai. 

M. P. 



Le Gérant : H. CHAMPION. 



Abbeville. — Imprimene F. F aillait. 



lniBI8 m L'iroiRI dis PlIIHIPilITfe MIIBilllS 



DE 



L'ITALIE MÉRIDIONALE 

Et de leurs rapports avec VEmpire franc 



II 
CHARLEMAQNE ET LA PRINCIPAUTÉ LOMBARDE 

La prise de Pavie (milieu de juin 774) avait fait de 
Charlemagne le souverain de tout l'ancien royaume lombard, 
à l'exception des duchés, déjà à peu près indépendants 
en fait, de Spolète et de Bénévent *. A la tête de ce dernier 
se trouvait le duc Arichis, que Ton peut considérer comme 
le véritable fondateur de TEtat lombard de Bénévent, qui 
devait se diviser plusieurs fois, mais en somme subsister 
pendant près de deux siècles et demi, en dépit des convoi- 
tises dont il était l'objet de la part de ses deux puissants 
voisins, Tempire d'Occident d'une part et l'empire d'Orient 
de l'autre. 

Bien qu'établi en 758 par un acte d'autorité de Didier, qui 
voulait remplacer le duc rebelle Liutprand *, il est possible 

1. Sur ces évëoemcnts, cf. F. Hirsch, Pap«f ïïadrian 1 und dos Herzogthum 
BeneveM, dans les Forschungen zur deutschen Geschichte, t. Xlll, p. 39 ; 
Pugliese, Arechi, principe di Benevento c i suoi successori, Foggia, 1892, 
in-8'», et surtout Gay, Vltalie méridionale et Vempire byzantinf p. 29 et 
suiv. 

2. Hirsch, Dos Herzogthum Benevent bis zum Unterqanq des Io-ïv^qV^^x^x- 
schen Reichs, Berlio, 1871, ia-4\ 

J/ûi/en Age, t. XIX "^ 



246 n. POUPARDiN 

qu'Arichis ait appartenu à la famille de son prédécesseur. 
Paul Diacre en effet le dit « issu de la race des ducs et des 
rois » *, et nul texte no paraît contredire ce témoignage en 
présentant Ârichis comme étranger par sa naissance au 
duché de Bénévent^. Nous ne sommes directement ren- 
seignés sur sa personnalité que par des écrivains partisans 
des idées d'indépendance lombarde, comme Erchempert, 
ou par des épitaphes nécessairement bienveillantes. Ce 
sont donc là des documents suspects au point de vue de 
l'impartialité. Il semble néanmoins qu'il ne faille pas trop 
se hâter de rejeter les renseignements qu'ils peuvent 
fournir. Erchempert vivait à une époque assez éloignée de 
celle d'Arichis pour pouvoir porter sur ce prince un juge- 
ment à peu près indépendant, bien que représentant tout 
au moins la tradition nationale bcnéventaine. Il fait l'éloge 
de sa piété et de sa bravoure, et sans parler des épithètes 
laudatives plus ou moins vagues accumulées par Paul 
Diacre ^ dans Tépitaphc composée par lui, il semble que 
tous les textes soient d'accord sur ces deux points *. 

1. Epitaphium Arichis, dans Mon. Germ., in-4% Poetœ latinimedii ceci, 
t. I, p. 67 : 

« SUrpo ducum regumque satus... » 

2. Pugliese, Arechi e i suoi prlmi successori, p. 28, d'après le nom porlé 
par le duc, croit celui-ci originaire du Frioul, et parent d'Arichis 1" qui 
vivait au vi' siècle. Mais ni Paul Diacre ni Erchempert ne font allusion 
à cette origine étrangère. D'une anecdote rapportée par le Chronicon 
Salernilanum, c. 19, on pourrait conclure que dans tous les cas la tradi- 
tion faisait s'écouler à Bénévcnt la jeunesse d'Arichis. Mais l'auteur du 
Chronicon représente ensuite l'élection d'Arichis comme ayant eu lieu 
dans des conditions exactement opposées à celles que nous connaissons 
par ailleurs^ de sorte que la valeur de son témoignage en ce qui concerne 
les premières années du prince parait assez faible. 

3 Epitaphium Arichis, v. 9-10 : 

« Formosus, validu», suavis, modoralor et acor, 
Facundus, sapiens, luxquo dccorquc fuit. » 

Pour faire l'éloge de Romuald, l'auteur de son épilaphe, qui est peut- 
être également Paul Diacre, l'appelle novus Arichis [Poetœ lat., t 1, p. 111.) 

4. <( Religione patrem aîquiperans », ditl'cpitaphe de Romuald, loc» cit. 
Celle de Cesarius, consul de Naples (ibid., p. 412), donne à Arichis 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 247 

Cette piété se manifesta d'ailleurs par la construction 
d'un certain nombre d'églises dont la plus célèbre fut celle 
de Sainte-Sophie de Bénévent^ bâtie en partie avec des 
matériaux provenant d'édifices antiques *, et qui, après 
avoir été enrichie de ses libéralités 3, devint en quelque 
sorte le sanctuaire national des princes lombards*. Le mo- 
nastère de Saint- Vincent du Volturno reçut également de 
lui l'église de Saint-Sauveur au territoire d'Alife qu'il avait 
fait bâtir 5. Son activité, au point de vue des constructions, 
ne se borna pas du reste aux édifices religieux, car il fit 
relever les murs de sa capitale ^ et s'y bâtit un palais '^. 

répithëte de saticlus. Cf. aussi Translaiio mncti Mcrcurii, v. 42-43 et 
93-94, dans les SS, Rer, Lang., p. 579. Arichis avait de la considération 
pour les gens d'Eglise, car il augmenta le chiOre de la composition pour 
les crimes commis contre eux, et cela explique peut-être en partie les 
éloges qui lui sont décernés. 

1. Ërchempert, Hist. Longobardorum Benecentanorum, c 3 ; Chron. 
S. Benedicti Casinensis, SS. Rer. Lang., p. 488; Ann. Deneventani II, Mon, 
Germ., SS., t. III, p. 173; Léon d'Ostie, Chron, Casin,, 1. I, c. 26, qui 
d'ailleurs attribue à Gisolf le début de la construction. 

2. Au moins les six colonnes qui subsistent seules aujourd'hui de l'an- 
cien édifice et passent pour avoir appartenu à l'église primitive semblent- 
elles provenir d'un édifice antique. 

3. Ërchempert, ibid, ; Chron. S. Sophie, I, c. 1-20, dans Ughelli, Italia 
Sacra, t. X«, col. 422-432. 

4. J'emprunte cette expression fort juste à Gay, op. cit., p. 30-31. 

5. Ërchempert, ibid. ; Chron. VuUurnense, dans Muratori, SS. Rer. 
liai, t. P, col. 356. 

6. C'est ainsi qu'il faut, semble-t-il, entendre le v. 25 de sou épitaphe : 

« Ornasti palriam doctrinis, menibus, aulis», 
puisque, dans la même pièce, il est question dans un autre passage des 
fortifications de Salerne. Cf. aussi Chron. Salernitanum, Mon. Germ., SS., 
{, III, p. 477. Une partie des fortifications de Bénévent qui, dans leur état 
actuel, sont surtout du xiv* siècle, remonte peut-être à l'époque lombarde. 

7. Cf. le vers de ÏEpitaphium Arichis cité à la note précédente ; ^hron. 
S. Benedicti, p. 488 ; Léon d'Ostie, Chron. Casinense, 1. I, c. 15. — La 
légende paraît avoir représenté le temps d'Arichis comme une époque 
de calme et de prospérité pour le pays. Cf. Chron. VuUurnense, p 375 : 
« Rara in his regionibus castclla habebantur, sed omnia villisetecclesiis 
plena erant, nec erat formido aut metus bellorum quoniam aita pace 
omnes gaudebant. » 



R. POUPARDIN 

Enfin il semblé avoir senti la nécessité * de posséder sur 
la mer une base d'opérations solide, et c'est lui qui fît de 
Salerne, où s'élevait un de ses palais, une place forte qui 
devait plus tard lui servir de refuge, et qui défia plus d'une 
fois les efforts des envahisseurs de la principauté lom- 
barde^. Nous savons aussi qu'il était instruit et appréciait 
la culture littéraire ^. Il fit donner à son fils liomuald une 
éducation soignée^, et la Renaissance carolingienne lui 
doit d'avoir encouragé, avec sa femme Adelperga, le talent 
de Paul Diacre, auquel il demanda pour ses palais de 
Bénévent et de Salérne des inscriptions en vers ^. 

Issu de la famille royale, gendre du dernier souverain 
national, Arichis se trouvait, après la chute de Didier et 
la disparition de son fils Adelchis, réfugié à Constan- 
tinople, occuper sans conteste le premier rang parmi les 
représentants de l'aristocratie lombarde. La conquête 

1. Sur cette nécessité, cl. Gay, op, ct^, p. 33. 

2. Epitaphium Arichis, loc, cit. 

« Nec minus excelsis nuper quae condila mûris 
Structorem orba tuum, clara Salerno, gémis. » 

Ci Erciiempert, Hist, Long. y c. 3 ; C/iron. Sa/ernifanutn, c. 26-29, p. 485. 
— 11 ne faut pas entendre d'ailleurs ces récits au sens de fondation pro- 
prement dite d'une vilie entièrement nouvelle, puisque Salerne parait 
déjà avoir existé comme ville à la fin du vi® siècle, date à laquelle les 
Lombards s'en emparèrent, .(Hirsch, Herzogthum Benevent, p. 7) 
et qu'avant même cette date la localité est mentionnée dans divers 
textes antiques (Pauly, Uealencyclopedie des dass, Alterthums, t. VII, 
p. 685-6). Si on interprète au pied de la lettre le a in modum castri » 
du texte d'Erchempert, il faut peut-être voir, dans ce passage, une allu- 
sion à la construction d'une forteresse sur la colline de Salerne, au lieu 
où se voient encore aujourd'hui les ruines du château dit de Guaimar IV. 
Cf aussi Chron. S, BenedicU Casinensis, p. 488, qui parle également de 
la construction d'un palais dans cette ville. 

3. Paul Diacre dans l'une de ses lettres (Ed. Dûmmler, dans les Mon, 
Germ. in-4% n* 9, p. 506), le félicite de « tenir la palme de la sagesse entre 
tous les princes de son temps » et son épitaphe le qualifie de « facundus 
et strenuus eloquii. » 

4. Epitaphium Romualdiy Poet, lat., t. I, p. 111. 

5. Léon d'Oslie, Chron. Casin,, 1. 1, c. 15; cf. G. VVaitz, dans les SS. Ber. 
Lang., p. 13-14. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 249 

franque, qui avait réduit les ducs de Frioul et de Spolète 
à la condition de vassaux du nouveau roi, n'avait point 
atteint ses Etats. Nous ne savons si Charles lui adressa une 
mise en demeure d'avoir à suivre l'exemple d'Hildebrand 
de Spolète et de Rotgaud de Frioul * ; mais s'il y en eut une, 
il est certain qu'elle ne fut pas suivie d'effet. Arichis, au 
contraire, semble avoir immédiatement cherché à profiter 
de la situation qui résultait pour lui de la disparition de 
son seigneur Didier et à manifester son indépendance par 
tous les moyens possibles, en se posant en successeur de ce 
prince sur « les débris de la nation lombarde*. » Dès Tannée 
774, il prend dans ses actes le titre de princeps ^, et ajoute 
aux éléments chronologiques de ses diplômes l'indication 
de la date de ce principat. Sa demeure devient le « palais 
sacré* », et il joint à son titre certaines insignes de la sou- 
veraineté comme la couronne* et le sceptre ^ Il se fit 
donner la consécration par les évêques de son duché''. 
C'est à lui que semble également remonter l'existence d'une 
monnaie particulière des ducs ou princes de Bénévent®. 

1. On ne saurait en effet donner un sens littéral aux expressions dont 
se sert l'auteur du Chron. Salernitanum, p. 476 : « Carolus rex totius 
ItalisB est firmatus. Solus dux Arichis jussa ejus contempnens », qui ne 
donne pour toute cette histoire que des renseignements assez vagues. 

2. Adelchisi Capitulât Prol. 

3. Léon d'Ostie, Chron, Casin., 1. I, c.8. Il attribue ce renseignement à 
Erchempert, mais le passage correspondant ne se trouve pas dans le 
texte de ce dernier tel qu'il nous est parvenu. 

4. Sur les changements survenus à cette époque dans la diplomatique 
bénévenlaine, cf. mon Elude sur la diplomatique des princes lombards de 
Bénèvent, de Capoue et de Saleme, dans les Mélanges d'archéologie et d'his- 
toire de TEcole française de Rome, t. XXI, p. 121. 

5. Léon d'Ostie, loc, cit. ; Chron. Salernitanum, c. 9, p. 476. 

6. Il est représenté avec ces deux attributs dans les miniatures de ms». 
malheureusement postérieurs, comme le recueil de lois lombardes con- 
servé à la Cava et dont quelques fac-similé ont été donnés dans le 
Codex diplomaticus Cavensis, et le ms. de la Chronique de Sainte-Sophie. 

7. Léon d'Ostie, loc. dt. 

8. Engel et Serrure, Traité de numismatique du moyen âge, 1. 1, p. 28 
— Le fait que Grimoald promit à Charlemagne de faire figurer le nom 



250 R. POUPARDIN 

Il est évident qu'avec ces tendances la paix ne pouvait 
être que très précaire entre Arichis et le nouveau maître 
de ritalie. Dès Tannée 775, le pape Hadrien P"" accusait 
Arichis de songer à secouer la domination franque au 
profit du fils de Didier, Adelchis, et de conspirer, de 
concert avec les Grecs ^ contre l'autorité de Charles, en 
même temps que d'autres ducs lombards, Rotgaud de 
Frioul, Reginald de Chiusi, et Hildeprand de Spolète. Il 
est très possible que Rotgaud ait préparé dès cette époque 
le soulèvement qui devait, l'année suivante, nécessiter une 
expédition contre lui, et qu'il ait fait des ouvertures à 
ceux qu'il devait considérer comme ses alliés naturels. Mais 
Arichis, pas plus que les deux autres princes, ne paraît 
avoir fourni de secours effectif au duc de Frioul, et c'est 
contre ce dernier seul que l'armée franque eut à lutter en 
775 *. L'année suivante (776) les deux envoyés de Charles 
en Italie, l'évêque Possessor et l'abbé Rabigaud, purent 
négocier pacifiquement avec le duc de Bénévent.. 

Cela n'empêchait pas ce dernier de songer à agrandir 
ses Etats, avec le concours des Byzantins ^, aux dépens 
de ceux de son voisin immédiat, le souverain Pontife. Le 
patrice de Sicile, qui se trouvait alors en résidence à Gaëte, 

roi sur les monnaies est une preuve qu'il existait auparavant des pièces 
du prince ne remplissant pas ceUe condition, ainsi que le remarque 
Pugliese, Arechi, p. 48, n. 4. 

1. A une date indéterminée Arichis envoya à Constantinople une 
ambassade que mentionne la Tramlatio S.Heliani fSS.Rer. Lang. p.581y', 
mais dont nous ne connaissons ni Tobjet ni les résultats. 

2. Abel et Simson, Karl der Grosse, t. J, p. 185-186. Sur la nécessité de 
n'accepter qu'avec réserve les allégations d'Hadrien, cf. Hirsch, Papst 
Hadrianl und dos Furstenthum Benevmt, dans les Forschungen zur deuts- 
chen Geschichte, t.. XIII, p. 39 et suiv. Mais l'auteur va peut-être un peu 
loin en supposant que le pape invente de toutes pièces un prétendu 
complot. 

3. Sur ces événements et sur la date à attribuer aux lettres pontificales 
qui en font mention, cf. J. Gay, UEtat pontifical^ les Byzantins et les Lom- 
bards sur le littoral Campanieny dans les Mélanges d'archéologie et dliis- 
loire de J'EcoJe française de Rome, t. XXI, p. 491 et suiv. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 251 

avait mis la main sur Terracina, dont les habitants avaient 
été complices de cette entreprise *. Grecs et Bénéventains, 
à en croire Hadrien, s'occupèrent avec ardeur de détacher 
de l'Etat romain tout l'ensemble du patrimoine de Cam- 
panie, sans doute en vue d'un partage éventuel 2. Le pape 
parvint cependant à rentrer momentanément en possession 
de Terracina, mais cette victoire n'eut pas de résultats 
durables, car les Grecs de Naples ne tardèrent pas à 
s'emparer de nouveau de la ville ^. Hadrien, qui cherchait à 
la même époque à remettre la main sur les biens du 
patrimoine de Saint-Pierre sis dans le duché de Naples, se 
montrait disposé à composer avec les Grecs et à leur aban- 
donner Terracina en échange des patrimoines napolitains. 
Mais Arichis empêchait toute tentative d'arrangement, 
qui serait venue à la traverse de ses projets de conquête, et 
poursuivait activement ses négociations avec le patrice de 
Sicile*. Aussi, à en croire Hadrien, n'y avait-il qu'une 
solution possible, l'envoi en Italie d'une armée franque, qui 



1. Codex Carolinvs, éd. GuDdlach, dans les Mon, Germ, in-4^ Epistolœ 
carol. œvi, l. I, n° 61. — Le pape De parle pas expressément de la prise 
Terracina, mais il met sur le même rang les « habitatoris castri Caiela- 
nis et Terracinensium », comme étant en dehors de son autorité et cher- 
chant à entraîner le reste de la Campanie. 

2 Ibid. Hirsch, op. cit., p 46-47, accuse encore le pape d exagération 
et même de mensonge. Cependant, lui-même reconnaît que pour la ques- 
tion delà Campanie, Arichis devait se trouver nécessairement en conflit 
avec le pape. Il croit voir une inconséquence dans la lettre en question, 
qui demande à Charles d'enjoindre aux Bénéventains de marcher contre 
les Grecs. C'est aller trop loin, car Tatlitude d'Arichis en présence d'une 
armée franco-spolétaine devait être toute différente de celle du même 
prince sentant qu'il n'avait rien à craindre. 

3. Codex CavolimiSy n° 64 : « Nefandissimi Neapoletani una cum Deo 
odibiles Grecos prebente maligno consilio Arighis duci Beneventano, 
subito venientes Terracinam civitatem quam in servitio beati Pétri... 
antea subjugavimus... invasi sunt. » 

4. Codex Carolinus, n* 64 : « Et cotidie missos nefandissimi patricii 
Siciliae ipso Arighis suscipiente, impedimentum jamfatus Arighis solus 
fecit ut minime nos obsides a jamdictis Neapolilanis reciperemus. » 



R. POUPARDIN 

forcerait Arichia à rester en paix, et même à soutenir pn cas 
de besoin les Francs contre les Grecs (774)*. 

En sa qualité de « roi des Lombards », Charlemagne ne 
pouvait voir que de très mauvais œil l'attitude du duc de 
Bénévent. Les manifestations d'indépendance de ce 
dernier étaient en opposition directe avec le nouvel ordre 
de choses que le roi franc avait prétendu | établir en 
774. Charles cherchait à se faire considérer comme le 
légitime successeur de ceux qu'il avait dépossédés % et le 
pape affectait de croire que son protecteur avait, comme 
jadis Didier, le droit de donner des ordres au duc de 
Bénévent aussi bien qu'à ceux de Spolète et de Toscane*. 
Toute résistance, de la part d'Arichis, à l'exercice de l'au- 
torité du souverain, devait être considérée comme un acte 
de rébellion *. C'est d'ailleurs le simple litre de diLx que le 
pape, dans ses lettres à Charles, conserve à Arichis et à 
successeurs, et cet exemple est suivi, peut-être intention- 
nellement, par les annalistes francs. En dehors même do 
ces considérations, et en tenant compte de l'exagération 
possible de certains des renseignements fournis par Hadrien, 
Arichis pouvait à bon droit être considéré comme un voisin 
dangereux. Tant que que la question de Bénévent ne 
serait pas réglée, Charlemagne avait toujours à redouter 

1. Ibid. Nous ne connaissons pas autrement le Vulluinus qu'Hadrien 
désirait voir à la tête de cette armée. 

2. C'est à cette situation que paraît faire allusion le passage du Chron. 
Salemitanum cité plus haut, et Erchempert (Hist. Long. Ben.^ c. 6) la 
résume nettement dans les expressions qu'il prête à Pépin : a Volo quidem 
et ita potenter disponere conor ut, sicuti Arichis genitor illius subjectus 
fuit quondam Desiderio régi Italiœ, ita sit mihi et Grimoalt. » 

3. Codex Caroline, n"* 64 : « Atque talem eidem (Vuifuino) mandationem 
facere jubeatis ut cum orones Tuscanos seu Spoletinos atque cum ipsos 
nefandissimos Beneventanos in servi tio vestro pari ter atque nostro... » 

4. Le pape semble même considérer que les gens de Bénévent ont 
promis formellement leur obéissance : « Minime vestram regalem 
adimpleverint voluntatem, sicut vobis polliciti sunt. » {Codex CarolimUj 
n'80.) 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 253 

des difficultés en Italie, un effort combiné des Lombards 
et des Grecs au nom du fils de Didier. 

Cependant, lorsque Charles vint à Rome en 780-781, il ne 
semble point s'être occupé des affaires de Tltalie méri- 
dionale. La vaste conjuration, dont on l'avait menacé, si 
elle avait été effectivement préparée, n'avait abouti à aucun 
résultat. L'alliance que le pape, en 778-779, craignait ou 
feignait de craindre de voir s'établir contre lui entre les 
Lombards et les Grecs n'aboutit pas *, et les deux adver- 
saires d'Hadrien ne tardèrent pas à se brouiller. Du moins 
des difficultés se produisirent-elles quelques années plus 
tard entre Arichis et les gens d'Amalfî. Le duc lombard, 
mécontent de l'attitude de ces derniers, ravagea les 
environs de leur cité. Les Napolitains vinrent au secours 
de leurs compatriotes. Un combat eut lieu, dans lequel les 
Lombards eurent le dessous et furent contraints de battre 
en retraite, en laissant plusieurs de leurs nobles aux mains 
de l'ennemi ^. Aussi, en 786 ^, Charles, qui venait de ter- 

1. Peut-être^ comme le suppose Gay, L'Italie méridionale et Vempire 
byzantin, p. 35^ Charles avait-il réussi à la rompre en engageant des 
négociations directes avec l'impératrice Irène. 

2. Codex Carolinus, n* 78. 

3. Abel et Simson, Karl der Grosse, 1. 1, p. 452, croient que Charles redou- 
tait une alliance entre les Lombards et les Grecs irrités de la rupture des 
projets de mariage entre Constantin et Rotrude, fille de Charlemagne. 
Mais les négociations n'étaient pas rompues ofQcielIement, puisqu'en787, 
au cours de la guerre lombarde, des ambassadeurs grecs se rendirent 
encore auprès de Charlemagne pour s'occuper de cetle affaire. La guerre 
d'Aricbls contre les sujets de l'empire grec ne parait d'ailleurs s'être 
terminée qu'après l'entrée de Charles en Italie.— Quant à une alliance 
des Lombards avecTassilon, dont on a aussi parlé (cf. Abel et Simson, 
op, cit., p. 454, n. 3 et Hirsch, Papst Hadrian 1 und Herzogthum 
Benevent, p. 51, n. 1), aucune source n'en fait mentionV Donc il est peu 
probable que des nouvelles de ce genre aient été la cause déterminante 
de l'expédition. Les annalistes de Charles le représentent au contraire 
comme profitant d'un moment de tranquillité pour descendre en Italie. 
Les Annales regni Francorum semblent également indiquer que 
Tassilon a profité de l'absence du roi pour préparer sa révolte contre 
celui-ci. 



234 R. POUPARDIN 

miner momentanément la guerre de Saxe par la soumission 
et le baptême de Widukind, de dompter une révolte des 
Bretons et d'étouffer une conspiration des nobles de Thu- 
ringe, « voyant que de tous côtés il était en repos », crut 
l'occasion bonne pour se rendre en Italie, « afin de prier au 
tombeau des Apôtres et de régler les affaires du pays *. » 
L'armée franque se mit en marche à une époque assez 
avancée de l'année 2, sans doute au mois de novembre. Le 
25 décembre elle était à Florence. Quelque temps après elle 
arrivait à Rome^. A cette nouvelle, Arichis effrayé se hâta 
de conclure la paix avec les Napolitains* et avec leur 
consul Cesarius. Ce dernier avait jadis passé quelque 
temps comme otage à la cour de Bénévent et paraît avoir, 
à la suite de ce séjour, conservé parmi les Lombards une 
certaine popularité^. Arichis, par le traité qui intervint 
alors, réglait la question de la Liburie, de la Terre de 
Labour, et des redevances à percevoir sur ses habitants, 
source d'incessants conflits entre les Napolitains et les 
ducs lombards". C'est à cette époque aussi sans doute 

1. Ann, regni Francorum, p. 72 : « Domnus rex Carolus perspîciens 
se ex omni parte Deo largiente pacem habere, sumpsit consilium jora- 
tioois causae ad limiDa bealorum Apostolorum iter peragendi et causa? 
Italicas dispooendi. » 

2. Le 5 novembre Charlemagne était encore à Worms (Bôhmer-Mùhl- 
bacher, Regesten, n» 267 . 

3. Ann, regni Francorum, p. 72 ; Ann, Einhardi, p. 73 ; Ann. Lauris- 
sensés minores. Mon, Germ,, S5., 1. 1, p. 118. 

4. Erchempert, Hist, long,, c. 2 : « Qui audiens eos super se adventare, 
Neapolitibus qui a Langobardis diutina oppressione latigati erant pacem 
cessit. » 

5. Epitaphium Caesarii, Poet, lat,, t. I, p. 112 : 

« Sic blandus Hardis eras ut fœdera Graiis 
Scrvares sapiens ioviolata tamen. » 

6. Erchempert, loc. cit. : « Eisque diaria in Liguria et Cimiterio per 
incolas sancitam dispensione misericordiae vice distribuit. » C'est donc 
probablement à cette paix qu'il faut rapporter le Pactum Arechis cum 
Neapolitanis (Mon. Germ,, LL,, t. IV, p. 213) dont nous n'avons plus d'ail- 
Jeurs qu'une rédaction du temps d'Adelchis (Capasso, Monumtnta ad 

JVeapolitani ducatus historiam pcrtiwcntia, t. I, p. 64). 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 255 

qu'Arichis affirma ses bonnes dispositions vis-à-vis de 
Naples en faisant quelques donations à Téglise de Saint- 
Janvier *. D'autre part il envoyait à Rome son fils 
Romuald^ chargé de riches présents *. Romuald, jeune 
homme instruit^ intelligent, déjà associé à son père depuis 
quelques années 3, était chargé de porter au roi des Francs 
des promesses de soumission^ mais d'obtenir en échange 
de ces promesses que Charles ne pénétrerait pas dans les 
Etats du prince de Bénévent*. 

Romuald parait avoir réussi à convaincre Charles et à 
lui faire accepter les propositions d'Arichis ^. Néanmoins 
le pape et les grands étaient d'un autre avis. Ils ne 
croyaient pas à la sincérité des promesses du prince, ou 
feignaient de n'y pas croire. Mais le pontife, comme les 
seigneurs francs, étaient intéressés à la continuation de 
l'expédition. Ceux-ci pouvaient espérer des conquêtes et 
du butin. Hadrien désirait être débarrassé de l'ennemi que 
les événements des années précédentes lui avaient montré 
toujours prêt à menacer les frontières de l'Etat pontifical et 
à étendre son domaine aux dépens de celui de Saint- Pierre. 
D'autre part il est certain qu'à cette date de 786, il n'était 
pas encore entré en possession des domaines ^ constituant 

1. C'est au moins à ceUe période de paix que l'on peut rapporter la 
donation faite par Aricbis à cette église d'objets précieux et du lieu de 
Pianura près Pouzzoles. Mais cette localité, comme le remarque Capassu^ 
op. dt y t. I, p. 202, n. 3, devait appartenir à Arichis à titre de propriété 
privée, car Pouzzoles faisait partie du duché grec de Naples. 

2. Ann. regni Francorum, Ann. Einhardi et Ann, Laurissemes minores, 
lac. cit II est également fait allusion à cette mission dans l'épitaphe 
de Romuald ("Poet. laLy t, I, p. 111). 

3. Epitaphium Grimoaldi, Poet, lat., t. I, p. 430. 

4. La soumission promise par Arichis devait être complète^ à en juger 
par les expressions dont se sert l'auteur des Ann. regni Francorum : 
a Et omnes voluntates predicti domni régis adimplere cupiebant. » 

5. Epitaphium Rom^oaldi, Poet. lat., 1. 1, p, 111 : 

« In placida régis sedasti mente furorem 
Obruta Gallorum te ira loquente fuit. » 

6. Cf. infra, p. 259-260. 



256 R. POUPARDIN 

le patrimoine de Bénévent. Pour lui, par conséquent, cette 
extension de sa puissance territoriale devait être le premier 
résultat de la soumission du duché de Bénévent au souve- 
rain franc. 

Charlemagne se laissa persuader par le pape et par les 
partisans de la politique d'intervention directe. Au début 
de Tannée 787, Tarmée franque se mit en marche. Charles, 
emmenant avec lui le jeune Romuald*, prit la route 
ordinaire, qui suivait à peu près le tracé de l'ancienne voie 
Latine, en passant par le Mont-Cassin* et par Capoue. 
Après avoir établi son camp dans cette dernière ville 3, 
il se mit en devoir de commencer les hostilités*. Mais il 
est peu probable que ses troupes aient eu de combat à 
livrer^. Arichis, à la nouvelle de l'entrée des Francs dans 
ses Etats, quitta Bénévent et courut se réfugier dans la 
forte place de Salerne^. De là, il reprit les négociations qui 
avaient échoué une première fois, et envoya à Charles de 
nouveaux députés, parmi lesquels l'évêque David de 
Bénévent, pour demander la paix '^. Cette fois Charles se 

1. Ann, Einhardi, p. 73. 

2. Le séjour au Mont Cassin est indiqué par les Ann. Laureshamenses 
fMon. Germ. SS., 1. 1, p. 33) et les Annales Alemannici (ihid,, p. 41). Léon 
d'Ostie, Chron, Casin., 1. 1, c. 12, le place au retour de Capoue. Il n'y a 
d'ailleurs rien que de très vraisemblable à ce que Charles ait suivi au 
retour la même route qu'à l'aller. 

3. Ann. regni Francorum, Ann, Einhardi, Ann, Laureshamemes, Ann, 
Alemannici^ ibid. ; Ann, Laurissenses minorée^ Mon, Germ,, SS,f t. 1, 
p. 118 ; Einhard, Vita Karoli, c. 10. 

4. Ann, Einhardi, loc. cit, : « Ibique castris positis, inde bellum 
gesturus. » 

5. Erchempert seul (Hùt, Long., c. 3) parle d'une bataille (« postremo 
autem acriter prœliantibus ») mais quelque bien renseigné qu'il soit 
d'ordinaire, il est très postérieur à ces événements, et le silence des 
annalistes francs, qui n'auraient pas manqué de signaler une victoire 
remportée par Charles suffit à faire révoquer en doute la réalité du 
fait. 

6. Ann, regni Francorum et Ann. Einhardi, loc, cit. 

7. Son nom est donné par le Chron* Salemitanum, c. 10, p. 478, au 
milieu de détails évidemment légendaires. Nous savons par ailleurs que, 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 257 

décida à raccorder et à ne pas pousser plus loin sa tentative 
de conquête. 

Le traité qui intervint alors était d'ailleurs la consécra- 
tion des prétentions du roi sur la principauté lombarde. 
Arichis évitait le ravage de son duché par les troupes 
franques* et Tobligation humiliante de se présenter en 
personne devant le vainqueur pour lui rendre hommage *. 
Mais il prêtait et faisait prêter par son peuple un serment 
de fidélité^, et sans parler des présents qu'rl offrait*, il 
s'engageait sans doute à payer tribut 5. Pour assurer Texé- 
cution de ce traité il livrait comme otages douze jeunes 
nobles^, et en outre son fils Grimoald '^ et sa fille Adelgise ^. 

le 22 mars 787, David se trouvait auprès de Charles à Capoue, et obtenait 
de lui un privilège pour son église (Bôhmer-Mùhlbacher, n° 274). 

1. Ànn. regni Francorum, loc, cit. : « Ut terra non deleretur illa » ; Ann, 
LauHssemes minores : « Ut terra non devastaretur illa. » 

2. Ann. regni Francorum, ibid, : « Non fuit auxus per semetipsum 
faciem régis Karoli vidcre. » 

3. Ce serment est mentionné par les Ann. regni Francorum^ par les 
Ann, Einhardi et par la Vita Karoli, c. 10. 

4. Ann. regni Francorum et Ann. Einhardi, ibid; Erchempert, Hist. 
Long., c 2 : « simul cunctum thesaurum suum. » Léo Ost., Chron. Casin., 
1. I, c. 8 : « coronam illius et maximam partem thesauri. ))— Il est d'ail- 
leurs très douteux qu'Arichis ait donné « tout son trésor » car une lettre 
d'Hadrien I", de peu postérieure, parle des sommes importantes qui se 
trouvaient encore entre les mains d'Adelperga et qu'elle avait mises en lieu 
sûr à Tarente {Codex Carolinus, n° 80.) 

5. Les Ann. regni Francorum et les Ann. Einhardi ne parlent pas 
expressément du tribut mais l'épitaphe d'Arichis (Poet. latin, med. 
aevi, 1. 1, p. 67) dit : 

« Gum natis proprlum nil ducens tradcro ccnsum, » 
et le mot census ne parait guère pouvoir s'appliquer aux présents. 
Erchempert, c 2, dit aussi : « Collata Arichis pace sub iide pensionis. » 

6. Leô Ann. regni Francorum parlent de douze otages en plus de Gri- 
moald, les Ann. Einhardi le mettent lui-même au nombre des douze. 

7. Ann. regni Francorum; Ann. Einhardi; Erchempert, c 2. Cf. le vers 
de l'épitaphe d'Arichis cité n. 5, et l'épitaphe de Grimoald (Poet. latin, j 1, 

430) : 

(( A palro pro patria directus regibus obscs 
Placavit patrlam funus ad usque patris » 

8. Erchempert, Hist. Long., c. 2. 



258 R. POUPARDIN 

Charlemagne laissait Romuald, qu'il avait jusqu'alors 
gardé près de lui, retourner auprès de son père*. 

Les annalistes officieux de Charlemagne attribuent cette 
solution pacifique à de pieuses considérations qui se 
seraient alors présentées à l'esprit du roi^. Mais celui-ci 
avait aussi à envisager les conséquences possibles d'une 
guerre dans laquelle il n'était pas sûr d'avoir dès le début 
l'avantage 3, dans un pays que les Francs redoutaient avec 
raison comme particulièrement malsain *. Une soumission 
telle que celle qu'il obtenait d'Ârichis était tout ce qu'il 
pouvait espérer. Si Charles, en effet, prétendait comme roi 
des Lombards à la souveraineté du duché de Bénévent, il ne 
pouvait guère songer à y obtenir que la part d'autorité que 
les rois Lombards avaient eux-mêmes possédée, c'est-à-dire 
un serment de fidélité de la part du duc et des habitants. Ce 

1. Ann Einhardi et Ann, rcgni Francorum, D'après ces dernières (cf. 
aussi Einhardi Vita Karoli, c. 10) il semble mémo qu'Arichis ait offert 
de donner ses deux fils en otages. C'est peut-être aussi à cette proposi- 
tion que fait allusion le vers de l'épi ta phe d'Arichis cité page précéd., n. 3. 

2. Ann. regni Francorum, loc, cit. : « gloriosus rex Karolus perspexit 
una cum sacerdotibus vel ceteris obtimatibus suis ut non terra dcleretur 
illa et episcopia vel monasteria non desertarcntur. » Ann. Einhardi, Uni : 
« divini etiam timoris respectu bello abstinuit ». Einhard, Vita Karoli, 
c. 10 : « utilitate gentis magis quam anime ejus obstinatione considerata. » 

3. Le fait même qu'Arichis n'avait point subi de défaite et qu'il ne se 
remit pas à la discrétion de Charles, mais traita avec lui, prouve^ comme 
le remarquent justement Abel et Simson, op. cit., p. 562, qu'il n'était pas 
absolument sans défense. 

4. Nous parlons plus bas d'autres expéditions arrêtées par des épidé- 
mies qui frappaient les troupes franques. La crainte inspirée aux 
Francs par le climat de l'Italie méridionale se manifeste dans une lettre 
d'Alcuin (éd. Dûmniler, Mon. Germ., in-4*, Epislolœ CaroL œvi l. 1, 
no 224). Il résulte d'ailleurs d'un autre passage du même auteur (ibid., 
n' 261) que les compagnons de Charles ne prenaient à l'égard de leur 
nourriture que des précautions insuffisantes, et d'autre part faisaient des 
vins italiens un usage peu modéré : « Italia infirma est patria et escas 
gencrat noxias. Idcirco cautissima consideratione videas quid vel quando 
vel quibus utaris cibis et maxime ebrictatis assiduitatem devita, quia ex 
vini calore febrium ardor ingruere solet super incautos. » — Cf. Erchem- 

pert, Hist. Long., c 6 : « innumerabilibus de suis peste perditis. » 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 259 

serment de fidélité devait être la première marque de la sou- 
mission d'Arichis à Charles, et des missi francs furent 
envoyés dans le duché pour le recevoir *. 

Les annalistes ne disent pas quelle se trouva être exacte- 
ment, à la suite du traité, la situation d' Arichis vis-à-vis du 
royaume franc. Les termes vagues, employés par eux, de 
fidélité et d'obéissance, ne précisent guère à ce sujet. Ils ne 
semblent comporter que Tobligation de reconnaître, au 
point de vue théorique, la suprématie de Charles, et celle 
do ne point chercher à lui nuire. En dehors du tribut, 
dont le chiffre nous est inconnu 2, il est vraisemblable 
aussi que Charlemagne devait considérer son nouveau 
« vassal » comme tenu de lui fournir en cas de besoin 
des secours et des troupes, mais il ne parait pas que la 
question se soit jamais posée pour le duc de Bénévent ^. 

Charles dut en même temps régler avec Arichis, à la sa- 
tisfaction du pape^, la question du patrimoine bénéventain, 
car les Annales Juvavenses^ et les Annales Maximiniani^ 
indiquent à la suite de la campagne la donation ou la resti- 
tution de Bénévent faite à saint Pierre. Il ne s'agit là 
d'ailleurs que d'un règlement de droit et non d'une mise en 

# 

1. « Qui et ipsuni ducem et omnem Beneventanum populum per sacra- 
ménta firmarent. » (Ann. Einhardi.) Celait dooc rétablir l'état de choses 
qui existait avant 774. Seul le souverain auquel était dû le serment 
aurait changé, selon la théorie Iranque. 

2. Les textes qui parlent de 7.000 aurei par an s'appliquent au renou- 
vellement du traite sous Louis le Pieux et rien ne permet d'aflirmer que 
tel ait été le chiffre primitif. 

3. Les mots : a Ut Francis, rerum dominis, serviret in aevum », du 
Potia Saxo (Mon. Germ. SS., 1, p. 242) empruntés à Virgile, n'ont pas de 
sens précis. Einbard, Vita Karoli^ c. 15, range tout le duché de Béoévent 
parmi les pays faisant partie intégrante de l'Empire. 

4. Sur la question des patrimoines à celte époque, cf. A bel, Uadrian l 
und dit irelUiche Herrschaft, p. [507 et suiv. 

5. Mon, Germ.f SS,, t. 1, p. 88: « Karolus Honcvenlum conquisivit et 
dédit S. Pelro. » 

6. Mon. Germ., SS., t. Xlll, p. 21 : a Ka^olus Moriiam vcriil et Hcneven- 
tum S. Pctro reddîdit 



260 R. POUPARDIN 

possession effective, celle-ci devant être opérée sans aucun 
doute par des missi envoyés quelque temps après à Bé- 
névent*. 

Charlemagne resta à Capoue jusqu'à la fin de mars*, 
faisant acte d'autorité sur les états d'Arichis en accordant 
des diplômes à l'église de Bénévent^ et au monastère de 
Saint- Vincent du Volturno*. Il reprit bientôt après le 
chemin de Rome, et était de retour dans cette ville le 
8 avril, pour la célébration des fêtes de Pâques*. Le jeune 
Grimoald était toujours gardé auprès de lui et le suivit 
jusqu'à Aix ®, mais sa sœur avait été remise en liberté '^. 

La situation établie par le traité de 787 ne devait pas 
tarder à se modifier. Le 26 août 787 ®, Arichis mourait à 
Salerne. De ses trois fils l'un, Gisolf, devait être mort 
depuis un certain temps, car il n'est jamais question de lui 
dans le récit des négociations et des difficultés auxquelles 
donna lieu la succession qui venait de s'ouvrir ». Romuald 
avait précédé d'un mois son père dans la tombe *^. Grimoald 

1. Il ressort des lettres d'Hadrien I (Codex CarolinuSy n* 83) que dès le 
début de Tannée 788 celui-ci avait été mis en possession de Capoue. 

2. C'e^ la date du diplôme cité à la note suivante. 

3. Ughelli, Italia Sacra, t. VIII, p. 49 ; Bôhmer-Mûhlbachcr, RegesUn^ 
n» 274. 

4. Chron, Vulturmnse, p. 366 ; Bôhmer-Mûhlbacher, n" 275. 

5. Afin, regni Francorum, loc, cit. Ann, LaureshamenseSj SS», I, p. 33. 
Ann. Jumvemes, SS., 1. 1, p. 88. Il y était. peut-être dès le 28 mars (Bôh- 
mer-Mûhlbacher, n" 276). 

6. Erchempért, Hist. Long, y c. 2. 

7. Erchempert, ibid, 

8. Ann. Laureshamenses. Mon. Germ., SS., t. I,p. 33; Ann. Einhardi^ 
a. 788, p. 175 ; Ann. Allahenses, SS., t. XX, p. 783. La date de jour est don- 
née par les Ann. Beneventani II, SS., t. III, p. 178, et par le Chron. Saler- 
nitanum, c. 17, p. 481. 

9. Son existence n'est d'ailleurs connue que par le Chron. Salemita- 
num, c. 2. 

10. Ann, Laureshamenses, loc. cit. ; Codex Carolinus, n* 83. La date de 
jour est donnée à la suite de son épitaphe, Poet. lat, med. aev,, t. I, 

iil'il2. 



PRINGIPAUTés LOMBARDES 86l 

restait donc le seul héritier du duché. Or, les derniers mois de 
la vie de son père semblent avoir été marqués par une 
tentative faite par ce dernier de violer le serment de 
fidélité qu'il venait d'être contraint de prêter. Les ren- 
seignements que nous possédons à ce sujet ne sont 
malheureusement fournis que par les lettres d'Hadrien 1*% 
c'est-à-dire par une source suspecte. Cependant il semble 
bien qu'il y ait dans ses affirmations une part do vérité. En 
particulier, étant donnée la présence, en Italie et dans le du- 
ché de Bénévent, de missi francs, il paraît douteux qu'Ha- 
drien ait pu essayer de tromper Charles au sujet de certains 
faits sur lesquels ses agents devaient être eux-mêmes ren- 
seignés. Une lettre de ces missi francs à leur souverain, qui 
s'est heureusement conservée *, permet même de contrôler 
une partie des récits du souverain pontife. 

Hadrien prétend avoir appris d'un prêtre de Capoue, 
nommé Grégoire, qu'après le retour de Charles en Gaule 
Arichis avait pris l'initiative et proposé au basileus une 
alliance contre l'ennemi commun. Il promettait de recon- 
naître l'autorité de Constantinople, offrant en signe de 
soumission de se raser et de se vêtir à la mode grecque *. 
Il demandait en échange qu'on lui donnât le duché de 
Naples avec le titre de patrice, et qu'on lui envoyât son beau- 
frère Adelchis accompagné d'une armée de secours. L'em- 
pereur accepta ces propositions, et dans le courant de 
l'année 788' envoya en Italie le stratège de Sicile, Théodore *, 

1. Codex Carolinus, éd. Gundlach, Âppend. n* 2. 

2. Codex Carolinus, n* 83 : « Arichis dux suus aput împeratorem, Deo 
sibi contrario emistt missos petens auxilium et honorcm patriciatus... 
promittens ei tam in tonsura quam in vestibus usu Grecorum perfrui sub 
eiusdem impcratoris dicione. » 

3. 11 semble d'après le récit du pape que les olfîciers impériaux, lors de 
leur départ de Constantinople aient ignoré non seulement la mort d'Ari- 
chis, mais encore celle de Romuald, survenue le 21 juillet, puisqu'ils 
demandaient son envoi comme otage à Byzance. 

4. Codfx Carolinus, n^ 83, qui ne donne pas le nom du gouverneur de 
la Sicile ; celui-ci est fourni par \ea Annales Einhardi, p. 83, et par Théophane* 

Hoyen Âge, U XIX 



262 R. POUPARDIN 

accompagné de deux spathaireS; porteurs de riches présents 
destinés au prince et parmi lesquels on remarquait de 
somptueux vêtements à la mode grecque *. Selon Hadrien , 
le basileus aurait consenti à donner à Arichis le titre de 
patrice^ mais, en ce qui concerne Adelchis, il se serait borné 
à promettre de faire débarquer ce dernier avec une armée 
dans Texarchat ^. Il est très possible que tel ait été en effet le 
plan du souverain byzantin^ et l'on s'explique fort bien les 
raisons qui pouvaient le déterminer à agir ainsi. Avec 
Adelchis au nord et Arichis au midi, Constantin pouvait 
espérer soulever à la fois des deux côtés l'élément lombard. 
En même temps il pouvait ainsi surveiller plus facilement 
ses deux alliés et les empêcher de s'attribuer une trop 
grosse part dans les bénéfices de la victoire commune. 

Mais lorsque les ambassadeurs de Constantin arrivèrent 
Italie, la situation était quelque peu modifiée. Arichis était 
mort ; il n'y avait plus à Bénévent aucun prince de sa 
famille, et des missi francs se trouvaient dans le duché. 

Quelque temps auparavant en effet Charles ayait envoyé 
à Rome le diacre Alton ^ et « Thostiaire » Goteran, bientôt 
suivis* par Maginaire, abbé de Saint-Denis ^ et par le diacre 

1. Codex Carolinui, ibid. : « Ferentes secum vestes auro textas simul 
et spatam vet pectine et forcipes pstricium eum coostiluendi. » 

2. Codex CarolinuSy ibid. 

3. Celui-ci avait été déjà chargé quelque» années auparavant d'une 
mission auprès du pape {Codex CarolifiuSf n** 65) Goteran est inconnu 
d'ailleurs. 

4. Abbé de Saint-Denis depuis 784. Avant cette date déjà il avait rem- 
pli les fonctions de missus chargé de régler la question des patrimoines 
de Sabine (Codex Carolinus, n*' 69-72). Sur son rôle de chapelain, ctf. Abel 
et Simson, Karl der Grosse, t. II, p. 543. Ses deux compagnons sont 
inconnus. 

Les détails sur cette ambassade sont fournis par trois lettres conser- 
vées dans le Codex Carolinus, et qui portent dans l'édition des Mon, 
Germ. histor. in-4<», due à M. Gundlach, les n<>' 80, 83 et 84. Je considère 
comme la plus ancienne cgIIc à laquelle l'éditeur a attribué le n<»83 
(n* LXXXVIII du manuscrit, 8(> de l'édition Jaflé ; Jaflé, Regesta pontifi- 
cum, D^ 2463 : a Nectareos suavissimos »).. Elle a été écrite après le 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 263 

Joseph. Un certain comte Liuderic dut également les 
rejoindre un peu plus tard. Ces personnages paraissent 
avoir eu pour mision de régler la question de la remise, 
entre les mains des agents pontificaux, des patrimoines 
Bénéventains. Ils devaient également examiner, de concert 
avec le pape, la situation qui résultait pour la principauté 
de la mort d'Arichis et s'entendre avec lui sur les mesures à 
prendre à ce sujet. Le pape leur conseilla de se rendre 
tous ensemble dans le pays lombard, et d'éviter de se 
séparer, sans doute pour donner plus d'autorité aux déci- 
sions qu'ils prendraient en commun*. Cependant Atton et 



22 janvier 788, date de l'entrevue qui eut lieu à Salerne entre Adelperga 
et les envoyés grecs. Mais elle ne doit pas être très postérieure à cet 
événement, puisque le pape y félicite encore Charles au sujet de la vic- 
toire remportée par lui sur les Bavarois, le 30 octobre 787, victoire dont 
Maginaire et les autres missi francs avaient peut-être apporté la nou- 
velle en Italie. A cette date les Bénéventains, par Tintermédiaire d'Atton, 
avaient déjà prié Charles de leur renvoyer Grimoald, et, d'après Hadrien, 
n'attendaient que son retour pour se soumettre à l'empereur grec. 

La lettre 80 (n' XC du manuscrit, 84 de l'édition JalTé, n* 2460 des 
Regesta : « Venientes ad nos ») paraît postérieure à la précédente. Le retour 
de Grimoald y est présenté comme une chose décidée, bien que le pape 
espère encore arrêter le jeune prince sur la route de Bénévent. D'autre 
part c'est la première fois qu'il est question de la présence eficctive 
d'Adelchis en Italie. Dans la lettre précédente il n'est question que de 
son envoi possible dans l'exarchat, qui préoccupe Hadrien. Il eut donc 
averti Charles, si cette éventualité s'était déjà trouvée réalisée. Ce fut 
peut-être la nouvelle de la mort d'Arichis, transmise à Constantinople 
par le préfet de Sicile, qui déterminale basileus à changer son plan primi- 
tif et à envoyer Adelchis dans l'Italie méridionale au lieu de le faire 
débarquer à Ravenne. 

D'autre part, dans le n" 84 de Gundlach (n° LXXXIV du manuscrit ; 
87 de l'édition Jaflé, n*246^ des Regesta : « Nectareos nimisque »), il est 
question de deux lettres d'Hadrien transmises au roi des Francs, l'une 
par le comte Arvin, l'autre par les missi, Roron et Betton. La première 
dont il est aussi question dans le n" 80, doit être le 83 de Gundlach. Le 
n" 84 doit être postérieur au retour de Grimoald à Capoue, puisqu'il y est 
fait mention de son passage à Capoue avec les missi francs chargés de le 
ramener dans sa capitale. 

1. Codex Carolinus, n* 82. 



264 R. POUPARDIN 

Goteran partirent les premiers, promettant d'attendre à 
Valvadans le duché de Spolète, l'arrivée de leurs collègues 
qui devaient les rejoindre sitôt que Liuderic se serait 
réuni à la mission. Ils ne tinrent pas d'ailleurs leur pro- 
messe, et malgré les rapports défavorables qui leur 
avaient été faits sur l'état d'esprit des anciens sujets 
d'Arichis, ils partirent pour Bénévent, quatre jours avant 
l'arrivée à Valva de Maginaire et de ses deux compagnons. 
Maginaire, Liuderic et Joseph tentèrent alors de retrouver 
à Bénévent ceux qui les précédaient. Là encore ils 
arrivèrent un jour en retard. Atton et Goteran venaient 
de partir pour Salerne, dans l'intention d'y conférer avec 
Adelperga, qui y résidait alors. Les gens de Bénévent 
pressaient Maginaire d'aller les y rejoindre, mais l'abbé et 
ses deux compagnons se méfiaient. Ils voyaient les 
Lombards très mal disposés, et avaient eu vent que l'on 
complotait de les retenir tous les cinq comme otages à 
Salerne, pour obtenir la restitution des villes livrées au 
pape, et surtout le retour do Grimoald dans son duché*. 
A en croire Hadrien on aurait même formé le projet de les 
faire assassiner « par erreur », par des gens de Naples et 
d'Amalfi^. Mais le récit assez romanesque fait par le pape 
est sujet à caution et jusqu'à un certain point en contradic- 
tion ^ avec le rapport adressé par Maginaire à Charle- 



1. Codex CarolinuSy ibUl, et append. n° 2. 

2. Codex Carolinus^ n' 83. « Talcin consilium Benoventani cum Ncapoli- 
tanis et Sorrentinis atque Amalfitanis habucrunt ut foris civitate Saler- 
nitana juxta mare vestros missos applicare lacèrent et noctc repentino 
cursu super eos ruentes Bcneventani pariter cum Neapolitanis, illos inter- 
ficerent, et postmoduni proferre quia Neapolitani quasi super ipsos Bene- 
ventanos venientes, cxistimentes sese Beneventanos, clam cos occide- 
rent. » 

3. C'est ainsi que Maginaire ne dit pas un mot de ce projet, alors que 
le pape aflirme qu'il en était informé et que ce fut la cause de son 
départ. Maginaire s'attendait, s'il allait à Salerne, à être non pas assas- 
sJné, mais à être retenu comme otage. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 265 

magne. Quoi qu'il en soit, Tabbé de Saint-Denis préféra ne 
pas partir. Il feignit une maladie et demanda qu'on 
renvoyât auprès de lui Atton et Goteran, en leur adjoignant 
quatorze nobles lombards avec lesquels les missi pour- 
raient avoir une conférence. On refusa d'accueillir sa 
demande. Non seulement Adelperga et ses conseillers ne 
lui envoyèrent personne avec qui il pût négocier, mais 
encore on ne laissa revenir auprès de lui que Goteran. 
De plus en plus effrayés les ambassadeurs francs partirent 
en cachette, un matin au petit jour, et coururent se réfugier 
dans le duché de Spolète en attendant les événements, c'est- 
à-dire sans doute l'arrivée de l'armée franque qui devait 
écraser les rebelles*. Atton cependant, saisi lui aussi de 
terreur, s'était réfugié dans l'une des églises de Salerne et 
s'attendait à être massacré. Mais il ne semble pas que les 
Bénéventains aient été alors décidés à se mettre en état de 
révolte ouverte. La présence d' Atton empêcha même 
Adelperga de recevoir les ambassadeurs grecs 2, et les 
témoignages de respect que Ton prodiguait au missus de 
Charles le décidèrent à sortir de son refuge 3. Les gens de 
Bénévent allèrent jusqu'à lui persuader d'être leur repré- 
sentant auprès de Charles et de solliciter en leur nom le 
retour de Grimoald *. 

Le départ d' Atton doit se placer vers le milieu de janvier, 
car il était à peine parti lorsqu' Adelperga consentit à 
recevoir les envoyés de Constantin. Le 20 janvier, Théodore 
et ses deux spathaires arrivaient à leur tour à Salerne et y 
conféraient avec la princesse. L'entrevue dura trois jours, 
après lesquels les envoyés rentrèrent dans les Etats 



1. Codex Carolinus, n* 82 : « Introierunt in fmibus ducati Spoletini in 
prelato oppido Valvae. » 

2. Codex Carolinus, n* 83. 

3. Codex Carolinuê, n° 82. Selon le pape les Bénéventains auraient 
même protesté de leur fidélité à Charles. 

4. Codex Carolinus, n* 83, p. 618. 



R. POUPARDIN 

impériaux, à Naples, où ils furent reçus en grande pompée 
Selon Hadrien, ces trois jours auraient été employés à 
tramer contre Charles les plus noirs desseins et à com- 
biner les préparatifs d'une action générale, fixée à Télé 
prochain, c'est-à-dire à la saison dans laquelle le climat 
doublait pour les Francs les difficultés de la campagne*. 
Il nous semble assez douteux que les choses aient été 
si loin, du côté des Bénéventains du moins. Ce qui 
parait avoir surtout préoccupé ceux-ci, c'est la question 
du retour de Grimoald^. Du moment où ils avaient à leur 
tête leur prince national et jouissaient avec lui du maxi- 
mum d'indépendance possible, il devait leur être assez 
indifférent d'être nominalement sujets d'Aix-la-Chapelle ou 
de Constantinople. D'ailleurs il est certain que Théodore 
ne dut pas obtenir d'Adelperga de promesses bien fermes 
ni le renouvellement du traité conclu avec Arichis, puis- 
qu'au rapport d'Hadrien lui-même les ambassadeurs grecs 
durent écrire à l'empereur pour l'informer du changement 
survenu dans la situation et lui demander de nouvelles 
instructions*. En attendant ils demeuraient à Naples, 
auprès de l'évêque Etienne, s'occupant de préparer avec 
lui un plan de campagne. En somme on semble avoir, 
à Salerne, fait comprendre à Théodore que la première 

1. Codex Carolinus, n" 82 et 83. 

2. Codex Carolinus, n" 82 : « Quia ut arbitramur ipsi Bencventani 
istius temporis verni transire mitigant, ut estivo tempore vobis in 
perjurii reatus incurrant. » 

3. Codex Carolinus, n"* 83 : « Suadentes ipsi Beneventani predictos 
missos Grecorum dicentes : quia nos aput regem Carolum emisiinus 
missos nostros, petentes ab eo Grimaldum ducem nostrum. recipiendi. 
Insuper et per Attonein diaconum ipso nobis poUicente, rogum emisimus 
ut penitus eum ducem consequenter susceperemus. Sed propter hoc 
morari vos Neapolim convcnitdum usque ipso Grimualdo recipere posçi- 
mus ducem. » 

4. Codex Carolinus, n° 83 : « Mitlenles ipsi Greci aput imperatorcm de 
obitu Arigisi iiliique eius denunciantes, et ab eo expectant consilium, 
qujd agere debeant. » 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 267 

préoccupation devait être le retour de Grimoald, et que 
celui-ci une fois rétabli on aviserait à ce qu'il y aurait à 
faire. 

Mais le pape s'opposait de tout son pouvoir à ce que la 
demande transmise par Atton obtint satisfaction. Il avait 
confié au comte Arvin, envoyé auparavant par Charles en 
Italie, une première lettre en ce sens*. A Ten croire 
le retour de Grimoald à Bénévent devait assurer le 
succès des ennemis de Charles et des ennemis de l'Eglise 2. 
Mais il ne faut pas oublier qu'en même temps que la mise 
en liberté de Grimoald, Atton avait dû demander la resti- 
tution des villes livrées au pape, c'est-à-dire surtout de 
Capoue et de son territoire. Hadrien, du reste, donne très 
nettement à entendre à Charles que, pour cette question 
de Bénévent, il faut choisir entre le fils d'Arichis, c'est-à-dire 
un ennemi, et le pape, c'est-à-dire le plus fidèle allié du 
roi franc 3. 

Ces représentations d'ailleurs ne semblent pas avoir eu 
grand effet sur l'esprit de Charles, car, peu de temps sans 
doute après le retour d'Atton il renvoyait Grimoald. 
Deux missi francs, Betton et Roron*, vinrent annoncer à 
Hadrien cette nouvelle. Le pape se hâta de récrire pour 
tâcher d'empêcher le retour du jeune prince dans ses 
Etats, pendant qu'il en était temps encore 5. Il annonçait 
en môme temps qu'Adelchis avait débarqué en Italie, 



1. Codex Carolinus, n" 84 et 80. 

2. Codex Carolinus, ibid, : «Nulluin alium nisi propter inimicorum ves- 
trorura atque nostrorum machinationis insidias, sed veriim etiam, sicut 
vcstra promis! t nobis regalis excellentia, pro exaltatione atque defen- 
sionc sanctae Dei ecclesiœ et de vestro nostroque profcctu nuDquam 
voiuimus ut Grimualdus Arichis Beneventano remeasset. » 

3. Codex Caroliniu, ibid, : (c Ne melioreiii faciatis Grimualdum filium 
Arigisi quam fautori vestro beato Petro Clavigero regni celorum... » 

4. Codex Carolinus, n* 80. 

5. Ibid. : « Quia, si ipsum Grimualdum in Benevento miseritis Italiam 
sine conturbatione haberc minime potestis. » 



268 R. POUPARDIN 

qu'Adelperga n'attendait que l'arrivée de Grimoald pour 
aller rejoindre le fils de Didier à Tarente, y retrouver aussi 
des trésors prudemment mis à Fabri et commencer la 
guerre. Le seul remède était de prendre les devants et 
d'envoyer en Italie une armée franque dès le début du 
printemps, si l'on ne voulait pas être obligé de combattre 
dans une saison peu favorable. 

Grimoald arriva cependant peu après à Bénévent, 
accompagné de missi francs*. Charlemagne, avant de le 
laisser partir, lui avait fait prêter un serment de fidélité et 
semble avoir exigé de lui une soumission plus étroite 
encore que celle de son père 2. Les Lombards devaient, 
comme marque extérieure de cette soumission, se faire 
raser le menton à la mode franque 3. Grimoald d'autre 
part s'engageait à faire figurer le nom de Charles sur ses 
monnaies et en tête de ses actes. D'après le Chromcon 
Salernitanum^ il aurait dû promettre aussi de prendre les 
conseils de deux nobles lombards dévoués à Charles, 



1. Codex CarolinuSy n° 84. Il ne semble pas que ces missi doivent être 
identifiés avec ceux que mentionne la même lettre et qui s'étaient rendus 
dans le pays de Bénéventen compagnie de deux ducs romains, Cresccntius 
et Hadrien, pour demander la livraison des autres villes faisant partie du 
patrimoine de Saint-Pierre. 

2. a Et Grimoaldum per terribile sacramentum constituit ducem super 
Beneventum. » (Ann, Maximiniani ; Mon, Germ., SS, t. XIll, p. 21). Cf. 
Erchempert, Hisf. Long., c. 4. 

3. Erchempert, ibid,, c. 4. Les Lombards paraissent avoir attaché une 
certaine importance à ce détail. Lorsque les gens de Spolète se soumirent 
àHadrien 1, ils se firent également raser, more iîomanorwm {VitaHadriani, 
c. 32, dans le Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. I, p. 495). Les Lom- 
bards, dans une guerre précédente, avaient tondu des prisonniers 
romains, more Langobardorum {Liber pontificalis, t. 1, p. 420). Ari- 
chis promet de se vêtir et de se raser à la mode grecque (cf. supra). 
— D'ailleurs les princes lombards sont représentés barbus sur les 
monnaies, sur certains sceaux, sur les miniatures du xi" et du xir siècle. 
Grimoald lui-même paraît représenté barbu sur les monnaies reproduites 
par Borgia, même sur celles portant le nom de Carolus. 

4. Chron, Salemiianum^ c. 25, p. 484. 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 269 

Authari et Paulipert, et de se conformer à leur avis^ Enfin, 
toujours d'après le même texte, il s'était engagé à faire 
raser les murailles de sa place forte de Salerne et celles 
de Conza* et d'Acerenza^. Mais si cette condition a été 
posée, elle n'a jamais été remplie, tandis que les actes de 
Grimoald ont été précédés au moins durant quelque temps 
d'une formule de date parmi les éléments de laquelle figure 
l'indication du règne de Charles *. D'autre part on trouve 
le monogramme Carolus sur des deniers d'argent portant 
sur l'autre face le nom de Grimoald ^ ou l'image de ce 
prince ^. 

La rentrée de Grimoald à Bénévent et sa soumission à 
Charles n'empêchèrent pas Adelchis et les Grecs d'entamer 
les hostilités. Les troupes alliées, commandées par le 
sacellaire et logothète Jean et par Théodore, patrice et 
stratège de Sicile '^, pénétrèrent dans les territoires 
lombards®. Mais soit que Grimoald fût réellement fidèle 
à la parole donnée, soit qu'il jugeât au point de vue de son 
indépendance les Byzantins plus dangereux que les Francs, 
sa conduite ne justifia pas les craintes manifestées par 
Hadrien. Il marcha à la rencontre des Grecs avec le duc do 
Spolète, Hildeprand, et une petite troupe de Francs que 

1. Abel et Simson, Karl der Grosse, t. II, p. 629, supposent qu'il s'agit 
de deux des Lombards précédemment emmenés en otages avec Grimoald. 

2. Conza, prov. d'Avellino, circond. de S. Angelo. 

3. Acerenza, prov. et circond. de Potenza. 

4. Chron. de Sainte-Sophie ; Ughelli, Italia Sacra, t X^ col. 466. 
o. Engel et Serrure, Numismatique du Moyen-Age, t. I, p. 288-289. 

6. Borgia, Memorie di Benevento, t. I, p. 50. Le Musée de Naples pos- 
sède également des monnaies portant au droit le nom de Grimoald et le 
titre denux, au revers les mots doms. car. rx. 

7. Sur l'envoi de ces personnages, et sur l'erreur commise par les édi- 
teurs du Codex Carolinus quant à la date des lettres qui en font mention, 
cf. J. Gay, LEtat pontifical.,, sur le littoral campanien, p. 500-501. 

8. L'épitaphe de Grimoald (Poet. lat., t. I, p. 430) semble bien indiquer 
que les Grecs avaient pénétré dans les Etats de celui-ci : 

« Cum Danahis bcllum fclici sorte peregit 
Finibus et pellit belliger ipse suis. » 



270 R. POUPARDIN 

conduisait le viissus Guinichis, placé là plutôt pour 
surveiller des alliés suspects que pour leur prêter un con- 
cours efficace. Une bataille fut livrée sur les confins des Etats 
grecs et lombards. Les Byzantins furent complètement 
défaits. Ils perdirent beaucoup de monde sur le champ de 
bataille et laissèrent entre les mains des vainqueurs un 
riche butin et de nombreux prisonniers parmi lesquels 
le sacellaire Jean, qui fut mis à mort (novembre 788) *. 

Cette fidélité de Grimoald ne devait pas d'ailleurs être de 
longue durée. Peu après sans doute, il cessa de faire figurer 
dans ses actes ^ et sur ses monnaies ^ le nom de Char- 
lemagne, et se rapprocha de ses anciens adversaires, en 
épousant une princesse grecque du nom de Wantia*, et 
dont nous ignorons l'origine. 

A partir de cette époque le peu que nous connaissons de 
rhistoiro de Grimoald se réduit au récit d'une série 
d'expéditions dirigées contre lui par le jeune roi d'Italie, 
Pépin, agissant au nom de Charlemagne auquel Grimoald 
refusait l'obéissance promise en 787^. Une première cam- 



1. Annales regni Fvancorum, p. 82; Annales Einhardi, p. 83; Chron. 
Moisstacense, Mon. Germ., SS.y t. I, p. 298; Ann. Maximiniani, tWd., 
t. Xlïl, p. 22 ; Ann. Silhiense, ibid. p. 36, Théophane, C/ironoflfrap/iia, t. I, 
p. 718. Le lieu de la bataille est incertain. Les Ann, Einhardi la placent 
en Calabre; Hirsch, Papst Hadrian I und Herzogthum Benevent, dans les 
Forsch, zur deutschen Geschichte, t. XIIÏ, p. 67, admet que les Byzantins, 
après avoir pénétré sur le territoire de la principauté de Bénévent, 
avaient reculé devant l'armée franco-lombarde. Quant à sa date, les 
Annales franques la placent en automne. Théophane la rattache à des 
événements du mois de novembre de l'indiction XIÎ, ce qui correspon- 
drait au mois de novembre 788. 

2. Il en était ainsi dès le mois de novembre 789; Gattola, Accessiones, 
ad histor. abbaliœ CasinensiSy p. 17. 

3. Le nom de Cliarles lait place, au revers des monnaies, à la légende 

VICTORU PRINCIP. 

4. Erchempert, Hist. Long., c. 5. 

5. Erchempert, Hisi. Long., c. 6 : « Unde factum est ut Pipino régnante 
in Ticino et Grimoaldo présidente in Bcnevento, frequentissimum bellum 
vexaret Benevenianos, » 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 271 

pagne eut lieu en 791 *. L'année suivante Louis quitta son 
gouvernement d'Aquitaine et passa le Mont-Cenis pour 
venir joindre ses forces à celles de son frère. Dans le 
courant de l'hiver il pénétra avec lui dans le duché de 
Bénévent*. Mais la saison était mauvaise. Une terrible 
disette arrêta les progrès de l'armée, et Louis dut au 
printemps de 793 revenir auprès de son père sans être 
arrivé à aucun résultat 3. En 800, lorsque Charlemagne se 
rendit à Rome pour y recevoir la consécration impériale, 
il confia à Pépin le commandement d'une nouvelle expé- 
dition qui ne réussit pas mieux que les précédentes. Le 
climat fut une fois de plus funeste aux guerriers francs, et 
beaucoup d'entre eux succombèrent, parmi lesquels le 
camérier Mainfroi *. 

La campagne de l'année suivante fut un peu plus heu- 
reuse pour Pépin. Charles s'était rendu lui-même dans le 
duché de Spolète^, peut-être pour y diriger les débuts de 
l'expédition. Chieti tomba entre les mains des Francs, 

1. Ann. Guelferhytanif a. 791, Mon. Germ,^ SS», t. I, p. 45. 

2. Vila Hludovici, c. 6; Ann. Guelferbytani, loc, cit,, a. 792; Ann. Lau- 
reshamenses, a. 793, Mon. Gtrm., SS., t. I, p. 350. Cf. Simson, Ludwig der 
Fromme, 1. 1, p. 369-370. 

3. Ann. Laureshamenses, loc. cit. C'est à tort que la Vita Hludovici 
transforme cet échec en campagne victorieuse : « Cuncta obvia popu- 
lantur, Castro uno potiuntur. Hieme autem transacta una ad patrem 
prospère regrediuntur. » C'est sans doute à l'une de ces campagnes qu'il 
faut rapporter le souvenir d'une surprise de nuit du camp franc par 
Grimoald le Sloresays, dont le récit a été conservé par le Chronicon 
Salernitanum, c. 38, p. 489, bien que l'histoire du chef se déguisant en 
mendiant offre tous les caractères d'une anecdote légendaire. 

4. Ann. regni Francorum, a. 800, p. 110 : « Ordinata in Beneventanos 
expeditione, post septem dierum inducias Romam iter convertit et exer- 
citumcumPipinofilio suo in Beneventanorum terras predare irejussit »; 
Ann. Einhardi, p. 111 ; Ann. Guelferbytani, p. 45. Cf. Alcuin, lettre 211, 
p. 351. — L'expédition doit se placer dans le courant de l'hiver, car Char- 
lemagne en organisa le départ alors que lui-même se trouvait à Ravenne, 
c'est-à-dire au mois d'octobre ou de novembre (Bôhmer-Mùhlbacher, 
Reg., p. 146). 

5 Au mois d'avril (Bôhmer-Mûhlbacher, Reg., n" 363 c). 



272 R. POUPARDIN 

qui pillèrent la ville et Tincendièrent. Le comte lombard 
qui commandait la garnison^ nommé Roselm^ fut fait 
prisonnier et envoyé à l'empereur qui le condamna à Texil. 
Une nouvelle épidémie arrêta encore Tarmée franque *. 
Néanmoins, en 802 2, elle remporta encore quelque succès 
sur ses adversaires. Ortona^ tomba entre ses mains. Lucera 
fut prise d'assaut* et Guinichis, qui depuis quelques 
années avait remplacé Hildeprand comme duc de Spolète*, 
fut installé dans la place avec une garnison franque. Mais, 
la même année, Grimoald rentrait dans la ville et y faisait 
prisonnier le duc Guinichis^. 

Cinq ans plus tard (807), Grimoald III mourait, et c'est 
son « storesays » ou trésorier, nommé comme lui Gri- 
moald '^y fils d'Ermenrich®, que les grands désignèrent pour 
lui succéder. Erchempert fait l'éloge du nouveau prince et 

1. Ann, regni Francorum, p. 114; Ànn, Blandinimses, Mon, Germ,, 
SS. t. V, p. 22-23; Ànn. Sithienses, ibid,, t. XIII, p. 37 ; Erchempert, Hist, 
Long,, c. 6. — Pépin était au mois d'août do retour à Spolète (// regesto di 
Farfa, n*^ 134). C'est depuis cette époque que la ville de Chieti cessa de 
dépendre de la principauté lombarde de Bénévent pour être rattachée au 
duché Iranc de Spolète. 

2. Les Ann, regni Francorum mentionnent cette expédition avant le 
récit d'événements qu'elles placent en été. Il est possible cependant 
qu'elle soit postérieure au mois d'août ; car on voit à cette date deux 
frères Probatus et Piccon, habitant le duché de Spolète, prendre leurs 
dispositions au moment de se mettre en campagne (Il regesto di Farfa, 
n» 157). 

3. Ortona, prov. de Chieti, circond. de Lanciano. 

4. Prov. et circond. de Foggia. — Erchempert, Hist, Long,, c. 6, parle 
de Nocera, mais toutes les autres sources ont le nom de Lucera et ce der- 
nier s'explique mieux car l'armée franque, partie du duché de Spolète, 
devait pénétrer dans la partie orientale de la principauté lombarde. 

5. Fatteschi, / duchi di Spolelo, p. 55. Cf. H regesto di Farfa, n' 154. 

6. Annales Einhardi, loc. cit,; Ann, Sithimses, Mon, Germ,, SS., t. XIII, 
p. 37; Ann, Maximiniani, ibid., p. 25. Guinichis fut d'ailleurs bientôt 
remis en liberté. 

7. Erchempert, Hist, Long,, c. 7 ; Catal, ducum Longohardorum, SS, 
Rer, Lang,, p. 487-493 ; Ann. Beneventani, Mon. Germ,, SS,, t. III, p. 173. 

8. Le Chron, Salernitanum, c. 38, p. 489, donne le nom d'Ilderic au 
père de Grimoald IV, mais les monnaies de ce dernier portent en légende, 



PRINCIPAUTÉS LOMBARDES 273 

de son humeur pacifique *. Cela ne Tempêcha pas de 
prendre vis-à-vis des souverains francs une attitude hostile 
et de refuser, à ce qu'il semble, le tribut habituel *. En Gaule, 
on Taccusait couramment d'avoir envoyé dans le royaume 
de Charles des émissaires chargés d'empoisonner les 
habitants 3. La guerre recommença entre lui et les Francs, 
ou tout au moins entre lui et le duc de Spolète, mais nous 
ignorons les incidents par lesquels cette lutte fut marquée*. 
En 812, sans doute à la suite de la mission que remplit 
auprès de lui le célèbre Adalhard *, Grimoald IV se décida 
à traiter avec Charlemagne et à promettre de lui payer 
tribut, s'engageant en outre à verser, sans doute comme 
indemnité et équivalent de l'arriéré des tributs jadis 
stipulés, la somme de 25.000 sous d'or ^. A partir de cette 
époque il paraît être demeuré tranquille et, à l'avènement 
de Louis le Pieux, il se décida encore à faire acte de sou- 



au droit, les mots grimoald filius ermenrih (Engel et Serrure, Numis- 
matique du Moyen-Age, t. I, p. 289). 

1. Erchempert, Hist. Long., c. 7. — Pugliese, Arechi, principe di Bene- 
vento, p. 78, suppose que l'avènement de Grimoald IV marque une réac- 
tion hostile à la famille d'Arichis, à laquelle les Bénéventains auraient 
reproché de donner trop d'importance à la cité de Salernc. Mais rien ne 
permet de vérifier cette assertion. 

2. Cf. Ann, Einhardi, a. 812, p. 1.37, où le chiffre très élevé du tribut 
payé en 812 semble bien indiquer qu'il y avait un arriéré. 

3. Agobard, De Tonitruis, c. 16 ; Migne, t. CIV, col. 458. 

4. Le seul texte qui parle avec quelque détail de cette guerre est le 
Chron, Salernitanum, c. 40 et suiv. Mais cette partie présente encore 
plus que toute autre un caractère légendaire, et l'auteur s'y étend surtout 
sur les exploits de Rampon, gastald de Consa. 

5. Paschase Ratbert, Vita Adalhardi, c. 29; SS., t. 11, p. 527 : « Novit 
hoc Spoletum et Beneventum, qui cum hostili gladio se inviccm indesi- 
nenter caederent factum est ut idem beatus illuc usque ob hoc progre- 
diens deveniret et Beneventum, introiret : porro ibi cum esset inler eos tan- 
tam restituit pacem ut usque hodie connexi et confederati... » Cf. Simson, 
Ludxoig der Fromme, t. Il, p. 486, et Krause, (icsch. der « missi domi- 
nici » dans les Mittheilungen des Instituts fur ocsterr. Geschichtsforschung, 
t. XI, p. 263. 

6. Ann, regni Francorum, a. 812, p. 137. 



274 R. POUPARDIN 

mission, en reconnaissant la souveraineté du nouvel 
empereur, et en s'engageant à lui payer un tribut annuel, 
le montant de celui-ci étant fixé à 7.000 sous d'or *. La paix 
pouvait donc sembler assurée, lorsque trois ans plus tard, 
Grimoald périt victime d'une conspiration ayant à sa tète 
Radelchis, comte de Consa, et Sicon, gàstald d'Acerenza*. 

René Poupardin. 



1. Afin, regni Francorum, a. 814, p. 141 ; Thegan, Vita Hludocici, c. 11, 
Mon, Germ,, SS., t. H, p. 593; Vila Hludovich c. 6, ibid,, p. 610. 

2. Erchempert, Hist, Long., c. 8; Gesta episc. Neap., c. 51. Le Chron. 
Salernitanum^c. 48-50, entre dans de grands détails au sujet de cette 
conspiration. Il faut peut-être retenir de ce récit qu'une des familles 
puissantes de Bénévent était hostile à Grimoald. 



COMPTES RENDUS 



Ch. Samaran et G. Mollat. — La Fiscalité pontificale en France 
au XIV^ siècle (période d'Avignon et grand schisme d'Occi- 
dent). — Paris, Fonteraoing, 1905; in-8o, xv-278 p. (Bibliothèque 
des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, fascicule XCVI). 

C'est dans le cours du xiw^ siècle que Tadministration financière 
de la Papauté, la fiscalité pontificale, s'organise et atteint, en 
France, son plein développement. Des documents certains per- 
mettent d'en étudier la composition et d'en expliquer le méca- 
nisme : les registres mêmes des comptes de la Chambre aposto- 
lique conservés aux Archives du Vatican, et aussi la série des 
registres des papes d'Avignon, déjà en partie publiés : telles sont 
les sources auxquelles MM. S. et M. ont plus particulièrement 
puisé ; ils ne pouvaient en choisir de meilleures. La Chambre 
apostolique est constituée par l'ensemble des bureaux où se 
traitent les affaires financières ; à sa tête sont le camérier et le 
trésorier, nommés tous deux par le pape. Le premier avait la 
haute main sur tous les fonctionnaires dépendants de la Cham- 
bre, il rédigeait les instructions reçues du Souverain Pontife et 
vérifiait les comptes. Le second a l'administration matérielle de 
la caisse et du trésor de l'Eglise. Les clercs de la Chambre for- 
maient, avec le camérier et le trésorier, le conseil supérieur de 
la Chambre. 

Les taxes dont s'alimentait le trésor pontifical, étaient, si l'on 
met à part celles qui étaient payées directement par les contri- 
buables au siège de la curie (services communs, droits de chan- 
cellerie, visitatio ad limina^ droit de pallium), celles qui étaient 
levées sur place, d'abord par des envoyés extraordinaires, 
ensuite par des fonctionnaires spéciaux : les collecteurs. Elles 
comprenaient : les décimes, dixième partie du revenu, c'est-à-dire 



276 COMPTES RENDUS 

des fruits restant au béDéficier toutes charges déduites ; les 
annates, ou revenus de la première année d'un bénéfice réservés 
à la Chambre apostolique à la suite d'une nouvelle collation ; les 
procurations, d*abord subside en nature, dû à Tévèque lors 
de ses visites, puis redevance pécuniaire perçue par le collée 
teur substitué à Tévéque ; le droit de dépouille sur la succession 
des personnes ecclésiastiques ; les subsides curitatifs, dons gra- 
cieux demandés au clergé dans les circonstances difficiles ; les 
cens : gros cens, perçus comme prix de la jouissance effective des 
terres dépendant du Saint Siège ; menus cens, offerts pour con- 
server ou obtenir la protection apostolique ; les vacants, fruits 
des bénéfices dont la collation appartient au pape et réservés à ce 
dernier jusqu'à la nomination d'un nouveau titulaire. 

Pour la perception de ces différents droits, la Frahce était divi- 
sée en circonscriptions financières, de nombre et de composition 
fort variables : les collectories, assignées, dès la seconde moitié du 
xiv^ siècle, à un fonctionnaire spécial, le collecteur; nommé parle 
pape ou le camérier pour un temps indéterminé. Le collecteur 
avait lui-même sous ses ordres des sous-collecteurs et d'autres 
employés subalternes. Lorsqu'il avait centralisé l'argent, il se 
présentait devant la Chambre et produisait ses comptes et ses 
registres pour permettre la vérification de ses opérations. Si 
quelque litige était soulevé en matière financière, une cour judi- 
ciaire spéciale, avec un auditeur et un vice-auditeur, était char- 
gée de le trancher. Les sommes perçues étant changées en mon- 
naie ayant cours à Avignon ; le collecteur pouvait soit les apporter 
lui-même ou les faire porter à la cour, soit en disposer suivant 
les ordres de la Chambre, soit enfin les confier à des maisons de 
banque, italiennes pour la plupart. Telle est, dans ses grandes 
lignes, cette administration parfois compliquée ; mais elle ne se 
présente pas, dès le début, aussi nettement organisée. L'histoire de 
son évolution, l'origine et Tapplicalion des réformes soulevaient 
bien des problèmes, et il faut savoir gvé à MM. S. et M. de nous 
en avoir donné un tableau aussi complet et aussi soigneusement 
documenté. 

Aug. COULON. 



MAC KEGHNIE : MAGNA GARTA 277 



W. Sharp Mac Kechnie. — Magna Caria, a commentary on the 
Qreat Charter of King John, with an historical Introduction. 
— Glasgow, Maclehose, 1905 ; in-8% x-607 p. 

L'élégant volume de M. Mac Kechnie est une explication cri- 
tique de la Grande Charte, et un exposé de ses causes et de ses 
conséquences. Il comble une lacune singulière dans la bibliogra- 
phie historique anglaise. Malgré l'extraordinaire célébrité de la 
Grande Charte, aucun commentaire savant n'en avait été publié 
depuis rinsuflTisant Essay de Richard Thomson (1829). Stubbs,dan8 
sa Constitutional History, expose assez brièvement le règne de Jean 
sans Terre, et déclare que, « comme toute Thistoire constitution- 
nelle de l'Angleterre n'est guère plus qu'un commentaire de la 
Grande Charte », il se contentera d'en donner « un bref résumé *. » 
De même l'Histoire de Jean sans Terre, récemment publiée par 
Miss Kate Norgate^, est d'une concision excessive en ce qui regarde 
la crise de 1215 et le grand pacte de Runnymède. 

Et cependant, depuis un quart de siècle, l'érudition anglaise, 
allemande et française a apporté des lumières nouvelles sur la 
plupart des questions qui sont abordées dans la Grande Charte, 
et elle ne peut plus être interprétée, dans le détail, comme elle 
l'était autrefois. D'autre part, on a émis, pendant la même 
période, des idées fort contradictoires sur les causes de la crise, 
sur le caractère du pacte, sur les conceptions et l'état d'esprit qui 
l'ont engendré, sur la portée qu'il a eue dans le développement 
des libertés anglaises. Pour se rendre compte de ces divergences 
extrêmes de l'opinion en ce qui touche l'importance constitution- 
nelle de la Charte, il suffît de comparer l'exposé classique de 
Stubbs, avec quelques ouvrages plus récents et notamment 
un article du juriste Edwards Jenks. Stubbs considère que 
la Grande Charte est l'œuvre de la nation tout entière, qui 
a pris conscience de son unité et de son identité, et s'est 
coalisée contre le roi, pour lui imposer des règles légales et 
un contrôle : « Les barons, s'écrie- t-il sur un ton presque lyrique, 

1. Hist, constitutionnelle de l'Angleterre, édit. française Petit-Dutaillis et 
G. Lefebvre, t. I (pour paraître incessamment), p. 639-640. 

2. John lackland, 1902. 

Jfoi/en Age, t. XIX V^ 



278 COMPTES RENDUS 

n'avaient pas la préoccupation égoïste d'exiger des privilèges pour 
eux seuls... Ils se placent à Tavant-garde dans la lutte contre la 
liberté... ils maintiennent et défendent le droit du peuple entier 
contre eux-mêmes aussi bien que contre leur maître ; par des 
clauses successives, les droits du commun peuple sont garantis 
aussi bien que les droits des nobles. La charte de 1215 est le 
premier grand acte public de la nation depuis le moment où elle 
a pris conscience de sa personnalité propret » Les articles 12 et 
suivants, concernant la levée des écuages et aides et la convocation 
du Magnum Concilium sont considérés par Téminent historien 
comme « résumant l'histoire du Parlement, dans la mesure où on 
peut dire qu'il existe jusqu'ici. » Il les regarde comme «d'intérêt 
constitutionnel, car ils admettent le droit de la nation à consentir 
l'impôt et ils définissent la manière suivant laquelle ce consente- 
ment doit être donné. » Bien que cet article 12 ait disparu dans 
les confirmations subséquentes de la Grande Charte, la nation n'en 
avait pas moins obtenu là « une définition claire, ou relativement 
claire, du droit sur lequel son pouvoir politique futur devait se 
fonder*.» La plupart des historiens anglais exaltent la Grande 
Charte avec la même ferveur, et il est curieux de constater que la 
force sentimentale de ce contrat entre le roi Jean, l'Eglise anglaise 
et les liberi homines du royaume n'est pas encore éteinte. 

Dans un ouvrage, paru en 1894^ où il m'a fallu aborder, au 
moins de biais, l'histoire de l'Angleterre durant les années 1213- 
1215, il me sera permis de rappeler que j'avais tiré de l'étude des 
mêmes sources, et aussi de documents contemporains que Stubbs 
n'avait pas utilisés, des conclusions bien différentes. J'écrivais : 
« Les barons ne se doutaient pas qu'on les appellerait un jour les 
fondateurs des libertés anglaises. Le patriotisme des historiens 
d'outre-Manche a singulièrement dénaturé le caractère de cette 
crise : ils exaltent la noble simplicité diwec laquelle le peuple soute- 
nait ses droits. Mais les auteurs de la Grande Charte n'avaient 
point de théories ni d'idées générales. Ils étaient guidés par une 
foule de petits motifs très pratiques quand ils imposèrent à Jean 
sans Terre cet acte de garantie ^. » En Angleterre, la réaction contre 

i. Edition française, J, p. 638-639, G&8. 
2. Ibidem, p. 641-642. 
«y. Bludesur la vie et le règne de Louis Yllt, p. î)7-58. 



MAC KECHNIE : MAGNA CARTA 279 

la théorie orthodoxe soutenue par Stubbs est visible dès 1895 dans 
la Hisiory of English /air, de Pollock et Maitland *, plus tard dans 
le John Lackland de Miss Kate Norgate. Enfin M. Edw. Jenks a 
délibérément essayé de renverser l'idole, dans un article au titre 
irrévérencieux : Le Mythe de la Grande Charte^ Il y déclare que le 
mouvement de 1215 est une tentative de réaction féodale, une 
œuvre' d'égoïsme baronial. 

Le ton de l'ouvrage de M. Mac Kechnie n est ni Tim pertinence 
« iconoclaste », ni Tenthousiasme. C'est une œuvre de critique 
impartiale et pondérée. L'auteur, qui a écrit naguères un livre 
remarqué sur VEtat et Vlndividu^ a le goût des idées générales, 
cherche volontiers les sources profondes des phénomènes, et si 
son développement est parfois plus abondant qu'il ne serait néces- 
saire, il n'est jamais ennuyeux. Ses conclusions sur les origines et 
la portée de ia Grande Charte sont intéressantes et presque toutes 
s'imposent. Si on peut lui reprocher de n'avoir pas toujours serré 
d'assez près la vérité de détail, dans l'exposé des méfaits gouver- 
nementaux de Jean sans Terre, il a du moins dépeint d'une touche 
large et juste les causes lointaines et générales du mouvement, 
et il en a établi, pour ainsi parler, la psychologie, avec une pré- 
cision et une sincérité qu'on ne pourra sans doute point dépasser. 
Il montre très bien que la Grande Charte est le fruit, non pas d'une 
véritable union nationale, mais d'une coalition toute temporaire 
entre les classes supérieures delà société ; que la masse des vilains, 
c'est-à-dire les trois quarts du peuple anglais, y est presque totale- 
ment oubliée; que les villes, malgré l'importance de leur concours, 
n'ont obtenu que de vagues et maigres concessions, et que l'Eglise 
et le Baronnage se sont fait la part du lion. Sur certains points, les 
barons ont accepté etsanctionnélesinnovationsjuridiquessigraves 
du règne d'Henri II ; sur d'autres, ils ont exigé, en faveur de la 
justice féodale, des mesures rétrogrades. Enfin, et c'est un point sur 
lequel M. Mac Kechnie fait définitivement la lumière, ils n'ont eu 
aucune idée du régime parlementaire, et, s'ils ont obtenu, dans 
une clause célèbre mais d'ailleurs éphémère, que les aides et les 
écuages fussent consentis par le Magnum Concitium, ils n'ont 

1. 1" édition, 1895. - 2- édit., 1898. 

2. The Myth of Magna Caria, dans : Indépendant Review, novembre 1904. 



!iS80 COMPTES RENDUS 

demandé aucune garantie contre les divers autres impôts 
extraordinaires qui frappaient l'ensemble de la nation. 

L'ouvrage de M. Mac Kechnie se compose de trois parties : une 
introduction historique, suivie d'une étude des manuscrits et des 
éditions, — un commentaire de la Grande Charte, article par article, 
— enfin un appendice contenant la réimpression d'un certain 
nombre de documents connexes, et une bibliographie. 

Le commentaire est certainement la partie la plus utile. Les 
historiens goûteront la précision avec laquelle sont expliquées les 
clauses juridiques, et seront reconnaissants à Fauteur de quelques 
pages très commodes à consulter, sur les institutions féodales et 
administratives de répoque. M. Mac Kechnie est généralement très 
bien au courant del'étatde la science surchaquequestion. Il néglige 
cependant les travaux étrangers, et nous aurons d'autres occa- 
sions de le remarquer. La lecture de YHistoire des ducs de Nor- 
mandie et des rois d'Angleterre, qui a été publiée par F. Michel 
dès 1840, et que nous croyons avoir été le premier* à utiliser pour 
l'histoire du règne de JeaU; lui aurait fourni un commentaire inté- 
ressant de l'article 61, relatif aux vingt-cinq barons, et il aurait 
expliqué autrement le mot a utlagetur », dans \a clause 39, s'il 
avait connu le mémoire d'André Réville sur VAbjuratio regni^. 

De même Tinlroduction historique contient des tableaux d'en- 
semble, très nettement tracés, du système féodal en Angleterre, 
des différentes tenures, de la question controversée du service 
militaire et de l'écuage, des différentes justices, de la procédure, 
etc. mais la documentation et la recherche bibliographique ont 
été vraiment insuffisantes. M. Mac Kechnie na point fait les 
dépouillements d'archives qui étaient nécessaires. 11 lui aurait 
fallu tout au moins étudier les Rôles de la Pipe du temps de Jean 
sans Terre, qu'il se contente de citer, très rarement d'ailleurs, 
d'après les extraits faits jadis par Madox. Il aurait sûrement trouvé, 
dans cette précieuse série, des informations neuves sur les extor- 
sions si vivement reprochées au roi Jean. Tant qu'on n'aura pas 
dépouillé Irgne par ligne les Rôles de la Pipe, on n'écrira rien de 
définitif sur la crise de la Grande Charte. 



J. Quoi qu'en dise M. Round (Englisk Hislorical Review, 1904, p. 707.^ 
^. ^ei^ue historique, tome L, 1892. 



MAC KECHNIE : MAGNA CARTA 281 

D'autre part ii. Mac Kechnie n'a pas assez étendu ses lectures. 
On Texcusera de n'avoir pas mis à profit l'ingénieuse remarque 
de M. Round, concernant la prétendue politique de dispersion des 
fiefs attribuée, comme une conception consciente et géniale, à 
Guillaume le Conquérant* ; mais il aurait fallu éviter l'erreur tra- 
ditionnelle relative à l'assemblée de Saint- Alban de 1213, ou tout 
au moins discuter l'objection, péremptoire selon nous, faite par 
M.Ramsay au texte de Roger de Wendover et de Mathieu de Paris*. 
Au sujet de l'article 20 et des amendes concernant les mar- 
chands, des renseignements intéressants auraient été trouvés dans 
les Laws ofBreteuil de Miss Mary Bateson ^. Je ne saurais faire un 
crime à M. Mac Kechnie de ne point connaître mon étude sur 
l'expédition taite par Louis de France pour détrôner Jean sans 
Terre*. Mais enfin, s'il l'avait lue, il aurait appris que le fils de 
Philippe-Auguste avait confirmé la Grande Charte, et il aurait 
signalé le fait dans son chapitre sur les confirmations de la Charte. 
Il y aurait vu que la majorité du clergé anglais favorisait Louis, et 
que ce dernier, au moment de conclure la paix, demanda en vain 
l'amnistie pour les ecclésiastiques de son parti, qui furent dure- 
ment frappés : M. Mac Kechnie n'aurait pas eu dès lors à se 



1 .Cf. Mac Kechnie, p. iO, et Tétude de J.-H. Round sur le Domesday Book 
du Hampsbire, dans la Victoria History of the counties of England, Hampshire, 
I, 1900, p. 421-422. M. Round montre que d'une part certains compagnons de 
Guillaume reçurent une masse de manoirs dans le même comté, et que d'autre 
part ceux qui avaient des domaines dispersés avaient reçu les dépouilles de tel 
ou tel thane anglo-saxon dont les biens étaient ainsi éparpillés. 

2. Cf. Mac Kechnie, p. 3i. Il croit, avec Stubbs, que cette assemblée est le 
plus ancien exemple connu de représentation nationale, et que les quatre - 
hommes et le reeve de chaque village du domaine royal y assistèrent. Contre cette 
opinion traditionnelle, voyez J. H. Ramsay, Angevin Empire^ 1903, p. 442, note 7. 
Voyez aussi la correction proposée tout récemment au texte de Roger de 
Wendover par H. W. C. Davis, dans un article de VEnglish Historical Review, 
1905, pp. 289-290. 

3. English historical Revieic, 1900-1901. 

4. L'auteur d'un mémoire consacré spécialement à la minorité d'Henri III, et 
publié pendant l'impression de l'ouvrage de M. Mac Kechnie, qui n'a pu par 
conséquent le citer (G. J. Turner, The Minority of Henry III, dans les Transac- 
tions of the Royal Historical Sociely, t. XVIIl, 1904), a également ignoré mes 
recherches. A quoi servent les ouvrages scientifiques, s'ils restent ainsi ignorés 
par les érudits mêmes qui ont l'intérêt le plus immédiat k les connaître? 11 faut 
bien dire que l'insuifisance de la préparation bibliographique est un défaut parti- 
culièrement fréquent chez les historiens anglais. 



282 COMPTES RENDUS 

demander pourquoi, dans la confirmation du 12 novembre 1216, 
la Grande Charte est modifiée parles conseillers du jeune Henri III 
dans un sens hostile à TEglise nationale. Enfin il n'aurait pas 
commis plusieurs erreurs dédale sur les négociations de la paix 
de Lambeth ; il aurait su de quelle façon lente et pénible fut payée 
l'indemnité de dix mille marcs due à Louis de France, et il aurait 
sans doute trouvé intéressante la preuve que nous avons donnée, 
d'après les Lettres doses et les Rôles de la Pipe, de la levée d'un 
écuage de deux marcs par fief enl2171218, a ad Angliam delibe- 
randam de Francis », si peu d'années après la concession de cette 
Grande Charte qui avait eu parmi ses principaux objets de garantir 
les barons contre les abus de l'écuage. 

Il y a des lacunes du même genre dans l'appendice qui termine 
l'ouvrage. M. Mac Kechnie ne parait pas avoir connu l'édition 
critique que M. Liebermann a donné de la charte d'Henri I dans 
les Transactions of the Royal historical Society *, et, avec des variantes 
moins nombreuses, dans son recueil désormais classique des 
Geseize der Angelsachsen^. La « Bibliographie choisie )) a des omis- 
sions regrettables ; nous en avons signalé quelques-unes. Il faut 
espérer que, en préparant une seconde édition de son excellente 
étude, M. Mac Kechnie ne négligera, dans l'étude des sources con- 
temporaines, ni V Histoire des ducs de Normandie et des rois d'An- 
gleterre^ ni la Chronique de Merton 3, ni même VHistoire de Guil- 
laume le Maréchal^. S'il complète ses lectures et achève son travail 
par quelques dépouillements de documents inédits au Record 
Office, il pourra nous donner un livre définitif. 

Ch. Petit-Dutaillis. 

i. Nouvelle série, t. VIII, p. 40 et sulv. 

2. Tome J, p. 521 et sulv. 

3. J'ai publié le fragment relatif a\ix années 1216-1217 dans mon Elude sur la 
vie et le règne de Louis VUl, p. 5k) et suiv. Il est singulier que celte chro- 
nique, très sèche, mais précise et exacte, soit restée inédite. 

4. Le biographe de Guillaume le Maréchal n'a pas raconté en détail le conflit 
politique do 1215, qui intéressait peu cet amateur de tournois. Mais les quelques 
vers qu'il consacre aux préludes de la Grande Charte ont un ton féodal bien 

' curieux et caractéristique. Voy. édit. Paul Meyer, t. I, p. 177-178. 



DUBRULLE : CAMBRAI AU MOYEN AGE 283 



Âbbé Henry Dubrulle. — Cambrai à la fin du moyen âge 
(XlIIe-XVI* siècle).— Lille, imp. Lefebvre Ducrocq, 1904; in-8o, 
xxxii-456 p. 

Etant donné le petit nombre de travaux sérieux relatifs à This- 
toire municipale pendant les derniers siècles du moyen âge, on ne 
peut qu'accueillir avec reconnaissance l'ouvrage approfondi que 
M. l'abbé Dubrulle vient de consacrer à Cambrai. Spécialement 
digne d'intérêt par sa situation frontière, cette ville offrait, en 
outre, l'avantage de posséder encore de très riches archives, et 
Ton peut dire que M. Dubrulle n'a rien négligé pour mettre en 
pleine lumière, grâce à d'attentives recherches, tout ce qu'on pou- 
vait savoir sur son histoire. 

Après une copieuse introduction, où il retrace rapidement a la 
formation et l'origine des diverses puissances qui se partageaient 
l'autorité » dans Cambrai et leur situation respective au xiif siècle, 
l'auteur étudie l'organisation intérieure de la ville : la constitution 
municipale, le rôle et la juridiction de l'évêque et des chapitres, 
le commerce et l'industrie, l'aspect même de la cité. Dans une 
deuxième partie, il étudie par le menu les «relations de Cambrai 
avec les puissances voisines», du xiiF siècle à la fin du xv^. 

C'est surtout par la masse de détails exacts qu'il renferme que 
ce livre sera utile. Peut-être même regrettera-ton qjue l'auteur 
n'ait pas cru devoir a composer » davantage : de tous les petits 
faits qu'il a entassés, on aimerait voir se dégager quelques conclu- 
sions. Ce qu'on regrettera plus encore, c'est que M. Dubrulle ne se 
soit pas assez plié aux exigences de l'érudition historique moderne, 
en indiquant ses sources avec plus de précision, en renvoyant aux 
pages des ouvrages qu'il cite^, aux folios des manuscrits qu'il 
utilise^. Il lui arrive (p. 142, n. 5) de se référer à une bulle dont 
il se contente de donner la date d'année^ sans même dire ce qu'elle 

1. Voir notamment p. 71, n. 6 ; p. 97, :i. 3; p. 104, n. 3 et 5;^ p. 177, n. 3 ; 
p. 179, n. 1 ; p. 186, n. 1 ; p. 190, n. 3, etc. — Pourquoi, d'autre part, M. Dubrulle 
emploie t-il le mot folio comme synonyme de page (voir p. 133, n. 4; p. 143, 
n. 4 : p. 144, n. 2 ; p. 185, n. 7 ; p. 249, n. 1 et 2, etc.) ? 

2. Voir notamment p. 130^ n. 1 (renvoi au vol. 505 de la Collection Moreau, 
sans même qu'U soit dit s'il s'agit de pièces d'archives) ; p. 142, n. 7 ; p. 16i, 
n. 3;p. 166, n. 1, etc. 



284 COMPTES RENDUS 

contient ni où il Ta prise. D'une manière générale ses renvois aux 
fonds d'archives sont tellement vagues qu'ils sont invérifiables. 
Sans doute ces fonds, pour la plupart, ne sont pas encore classés; 
mais n'était-ce ]3as une raison de plus pour donner toujours les 
dates des actes et même sommairement leur contenu afin qu'on 
pût les identifier * ? 

Mais ces défauts de pure forme, que l'auteur eût pu facilement 
éviter, n'empêchent point ce livre d'être un des plus utiles qui 
aient été écrits sur l'histoire municipale à la fin du moyen âge, et 
Ton ne peut que souhaiter de voir cet exemple suivi. 

Louis Halphen. 



Abbé Henry Dubrulle. — BuUalre de la province de Reims 
80U8 le pontificat de Pie II. — Lille, René Giard, 1905 ; in-S^, 
xii-262 p. 

Sous le titre de Bullaire de la province de Reims sous le pontificat 
(/e Pie //^ M. l'abbé Dubrulle nous donne l'analyse de 960 bulles 
des années 1458-1464 tirées uniquement des registres du Vatican. 
Ce n'est donc là qu'un dépouillement partiel. Les pièces sont 
analysées en français et accompagnées de quelques notes utiles. 
A la suite, neuf documents seulement sont publiés in extenso et, 
en tête, une brève introduction montre le parti qu on peut tirer de 
rensemble pour étudier la situation du clergé à la fin de la guerre 
de Cent ans : c'est l'application à une province ecclésiastique des 
quelques pages consacrées à ce sujet par M. Petit-Dutaillis dans 
VHistoirede France de M. Lavisse (t. IV^ p. 177 et suiv.). Deux 
tables alphabétiques, l'une des noms de lieux^ l'autre des noms de 
personnes, terminent le volume. 

L'ouvrage parait fait avec soin. Cependant nous ne nous expli- 
quons guère pourquoi les bulles publiées in extenso en appendice 



1. A quoi peuvent servir des références du genre de celles-ci : « Voir différents 
actes (A[rchive8] d[épartementale8]. F[ond8] d[e la] c[athédrale de Cambrai]) » 
ou « Afrchives] d[épartemen taies]. F[ond8] d[ela] c[athédrale de Cambrai]. Carta- 
laire indéterminé, 23 » ou encore (( Deux bulles, aux A[rchive8] d[épartemen- 
talesj. FloDda] d[e iaj c[athédrale de Cambrai] » (p. 202, n. 2; p. 213, n. 4, et 
- 2^£, D. 9) ? 



A. HOFMEISTËU : MÂUKGHÂFEN IN ITALIEN 285 

ne se retrouvent pas toutes analysées dans le bullaire, ni pourquoi 
aucun renvoi n'a été fait d'une de ces deux parties à l'autre, ni enfin 
comment peuvent se justifier les divergences de dates qu'on 
relève entre les analyses et les pièces mêmes. Le document IX, en 
tout cas, paraît mal daté ^ Nous regrettons aussi que l'auteur n*ait 
pas su prendre un parti plus net dans la traduction des noms de 
personnes: tantôt il traduit les sobriquets, tantôt il les laisse en 
latin, et cela pour un même nom ^. Les prénoms sont traduitsaussi 
avec quelque hésitation : au lieu de Réginald (n»» 760 et 852), il fau- 
drait dire Renaud et Noël au lieu de Natalis (n» 529). L'idée d'avoir 
dressé la table des noms de personnes dans l'ordre alphabétique 
des surnoms, au lieu de suivre l'ordre alphabétique des prénoms 
ne nous paraît pas heureuse, le surnom risquant fréquemment 
d'être omis. Enfin pourquoi les noms qui figurent dans les docu- 
ments publiés in extenso n'ontilspas été relevés ? 

En dépit de ces quelques imperfections, l'ouvrage n'en rendra 
pas moins de grands services aux historiens du xv" siècle. Il fera 
désirer la prompte publication du bullaire général de la province 
de Reims que l'auteur nous promet. 

Louis Halphen. 



Adolf HoFMEiSTER. — Mafkgfafen und Markgrafschafteti Im Italis- 
chen Konlgrelch In der Zeit von Karl dem Qrossen bis auf 
Otto den Qrossen (774-962). — Mitlcilungen des Instituts fur 
œsterreichische deschichtsforschung, Vll»^ Erganzungsband, Heft. 
Il, in-8o; 221 p. 

Le mémoire consacré par M. A. Hof meister aux marches et aux 
marquis d'Italie depuis le temps de Charlemagne jusqu'à celui 
d'Otton le Grand constitue une très importante contribution non 
seulement à l'histoire de l'Italie à cette époque, mais aussi à celle 
des institutions carolingiennes en général. L'auteur en effet 



1. Le 17 mars 1461 Pie II était à Sienne et non à Rome. L'acte doit Atre 
de 1463. 

2. Par exemple « Ttiomas Leporis » garde sa forme latine au n" 881 et devient 
Thomas le Lièvre au n* 41 ; a Servatius Régis » est traduit Servais Leroi^ alov^ 
que Johannes Régis o est rendu par Jean Régis ^u* Hk^'^^V 



286 COMPTES RENDUS 

semble s'être parliculièrement posé la question de savoir comment 
Torganisation administrative et militaire franque, transportée en 
Italie, s'était développée ou modifiée en se superposant à l'organi- 
sation lombarde ou en se substituant à celle-ci. Il a eu, par 
exemple, l'occasion d'e montrer fort nettement comment, en prin- 
cipe, le rôle des comtes carolingiens correspondait à celui des 
ducs lombards des cités, bien plutôt qu'à celui des gastalds, 
simples agents d'administration du domaine royal ou même du 
domaine ducal. Mais ceux-ci à leur tour, et notamment dans le 
duché de Spolète, se sont peu à peu assimilés aux comtes francs, 
et en ont acquis le titre et le pouvoir. 

Ce sont spécialement les trois marches de Frioul, de Spolète et de 
Toscane qui ont fait l'objet des recherches de M. Hofmeister. Les 
marches qu'on pourrait appeler de nouvelle formation, celles 
d'Ivrie, de Turin, etc., sur l'histoire desquelles ont porté surtout 
les études deDesimoni, restent en dehors du cadre de ce travail. 
Mais la question se pose de savoir si, comme on le dit parfois, ces 
marches ont été créées par Charlemagne, et si c'est à la fin du 
viiF siècle que Ton doit faire remonter cette situation particulière 
à l'Italie, déjà constatée par Ficker, que la marche y correspond 
à ce qui serait ailleurs le duchés réunion de plusieurs comtés 
(pourvus de titulaires) sous Tautorilé d'un même personnage, 
dont le pouvoir est intermédiaire entre celui du comte et celui du 
roi. M. Hofmeister ne le croit pas. Il y a eu en Italie, à la fin du 
VIII'' siècle et au début du ix<), des groupements temporaires, 
surtout au point de vue militaire, de circonscriptions comtales. 
Certains termes, comme Austria, Neustria, ont eu une significa- 
tion géographique beaucoup plus qu'une signification adminis- 
trative. Une étude précise et minutieuse de l'histoire de chacune 
des trois marches indiquées plus haut conduit à cette conclusion 
qu'il n'y a pas lieu de supposer que les termes de marca, marchio, 
marc/iensi^, sous Charlemagne et ses premiers successeurs, se soient 
appliqué à autre chose qu'à un comté frontière ou à un territoire ré- 
cemment conquis et au comte placé à sa tête. D'autre part jusqu'à la 
fin du ix« siècle, les gouverneurs francs établis à Cividaledel Friuli, 
à Lucques, à Spolète, reçoivent dans la très grande majorité des 
cas, dans 'les textes contemporains, le titre de comtes. A Spolète, 
"~^és la mort du duc HUdeprauA, \^ préoccupation de Cbarle 



VIDAL : l'inquisition a pamiers 28"!^ 

magne de ramener le pays à la situation normale des autres pro- 
vinces de l'empire franc, en le divisant en comtés, est très sen- 
sible. Mais déjà dans la seconde moitié du ix* siècle, certains de 
ces comtes réussissent à acquérir en fait une importance particu- 
lière. Lors du démembrement de Tempire de Charles le Gros, 
se fait sentir pour les populations la nécessité de se grouper 
autour d'un pouvoir moins éloigné que celui du roi ou de l'empe- 
reur. De là la constitution de véritables principautés, en faveur de 
personnages puissants par leur situation ofTicielle, leurs domaines 
ou leurs relations de famille. La personnalité de Gui de Spolète 
ou d'Adalbert de Toscane n'a peut-être pas été un élément moins 
important dans la formation des marquisats que l'organisation 
militaire du temps de Charlemagne. M. Hofoieister a bien montré 
qu^il fallait distinguer, les diverses époques, et ne pas attacher un 
sens trop absolu aux expressions employées par les chroniqueurs. 
Il y aurait lieu, semble-t-il, d'entreprendre des recherches ana- 
logues aux siennes pour ce qui concerne les marches françaises, 
marches de Flandre, de Bretagne, de Bourgogne et d'Espagne. 

R. P. 



Vidal (J.-M.). — -Le tribunal d'inquisition de Pamiers. — Toulouse, 
Privât, 1906 ; in-S^, 313 p. 

Créé en 1318, conformément au système monastico-diocésain 
imaginé par les Pères du concile de Vienne, grâce à l'initiative du 
nouvel évêque de Pamiers, Jacques Fournier, le tribunal inquisi- 
torial appaméen eut huit années de vie très active. Cette période 
correspond à l'épiscopat du rigide cistercien qui en fut le fonda- 
teur et l'âme, et qui devait porter plus tard jusque sur le trône de 
saint Pierre — - il fut pape sous le nom de Benoît XII, de 1334 à 
1342 — une réputation de sévérité et d'austérité acquise de longue 
date. Mais dès 1326, époque à laquelle Jacques Fournier fut trans- 
féré sur le siège de Mirepoix, l'institution commença à décliner 
pour en arriver bientôt à « l'inaction léthargique des tribunaux 
sans cause et sans magistrats. » 

Des registres du greffe inquisitorial de Pamiers, un seul nous 
est parvenu. C'est le ms. latin 4030 de la Bibliothèque Vaticane. 



288 COMPTES RENDUS 

Déjà utilisé pai" M. Ch. Molinier et par Mgr Douais, ce document 
méritait assurément la nouvelle et minutieuse étude que lui con- 
sacre M. Vidal. Nulle part en effet mieux que dans ce recueil de 
procès -verbaux d'interrogatoires où il ne manque que la conclu- 
sion des procès, on ne peut examiner la procédure en vigueur 
dans les tribunaux de llnquisition à cette époque. En outre, grâce 
aux nombreux détails qu'il contient, il permet à la fois de saisir 
sur le vif ce qu'était Thérésie cathare dans le pays de Foix au 
cours de la première moitié du xiv® siècle, et de tracer un tableau 
fort vivant « des mœurs paysannes, des coutumes, des supersti- 
tions, des croyance» en honneur dans le milieu très humble des 
artisans ruraux, des cultivateurs et des pâtres du Moyen-Age. » 
M. Vidal a écrit sur ces deux derniers points des pages très inté- 
ressantes. Moins attrayants, mais tout aussi instructifs, sont les 
chapitres qu'il a consacrés à la description détaillée du ms. 4030, 
au sommaire analytique des affaires qui y sont représentées, au 
tribunal lui-même, à ses origines, à son personnel (juges, asses- 
seurs, témoins d'office, conseillers, notaires, jurés, agents, 
geôliers), aux prévenus et aux témoins, enfin à la procédure (com- 
parution, torture, défense, pénalités, etc.). D'assez nombreux docu- 
ments, publiés in-extenso à la fin du volume d'après les registres 
dits d'Avignon et du Vatican et d'après le ms. 4030 lui-même, 
complètent et illustrent pour ainsi dire les développements abon- 
dants et précis de M. Vidal. 

En résumé, ce livre se recommande par la rigueur et la sûreté 
de la méthode, par la clarté du plan et par la richesse de la docu- 
mentation. Il est tel en somme qu'on pouvait l'attendre de l'un 
des hommes qui ont étudié de plus près l'histoire de l'Inquisition 
dans le Midi de la France ^ 

Ch. Samaran. 



1. M. Vidal nous permettra quelques menues observations de détail. P. 175 et 
2il : Belegneyum aurait pu être identifié avec Béligny (Rhône, arr. et canton 
Villefranche). — P. 2i7, note 1 : U s'agit de Fortius d'Aux, neveu du cardinal 
Arnaud d'Aux, de la famille gasconne de ce nom. — M. Vidal imprime partout 
dm Arsen, den Balle, etc. Il vaudrait mieux, je crois, écrire d'en. •— Enfin, à la 
table des noms propres, M. Vidal a classé les personnages au prénom, ce qui est 
Je système rationnel pour cette époque, mais il eût fallu faire des renvois aux 
-»omB palroaymlques et aux noms d'or\g\iiQ. 



VORETZSCH : FRANZOSISCHE LITTERATUR 289 



Cari VoRETzsGH. — Einftihrung in das Studium der altfranzosi- 
schen Litteratur. — Halle a. S. , Niemeyer, 1905 ; ia-8% xvn-573 p. 
(Sammlung kurzer Lehrbûcher der romanischen Spracben und 
Litteraturen. IL) 

Ce volume, le second d'une série de manuels pour Tétude des 
langues et littératures romanes et complément de Tlntroduction à 
rétude du vieux français par le même auteur, est le troisième 
aperçu de la littérature française du moyen âge qui ait paru en 
Allemagne depuis quelques années. Après la magistrale esquisse 
de M. Suchier, après le tableau détaillé de M. Grôber dans la 
GrundrisSj M. Voretzsch nous donne un manuel à Tusage des étu- 
diants. On pourrait se demander si ce n'est pas trop de livres sur 
un même sujet ; de l'autre côté il faut bien reconnaître que cette 
concurrence témoigne d'une activité scientifique des plus louables 
et dont il serait difficile de trouver la pareille en dehors de TAlle- 
magne. 

L'auteur d'une Introduction de ce genre a à lutter contre des 
difficultés spéciales : la richesse de la littérature française du 
moyen âge, la particularité que cette richesse s'accumule dans 
l'espace de deux siècles (xif-xhf) et que cependant il est bien sou- 
vent impossible de donner des dates précises et un enchaînement 
chronologique satisfaisant. G. Paris, dans son admirable Manuel, 
avait évité ces difficultés en ne donnant pas une histoire, mais un 
(( tableau ». M. Voretzsch a voulu donner une véritable histoire. 
Après une introduction sur les origines de la nationalité et de la 
langue, sur la versification, sur les éléments divers qui ont contri- 
bué à former la littérature du moyen âge, une première série de 
chapitres (p. 66-136) est consacrée aux oriji^ines littéraires jusque 
vers l'an 1100, et particulièrement à Tépopée. La plus grande 
partie du livre (p. 137 421) est occupée par un tableau détaillé de 
la littérature du xii^ siècle, l'auteur distinguant les genres tradi- 
tionnels transmis par le siècle précédent, la littérature de transi- 
tion et les genres nouveaux, qui se manifestent à partir de Chrétien 
de Troyes et de son époque. — Le xiii^ siècle, où M. V. ne recon- 
naît qu'une arrière-saison (Nachbliite), est traité avec beaucoup 
moins de détail (70 pages, p. ^^^22-490); enfin une vingtaine de 



COMPTES RENDUS 

pages seulement (p 491-509), sont consacrées à la fin de la littéra- 
ture du moyen âge (xiv«, xv© siècles) : c'est tellement maigre, 
qu'on se demande si Tauteur n'eût pas mieux fait de renvoyer 
tout simplement le lecteur au travail que M. Heuckenkamp 
prépare sur cette période pour la même collection. 

Dans sa partie essentielle, jusqu'à la fin du xiip siècle, le livre 
de M. y. est très, soigné ; les indications bibliographiques jointes à 
chaque chapitre, chose essentielle dans un travail de ce genre, 
sont extrêmement riches ; sur les points controversés, M. V. résume 
les opinions des différents savants qui s'en sont occupés et donne, 
com me conclusion, la sienne propre. Comme on pouvait s'y attendre, 
on retrouve ici l'essentiel des belles recherches de M. V. sur l'épopée, 
mais les autres genres littéraires sont traités avec le même détail 
et la même compétence. 

Comme cela est inévitable dans un travail de ce genre, où l'au- 
teur est obligé de toucher à une infinité de problèmes, on trouve 
par-ci et par-là des affirmations trop absolues (p. 115, 117, date du 
fragment de La Haye ; p. 336, date de la chronique d'Hélinand). 
P. 337, M. V. fait la part trop belle aux hypothèses ingénieuses, 
mais aventureuses de M. Wechssler sur les sources et l'origine du 
roman de Robert de Borron (il est vrai qu'il s'exprime avec une 
certaine réserve, « in Briltannim eniatandene lateinische Legen- 
dendichtung scheint », etc.) De même, dans sa discussion des 
romans de Chrétien de ïroyes, il nous paraît faire trop de 
concessions aux vues de M. Fœrster. Ajoutons cependant que, si 
M. V. semble trop docile aux vues du savant professeur de Bonn 
en ce qui concerne les détails, il reprend son indépendance pour 
l'ensemble de la question. Ce que M. V. dit sur les «questions fonda- 
mentales » (Kernfragen) relatives aux romans de la Table Ronde 
(p. 346-352) est parfaitement raisonnable et prépare un terrain 
d'entente où les partisans de « l'hypothèse celtique » pourront se 
rencontrer avec les admirateurs du génie inventif de Chrétien de 
Troyes, pourvu que ceux-ci se décident à faire de leur côté des 
concessions essentielles. 

M. Voretzsch — et c'est là une des nouveautés de son livre — a 
joint à son exposé de l'histoire littéraire les éléments d'une chres- 
tomalhie : il insère dans la trame de son récit des spécimens des 
principaux genres littéraires et des extraits des œuvres les plus 



COPPENS : PALAIS DE CAÏPHE 291 

importantes; à ces extraits sont joints des notes explicatives, au 
bas des pages, et un glossaire, placé à la fin du volume. L'auteur 
lui-même se demande si cette innovation réussira. En tout cas, 
elle n'enlève rien à la valeur d'un ouvrage, que l'auteur a dédié, 
par un sentiment de piété fort touchant, à la mémoire de Gaston 
Paris. 

G. HUET. 



Le P. U. CopPENS. — Le Palais de Caïphe et le nouveau jardin 
Saint-Pierre des Pères Assomptionistes au Mont Slon (avec 
plans et figures). — Paris, Alphonse Picard et fils, 1904; in-16, 
94 p. 

Le P. Barnabe Meistermann. — La Ville de David, avec une 
préface de Mgr Frédien Giannini. Enrichi de 25 illustrations 
dans le texte et hors texte. — Paris, Alphonse Picard et fils, 
1905; in 16, xxvi-248 p. 

Le livre du R. P. Coppens apparaît, dès les premières pages, 
comme une œuvre de polémique topographîque et monacale, rela- 
tive à certains sanctuaires d'une authenticité douteuse des envi- 
rons de Jérusalem. En d'autres termes, l'auteur veut démontrer, 
lui qui appartient à l'ordre des Franciscains, que les Assomptio- 
nistes se sont lourdement trompés, ou mieux, ont agi de fort 
mauvaise foi, en établissant, dans leur Guide, que le palais de 
Caïphe est également le lieu où saint Pierre se relira pour pleurer 
amèrement d'avoir renié le Christ, que la basilique construite sur 
les ruines du palais de Caïphe et Téglise bàlie au-dessus delà 
grotte des larmes de saint Pierre ne constituent qu'un seul et 
môme sanctuaire, cl enfin, que le tout se trouve actuellement dans 
la propriété des Assomptionistes qui a reçu de ce chef le nom de 
Jardin de Saint-Pierre. 

Le R. P. Coppens n'y va pas de main morte dans son ardeur à 
défendre ses sanctuaires contre ceux des nouveaux venus, que 
l'on appelle les Assomptionistes. Ces derniers Pères à leur tour, 
lui répondant par la plume qui signe G. Jacquemier (Echos 
d'Orient, novembre 1904, p. 372-379), exposent en quoi consiste la 
thèse du Père franciscain et réfutent ses accusations : « D'après 
le R. P. Urbain Coppens, ces religieux auraient, en effet, Irans 



292 COMPTES RENDUS 

porté dans leur propriété un sanctuaire qu*ils savaient devoir 
être localisé ailleurs. Après avoir vainement « employé tous les 
moyens en leur pouvoir pour acquérir la grotte » de saint Pierre 
in GalUcantu^ située à 100 mètres de leur jardin, ils auraient com- 
mencé par ne plus montrer à leurs pèlerins cette grotte où ils les 
conduisaient naguère et que visitent encore tous les chrétiens de 
Jérusalem, catholiques et dissidents, puis ils auraient déclaré que 
la susdite grotte était dans leur propriété et baptisé celle-ci du 
nom de Jardin Saint-Pierre » (Echos d'Orient, 1904, p. 373). 

La question a été fort heureusement mise au point par le 
R. P. H. Vincent (Bévue biblique internationale y 1905, p. 149-158) 
qui résume ainsi Tenquéte à laquelle il s'est livré : « 1. La tradi- 
tion primitive ne connaît qu'un sanctuaire de Saint-Pierre, à la 
maison de Caîphe, près du Cénacle... 2. Le sanctuaire primitif de 
Saint-Pierre ne saurait être cherché dans le terrain des Assomp- 
tionistes... 3. Quant au sanctuaire (?) secondaire de la Grotte des 
Larmes, il était vénéré, il y a quinze ans encore, dans une grotte 
que le Fr. Liévin désigne clairement, où il place une indulgence, 
et qui est aujourd'hui, sans doute possible, dans le terrain des 
Assomplionistes... 4. Cette désignation est-elle conforme aux pre- 
mières données de cette tradition postérieure, dont les traces sont 
contemporaines des Croisés ou peu antérieures? Le R. P. Coppens 
avait assurément le droit de le discuter librement, en dépit de la 
tradition moderne ; il n'a cependant fourni aucune preuve en 
faveur de la grotte indiquée sur son plan, dans un terrain que les 
Assomplionistes n'auraient pu acquérir malgré leurs efforts. » 

A vrai dire, il n'y a pas lieu d'insister plus longuement sur un 
ouvrage qui dénote surtout un état d'âme, bien plutôt qu'il n'ex- 
pose scientifiquement une question, la traitant au double point de 
vue historique et topographique. L'Evangile est très sobre sur la 
scène du reniement de saint Pierre; celui-ci, au chant du coq, 
sort pour pleurer; rien dans le contexte n'indique qu'il se rendit 
dans un endroit rapproché ou éloigné pour pleurer amèrement. 
Et pour peu que l'on se remémore les dévastations successives 
qui ont bouleversé le sol de Jérusalem, Ton comprendra sans 
peine qu'il soit fort difficile, pour ne pas dire impossible, de loca- 
liser avec précision un endroit aussi vaguement désigné que par 
ces mots ; étant sorti dehors.,. 



COPPENS : PALAIS DE CAÏPHE 293 

Le livre du P. Coppens est divisé en sept chapitres, du contenu 
suivant : I. La maison de Caîphe avant le ix<^ siècle. IL La grotte 
de saint Pierre ou le Gallicantus du ix^ au xii^ siècle. III. Les 
témoignages de la Tradition du xii® et du xiii* siècle. IV. Les Armé- 
niens ont-ils transféré chez eux la maison de Caîphe au xiv® siècle ? 
V. Le Jardin Saint-Pierre des Pères de TAssomption renferme-t-il 
au moins le sanctuaire du Gallicantus? VI. La maison du grand- 
prêtre Anne, et la pierre du Sépulcre de Notre -Seigneur dans la 
chapelle arménienne de Saint-Sauveur. VIL Un mot sur la double 
méthode critique employée par les professeurs de Notre-Dame de 
France dans Tétude des sanctuaires de la Palestine. 

Quelques petites remarques pour terminer : à la p. 11, une 
carte permet au lecteur de se rendre compte des lieux, objets du 
litige ; Tauleur conserve la dénomination arabe de Birket el-Sui- 
than, pour désigner le réservoir d'eau, à sec pendant neuf mois de 
Tannée, qui se trouve dans la vallée de Hinnon. Ne serait ce pas 
plus exact, au point de vue arabe, de dire et d'imprimer : Birket 
cs-Sullhan? 

P. 17, en note, le P. Coppens cite quelques auteurs arméniens, 
à propos de Tiridate II ; nous avons cherché en vain dans le t. Il, 
p. 127 de l'ouvrage de Langlois la référence ci indiquée. Qu'est ce 
que rhistorien arménien Taniisch? Serait-ce Thistorien moderne 
Tchamich? A quoi renvoie la mention : Uohrbacher, etc.? Cette 
note 1 de la p. 17, comme quelques autres, laisse sensiblement à 
désirer sous le rapport de la rigueur scientifique. 

P. 22, 1. 21, le P. Coppens, traduisant un passage du patriarche 
Sophrone, nous apprend que « la glorieuse Anne engendra 
Marie. » Jusqu'à présent, j'avais cru que l'homme engendre et 
que la femme enfante. 

P. 8, Tauteur du Palais de Càiphe rappelle une opinion qui avait 
cours sur les sentiments qui unissaient les moines Jérusalémi- 
tains : oc Jusqu'à ce jour, les historiens relevaient, avec je ne sais 
quelle amertume, l'esprit de jalousie, les rivalités incessantes, les 
profondes animosilésqui, depuis des siècles, divisaient les moines 
de Jérusalem, de nations et de rites divers. » 

Le P. Coppens, avec son petit livre sur le Palais de Caîphe, 
vient nous prouver, une fois de plus, qu'il n'y a rien de nouveau 
sous la calotte des cieux. 

Moyen Age, t. XIX 20 



294 COMPTES RENDUS 

La Ville de David, du P. Barnabe Meistermann^ se recommande 
par la quantité et la qualité des illustrations qui ornent ce volume. 
Les reproductions photographiques sur papier couché sont très 
réussies, ce dont il faut féliciter et Fauteur qui en a dirigé le 
choix et réditeur qui en a soigné Texécution. On se plaît à revoir 
les principaux environs de Jérusalem : Vue du mont des Oliviers, 
la fontaine de la Vierge, la piscine de Siloé, etc. Outre les photo- 
graphies, nombre de figures schématiques permettent de suivre 
de mu la démonstration de Tauteur ; telles sont : le plan de la 
dépression au mont Sion, la place du canal de Siloé, les fouilles 
au fond de la vallée centrale, etc. 

Celte abondante illustration est un excellent commentaire au 
livre du P. Meistermann, lequel est divisé en sept chapitres : 
I. Le mont Sion. IL L'Ophel. III. Siloé. IV. Gihon. V. Le Gihon 
supérieur d'Ezéchias. VI. Le livre de Nébémie. VII. La termino- 
logie biblique ; et enfin une conclusion où l'auteur résume ainsi 
(p. 240-241) les résultats auxquels a abouti son enquête : a Nous 
avons essayé dans notre étude de montrer comment la théorie 
traditionnelle qui met Sion de David sur la colline occidentale, 
est confirmée par la Bible, par Thistoire et par l'archéologie. 
Ce n'est donc pas une tradition qu'on peut piétiner à plaisir parce 
qu'on la croit démolie. Elle parait au contraire assez bien établie 
pour s'imposer au nom de la critique la plus exigeante. » 

Le P. Barnabe écrit donc un assez fort volume pour déclarer au 
monde scientifique qu'il est traditionnaliste en ce qui concerne la 
localisation du mont Sion, à savoir sur la colline occidentale 
de Jérusalem, occupée actuellement par les Arméniens. Ses argu- 
ments, à la vérité, ne nous ont pas convaincu. Seule une décou- 
verte capitale, due au hasard autant au moins qu'à des fouilles 
méthodiques, si difficiles en terre ottomane, permettra de 
résoudre la question si controversée de remplacement du Sion, 
du Moriah, de là cité de David, nous voulons dire la découverte 
de la nécropole royale des rois de Juda, qui fut ouverte par 
Hyrcan !«' et par Hérode. M. Clermont-Ganneau a excellemment 
démontré (Les tombeaia i- David et des rois de Juda et le tunnel- 
aqueduc de Siloé, 1897) que la découverte précitée constitue « le 
problème capital de l'archéologie hébra!que. » C'est cette décou- 
verte qui perraeltra de dire ce qu'il faut entendre par Ville de 



BERLIÈRE : SUPPLIQUES DE CLÉMENT VI 295 

Datidy mont 5ion, et autres dénominations dont le sens topogra- 
phique est des plus vagues. Le P. Barnabe Meistermann n'a pas 
encore fait cette découverte, il n'apporte aucun élément nouveau 
à la question, il se range lui-même du côté de la tradition le plus 
en vogue, prenant plaisir de temps à autre d'émailler son ouvrage 
de pointes plus ou moins acérées à l'adresse de ceux qui ne par- 
tagent pas son avis, tels les Pères Dominicains, qui sont pour la 
colline orientale, les Pères Assomptionistes, et un nombre fort 
respectable de savants laïques. Sans aller jusqu'à dire que le livre 
du Révérend Père a fait faire un pas en arrière à la question qu'il 
traite, on a le regret de constater qu'il ne l'a pas fait avancer d'un 

seul iota. 

F. Mâcler. 



Berlière (D. U.). — Suppliques de Clément VI (1342-1352). 

Textes et analyses. — Rome, Bruges, Paris, 1906, in 8° ; xxxix- 
952 p. (Analecta Valicano-Belgica publiés par l'Institut historique 
belge de Rome). 

Cette publication forme le premier volume d'une série dont 
l'utilité promet d'être grande, non seulement pour l'histoire de la 
Belgique et de la France, mais aussi pour la connaissance des 
fonds les plus curieux et les plus importants des Archives du 
Saint-Siège. Déjà, Tannée dernière, Dom Berlière, directeur de 
l'Institut belge, payait largement de sa personne en donnant un 
Inventaire analytique des, Libri obligationum et solutionum. Voici 
qu'en publiant en un volume imposant les suppliques de Clé- 
ment VI, il donne de nouveau la preuve d'une activité vraiment 
admirable. 

Le pontificat de Clément VI est le premier pour lequel les 
registres de suppliques existent aux Archives Vaticanes. Il 
semble qu'il y en ait eu sous Benoit XII et peut-être même sous les 
prédécesseurs de ce pape. Il est regrettable que D. Berlière n'ait 
pu résoudre cette question intéressante ; il semble bien que, dans 
l'état présent des recherches, il faut attendre a pour être fixé sur 
l'origine de l'enregistrement des suppliques qu'on découvre soit 
un inventaire des registres de la chancellerie antérieurs à 1342, 
soit quelque texte de comptabilité qui fasse allusion aux employés 



296 COMPTES RENDUS 

OU au mobilier même de la chancellerie ». En lisant les pages 
intéressantes que D. Berliëre a écrites sur ce sujet dans son Intro- 
duction, une idée s'est présentée à mon esprit, que je me permets 
de lui soumettre. N'est-il pas vraisemblable d'établir un rappro- 
chement entre le fait que pendant tout le pontificat de Clément VI 
les suppliques furent enregistrées et le fait que ce pape rendit 
générale la levée de Tannate ? Il fallut à ce moment-là connaître 
d'une façon certaine aux bureaux de la curie les noms des béné- 
fices et des bénéficiers ainsi que la date de collation. On sait qu'au 
xiv^ siècle les raisons fiscales primèrent les autres chez les papes 
d'Avignon. Aussi ne serait-il pas surprenant qu'il fallût chercher 
dans un motif de cet ordre l'explication de la mesure généralisée 
par Clément VI à l'égard des suppliques. 

Quel est l'intérêt de ces suppliques ? Le P. Denifle a montré 
dans sa Désolation des églises en France le profit qu'on pouvait en 
tirer pour la situation des établissements religieux. En outre elles 
sont riches de renseignements sur une foule d'ecclésiastiques 
dont beaucoup assurément ne sortiront pas de l'oubli, mais dont 
certains ont joué un rôle important dans l'histoire politique et reli- 
gieuse du XIV' siècle. Il ne faudrait pas croire que l'intérêt de ces 
suppliques soit restreint aux seuls diocèses de Cambrai, de Liège, 
de Thérouanne et de Tournai. Car de même que des clercs de ces 
diocèses demandent des bénéfices fort éloignés de la Belgique, de 
même des clercs de tous les pays demandent des bénéfices dans 
ces diocèses. 

Quand j'aurai signalé Tlntrod notion, qui contient d'intéressants 
et nouveaux renseignements sur les formulaires, la présentation 
des suppliques, enfin la table, véritablement monumentale — elle 
n'occupe pas moins de 300 pages à deux colonnes, — je croirai 
superflu d'insister sur le mérite de la publication de D. Berlière. 

Il faudrait ne pas connaître la difficulté des travaux de ce genre 
pour reprocher à l'éditeur de n'avoir pu identifier tous les noms 
de lieu ou d'avoir bronché parfois sur la forme de quelques-uns. 
Outre que beaucoup de ces erreurs doivent être mises sur le 
compte des scribes chargés de transcrire les suppliques, on ne 
saurait demander à un savant — fût-il aussi nourri que D. Ber- 
lière d'érudition ecclésiastique — de posséder à fond la toponymie 
du monde chrétien. Ch. SAifARAN. 



GAZAURAN : CARTULAIRE DE BERDOUES 297 



Abbé Cazauran. — Cartulalre de Berdoues. — La Haye. Nijhofî, 
1905;in-8o, xii-270*-876p. 

Berdoues est aujourd'hui une petite commune de près de 
500 habitants, située dans le canton de Mirande (Gers), sur la rive 
gauche de la Baîse, dans rancien comté d'Astarac. Avant même le 
commencement du xii^ siècle, — époque à laquelle des moines de 
la grande abbaye cistercienne de Morimond vinrent y construire 
un nouveau monastère, — il semble bien qu'elle ait été habitée par 
une colonie religieuse, installée au lieu dit Paderns. Quant à la 
fondation du cœnobium Berdonense cistercien, il n'est pas bien sûr 
qu'il faille accepter sans réserve, suivant le témoignage de Dom 
Estiennot, la date de 1128, mais il paraît certain d'après plusieurs 
chartes du cartulaire qu'on doit placer l'événement sous l'abbatiat 
de Gauthier, abbé de Morimond, entre 1121 et 1131. 

Le cartulaire de Berdoues, conservé en original aux Archives du 
Grand Séminaire d'Auch, ne comprend pas moins de 825 docu- 
ments embrassant une période d'un siècle et quart, de 1134 à 1258. 
Ces dates d'ailleurs sont approximatives. En effet de nombreuses 
chartes ne sont pas datées, et d'autres, en grand nombre égale- 
ment, ont été rédigées longtemps après les événements qu'elles 
rapportent sur des données chronologiques souvent inexactes, 
ainsi qu'en témoigne la difficulté où on se trouve parfois de conci- 
lier les synchronismes donnés dans les dates. C'est d'ailleurs un 
point que M. Cazauran a mis en lumière, mais sur lequel il 
importe d'insister, car on voit par là qu'avant d'utiliser la plupart 
de ces documents, il faudra les soumettre à une critique rigou- 
reuse. 

M. Cazauran a fait précéder et suivre la publication du Cartu- 
laire d*une Introduction et d'un Commentaire qui constituent par 
leur dimension deux véritables livres. 

Dans l'Introduction il s'est surtout attaché à dégager des textes 
les nombreux renseignements qu'ils contiennent sur l'état des 
personnes et des biens et à retracer l'histoire de l'abbaye depuis sa 
fondation ou plutôt sa transformation au commencement du 
xn* siècle jusqu'à nos jours. La partie qui contient les biographies 
détaillées des cinquante-six abbés de Berdoues ne sera pas la 



298 COMPTES RENDUS 

moins utile. Ces biographies complètent heureusement les notices 
données par la Gallia Christiana et par Dom Brugëles dans ses 
Chroniques ecclésiastiques du diocèse d'Auch. 

Les notes, rejetées à la fin du volume, n'occupent pas moins de 
200 pages extrêmement compactes. L'éditeur y fait preuve d'une 
connaissance approfondie de la géographie ancienne de l'Astarac. 
Les éclaircissements qu'il donne sur une foule de noms de lieux 
cités dans les chartes du cartulaire ne peuvent manquer d'être 
bien accueillis par les travailleurs. 

Telle est en gros la matière de cet énorme volume de plus de 
1,150 pages. Il faut féliciter M. Cazauran d'avoir pu, grâce à la 
libéralité de Mademoiselle Pellechet, présenter au public avec un 
luxe, dont les photographies, les plans et les dessins qui enri- 
chissent Touvrage témoignent suffisamment, un ensemble aussi 
considérable de textes, utilisés déjà en divers endroits par d'assez 
nombreux érudits des xvii^ et X VHP siècles ^ mais jamais publiés, 
même partiellement. 

Sans doute on pourra ne pas accepter les idées de M. Cazauran 
sur tel ou tel point de philologie ou d'histoire ; d'aucuns lui repro- 
cheront peut-être des longueurs, parfois des hors d 'œuvre *, 
quelques défauts de méthode assez apparents dans la façon de 
disposer les matières de l'Introduction et de rédiger les notices qui 
précèdent le texte des chartes, un peu de négligence aussi — bien 
excusable assurément si on songe à Ténormité de la besogne — 
dans la révision des épreuves^. Il n'en est pas moins vrai que 
tous les travailleurs devront à M. Cazauran une véritable recon- 
naissance. 

i. l\ faut citer, parmi les auteurs dont les ouvrages ont été imprimés, Ghérin 
dans sa Généalogie des MontesquiotiFezensac, Dom Brugèles dans ses Chro- 
niques ecclésiastiques du diocèse d'Auch, les frères Sainte-Marthe au tome I de 
la Gallia Christiana, Dom Devic et Dom Vaissèto dans l'Histoire de Langue- 
doc, enfin l'Art de vérifier les dates ; parmi ceux dont les travaux sont restés 
manuscrits, Esliennot, Vergés et Daignan du Sendat. 

2. Certaines notes sont de véritables monographies des paroisses citées au 
cartulaire. Il est clair qu'une bonne identification eût suffi, mais les archéologues 
seront particulièrement heureux de trouver dans ces notes do nombreux rensei- 
gnements sur les églises et autres édifices anciens. 

3. On remarque quelques fautes d'impression malheureuses : ainsi p. 12, 
Vahhé pour Labbe. Le même personnage est appelé tantôt Gaucher tantùt Gau- 
thier, tantôt même Wallher. Je n'arrive pas à trouver les notes des pages 296, 

^7 et 298. Les placards ont-ils sauté à la mise en pages ? 



CLERGEAG : GARTULAIRE DE GIMONT 299 

Nous ne terminerons pas ce compte rendu sans noter que le 
nombre des cartulaires gascons inédits diminue rapidement. 
Publication des Cartulaires de Sainte-Marie d'Auch, de Saint- 
Mont, de Berdoues, de Gimont, tel est le bilan de ces dernières 
années. Quand la série sera complète, on pourra s*attaquer à 
renouveler l'histoire ecclésiastique de la Gascogne. Mais ce n'est 
pas seulement à l'histoire ecclésiastique que serviront ces publi- 
cations successives. Les historiens du droit, les géographes et 
même les philologues * y trouveront leur profit. 

Ch. Samaran. 



Abbé Clergeag. — Cartulaire de l'abbaye de Qimont. — Paris, 
Champion; Auch, Cochiaraux, 1905, xvii-502 pages in-S^ (Archives 
historiques de la Gascogne, 2^ sér., 9* fascicule). 

L'abbaye Notre Dame de Gimont, de Tordre de Cîteaux, est une 
fille de Berdoues dont M. Cazauran a récemment publié le cartu- 
laire. Elle lut londée en 1142 par Géraud du Brouilh, Gausens, sa 
femme, et leurs enfants qui donnèrent à cet effet cent concades de 
terre dans une plaine appelée Plànasylva, sur les bords de la 
Gimone, à deux kilomètres au sud -ouest de la petite ville de 
Gimont. Sans cesse accrues par des acquisitions ou par des dons 
de personnes pieuses, ces possessions ne tardèrent pas à devenir 
assez considérables, si bien que, lorsque vers la fin du xiip siècle 
on songea à réunir les titres de propriété, on fut amené naturelle- 
ment à établir autant de divisions logiques qu'il y. avait de pos- 
sessions différentes ou granges, comme c'était d'ailleurs l'usage 
chez les Cisterciens. C'est ainsi que le cartulaire de Gimont se 
trouve divisé en six chapitres bien distincts, !e premier réservé 
aux terres groupées autour de l'abbaye elle-même, les autres con- 
sacrés aux cinq granges de Laus. du Hour, de Franqueville, de 
Saint- Soulan et d'Aiguebelle. 

Le cartulaire de Gimont, comme celui de Berdoues, est conservé 
aux archives du Grand Séminaire d'Auch. Il forme deux volumes 
grand in-4o. L'écriture, où l'on reconnaît plusieurs mains, paraît 
être de la fin du xiii® siècle^ Les chartes qui y sont transcrites et 
dont M. Clergeac donne le texte, sont au nombre de 810. Elles vont 

1. DaBs le cartulaire de Berdoues seule la charte 445 (datée de 1251) est en 
roman. Mais il n'en est presque pas où on ne trouve des mots et jusqu'à des 
phrases tout entières écrits en cette langue. 



300 COMPTES RENDUS 

de 1142 à 1233, au moins pour les Charles datées, car 33 ne le 
sont pas. L'éditeur a respecté, comme il le devait, les divisions 
établies par le rédacteur du cartulaire, mais je crois qu*il eût été 
bon, tout en donnant comme il Ta fait pour chacune des divisions 
une numérotation particulière, d'établir aussi une numérotation 
continue (de 1 à 810) grâce à laquelle les recherches et les renvois 
auraient été beaucoup plus faciles. Quant à Tordre chronologique, 
qui n'a pas été adopté dans le cartulaire, l'éditeur a eu l'heureuse 
idée de le rétablir dans une table spéciale placée à la fin du vo- 
lume. 

Le cartulaire de Tabbaye de Gimont abonde en renseignements, 
non seulement sur cet établissement monastique important, mais 
sur la condition des personnes et des terres à une époque où les 
documents d'un autre genre sont bien rares. Ces chartes bien 
entendu demandent à être étudiées minutieusement et pour ainsi 
dire pressurées, sinon elles gardent leur secret. Dans son Intro- 
duction, qui aurait pu être plus copieuse, mais qui contient en 
somme l'essentiel, M. Clergeac s'est efforcé de montrer l'accrois- 
sement des possessions de l'abbaye, d'étudier l'objet et la nature 
des actes (donations et acquisitions presque toujours), la person- 
nalité des donateurs et des vendeurs, l'organisation intérieure de 
l'abbaye, enfin les principaux droits dont il est question dans les 
chartes. A. signaler les conclusions intéressantes sur Tétat de 
culture et de peuplement du pays de Gimont au xii® siècle. Il a 
insisté en dernier lieu sur l'intérêt que présente le cartulaire 
pour les romanisants. Comme dans le cartulaire de Berdoues, 
une seule charte est en langue romane, mais il y a beaucoup de 
mots, des noms propres surtout^ que le rédacteur du cartulaire a 
laissés sous leur forme gasconne. 

Le texte des documents parait soigneusement établi ; l'annota- 
tion est sobre, mais suffisante, et la correction typographique 
laisse peu à désirer. Je crois qu'il eût été préférable de classera 
la table les personnages à leur prénom, un très grand nombre ne 
portant qu'un nom d'origine. Rien n'eût empêché de faire un ren- 
voi à ce dernier. 

En somme la publication du Cartulaire de Gimont fait honneur 
à M. Clergeac, à la Société historique de Gascogne et aux presses 
de son excellent imprimeur, M. Cocharaux. 

Ch. Samaran. 

Le Gérant : H. CHAMPION. 

Abbeville. — Imprimerie F. Paillait. 



DIE iinRi ui miiDiTK n mm ti 



On sait comment aux registres d'Avignon, dont la 
longue série est conservée aux Archives Vaticanes, à ceux 
surtout de la fin du xiv* siècle et du début du xv% ont été 
annexés de nombreux documents de nature et d'époque 
très diverses par suite d'une grossière erreur de reliure. 
Le recto du folio 525 du registre 305 est formé par une 
lettre close, en mauvais état, déchirée en deux points 
principaux et portant encore les traces du sceau de cire 
rouge qui en scellait les replis. Le roi de France y demande 
avec instance au pape de pourvoir du siège de Nantes, alors 
vacant^ Ithier de Martreuil, son conseiller et maître des 
requêtes, chancelier du duc de Berry, archidiacre de Dijon. 
A Taide de ces données il est possible de dater la lettre 
close du 8 janvier 1392 et de Tattribuer à Charles VI. 

Ithier de Martreuil figure, en effet, à la Saint Jean 1388 
parmi les clercs des requêtes de Thôtel de Charles VI sous 
le titre d'archidiacre de Dijon ^ Nommé le 19 août '392 
évêque du Puy, il est transféré en 1395 sur le siège de 
Poitiers qu'il occupe jusqu'à sa mort survenue en 1403 -. 
Le 4 janvier 1392 il fait partie du Grand Conseil où on le 
retrouve en 1393 et en 1395 3. Cette même année il accom- 

1. Douët d'Arcq^ Comptes de V hôtel des rois de France aux xiv* et 
xv« siècles. Paris, 1865, p. 241. 

2. K. Eubel, Hierarchia catholica Medii Aeti, Munster, 1898, p. 91 et 
419. 

3. Noël Valois, Le Conseil du roi aux xiv% xv« et xvi' siècles. Paris, 1888, 
p. 100; — Ordonnances des rois de France, t. VII, d. -***'' -*t^. 390; — 
Huillard-Bréhoiies, Inventaire des titres de la mai 

t. II, n. 3909 ; — Bibliothèque Nationale, mas. ' 
Moyen Age, t. XIX 



302 G. MOLLAT 

pagne le duc de Berry envoyé en ambassade près de 
Benoît XIII et Tannée suivante, au concile national qui se 
tient à Paris, il soutient avantageusement le parti du roi *. 
Comme chancelier du duc de Berry il touche, en 1 397, des 
gages de 12 francs d'or sans compter la pension, les 
étrennes et les robes * et en 1 400 il approuve les comptes 
de rhôtel ^. Par suite, la supplique du roi de France en sa 
faveur est antérieure au 19 août 1392. 

Or, la vacance de Tévêché de Nantes, à laquelle le roi fait 
allusion, se produisit le 13 septembre 1391 pour ne prendre 
fin que le 19 août 1392 à la suite du choix comme évêque de 
Bonabes de Rochefort*. 

Ces dates concordant parfaitement avec le séjour de 
Charles VI en Touraine s, la lettre close qui est datée de 
Tours le huitième jour de janvier doit être reportée à 
Tannée 1392. 

Quant à la signature du roi, quoique tronquée par la 
déchirure du papier, elle rappelle exactement le premier 
type de signature dont M. Delisle a donné naguère le fac- 
similé et qui est « caractérisée par un trait initial qui 
affecte la forme d'un J; le nom du roi est souligné d'un 
long trait à Textrémité duquel se voient trois petites 
courbes renfermant chacune un point ^. » 

G. MOLLAT. 



1. N. Valois, La France et le Grand Schisme d'Occident. Paris, 1902. 
t. m, p. 45, 104, 139. 

2. Toulgoet-Treanna, Les comptes de Vhôtel du duc de Berry (1370-1413) 
dans Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, t. XVII (1890), 
p. 86. 

3. Douët d'Arcq, op. cit., p. 293 et 315. 

4. K. Eubel, op. cit., p. 372. 

5. E. Petit, Les séjours de Charles VI (1380-1400) dans Bulletin historique 
et philologique du Comité des Travaux historiques et scientifiques, 1893, 
p. 454. 

6. L. Deiisie, Une fausse lettre de Charles VI dans Bibliothèque de VEcolt 
des Charles, .1890, p. 89 et 92. 



LETTRE CLOSE DE CHARLES VI 303 

Très saint père. Combien que nagaires vous aiens escript et supplié par 
nos lettres que à votre saincteté ple[ise promouvoir *] maistre 01i[vier '] 
Darien '\ licencié en loys, à l'eveschié de Nantes vacant à présent, neant- 
moins, pour aucunes causes et consideracions nous mouvans, et par 
l'advis et deliberacion de nos très chiers et très amez oncles les ducs de 
Berry et de Bourgongne et de notre conseil, vous prions et supplions 
très instanment et de cuer que à notre amé et féal conseiller et maistre 
des requestes de notre hostel, maistre Ytier de Martrueil, chancellier de 
Berry, et non à autres, Il vous plaise pourveoir dudit eveschié et audit 
maistre Olivier donner l'arcediaconné de Dijon que nostre dit conseiller 
tient présentement, et, très saint père, tant pour les causes et conside- 
racions dessus touchées comme pour la très grant souffisance, prudence, 
bonté et autres vertuz qui sont en la personne de nostre dit conseiller, 
duquel vous avez assez cognoissance et pour les bons et notables services 
que lui et les siens qui sont moult nobles gens ont faità noz prédécesseurs 
et à nous en plusieurs manières, nous prendrions en ceste chose aussi 
grant plaisance comme en promocion que gaires peussiez faire présen- 
tement à notre supplicacion et requeste, et se seeussions meilleur chose 
vacant vous en escrisissions et suppliessions plus volentiers pour lui car 
il le vault bien. Et semblablement serons très liez s'il vous plest conférer 
le dit arcediaconné audit maistre Olivier, car nous l'avons pour très 
agréable^ tant pour l'amour de lui et de ses bonnes meurs et grant soufli- 
sance comme pour consideracion d'aucuns ses amis et parents qui nous 
ont très longuement servi et servent. Si vueille plaire, très saint Perc, 
que à votre dicte sainteté de condescendre liberaument à nos présentes 
supplications et prières dont nous reputterons estre tenuz à vous et en 
serons plus enclins en voz besoingnes et affaires, sur lesquelles nous 
vueilliez signifier feablement vos bons plaisirs. Et, très saint père, nous 
prions le Saint-Esprit qu'il vous ait en sa sainte garde et vous doinl 
bonne vie et longue au bon gouvernement de sa sainte Eglise. Escript de 
Tours le viij' jour de janvier. 

Votre dévot filz, 

Le roy, Chaul[es ^J. 

Au dos : A notre très saint Père le Pape. 



1. Déchirure. 

2. Idem. 

3. En 1388-1389, Olivier Darien sollicitait de Clément VII un bénéûcc, quoiqu'il 
eût déjà obtenu rexspeclative de la cure de Couênon, au diocèse de Nantes. 
{Archives du Vatican, Suppliques, t. LXXI, f. 178 \\) 

4. Déchirure qui a fait aussi disparaître le nom du secrétaire. 



UNE BIBLIOGRAPHIE 



DE 



« L'HISTOIRE ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE AU MOYEN AGE » 



P. BoissoNNADE. — Les études relatives à Thistoire économique 
de la France au Noyen Age. Leur état actuel. (Extrait de la 
'* Revue de Synthèse historique ", t. IV-V, 1902). — Paris, Cerf, 
1903 ; in-8% 141 p K 

Le travail de M. Boissonnade comprend trois, ou, plus 
exactement, quatre parties : généralités, agriculture et 
classes agricoles, industrie et classes industrielles, et enfin 
commerce et classes commerçantes. 

La généralité des études concernant ces questions se 
trouve, selon l'auteur, dans une double infériorité, par 
rapport aux autres branches de Thistoire en France, et 
aux recherches similaires en Allemagne. Cette « infériorité 
relative » tient à une triple cause : « la conception oratoire 

1. Cet article était écrit depuis un certain temps déjà, quand ont paru 
les « Etudes sur l'histoire économique de l'ancienne France », par 
M. Hauser (Retue d'Econ. polit., 1905), qui, tout en se rapportant plutôt 
à la période postérieure au milieu du xV siècle, touchent dans l'ensemble 
à plusieurs des questions qui vont être traitées ici môme: nous ne 
pouvons que nous féliciter de nous être, à l'occasion, rencontré avec 
l'auteur de ces très intéressantes « Etudes ». 

2. L'ne remarque typographique préliminaire. Pourquoi, dans le tira^ge 
à part, l'éditeur a-t-il donné simplement la pagination de l'extrait, sans 
y joindre la pagination de la Revue ? N'aurait-il pas mieux valu simple- 
ment conserver cette dernière, en évitant au lecteur l'ennui d'établir la 
concordance ? Aussi, dans nos renvois, avons-nous donné d'abord le tome 
et la page de la Revue, et ensuite, entre crochets, la page correspondante 

du tirage à part. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 305 

et philosophique qu'on s'est trop longtemps faite dé l'his- 
toire » ; « des préoccupations d'ordre poHtique et reli- 
gieux » ; « une mauvaise organisation du travail ». On 
peut ajouter que les publications de textes manquent très 
souvent. 

Dans l'ensemble cependant, continue M. B., pour cette 
partie de l'histoire plus que pour toute autre, l'étude 
directe des pièces est indispensable et de longues 
recherches sont nécessaires, parce qu'il n'existe que 
de rares documents proprement économiques et que les 
renseignements se trouvent disséminés un peu partout. 
Tout d'abord, en effet, la variété des textes est grande : en 
général, les recueils législatifs, les arrêts des diverses 
juridictions ; au point de vue local, tous les actes intéres- 
sant les groupements politiques et sociaux, les règlements, 
privilèges, cartulaires de divers genres, les coutumes et 
statuts municipaux et seigneuriaux, les comptes publics, 
urbains ou privés, les registres et minutes de notaires, les 
livres de raison, les inventaires, les testaments, méritent 
d'être consultés. On ne saurait non plus négliger les 
recueils généraux de documents historiques, géogra- 
phiques, littéraires et linguistiques : vies des saints, obi- 
tuaires, descriptions de pays ou de provinces, voyages, 
traités d'économie domestique, répertoires d'archéologie ou 
de linguistique. 

Parmi les ouvrages imprimés, les œuvres d'ensemble 
sur l'histoire universelle ou l'histoire de France, les 
recherches générales sur les institutions, ou, d'autre part, 
les études locales de diverses natures, et, en particulier, 
celles qui intéressent la vie urbaine, peuvent être mises 
à profit. 

Quant aux ouvrages proprement économiques, les tra- 
vaux généraux sont encore très rares et, pour les origines, 
en raison de la connexité, sinon de la confusion, de l'his- 
toire de France avec celle de l'Allemagne, il est même 



306 G. ESPINAS 

préférable de recourir à des recherches étrangères. Il 
n'existe pas d'histoire d'ensemble des faits ; celle des doc- 
trines est au contraire plus développée. Enfin, on a étudié 
quelque peu l'histoire de la population. 

Les trois, et surtout les deux dernières parties, com- 
prennent en somme chacune trois subdivisions : les 
sources ; les faits : généralités, puis détails ; les personnes. 
L'auteur passe successivement en revue les genres de 
documents ou les variétés de sujets, en indiquant au début 
de chaque alinéa l'état des publications ou des recherches, 
pour énumérer ensuite les textes ou les travaux relatifs à 
l'ensemble de la question ou à des points de détail qui s'y 
rattachent. Les articles de revues sont, bien entendu, cités 
comme les ouvrages isolés ; les dissertations anciennes les 
plus importantes sont rappelées au besoin, et aux ouvrages 
français peuvent s'en ajouter d'anglais ou d'allemands. 
Lorsqu'enfin la bibliographie de la question est trop abon- 
dante, M. B. cite en exemple au moins un document ou 
une recherche essentiels. 

L'auteur trouve que, dans son ensemble, l'histoire de 
l'agriculture est assez peu avancée ; celle de l'industrie lui 
semble l'être davantage : cependant il reste encore bien 
des textes à publier et, si le nombre des œuvres est consi- 
dérable, la qualité laisse trop souvent à désirer : la richesse 
est donc plus apparente que réelle. Les études relatives à 
l'histoire du commerce sont à un degré d'avancement 
encore inférieur. Bref, il est encore prématuré dans ces 
trois parties de tenter des synthèses sérieuses, et celles 
qui existent sont presque toujours insuffisantes. 

Que M. B. nous permette d'abord de lui soumettre deux 
simples remarques, l'une de bibliographie, l'autre de mé- 
thode. 

En premier lieu, dans les références des ouvrages et des 
articles de revues, l'auteur n'a pas suivi un système unique. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 307 

Pour les premiers. Tannée est toujours donnée, mais si le 
titre des volumes, le lieu de publication, le libraire, le 
format, sont quelquefois indiqués, très fréquemment aussi 
ils ne le sont pas. Nous pensons que la seconde mention 
seule, le titre, était tout à fait indispensable ; le millésime, 
à vrai dire, est à peu près aussi utile ; les autres mentions, 
et surtout celle du libraire, pouvaient être négligées dans 
une bibliographie de cette longueur. Pour les revues, le 
titre, Tannée, la série, le tome, le mois ou le fascicule, la 
pagination sont indiqués plus ou moins complètement ou 
font défaut. Le titre reste encore nécessaire, quoi qu'il ne 
soit peut-être pas aussi indispensable que dans le cas de 
volumes isolés, puisque le travail n'est plus ici qu'une partie 
d'un ensemble qu'il faut avant tout connaître. Quant à 
Tannée, au tome ou à la série, on ne saurait avoir de règle 
générale : en effet, une année peut comprendre plusieurs 
tomes et une collection plusieurs séries ; la mention du 
tome ou de la série est donc parfois plus utile que celle de 
Tannée. Le mois, le fascicule n'ont guère d'importance. 
La connaissance de la longueur de l'article peut rendre 
quelques services. Bref, à priori, il nous semble que, dans 
les deux genres de références, les titres et les années sont 
preque toujours les indications les plus utiles, si ce n'est 
les plus nécessaires, et n'est-il pas permis de croire, en 
tout cas, qu'il eut peut-être été préférable de prendre, 
autant que possible, un système invariable ? 

L'autre remarque pourra ne paraître qu'une question de 
mots. M. B. écrit, à propos de l'histoire de l'agriculture, 
que « la plupart des ouvrages d'ensemble qui la concernent 
ne font pas de distinction entre la sphère des études 
sociales et celle des études économiques », tout en ajoutant 
que la « délimitation » est parfois « malaisée* ». Si, en 
effet, « les études proprement économiques » concernent 

1. T. IV, p. 329 [p. 29J. 



308 6. ESPINAS 

« les modes d'exploitation^ les produits, les méthodes de 
culture, la valeur et le revenu de la terre, la quotité des 
salaires et le degré de bien-être » des paysans *, « l'étude 
de là condition des personnes et des divers modes de 
tenures... est à la fois du ressort de l'histoire sociale 
et de l'histoire économique ^ » et l'auteur énumère ^ 
alors des travaux généraux ou spéciaux qui portent sur 
« l'étude de l'économie agricole et de la condition des 
paysans* ». Lui-même, plus loin, paraît ranger ces re- 
cherches relatives aux « divers modes de location ou de 
tenure », dans l'histoire spécialement économique ^^ tout 
en reconnaissant, en dernier lieu, que ces sujets relèvent 
« tout autant de l'histoire du droit ^ ». En outre, à propos 
de la « condition économique, matérielle et morale » des 
classes agricoles, il énumère des recherches qui se rap- 
portent à quelques périodes de leur vie, telles que la croi- 
sade des Pastoureaux, la Jacquerie "^ ; puis, comme études 
de détails d'histoire sociale, il cite des travaux qui semblent 
être avant tout relatifs « à la condition des diverses classes 
de la population rurale «». Enfin, il mentionne quelques 
études concernant « le régime administratif auquel les 
paysans ont été soumis ® ». 

La distinction entre l'histoire économique et sociale, 
ainsi que le constate M. B., n'est pas toujours très aisée à 
établir. Cependant, les recherches qui appartiendraient 
proprement à la première, paraissent, en thèse générale-, 
concerner expressément « les modes d'exploitation et de 

1. T. IV, p. 329 [p. 29], et p. 334 [341. 

2. T. IV, p. 329 [p. 29]. 

3. T. IV, p. 330-334 [p. 30-34]. 

4. T. IV, p. 332 [p. 32]. 

5. T. IV, p. 334 [p. 34], 

6. T. IV, p.*335 [p. 35J. 
7: T. IV, p. 342 [p. 42]. 
8. T. JV, p. 343 [p. 43]. 

'*. T. IV, p. 343-344 Ip. 43-44]. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 309 

culture et les produits » : en d'autres termes, ce serait de 
préférence la technique, et ses résultats purement réels. 
En effet, tout ce qui est relatif, sinon « aux valeurs et aux 
prix » des choses, du moins aux salaires des intéressés, en 
raison du côté moins purement matériel de ces questions 
et des conséquences que, tout à fait directement, elles 
peuvent avoir pour les personnes mêmes, serait plutôt déjà 
d'une nature mixte et intermédiaire. D'autre part, les 
études qui semblent toucher de la façon la plus précise à 
l'histoire sociale, intéressent, semble-t-il, la « situation 
matérielle et morale » des individus ou les événements qui 
eh résultent expressément, tels que la croisade des Pastou- 
reaux ou la Jacquerie. Bref, l'histoire économique paraît se 
rapporter plutôt à l'élément réel, l'histoire sociale à l'élé- 
ment humain; l'Une à l'outil ou au travail, l'autre à la main 
ou au travailleur. Mais, comme on peut s'en convaincre aisé- 
ment, des deux côtés on est absolument dans un même 
ordre de choses ; ces deux séries de manifestations ne sont 
rien de plus que des formes, des modalités différentes et 
qui se complètent réciproquement. Aussi, et ce n'est pas 
moins essentiel, leur étude peut et doit donner lieu à une 
même conception et à une unique méthode historiques. Par 
conséquent, puisque la séparation de ces phénomèmes n'a 
aucune valeur fondamentale, en fait, l'érudition ne saurait 
continuellement rétablir, et ne l'établit pas toujours. 

Au contraire, une distinction beaucoup plus apparente 
et plus caractéristique existe entre ces deux simples 
variétés d'une même branche de l'histoire et l'histoire 
juridique. Foncièrement différents sont, à peine est-il 
besoin de le dire, l'économie et le droit, par leur nature 
plus encore peut-être que par leur objet : concrète est 
l'une, abstrait l'autre. L'économie est plutôt une histoire 
de causes et de fins ; le droit décrit de préférence des états 
intermédiaires : c'est la situation économique et sociale de 
fet qui entraîne la formation de coutumes et rélabo\!^.t\û\v 



310 G. ESPINAS 

de lois qui, en elles-mêmes, n'ont jamais qu'une valeur 
à priori. Aussi, à moins encore que ce ne soit qu'une 
simple question de terminologie, alors que M. B. attribue 
à certains sujets tels que « la condition des personnes et 
le régime des terres », un caractère mixte et un peu flot- 
tant, qui les rend d'un classement malaisé, les ferions-nous 
rentrer d'une façon très facile et très nette dans l'histoire 
du droit *. Il ne nous semble pas en effet que la première 
expression doive être prise et le soit réellement dans le 
sens de condition « matérielle et morale », avantageuse ou 
malheureuse, bref, de condition économique et sociale, 
mais dans celle de condition « juridique » : or, l'état de 
principe parait être suffisamment distinct de « la vie » de 
fait. On ne saurait de même identifier la nature des 
recherches sur les modes de tenures à celle des travaux 
sur les formes d'exploitations. En thèse générale, alors 
que les seconds concernent l'utilisation technique des 
terres, les premières, comme M. B., nous nous empres- 
sons de l'ajouter, le reconnaît lui-même finalement, ne 
peuvent se rapporter qu'à l'étude des relations juridiques 
entre le propriétaire du sol et son exploitant. Ces deux 
genres de sujets, enfin, sont d'une, nature absolument 
comparable à celle des questions telles que le service mili- 
taire des roturiers ou les salaires des avoués, qui se 
rattachent expressément au droit public, comme les pre- 
mières concernent clairement le droit privé. Nous ne nions 
pas, naturellement, que telle condition d'exploitant, tel 
mode de tenure, ne puisse à son tour avoir des consé- 
quences économiques pour les intéressés et entraîner pour 
eux des résultats sociaux, tous ces phénomènes se touchent 
et, sous peine de tomber dans des subtilités exagérées, 
inutiles ou erronées, on ne doit pas pousser à l'extrême 
leni* distinction, mais, en même temps, il n'est pas moins 

" simplement au reste les a Y\\slo\Tes diw ôliqnX. ti 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 311 

nécessaire de la reconnaître et de la faire ressortir. En 
effet, si dans Tensemble de ces travaux, il s'agit, bien 
entendu, toujours du même et unique objet général, non 
seulement les recherches particulières diffèrent essentiel- 
lement suivant que leur nature est administrative ou réelle, 
législative ou matérielle, mais, et par cela même, on consi- 
dère les unes et les autres avec des conceptions différentes 
et dans des conditions diverses : un juriste ne pense ni ne 
travaille comme un économiste. Bref, puisque toutes ces 
études ne cessent de concerner la même branche principale 
de l'histoire économique, certaines peuvent s'opposer à 
d'autres peut-être plus en principe, que toutes ne sau- 
raient se séparer en fait, et il est possible que les travaux 
réels ne concordent pas toujours avec les considérations 
théoriques ; mais il n'est cependant pas niable que cette 
dissemblance se constate, et souvent, parmi les recherches 
d'érudition *. 

En effet, on peut le voir pour quelques-uns des ouvrages 
que cite M. B. Le plus général, « L'histoire des classes 
rurales en France », de M. Sée, n'examine certainement 
pas (c tous les sujets qui forment le domaine mixte de 

1. Nous avons été amené dernièrement par un simple hasard, dans 
un C. R. rédigé d'ailleurs postérieurement à cet article (Voy. Viertelj. 
fur Social'Und Wirtschaftsgeschichte^ 1903, p. 649 ss.). à parler de ces 
mêmes questions de méthode. Si nous y faisons allusion, c'est simple- 
ment parce que nos remarques ont donné lieu à quelques très inté- 
ressantes et fécondes observations de M. Simiand (« Notes critiques », 
n" 53, mars 1906 ; joindre même revue, n»" 55-36, mai-juin 1906). 
M. S. a noté entre autres choses que le qualificatif « social » peut être 
pris dans un double sens : général, « qui concerne la société » ; parti- 
culier, « qui concerne l'état matériel et moral des travailleurs », dans 
la signification où nous l'employons ici. (Voy. en effet simplement Littré, 
Dictionnaire, sub v°.) A vrai dire, la première signification s'applique 
à des phénomènes autres que l'histoire (sciences sociales, travail social, 
etc..) ; la seconde, à l'histoire sociale, qui sont deux ordres de choses 
bien distincts l'un de l'autre et dont le second^ au moins, est suffi- 
samment spécial. Néanmoins, en vue d'éviter toute confusion, il faudrait 
donc trouver un terme destiné à remplacer ce qualificatif. Ceci posé. 



312 6. ESPINAS 

rhistoire sociale et de Thistoire économique » : ce n'est ni 
de Tune ni de l'autre, croyons-nous, que s'est occupé 
l'auteur, mais uniquement d'histoire du droit. Cela est si 
vrai, que son livre se termine par un court chapitre intitulé 
au contraire : « De la condition matérielle et morale des 
paysans * », et qui commence ainsi : « Si l'on peut se repré- 
senter avec exactitude la nature du régime domanial 
[histoire juridique], il est plus difficile de saisir d'une 
façon précise ses conséquences économique^ et de décrire 
scientifiquement la condition matérielle et morale des 
paysans » (histoire économique, puis sociale). De même, 
les deux mémoires de cet auteur sur les classes rurales en 
Bretagne * et en Champagne ^ ont uniquement une nature 

avec M. S., nous admettrions que l'histoire économique, dans son 
ensemble, pourrait peut-être comprendre trois parties générales : 

V Technologie: produits et productions ; quoique rentrant dans l'éco- 
nomie, en raison de sa nature très spéciale, elle pourrait mériter une 
place séparée et primordiale : c'est, au fond, la base des connaissances ; 

2* Economie proprement dite: elle comprendrait ce qu'on appelle, 
dans ses conditions les plus générales, l'organisation réelle du travail 
(incl. prix et même salaires), mais à l'exclusion absolue de ses consé- 
quences personnelles ; 

3^ Un terme à trouver, composé par exemple du mot grec ou latin 
désignant les artisans ou les ouvriers et d'un suffixe tel que « logie » : 
c'est l'histoire sociale telle que nous l'entendons. Elle comprendrait 
essentiellement deux éléments : 

a) La théorie: condition ou régime, individualiste ou collectif; ce 
n'est peut-être que ce que l'on appelle communément a l'histoire du 
droit », économique. 

bj La pratique: les événements (p. ex. les luttes du capital et du 
travail). 

Il va de soi que les détails de cette division resteraient à préciser et, 
au besoin, à discuter ; mais, en thèse générale, s'il n'est pas toujours 
possible ni d'ailleurs utile de vouloir établir des catégories trop tran- 
chées^ il ne semble pas douteux aussi qu'il soit des plus profitable et 
même nécessaire de chercher à fixer les grandes lignes d'une classi- 
fication. 

1. P. 537-557. 

2. Annales de Bretagne^ t. XI et XII, 1896 et 1897. 
3, jRevue historique, t. LVl et LVU, 1894-1895, 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 313 

juridique*; il n'en est pas au fond autrement de ses 
recherches concernant les hôtes *. Les deux travaux de 
Fustel de Coulanges sur « L'Alleu et le domaine rural 
pendant l'époque mérovingienne » et sur « Le Bénéfice et 
le Patronat » pendant la même période ^ sont bien cer- 
tainement, et surtout le second d'une façon presque exclu- 
sive, de l'histoire du droit. Lorsque, par exception, l'auteur 
ne se place pas à ce point de vue, il le dit aussi nettement 
que possible ; « Après avoir constaté [chez les Romains] le 
droit de propriété sur la terre, il faut voir comment ce droit 
s'exerçait, il faut chercher ce qu'était le domaine rural... 
en quoi il consistait, comment il était cultivé ^ etc.. * ». De 
même, « la condition légale de l'affranchi n'avait pas beau- 
coup changé depuis l'antiquité : sa condition réelle se 
modifia d'avantage ^ » . Et encore : « L'homme fut-il plus 
heureux comme serf qu'il n'avait été comme esclave ^ ? » 
Après avoir analysé les charges du colon, il recherche si 
ces charges étaient lourdes, quel était le prix de la tenure '^. 
De même, dans un court travail sur le servage en Sologne, 
de Maulde s'est placé uniquement au point de vue juri- 
dique ®. Nous croyons qu'on pourrait citer encore d'autres 
exemples. Dans ces conditions, puisque le côté juridique 
d'une question, sans se confondre avec le côté économique 
ou social, ne saurait cependant s'en disjoindre entièrement, 
la mention des ouvrages précédents et de quelques autres 
de même nature était utile, mais il importait sans doute de 
faire remarquer que tous ces travaux n'étaient en aucune 
façon rien de plus que ce que l'on pourrait appeler des 

1. Sauf peut-être le § VII du second article. 

2. Nouv, Rev. hi'st, de Droit, 1898. 

3. Paris, 1889 et 1890. 

4. L'Alleu, etc., p. 15. 

5. P. 298-299. 

6. P. 387. 

7. P. 418-419. 

8. Revue historique, juillet 1887. 



314 G. ESPINAS 

« histoires du droit rural », et aussi bien pour les personnes 
que les choses. 

Nous regretterions infiniment de paraître attacher à ces 
deux remarques de détail une importance que nous ne 
songeons nullement à leur donner, en face de la valeur 
générale si essentielle de la bibliographie de M. B. On ne 
saurait vraiment assez admirer Ténorme travail bibliogra- 
phique auquel Tauteur s^est livré et les résultats qu^il a 
obtenus. On hésiterait d'autant moins à le faire que les 
ouvrages de cette nature rentrent dans la catégorie des 
recherches plutôt ingrates, et cependant, malgré la quantité 
vraiment singulière de travaux cités et de noms énumérés, 
M. B. n*a pas cessé de donner à son étude une forme des 
plus claires et d'une lecture agréable : la peine n'apparaît 
nulle part. Quant au fond lui-même, l'absence de bibliogra- 
phies antérieures de même ordre augmentait encore les 
difficultés du sujet. Néanmoins, l'auteur n'a pas hésité, et 
on doit lui en savoir un gré tout particulier, à considérer 
son travail d'une façon très large à deux égards : pour les 
sources, où il a énuméré tous les genres de documents à 
étudier indirectement ou directement, sans les limiter aux 
seuls textes proprement économiques, avertissant ainsi 
fort utilement les travailleurs de la difficulté spéciale des 
recherches de cette espèce ; pour un certain nombre de 
sujets de nature mixte, qui restent cependant indispen- 
sables à connaître, tels que des questions d'archéologie ou 
d'histoire de la civilisation. Malgré la diversité des matières, 
M. B. est toujours des mieux informé : il n'y a presque 
pas de points ou de régions sur lesquels il ne nous apporte 
des renseignements très complets et précis: non seulement 
les travaux locaux, les simples articles de revues ou, mieux 
encore, d'almanachs, sont des plus familiers à l'auteur, mais 
il ne connaît pas moins les principales recherches anciennes 
que leur date fait trop souvent oubliera tort, comme égale- 
ment les ouvrages les plus importants d'origine étrangère 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 315 

D'autre part, tout est sagement et parfaitement apprécié, 
en quelque sens que ce soit. Bref, la masse des indications 
réunies et la sûreté de la critique sont assez grandes pour 
que cette bibliographie puisse constituer, au début du 
xx^ siècle, une synthèse de nos connaissances sur Thistoire 
économique de la France pendant le Moyen -Age : elle 
forme un instrument de travail nécessaire à quiconque 
aura à s'occuper de ces questions. 

Il serait à souhaiter que sa lecture augmentât le nombre 
et la qualité de ces travailleurs. M. B.,on Ta vu, est bien 
plutôt très pessimiste sur l'état des études économiques en 
France, aussi bien d'une façon relative qu'absolue. Peu de 
choses ont été faites, et ce qui existe est de valeur souvent 
médiocre. Non seulement nombre de questions n'ont 
même pas été abordées, mais dans celles que l'on a entre- 
prises, la plupart du temps de simples ébauches ont été 
réalisées et l'ensemble est à reprendre presque entière- 
ment. Bref, la quantité fait défaut et la qualité n'en com- 
pense certainement pas l'absence. 

On ne peut malheureusement qu'être tout à fait d'accord 
avec M. B. et il paraît préférable d'avouer d'abord franche- 
ment le mal, pour chercher ensuite à y remédier. Il n'est 
que trop vrai que, depuis un demi-siècle, les études d'his- 
toire des faits économiques au Moyen- Age en général, et 
plus spécialement les travaux d'histoire urbaine qui en 
sont une des formes caractéristiques, ont été beaucoup 
trop négligées et que trop peu d'érudits en ont compris 
rintérêt propre. On n'a pas cherché à en former une partie 
spéciale de l'histoire comme on y est arrivé à l'étranger, et 
ainsi qu'on l'a réalisé en France même pour certaines 
branches très connexes telles que l'histoire des doctrines 
économiques, l'histoire du droit ou la numismatique. Lç 
retard est si grand que, ainsi que le constate avec trop de 
vérité M. B., nous sommes bien souvent obligés, pour 
connaître notre propre histoire au Moyen- Age, d'\xV\\\sfô\: 



316 G. ESPINAS 

des travaux du dehors, en profitant de la nature similaire 
des institutions. Certaines questions, en effet, et de pre- 
mière importance, qui par ailleurs ont donné lieu à des 
travaux multiples et à des discussions passionnées, telles 
que celles de l'origine des villes ou des corporations, n'ont, 
il faut bien le dire, à peu près suscité chez nous ni le 
moindre essai, ni la plus petite controverse, et sans qu'on 
puisse dire que les litiges aient été définitivement résolus 
à l'étranger, tout aurait mieux valu en France qu'un silence 
presque absolu. Possède-t-on également des recherches sur 
certains problèmes fondamentaux d'économie rurale tels 
que la formation et l'administration des grands domaines 
laïques ou ecclésiastiques *, sur certaines industries telles 
que la draperie, qui fit la richesse de tant de villes et 
même de certaines provinces, sur des questions finan- 
cières qui ont tenu une place considérable dans l'histoire 
des villes et qui se rattachent au développement de la 
fortune en général, par exemple l'impôt direct et en parti- 
culier son assiette, ou enfin sur tel point de l'histoire com- 
merciale comme l'histoire du crédit, surtout privé, et plus 
spécialement de la lettre de change ^ ou encore sur le rôle 
réel des grands marchands ? 

Sur ces sujets et çur bien d'autres, on manque tout à fait 
de travaux, ou, suivant la juste remarque de M. B., de 
recherches conçues dans un esprit suffisamment critique. 
Leurs auteurs .apportent presque toujours beaucoup plus 
d'enthousiasme qu'ils n'ont acquis dé science, pour traiter 

1. M. Thévenin a écrit : « L'histoire de la formation des seigneuries 
territoriales en France n'a pas été faite ni même abordée. » (Les Communia 
dans Mélanges Renier, p. 144, n<^ 1.) 

2. Voy. Huvelin, C. R. de Des Marez, La lettre de foire à Ypr es /" Revue 
historiquej, t. LXXVII (1901), p. 152; et le même, Travaux récents sur 
Vhistoire de la lettre de change f Annales de Droit commercial français, 
étranger et intern, ; 1901, n* 1 (Paris, 1901), p. 3). Mais il convient d'ajouter 
que ces deux articles de M. Huvelin constituent par eux-mêmes de véri- 
*»hles contributions originales. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 317 

des matières qui paraissent cependant en exiger tout parti- 
culièrement. Telle question économique leur semble curieuse 
ou pittoresque à étudier : ils n'hésitent pas à prendre une 
nature de sujet toute spéciale^ mais ils se gardent bien 
d'employer la méthode propre qui peut convenir à son 
examen. Ils font de l'histoire économique comme ils ont 
écrit, peut-être, ou comme ils composeraient de l'histoire 
narrative ou externe ; ils rassemblent des faits ou ils ali- 
gnent des chiffres, mais ils n'y mettent aucune idée carac- 
téristique, ils n'y font entrer aucune considération d'en- 
semble, ils n'en tirent aucune conclusion fondamentale 
propres à l'espèce des questions dont ils s'occupent : bref, 
ils se contentent d'analyser des textes, mais « ils ne pensent 
pas en économistes * ». Il semble, en effet, que le défaut le 
plus grave qu'on puisse leur reprocher, est une ignorance 
trop complète des principes essentiels économiques ou 
même juridiques 2 ; ils n'ont sur ce point ni éducation ni 
connaissances. Dans ces conditions, la presque totalité de 
leurs ouvrages est rédigée à un point de vue beaucoup 
trop étroit ou restreint et se perd dans des détails inutiles. 
Leur lecture peut sans doute apprendre quelques faits; elle 
a l'inconvénient grave de ne permettre aucun rapproche- 
ment, de ne susciter aucune généralisation. Tout au 
contraire, le seul moyen de communiquer un réel intérêt 
à leurs travaux et d'en faire des œuvres vraiment scienti- 
fiques, serait, semble-t-il, de chercher à rattacher tons ces 
événements, de valeur secondaire par eux-mêmes, à des 
considérations d'ensemble, de s'efforcer de ramener ces 
points isolés à des règles générales suffisamment éprou- 

1. Voyez Bûcher, Die Entstehung des Volkicirtschaft, 2* éd., prélace, 

p. VII. 

2. Combien peu de Français, par exemple, connaissent l'ouvrage cité à 
la note précédente, dont une traduction a pourtant paru et dont la lec- 
ture est si fructueuse, quelle que soit même l'appréciation que Ion émette 
sur les théories qui y sont exposées et développées. 

Moyen Age, t. XIX 22 



318 G. ESPINAS 

vées, dont les détails locaux ou industriels seraient uni- 
quement regardés comme Tapplication. Ainsi, ce qui est 
absolument fondamental, en accordant moins dMmportance 
aux faits et plus aux principes, ils éveilleraient des idées, 
ils suggéreraient des comparaisons fructueuses, bref, ils 
abandonneraient le particulier pour le général, ils dépasse- 
raient les limites de leur travail et ils rendraient enfin leurs 
études spéciales utiles et nécessaires pour la composition 
d'œuvres d'ensemble. Naturellement, que peuvent être ces 
dernières avec Tabsence de monographies ou des monogra- 
phies sans valeur, sinon des compilations erronées ou 
vagues ? En un mot, à tous égards, il faudrait moins de 
faits et plus de théories, moins d'analyses et plus de syn- 
thèses, et par cçla même, il ne serait pas inutile d'être 
parfois moins concret et plus abstrait K 

1. Nous voulons dire que les travaux français, qui se contentent trop 
souvent d'énumérer des faits de détails, étant ainsi avant tout concrets et 
analytiques, présentent sans doute par cela même un avantage indé- 
niable, car ils sont précis et clairs, mais en même temps ils ont une 
certaine sécheresse et quelque manque d'ampleur, qui ne leur donnent 
fréquemment qu'un intérêt relatif. Au contraire, il est rare qu'on ne 
trouve pas, même dans de simples dissertations inaugurales des étudiants 
allemands, quelques principes généraux, au besoin, disons-le, un peu 
hypothétiques et vagues, mais qui ont l'avantage singulier d'être beau- 
coup plus larges et « suggestifs. » On objectera que l'on fait volontiers 
en France de la sociologie (Voy. V Année sociologique). Il est facile de 
voir, qu'e^ ce cas, l'histoire n'est pas une fin, mais un simple moyen, 
qu'on ne compose pas do travaux historiques, mais qu'on se borne à les 
utiliser, qu'enfin on ne se livre pas à des recherches matérielles d'éru- 
dition, mais à de pures études intellectuelles. Ne semble-t-il pas que, 
par sa nature, le Français, d'un côté, passionné d'idéal et de clarté, 
n'a peut-être pas, en général, de dispositions très spéciales pour l'his- 
toire, qui est essentiellement une science de faits et de travaux pratiques; 
qu'en particulier, il est encore moins porté à l'histoire économique, dans 
laquelle les caractères précédents s'accusent plus nettement aussi ; que 
cependant, pour l'histoire même, s'il s'y consacre, et dans quelque 
branche que ce soit, il aime relativement plus les réalités que les 
doctrines, très simplement parce que les premières seules, vraiment 
préciseSf répondent mieux à son besoin inné de netteté; mais que, d'autre 
'^rt^ dans J'ensemble, il préière Yes It^n^wil ^Vms uniquement intellec- 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 319 

Quant aux causes premières du mal, telles que les 
indique M. B., on ne peut également que les admettre. Ce 
sont, il est vrai, plutôt des questions de méthode dans 
Texamen détaillé desquelles il ne convient pas ou il serait 
trop long d'entrer ici. Deux des motifs allégués, une fausse 
compréhension des études historiques et Tisolementdans la 
préparation du travail touchent sans doute à certains côtés 
du tempérament national, un peu dédaigneux d'une con- 
ception matérielle de Thistoire et toujours très individualiste 
dans Texécution des recherches. De même, l'influence des 
idées politiques ou religieuses de l'auteur sur la façon 
dont il comprend son sujet, se fait sentir dans cette partie 
de rérudition plus que dans toute autre, par suite de l'im- 
portance si grande qu'ont prise les questions économiques 
réelles au moment actuel ; bien des auteurs se laissent 
ainsi entraîner à faire hors de propos des comparaisons 
entre le passé et le présent et à transporter leurs opinions 
individuelles parmi des recherches rétrospectives. Dans 
le cas spécial si important des corporations, à quel esprit 
d'apologie ou de dénigrement à priori leur étude n'amène- 
t-elle pas, à combien d'éloges ou de critiques prématurés 
leur considération ne donne-t-elle pas lieu, alors que 
cependant on les connaît presque toujours aussi mal que 
possible et que peut-être le seul point essentiel qui semble 
probable à leur sujet est, comme le remarque M. B. *, une 
restriction singulière dans la réalité du rôle considérable 
qu'on leur prête d'habitude en imagination, si bien que ce 
paraît être une grave erreur que de considérer l'organisa- 
tion du travail comme contenue tout entière dans la forme 
corporative : on doit donc avoir en principe une double 

tuels, tels que la sociologie, tout autant voisine de la philosophie? Si 
quelque opposition semble exister entre certains de ces traits, elle est, 
croyons-nous, beaucoup plus apparente que réelle et ne les empêche 
nullement de pouvoir au fond tous parfaitement se concilier. 
1. Joindre Hauser, Ouvriers du temps passé, (Paris, 1899.) 



320 6. ESPINAS 

raison scientifique et naturelle de ne pas porter à Tégard 
de ces associations de jugements extrêmes^ qui les fassent 
condamner ou louer outre mesure, sans rien savoir à peu 
près de réel à leur égard. 

Il n'est donc que trop vrai que les recherches d'histoire 
économique n'ont pas atteint en France le développement 
que l'on pourrait souhaiter, et ce retard comme cette infé- 
riorité sont d'autant plus regrettables que ces études ont 
donné lieu par ailleurs à une véritable floraison de travaux 
et même à une conception et à une méthode historiques 
toutes nouvelles. Mais, cette constatation faite et ce regret 
exprimé, ne serait-il cependant pas permis de remarquer 
aussi que, dans cette partie de l'érudition comme dans 
un certain nombre de questions historiques ou autres, 
c'est peut-être nous qui avons donné l'exemple, qui avons 
créé, innové et conquis, si nous n'avons pas continué, 
gardé et développé, si nous n'avons pas fait fructifier les 
germes que nous avons été des premiers, sinon les pre- 
miers, à planter, si donc, faute de persévérance, nous 
n'avons pas su retirer d'un premier succès les avantages 
qu'il aurait dû légitimement nous procurer. On ne saurait, 
en effet, oublier le moment auquel, dans les trois branches 
de l'histoire économique, ont été publiées trois œuvres 
vraiment capitales pour l'époque de leur apparition, res- 
tées encore d'ailleurs pleines de valeur, la première et la 
dernière comme travaux proprement d'institutions, la 
seconde plutôt comme recueil de documents, mais accom- 
pagnés de considérations toujours dignes d'intérêt. Ces 
ouvrages parurent dans le second tiers du xix* siècle. 

Ce sont d'abord, pour l'histoire de l'agriculture, les 
« Prolégomènes au Polyptique de l'abbé Irminon », publiés 
dès 1844, par B. Guérard ^ Si quelques parties n'intéres- 

i. Le texte avait paru dès 1836 > 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 321 

sent proprement que l'histoire du droit *, la plupart se 
rapportent plus ou moins complètement à l'économie 
rurale; tels sont avant tout les chapitres relatifs aux 
monnaies et aux mesures, ceux aussi qui concernent les 
différentes espèces de biens, les redevances, les services et 
enfin tous les « Commentaires ^ ». L'auteur a écrit avec 
juste raison : « En comparant mon travail avec les écrits 
antérieurs, on pourra reconnaître que je n'ai copié per* 
sonne 3 ». Et néanmoins, par l'étendue et par le résultat 
de ses recherches, en particulier par son souci passionné 
des définitions précises et claires *, il a élevé, on l'a dit 
encore récemment, « un monument admirable ^ », tel même 
que a ses conclusions générales n'ont peut-être guère été 
modifiées depuis [plus d'] un demi-siècle. » Le premier, 
B. Guérard a fait, en somme, l'histoire d'un grand domaine, 
c'est-à-dire de la forme originale et fondamentale de la pro- 
priété rurale au Moyen-Age. En outre, à un point de vue 
plus spécial, dès 1832, il avait publié, d'après une partie 
du Polyptique, « l'Aperçu de la Statistique de Palaiseau à 
la fin du règne de Charlemagne ^ » ; dans ses Prolégomènes y 
modifiant, à vrai dire, ses idées premières, il reprit le 
même sujet, et c'est à cette question que se trouve consa- 
crée la partie finale, les « Commentaires ». Il s'efforça 
ainsi « de mettre en lumière les notions de statistique 
comparée que comporte son sujet "^ ». On a dit que « tout 
ou presque tout... était conjectural dans ses explications ^ », 



1. Chap. VI : état des personnes ; chap. vu : de la condition des terres. 

2. Chap. IV, V, vii^, viii^ ix; les « Commentaires x> sont à la fin de Tou- 
vr^ge. 

3. Préface^ p. ii. 

4. Préface^ p. i-ii. 

5. Longnon, réédition du Polyptique (Paris, 1886-95, 2 vol. 8°), 1. 1, p. 11. 

6. P. 167-190 de V Essai sur le système des divisions territoriales de la 
Gaule^ 

1. Longnon, p. 11. 

8. Longnon, p. 234 ; s'applique au travail de 1832. 



322 G. ESPINAS 

et que même, bien que le Polyptique « soit certainement de 
beaucoup le plus précis des documents de même ordre 
que nous ait légués la période franque », et que « Ton ait 
pu croire qu'il servirait un moment à de fructueuses 
études de statistique comparée, les tentatives faites en ce 
sens depuis plus de soixante années... ne permettent 
guère de conserver cette illusion * ». Il n'en faut pas moins 
reconnaître à l'auteur le très rare mérite d'avoir publié la 
première étude spéciale que nous possédons sur un genre 
de questions particulièrement difficiles et délicates ; quant 
à l'emploi des hypothèses, qui donc songerait à le blâmer 
dans une nature de recherches, où il parait impossible 
d'obtenir quelques résultats sans en faire usage et qui ne 
comporteront jamais, sans doutey que des approximations ; 
même, la critique d'une telle méthode ne serait-elle pas 
particulièrement regrettable pour un pays où l'on n'utilise 
les conjectures en matière historique qu'avec trop de 
réserve peut-être ; et si enfin le Polyptique n'a pas encore 
donné .pour les recherches statistiques ce que B. Guérard 
en avait espéré, rien n'autorise à penser qu'il en sera tou- 
jours de même, et encore une fois, l'originalité si hardie du 
premier auteur qui Tait étudié ne s'en trouve nullement 
diminuée. 

Ainsi, certainement, B. Guérard a créé l'histoire de 
l'économie rurale à un moment où personne encore ne 
s'en était occupé ; il l'a fait dans des conditions telles que 
la majeure partie de ses œuvres a à peu près conservé 
toute sa valeur ; enfin, pour la France même, ses travaux 
ont un intérêt en quelque sorte doublement historique, 
puisque dans les recherches de cette nature, il a été 
malheureusement presque le premier et le dernier, il est 
entré dans une voie où, en somme, il n'a pas été suivi; 



i. LoDgnoUf p. 231. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 323 

en particulier, nous Tavons dit, l'histoire des grands 
domaines reste à faire toute entière ^ 

Ce que nous constatons pour les études sur l'histoire 
de l'agriculture s'observe avec bien plus de vérité encore 
au sujet de l'histoire de l'industrie. On peut répondre ici 
à un double regret de M. B., sur l'absence de recherches 
et sur le manque d'organisation du travail : non seulement 
il y eut une œuvre personnelle, mais il se fit un travail 
collectif ; à côté d'une direction unique, se créa une orga- 
nisation multiple et locale du travail, qui aboutit à des 
résultats des plus sérieux : ce furent les « Monuments sur 
l'Histoire du Tiers-Etat ^ », d'Aug. Thierry. Remarquons 
.d'abord que si le premier volume parut en 1850, l'œuvre 
fut commencée dès 1834 ^. Dès ce moment aussi, par consé- 
quent, A. Thierry avait entièrement compris tout l'intérêt 
de l'histoire économique et sociale, représentée pour lui 
par celle du Tiers-Etat. Par suite, il a montré avec une 
parfaite clarté, surtout dans Vlntroduction placée en tête 
du premier volume des MonumentSy l'importance essentielle 
de l'histoire urbaine : « L'histoire du Tiers-Etat, écrit-il, 
c'est l'histoire même du développement et des progrès de 
notre société civile et du monde moderne * ». « Le recueil 
des Monuments doit mettre au grand jour... la prodigieuse 
activité de combinaisons sociales qui durant quatre siècles, 
du XII' au xvi% n'a cessé de s'exercer ^ ». Et encore : « La 

1. Voy. p. 316, n. U une remarque de M. Thévenin à ce sujet. 

2. Paris, 1850-64, 4 vol. 4° ("Collection des Documents Inédits). 

3. Voy. X. Charmes, Le Comité des travaux historiques et scientifiques 
(Collection des Doc, InéditsJ, t. II (Paris, 1886), pièce 4, p. 19 (A la date 
du 27 novembre 1834). Il est cependant assez singulier de voir A. Thierry 
dire lui-même : « La pensée d'éclaircir les origines de l'histoire du Tiers- 
Etat par la publication d'un grand recueil de documents inédits appar- 
tient à M. Guizot... C'est lui qui, en i836 m'a confié l'exécution de ce 
travail. » {Recueil, t. I, Avant-propos, p. v; Essai sur VHistoire,., du 
Tiers-Etat, p. 367 (Paris, 4836, 8»). 

4. Introduction, p. i ; Essai, p. 1. 

5. Rapport du 10. mars 1837 « sur les travaux de la collection des 



324 G. ESPINAS 

renaissance d'une société urbaine rouvrit les voies tradi- 
tionnelles de la civilisation et prépara toutes choses pour 
le renouvellement de la société politique * ». Comme consé- 
quence du lien précédemment indiqué entre l'histoire 
urbaine et les faits économiques, il voulut, écrit-il, « réunir 
en une seule collection... les statuts et actes municipaux 
et les statuts et règlements d'arts et métiers : à mon avis, 
cette fusion est nécessitée par les rapports intimes de la 
vie municipale et delà vie industrielle au Moyen-Age*». 
Une autre remarque singulièrement juste doit également 
être mise en lumière. A. Thierry s'était parfaitement rendu 
compte de la véritable révolution économique qui s'ac- 
complit aux XII' et xiii* siècles. Il a vu que la vie urbaine a 
été, avant tout, une réaction contre la vie domaniale : 
« L'action des villes sur les campagnes, dit-il, est l'un des 
grands faits sociaux de cette même époque ^. Aussi, une 
nouvelle civilisation, dans le sens le plus général du mot, 
est-elle née à ce moment. Le xii* siècle fut l'origine du 
monde social des temps modernes * », « il posa les fonde- 
ments d'un ordre de choses qui, se développant jusqu'à 
nous, est devenu la société moderne ^ ». Bref, « les instincts 
novateurs [de la bourgeoisie], son activité, les capitaux 
qu'elle accumule, sont une force qui réagit de toutes 
manières contre la puissance des possesseurs du sol, et, 
comme aux origines de toute civilisation, le mouvement 
commence par la vie urbaine ^ x . Ainsi se trouvent parfai- 
tement mis en présence et opposés l'un à l'autre les deux 

monuments inédits de l'histoire du Tiers-Etat, dont la direction lui est 
confiée. » (Charmes, Le Comité, t. 11^ p. 52, n* 1 ; l'extrait donné se trouve 
p. 58). 

1. Introd,, p. XXVII, Essai, p. 25. 

2. Recueil, Avant-propos, 1. 1, p. vu ; Essai, p. 369. 

3. Introd., p. xxv; Essai, p. 21. 

4. Introd., p. xxiv ; Essai, p. 20. 

5. Introd., p. xxvii ; Essai, p. 24. 

6. Introd., p. xxiv-xxv ; Essai, p. 20-21. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 325 

courants économiques, les deux organisations sociales qui 
se partagèrent successivement le Moyen-Age, avec toutes 
les conséquences qui en résultèrent. Et cela est si vrai, 
qu'il n'y a guère à changer à tous les principes précédents. 
A. Thierry s'est certainement trompé sur les origines des 
institutions elles-mêmes, de même qu'il n'en a pas connu 
suffisamment les détails, mais lorsqu'il regarde, d'une 
façon générale, la vie urbaine comme un phénomène qui 
ne se relie à rien dans le passé, il ne fait que devancer des 
théories récentes, et celles-ci, au fond, n'ont à certains 
égards fait que le préciser. 

Mais ce qui n'est pas moins remarquable que ses idées, 
ce qui, pour la France, l'est même bien davantage, c'est le 
résultat pratique auquel elles aboutirent. On sait que la 
réunion des textes relatifs à l'histoire du Tiers-Etat fut 
l'un des principaux buts du « Comité des Travaux Histo- 
riques », fondé et organisé à ce moment \ et auquel se 
rattachèrent toutes les sociétés savantes de Paris et de la 
province. « A l'appel du Comité, elles répondirent partout 
avec un admirable entrain ^ ». Il y eut, d'une part, une 
organisation générale du travail dans tout le pays, une 
centralisation intelligente, uniquement établie en vue de 
stimuler et de diriger les recherches locales, de coordonner 
et de recevoir tous leurs résultats ; et d'autre part, il se 
manifesta un désir ardent et un souci particulièrement vif 
de faire connaître tout ce qui intéressait la plus grande 
partie, le fond même de l'histoire économique et sociale 
du Moyen-Age ^. « Une vaste enquête était ouverte à Paris 
et dans toute la France » ; « elle mettait en lumière » dans 
tous les dépôts scientifiques de la capitale et du rçste du 

1. En 1834 (Charmes, Le Comité des Trav. hist, t. II, pièce 2, p. 7). 

2. Charmes, ouvr. cité, t. I, Introduction, p. cliii. 

3. Voy. Circulaire de M. Guizot aux Société savantes, relative aux rap- 
ports des Sociétés savantes des départ, avec le ministère, du 23 juillet 
1834 (Charmes, Le Comité, etc., t. II, pièce 3, p. 9). 



326 G. ESPINAS 

pays, « toutes les pièces pouvant se rattacher à Thistoire 
municipale et industrielle des villes, bourgs et villages de 
l'ancienne France* ». Aussi A. Thierry a-t-il eu certaine- 
ment raison de dire que « jamais pareille masse de docu- 
ments inédits n'a été réunie sur un point quelconque de 
notre histoire^ ». 

Le résultat définitif fut double. D'une part, on forma une 
collection manuscrite de renseignements et de copies de 
documents sur l'histoire urbaine depuis les origines jus- 
qu'à la fin de l'Ancien Régime ^. Cette collection, bien 
entendu, est loin d'être complète, mais il eut suffi d'un peu 
d'efforts pour la tenir au courant et l'achever, et en somme, 
elle demeure un monument d'une richesse incomparable, 
un ensemble absolument nécessaire à consulter pour qui- 
conque veut étudier l'histoire de l'organisation muni- 
cipale et de ses conséquences économiques en France. En 
second lieu, de 1850 à 1870, parurent les quatre premiers 
volumes des « Monuments du Tiers-Etat », d'A. Thierry 
et Ch. Louandre, consacrés à l'histoire de l'Amiénois et 
du Ponthieu, et tout spécialement à Amiens et à Abbeville. 
Pour la première fois, une large part y est faite, à côté de 
pièces d'ordre proprement juridique, aux textes concer- 
nant l'industrie et le commerce. Ces volumes n'ont pas 
qu'un intérêt local. Comme les villes qui y sont repré- 
sentées se trouvent situées entre la Seine et l'Elbe, c'est-à- 
dire dans une partie de l'Europe où les institutions muni- 
cipales eurent une oçigine et un développement similaires, 

1. Louandre, Recueil des Monuments, t. IV, Avertissement, p. 2. 

2. Rapport d'A. Thierry sur les travaux de la Collection des Monuments 
inédits de l'histoire du Tiers-Etat, du 6 mai 1838 (Charmes, Le Comité, 
t. II, p. 72, n°l; le passage cité se trouve p. 79). Voy.. aussi Salvandy, 
(( Rapport au roi sur l'état des travaux exécutés de 1835 à 1847 pour le 
Recueil des Doc. inédits. » (15 avril 1847, Charmes, Le Comité, t. II, n<» 33, 
p. 119 en particulier). 

3. Bibliothèque Nationale, mss. desNouv. acquis, franc, n<^* 3375-3429 
(copies), et 3432-3477 (analyses et renseignements). 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 327 

les documents de cette collection permettent nombre de 
comparaisons intéressantes, entre les communes de Picardie 
eï les principaux centres urbains des pays environnants. 
Mais avant tout, par eux-mêmes, leur publication, comme 
les faits quUls rapportaient, fut presque une révolution. 
En résumé, dès 1838, A. Thierry pouvait dire : « Main- 
tenant le travail est organisé, il y a un concours de zèle, 
d'efforts, il y a une méthode, des règles, des traditions * ». 
Bien certainement, si le mouvement avait continué tel 
qu'il fut à ses débuts, la France posséderait à l'heure 
actuelle une collection absolument complète et unique, 
non seulement de documents municipaux, mais d'histoires 
urbaines : le détail seul resterait à perfectionner. Malheu- 
reusement, ce qu'A. Thierry commença et organisa, per- 
sonne ne le poursuivit ; il fut, encore une fois, en ces 
matières, le premier et le dernier travailleur ; après lui, 
tout zèle cessa, toute organisation disparut et l'on ne peut 
même pas dire que l'individualisme se substitua à la cen- 
tralisation : on ne fit, sinon plus rien, du moins pas assez -, 
Et tous les documents rassemblés avec tant d'efforts, il 
y a plus d'un demi-siècle, gisent non seulement inutilisés, 
mais oubliés, parmi les manuscrits de la Bibliothèque 
Nationale. 

1. Rapport précédemment cité du 6 mai 1838 (Voy. p. 326, n. 2). 
(Charmes, Le Comité t., II, p. 72, n» 1 ; le passage cité se trouve à la p. 80). 

2. Saos doute, depuis A. Thierry, plusieurs travaux ont paru, en parti- 
culier sur l'histoire muncipale du Nord de la France, et nul plus que 
nous ne tient à en reconnaître tous les mérites, surtout de ceriains 
d'entre eux. Cependant, nous croyons qu'ils auraient pu justement 
être rédigés à la fois avec un esprit plus scientifique et dans un intérêt 
moins local, en profitant, par exemple, de diverses recherches générales, 
déjà faites à l'étranger sur des questions similaires, telles que celles 
d'Arnold, d'Heusler, de Von Maurer, et morne, quand ce ne serait que 
pour le réfuter, de iNitzch. — Cette note était rédigée depuis assez long- 
temps, lorsque nous avons eu connaissance d'un article de M. Pirenne 
sur « Les villes flamandes avant le xn" siècle ». On nous permettra d'y 
renvoyer pour le point spécial auquel nous faisons allusion. {Annales 
de l'Est et du Nord, t. 1, 1903, p. 10^1) 



328 G. ESPINAS 

Ainsi, sans rien exagérer, il n'est pas douteux 
qu'A. Thierry fut un précurseur *, à la fois au point de vue 
des idées, et, ce qui n'est pas moins précieux, de la 
méthode du travail : « il ouvrit à l'érudition des voies 
inexplorées* », et d'autre part, ce ne fut pas un simple 
séminaire local qu'il créa, ce fut une véritable organisation 
nationale. 

Enfin, pour la troisième partie de l'histoire économique, 
l'histoire du commerce, sans avoir d'œuvré comparable 
aux précédentes, au moins pour l'ancienneté, n'est-il pas 
permis de signaler un travail essentiel, par le sujetcomme 
par la méthode, et qui parut dès 1865 : c'est 1' « Etude sur 
les Foires de Champagne » de Bourquelot^. En effet, 
l'importance de ces « fîestes » n'était pas seulement locale, 
ni même nationale ; <c il se faisait autour d'elles un énorme 
mouvement de richesses, elles exerçaient une influence 
colossale sur le commerce du monde civilisé tout entier* »; 
d'autre part, en raison même de leur extension, elles con- 
tribuèrent essentiellement, plus qu'aucun autre phéno- 
mène de même ordre, à la formation du droit des foires 
en particulier, et aussi au développement de tout le droit 
commercial dans son ensemble *. Leur étude amène donc 
naturellement à passer en revue presque toute l'histoire 
des faits comme de la jurisprudence économique pendant 
une partie du Moyen-Age, lors de son apogée. Bourquelot 
s'en rendit parfaitement compte : « J'avoue, dit-il, que je 
me suis fait une idée très élevée du but que j'osais pour- 
suivre^ »; c'est que « en donnant des notions sur les réu- 
nions commerciales les plus nombreuses et les plus actives 

1. Cf. à ce sujet, Hauser, Eludes,,,, citées, p. 8 du tir. à part. 

2. Recueil des Monuments, t. IV, Avertissement, p. m. 

3. Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions^ 
2* série, Antiquités de la France, t. V, Paris, 1865, 1 vol. 4o, en 2 parties. 

4. Huvelin, Essai histor, sur le droit des foires, p. 250. 

5. Huvelin, p. 250-258. 

6. 2* partie, p. 2 II continue ainsi : « J'ai pensé que les développe- 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 329 

qui se soient produites au centre de la France au Moyen- 
Âge, j'ai ^ensé que mon travail aurait une application plus 
étendue et plus générale que son titre ne semblait l'annon- 
cer * ». Les résultats auxquels il aboutit ne trompèrent pas 
les espérances que sa conception et sa méthode avaient pu 
faire naître. L'étendue des recherches, l'abondance et la 
précision des informations, comme la variété des questions 
traitées, ont permis à l'auteur de composer une œuvre qui, 
justement par le côté plutôt proprement économique que 
juridique, a mérité de demeurer absolument classique pour 
tous ceux qui s'occupent d'une partie quelconque de 
l'histoire économique du Moyen-Age : quel que soit le sujet 
qu'on étudie, il n'y a guère de doute qu'on ne trouve dans 
« l'Histoire des Foires de Champagne », un précieux ren- 
seignement ou une utile indication. Et non seulement le 
travail de Bourquelot n'a pas été refait, mais comme dans 
les cas précédents, il n'a paru aucun ouvrage de même 
ordre qui puisse lui être égalé ou comparé. 

Il semble donc que, sans y apporter aucune exagération, 
lorsqu'en France l'érudition voudra reconnaître aux re- 
cherches économiques toute l'importance qu'elles méritent, 
elle ne fera au fond que revenir à des idées et à des études 
qu'elle a depuis trop longtemps oubliées et délaissées, 
mais dont elle n'a certainement pas été la dernière à 
apprécier toute la valeur. 



Corrections et additions. — Nous ajoutons ici quelques 
corrections et additions, mais en tenant essentiellement à 
dire que les unes sont inévitables dans une Bibliographie 

ments auxquels je me suis laissé entraîner avaient l'avantage d'étendre 
au delà d'un cercle particulier et restreint la portée de mes observations, o 
1. 1" partie, p. 2-3. 



330 G. ESPINAS 

OÙ se trouve citée une telle multitude de noms et de tra- 
vaux, et que les autres se rapportent presque uniquement 
à la région de la Flandre et de l'Artois que nous connais- 
sons plus particulièrement. 

Tome IV 

P. 304 [4]. « Des professeurs (allemands) tels que... Duncker »; nous 
n'en connaissons pas de ce nom. Un candidat au doctorat, H. Duncker, a 
publié tout récemment une Inaugural- Dissertation sous le titre de 
Das mittelalterliche Dorfgewerbe (Leipzig, 1903), mais, outre que ce livre 
est postérieur au travail de M. B., ce n'est probablement pas à son auteur 
que M. B. veut faire allusion, et il a dû commettre uûe confusion que nous 
croyons pouvoir expliquer. — M. B. mentionne des « revues spéciales » 
d'histDire économique telles que les Blàtter filr.Handel, Gewerbe u, sociales 
Leben : d'après un renseignement que, sur notre demande M. von Belowa 
bien voulu nous communiquer, cette publication ne contient en somme 
pas d'articles sur les sujets indiqués. — Outre les revues énumérées 
pour l'histoire économique, on doit citer la Zeitschrift fur die gesammte 
Staatstcissenschaft, p. par Schâfïle et Bûcher (1902^ 53' année). 

P. 305 [5]. Les Archives de V Histoire de France de Langlois et Stein ont 
reçu un court complément par une brochure de M. L. Mirot : Les Inven- 
taires d'Archives, {Extrait du C. R. des travaux du congrès bibliogra- 
phique international, tenu à Paris en 1898. Paris, 1899, 25 p., 8°). — Pour 
la Bibliographie de l'histoire économique dans son ensemble et. en parti- 
culier, de l'histoire corporative, on trouvera d'utiles renseignements, 
quoique recueillis et rédigés à un point de vue spécial, dans la partie 
historique de l'Année sociologique, p. sous la direction de M. Durckheioo, 
depuis l'année 1896. (Paris, 1898 et ss., S^). 

P. 307 [7], n. 5. Guérard n'a pas publié le Polyptique de S. Germain- 
de-Prcs et les Prolégomènes en « 2 vol. 1840 », mais le premier en 1836, 
et les seconds en 1844 (1, puis 2 vol. 4°). — N. 6. La réédition par 
M. Longnon ne comprend pas « 3 vol. 1890-95 »; mais 2 vol. 1886-95. 

P. 308 [8J. Le Cartulaire de l'Abbaye de S. Berlin, p. par B. Guérard, 
doit être complété par les Chartes de S. Berlin (648-1779), p. par les abbés 
Haigneré et Bled. Saint-Omer, 1886-99, 4 vol. 4o. — N. 8. Le Cartulaire 
général de Paris, par R. de Lasleyrie, ne forme pas une publication com- 
plète parue en 1899: le 1" vol., seul paru (528-1180), est de 1887. 

P. 309 |9], n. 1. Compléter, surtout pour Amiens, les Monuments du 

Tiers-Etat, d'A. Thierry; par Beauvillé, Recueil de doc. inédits concernant 

la Picardie, cité d'ailleurs p. 323 [23]. — N. 10. Le Livre Rouge de, l'Hôtel 

de Ville de Saint-Quentin a été p. par Bouchot et Lemaire ; des Archites 

anciennes de la même ville, le 1. 1 seul a paru. — N. 11. L'Inventaire chro- 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 331 

nologiqtte des Chartes de la ville d*Arras a bien été publié par M. Guesnon, 
mais sans nom d'auteur et sans date, vers 1862 (Cbavanon, Histoire de 
VArtois (Bibliothèque des bibliographies critiques), n» 62). Quant au Livre 
rouge de la Vingtaine d'Arras, le même érudit n'en a absolument donné 
que ïlntroduction (Bulletin histor. et philol. du Comité des Trav. histor. 
Paris, 1893, 41 p., 8°). A joindre pour Arras, à l'Inventaire de 
M. Guesnon, les Chartes et documents concernant Véchetinage dWrras 
[1190*1493] p. par Harbaville (Arras, 1865 ou 1866, 8o) ; fait d'ailleurs en 
partie double emploi avec le précédent recueil. — N. 13. Le Roisin est 
in-4o. — Ajouter, parmi les recueils de coutumes municipales du Nord de 
la France, Tailliar, Recueil d^actes des XIV et XIIP s. en langue romane 
wallonne du Nord de la France; Douai, 1849, 8°. Se rapporte d'ailleurs 
avant tout à Douai et est d'une correction relative, mais très précieux 
néanmoins. 

P. 310 [10]. N. 4. Les coutumes locales du bailliage dWmiens, p. par 
A. Bouthors (Soc. Antiq. de Picardie; Amiens, 1845-53, 2 vol. 4') ont été, 
il ne faut pas l'oublier, « rédigées en 1507 ». — N. 7. L'édition des Cou- 
tumes de Beauvaisis, de Beaumanoir, p. par Beugnot, doit être remplacée 
par celle de Salmon (Paris, 1899-1900, 2 vol. 8o). — N. 8. L'édition des 
Etablissements de S^-Louis, par P. Viollet, comprend non pas « 3 », mais 
4 vol. — N. 15-16. M. B. parait mentionner pour l'édition des Coutumes 
de la Réole, d'Imbart de la Tour, une éd. publiée dans les Annales de la 
Faculté des Lettres de Bordeaux (1893, p. 221-263) et une autre antérieure 
en 1886 : c'est évidemment par inadvertance, car il semble bien qu'il n'y 
jamais eu qu'une publication, celle de 1893. 

P. 312 [12]. Pour Robert Mignon, voy. Langlols (Ch.-V.), Inventaire 
d*anciens comptes royaux dressés par Robert Mignon sous le règne de Ph. 
de Valois, Paris, 1899, 4°. (Recueil des historiens de France, p. p. l'Acad. 
des Inscriptions, Doc. financiers, t. I). — N. 5. La publ. de M. Viard, Les 
Journaux du trésor de Ph. VI de Valois, ne comprend pas « 2 vol. 8°, 1900- 
1901 », mais 1 vol. 4% 1899. — N. 13. « Les comptes concernant... l'hôtel 
des comtes de Flandre, du Hainaut et des ducs de Bourg, édités par 
J. Finot. » Edité est un peu exagéré: M. Finot a simplement mis une 
introduction à un inventaire d'archives, et donné (ainsi que dans le t. Vlll 
suivant) de très nombreux extraits de ces comptes. Nous devons avouer 
d'ailleurs, que ce système de reproductions d'extraits extrêmement longs 
de documents d'archives doit être employé avec beaucoup de scrupules, 
car, pour des dépôts tels que celui des Archives départementales du Nord, 
qui est d'une richesse particulière, il aura pour effet de reculer indéfini- 
ment l'achèvement de l'inventaire, en laissant ignorer complètement la 
majeure partie des collections. 

P. 313 [13]. Au sujet de « la comptabilité des villes, » voy. pour Amiens 
de nombreux extraits concernant surtout les marchés passés par la Com- 
mune pour ses constructions, dans VInventaire sommaire des Arch. 



332 G. ESPINAS 

Comm. antér. à i790, t. IV, série ce (t. 1, 1377-1597), p. par G. Durand, 
Amiens, 1901, 4o. Sans doute l'éditeur a suivi un peu le système de 
M. Finot que nous venons de critiquer, mais le dépôt est beaucoup moins 
considérable, et l'inventaire a pu être complet en moins de 2 vol. 

P. 321 [21], n.5. Le renvoi à la «partie mérov. et carol. » de la Deutsche 
V. /*. g,, de Waitz, « 3' éd., 1882 », n'est pas tout à fait exact, car Tannée 
1882 a seulement vu continuer la public, de la 3' édit. (t. 1, 1880 ; t. Il, 1-2, 
1882) et, depuis la mort de Waitz, le travail se continue sans être même 
terminé. — - Waitz doit être, au reste, sinon remplacé, au moins com- 
plété par Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, Berlin, 1887-92, 2 vol. 8**. 

P. 323 [23], n. 2. Prou, La Gaule mérovingienne, notée comme étant de 
1898, a paru sans millésime, en 1897. — § 2. Pour la Bibliographie, pour 
le Nord de la France, consulter la Bibliographie de VHistoire de Belgique, 
par H. Pirènne (2' éd., Bruxelles, 1902, 8° ), I, 3^-^; et spécialement pour 
l'Artois, dans la Biblioth. des Bibliogr. critiques, p. par la Soc, des Et. 
histor., VHistoire de l Artois, par J. Cbavanon (Paris, 1902, 8°), en parti- 
culier, les § III et vu. — N. 7. VHistoire du Hainaut français et du Cam- 
brésis, par Raymond (et non « Raynaud », Paris, 1899, 8°), ne mérite vrai- 
ment pas la peine d'être citée, d'autant mieux que les trois premiers 
livres, qui seuls se rapportent au M. A., ne contiennent rien de relatif à 
l'bistoire économique. — N. 10. Pour la Picardie, Beauvillé, comme son 
titre l'indique, est un Recueil de documents inédits, 

P. 324 [24], n. 11. Pour Saint-Omer, à Giry joindre un assez bon 
ouvrage de Deschamps de Pas, Histoire de la ville de Saint-Omer depuis 
son ongine jusqu*en 1870 (Publ. dans le Dictionn. histor, et archéoL du 
Pas-de-Calais, S.Omer, 1879, 8°, et, à part. S.-Omer, 1880, 8*») ; le tirage à 
part renferme des pièces intéressantes relatives à l'étape. — N. 18. Vhis- 
toire de la ville d'Amiens par de Galonné est mallieureusement bien 
dépourvue de valeur scientifique et, en particulier pour le commerce et 
l'industrie, ne comprend que quelque pages se rapportant au xiii* siècle. 
(T. I, p. 199-214;. Voy. à la rigueur du même : La vie municipale au XV* s. 
dans le Nord de la France (Paris, 1880, 8«), exclusivement relatif à 
Amiens. Le meilleur travail, spécial, à vrai dire, publié sur cette ville, 
est un Essai sur le régime financier de lav. d*A. duIlV* s. à la fin du 
XVr s, (13b6-i688j^d.v Maugis (Mém. Soc. Antiq. de la Picardie, t. XXXIII, 
Paris, 1899, 8o). — N. 19. FiclierouUe (et non « Ficherolle »), Bailleul, ses 
origines et ses seigneurs, ses industries, ses incendies, ses gildes, a un titre 
assez captivant, mais n'est qu'une brochure quelconque de vulgarisation; 
de plus, pour toute l'histoire économique du M. A., il ne mentionne 
qu'un privilège de draperie du 10 mars 1427 (p. 18-20). — N. 25. 
Faure (H.), Histoire de Moulins, 2 vol. 1900 et non « 1901 ») ne contient 
à peu près rien de relatif à l'histoire économique (voy. t. 11, p. 410-415, 
487-490, 578-582, 601-602), et le peu qu'il renferme sur cette question 
ne se rapporte pas au M. A. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 333 

P. 325 [25J, n. 3. La partie consacrée à l'histoire économique dans 
ÏHistoiredeVabbayede S, Martial de Limoges, par Cb. de Lasteyrie, ne 
nous semble guère, il faut l'avouer, « très instructive » : ainsi les seules 
connaissances bibliographiques de l'auteur se réduisent à... d'Avenel 
{Histoire écon. de la propriété en France), ouvrage « qui fait aujourd'hui 
autorité » (!I) (P. 276, n. 2). 

P. 326 [26], n. 1. Le Nouveau Dictùmn. d'Econ. politique peut être très 
avantageusement remplacé par le HandwbrterbuchderStaatstcissenschaften, 
p. par Conrad, Ëlster, Lexis et Lœning ; 2' éd., Leipzig, 1898-1901, 2 vol. 
8o. — N. 6. Rogers, L'interprétation économique de Vhistoire (trad. franc, 
par Castelot), se rapporte en somme exclusivement à l'Angleterre. 

P. 327 [27], n. 2-3, 5-6. Remarquer que les travaux de Rambaud, Cossa, 
A. Espinas, Ingram, concernent bien moins le M. A. que les autres 
époques : en particulier Cossa et Ingram ne contiennent à peu près rien 
sur cette période. — N. 8. La 1" éd. de l'ouvrage de Bûcher, Die Entstehung 
der Volksvcirtschaft, est de 1893 et non de « 1892 » ; depuis, deux autres éd. 
ont paru, et en 1901 a été publiée une traduction française de cet ouvrage 
par Hansay, sous le titre d'Etudes d*histoire et d*écon. politique (Paris- 
Bruxelles, 8«). — N. 11. Bohm-Bawerk (trad. par Bernard); 2 vol. 1902- 
1903 et non « 1902 », ne comprend, pour tout le M. A., que quelques 
pages relatives aux canonistes (t. I, p. 19-27) : tout le reste, sauf de courtes 
remarques sur l'antiquité et le xvi® s., concerne exclusivement les xviii*'- 

XIX' s. 

p. 328 [28]. Pour les travaux sur l'histoire de la population, il est indis- 
pensable de consulter Bûcher, Die Bevôlkerung von Frank fur t a. Main im 
XIV u. XV Jahrh. (T. 1, seul paru ; Tubingen, 1896, 8"). — Après le mém., 
restreint d'ailleurs, de B. Guérard sur la statistique de Palaiseau (1832), 
publié, on le sait, à la suite de V Essai sur le système des divisions territ, de 
la Gaule, le premier travail d'ensemble sur la population française est 
celui de Dureau de la Malle, Mémoire sur la population de France au 
XIV* s. [1328-1367]. (Mém. de Vlnstitut. Acad. des Insaiplions, i, XIV, 
2« partie, p. 36-53. Paris, 1840, 4*»). — N. 12. L'article de Ch. Portai sur 
Cordes se trouve dans la Biblioth, Ec, Chartes, 1894, et non « 1893 ». 

P. 330 [30], n. 4. Réville, Les paysans en France au Xlir tt au XIV' s., a 
paru dans Revue intern. de Sociol., 3* année, 1895 et non « 1896 »: c'est 
le tirage à part qui est de 1896. — N. 5-6. Les articles de M. d'Arbois 
de Jubainville parus dans la Revue celtique, 1887 et 1888, et la Biblioth, 
Ec, Chartes, 1886, sur l'origine de la propriété foncière, peuvent être plus 
simplement remplacés par son livre mùme : Recherches sur l'origine de la 
propriété foncière et les noms de lieux habités en Frajice. (Paris, 1890, 8°). 
— N. 7-8. Ces notes, se rapportant à deux ouvrajjes de F. de Coulaoges, 
doivent s'appliquer, l'une au travail sur l'Alleu, l'autre au vol. sur le 
Bénéfice et le Patronat. 

P. 331 l31]. Sur l'état et la répartition des terres dans les Royaumes 
Moyen Age, t. XIX 23 



334 G. ESPINAS 

barbares, joindre aux ouvrages cités, Thibault, L'impôt direct dans le$ 
royaumes des Ostrogoths, des Wisigoths et des Burgondes (Nouv. Rev. 
histor.de Droit, 1301-1902). — N. 8 et 10. Pour l'application du capitulaire 
De VUlis à la Flandre, et en général l'histoire de l'agriculture danscette 
région au M. A., voy. Pirenne, La Chancellerie et les Notaires des comtes 
de Flandre (Mélanges Julien Havet, p. 733-748; Paris, 1895, 8o) et du 
même, Hist de Belgique^ t. I, livre I, chap. V, et livre 11, chap. IV*. 

P. 332 [32], § 1. Comme ouvrage sur la propriété foncière urbaine, 
voy. Génestal, La tenureen bourgage. Etude sur la propnété foncière dans 
les villes normandes (Paris, 1900, 8"). — N. 11. « A. de Galonné. L'agricul- 
ture dans la Picardie et l'Artois. ln-8<>, 1882-1^86 ». Il s'agit sans doute 
de l'ouvrage de cet auteur intitulé : La vie agricole sous Vancien régime 
en Picardie et en Artois (Paris, 1883, 8°), qui eut une 2« édit. sous le titre 
de : La vie, etc. dans le Nord de la France (Paris, 1885, in-12); mais ce 
travail ne remonte pas au delà de Colbert. 

P. 335 [35], n. 5. La 2' éd. de VHistoire du Droit civil français de 
M. P. Viollet est de 1893 et non de « 1894 ». — N. 7. Deux seulement des 
Etudes sur les contrats de M. Esmein, ont paru dans la Nouv. Revue histor, 
de droit (1880-83) ; la troisième ne se trouve que dans le volume publié 
sous ce même titre en 1883 (Paris, S^); voy. au reste la Préface. 

P. 336 [36]. Sur la question de la propriété rurale commune, voy. un 
intéressant article de bibliographie critique, paru d'ailleurs postérieure- 
ment au travail de M. B., de M. von Below, Das kurze Leben einer viel 
genannten Théorie (Ueber die Lehre vom UreigentumJ (Beilage zur Allgt- 
meinen Zeitung, 1903, n" 11-12) ; il n'a examiné, au reste, que les ouvrages 
étrangers, mais, d'aprèà lui, on est d'accord aujourd'hui pour recon- 
naître que ce mode de propriété n'a jamais existé. - Aux ouvragen cités 
sur les Communia, joindre pour la Belgique, mais intéressant aussi, par 
suite, la France du Nord, les deux travaux d'Errera, les Wareskais 
("Annales de la Soc. d'Archéol. de Bruxelles, t. VIII ; Bruxelles, 1894, 8*) et 
Les Masuirs. Recherches histor. et jurid. sur quelques vestiges des formes 
anciennes de la propriété en Belgique (Broixelles, 1891, 2 vol. 8»). — N. 10. 
L'article de M. Sée sur Les Droits d'usage {Revue intem. de sociol., 1898), 
a été reproduit dans son ouvrage sur les Classes rurales, p. 117-123 et 
490-525. 

P. 442 [42], § 1 Depuis la publication du travail de M. B., les positions 
de la thèse que M. (^louzot devait soutenir à l'Ecole des Chartes sur les 
Marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du x« à la fin du xvr s. ont paru 
dans les Positions des thèses,^, de 1903 (Maçon, 1902, 8<>) et le travail 
lui-même a paru en 1904. — N. 9-10 : elles doivent être interverties. 

P. 444 [44], n. 8. « L'ouvrage très approfondi d'Huberti » {Die Friedens- 
ordnung in Frankreich, 1892) ; l'éloge nous parait exagéré, et il semble 
que ce travail puisse être très avantageusement remplacé par les 
recherches de Brunner sur le même sujet (dans sa Deutsche Rechtsges- 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 335 

chichte et dans la Zeitschrift der Samgny'Stiftung, partie german., années 
1882 et 1890. 

Tome V 

P. 45 [48], n. 7. Fagniez, Documents, est de 1898-1900 et non de 1895- 
1900. Nous croyons que ce recueil aurait été d'une utilité beaucoup plus 
grande s'il avait été publié sous une forme non pas chronologique, mais 
méthodique, d'après chaque partie de l'industrie et du commerce : de 
cette façon, on aurait pu suivre l'histoire des diverses branches de 
l'histoire économique. Ce dernier système a été employé en somme par 
Keutgen dans ses Urkunden zur stadtischen Verfassungsgeschichte 
(Berlin, 1899-1901, 2 vol. 8*) et il nous parait bien préférable. 

P. 46 [49], n. 5. 11 faut se déOer tout particulièrement des publications 
de l'abbé Van Drivai sur les tapisseries d'Arras. Voy. d'ailleurs plus 
loin, p. 70 [73], n. 7-8. 

P. 47 [50], n. 5. Les Mém, Àcad. Arras de 1890, ne renferment, comme 
travail d'histoire économique, qu'un article de J.-M. Richard sur Les 
Barbiers chirurgiens de Bélhune (cité d'ailleurs par M. B., p. 95 [98], 
n. 2). 

P. 50 [53], n. 14. L'article de Richard, moins les pièces justificatives 
I et III, forme le chap. XXII (La peinture) de son livre sur Mahaut, 
comtesse d'Artois (Paris, 1887, 8°) : ce travail, très soigné, est d'ailleurs 
à consulter pour tout ce qui touche l'Artois à ce moment. 

P. 59 [62], n. 4. Doren ne s'est pas occupé des corporations en général, mais 
uniquement des gildes. — Schmoller a étudié la renaissance économique, 
non pas du « xii* », mais du xiii' s., dans Strassburgs Blute u. die volks- 
wirthschaftliche Révolution im XIII Jahrh. (Strasbourg, 1875, broch. 8°). 

P. 60 [63], n. 3. Les ouvrages de R. Eberstadt sont évidemment dignes 
d'estime^ mais sa théorie de l'origine domaniale des corporations n'a 
guère eu de succès, même en Allemagne. Voy. Von Below, Die Entste- 
hung des Handwerks in Deutschland (Zeitschrift fur Social-und Wirts- 
chaftsgeschichte, Band V, 1897) ; et Territorium u. Stadt (Munich, 1900, 8°), 
les deux derniers chapitres. — Sur l'organisation du travail aux diverses 
périodes du" M. A., voy. la dissertation de Bûcher, Die gewerblichen 
Betriébssysteme in ihrer geschicht. Entwickelung, dans Die Entstehung, 
etc.. 

P. 61 [64], n. 5 et 7. La « conférence » de Parenty, Etude sur VindiAstrie 
et le commerce de la v. d'Arras ; le travail de l'abbé Cappliez, Histoire des 
métiers de Valenciennes et de leurs saints patrons (1893, et non « 1894 ») 
peuvent, sans aucun inconvénient, être laissés absolument de côté. — 
N. 8. Outre l'ouvrage cité de Flammermont, voy. du même, Histoire de Vin- 
dustrie à Lille (Lille, 1897, in-12). 



336 G. ESPINAS 

P. 63 [66], n. 19, 20 et 21. Il ne nous semble pas réellement que Ton 
puisse citer parmi « les plus remarquables » histoires des villes, celles de 
Saint-Quentin par Picard, d'Abbeville par Prarond, et d'Arras par 
Lecesne, et surtout pour l'histoire économique, en raison à la fois de la 
petite quantité et de la médiocrité complète des renseignements. Picard, 
S. Quentin, De son commerce et de ses industries (S. Quentin, 1865-67 
et non « 1865 », 2 vol. S^) ne contient que quelques indications inutili- 
sables (T. I, p. 52-80 et 96-108) ; Prarond forme des sortes d'annales 
classées selon la suite des maieurs de la ville et composées d'une série de 
faits minuscules, dénuésàtous égards d'intérêt, autant qu'il estpossiblede 
rètre (voy. p. ex. pour l'histoire économique p. 127-128, 143-144, et 251- 
252) ; Lecesne, enfin, (1880 et non « 1899 ))) n'est guère qu'un tissu d'erreurs. 
— N. 22. La référence de M. B pour l'Histoire de llouhaix par Leuridan 
« 1863, 8" )), n'est pas tout à fait exacte. Ce travail comprend 5 parties 
parues de 1859 à 1863, et la seule qui intéresse l'histoire économique est 
la quatrième, formant le t. V : Histoire de la fabrique de R. (R., 1863, S^). 
De plus, il convient de ne pas oublier que R , malgré son importance, 
n'existait pas en somme économiquement au M. A. et que le premier texte 
économique qu'on possède sur cette ville est une concession de draperie 
de Ch. le Téméraire, du 1«' nov. 1469 (Voy. Leuridan. Sources de l'his- 
toire de R.y 1. 1, n* 319, p. 250 (R., 1882, 4") ; Histoire de la fabrique, citée 
plus haut, p. 15-17, et enfin Les égards de la manuf. de Roubaix 
(t. XVIII des Mém. de la Soc, d^Emulation de R.), R., 1896, 8*). — N. 26. 
Le 1. 1 de VHistoire de Nancy par Pfister, n'est que de l'histoire narrative 
et ne contient en somme absolument rien qui concerne l'histoire écono- 
mique : voy. p. 252 258 (confrères et corporations) et à la rigueur le 
chap. VI', p. 148-177 (administration). 

P. 64 [67], n. 9. VHistoire de Moulins, par Faure, nous l'avons dit, ne 
se rapporte pas en tout cas à l'histoire économique du Moyen-Age. 

P. 65 [68], n. 2. Le travail sur les moulins paru dans la « Revue hisL, 
t. XXXIl, p. 86-99 » est celui de M. Viollet ; l'étude de Thévenin avait été 
publiée dans le t. XXXI, p. 241-258 : les deux articles ont, d'ailleurs» une 
portée uniquement juridique. — N. 12. Les Positions de thèse de l'Ecole 
des Chartes (1894) de M. Prinet, sur les salines de la Franohe-Comté, sont 
devenues un vol : Uindustrie du sel en Franche-Comté avant la conquête 
française, (Besançon, 1900, 8"). 

P. 76 [70], n. 10. Godarf, L* ouvrier en soie de Lyon, ne commence qu'en 
1466 avec Louis XI (p. 3) et en réalité pas avant le xvi* s., comme l'in- 
dustrie elle-même d'ailleurs. 

P. 68 [71]. La draperie existait, semble-t-il, avant tout dans l'Artois et 
mieux encore dans la Flandre. Malheureusement rien n'a été publié sur 
cette industrie classique dans la région, sauf peut-être pour Saint-Omer 
dans VHistoire de S. 0. par Giry, pour le xiii° s., et dans Les anciennes 
communautés d'arts et métiers de S. 0. par Pagart d'IIermansart, pour les 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 337 

xiT*et XV* S. ; pour Lille, voy. les 2 vol. de Flammermont déjà cités, et à 
la rigueur pour Arras, quelques textes dans le Cartulaire [de Guesnon], 
pour Douai, 5 doc. de 1247-1261, dans Fagniez (Doc, t. I, n" 164, 188, 
191, 192, 195) et pour Comines des bans du 20 février 1450 p. en flamand 
et trad. en français par De Cleene (Annales Soc, Emul, pour l'étude de 
VhUt et des antiq. de la Flandre ; t. XXIV, p. 366-383 et 436-446 ; Bruges, 
1872, 8'.). Enfln, d'une façon générale, lire passim Pirenne, Hist, de 
Belgique, t. I et II. — Sur l'organisation du tissage dans le haut M. A., à 
l'époque carolingienne {Genitium Fronhofswirtschaft) voy. le chap. I 
d'une intéressante dissertation de Klumker, Der friesiscke Tuchhandel zur 
Zeit Karls des Grossen und sein Verhàllnis zur Weberei jener Zeit (Inaug, 
Dissert., Emden, 1899, 8<>). — Pour Amiens (et aussi Abbeville) on trou- 
vera un certain nombre de textes dans les Mon. du Tiers Etat, d'Aug. 
Thierry. — N. 9. 11 ne nous semble réellement pas qu'on puisse consi- 
dérer l'ouvrage de Janvier, Les Clabault, Une famille amiénoise (4° et 
non <c S^ ») comme une monographie qui aurait « élucidé l'histoire de la 
draperie d'Amiens » : on y trouve tout au plus quelques vagues renseigne- 
ments sans aucune importance sur ce sujet (p. 4, 10, 139-140 (sayetterie) 
et 269-273). — N. 10. La draperie à Cambrai, citée sans nom d'auteur et 
sans date, a pour titre exact : Durieux^ Les drapiers Cambrésiens, Cam- 
brai, 1886, broch. 8° (Extrait des Mém.Soc. Emul, Cambrai, 1886). Joindre 
pour la draperie des articles cités p. 45 [48], n. 4 ; 47 [50], n. 6-10 ; 
49 [52], n. 4-6 ; et 50 [53], n. 8. — N. 15. « Nûerling » à corriger en 
« Nûbling ». 

P. 69 [72], n. 1. Sur la bibliographie de la teinture, voy. la plaquette de 
Garçon citée p. 45 [48], n. 4. — N. 2. Sur la teinture chez les anciens, con- 
sulter Blûmmer, Technol. und Termin, der Geicerbe und Kûnste bel Gnechen 
und Bômem, P. (Leipzig, 1875, 8»). — N. 18. L'histoire des merciers 
(KramerJ a été étudiée, on peut le dire, par tous les historiens écono- 
mistes allemands, car ces petits commerçants constituaient par excel- 
lence les KUinhàndler. 

P. 70 [73], n. 7-8. Joindre pour les tapisseries d' Arras, l'article de Van 
Drivai cité p. 46 [49], n. 5, et aussi les travaux auxquels renvoie Cha- 
vanon (Bibliographie de 1') Histoire de lArtois, n" 476-477, 480-484. La 
question de l'apparition des tapisseries d'Arras avant le xiv® s. ou depuis 
cette époque, a donné lieu à plusieurs discussions entre MM. Van Drivai 
et Loriquet, partisans de la première opinion, et Guesnon, défenseur de 
la seconde. M. Guesnon a, sans aucun doute, absolument raison, et les 
travaux de ses adversaires sont purement négligeables : malheureuse- 
ment, lui-même n'a pas donné l'histoire des hautes lisses d'Arras que, 
seul, il serait en état de publier. 

P. 75 [78]. Sur l'organisation économique générale de l'art des cons- 
tructions, ne pas oublier de consulter l'intéressant travail de Brutails, 



338 G. ESPINAS 

Dev>x chantiers bordelais (U86'iS2i) (Paris, 1901, 8'). Extrait du Moyen- 
Age, 1899-1901). 

P. 237 [103]. A joindre aux travaux sur le rôle des associations mar- 
chandes dans la formation de la vie municipale, les recherches de Keutgen 
{Untersuch, ûber den Ursprung der deutschen Stadtverfassung ; Leipzig, 
1895, 8'), et de Rietschel {Markt u Stadt : Leipzig, 1897, 8'). — N. 10. La 
brochure de M. Von Below, Die Verwaltung des Mass-und GewirMswesens, 
est une réponse à un article de Schmoller, Die Verwaltung des Ma^s-und 
Gewichtswesens im M. À. (Jahrbuch fiir Gesetzgpbung, 1893), et il est indis- 
pensable de la compléter par un travail de Kûntzel, Ueber die Verwaltung 
des MasS'Und Gewichtswesens in Deutschland wàhrend des M, A, (Leipzig, 
1894, 8°), qui a défendu la théorie de Schmoller. La question ne paraît pas 
entièrement résolue. 

P. 337 [108], n. 7. M. B fait à M. Pirenne et à l'auteur de ce C. R. beau- 
coup d'honneur en disant qu'ils ont « édité » le texte des coutumes de la 
Gilde de S. Orner, mais, en réalité, nous n'avons fait que le rééditer, 
après MM. Pagart d'Hermansart, Gross et Fagniez (ces deux derniers 
auteurs ont uniquement copié le premier), en apportant, iî ei^t vrai, plu- 
sieurs changements. à l'édition primitive. — D'autre part, une petite rec- 
tification bibliog., simplement en raison de l'importance du texte : M. B. 
mentionne un tirage à part de cet article, extrait de la revue Le Moyen- 
Age ((( in-8', 7 p., 1900 ») ; ce travail devait être alors en effet publié dans 
la Revue en question, mais, à ce moment tout au moins, il ne l'a jamais 
été ; seulement, comme les tirages à part étaient faits, un exempl. en fut 
sans doute déposé à la Biblioth. Nation. Ayant reconnu des erreurs à 
notre texte, nous en ftmes une nouvelle éd. qui parut dans la même revue 
en 1901 (Tirage à part, Paris, 1901, à p., 8°). 

P. 338 [109] n. 11. Sur le péage de Bapaume, consulter le travail de 
Finot, Etude histor. sur les relations commerc, entre la France et la 
Flandre au M. A. d*après les tarifs du p. de B. (Annales du Comité Flamand, 
1893 ; et à part, Lille, 1893, 8°). — N. 12. Se servir avec infiniment de pré- 
caution de l'édition du cartulaire de Guiman, p. par Van Drivai, qui con- 
tient le texte du péage de S. Vaast d'Arras. — N. 13. Pour le péage de 
S. Omer, la Revue des Soc. savantes (1" sem. 1869) ne contient (p. 60-63) 
qu'un rapport de Bourqueiot sur un texte^du tonlieu de cette ville, com- 
muniqué en effet par Deschamps de Pas, mais aucun document ; on trou- 
vera plusieurs textes sur ce point, pour les xii'-xiv* s., dans Giry, 
Histoire de S. 0., p. 474-500. 

P. 339 [110], n. 5. Au registre de Vicko de Geldersen, il faut en ajouter 
deux autres : J. Tôlners Handlungsbuch von 4345-4350, p. par Koppmann 
(Rostock, 1885, 8*») ; et Das Handlungsbuch vonH,u, J, Wittenborg^ p. par 
C. Molwo (Leipzig, 1901, 8°). 

P. 341 [112], n. 14. Le travail d'A. Schulte est exactement intitulé : 
Geschichte des m. a, Handels u, Verkehrs zwischen StAdwestdeutschIand u. 



HISTOIRE ÉCONOMIQUE 339 

Italien^ mit Ausschluss Venedig. Malgré l'importance de l'ouvrage, on ne 
saurait donc dire qu'il constitue une histoire complète du commerce 
médiéval. 

P. 344 [115], n. 17. M. Daumeta publié ses Positions de thèse en un vol. 
qui a pour titre Calais sous la domination anglaise (Arras, 1902, 8**) ; une 
partie est consacrée à l'Etaple, avec pièces justificatives. 

P. 346 [117], n. 2. L'ouvrage de Finot a paru dans les Annales du 
Comité Flamand (1899). 

P. 349 [120], n. 3. Les doc. publiés par Dehaisnes sur le commerce de 
Douai avec l'Angleterre ont été republiés par Varenbergh, Hist, des rela- 
tions diplom. entre le comté de Flandre et VA, au M, A, (Bruxelles, 1874, 
8**). — Sur le commerce franco-flamand, consulter le livre de Finot, cité 
p. 338 [109], n. 11. 

P. 350 [121]. Sur la Hanse, consulter, bien entendu, les Hansische 
Geschichtsblàtter (depuis 1871). 

P. 353 [124]. Sur les marchés, il est à peine besoin de dire que tous les 
travaux allemands sur l'origine des villes méritent d'être lus, car les 
deux questions sont connexes. 

P. 354 [125]^ n. 15. Sur les courriers des foires de Champagne, joindre 
au travail d'Huvelin celui d'A. Schaube, Ein italienischer Coursbericht 
von der Messe von Troyes aus dem 13 Jahrh, (Zeitschrift fur Social-und 
Wirtschaftsgeschichte, Bd. V, 1897). 

P. 361 [132], n. 7-8. Les notes doivent être interverties. De plus, l'ar- 
ticle de Depping a paru dans les Mém. Soc, Antiq. de France, t. VIII et non 
« VII » ; et, d'autre part, le t. V de la Revue des Soc. Sav. est, non pas 
de « 1860 », mais de 1861 (1«' semestre ; Paris, 1861, 8*). 

P. 362 [133], n. 17. L'ouvrage de Brunner, Beitràge zur Geschichle... 
der Werthpapiere, a paru dans la Zeitschnft fiir das gesammte Handels- 
recht, t. XXII et aussi XXIII (1877 et 1878). 

P. 364 [135], n. 3. Le travail de Charpentier sur la ghilde de Mon treuil, 
se rapporte uniquement aux années 1596-1776 (Voy. p. 6 du tirage à part, 
extrait du Cabinet histor. de V Artois et de la Picardie, 1897 ; tir. à part, 
Abbeville, 1897, 8°). — Sur la question de l'existence ou de l'absence des 
grands marchands au M. A., voy. Von Below, Grosshàndler und Klein- 
hàndlerimdeutschen M, A. (Jahrbiicher de Conrad, juillet 1900 ; Keutgen, 
der Grosshandel im M. A, (Hansische Geschichtsblàtter, 1901 ; Leipzig, 
1092) ; et aussi une intéressante dissertation de Stolze, Die Entstehung 
des Gàsterechts (Marburg, 1901, broch. 8**). 

Georges Espinas. 



COMPTES RENDUS 



Frédéric Magler. -— Contes arméniens, traduits de rarménien 
moderne. — Paris, Leroux, 1903 ; iii-12, 194 p. 

Ces contes sont traduits d'un recueil de folk-lore, intitulé Hamov 
HodoVy formé par un patriote arménien, Karekin Servantstlants, 
sur lequel M. Macler, dans sa préface, donne des détails intéres- 
sants. En les traduisant, M. Macler a rendu un service d*autant 
plus grand aux études de littérature comparée, que l'arménien est 
une langue dont l'étude est peu répandue en dehors d'un cercle 
restreint de spécialistes et que l'original lui-même est devenu rare, 
la police zélée du sultan actuel ayant fait détruire tous les exem- 
plaires sur lesquels elle a pu mettre la main (p. 181). 

Le traducteur s'est abstenu à dessein de faire des rapproche- 
ments avec des contes d'autres peuples ; ce n'est pas le lieu d'en 
faire ici. Bornons-nous à remarquer que presque tous les contes 
traduits sont intéressants pour l'étude comparée des traditions 
populaires et à signaler en passant le n"" 19, le Poisson à la tête d'or 
(p. 149). C'est le conte du Mort reconnaissant et de la jeune fille 
possédée du démon^ dont on a une autre version arménienne. Dans 
celle du Hamov-Hodov le mort reconnaissant est remplacé par un 
animal reconnaissant (un poisson); cependant la suite du conte, et 
particulièrement la conclusion, est bien conservée ; mais ce qui est 
curieux, c'est que le début (histoire d'un roi aveugle et qui ne peut 
être guéri que par le sang d'un poisson) présente de grandes ana- 
logies avec le livre de Tobie. Or, d'après l'hypothèse la plus vrai- 
semblable, le livre de Tohie n'est lui-môme qu'une amplification 
juive du vieux conte du Mort reconnaissant. Le conte traduit par 
M. Macler présenterait donc, si notre rapprochement est juste, un 
cas curieux de réaction de la Wllèr^lut^ T^\\ç,\euse sur la tradi- 



L. MIROT : INSURRECTTIONS URBAINES (1380-1383) 341 

tion populaire. — Comp. le début d'un conte mingrélien, dans 
J. Mourier, Contes et légendes du Caucase (Paris, 1888, p. 73). 

G. HUET. 



Léon MiROT. — Les insurrections urbaines au début du résine 
de Cliarles VI (1380-1383). Leurs causes, leurs conséquences. 

— Paris, Fontemoing, 1906; in-S®, xiii-245 p. 

On peut considérer comme définitive Fétude que nous donne 
M. Mirot de ces premières années si mouvementées du règne de 
Charles VI. Jusqu'ici, misa part quelques travaux destinés surtout 
à élucider certains points d'histoire locale, les historiens s'étaient 
contenté des récits, souvent sujets à caution, des chroniqueurs 
plus ou moins contemporains. Personne n'avait eu le souci de 
critiquer sérieusement les sources narratives, ni la patience d'in- 
terroger les sources diplomatiques éparses dans un grand nombre 
de dépôts. 

Ce début du règne de Charles VI offre le caractère, commun 
d'ailleurs avec beaucoup d'autres, d'être une période de réaction. 
Pour l'expliquer point n'est besoin d'invoquer la jeunesse et 
l'inexpérience du nouveau roi. Il se produit toujours en effet 
quand le pouvoir absolu change de mains une sorte d'hésitation, 
de flottement pour ainsi dire, qui permet aux forces jusque là 
contenues de se manifester et de produire souvent un arrêt très 
appréciable, parfois un recul dans l'évolution politique. Ce phéno- 
mène a été si souvent observé qu'on pourrait en faire comme une 
loi historique applicable dans la plupart des cas. Quoi qu'il en soit, 
la mort de Charles V ne tarda pas à être suivie de manifestations 
violentes dirigées contre la politique financière du feu roi. On 
connaît assez dans leur ensemble l'histoire de ces démêlés pour 
qu'il soit inutile d'y revenir longuement. Tour à tour les assem- 
blées provinciales et les États généraux s'efforcent de battre en 
brèche les prétentions fiscales de la royauté. Celle-ci cède tout 
d'abord, puis cherche à remonter le courant où elle s'est laissé 
entraîner. Des insurrections éclatent : la Harelle à Rouen, 
rémeute des Maillets à Paris. Mais les soulèvements manquent 



342 COMPTES RENDUS 

d'unité et de suite, et bientôt la royauté reprend définitivement 
l'avantage. 

Telle est, résumée en quelques mots, l'histoire de la période sur 
laquelle M. Mirot a fait porter Teilort pénétrant de son érudition. 
Eclairé par les curieuses physionomies des ducs d'Anjou, de 
Bourgogne et de Berri, animé par les mouvements populaires 
toujours si intéressants à observer, le sujet, ainsi délimité chrono- 
logiquement, formait un tout complet se suffisant à lui-même. 
Restait à l'étudier dans les détails, à chercher les causes de cette 
réaction, à tracer le portrait du roi et de ses oncles, à rendre la 
physionomie des émeutes, à indiquer enfin les raisons du succès 
de la royauté et les conséquences qui devaient en découler. 
M. Mirot nous paraît avoir résolu avec beaucoup de bonheur ces 
questions délicates. Quant à la documentation, on la souhaiterait 
difficilement plus complète. Les divers fonds de la Bibliothèque 
Nationale, les registres de comptes, les riches séries du Trésor 
des Chartes et du Parlement aux Archives Nationales ont été 
explorés minutieusement. Enfin un certain nombre de dépôts pro- 
vinciaux ont fourni aussi un appoint appréciable. La mise en 
œuvre très prudente de ces documents et la continuelle confron- 
tation avec ]es récits des chroniqueurs, ont permis à M. Mirot de 
faire des récits à la fois sobres et très vivants que les historiens 
de l'avenir pourront, croyons-nous, utiliser en toute confiance. 
C'est le meilleur éloge qu'on puisse faire d'un livre dont l'Acadé- 
mie des Inscriptions et Belles-Lettres a déjà consacré le mérite en 
accordant à son auteur une de ses récompensés les plus recherchées 
des érudits. 

Ch. Samaran. 



Félix RocQUAiN. — Notes et fragments d*hlstolre. — Paris, Pion, 
1906;in-8%365p. 

Nous ne retiendrons dans ce nouveau livre de M. Rocquain, 
d'une lecture facile et souvent attrayante, que ce qui a trait au 
Moyen-Age. Encore pourrons-nous peut-être sans inconvénient 
nous contenter de signaler en quelques mots l'article sur r Hypno- 
tisme au Moyen-Age, où Tauteur expose, d'après la Vie de la bien- 



F. ROGQUAIN : NOTES ET FRAGMENTS D'HISTOIRE 343 

heureuse Marie, du prieuré d'Oignies en Belgique, écrite au com- 
mencement du xiiie siècle par Jacques de Vitry [ActaSanctorum, 
juin, t. IV, p: 636 et suiv.), un certain nombre de ces phénomènes 
d'exaltation mystique si communs au Moyen-Age, et la notice qu'il 
consacre à Chéruel, son prédécesseur à l'Académie des Sciences 
morales et politiques, connu par de solides travaux sur l'histoire 
de Rouen et sur l'administration monarchique^ et surtout par 
le Dictionnaire historiqi^ des institutionSy mœurs et coutumes de la 
France. 

Arrivons aux deux morceaux les plus importants : Une légende 
sous Philippe le Bel, et Les travaux de Michelet au^ Archives Natio- 
nales. 

Dans le premier de ces articles, qui n'est d'ailleurs que le rema- 
niement d*un travail paru autrefois dans la Bibliothèque de VÈcole 
des Chartes'^, M. Rocquain examine et s'efforce de résoudre la 
question de savoir si la fameuse bulle Ausculta fili, du 5 décem 
bre 1301, fut réellement brûlée le H février 1302 par ordre de 
Philippe le Bel, comme tous les historiens l'admettent. Il soumet 
tour à tour à une critique sévère le texte cité par Dupuy ex veteri 
mss., ainsi que les récits des choniqueurs contemporains ou pos- 
térieurs, et met en lumière les erreurs et les contradictions qu'ils 
présentent. Il note ensuite que, d'après une lettre adressée au duc 
de Bourgogne le 5 septembre 1302 par le cardinal Mathieu de 
Sainte-Marie in PorticUy et un mémoire remis en novembre 1302 
au cardinal Jean du titre de saint Marcellin et contenant les 
griefs de Boniface contre Philippe, une bulle a été brûlée. Quelle 
est cette bulle ? Pour répondre à cette question, M. Rocquain 
interroge un document authentique émané de Philippe le Bel. Ce 
document nous apprend que le 16 mars 1301 Boniface VIII chargea 
l'évoque de Dol et Guy de Chastillon, comte de Saint-Pol, déjuger, 
comme arbitres, les dissentiments qui s'étaient élevés entre la 
commune et l'église de Laon. Par suite de la renonciation de 
l'évêque de Laon et du chapitre à ce privilège, et de leur consen- 
tement à être jugés par le Parlement, cette bulle devint inutile. 
Elle fut en conséquence anéantie. Par une suite de déductions très 

i. T. XLIV (1883), p. 393-418, sous le litre : Philippe le Bel et la bulle Aus- 
culta fili. On y trouvera (p. 417-418) le texte de la bulle du 16 mars 1301 sur 
laquelle porte presque entièrement la discussion de M. Rocquain. 



344 COMPTES RENDUS 

plausibles, M. Rocquain arrive à montrer qu'elle fut brûlée préci- 
sément à répoque où la bulle Ausculta fili fut présentée à Philippe 
le Bel. Bientôt sans doute une confusion se produisit entre ces 
deux bulles, et on en vint à dire que la bulle Auscutia fili avait été 
brûlée solennellement. Ainsi se serait formée, dans l'esprit public 
d'abord, cette légende qu'accueillirent ensuite les chroniqueurs. 
La discussion de M. Rocquain, élégamment conduite^ ne manque 
ni d'habileté ni de force, et la conclusion qu'elle dégage ne laisse 
pas d'être très séduisante. 

On sait que Michelet fut chef de la section historique aux 
Archives Nationales du 1^' octobre 1830 au 3 juin 1852, date à 
laquelle il fut déclaré démissionnaire en raison de son refus de 
serment. Pendant cette période de vingt deux ans les occasions 
ne lui manquèrent pas de faire œuvre d'archiviste, et les nom- 
breux rapports qu'il fournit à l'administration sur les documents 
dont il avait la garde sont la preuve qu'il ne faillit pas à son devoir 
professionnel. De ces rapports le plus important est celui qu'il 
consacra aux travaux effectués de 1811 à 1814 par la commission 
qui avait reçu de Napoléon I^i^ la tâche de classer les archives du 
Saint-Siège transportées au palais Soubise. M. Rocquain le publie 
à la fin de son livre. Une douzaine de pages seulement intéressent 
le Moyen-Age, mais ce ne sont pas les moins curieuses. L'attention 
de Michelet parait avoir été surtout frappée par ce le travail 
immense de fiscalité » qui est, dit-il, le caractère du pontificat de 
Jean XXII et de ses successeurs les papes d'Avignon. D'Inno- 
cent VI à Urbain VI (1353 1381) il note que « les pièces d'intérêt 
fiscal sont en nombre considérable. Si elles étaient extraites avec 
plus de détail et de netteté, on trouverait dans ces notices une 
véritable histoire financière de l'Église d'une grande curiosité. » 
L'idée était très juste, et Michelet y tenait. Il la fit passer dans 
une note de la deuxième édition de son Histoire de France (t. VII, 
p. 349-350) S que nous avons nous même citée dans l'introduction 
de notre Fiscalité pontificale en France au xiv® siècle (p. i). Bien que 
souvent négligé dans la forme, ce rapport méritait donc d'être 
publié. (( Il n'est pas seulement intéressant, comme le dit M. Roc- 

1. Le rapport de Michelet fut commencé en décembre 1851 et achevô.dans le 
courant de 1852. Le tome VII de la deuxième édition de VHistoire de France 
porte la date de 1855. 



BESSON : ÉVÊCHÉS DE GENÈVE, LAUSANNE ET SION 345 

quain, par le nom de son auteur ; il l'est par les vues générales et 
les considérations qu'il contient ; il Test aussi à certains endroits 
par le style, et le lecteur plus d'une fois y reconnaîtra tout ensemble 
Thistorien et Técrivain. )> 

Ch. Samaran. 



M. Besson. — Recherches sur les oris^ines des évéchés de Ge- 
nève, Lausanne» Sien» et leurs premiers titulaires j.usqu'au 
déclin du VIO siècle. — Fribourg, librairie de l'Université; Paris, 
Picard, 1906; in-8o, xix-2S3 p. 

Le volume de M. Besson se rattache à une série assez considé- 
rable de travaux entrepris durant ces dernières années en divers 
points de la France sur l'histoire primitive de nos diocèses, et 
auxquels ont donné naissance la publication des Fastes épiscopaux 
de Mkt Duchesne, d'une part, et d'autre part les controverses rela- 
tives à la question de l'apostolicité des Eglises de Gaule. M. Besson 
s'est proposé de soumettre au contrôle d'une critique sévère tous 
les témoignages concernant les évêques qui, jusqu'à la fin du 
vi« siècle environ, occupèrent les sièges des trois diocèses « ultra- 
jurans )) de Sion, de Lausanne et de Genève. Ce dernier seul, 
compris dans la province de Vienne, avait été l'objet d'un cha- 
pitre des Fastes de M^^ Duchesne. Si l'histoire des premiers 
évêques de ces régions n'a pas été altérée par des faussaires dési- 
reux de rattacher directement à la prédication évangélique les 
origines de leur église, elle n'en présente pas moins bien des obs- 
curités. Une première difficulté provient de l'absence de tout 
catalogue épiscopal ancien. Pour Lausanne, il n'y a pas du tout 
de liste de ce genre. Celles que l'on connaît pour Sion ne remontent 
pas au delà du xvi<^ siècle. Les données courantes sur les premiers 
évêques de Genève remontent en général à YHistoria Ginevrina^ 
pur roman né au xvif siècle de l'imagination trop féconde d'un 
Italien, Gregorio Leti. Il y a bien, pour celte ville, un cata- 
logue épiscopal, celui de la Bible dite de Saint-Pierre. Mais si ce 
document parait comprendre une partie relativement ancienne, en 
rapport avec la première édition des faux privilèges de l'église de 
Vienne (fin du ix» siècle), il ne nous est parvenu dans son ét^ 



346 COMPTES RENDUS 

actuel que fortement remanié, et de plus certainement retouché 
par le prieur de Saint-Victor, Bonnivard, qui le transcrivit au 
xvi« siècle. L'original vu par Bonnivard a disparu depuis le 
xvii* siècle. Aussi, pour Sion, M. Besson élimine-t-il huit noms 
sur les quinze attribués à Tépoque étudiée par lui. Pour Genève, 
il a cru pouvoir ne tenir aucun compte du catalogue. C'est avec les 
souscriptions conciliaires S avec les lettres de saint Avit et 
quelques rares textes hagiographiques qu'il faut rétablir les 
listes, et encore celles-ci présentent-elles bien des incertitudes. 
Du moins trouvera-t-on dans le volume de M. Besson tous les 
témoignages relevés et discutés av^c beaucoup de soin et de saga- 
cité. 

L'auteur n'a pas eu seulement à se préoccuper de la question 
des titulaires des sièges épiscopaux, mais aussi de celle de l'exis- 
tence de certains de ces sièges, comme celui de Nyon. Le problème 
a déjà fait couler des flots d'encre^. La solution qu'en donne 
M. Besson est radicale, mais parait raisonnable et bien établie : il 
n'y a jamais eu d'évéché à Nyon, et si par hasard il y en a eu un, 
nous n'en pouvons rien savoir. Il me semble cependant que 
M. Besson (p. 68) a tort de vouloir mettre le pagus Equestris men- 
tionné au x<^ siècle sur la même ligne que le comté d'Ogo et le 
comitatus Pipincensis dont l'existence ne remonte pas plus haut que 
l'époque carolingienne. Le pagus Equestris a dû au contraire sub- 
sister comme circonscription territoriale depuis la fin de l'époque 
romaine, bien que son nom ne figure dans aucun texte antérieur 
à 912, autrement on ne s'expliquerait pas que Ton ait été recher- 
cher ce vieux nom romain, dontaucunelocaliténe conservait le sou- 
venir, pour l'appliquer à un comté de formation récente. Cette 
remarque n'empêche pas que l'on ne puisse être d'accord avec 
M. Besson, sur ce point que l'existence de tel comté ou de tel 
pagus ne suppose point celle d'un diocèse correspondant, et que, 
de même que certaines petites cités ont perdu de bonne heure 
leurs évêques, certaines peuvent n'en avoir jamais eu. En ce^qui 

1. M. BessoD, en général bien informé, ne parait pas avoir connu une élude 
de Brelholz, sur la disposition des souscriptions dans les conciles mérovingiens, 
dans le Neues Archiv, t. XVIIl, p. 5'i2. 

2. Aux ouvrages cités par lui M. Besson eut également pu ajouter : E. Phj- 
Jlpon, Les origines du diocèse et du comté de Belley ; Paris, Picard, i900, in-8*. 



L. JACOB : LE ROYAUME DE BOURGOGNE 347 

concerne la cité des Helvètes, dont les évoques paraissent avoir 
eu successivement leur siège à Windisch, Avenche et Lausanne, 
les considérations développées par M. Besson semblent également 
acceptables. Peut-être cependant (p. 161) donne-t-il trop Tidée 
d'une translation d'Avenche à Windisch (entre 535 et 541), puis 
de nouveau à Avenche (peut-être en 561), avant le transfert défi- 
nitif à Lausanne. Ne doit on pas plutôt admettre que Tévêque de 
la civitas Helvetiorum a résidé indifféremment à Windisch et à 
Avenche, à une époque à laquelle les règles pour la manière de 
désigner les sièges épiscopaux manquaient encore de précision ? 
C'est la conclusion qui semble résulter des textes invoqués par 
Fauteur lui-même dans les pages qui précèdent. 

M. Besson n'a pas voulu faire uniquement œuvre de démolis- 
seur. Il s'est efforcé de tirer des textes tout ce qu'ils peuvent 
apporter de renseignements positifs sur l'existence de certains de 
ces prélats mal connus. On lira avec intérêt les notices sur Salo- 
nius de Genève (p. 89 et suiv.) et sur Marius d'Avenche (p. 177 et 
suiv.). A propos de celui-ci je note une conjecture intéressante, et 
ne présentant en soi rien d'invraisemblable, qui consiste à attri- 
buer à Fortunat l'épitaphe en vers de Marius. 

Il est fâcheux qu'un index ne termine pas le volume, et per- 
mette d'utiliser facilement tous les renseignements que peut 
fournir le travail de M. Besson, car celui-ci, fait avec beaucoup de 
soin et de souci de la méthode scientifique, constitue une importante 
contribution à l'histoire ancienne de la Suisse et à l'histoire des 
origines de l'Eglise de Gaule en général. 

René Poupardin. 



Louis Jacob. — Le royaume de Bours^ogne sous les empereurs 
franconiens (1038-1125). Essai sur la domination impériale dans 
l'Est et le Sud-Est de la France aux xi® et xii« siècles. — Paris, 
Champion, 1905 ; in-8°, 159 p. 

Le sujet traité par M. L; Jacob n'est pas de ceux qui promettent 
aux érudits qui en entreprennent l'étude une ample, moisson de 
documents inédits à recueillir et de faits nouveaux à mettre en 
lumière. Les documents sont surtout des textes narratifs, depuis 



348 COMPTES RENDUS 

longtemps publiés et critiqués. Les pièces diplomatiques S égale- 
ment toutes publiées ^ n'apportent qu'une faible contribution à 
rhistoire politique. Les faits eux-mêmes sont relevés et chrono- 
logiquement classés dans les Jahrbûcher et répertoires divers dont 
les érudits allemands ont depuis longtemps entrepris la publi- 
cation. 

Il n'en résulte pas qu'il faille considérer comme inutiles et 
comme ne devant rien apporter de nouveau les études relatives 
à une série spéciale de faits, études qui font, en Allemagne, 
l'objet d*un si grand nombre de dissertations universitaires. 
Il s'agit, pourrait-on dire, d'extraire des répertoires chronolo- 
giques, l'ensemble des renseignements relatifs à un sujet déter- 
miné, pour les grouper, les compléter, et, de leur rapprochement, 
chercher à dégager une plus exacte appréciation des événcunents 
ou même des conclusions nouvelles. 

Le travail de M. Jacob, à ce point de vue, se recommande parla 
clarté avec laquelle est exposée la suite des événements relatifs 
aux rapports des empereurs de la maison de Franconie avec le 
royaume de Bourgogne. Il ne faudrait pas, en effet, prendre trop 
au pied de la lettre le titre de l'ouvrage. Il s'agit plutôt du royaume 
de Bourgogne et des empereurs Franconiens que du royaume 
sous ces mêmes empereurs, en ce sens que, pour ce qui concerne 
les événements intérieurs, comme la formation des seigneuries 
féodales, M. Jacob a cru devoir se contenter d'indiquer les résul- 
tais acquis. Il a d'ailleurs bien su choisir, pour y insister, les faits 
principaux de nature à modifier l'exercice de la souveraineté 
impériale dans le royaume d'Arles, ou à montrer (affaire du par- 
tage du Sermorens, par exemple), combien cette autorité était 
peu effective 3. En général il a vu nettement et bien compris les 



1. En dehors des privilèges impériaux, qui sont peu nombreux, les chartes 
fournissent un élément liistorlquo surtout par les formules de dates dans 
lesquelles figure le nom de tel ou tel souverain. M. Jacob a eu à utUlser abon- 
damment cette source d'information. 

2. Ce n'est pas à dire qu'il ne reste pas de chartes inédites do la fin du 
xi< siècle et du début du xii% surtout dans les archives de Provence, mais 11 est 
à croire que leur texte no changera pas grand'chose à ce que nous savons de 
l'histoire des relations de la Provence avec l'Empire. 

J. Tout ce qui concerne l'histoire des institutions est laissé de côté. 11 en e«t 
de même de certaines afiaires ecclèsVasUqwes, comm^ \^ ^\i^%UQQ de la prlmaUe 



L. JACOB : LE ROYAUME DE BOURGOGNE 349 

questions politiques qui se posaient ou que nous posons, et dis- 
cuté clairement les éléments de ces problèmes, c'est le cas par 
exemple, pour ce qui concerne les conditions de Tunion à l'Empire, 
ou la situation du « recteur », Berthold de Zaehringen, vis-à-vis du 
souverain d'une part et des grands vassaux de l'autre ^ 

Le livre n'est pas de ceux qu'il est nécessaire d'analyser. Je me 
borne à indiquer les conclusions générales qui se dégagent de sa 
lecture, relativement à la manière dont le royaume de Bourgogne 
s'est de plus en plus détaché de l'Empire. Les grands n'ont jamais 
été beaucoup plus soumis à l'Empereur qu'ils ne l'avaient été à 
RodoUe III. Rodolfe de Rheinfelden, investi du « rectorat », c'est- 
à-dire en somme d'une sorte de vice-royauté dans toute la Bour- 
gogne-Provence 2, n'avait pas les moyens de faire respecter l'auto- 
rité de son suzerain, autorité qu'il fut, du reste, le premier à 
méconnaître. Les évêques, dont le pouvoir temporel est souvent 
considérable, sont en général plus dévoués à la cause de l'Empire. 
Mais la querelle des Investitures rend la situation de Henri IV pire 
encore. Seuls Ermenfroi de Sion et surtout Burchard de Lau- 
sanne ^ demeurent fidèles au parti impérial. Les autres prélats 
suivent celui du Saint-Siège, auquel se sont naturellement ralliés 
les grands, toujours désireux de faire échec au souverain. L'avè- 
nement au trône pontifical de l'ancien archevêque de Vienne, 
Gui de Bourgogne (Calixte II), est marqué par un nouvel affaiblis- 
sement de l'autorité impériale, affaiblissement dont la royauté 

de Vienne. M. Jacob parait avoir oublié que l'archevêque Gui, le futur Calixte II, 
fut un insigne faussaire. Peut-être eût-il été bon d'en dire quelques mots. 

1. A ce point de vue on peut dire que, par son objet et sa méthode, le livre de 
M. Jacob se placerait chronologiquement avant celui de M. A. Leroux, Recherches 
critiques siir les relations politiques de la France avec l'Allemagne de 1292 ji 
1378 (Paris, 1882, in-8% Bibliothèque de l'Ecole des Hautes-Etudes, fasc. 50). 
M. Jacob parait avoir ignoré la Bibliographie des conflits entre la France et 
l'Empire pendant le Moyen- Age, publiée en 1902 par le même auteur (Paris, 
Picard, in-S*", Bibliothèque de Bibliographies critiques, n<> 15), qui eut pu lui 
fournir pour ses recherches quelques indications utiles, comme celle du livre de 
P. Bonassieux, De la réunion de Lyon à la France ; Paris, 1875, in-8». 

2. L'opinion de M. Jacob, sur ce point controversé, me parait fort plausible. 

3. J'appelle ce personnage Burchard, comme M. Jacob et d'autres érudits de 
langue française, tout en reconnaissant qu'il est bien diflicile de donner un nom 
moderne k ce Burcardus, qui devait être appelé Burkhardt par son seigneur 
Henri IV, Brochard par ses ouailles, et Bouchard par ses voisins de France. En 
tout cas, il est vraisemblable que personne ne disait Burchard. 

J/a^en Age^ l. XIX 



350 COMPTES RENDUS 

française, représentée par Louis VI, tente de profiter pour étendre 
à son tour son influence dans les pays situés entre le Rhône et les 
Alpes. 

Mais si Texposition des faits est intéressante, parfois nouvelle, 
bien conduite, et mérite des éloges, il n'en est pas de môme de 
Texécution matérielle du livre. Les fautes typographiques abon- 
dent^ surtout dans les citations latines et les noms allemands. Ces 
derniers sont particulièrement défigurés : Pflugk-Harttung est 
appelé Pflug-Hartung ou Pflugk-Harthung ; Kluckhohn, Klukholm, 
etc. Ce qui fait peut-être plus mauvaise impression encore, c'est 
que, dans les références, l'italique, les parenthèses et les majus- 
cules sont employées avec une déconcertante fantaisie. Détails 
matériels si Ton veut, mais qui n'en sont pas moins de nature à 
donner le sentiment d'un travail insuffisamment mûri et soigné, 
et à empêcher d'apprécier à sa juste valeur le mémoire bien com- 
pris et bien présenté de M. Jacob 2. 

René Poupardin. 



Gustav ScHNUERER. — Franz von Assis!. — Munich, 1905 ; in-8», 
136 p. 

Ce livre fait partie de la collection dite Weltgeschichte in Karak- 
terbildern^ c'est dire que son, auteur a attaché un intérêt particu- 
lier à l'illustration. Le livre est élégant ; l'impression en deux 
colonnes, l'emploi des caractères gothiques et des capitales ornées 
lui donne un cachet archaïque assez séduisant, cependant que 
divers détails d'ornementation accusent son modernisme. Les 
illustrations, d'après des photographies^ reproduisent les sites, 

1. J'en relève quelques-unes au hasard : p. 45, n. 1 : la fin de la première 
ligne est incompréliensible ; p. 65, n. 2 : D'Achem pour D'Achery ; p. 87 : 
Ledunensi, pour Seduncnsi ; p. 109, n. 2 : il n'y a pas de publication d'un 
Cartulaire de Cluny, mais de Chartes de Cluny, etc., etc. — La Société de statis- 
tique de l'Isère, des Mémoires de laquelle est extrait, si je ne me trompe, le 
volume de M. Jacob, publie d'ordinaire avec plus do correction, et Fauteur, en 
sa qualité de chartistc, eut dû revoir ses épreuves avec un soin plus vigilant. 

2. 11 faut louer ce dernier d'avoir facilité la lecture de son livre en y inter- 
calant en note des tableaux généalogiques sommaires commodes pour l'intelligence 
du récit. Mais pourquoi l'avoir condamné au triste sort des ouvrages inconsul- 

tabJes, en négligeant de le pourvoir d'un index alphabétique ? 



A. SORBELLI : S. VINCENZO FERRER 351 

monuments^ fresques ou objets intéressants qui touchent à 
rhistoire ou à la personne de saint François ; quelques-unes n'ont 
pas toute la netteté désirable, mais la plupart sont réussies et 
quelques-unes tout à fait jolies. 11 ne faut pas chercher dans le 
texte des vues nouvelles ou des documents inédits ; toutefois, 
l'auteur est bien au courant de la littérature de son sujet, comme 
le prouvent une courte introduction et surtout quelques notes 
placées à la fin du volume. Le récit est clair et agréable et peut 
être considéré comme une bonne vulgarisation scientifique, une 
introduction commode, et suffisante pour le grand public, à Tétude 
du franciscanisme. 

Ch. G. 



Albano Sorbelli. — 11 trattato di S. Vincenzo Ferrer Intorno 
al Grande sclsma d*Occideiite, seconda edizione rifatta. — 
Bologna, 1906 ; in 8°, 159 p. 

C'est une réédition du capital traité de S. Vincent Ferrier, 
adressé à Pierre IV d'Aragon, en faveur du pape d'Avignon, Clé- 
ment VII. Le manuscrit s'en trouve à la Bibliothèque nationale 
(fonds latin, n**1470). M. S. a rendu service aux érudits en mettant 
à leur disposition cette transcription soignée, accompagnée 
d'éclaircissements copieux et précis et fort bien présentée. Il la 
fait précéder d'une Introduction (p. 1-38), qui comporte une note 
sur Pierre le Cérémonieux, une autre sur S. Vincent Ferrier et sur 
son traité, une autre enfin sur le manuscrit, qui a beaucoup voyagé 
avant que de venir se poser sur un rayon de la Bibliothèque natio* 
nale. Le lecteur peut ainsi entrer de plain-pied dans le sujet dont 
traite l'ouvrage et c'est un avantage appréciable. Le texte est suivi 
de quatre pièces intéressantes, les trois dernières inédites : une 
lettre des jurés de Valence au roi d'Aragon, sur le schisme ; une 
instruction à l'usage des confesseurs du diocèse de Parapelune, 
touchant le schisme, en rapport étroit avec les idées de S. Vincent 
Ferrier ; un écrit de Pierre de Luna adressé au roi d^Aragon et 
contenant l'explication et le commentaire d'une poésie latine sur 
le schisme ; les réponses du même P. de Luna aux ambassadeurs 
du roi de Castille l'interrogeant sur l'élection des deux papes. 



352 COMPTES RENDUS 

Le contenu du Tractatus de moderno eccUsiœ schismatc était connu 
en France, après les travaux de MM. Noël Valois et Salembier, 
et après VHistoire de S, Vincent Ferrier du R. P. Pages, le texte 
lui-même est cependant le bienvenu. 

Ch. G. 



Paul Sabatier. •— Examen de quelques travaux récents sur les 
Opuscules de saint François. — Paris, 1904; in-S^. (Fasc. X des 
Opuscules de critique historique.) 

Il s'agit des travaux de MM. Lemmens, Bœhmer et Gœtz. La 
critique de M. S. apporte aux ouvrages de ces trois érudits de 
nombreuses et importantes corrections, dont eux-mêmes ont tenu 
déjà, ou tiendront certainement compte. Elles valent surtout par 
le détail et ne sauraient être utilement résumées ici ; toutefois, il 
convient de retenir les jugements d'ensemble qui me semblent 
parfaitement fondés. Le grand défaut de l'œuvre du R. P. Lem- 
mens {Opuscula Sancti Patris Francisci Assisiensis, etc., Florence, 
1904, in-16), « c'est le manque d'esprit historique. Les œuvres de 
saint François semblent être pour lui de simples agrégats de sen- 
tences édifiantes » (p. 121). Quant à M. Bœhmer (Analekten zur 
Geschichte des Franciscus von Assisi^ etc., Tûbingen und Leipsig, 
1904, in-8o), « si on considère son travail du point de vue litté- 
raire et de rintelligence des textes, il est excellent... Mais si on le 
considère du point de vue critique... il est loin de tenir les pro- 
messes de la préface » (p. 151). En revanche, l'étude de M. Goetz 
(Die Quellen zur Gesch. d, hi Franz von Assisi, Gotha 1904), en ce 
qui regarde les Opuscules, peut être louée et admirée presque 
sans réserves ; elle peut être considérée comme définitive (p. 151). 
Le grand résultat à constater, c'est qu'aujourd'hui (( historiens et 
critiques... s'accordent à voir dans les Opuscules la pierre de 
touche sur laquelle il faut éprouver la valeur des diverses 
légendes » (p. 161). 

Ch. G. 



J. CUVELIER : GARTULAIRE DU VAL-BENOÎT 353 



J. CuvELiER. — Cartulaire de Tabbaye du Val-Benoit. —Bruxelles, 
Kiessling, 1906 ; iii-4% l-933 p. (Publication de la Commission 
royale d'histoire de Belgique). 

L'abbaye du Val-Benoît (au sud de Liège) n'a pas joué un rôle 
considérable dans l'histoire religieuse ni dans l'histoire politique : 
c'était une communauté de cisterciennes qui ne fut guère mêlée 
à des événements marquants. Mais les chartes qui la concernent, 
fourniront des données très intéressantes pour l'histoire écono- 
mique. M. J. Cuvelier a publié celles qui sont antérieures à 1410 ; 
presque toutes étaient inédites. Les actes postérieurs à cette date 
ont été analysés par M. J. C. dans VInventaire des archives de 
Vabbaye du Val-Benoit (publication de YInstitut archéologiqtie 
liégeois, tome XXX du Bulletin, 1902) auquel il a joint un court 
historique de l'abbaye. Aussi a-t il jugé inutile de le reproduire 
dans l'introduction au présent cartulaire. Après avoir donné une 
liste minutieusement dressée des abbesses, il consacre un cha- 
pitre substantiel aux archives du Val-Benoît : il étudie l'organisa- 
tion des archives de Tabbaye aux xiii®, xiv* et xv® siècles, signale 
des détails intéressants à propos des divers cartulaires (il recons- 
titue notamment celui de 1380) et traite ensuite les questions de 
chronologie relatives aux documents qu'il publie. Plusieurs 
chartes lui ont permis de rectifier les affirmations d'érudits qui 
se sont occupés de chronologie. Il était généralement admis que 
les cisterciens ont employé le style de l'Annonciation (25 mars). 
M. J. C prouve que Tusage de ce style était loin d'être général. 
D'autre part, à propos des actes émanés de la chancellerie épisco- 
pale liégeoise, il établit que le style de la Nativité, qui prévalut 
dans le diocèse de Liège jusqu'en 1230, n'a pas été suivi dans tous 
les actes provenant de la chancellerie épiscopale, encore moins 
dans les autres actes passés dans le diocèse en question au début 
du xiiie siècle. Les documents de 1200 à 1230 ne peuvent être datés 
qu'après un examen approfondi de toutes les données chrono- 
logiques. 

On ne peut que louer le soin avec lequel M. J. C. a transcrit les 
textes. Ce cartulaire peut être rangé parmi les meilleures publica- 
tions de l'espèce. La table onomastique qu'il y a ajoutée, est un 



354 COMPTES RENDUS 

modèle d'ordonnance et de précision. Un appendice donne, sous 
forme de tableau, les renseignements contenus dans un registre 
de baux (1341-1367), d'un grand intérêt pour Tétude de la vie 
économique d'une abbaye cistercienne au xiv® siècle. 

H. Vandbr Linden. 



J. ViARD et E. DÉPREz. — Chronique de Jean le Bel, publiée pour 
la Société de l'Histoire de France. — Paris, 1904-1905; 8 vol. 
in-8o 356 et xlv-403 p. 

Jean le Bel, chanoine de Saint-Lambert de Liège, mort en 1370, 
a écrit, on le sait, une chronique où sont racontés les événements 
depuis 1328 jusqu'à 1363, et qui a été grandement utilisée par 
Froissart. Encore que, dans cette chronique, Jean le Bel ait eu 
surtout en vue l'histoire du roi d'Angleterre Edouard III, le livre 
du chanoine de Liège se trouve être, cependant, une manière 
d'histoire universelle, où les choses de France, notamment, 
tiennent une place considérable. Grand seigneur, bénéficiaire 
d'amitiés illustres, Jean le Bel fut en excellente position poar 
savoir les choses, et il a eu le talent de les narrer dans un bon 
style. Sa chronique, bien informée, bien composée, bien écrite, 
est donc une œuvre de la plus haute valeur. La seule édition qu'on 
en avait, celle de M. Polain, parue à Bruxelles en 1863, laissait à 
désirer. Il convient donc de remercier MM. Viard et Déprez; qui 
connaissent si bien tous les deux l'histoire du règne de Philippe 
de Valois, de nous avoir donné une seconde édition de la chro- 
nique de Jean le Bel d'après le manuscrit unique, conservé à 
Châlons-sur-Marne. La nouvelle édition, parue sous les auspices de 
la Société de l'Histoire de France, ne trompera les espérances 
d'aucun érudit. Le texte y est bien établi, l'annotation y est sobre 
et précise, l'Introduction, signée de M. J. Viard seul, y est ce que 
doit être la préface d'une chronique. On y trouve les renseigne- 
ments biographiques qu'il faut sur l'auteur et les renseigne- 
ments bibliographiques qu'il faut sur son œuvre. M. Viard y a 
particulièrement insisté sur l'usage qu'en a fait Froissart qui, 
trop souvent, a démarqué, sinon copié littéralement Jean le Bel. 



J. VIARD ET E. DEPREZ : JEAN LE BEL 355 

« Que de chapitres n'a-t-on pas admirés dans Froissari et qui 
étaient simplement des copies de Jean le Bel I y>, a écrit juste- 
ment M. Viard, à la page xxxj de son Introduction. Et à la 
page XXXIV : « La gloire dont Froissart jouit seul pendant long- 
temps, il la doit en partie à Jean le Bel ; car, parmi ses chapitres 
les plus admirés et devenus classiques, plusieurs sont pris tex- 
tuellement au chroniqueur de Liège ». Tout cela est parfaitement 
exact, et, pour la réputation de Jean le Bel, doit être répété, même 
au risque de diminuer l'illustre chroniqueur de Valenciennes. 
Car si Ton peut excuser Froissart d'avoir souvent copié servile- 
ment la chronique de Jean le Bel, en raison de Taveu qu'il a fait 
lui-même de cette copie, il semble plus diflicile de lui pardonner 
les arrangements qu'il a fait subir au texte de son prédécesseur et 
qui me paraissent dénoter l'intention de dépister le lecteur. Pour 
justifier cette opinion, comme pour donner un exemple de la 
liberté dont Froissart a usé à l'égard de Jean le Bel, je me borne- 
rai à signaler le récit du siège d'Aiguillon en 1346. Prenez le 
tome III du Froissart^ édition Luce, à la page 111 et le tome II du 
Jean le Bel, édition Viard et Déprez, à la page 48. Comparez, étudiez 
le procédé, et dites si une telle démarque ne peut être qualifiée 
sévèrement. 

Le tome II et dernier de la Chronique de Jean le Bel, éditée par 
MM. Viard et Déprez, ne contient pas seulement la fin du texte 
même de la chronique, pour les années 1342 à 1363; il renferme 
encore une riche série de documents d'archives, publiés en appen- 
dice, et ne comprenant pas moins de trente-deux pièces, presque 
toutes extraites du Public record office de Londres. Je n*ai pas besoin 
d'insister sur l'intérêt de cette collection de documents inédits, 
qu'il me suffit de signaler et dont tous les érudits apprécieront 
l'importance ; mais j'aurais désiré connaître le lieu de gisement 
de la pièce n^ xxxij, qui est une « Cédule concernant la dame de 
Belleville ». Je suppose que cette pièce est, comme les autres, à 
Londres ; les éditeurs ont oublié de le dire. Indépendamment du 
texte de la chronique et de l'appendice dont je viens de parler, 
le tome II de la Chronique de Jean le Bel contient encore une 
Table alphabétique des noms de personnes et de lieux qui se 
rencontrent dans les deux volumes. Cette Table m'a paru bien 
faite ; cependant je me demande si les éditeurs n'auraient pas dû 



356 COMPTES RENDUS 

y reprendre les noms de baptême des personnages et si, pour 
prendre un exemple, le seigneur Garnier de Cadoudal n'aurait 
pas dû figurer dans cette Table à la fois sous le mot Cadoudal et 
sous le mot Garnier, avec renvoi de ce second nom au premier. 
Enfin l'excellente Introduction aux deux volumes est brochée avec 
le tome II. Un Avis au relieur a beau prévenir qu'elle se devra 
relier avec le tome I®' ; il me semble que cette Introduction, si 
elle ne pouvait occuper dans le premier volume sa place naturelle, 
n'aurait pas dû être jointe au second. Brochée avec la Table alpha- 
bétique, et peut'^être avec les (( Tables des sommaires » des cha- 
pitres, que Ton voit à la fin de chacun des deux tomes, elle eût 
constitué^ à mon sens, un petit volume d'autant plus utile et com- 
mode que la Table alphabétique est, comme je l'ai indiqué, unique 

pour les deux tomes. 

^ Armand d'Herbomez. 



Robert Huntington Fletcher. — The Arthurian material in the 
chronicles» especially those of Qreat Britain and France. — 

Boston, Ginn, 1906 ; in-8o, 313 p. (Studies and notes in philology 
and littérature. Published under the direction of the Modem 
Language Departments of Harvard University. Vol. X.) 

Ce livre est essentiellement l'histoire de l'influence exercée sur 
la littérature historique postérieure, principalement en Angleterre 
et en France, par l'audacieuse imposture de Gaufrei de Monmouth. 
Dans un premier chapitre l'auteur établit les faits historiques 
certains, relatifs à Arthur et à son époque, et résume ce qu'on sait 
sur les plus anciennes autorités, Gildas et Nennius ; dans le cha- 
pitre II, il étudie les récits postérieurs à Nennius et antérieurs à 
Gaufrei. Dans le chapitre III, M. Fletcher examine en détail la 
portion de l'œuvre de Gaufrei qui concerne la tradition arthu- 
rienne, s'efforce de démêler les sources du récit et de déterminer 
ce qu'il y a de véridique dans les renseignements de Gaufrei sur le 
liber vetustissimus qui aurait été sa source principale (ou unique). 
M. F. conclut très judicieusement que, si le liber a existé, il ne 
peut avoir contenu que quelques traditions celtiques et n'aura 
j^uère eu plus d'importance que les autres sources où Gaufrei a 



FLETCHER : ARTHURIAN MATERIAL 357 

puisé. But as a matter of fact, there probably was no liber at ail 
(p. 115). 

Le chapitre V traite des premières versions poétiques de l'his- 
toire de Gaufrei : Gaimar, Wace, Layamon, etc. ; Wace est examiné 
en détail ; les pages consacrées à Layamon et aux particularités 
importantes pour la tradition arthurienne, que celui-ci ajoute au 
récit de Wace, ont un intérêt spécial pour l'histoire littéraire. 

Les chapitres VI à XI passent en revue les chroniques, écrites 
en Angleterre ou sur le continent^ en latin, en anglais, en fran- 
çais, même en espagnol, qui ont plus ou moins subi l'influence 
de Gaufrei. Cette étude, très complète S prouve d'abondance, 
combien, jusqu'à la fin du moyen âge, les récits de Gaufrei ont 
dominé la tradition historique. Exceptionnellement un chro- 
niqueur comme Higden, vers le milieu du xiv« siècle, manifeste 
quelques doutes (p. 81), mais le récit subsiste jusqu'à la Renais- 
sance, et encore aux xvi^ et xvii® siècles l'autorité de Gaufrei, bien 
que fortement battue en brèche par des historiens comme Polydore 
Virgile, trouva des défenseurs. — Singulièrement curieux est le 
chapitre X, consacré aux chroniqueurs écossais : la tradition 
ordinaire y parait bizarrement transformée, sous l'influence de 
passions nationales. 

G. HUET. 



1. M. F. eût pu mentionner la traduction du Spéculum de Vincent de Beauvais, 
en moyen néerlandais, par Jacob van Maerlant, à cause des détails de polé- 
mique contre les romans arthuriens que le traducteur ajoute à son original. 



CHRONIQUE 



M. l'abbé Langlois, de Chartres, a fait il y a quelques années des 
efforts méritoires pour réunir les éléments d'une bibliographie chartraine 
dont quelques fragments ont été publiés sur fiches suivant le système de 
la bibliographie décimale. L'usage de ce système et le mode de publi- 
cation qu'il entraîne ne paraît pas s'imposer pour l'histoire, rarchéologie 
et la philologie; un bon répertoire en forme de livre, avec des tables des 
auteurs ou des matières, suivant que le texte est lui-même présenté par 
ordre de matières ou par ordre des noms d'auteurs, est un instrument de 
travail plus maniable, moins encombrant et aussi moins coûteux que 
la bibliographie imprimée sur fiches. Quelques autres travaux biblio- 
graphiques de M. Langlois parus au cours de ces dernières années et 
qui affectent la forme de monographies n'appellent pas les mômes 
réserves. 

La Bibliothèque municipale de Chartres^ la bibliothèque de la Sociéti 
archéologique d* Eure-et-Loir (Chartres, s. d. ; in -16, 87 p ) est un réper- 
toire des ouvrages assez nombreux qui sont à la disposition du public 
dans les salles de travail de la Bibliothèque de Chartres et de la Biblio- 
thèque de la Société archéologique, et une liste des périodiques reçus par 
elles. — Le Catalogue des manuscrits de la Société archéologique d'Eure-et- 
Loir (1856-1903) (Chartres, 1903 ; in-8% 64 p.) contient la description de 
190 manuscrits. Cette collection comprend un très petit nombre d'ori- 
ginaux ou d'extraits de documents antérieurs au xvi* siècle et de 
nombreuses pièces du xvii* et du xviii® siècle, ainsi que diverses 
compilations historiques rédigées au xix' siècle. — Avec Le fonds d'Etat de 
la Bibliothèque de Chartres, formation, restitutions et aliénations d'après 
les papiers de la bibliothèque (Paris, 1904 ; in-8% 15 p. Extr. du Bull, hist, 
et philologique) M. Langlois apporte une utile contribution à l'histoire 
de la dispersion des anciennes bibliothèques religieuses. Comme dans 
toutes les notices analogues on assiste à des entassements lamentables, à 
des brûlements et destructions, à des dispersions, des ventes, des resti- 
tutions, des vols. Le travail de M. Langlois se fait remarquer par la 
précision des références et la sobriété de l'exposé. — Le Missel de Chartres 
imprimé en i482 (Chartres, 1904 ; in-8*, 58 p. et pi.) est une minutieuse 
étude au triple point de vue de la bibliographie, de la liturgie et de 
l'histoire de l'imprimerie d'un précieux incunable dont il n'existe que 
deux exemplaires connus, l'un à la Bibliothèque Nationale, l'autre à la 



CHRONIQUE 359 

Bibliothèque de Chartres. — Dans les Scribes de Chartres (Namur, 1905 ; 
in-8<», 19 p. Extr. de la Revue Mabillon) M. Langlois a groupé tous les 
renseignements contenus dans les manuscrits de Chartres sur les scribes 
qui les ont copiés, sur les bienfaiteurs qui ont contribué à leur confection. 
Quelques illustrations empruntées soit aux manuscrits eux-mêmes, soit 
aux sculptures de la cathédrale, complètent cette intéressante ébauche de 
l'histoire de Técole calligraphique de Chartres. 

A. V. 



Le travail en apparence fastidieux du dépouillement des registres 
pontificaux auquel procèdent avec constance les membres des divers 
instituts fondés à Rome par les différents Etats ne porte pas seulement 
ses fruits lorsque les dépouillements sont assez avancés pour constituer 
des corpus ou catalogues d'actes; il réserve parfois aux érudits de 
curieuses découvertes : telles celles que fit jadis M. Antoine Thomas sur 
bon nombre d'écrivains du Moyen- Age, telle celle qu'a faite plus récemment 
D. Ursmer Berlière sur Un ami de Pétrarque, Louis Sanctus de Beeringen 
(Rome et Paris, 1905 ; in-8<^, 59 p.). Le personnage de ce nom s'identifie, 
grâce aux documents des archives pontificales, avec deux individualités 
énigmatiques, avec un chanoine de S. Donatien de Bruges, auteur d'une 
lettre sur la peste de 1348, et avec un ami intime de Pétrarque, désigné 
par lui tantôt par le surnom de Socrate^ tantôt par celui de Louis de 
Campine. Cette identification permet d'amalgamer en une seule notice 
biographique d'assez nombreux renseignements fournis par les docu- 
ments pontificaux d'une part et par la correspondance de Pétrarque de 
l'autre; les premiers empruntant aux seconds un intérêt qu'ils ne présen- 
teraient pas s'il s'agissait d'un dignitaire ecclésiastique quelconque. 

A. V. 



L'exploration de vieilles reliures de la bibliothèque de Carpentras^ mises 
au rebut, a valu à M. Liabastres la récolte d'une centaine de pièces ou 
fragments de pièces ^Découverte à Carpentras de pièces manuscrites du 
xiv' siècle provenant de Vévéché d'Embrun. Aix, 1904 ; in-8% 10 p. Extr. des 
Annales de la Société d'études provençales J, Les spécimens de cette trou- 
vaille, que M. Liabastres a imprimés avec le concours de M. de Manteyer 
sont intéressants : lettres de Jean d'Aragon à Clément Vil (138^), de la 
duchesse de Bourgogne Marguerite au cardinal d'Embrun Pierre 11 
Ameilh^ d'un inquisiteur au sujet de la condamnation de Vaudois ; un 
compte de dépense pour un repas offert par Pierre Ameilh à Amédéc de 
Saluées (1379) ; des lettres du Captai au cardinal de Cuzence (1385) et de 
Bureau de La Rivière au pape. 

A. V. 



360 CHRONIQUE 

Le texte connu sous le nom de Chronica Danielis avait été signalé par 
Giesebrecht (Neues Archiv, t. XI, p. 319), qui, en 1881, en publia quelques 
extraits dans les Forschungen zur deutschen Geschichte. C'est une histoire 
de Milan, depuis le début du vu* siècle jusqu'à la destruction de la ville 
par Frédéric Barberousse, au milieu du xii*. M. Adolfo Cinquini (Chronica 
Mediolanensis, a. 606-H45, seeondo il rrw. latino délia Naz. di Parigi 834S. 
— Genealogia comitum Angleriœ seeondo il ms. lat. délia Naz, di 
Torino 4046, s. 1. n. d. ; in-8' de xvi-3l p.) vient d'énumérer les mss. assez 
nombreux de cette Chronica, et de donner de celle-ci le texte complet, 
d'après le plus ancien et le meilleur d'entre eux, le lat. 8315 de notre 
Bibliothèque Nationale, qui est du xiv* siècle. Ce court document présente 
quelque intérêt au point de vue de l'histoire des origines légendaires des 
Visconti et des luttes de Frédéric I" contre les cités lombardes. Il serait 
à souhaiter, maintenant qu'on en possède un texte suffisant, que quelque 
érudit en examinât plus à fond les rapports avec les autres productions de 
l'historiographie milanaise, en particulier avec les Annales Mediolanenses 
et le Manipulus de Galvaneus Flamma. 

R. P. 



Le premier volume de M. K. Millard {Philosophie de Vhistoire, Le$ 
Belges et leurs générations historiques. Bruxelles, 1902 ; in-8<», 350 p.), 
paru il y a quelques années déjà, était consacré à l'exposé de cette thèse, 
qu'il y a un peuple Belge qui subsiste en tant que peuple depuis l'époque 
gauloise, la Belgique n'étant pas du tout une création factice datant 
de 1830, et que ce peuple est soumis à la loi générale de l'évolution des 
nations. L'histoire de toute nation en effet comporte un certain nombre 
de « générations historiques », d'une durée moyenne d'un millier 
d'années environ, présentant chacune une période de formation, puis une 
période d'éclat suivie d'une phase de malaise et d'une seconde période 
d'éclat, et enfin une phase de décadence. Le volume paru récemment 
(Une Loi historique. III. Les Allemands. Les i4n(;iaî5. Bruxelles, 1906; in-8* 
iv-292 p.) est l'application de cette théorie à l'histoire de l'Alle- 
magne et à celle de l'Angleterre. Je crois qu'il suffit de le signaler ici, 
son caractère et son allure n'étant pas ceux des livres en général analysés 
dans cette Chronique. -— Lorsqu'on a déterminé des lois naturelles, 
on a hâte le plus souvent de les appliquer à la prévision des événements 
futurs. M. Millard ne fait point exception. Mais l'annonce du déclin de 
la puissance de l'Angleterre vers 1940 est un peu en dehors du cadre du 
Moyen-Age, 

R. P. 



Le Gérant : H. CHAMPION. 



TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES 

19« ANNÉE - 1906 



I. — Mémoires. 



Pages. 

Babut (E.-Ch.). — Sur trois lignes inédites de Sulpice Sévère 205 

Espinas (G.). — Une bibliographie de l'histoire économique de la France au 

moyen-âge 304 

Lauer (Ph.). — Notice sur le Trésor du Sancta Sanctorum au Latran 189 

Leviilain (L.). — Jugement d'un pape Jean en faveur de Gorbie 27 

Lot (F.). — Aleran, comte de Troyes 199 

Mollat (G.). — Une lettre close inédile de Charles VI 301 

Poupa^rdin (H.). — Etudes sur l'histoire des principautés lombardes de l'Italie 

méridionale et de leurs rapports avec l'Empire franc 1, 245 

Rey (A.). — Pierre de Rousseville et la Conciergerie de Gouvleux 121 

Vidier (A.). — Ermitages Orléanais au xir siècle : Le Gué de l'Orme et 

Chappes 57, 134 

II. — Comptes rendus. 

Allemagne (H.-R. d'). — Les cartes à jouer du xiv« au xx« siècle (M. Prou). . 233 
Bauchond (M.). — La justice criminelle du Magistrat de Valenciennes au 

moyen-âge (G* Espinas) 167 

Berlière (U.). — Suppliques de Clément VI (1342-1352) (Ch. Samaran) 295 

Besson (M.). — Recherches sur les origines des évêchés de Genève, Lau- 
sanne, Sion (R. Poupardin) 345 

Carreras y Candi (F.). - Miscelanea historica catalana, 1" série (M. Robin). 35 
Caspar lE.). — Roger II (1101-1154) und die Grûndung der normannisch-sici- 

lischen Monarchie (F. Chalandon) 39 

Cazauran (Abbé), r- Carlulaire de Berdoues (Ch. Samaran) 297 

Clergeac (Abbé). — Carlulaire de Gimont (Ch. Samaran) 299 

Clouzot (E.). — Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu 

(M. Prou) 220 

Coppens (U.). — Le Palais de Caïphe et le nouveau jardin Saint-Pierre des 

Pères Assomptionisles au Monl-Sion (F. Maclcr) 291 

Cavelier (J.). — Cartulaire de l'abbaye du Val Benoît (H. Vander Linden). . 353 

Deprez (E.). — Voy. Viard (J.). 

Des Marez (G.). — L'organisation du travail à Bruxelles au xv« siècle 

(J. Nève) 179 



362 TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES 

Donadoni (E.). — Sull' autenticità di alcuni scritti reputati danteschi 

(L. Auvrayi 45 

Dubrulle (H.)* — Bullaire de la province de Reims (L. Halphen) 234 

Dubrulle (H.). - Cambrai à la fin du moyen-âge (L. Halphen) 283 

Le P. Edouard d'Alençon. — S. Francise! Assisiensis vita el miracula, addi- 

tis opusculis liturgicis, auctore Fr. Thoma de Gelano (le P. (Jbald d'Alen- 
çon) 218 

Fierens-Gevaert. — La Renaissance septentrionale et les premiers maîtres 

des Flandres (J. Nève) 178 

Fletcher (R. H.). — The Arthurian malerial in the chronicles, especially those 

of Great Britain and France (G. Huet) 356 

Hofmeistcr (A.). — Markgrafen und Markgrafschaften im Italischen Kôni- 

grçich in der Zeit von Karl dem Grossen bis auf Otto den Grossen (774- 

962) (R. Poupardin) 285 

Huvelin (P.). — L'histoire du droit commercial (G. Espinas) 174 

Jacob (L.)' — Le royaume de Bourgogne sous les empereurs franconiens 

(R. Poupardin) 347 

Le Grand (L.). — Voy. Stein. 

Lesort (A.)- — Les chartes du Clermontois conservées au musée Condé à 

Chantilly (1069-1352) (A. Vidier) 30 

Mac Kechnie ( W. S.). — Magna Carta (Petit-Dulaillis) 277 

Macler (F.). — Contes arméniens (G. Huet) 340 

Meislermann (B.). — La Ville de David (F. Macler) 294 

Metcke (A.). — Die Lieder des altfranzôsischen Lyrikers Gille le Vinier 

(A. Guesnon) 157 

Mirot (L.). — Les insurrections urbaines au début du règne de Charles VI 

(13801383) (Ch. Samaran) 341 

Moris (H.). — Cartulaire de l'abbaye de Lérins (R. Poupardin) 238 

Mollat (G.). — Voir Samaran. 

Poupardin (R.). — Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert 

(L. Levillain et E. Clouzot) 97 

Rigg (J. M.). — Calendar of the pica kolls of the Exchequer of the Jevirs 

preserved in the Public Record Office. Vol. I. (P. Hildenflnger) 162 

Rocquain (F.). — Notes et fragments d'histoire (Ch. Samaran) 342 

Roger (H). — L'Enseignement dos lettres classiques d'Ausone à Alcuin 

(R. Poupardin) 41 

Roy (M.). — Le Chesnoy-lez-Sens. Histoire d'un fief et do ses seigneurs. 

(G. Espinas) '. ^ 

Sabaticr (P.). — Examen de quelques travaux récents sur les opuscules de 

saint François (Ch. Guignebert) •. 352 

Samaran (Ch.) et Mollat (G.). — La Fiscalité pontificale en France au 

xiv« siècle ( Aug. Coulon) 275 

Schnùrer (G.). — Franz von Assisi (Ch. Guignebert) 350 

Sorbelli (A.). — 11 trattalo di S. Vincenzo Ferrer intorno al Grande Sclsma 

d'Occidentc (Ch. Guignebert) 351 

Stein (H.) et Le Grand (L.). — La frontière d'Argonne (843-1659). Procès de 

Claude de La Vallée (A. Vidier) 47 

Tobler (A.). — Mélanges de Grammaire française. Traduction française par 

M. Kuttner et L. Sudre (G. Huet) 181 

Viard (J.) et Deprez (E.). — Chronique de Jean le Bel (A. d'Herbomez) 354 



TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES 363 

Vidal (J.-M.). — Le tribunal d'inquisition de Pamiers (Ch. Samaran) 287 

Voretzsch (C). — Einfûhrung in das Studium der altfranzôsischen Littera- 

tup (G. Huet). 289 

Zimmer (H.). — Pelagius in Irland (E.-Ch. Babut) 214 



IIL - Chronique. 

Archivio Muraloriano ;R. Poupardin) 1 19 

Atti del Congressû internazionale di sclenze storlche, t. 111 186 

Aznar y Navarre (F.). — Forum Turolii, transcripcion y estudio preliminar 

(R. Poupardin) , 2ii 

Barrau-Dihigo (L.) et Poupardin (R.). — Cartulaire de Saint-Vincent de 

Lucq (A. Vidier) 185 

Berlière (U.). — Un ami de Pétrarque, Louis Sanctus de Beeringen (A. Vidier). 359 

Cazauran. — Glanages de Larcher (Gh. Samaran) 119 

Ginquini (A.). — Ghronica mediolanensis (R. Poupardin) 360 

Delehaye (H.). — Les légendes hagiographiques (A. Vidier) 54 

Depoin (J.). — Liber testamentorum Sancti Martini de Gampis (R. Poupar- 
din) 118 

Dotlin (G.). — Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (R. Pou- 
pardin) 118 

Dubrulle. — Les Bénéfîciers des diocèses d'Arras, Gambrai, Thérouanne, Tour- 
nai (M. Prou) 240 

Duchesne (L.). — Voir Fabre. 

Espinas (G.) et Pirenne (H.). — Recueil de documents relatifs à l'histoire 

de l'industrie drapière en Flandre. 1. (M. Prou) 2'i3 

Fabre (Paul) [et Duchesne (L.)]. — Le Liber censuum de l'église romaine 

(M. Prou) 182 

Guiraud (Jean). — Registres d'Urbain IV (M. Prou) 182 

Isnard. — Gomptes du receveur de la vicomte de Valernes (1401-1408) 

(A. Vidier) 185 

Langlois (Abbé). — Bibliothèque municipale de Chartres, la bibliothèque de 

la Société archéologique d'Eure-et-Loir (A. Vidier) 358 

Langlois (Abbé). — Galalogue des manuscrits de la Société archéologique 

d'Eure-et-Loir A. Vidier) 358 

Langlois (Abbé). — Le fonds d'Etat de la bibliothèque de Chartres 

(A. Vidier) 358 

Langlois (Abbé). — Le missel de Chartres imprimé en 1482 (A. Vidier) 358 

Langlois (Abbé). — Scribes de Chartres (A. Vidier) 359 

Lasteyrie (R. de). — La déviation de l'axe des églises est-elle symbolique ? 

(A. Vidier) 53 

Lecacheux (Paul). — Lettres secrètes et curiales d'Urbain V (M. Prou) 183 

Ledos (G.).— Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. Comptes rendus 

des séances. Table des années 1857-1900 (M. Prou) 184 

Lefebvre Du Prey. — Cortèges historiques des comtes de Flandre. Jean sans 

Peur et Philippe le Bon à Douai (A. Vidier) Ig7 

Liabastres. — Découverte à Carpentras de pièces manuscrites du xiv* siècle 

provenant de l'évéché d'Embrun (A. Vidier) 3«9 

Lutz et Perdrlzet. — Spéculum humansB salvationis Ig4 



364 TABLE GÉNÉRALE DES BfATIÈRES 

Maoteyer (G. de). — Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910- 
1060), la paix en Viennois, Anse (17 juin?) 1025, et les additions à la 
Bible de Vienne, ms. Bern. A 9 (A. Vidier) 55 

Messaie (II) miniato del Gard. Nicold Roseili detto il cardinale d'Aragona 183 

Millard (E.). — Philosophie de rhistoire. Les Belges et leurs générations his- 
toriques. — Une loi historique. Les Allemands, les Anglais. (R. Poupardin). 360 

Miret y Sans (J.). — Politica oriental de Alfonso V de Aragon (E. Martin- 
Chabot) 242 

MoUat. — Lettres communes de Jean XXII (M. Prou) 183 

Paris (G.). — La littérature française au moyen âge, 3* édition (A. Vidier). . . 120 

Perdrizet. — Voy. Lutz. 

Pirenne (H.). — Voy. Espinas^ 

Poupardin (R.) et Thomas (A.). — Fragments de cartulaire du monastère de 
Paunat (Dordogne) (A. Vidier) 187 

Poupardin (R.). — Voy. Barrau-Dihlgo. 

Schlumberger (G.). — L'épopée byzantine à la fin du x* siècle. III. Les Por- 
pbyrogénèles Zoé et Théodora (1025-l(»7) (M. Prou) 2i0 

Thomas (A.). — Voy. Poupardin. 

Uzureau. — Andegaviana, 4* série 188 

Vidal (J.-M.). — Lettres communes de Benoît XII (M. Prou) 183 



Abbeville. — Imprimerie F. Paillast. 



BIBLIOGRAPHIE 



LIVRES NOUVEAUX 



1. ÂBERT (Herm.)* Die Musikanschauung des Mitteialters und ihre 
Grundlagen. — Halle a. S., M. Niemeyer, 1905; in-8% vii-274 p. (8 m.) 

2. ÂDAMS (G. B.)* History of England from the Norman conquest to the 
death of John (1066-1216). — London. Longmans, 1905 ; in-S*. (7sh. 6 d.) 

3. ÂLBERS (Bruno). Consuetudines monasticae. Vol. II. Consuetudines 
Gluniacenses antiquiores, necnon consuetudines Sublacenses et sacri 
specus nunc primum ex variis apographis inter se collatas editum. — 
Leipzig, 0. Harrassowitz, 1905; in-S», xv-240 p. 

4. Albers (B.). Untersuchungen zu den âltesten Mônchsgewohnheiten, 
ein Beitrag zur Benediktinerordengeschichte des x-xii Jahrh. — Mûn- 
chen, J. J. Lentner, 1905; in-8^ xii-132 p. et 1 pi. (Verôflentlichungen 
aus dem kirchenhistorischen Seminar Mûnchen, 11 Reihe, N' 8.) (3 m. 20.) 

5. Althof (Erm.). Waltharii Poesis. Das Waltharilied Ekkehards I von 
St Gallen nach den Geraldushandschriften hrsg. und erlâutert. 2 II. 
Kommentar. — Leipzig, Dieterich, 1905 ; in-8% xxn-416 p. 

6. Anemuller (Ernst). Urkundenbuch des Klosters Paulinzelle. 2 Heft : 
4314-1534. — lena, G. Fischer, 1905; in-8°, vi p. et p. 161-581. (Thurin- 
gische Geschichtsquellen, Neue Folge IV. Der Ganzen Reihe Vil, 2.) 
(11 m.) 

7. Angot (A.). La Mayenne historique en chemin de fer. — Laval, 
Vve Goupil (1905); in-i6, 94 p. et carte. 

8. AuvRAY (Lucien). Lés registres de Grégoire IX. Recueil des bulles de 
ce pape publiées ou analysées d'après les manuscrits originaux du 
Vatican, 8* fascicule. — Paris, Fontemoing, 1905; in-4% col. 585-848. 
(Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome. 2* série, IX, 8.) 

9. AvouT (Vicomte d'). La croix vivante du musée de Beaune. — Caen, 
Delesques, 1905 ; in-8% 9 p. (Extr. ^u Compte rendu du 7/* Congrès archéo- 
logique de France tenu en 1904 au Puy.) 

10. Ballardini (Gaetano). Inventario critico e bibliografico dei codici 
e délie pergamene dell* archivio del comune di Faenza, con prefazione di 
Antonio Messeri. — Faenza, tip. G. Montanari, 1905; in-8°, xxx-128 p. 
(5 1.) 

Moyen Age, 1906. i 



II LIVRES NOUVEAUX 

11. Barini (Giorfçio). Cantari cavallereschi dei secoli xv e xvi. — Bolo- 
gna, Romagnoli dell' Acqua, 1905 ; iD-8% xxii-276 p. (8 I. 60.) 

12. Begker (Jos.). Geschichte der Reichslandvogtei im Elsass von ihrer 
Einrichtung bis zu ihrem Ubergang an Frankreich, 1273-1648. — Strass- 
burg, Schlesier und Schweikhardt, 1905 ; in-8% xi-256 p. (6 m. 50.) 

13. BELLODi(Rosalino). II monastero di S Benedetto in Polirone nella 
storia e nell' arte. — Mantova, Segna, 1905 ; in-4% 327 p. 

14. BergNer (H.). Beschreibende. Darstellung der âlteren Bau-und 
Kunstdenkmâler des Kreises Naumburg (Land). — Halle, 0. Hendel, 1905; 
in-S% yiii-252 p. (Beschreibende Darstellung der Âlteren Bau-und Kunst- 
denkmâler der Prov. Sacbsen. XXVI.) (8 m.) 

15. Bernitt (P. F.). Lat. caput und*capum nebst ihren Wortsippen im 
Franzôsischen. — Kiel, R. Cordes, 1905; in-8% 229 p. (C m.) 

16. Beyerle (Konr.). Ergebnisse einer alamannischen Urbarforschung. 

— Breslau, M. und H. Marcus, 1905 ; in-8% p. 65-128. (Aus Festgabe fur 
Félix Dahn.) (2 m.) 

17. Blanc (Marcel). Les communautés familiales dans l'ancien droit 
.et leurs survivances en Limousin. — Paris, Pichon et Durand-Auzias, 

1905; in-8% iii-179 p. 

18. Bled (Abbé). Un mayeur de Saînt-Omer (1317-1319). — Paris, Impr. 
nationale, 1905; in-8% 48 p. (Extr. du Bull. hUt, et philol. du Comité des 
travaux historiques, 1904.) 

19. BoiNET (Amédée). Un manuscrit à peintures de la Bibliothèque de 
Saint-Omer. — Paris, Impr. nationale, 1905; in-8«, 20 p. et pi. (Extr. du 
Bull. archéoL du Comité des travaux historiques, 1904.) 

HO, Bond (F.). Gotbic architecture in England. — London, B. T. Bats- 
ford, 1^-05; in-8». (31 sh. 6d) 

21. Boulanger (C). Le droit de marché, coutume des environs de 
Péronne, recherches sur son origine. — Paris, Pedone, 1906; in-8», 217 p. 

22. Bréuier (Louis). Les basiliques chrétiennes.— Paris, Bloud (1905) ; 
in-16, 64 p. (Science et religion. Études pour le temps présent.) 

23. Bréhier (Louis). Les églises romanes. — Paris, Bloud (1905); in-16, 
64 p. (Science et religion. Études pour le temps présent:) 

24. Brie (Fred.). Geschichte und Quellen der mittelenglischen Prosa- 
chronik The Brute ol England oder The Ghronicles of England. — 
Marburg, R. G. Elwerl, 1905; in-8% viii-130 p. (2 m. 60.) 

25. Broche (Lucien). La population du Laonnois à la fin du xiii* siècle. 

— Paris, Impr. nationale, 1905 ; in-8«, 15 p. (Extr. du Bull hist, et philol 
du Comité des travaux histonques.) 

26. Brun (Xavier). Histoire de la seigneurie d'Andelot-lez-CoIigny, IH. 

— Bourg, impr. du « Courrier de TAin », 1903 ; in-8% p. 103-153. (Extr. 
des Annales de la Soc, d'émulation de VAin,) 

27. Brutails. Rectification à la liste des abbés de Sainte-Croix de 
Bordeaux. — Paris, Impr. nationale, 1905 ; in-8% 4 p. (Extr. du BulL 
hist, et philoL du Comité des travaux historiques,) 



LIVRES NOUVEAUX III 

28. Cadet de Gassigourt (F.). Histoire de l'abbaye de Cordillon. T. I. 

— Caen, Jouan, <906 ; in-i% xxxiv-260 p. et pi. 

29. Campagne (Maurice). Histoire des Bacalan du xv* et xx* siècle. — 
Bergerac, impr. de Castanet, 1905 ; in-8% xv-310 p. 

30. Campagne (Maurice). Notes et documents sur les paroisses de SaÎDt- 
Pierre de Nogaret et Saint-Martin de Bistauzac, au diocèse d'Agen. — 
Bergerac^ impr. de Castanet, 1902; in-8% 91 p. 

31. Catalogue général illustré de monnaies françaises provinciales 
(suite). Dombes, Savoie, Bourgogne et Franche-Comté. 2' édition. — Paris, 
cabinet de numismatique, il, rue Rameau (1905); in-8% p. 143-171. 

32. Cavaniol (H.). Chaumont, les origines, la vieille cité. T. I. Saint- 
Roch ; t. II. Le Fays. — Chaumont (H. M.), Cavaniol (1905), in- 18, in-303 
et 371 p. 

33. Champagne (J.). L'homme solutréen de Badegoule (commune de 
Beauregard-de-Terrasson, Dordogne). — Le Mans, impr. de Monnoyer, 
1905 ; in-8% 2 p. (Exlr. du Bull, de la Soc. préhistorique de Fiance.) 

3i'. Chaumont (Abbé L.-M.-J.). Nouveau guide de Cluny, ou explica- 
tions historiques des cartes postales et vues de la ville et de l'ancienne 
abbaye. — Domois-Dijon (Côte-d'Or), impr. de l'Union typographique, 
1905; in-18, 73 p. 

35. Chevalier (Ulysse). Répertoire des sources historiques du moyen- 
âge. Bio-bibliographie, nouvelle édition, G*' fascicule : Laurent-Nastagio. 

— Paris, Picard et fils, 1905 ; gr. in-8% col. 2777 à 3288. 

36. Christian (Arthur). Études sur le Paris d'autrefois. Ecrivains et 
miniaturistes ; les primitifs de la peinture ; les origines de l'imprimerie ; 
la décoration du livre. — Paris, Roustan, 1905; in-16, 277 p. 

37. Chroust (Ant.). Monumenta paleographica. Denkmâlerder Schreib- 
kunst des Mittelalters. 1 Abtlg. Schrifttafeln in latein. und deutscher 
Sprache. 1 Série, 20 Lfg. — Mûnchen, F. Bruckmann, 1905 ; in-fol., lOpl. 
et 20 p. (20 m.) 

38. Clemen (Paul). Die Kunstdenkmâler der Stadt im des Kreises 
Bonn.— Dusseldorf, L. Schwann, 1905; in-8% vu 403 p. (Die Kunstdenk- 
mâler der Rheinprovlnz, im Auftrage des Prov.-Verbandes hrsg. V, 3.) 
(Cm.) 

39. Clément (P.). Monographie de la paroisse des Hayes en Vendômois. 
— - Vendôme, impr. de Vilettc, 1905 ; in-8*, 48 p. (Extr. du Bull, de la Soc. 
archéoL, scientif. et littéraire du Vendômois.) 

40. Clerval (A.). Guide chartrain. Chartres, sa cathédrale, ses monu- 
ments. 3" édition revue. — Chartres, maison des Clercs de N.-D. (1905); 
in-16, 244 p. 

4«. Cornet (Aug.). Un coin du Uevcnnont. Coli^^ny à travers les âges. 

— Bourg, Benoit, 1904; in-8% 244 p. (Kxtr, des .Annales de la Soc. d'ému- 
lation de VAin.) 

42. CosTE (Numa). L'ancien couvent des Hecollets d'Aix. — Aix, Ma- 
kaire, 1904 ; in-8% 12 p. (Extr. do VÊcho des Bouches- du-Rhône.) 



IV LIVRES NOUVEAUX 

43. CouRET (C** A.). Un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc : Chris- 
tophe d'Harcourt, baron d'Havre, seigneur de Vailly, grand-mattre des 
eaux et forêts de France (1375?-.H' mai 1438). — Orléans, impr. de Goût, 
1905 ; in-8^ 40 p. 

44. Dannenberg (Herm.). Die deutschen Mûnzen der sâchsischen und 
frânkischen Kaiserzeit. 4 Bd. — Berlin, Weidmann, 1905 ; in-4<>, vi p. et 
p. 875-1020 et pi. {14 m.) 

.45. Daux (Camille). Chant abécédaire de saint Augustin contre les 
donatistes. — Paris, Sueur-Charruey, 1905 ; in-8«, 42 p. (Extr. de la 
Science catholique.) 

46. Davis (H. W. C). England under the Normans ànd Angevins. 

— London, Methuen, 1903 ; in-8'. (10 sh. 6 d.) 

47. Dechelette (Joseph). Les bas-reliefs gallo-romains du musée et de 
la cathédrale du Puy. — Caen, Delesques, 1905; in-8% 31 p. et pi. (Extr. 
du Compte rendu du 7V Congrès archéologique de France, tenu en 1904 au 
Puy,) 

48. De;maison (L.). Trois chapiteaux de Tépoque chrétienne primitive 
au musée de Reims. — Caen^ Delesques, 1905 ; in-8% 7 p. (Extr. du Bull, 
monumental^ 1905.) 

49. DiENNE (C Edouard de). Des rapports de Tabbaye de Saint-Michel 
de Cluse, en Piémont, avec la ville du Puy, au point de vue de la légende, 
de l'histoire et de l'archéologie. — Caen, Delesques, 1905 ; in-S*, 33 p. 
(Extr. du Compte rendu du 7i* Congrès archéologique de France, tenu en 
4904 au Puy.) 

50. DiLLON (A.). Willam I the conqueror. — London, E. Mathews, 1905; 
in-16. (4sh. 6 d.) 

51. Dupont (Etienne). Bibliographie générale du Mont Saint-Michel, -r- 
Avranches, impr. de Durand, 1905 ; in-8% 67 p. 

52. Du Banquet (Henri). Les influences de l'école auvergnate en Velay. 

— Caen, Delesques, 1905; in-8% 11 p. et pi. (Extr. du Compte rendu du 
7i* Congrès archéologique de France, tenu en 1904 au Puy,) 

53. DuRviLLE (Abbé G.). Les deux manuscrits royaux du musée Dobrée. 

— Paris, Impr. nationale, 1905; in-8% 16 p. et 2 pi. (Extr. du BulL hist. 
et philol. du Comité des travaux historiques.) 

54. EscuDiER (A.). Histoire de Fronton et du Frontonnais. — Toulouse, 
Doùladoure-Privat, 1905; in-8% 502 p. 

35. Fabre (Abbé François), Achard (abbé Auguste) et Thiollier (Noël). 
Cinq statues en bois du xii* et du xiii" siècle conservées dans le départe- 
ment de la Haute-Loire. — Caen, Delesques, 1903; in-8% 8 p. et pi. (Extr. 
du Compte rendu du 7/® Congrès archéologique de France tenu en 1904 
au Puy.) 

56. Fabre (Abbé François). Les méreaux de la collégiale de Saugues 
(Haute-Loire), de 1360 à 1625. — Caen, Delesques, 1905; in-8% 14 p. 
(Extr. du Compte rendu du 71* Congrès archéologique de France, tenu 
en J904 au Puy,) 



LIVRES NOUVEAUX V 

57. Flamm (Herm.) et Albert (P.)* Marc Rosenberg's badische Samm- 
lung. VII Katalog der badischen Handschriften. Erwerbungen bis 1905. 

— Frankfurt a. M., H. Keller, 1906 ; in-8% vi-109 p. (6 m.) 

58. FouRGOus (Jean). Notice sur les fresques de l'église de Rampoux, 
arrondissement de Gourdon (Lot). — Montauban, impr. deForestié, 1905; 
in-8% 15 p. et 2 pi. 

59. Frothingham. Le modèle de l'église de Saint-Maclou à Rouen. — 
Paris, Leroux, 1905; in-4«, 16 p. (Extr. des Monuments et Mémoires publiés 
par VÀcadémie des inscriptions et belles-lettres. Fondation Piot. XII.) 

60. Gally (Louis). Essai sur le bail à cens en Bourgogne et chartes de 
l'abbaye de Saint-Etienne de Dijon, de 1395 à 1400. — Dijon, impr. de 
Jobard, 1905; in-8% 137 p. 

61. Gebhart (Emile). Les villes d'art célèbres. Florence. — Paris, 
H. Laurens, 1905; in-4°. 

62. Geisberg (Max). Das âlteste gestochene deutsche Kartenspiel vom 
Meister der Spielkarten (vor 1446). — Strassburg, J. H. E. Heitz, 1905; 
in-8^ 56 p. et 33 pi. (Studien zur deutschen Kunstgeschichte. LXVI.) 
(10 m.) 

63. Greban (Raymond). La science historique et les archives notariales. 

— Paris, Revue du Palais^ 9, rue Bleue, 1905 ; in-8*, 61 p. 

64. GuiCHARD (L'abbé A.). Grozon à travers les siècles. — Poligny, 
« Revue viticole de Franche-Comté », 1905 ; in-8% 50 p. 

65. Guillemoï (Etienne). Table alphabétique et analytique des matières 
contenues dans les bulletins du Comité archéologique de Senlis (comptes 
rendus et mémoires, années 1875 à 1902 inclus). — Senlis, impr. de 
Dulresne, 1904; in-8o, 67 p. 

66. GuiLLOT (Gaétan). Les moines précurseurs de Gutenberg, étude sur 
l'invention de la gravure sur bois et de l'illustration du livre. — Paris, 
Bloud, 1905; in-16, 62 p. (Science et religion. Études pour le temps 
présent.) 

67. GuRUTT (Cornel.). Beschreibende Darstellung der àlteren Bau-und 
Kunstdenkmâler des Kônigreichs Sacbsen. XXVIII. Amtshauptmannschaft 
Oschatz. II Tl. — Dresden, C. C. Meinhold und Sôhne, 1905 ; in-8% iv p. 
et p. 177-352. (8 m.) 

68. Haller (J.). England und Rom unter Martin V. — Rom^ Loescher, 
1905; in-8% 60 p. (Ans Quellenund Forschungen aus italienischen Archi- 
ven und Bibliotheken.) 

69. Heierli (J.). Die archâologische Karte des Kantons Solothurn, nebst 
Erlàuterungen und Fundregister. — Solothurn, T. Pétri, 1905; in-8% 
92 p., 2 pi. et carte. (Mitteilungen des histor. Vereins des Kantons Solo- 
thurn, H.) 

70. Helssig (R.). Katalog der lateinischen und deutschen Handschrif ten 
der Universitàts-Bibliothek zu Leipzig. VI. Katalog der lateinischen und 
deutschen Handschriften. III. Die jurist. Handschriften. — Leipzig, 
0. Harrassowitz, 1905 ; in-8% xliii-371 p. (20 m.) 



VI LIVRES NOUVEAUX 

7t. HuRTER (H.)* Nomenclator literarius theologiœ catholicœ. T. il. 
Ab anno 1109-1563. Editio altéra emendata et plurimum aucta. — Ions- 
bruck, Wagner, 1906; in-S*», 1390 col. et glxxxii p. (18 m.) 

72. Jagotin de Rosières (C). Étude sur la sigillographie du départe- 
raent de la Haute-Loire. — Caen, Delesques, 1905; in-8% 28 p. 

73. Jaksgh (Aug. von). DieKârnter Goschichtsquellen. IV Bd. 1302-1269. 
I II. 1202-1262. Im Auftrage der Direktion des Geschichtsvereines lûr 
Kârnten. -- Klagenfurt, F. von Kleinmayr, 1905; in-8% xxxix-587 p. 
(Monumenta historica ducatus Carinthiee. IV.) 

7k JoANNE (Paul). Itinéraire général de la France. De la Loire aux 
Pyrénées. -^ Paris, Hachette, 1904; in-i6, xii-i88 p. et pi. 

75. JoRDELL (D.). Catalogue général de la librairie française (continua- 
tion de l'ouvrage d'Otto Lorenz). T. XVI. Table des matières des t. XIV 
et XV (189 1-899). 2« fascicule : Clubs-kystes. — Paris, Per Lamm, 1905; 
in-8% p. 241-532. 

76. Karabacek (Joseph von), Mantuani (Jos.), Premerstein (A.-R. von) 
et Wessely (C). Codices grœci et latini photographiée depicti. X. Dios- 
corides. Codex Aniciae Juliana) picturis illustratus nunc Vindqbonensis, 
ined. gr. 1. — Leiden, A. W. SijthoIT, 1905 ; in-fol. (366 pi.) 

77. Krofta (Cam.). Monumenta vaticana res gestas Bohemicas illus- 
Irantia. V. Acta Urbani VI etBonifatii IX pontificum Romanorum. Pars. 11. 
I397-U04. — Prag, F. Rivnâc, 1905 ; in-8% p. 593-1505. 

78. Kruger (P.) et Studemund (G.). Gai Institutiones ad codicis Vero- 
nensis apographum Studemundianum novis curis auctum in usum scho- 
larum. V. Insunt supplementa ad codicis Veronensis apographum. Acce- 
dunt fragmenta interpretationis Gai Institutionum Augustodunensia ad 
recensionem .l'^milii Châtelain édita. — Berlin, Weidmann, 1905; in-8S 
Lxix-206 p. (Collectiolibrorum juris antejustiniani in usum scholarum. I.) 
(3 m.) 

79. Labande (L.-H.). La cathédrale de Vaison, étude historique et 
archéologique. — . Caen, Delesques, 1905; in-8«, 77 p. et pi. (Extr. du 
Bulletin monumental,) 

80. Laforge (François de). Orlgène, controverses auxquelles sa théo- 
logie a donné lieu. — Sens, impr, de Miriam, 1905 ; in-8\ 223 p. 

81. Lasteyrie(R. de) et Vidier (A.). Bibliographie générale des travaux 
historiques et archéologiques publiés par les sociétés savantes de la 
France (1902-1903,'. — Paris, Leroux, 1905; in-4% 267 p. 

82. Lebrun (L.). Description des principaux objets trouvés dans la 
cité lacustre de Clairvaux. — Besançon, impr. de Dodivers (1905) ; in-&% 
4 p. et 2 pi. 

/S^3, Leclercq (Dom H.). L'Espagne chrétienne. — Paris, Lecolïre, 190:i ; 
jin-l^, xxxv-397 p. (Bibliothèque de l'enseignement et de l'histoire ecclé- 
siastique.) 

84. Leder (Paul August). Die Diakonen der Bischôfe und Presbyter und 
ihre urchristlichen Vorlâufer. Untersuchungen ùber die Vorgeschichte 



LIVRES NOUVEAUX VII 

uod die Ânfânge des Archidiakonats. — Stuttgart, F. Eake, 1905 ; io'8% 
viu-402p. (Um. 40.) 

85. Ledieu (Aldus). Restitution de prisonniers à Abbeville au xiii^^'et 
au XV* siècle. — Paris, Impr. nationale, 1905 ; in-8°, 16 p. (Exlr. du 
Bull. hisL et philol. du Comité des travaux historiques, 1904.) 

86. Lefèvre-Pontalis (Eugène). Les dates de Saint-Julien de Brioude. 

— Caen, Delesques, 1905; in-8% 16 p. et pi. (Extr. du Compte rendu du 
74* Congrès archéologique de France, tenu en 4904 au Puy.) 

87. Leuridan (Abbé T.). Les études d'épigrapbie dans la région du 
Nord. — Arras, impr. de Sueur-Charruey, 1905; in-8°, 36 p. (Extrait de 
la Revue de Lille, 1905.) 

88. LiNiÊRE (Raoul de). Étude sur les fiefs de la Fontaine-Saint-Martin 
au Maine et leurs seigneurs. — Laval, V^e Goupil, 1904 ; in-8% 05 p. 
(Extr. de la Province du Maine, XII.) 

80. LiiNDEMANN (Hub.). Des hl. Hilarius von Poitiers Liber mysteriorum, 
«ine pàtristisch-kritiscbe Studie. — Munster i. W., Aschendorfl, 1905; 
in-8% vii-120 p. (3 m. 20.) 

90. LuGHAiRE (A.}. Quatrièmes mélanges d'histoire du moyen âge. 
I. L. Jacquemin : Annales de la vie de Joscelin de Vierzi, 57' évèque 
de Soissons (1126-1152). II. E. Faral : Courtois d'Arras, édition critique 
avec une introduction et un glossaire. 111. J. Beyssicr : Note additionnelle 
à l'étude sur Guillaume de Puylaurens. — Paris, F. Alcan, 1905; in-8% 
2i0p. (Bibliothèque de la Faculté des lettres de l'Université de Paris, XX.) 

01. Maffei (V.) Dal titolo di duca di Firenze e Siena a Granduca di 
Toscana, contributo alla storia délia politica di Cosimo 1 de' Medici. — 
Firenze, B. Seeber, 1905 ; in-8% 152 p. (3 1.) 

92. Mainfrin (P.). La dominazione romana nella Gran Bretagna. Vol. 1. 

— Roma, Unione cooper. éditrice, 1905 ; in-8. (10 1.) 

93. Martin (Abbé J.-F.). Monographie de Matval ou Bonnevau (Loir- 
et-Cher) au Vendômois, ancienne villa des Mérovingiens, des Carlovin- 
giens, etc., depuis les Gaulois jusqu'à nos jours. — Saint-Calais, Renard, 
1905; in-8% 112 p. 

94. Meller (Pierre). Armoriai du Bordelais (sénéchaussées de Bor- 
deaux, Bazas et Libourne). — Bordeaux, Féret ; Paris, Champion, 1906 ; 
in-4%x-32I, 415 et 337 p. 

95. Mély (F. de). Le trésor de la sacristie des patriarches de Moscou. 

— Paris, Leroux, lOO.'); in-4', 6 p. (Exlr. des Monuments et Mémoires 
publiés par CAnuléinic des ivscri jetions et bcllvs-lellies. Fondation Piot. 
XII.) 

06. MetmaiN (Louis) et Brièhe (Gaston). Le Musée des arls décoratifs. 
Palais du Louvre, Pavillon de Marsan. Le bois. 1" partie : Moyen-Age, 
Renaissance. — Paris, D.-A. Longuet, 1905; album gr. in-'»". (36 fr.» 

!*7. Michel (André). Histoire de l'art depuis les premiers temps chré- 
tiens jusqu'à nos jours. T. 1'', des débuts de l'art chrétien à la fin de la 
période romane. T partie. -— Paris, Colin, 1905; in-4% p. 443-959. 



VIII LIVRES NOUVEAUX 

98. MoMMSEN (Th.) et Meyer (Paul M.). Theodosiani libri XVI cum 
coDStitutionibus Sirmondianis et leges novellœ ad Theodosiaoum perti- 
nentes. II. Leges novellœ ad Theodosianum pertinentes. — Berlin, Weid- 
mann, 190.o ; in-S», cix-2i9 p. (12 m.) 

99. MoNTESSON (Ch. H. V*' de). Un coin de l'Kperon du Mans. — Laval, 
Vve Goupil, 1905 ; in-8% 54- p. (Extr. de la Province du Maine.) 

100. MoRis (Henri). Cartulaire de l'abbaye de Lérins. 2« partie. — 
Paris, Champion, 1905 ; in-4*, gx-304 p. et carte. (Société des lettres, 
sciences et arts des Alpes-Maritimes.) 

101. N.ENDRUP (Hub.)* Dogmengeschichte der Arten mittelalterlicher 
Ehrenminderungen. — Breslau, M. und H. Marcus, 1905; in-8.% p. 221- 
382. (Àus Festgabe fur Félix Dahn.) (o m.) 

102. Naue (A. W.). Beitrag zur prœhistorischen Terminologie. — Mùn- 
chen, T. Riedel, 1905 ; in-8% p. xi-lxxxiii et 32 pi. (Aus Die Denkmàler 
der vorrôm, Metallzeit im Elsass.) 

103. NicoLADONi (Alex.). Zur Verfassungs-und Verwaltungsgeschichte 
der ôsterreichischen Herzogtùmer mit besonderer Berûcksicbtigung 
Oberôsterreichs.4. Mittelalter. — Linz, Muséum Francisco-Carolinum, 
1905; in-8% m p. et p. 131-227. 

104. NiESE (Hans). Zur Geschichte des deutschen Soldrittertums in 
Italien. — Rom, Lœscher^ 1905; in-8% 36 p. (Aus Quellen und Forschun- 
gen aus italienischen Archiven und Bihliotheken,) 

105. Paris (Gaston). La littérature française au moyen âge (xi*-xiv' siè- 
cles). 3* édition, revue, corrigée, augmentée. — Paris, Hachette, 1905 ; 
in-16, xvii-344 p. 

106. Pellerin (Albert). De l'orthographe du nom de la commune de 
Sainteaux, appelée à tort Cintheaux. — Sainteaux (Calvados), l'auteur, 
1905 ; in-8% '20 p. 

107. Perdrizet (Paul). La Mater omnium du musée du Puy. — Caen, 
Delesques, 1905; in-8% 17 p. (Extr. du Compte rendu du 7V Congrès 
archéologique de France, tenu en i9(l4 au Puy.) 

108. Philippe (André). Les églises romanes de la haute vallée du Lpt. 
— Caen, Delesques, 1905; in-8o, 47 p. (Extr. du Compte rendu du 7V Con- 
grès archéologique de France, tenu en i904 au Puy.) 

109. PouPAUDiN (René). Monuments de l'histoire des abbayes de Saint- 
Philibert (Noirmoutier, Grandlieu, Tournus). — Paris, A. Picard, 1905; 
in-8% LUI- 137 p. (Collectiop de textes pour servir à l'étude et à l'ensei- 
gnement de l'histoire. XXXVlll.) (4 Ir. 50.) 

110. PuscARiu (Sextil). Etymologisches Wôrterbuch der rùmanischen 
Sprache. I. Lateinisches Elément mit Rerùcksichtigung aller romanis- 
chen Sprachen. — Heidelberg, C. Winter, 1905; in-S^, xv-235 p. (Samxn- 
lung romanischer Lehrbucher. 111 Reihe. Wôrterbiicher. I.) (6 m) 

111. Reichling (Dieterich). Appendices ad Hainii-Copingeri repertorium 
bibliographicum. Additiones et emendatiopes. Fas'c. 11. — Mûnchen, 
J, Bosenthaly 1906; in-8% ui-208 p. (10 m.) 



LIVRES NOUVEAUX IX 

112. RoDiÈRE (Roger). Supplément au Gartulaire des établissements 
religieux et civils du Boulonnais. Chartes diverses. — Boulogne-sur-Mer, 
impr. de Hamain, 1905; in-S^", 246 p. (Extr. des Mém, de la Soc, acad, de 
Boulogne-sur-Mer,) 

113. RôHRiGH (Vict.) und Liedtke(F.). Codex diplomaticus Warmien- 
sis oder Regesten und Urkunden zur Geschichte Ermlands, gesamnielt 
und in Namen des historiscben Vereins fur Ermland hrsg. — Brauns- 
berg, E. Bender, 1905 ; in-8% p. 1-96. (Monumenta historiœ Warmiensis. 
25Lfg. IXBd. Heft l.)(2m.) 

114. RosEROT (Alphonse). Les abbayes du département de l'Aube. 
Abbayes de la Piété, de Randonvilliers (?), de Scelliëres, de Troyes 
(N.-D.-auX'Nonnains, Saint-Loup, Saint-Martin-ës-Aires) et du Val-des- 
Vignes. Additions et corrections à la Gallia Christiana, t. IV et XII, 
5Vet dernière partie. — Paris, Impr. Nationale, 1905; in-8% 48 p. (Kxtr. 
du Bull, hist, et philol, du Comité des travaux historiques.) 

115. RosEROT (A.). Catalogue ' des actes royaux conservés' dans les 
archives de la Haute-Marne. ■— Besançon, impr. de Jacquin, 1905; in-8% 
177 p. (Extr. du Bibliographe moderne.) 

116. RôsLER (Margarete). Die Fassungen der Alexius-Legende, mit 
besonderer Berûcksichtigung der mittelenglischen Versionen. — Wien, 
VV. Braumûlter, 1905; in-8% x-i97 p. (Wiener Beitràge zur englischen 
Philologie. XXI.) (6 m.) 

117. RoTH (Vict.). Geschichte der deutschen Baukunst in Siebenbûrgen. 
— Strassburg, J. H. E. Heitz, 1905; in-8% viii-127 p. (Studien zur deuts- 
chen Kunstgeschichte. LXIV.) (10 m.) 

118. Bouchon (Ulysse). Les fortifications et les maisons anciennes dans 
la ville du Puy. — Caen, Delesques, 1905; in-8% 33 p. (Extr. du Compte 
rendu du 7/* Congrès archéologique de France, tenu en 4904 au Puy.) 

119. RousE Ball (W. W.). Histoire des mathématiques. Édition fran- 
çaise traduite sur la 3* édition anglaise par L. Freiind. T. I. — Paris, 
Hermann, 1906 ; in-8% vii-423 p. 

120. RuTHER(H.). Urkundenbuch des KIosters Neuenwalde, im Auftrage 
des Stader Vereins fur Geschichte und Altertiimer und mit Unterstût- 
zung der bremischen Ritterschaft bearbeitet. — Hannover, Hahn, 1905 ; 
in-8% vii-390 p., pi. et carte. (7 m. 50.) 

121. Saint- Venant (J. de). Le Castelas de Belvezet (Gard). — Caen, 
Delesques, 1905 ; in-8% 15 p. et pi. (Extr. du Bull, mx)numental. 1905.) 

122. Sauerland (H. Volb.). Urkunden und Regesten zur Geschichte 
der Rheinlande aus dem vatikanischen Archiv. III Bd. 1342-1352. — 
Bonn, P. Hanstein, 1905 ; in-8% xvi-lxxv-503 p. (Publikationen der 
Gesellschaft fur Rheinische Geschichtskunde. XXIII.) (15 m. 50.) 

423. ScHLUMBERGER (Gustavc). L'iuscriptiou du reliquaire byzantin en 
forme d'église du trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. — Paris, 
Leroux, 1905; gr. in-4o, 7 p. (Extr. des Monuments et Mémoires publiés 
par VAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Fondation Piot. XIL^ 
Moyen Age, 1906. a 



X PERIODIQUES 

12^. ScuôN (Eduard). Die Bildung des Adjektivs im AlteDglischen. — 
Kiel, R. Cordes, 1905; in-8% iiO p. (Kieler Studien zur eDglischeû Philo- 
logie. Neue Folge. VIII.) (3 m.) 

125. Stein (Henri). Une statuette d^argent offerte à la cathédrale du 
Puy en 1487. — Caen, Delesques, 1905; în-8% 9 p. (Extr. du Compte 
rendu du 7V Congrès archéologique de France, tenu en 1904 au Puy,) 

126. Sternfeld (Rich.). Der Kardinal Johann Gaétan Orsini (Papst 
Nikolaus 111) 1244-1277, ein Beitrag zur Geschichte der rômischen Kurie 
im 13 Jahrh. — Berlin, E. Ebering, 1905 ; in-8*, xxiii-376 p. et tableau. 
(Historische Studien. LU.) (10 m.) 

127. Stettiner (Rich.). Die illustrierten Prudentius-Handschriften 
Tafelband 695 Handschriftenseiten auf 200 Taf. — Berlin, G. Grote, 1905; 
in-4°, 22 p. et pi. (75 m.) 

128. TiKTiN (H.). Rumanisches Elementarbuch.— Heidelberg, C. Winter, 
1905; in-8o, viii-228 p. (Sammlung romanischer Lehrbûcher. 1. Reifae 
Grammatiken. VI.) (5 m. 60.) 

129. Urbani (Urbano). 11 sacro impero romano-germanico, çtudi di 
diritto pubblico. — Roraa, B. Lux, 1905; in-8% 168 p. (2 1.) 

130. Valon (Ludovic de). Le prieuré de Catus^ essai historique et 
archéologique. — Brive, impr. de Roche, 1905; in-8% 258 p. (Extr. du 
Bull, de la Soc. scientif., hist. et archéol, de la Corrèze.) 

131. Valten (V.). La miniatura sulla pergamena. — Torino, Rosenberg 
e Sellier, 1905 ; in-fol. (16 1.) 

132. VissAGUET (Louis). Les croix monumentales de la Haute-Loire. •— 
Caen, Delesques, 1905; in-8% 20 p. (Extr. du Compte rendu du 7V Congrès 
archéologique de France, tenu en 4904 au Puy,) 

133. Wenck (Cari). Philipp der Schône von Frankreich, seine Persôn- 
licbkeit und das Urteil der Zeitgenossen. Im Anhang : Urkundlicfae 
Beitrâge zur Geschichte der Erwerbung Lyons fur Frankreich. — Mar- 
burg, N. G. Elvert, 1905 ; m-4o, 74 p. (2 m. 50.) 

134. Wilkes (J.). Lautlehre zu .^Ifrics Heptateubuch und Buch Hiob. 
— Bonn, P. Hanstein, 1905 ; in-8o, 111-176 p. (Bonner Beitrâge zur Anglis- 
tik. XXI.) (5 m. 60.) 



PERIODIQUES 



135. Annales de la Société d'Émulation du département des 

Vosges, 81' année, 1905. (Épinal, 1905; in-8% 448 p.). ~ S, Mougin : 
Notice historique sur le palais abbatial de Remiremont, p. 227-291. — 
N. Baillant : Les formes originales des noms de lieux vosgiens et leurs 
/ormes ofOcieUes, p. 293-415. 



PERIODIQUES XI 

136. Annales de la Société historique et archéologique de 
Château-Thierry, annéei904. (Châleati-Thierry, Î905 ; in-8*, x-55-2l4p.). 

— Camuzon: Fouilles à Grigny (Grand-Rozoy), p. 9-\i . — Legr and- Vater- 
nelle : Note sur l'origine de la rue du Ha-ha [à Château-Thierry], p. 82-86. 

— Abbé N, Guyot : Les vitraux réparésdu xiv-el du xvf siècle dans l'église 
d'Essomes, p. 96-10*. — Abbé Rasset : La fontaine Saint-Fremis à Mar- 
chais-en-Brie, p. HO-42i. — L. Moyat : Excursion archéologique à Fère- 
en-Tardenois et La Ferlé-Milon, p. 135-150. — F, Henriet : Supplément 
au catalogue du musée de Château-Thierry (190M905), p. 172-192. 

137. Annales de la Société historique et archéologique du 
Gàtinais, t. XXIII. (Fontainebleau, 1905; in-8^ 399 p.). — J. Devaux : 
Introduction à l'histoire du Pithivrais, p. 1-12. — A, Charron : Mignères 
(Loiret), notes d'histoire locale, p. 13-50. — L. Auvray : Un recueil de 
pièces sur l'abbaye de Rozoi-en-Brie, p. 88-98. — H, Stein : Paul Ques- 
vers (1839-1903), notice biographique et bibliographique, p. 99-118. — 
H. Stein : Les chartes de Molesme relatives au prieuré de Douchy (1168- 
1235), p. 2I1-Î28. — Guignebert : Mémoire sur l'ancienne ville des Clo- 
siers (Montargis), p. ^29-274. — M. Legrand : Deux tombes plates dans 
l'église d'Abbeville-la-Rivière (Seine-et-Oise), p. 281-294 et pi. — Abbé 
0. Estoumet : Le nécrologe des Trinitaires de Fontainebleau, p. 365-389. 

138. Annuaire des cinq départements de la Normandie, publié 
par rAssociation normande, 72* année, 1905. (Caen, s. d. ; in-8% lxiv- 
754 p.). — E. Foucault : Notes sur le préhistorique dans l'arrondissement 
de Domfront, p. 27-35. — Coutil : Le préhistorique dans l'arrondisse- 
ment dé Domfront, p. 35-52. — Surville : La vie du vieux Fiers, p. 199- 
229. — J.Mngot Des Rotours : La région bas-normande, p. 238-255. — 
De Brebisson : Réflexions historiques sur Guillaume le Conquérant, p. 697- 
706. 

139. Association française pour Tavancement des sciences, 
compte-rendu de la 33' session. Grenoble, 1904. Notes et mémoires. (Paris, 
1905 ; in-8% 1747 p.). — G. Chabrand : Les anciennes fonderies des Alpes 
delphino-savoisiennes, p. 293-310. — Abbé Guillaume : Notes sur les peu- 
plades gallo-romaines des Hautes-Alpes, p. 948-955. — 6?. Courty : 
Recherches nouvelles sur les signes rupestres de Seine-et-Oise, p. 960- 
961. — Ch, Cotte : Objets en pierre et en os et parures de Tabri de La 
Font-des-Pigeons [près ChâteauneuMes-Martigues], p. 962-970. — 
M. Deydier : Les maillets de Murs (Vaucluse), p. 971-972. — H, Muller : 
Une nouvelle station néolithique près des balmes de Foniaine (Isère). 
Balmesde Gloss, p. 972-983. — H, Millier : Notes sur les stations préhis- 
toriques en plein air des environs de Grenoble, p. 1005-1011. — 
H, Millier : Découverte et fouille d'une station préhistorique h Saint- 
Loup (Isère), p. 1012-1026. — Arnaud d*Agnel : Découvertes archéolo- 
giques au Castellas de Vitrolles, p. 1027-1034. -^ Zaborowski : L'origine 
des animaux domestiques en Europe et les migrations aryennes, p. 1034- 
1049. — L'abbé A. Parât : Les grottes de la Cure et la poterie paléoli- 



XII l>KRIODIQUES 

thique, p. 1058-1062. — P. Goby et À. Guebhard : Sur les enceintes pré- 
historiques des préalpes maritimes, p. 1068-1103. — ly À. Cotté et 
Ch. Coite : La grotte ossuaire de la Marane (Ghâteauneuf-ies-Martigues), 
p. 1106-1112. — Deydier : Atelier préhistorique d'AnsoHis (Vaucluse), 
p. 1112-1120. — Vabbé A. Parât : La grote de la Roche-au-Loup à faune 
d'hippopotame à Merry-sur- Yonne, p. 1120-1123. — A. Viré: La grotte de 
Lacave (Lot\ station de l'époque solutréenne, p. 1124-1126. — 
L. Schaudel : Les pierres à cupules de la Savoie, p. 1127-1131. — 
/>' Capitan, Peyrony et lireuil : Une nouvelle grotte à parois gravées aux 
environs des Eyzies, p. 1 132-1133. •— />' Capitan et abbé Breuit : L'indus- 
trie de la station de Fi tz-James près Clermont (Oise), son faciès indus- 
triel spécial, p. 1134-1136. — />' Capitan: L'industrie reutélienne dans 
les graviers quaternaires de la rue de Rennes à Paris, p. 1136-1138.— 
Delort et Pagh-Allanj : Traces du passage des Francs nouvellement cons- 
tatées en Auvergne (Haute), p. 1138-1139. — Detort : Rapport sur les 
fouilles de Chastel-sur-Murat (Cantal), p. 1140-1144. — H, Ferrand : Les 
Atlas français. L'atlas de Tavernier, p. 1305-1404. — H. Ferrand : La 
carte Sabaudia ducatus, sa date et son auteur, p. 1404-1408.— Delort: 
Antiquités gréco-romaines de la vallée inférieure de l'Isère et des bords 
du Rhône, étude au pays dès dieux Lares, p. 1547-1549. — Masfrand : 
Fouilles d'un puits gallo-romain situé à Chassenon (Charente), p. 1554- 
1556. — Masfrand : L'enceinte de Ladignac, canton de Saint- Yrieix 
(Haute-Vienne), p. 1556-1558. 

140. Bulletin archéologique de r Association bretonna.. 
3« série, t. XXIII, 45' congrès tenu à Châteaubriant du M au 17 sep- 
tembre 1904. (Saint-Brieuc, 1904; in-8*, xlii-318 et 22 p.). — i4&6éPam-/a/- 
lobert : La vicomte de Fercé, p. 3-2?. — Abbé Guillotin de Corson : Vieux 
usages du pays de Châteaubriant, p. 23-67. — J. Trévédy: Un portrait du 
connétable de Richement, p. 68-77 et 2 pi. — J. Trévédy : Inventions 
bretonnes adoptées en France, p. 78-113. — r* Ch. de Calan : Notes pour 
servir à l'histoire des saints de Bretagne, p. 152-17i. — Jf" de Balby de 
Vemon : Le Chatelier et l'église fortifiée de Moisdon - La - Rivière 
(arrondissement de Châteaubriant), p. 236 à 2i2, — Abbé A, MHlon:Le 
culte de la pierre en Armoriquè, p. 2'*3-26;i. — R, Kerviler : Les mesures 
de longueur, les nombres 3 et 7 et les connaissances en arithmétique, 
géométrie et astronomie chez les constructeurs de monuments mégali- 
thiques en Armoriquè, p. 288-306. — Paul de Berthou: Excursion [châ- 
teaux de Derval et de Fougeray], p. 307-314. 

141. Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, 
années 1904-1905, t. VIIl. (Narbonne, 190M905; in-8S Lxvin-6i7 p.). — 
f;. Amardel : Médaille gauloise de Calantolos, p. xxxviii-xxxix. — 
Amardel : Gros d'argent de Jaime II, roi d'Aragon, frappé à Mont- 
pellier, p. xLiii. — Thiers : Fouilles de la pointe de Brunet, étang 
de Bafees, p. xlvi à xlviii. — Thiers : Statue d'Hercule trouvée à 
Montfort, p. lxi. — G. Amardel: Le T cursif dans les inscriptions 



PERIODIQUES XIII 

monétaires carolingiennes, p. i-23. —. J. Guiraud : Inventaires nar- 
bonnais du xiy* siècle (suite) : Pierre de Jean, évèque de Garcas- 
sonne (1338-1339), p. 25-152 et 533-638; Guillaume, évèque d'Alet 
(1354), p. 182-244 ; Arnaud d'Andrieu, collecteur apostolique de la pro- 
vince de Narbonne (1386), p. 333-384. — J. Campardou : Notes archéolo- 
logiques sur la région de Fleury d'Aude, p. 153-159. —À. Sabartfiès : 
Étude sur les noms de baptême à Leucate (Aude), p. 245-272. — 
G. Àmardel : Les monnaies ibériques attribuées à Nîmes, p. 309-320. — 
Abbé Escarguel : Deux statues de la B. V. Marie dans la paroisse de Saint- 
Luc à Ginestas, p. 385-396. — J. Anglade: Deux troubadours narbonnais : 
Guillem Fabre et Bernard Alanhan, p. 397-427. — J. Yché : Le Parement 
de Natbonne, p. 437-443. — G. Amardel : Les monnaies de Nîmes cou- 
pées, p. 447-459. — A, Sabarthès : Les évèchés de la Narbonnaise en 678, 
p. 460-469. — H. Rouzaud : Sur la nécropole ancienne de Montlaurés et 
le vase grec qui y fut découvert en 1864, p. 489-526 et pi. — J. Campar- 
dou : Sépultures du premier âge du fer à Fleury d'Aude, p. 527-532. 

143. Bulletin de la Société académique de Laon, t. XXXI. 
Années 1900 à 1904. (Laon, 1905 ; iû-8% 30-cxlv-332 p.) — Abbé Bouxin : 
Pierre sculptée enclavée dans le mur d'une maison de la rampe Saint- 
Marcel [à Laon], p. ix-xi. — De La Tour-du-Pin : Arrancy, p. l-i2. — 
G Legrand : Une charte inédite de Philippe de Beaumanoir, grand bailli 
de Vermandois [1289], p. 43-54. — H. Servant : Les anciens cimetières de 
rhôtel'Dieu de Laon, p. 69-86 et pi. — L. Broche : L'ancien palais des rois 
à Laon, p. 180-212 et 3 pj. — C. Legrand : Une renonciation à commu- 
nauté contestée [par les habitants de Laon] devant le grand bailli de 
Vermandois au xiv* siècle, p. 247-285. 

143. Bulletin de la Société d'études d'Avallon, 45' année, 1904. 
(A vallon, 1905 ; in-8% 297 p.) ^- J, Prévost : Avallon, ville de guerre, 
p. 53-144. — Abbé lissier : Découverte d'un cimetière celtique en Morvan 
sur la commune de Saint-Germain-des-Champs, p. 145-156. — J, Giraud: 
Rapport sur les ruines de Saint-Jean-les-Bonshommes, p. 157-167. — 
Abbé Parât : Étude historique sur saint More, enfant martyr du v' siècle, 
pi., p. 199-259. — Abbé Parât: Note sur la cachette de bronze d'Arcy, 
p. 260. — Chanibon : Table alphabétique des matières contenues dans 
les Bulletins de la Société d'études d'Avallon, années 1879 à 1903 
inclus, p. 261-292. 

144. Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la 
Corrèze, t. XXVI. (Tulle, 1904; in-8% 464 p.) — E, Bombai : Souterrains 
refuges du canton d'Argentat et de Saintrie, p. 73-103. — La Roche-Sen- 
gensse : Monographie d'une commune rurale. Saint- Ybard tCorrèze) 
(suite), p. 105-197. — F. Forot : Une seigneurie du Bas-Limousin 
(Chaunac), p. 123 et 263. — Poulbrière : Copie de l'inventaire des titres 
du château de Pompadour ^1765) (suite), p. 207-214, 449-455. — Th, Bour- 
neix : Trois prieurés limousins : Chamberet, p. 279-303. — G. Clément- 
Simon : Recherches de l'histoire civile et municipale de Tulle avant 



XIV PÉRIODIQUES 

rérectjon du. Consulat, p. 375-413. — E. Bombai : Clef trouvée à la villa 
gallo-romaine de Longour, p. 409-411. 

145. Bulletin de la Société libre d'émulation, du commerce et 
de l'industrie de la Seine-Inférieure... Exercice 1904. (Rouen, 1905; 
in-8% 328 p.) — P, Rivage: Recherches historiques sur rantimoine et 
ses applications, p. 179-206. — L, de Vesly : Cachettes monétaires dans la 
Seine-Inférieure, p. 238-256. — L. de Vesly : Exploration archéologique de 
la forêt de Rouvray. Fouilles de 1904, p. 257 et pi. — L, de Vesly: 
Légendes, superstitions et vieilles coutumes. La FeuroUe de la forêt des 
Essarts. Les sorciers du Trou d'Enfer à Freneuse (Seiné-lnférieure) et la 
monnaie des sorciers, p. 277-282. 

146. Bulletin du Comité de l'art chrétien (diocèse de Nimes), 
t. Vil. (Nîmes, 1899-1905 ; in-8% 668 p.) — L. d'Albiousse : Histoire de la 
cathédrale d'Uzès, p. 4-22. — Àbbè Brun : L'art religieux au musée de 
Bagnols, p. 26. — Abbé h\ Durand : Une amulette arabe, p. 39-41. — 
Capitaine Vigne : Un coin du sol ntmois (antiquités romaines et méro- 
vingiennes), p. 42-66 et 12 pi. — Abbé F. Durand : La sphragistique du 
moyen-âge au musée de la Maison Carrée, p. 69. — Abbé F. Hugues : 
L'oppidum de Pompignan, p. 103. — Abbé F, Durand : Les Heures de 
P. Pigouchet, incunable de la bibliothèque de l'évêché de Ntmes, p. 433- 
451. —Abbé F, Durand: La frise du xi* siècle à Notre-Dame de Beau- 
caire, p. 209-214 et pi. — Afibé Nicolas : Ancienne paroisse Saint-Martin 
à Saint-Gilles (H3I-I814\ p. 215-263 et pi. — G. Contestin : Iconographie 
de la croix, p. 287-348. — Abbé F. Durand : La verdeline (règle) au cha- 
pitre d'Uzès, p. 349-358. — Abbé F. Durand : Contre-critique de l'histoire 
de? évêques de Nîmes par Ménard, p. 416-442, 4^5-459. — Abbé A, Du- 
rand : Un sermon de Jacques de Lausanne sur la conception de la 
Viefge, p. 601-615. — Abbé E. Durand : L'église romane de La Cadière, 
p. 646-621. —Abbé H. Brun: Les emblèmes de la maison du prieur à 
Caveirac, p. 624-626. — Abbé F, Durand : Le synode de Nlraes de 1284, 
p. 634-6i8. — Abbé F, Durand : Une croix émaillée du xii* siècle, 
p. 651-653. 

447. Bulletin et mémoires de la Société archéologique du 
département d'Ille-et- Vilaine, t. XXXI V. (Rennes, 4905; in-8% 
Li-368 p.) — Abbé Guillotin de Corson . Les clefs de saint Servais et de 
saint Tugean, p. x-xi. — Etasse : La seigneurie de Marcillé-Robert, 
p. xxiv-xxvi. — Fiasse : Pot acoustique de l'église Saint-Étienne en 
Cogles (llle-et-Vilaine), p. xxviii-xxix. — B. Pocquel Du Haut-Jussé: 
M. Paul Parfouru, p. 1-42. — P, Banéat : Le vieux Rennes, p. IS-lOi». — 
P. Anger : Cartulairede l'abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt, p. 465-262. — 
Guillotin de Corson : Petites seigneuries du comté de Rennes (suite) 
[Le Rouvre en Saint-Pierre de Plcsî?uen, Le Boislehou en Luitré, le Brcil 
en iffendic], p. ^»i:j-30o. 

148. Conférence des Sociétés savantes, littéraires et artis- 
tiques de Sdine-et-Oise, 2° réunion tenue à Pouloise les 1 1 et 



PERIODIQUES XV 

12 mai 1 90 f. (Versailles, 1904; iQ-8% 140 p.)— E. Grave: Les seigneurs 
de La Rocbe-Guyon et leurs paysans (1259-150^), p. 59-35. — Coquelle : 
Les églises romanes du Vexin français, p. 3o-a2. — Â. Rey : Un léga- 
taire de Villon : Nicolas de Louviers, p. 5i-G(i. ~ Depoin : Proverbes et 
locutions du Vexin français, p. 66-80. 

1V9. Département de Seine-et-Oise, Commission des anti- 
quités et des arts... XXV* volume. (Versailles, 1905; in-8% 149 p.) — 
Delessard : Station romaine à La Boissiére, p. 27-28. — V, Àubert : Sta- 
tion préhistorique de Thoiry, p. 28-30. Langevin : Notice sur Thoiry, 
p. 38-40. — Abbé Le Chenetier : Rapport sur les fouilles de Grignon, 
p. 48-51. — Coquelle: Monographie de l'église de Màule, p. 59-93. — 
E. Grave : Apremont, commune de Perdreauville, p. 9i-100. — E. Grave: 
Une charte de Cluny (concernant le prieuré de Gassicourti,p. 101-113. — 
J. Depoin : Les manuscrits inédits du procureur Guériteau, p. 1 14-124. — 
L. Planœuar f : Le culte des fontaines, p. 125-1 i8. 

150. Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1904-1905, 155' année, 
6» série, t. H. (Nancy, 1905; in-8% clxiv-438 p.) — iV. Haillant : Notes de 
philologie vosgienne. Comparaison de certains sons de divers patois vos- 
giens avec les sons russes, allemands, espagnols, arabes et néo-grecs, 
p. 1-20. 

151. Mémoires de la Société académique.», de l'Aube... 
t. LXVIII... année 190t. (Troyes, s. d. ; in-8''.) — I. Le Clert: Musée de 
Troyes. Art décoratif (musée Plat), supplément au catalogue descriptif 
et raisonné, p. 5-39. — Abbè A. Prévost . Instruments de musique usités 
dans nos églises depuis le xiii* siècle, p. 41-Î26. — Abbé A. Petel : Aleran I" 
et Aleran 11, note historique sur les comtes de Troyes du ix* siècle, p. 285- 
323. — J. Dubois: Le vocabulaire troyen de Grosley, p. 32o-34i. — I. Le 
Clert: Quelques seigneuries de l'ancien comté de Brienne. Blaincourt, 
Epagne et Vaubercy, p. 345-427 et 2 pi. — Z. Le Clert : Liste des dons 
faits au musée de Troyes pendant Tannée 1901, p. 447-456. 

152. Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du 
Musée historique lorrain, t. LIV (4« série, 4* volume), 19«»4. (Nancy, 
190'*; in-8% 3i3-xxiv p.) — 7>' J. Voinot : Les fouilles de Chaouilley, cime- 
tière mérovingien, p. 5-80 et 4 pi. — L, Quintard : Le prieuré de Froville 
(1091-1791), p. 81-108 et 3 pi. — H, Bernard : La halle de Saint-Mihiel 
(1251-1902), p. 109-124 et 3 pi. — P. Boyer : Le butin de Nancy (5 jan- 
vier 1477), étude d'histoire et d'archéologie, p. 125-220. — Dom Q^^^tin: 
Notice et extraits d'un triple nécrologe de l'abbaye de Remiremont, 
p. 2« 1-262. — J. Beaupré : Compte rendu des fouilles exécutées en 1904 
dans les tumulus de Chaudeney (Meurthe-et-Moselle), p. 263-295"et 3 pi. 
— /. Beaupré : Observations sur les fouilles faites à Scarpone, p. 296-309 
et 3 pi. 

153. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre... 
1904, 28' volume. (Bourges, 1905; in-8% xx-343 p.) — J, Soyer : Étude 
critique sur le nom et l'emplacement de deux oppida celtiques mention- 



XVI PERIODIQUES 

nés par César dans les Commentarii de bello Gallico, p. 1-20, carte. — 
E. Chenon : Notes archéologiques et historiques sur le Bas^Berry , 5* série. 
[Troisième puits galio-romain à Ghâteaumeillant ; antiquités gallo- 
romaines à Acre, etc.], p. 2i-7l. — C/i. de Laugardière : De la véritable 
situation du pagus Vosagensis en Berry et de son nom français au 
moyen âge, p. 73-9i. — J, Soyer : Les actes des souverains antérieurs au 
XV' siècle conservés dans les archives départementales du Cher [abbaye 
N.-D. de Fontmorigny], p. 93-200. — D. Mater : Études sur le musée de 
Bourges [le bassin de jaspe de la Sainte-Chapelle de Bourges], p. 201-209. 
— /). Mater: Bulletin numismatique et sigillographique, p. 285-318 et 
3 pi. 

154. Mémoires de la Société des arts et des sciences de 
Carcassonne, 2' série, 't. I. (Carcassonne, 1905 ; in-8*, xiv-305 p.) — 
Abbè Baichère : Monnaies françaises du moyen âge [trouvées à Carcas- 
sonne], p. 15-10. — Abbé Baichère : Pierres tombales trouvées dans 
l'ancienne église des Cordeliers de Carcassonne, p. 36-38, 40-42, 44-46. 
— Abbé Baichère : Poids inscrit de Toulouse (1239) ; sceau de la judicature 
du Lauraguais (xiii'-xiv* s.), p. 38-40. - Abbé Cézac : Le nom de Ville- 
neuve-la-Comptal, p. 56-60. — Abbé Baichère : Monnaies romaines de 
bronze recueillies aux environs de Douzens (Aude), p. 60-61. — Abbé 
Baichère : Les noms latins des communes de l'Aude d'après divers docu- 
ments du moyen âge, p. 74-98. — Abbé Baichère : Les reliques, l'argen- 
terie et les ornements de l'église cathédrale de la cité de Carcassonne 
aux xvi* et xvii* siècles, p. 99-131. — Abbé Baichère: Les collections 
lapidaires du musée de Carcassonne en 1870, d'après le catalogue manus- 
crit du chanoine Barthe^ p. 189-227. 

155. Mémoires de la Société historique et archéologique de 
l'arrondissement de Pontoise et du Vexln, t. XXVI. (Pontoise, 
1904-1905; in-8", 139 p.) — L. Passy : Les origines de la ville de Gisors, 
p. 17-23. — Patte : Le dolmen de ChampignoUes, commune de Flavacourt 
(Oise), p. 45-51. — I. Broche : Choix de pièces inédites conservées aux 
Archives nationales et relatives à l'histoire de Pontoise, p. 71-115.— 
E, Grave : Beynes et son château, p. 124-132 et pi. — E. Grâce : Epône, 
le dolmen et l'église, p. 133-137. 

156. Mémoires de la Société nationale des antiquaire» de 
£*rance, T série, t. 111. (Paris, i90f ; in-8«, 356 p.) - E, Michon : Ins- 
cription de l'année 1172, relative à une convention entre les églisea 
SS. Come et Damien et S. Jean délia Pigna, p. 1-22. — /, Maurice : 
Classification des émissions monétaires de l'atelier de Lyon pendant la 
période constantinienne (305-337), p. 23-1 12 et 2 pi.— F. de Mély : L'image 
du Christ du Sancta Sanctorum et les reliques chrétiennes apportées par 
les flots, p. 113-144. — A. Héron de Villefosse : Outils d'artisans romains 
(suite , p. 329-353. = 7« série, t. IV. (Paris, 1905 ; in-8% 278 p.) — 
E, Lefècre-Pontalis : Les architectes et la construction des cathédrales de 
Chartres, p. 69-136 et 2 pi. — A. Mayeux : Saint-Jean-le- Vieux de Perpi- 



PÉRIODIQUES XVII 

gnan, p. 231-242 et 5 pi. — Baron J. de Baye : L'église de Kologe à 
Grodno (Russie occidentale), p. 243-251 et 2 pi. — G, Schlumberger : 
Quelques sceaux de l'Orient latin au moyen âge, p. 253-273. 

157. Recueil de la Ck)mmis8ion des arts et monuments his- 
toriques de la Charente-Inférieure et Société d'archéologie de 
Saintes, t. XVI. (Saintes, 190i-1904; in-8% 609 p.) — Egreteaud: Mono- 
graphie de la commune des Mathes, arrondissement de Marennes, p. 7-38, 
56-77. — H, Hildebrand : Notes d'art de Suède, p. 78-85. — F. Lasne : 
Note sur le camp retranché du Terrier de Toulon, p. 146-157 et pi. — 
G, Musset: L'industrie du fer dans la Saintong« et dans l'Aunis, p. 158- 
463. — Stations préhistoriques de Bel- Air, près Jonzac, et du Terrier 
de Cordier, commune de S^f|yt-Georges-de-Cubillaç, p. 168. —^. Chainet : 
Station préhistorique du Châtelet, commune de Marignac, près Pons, 
p. 168-169. — . C/i. Dangibeaud : Notes inédites sur Crazannes, p. 174-179. 

— G Musset: Les ports francs, p. 179-225, 235-275, 283-315. — À, Des- 
champs : Station préhistorique de Mourez, commune de Berneuil (Cha- 
rente-Inférieure), p. 275-276. — 6?. Musset : Cachette de Trizay (âge du 
bronze), p. 276-279. — A. Chainet : Vestiges antiques à Cordie .commune 
de Marignac); Le Fort (commune de Bois), p. 322-323. — Trouvaille de 
monnaies d'or du xv' siècle à La Rochelle, p. 324. — G. Musset : La villa 
de Pa terre, p. 330-331. — F. Lasne: Note sur la mosaïque romaine décou- 
verte à Paterre, p. 332-337. — L, Goy : L'ancien château féodal de Thérac, 
commune des Gonds, p. 343-344. — E, Tenaud : Les peintures murales de 
l'église de Landes, p. 344-345. — 6?. Musset : Découverte de sépulture à 
Saintonge, comnmne de Saint-Bonnet, p. 355. — L,-Ch. Gaurier : Note 
sur l'aqueduc romain de Saintes, p. 365-371 et 2 pi. — G. Musset : Un 
fragment de la vie de saint Eutrope, p. 371-376, facs. — 6?. Musset : 
Sépultures mérovingiennes de Loire, p. 376-3'~7. — 6?. Musset : La cou- 
tume de Royan au moyen âge, p. 378-413, 438-473, 512-530 et pi. — 
À. Chainet : Le tumulus et le cimetière mérovingien de Clermont, com- 
mune de Clion, canton de Saint-Genis, p. 413-414. — Babinot: Excursion 
à Bougneau, Perignac, Ars, p. 431 et 4 pi. — C. Musset : Perignac, p. 433- 
436 et 2 pi. — A. Deschamps : Grotte sépulcrale dans les bois dits du 
Bois-Bertrand, commune de Saint-Léger (Charente-Inférieure), p. 474. 

158. Revue d'Auvergne, publiée par la Société des Amis de l'Uni- 
versité de Clermont, t. XXI, 1904. (Clermont-Ferrand, 1904; in-8% 480 p.) 

— M, Boudet : Les derniers Mercœurs. Béraud VII de Mercœur, conné- 
table de Champagne (1272-1321), p. 1-20, 93-127, 241-266, 373-396, 453-460 
et carte. — I. Pineau : Thor de Havsgaard, chanson danoise, p. 314-316. 

— Léon Pineau : Le roi Harald et le jeune Hemiog, chanson norvégienne, 
p. 397-398. 

159. Revue de l'Anjou, nouvelle série, t. XLIX. (Angers, 1904; in-8% 
515 p.) — Ch. Urseau : L'Anjou aux Primitifs français, p. 5-24. — 
J. Chappée : L'église et la chapelle abbatiale de l'abbaye d'Asnières et 
rapport sur les fouilles qui y ont été faites, p. 71-99 et pi. — Ch, Urseau : 



XVIII PERIODIQUES 

Authentiques de reliques provenant de l'ancienne abbaye de Ronceray, 
p. 179-185. — Ch. Urseau : Le portrait de Louis XI conservé à Béhuard, 
p. 3il-35(J et pL 

160. Revue de TËcole d'anthropologie de Paris, \i^ année, 1904. 
(Paris, 190'» ; in-8% 426 p.) — Z)' Capitan : Quelques observations sur les 
pièces recueillies dans la deuxième grotte d'Engis (Belgique), p. 25-32. — 
J. Labrie : Un nouveau type de grattoir-burin [caverne de Fontarnaud 
à Lugasson, Gironde], p. 53-54. — A, Lefèvre : L'aventure de Boniface VIII 
[et Philippe le Bel], p. 65-88. — Capitan^ Breuil et Charbonneau-Ldssay : 
Les rochers gravés de Vendée, p. 4 20-136. — B. Reber : Une nouvelle 
station préhistorique à Veyrier (Haute-Savoie), p. 156-161. — G. Hervé: 
La sépulture dolmeniqué de Cocherel, p. 165-168. — P. SébiUot : Vestiges 
du culte de la mer sur les côtes de France, p. 185-195. — G Béraud : 
Découverte d'un nouvel instrument en pierre polie (galet polissoir) dans 
les stations néolithiques du nord de l'arrondissement de Bressuire, 
cantons de Chatillon-sur-Sèvre et de Cerizay (Deux-Sèvres , p. 237-239. 

— À. deMortillet : Les tumulus, p. 247-262. — J. Bardon et J, et À, Bouys- 
êonie : Monographie de la grotte de Noailles (Corrèze\ p. 283-29i. — 
Z>' Capitan y abbé Breuil, Ampoulange : Une nouvelle grotte préhistorique 
à parois gravées [la Grêze, Dordogne], p. 320-325. — D' F, Houêêay : 
Trois nouveaux polissoirs [Chissay, Loir-et-Cher ; La Crémaillère, Mon- 
thou-sur-Cher], p. 326-330. — Z>' Capitan, Breuil et Peyrony : Une nou- 
velle grotte à parois gravées, La Calévic (Dordogne), p. 379-381. 

161. Revue des bibliothèques. Directeurs: Emile Châtelain et Léon 
Dorez, 1V'= année 1904. (Paris, s. d. ; in-8».) — L, Thuasne : Note sur Jean 
Colombe, enlumineur, p. 59-62. —0. Serruys : Souscriptions et signa- 
tures dans les manuscrits des x'-xiii° siècles conservés au monastère de 
Vatopedi (Athos), p. 63-76. — L. Dorez : L'incendie de la Bibliothèque 
Nationale de Turin, p. 77-101. — G. F. Warner : Les manuscrits à pein- 
tures du musée Britannique, p. 145-184. — L. Dorez: Les lettres d'indul- 
gence du pape Nicolas V, p. 197-211. 

162. Revue des études historiques, 70' année, 1904. (Paris, s. d. ; 
in-8°.) — L. Mirot : La France et le grand schisme d'Occident, p. 31-43, 
113133, 2 io-'248. — J. Depoin : Questions mérovingiennes et carolin- 
giennes (chronologie des rois mérovingiens ; le prénom d'Arnoul aux 
ix* et x* siècles), p. 377-385. — 6Vi. Prieur : Eustache Deschamps, maître 
de la léproserie de Fismes, p. 505-510. 

163. Revue des langues romanes, t. XLVII, 5* série, t. VII. 
(Montpellier, 1î)0* ; in-8% 576 p.) — Kastner : Histoire des termes tech- 
niques de la versification française, p. 5-28. — A, Vidal : Les délibéra- 
tions du conseil municipal d'Albi de 1372 à 1388, p. 7:î-90, 3V8-373, 
îiJri-riM'i'. — Savricu : Le parler de Bagnères de Luchon et de sa vallée 
■ suite), p. 97-153, 481 -53V. - Bertoni : Noterelle provenzali, p. 154-158. 

— G. Berioni : Sulle rcdazioni provenzale e Irancese délia practica ocu- 
}orum di Ben venu to, p. 4i2-ti)4. 



PERIODIQUES XIX 

16(. La Revue forezienne illustrée, 14" année, 1904. (Saint- 
Étienne, i904 ; in-S», 580 p.) — H, Boume : Histoire de la ville et de la 
commanderie de Cbazelles-sur-Lyon, arrondissement de Montbrison 
(LoireS p. 24-33, 138-146 ; 226-235, 327-336, 430-435, 546-553 et pi. 

i6o. Revue historique, archéologique, littéraire et pittoresque 
du Vivarais illustré, t. XII, W04. (Privas, s. d. ; in-8% 549 p.) — 
/{. Tartary : Le château de Maisonseule en Vivarais, p. 1-5, 105-iil, 
201-208, 392-iOO. — F. B, E. Saint-Martin-le-Supérieur (suite), p. 6-54. 

— À, Mazon : Le vieux château de Largentière, p. 34-44 et 89. — H, Vas- 
chalde : L'église de Largentière, p. 87-88. — F. Luquet de Saint-Germain : 
Inventaire d'archives du xi* au xviii' siècle concernant le Vivarais, 
p. 91-97, 173-196, 366-374, 478-480. — P, Falgairolle : La succession de 
la maison de Tournon, p. 98-102, 375-378, 437-448. 

166. Revue historique ardennaise, publiée par Paul Laurent, 
t. XI, année 1904. (Paris, 1904; in-8%302p.) — NumaAlbol: Montcy-Saint- 
Pierre à l'époque gallo-romaine, p. o-35. — H. Jadart : Le bourg et l'an- 
cienne abbaye de Chaumont-Porcien, p. 49-100. — P. Laurent : Les 
armoiries de la salle des délibérations du Conseil général des Ardennes, 
p. 11 3-1 32. — A. Lannois : Les anciens cimetières de Seuil, p. 131-146. — 
P. Pellot : Les ascendants maternels de la famille ïaine, p. 237-268. — 
A.Baudon: Les lieux ardennais disparus: Merquiilon, p 275-281. — 
H. J. et L. D, Sceaux de Boivin, d'Avaray et d'Asei, p. 282-283. — 
P. Ubald d*Alençon : Le cartulaire des récollets de Couvin (1464-1791), 
p. 297-332. — A, le^orf .* Deux chartes retheloises (122:vl2o6), p. 333- 
336. 

167. Revuo numismatique dirigée par A. de Barthélémy, G. Schlum- 
berger, E. Babelon, 4« série, t. VIII (Paris, 1904 ; in-8% 570-lxvi p.) — 
A, Blanchet .Types monétaires gaulois imités de types romains, p. 23-32. 

— H, Villers, Poncet et Morel : Les revers des monnaies dites à l'autel 
de Lyon, p. 33-63 et pi. — J. de FoviUe : Deux monnaies byzantines 
récemment acquises par le Cabinet des médailles, p. 105-1 11 — M. Prou : 
Une monnaie de Childebert II, p. 215-221. — R, Mowat : Note de Fran- 
cesco Albcrtini sur des monnaies papales et florentines du xv° siècle, 
p. 274-275. — 6" J. Beaupré : Monnaies gauloises trouvées dans l'arron- 
dissement de Nancy, p 297-316. — M. Prinet: Recherches sur la monnaie 
de Moreium, p. 400-408. — Colonel Borrelli de Serres : Les variations 
monétaires sous le règne de Philippe le Bel d'après les comptes de la 
commanderie de l'abbaye de Saint-Denis, p. 430-437. — M. Prou : L'œuvre 
numismatique d'Anatole de Barthélémy, p. 438-159. — C* de Castellane : 
Le gros tournoi de Charles d'Anjou et le gros tournoi du roi de France 
au chatel fleurdelisé, p. 533-oo0. — Caron : Gros tournoi de Charles de 
Blois duc de Bretagne, p. ii-iu — Bordeaux : Obole carolingienne de 
Lodôvo. p. iii-ix. — A. Blanchet: Monnaie d'or gauloise trouvée à Cha- 
renton, p. x-xi. — Richebé : Piècej baroaalcs du Cambrésis, p xvii-xviii. 

— A, Blanchet : Denier de Charleruagne frappé à Avranches, p. xli. 



XX PERIODIQUES 

168. Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées 
orientales... 46« volume, i Perpignan, 1905 ; in-8% 484 p.) — D' A. Don- 
nezan : Notes sur le château royal de Perpignan et le puits de Sainte- 
Florentine, p. 153-168. — B, Pa^ti^tre : Perpignan et ses monuments, 
p. 169-183. — AbbèJ^ Giralt : Notice historique de la vicomte d'Evol, des 
communes d*Evol et d'Olette, p. i85-3Jl1 et carte. — i4&&é J. Sarrète : La 
paroisse d'Hix (Cerdagne française), p. 313-346. 

169. Société archéologique de Bordeaux, t. XXV. (Bordeaux, 
1904; in-8% xv-224 p.) — Th. Amtmann : Les statues [romaines] de la 
villa du Petit-Corbin (Gironde), p. 72-83 et 7 pi. — F. Daleau et E. Mau- 
fras : Le dolmen du terrier de Gabut, commune d'Anglade (Gironde), 
p. 84-91 et 3 pi. — Z>' Manouvrier : Note sur les ossements humains du 
dolmen du terrier de Gabut (Gironde), p. 92-97. —J,-A* Brutails: Saint- 
Seurin de Bordeaux et sa crypte, brèves observations sur un mémoire 
récent [de M. Maître], p. 98-102. — C. Mensignac : Note sur le Jupiter 
gaulois à la roue, découvert à Bordeaux, p. 102-110 et pi — Corbineau : 
Fouilles de l'ancien cimetière de la Magdeleine à Saint-Émilion, p. 113- 
115 et pi. —G, Piganeau: L'église Saint-Ghristoly à Bordeaux, notice 
archéologique et historique, p. 139-177 et pi. — E. Piganeau : Le devant 
d'autel de la chapelle de Génissac, p. 177-193 et pi. 

170. Société d'Ëmulation des G6tes-du-Nord. Bulletins et 
Mémoires... t. XLII, 1904. (Saint-Brieuc, 1904; in-8% xvi-309 p.) — 
C. Berthelot Du Chesnay : L'année préhistorique dans les Gôtes-du-Nord. 
Excursion archéologique d'Erquy à Lannion, p. 1-16. —A. Anne-Duportal : 
Monnaies romaines trouvées à Saint-Brieuc en 1904, p. 136-140. 



Abbeville. — Imprimerie F. Paillart. 



BIBLIOGRAPHIE 



LIVRES NOUVEAUX 



171. Abert (J. F.)* Die Wahlkapitulationcn der Wûrzburger Bischôfe 
bis zum Ende des xvii Jahrh. 12251698, eine historisch-diplomatische 

•Studie. — Wurzburg, Stahel, 1905 ; in-8% 160 p. (Aus Archiv des histor. 
Vereins von Unterfranken und Àschaffenburg.) 

172. AçKERMANN (A.). Geschlchte dcF Juden in Brandenburg a. H., nach 
gedruckten und ungedruckten Quellcn dargestellt und mit urkundl. 
Beilagen hrsg. — Berlin, L. Lamm, 1906; in-S», ix-224 p. 

173. Album archéologique de la Société des antiquaires de Picardie, 
14* fascicule. La Picardie à l'exposition des primitifs français. — Amiens, 
impr. de Yvert et Tellier, 1905 ; in-4^ 28 p. 

174. Allemagne (Henry-René d'). Les cartes à jouer du xiv* au 
xx* siècle. — Paris, Hachette, 1906 ; m-^\ xvi-50i et 644 p. et pi. 

175. Arbois de Jubainville (H. d'). Les druides et les dieux celtiques à 
forme d'animaux. — Paris, Champion, 1906; in-16, viii-203 p. 

176. Arndt (Wilh.). Schifltafeln zur Erlernung der lateinischen 
Palaeographie, 2 Heft. 4 erweit. Auflage besorgt von Michel Tangl. — 
Berlin, G. Grote, 1906 ; in-fol., m p. et p. 22-io et 40 pi. 

177. AuDREN de Kerdrel (Général). Notice sur Saint-Grave. — Vannes, 
imp. de Lafolye frères, 1906 ; in-8o, 71 p. 

178. Bartels. Die âlteren ostfricsischen Chronisten und Geschicht- 
schreiber und ihre Zeit. l. 1. Eggerik Beninga und seine Cronica der 
Friesen. 2. Ubbo Ëmmius und seine Rerum Frisicarum historia. — 
Aurich, D. Friemann, 1005; in-8% 44 p. (Abhandlungen und Vortràge zur 
Geschichle Ostfrieslands. IV.) 

ild. Baudouin (D' Marcel) et Lacouloumère ^G.). Les menhirs de Saint- 
Martin de Brem (Vendée). — Paris, Soc. préhistorique de France, 1905; 
in-8% 24 p. (Extr. du Bulletin de la Société préhistorique de France.) 

180. Beilrâge zur Geschichte Dortmunds und der Grafsch. Mark, hrsg 
von dem histor. Vereine fiir Dortmund und die Grafsch. Mark. XIV..— 
Dorlmund, Kôppen, 1905 ; in-8% xi-265 p. et pi. 

181. Berneuil (E.). Origine des noms des voies publiques do Pontoise 
et de Sainl-Ouen-r Aumône. — Pontoise, impr. de Paris, 1906 ; in-8% 70 p. 

Moyen Age, 1906. m 



XXII LIVRES NOUVEAUX 

182. BiGUET (E.). Bouillon et son château (Belgique). Excursion du 
2i août 190^. — Montmedy, imp. de Pierrot,. 1905 ; in-8% 35 p. {Exlr. des 
Mémoires de la Société des natvralisles et archéologues du nord de la 
Meuse.) 

483. Boisseau (Emile). Varzy (Nièvre), son histoire, ses monuments, 
ses célébrités. — Paris, imp. de Cadol, 1905 ; in-18, 178 p. (2 fr. uO). 

18V. Bonnet (Emile). Antiquités et monuments du département de 
l'Hérault. — Montpellier, impr. de Ricard frères, 1905; in-8% 564 p. (Extr. 
de la Géographie générale du département de V Hérault. ) 

185. BossAKiEwicz (S.). Histoire générale, chronologique, adminis- 
trative, biographique et épisodique de Saint-Etienne, depuis les origines 
jusqu'à nos jours. — La Fère, impr. La Féroise, 1905 ; in-8% iii-546 p. 

186. BouGETTE (Abbé E.). Montblanc (Hérault). L'église, histoire. — 
Bar-le-Duc, impr. de Saint-Paul, 1905 ; in-8% vt-233 p. 

187. Bréhier (Louis). Les églises byzantines. — Paris, Bloud (1906); 
in-16, 64 p. (Science et religion. Études pour le temps présent.) 

188. Bréhier (Louis). Les églises gothiques. — Paris, Bloud (1006); 
in-16, 64 p. (Science et religion. Études pour le temps présent.) 

189. Bruckner (A.\ Quellen zur Geschichtc des pelagianischen Streites. 

— Tûbingen, J. C. B. Mohr, 1906; in-8% viii-103 p. 

190. Cartailhac (E.) et Breuil (H.). Les peintures et gravures murales 
des cavernes pyrénéennes. — Paris, Masson, 1905; in-8% 16 p. (Extr. de 
ï Anthropologie.) 

191. Catalogue de la bibliothèque de l'Université de Paris, section des 
sciences et des lettres (Sorbonne). I. Périodiques et collections diverses. 

— Paris, Kliucksieck, 1905 ; in-8% 104 p. 

192. Catalogue de monnaies .françaises, royales et féodales.— Paris, 
R. Serrure, 1906; in-8% 35 p. 

193. Catalogue général des livres imprimés de la Bibliothèque natio- 
nale. Auteurs. T. 24 (Carp-Catzius). — Paris, Imp. nationale, 1905 ; in-8% 
1266 col. 

194. Catalogue général illustré de monnaies françaises provinciales 
(suite), (Alsace-Lorraine), V édition. — Paris, Cabinet de numismatique 
(1906); in-8% p. 175-204. 

195. Ceriani (Ant.) et Ratti (Ach.). Homeri Iliadis pictœ. fragmenta 
bibliothecac Ambrosiante phototypice expressa. — Milano, U. Hœpli, 
1906 ; in-i% 45 p. et i04 pi. (100 fr.) 

196. Chaillan (L'abbé). Fragment de sarcophage à l'église de Tret 
(Bouches-du-Rhône). — Paris, Impr. nationale, 1905; in-8% 4 p. et pi. 
(Extr. du Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques,) 

197. Clerambault (G. de). Les donjons romans de la Touraine et de ses 
frontières. - Paris, A. Picard et fils, 1906 ; in-4% 55 p. et pi. (3 fr.). 

198. Clouzot (Etienne). Une écluse à sas au xv* siècle. — Paris, 
Leroux, 1905 ; in-8% 14 p. (Extr. de la Revue archéologique.) 

199. Cotte (Ch.) et Gavard (M.). La verrerie de Régalon, description et 



LIVRES NOUVEAUX XXIII 

analyses. — Angers, impr. de Burdin (1906) ; in-8% 1 1 p. (Exlr. de la Rtvue 
archéologique.) 

200. Dagnet (Âmand). Le parler ou langage populaire cancalais. Lettre- 
préface de M. Loth. — Sainl-Servan, Haize, 1906; in-8% 74 p. 

201. Darney (G.). Lagny (Thorigny, Pomponne, Dampmart). — Lagny, 
Belle (1906) ; in-8% 492 p. et pi. 

202. Déan-Laporte. Notice sur la bibliothèque communale de la ville 
du Mans. — Le Mans, impr. de Monnoyer, 1905 ; in-8o, 38 p. (Extr. du 
Bulletin de la Société d'agriculturey sciences et arts de la Sarthe,) 

203. Delisle (LéopoId).Vers français sur une pratique usuraire abolie 
dans le Uauphiné en 1501. — Nogent-le-Rotrou, impr, de Daupeley- 
Gouverneur, ^905; în-S», 11 p. (Extr. de la Bibliothèque de VÉcole des 
chartes,) 

204. Deville (Etienne). Notice sur quelques manuscrits normands 
conservés à la bibliothèque Sainte-Geneviève. VII : Manuscrits ébrolciens. 
■— Evr^ux, imp. de Odieuvre, 1905 ; in-8o, 31 p. 

205. DoTTiN (Georges). Manuel pour servir à l'étude de Tantiquité 
celtique.— Paris, Champion, 1906 ; in-16, vi-411 p. (La Bretagne et les 
pays celtiques. IV.) 

206. Dreves (Guido Maria). Analecta hymnica medii tevi. XLVIII. Hym- 
nographi latini. Lateinische Hymnendicbter des Mittelalters. 1 Folge. — 
Leipzig, R. Reisland, 1905 ; in-8% 5i3 p. 

207. Dupont (Etienne). Le mont Saint-Michel et le pays malouin, rela- 
tions historiques du x* au xvi* siècle. — Saint-Servan, 1906 ; in-8°, 32 p. 

208. Ebel (Friedrich). Das Prâmonstratenserinnenkloster Altenberg 
à. d. Lahn, kulturhistorisché Skizzen nach der Handschrift des Petrus 
Diederich. — Magdeburg, E. Baensch, 1905 ; in-8% 59 p. (2 m. 50.) 

209. Errard (P.). Arrancy. Excursion du 30 juin 1904. — Montmedy, 
impr. de Pierrot, 1903; in-8% 43 p. (Extr. des Mémoires de la Société des 
naturalistes et archéologues du nord de la Meuse.) 

210. EsPAULLARD (Hcctor). Histoire de la ville de Noisy-le-Sec, depuis 
son origine jusqu'à nos jours. Notes et documents inédits intéressant les 
communes de Noisy, Villemonble, Bondy, etc. — Paris, Clavreuil, 1905 ; 
in-4% iv-525 p. et pi. 

211. EssER (Gcrh.). Die Busschriften Tcrtullians de paenitentia und de 
pudicitia und das Indulgenzedikt des Papstes Kallistus, ein Beitrag zur 
Geschichte der Bussdisziplin. — Bonn, P. Hanstein, 1906; in-8% 34 p. 

212. Eysseric (Saint-Marcel). Armoriai général de France recueil offi- 
ciel dressé en vertu de l'édit de 1G96 par Charles d'Hozier. — Sisteron, 
impr. de Allemand (1905) ; gr. in-8% lî)9 p. et pi. 

213. Farault (Alphonse). Bibliographie des livres, revues et pério- 
diques édités par Léon Clouzot, précédée d'une préface par Maurice 
Tourneux. — Niort, G. Clouzot, 1905 ; in-8% x-l7l p., portr. 

214. Faucher (Paul de). Le poUt de Bollène et sa chapelle de Notre- 
Dame de Bonne-Aventure, vulgo Notre-Dame-du-Pont (1312-1905)4 — 



XXIV LIVRES NOUVEAUX 

AvigDOD, SeguiD, .1905; m-8% xiii-63 p. et 3 pi. (Extr. des Mémoires de 
VÀcadèmie de Vaucltue.) 

215. Faucher (Paul) et Gimon (Lieutenant). Une nécropole néoli- 
thique. — Le Mans, impr. de Monnoyer, 1905; in-8% 12 p. (Extr. du Bull, 
de la Société préhistorique de France.) 

216. Frain. Une paroisse du Vitréais (1 100-1 904), — Vitré, impr» de 
Gilles, 1903 ; in-S», 101 p. 

217. Franck ,Carl) und Renard (Edm.)« Die Kunstdenkmàler des 
Kreises Heinsberg. — Dûsseldorf, L. Schwann, 1906; in-S*, vi-17i p. et 
pi. (Die Kunstdenkmàler der Rheinprovinz. VIII.) 

218. Franklin (Alfred).. Dictionnaire historique des arts, métiers et 
professions exercés dans Paris depuis le xiii® siècle. — Paris, Welter, 
1906; in-4% xxvi-858 p. 

219. Fritz (Wilhelm). Die handschriftliche Ueberlieferung der Briefe 
des Biscbofs Synesios. — Mûnchen, G. Franz, 1905; in-8S p. 319-398 
(Aus Abhandlungen der bayer, akad. der Wissensehaften.) 

220. Gauthiez (Pierre). Milan. — Paris, Laurens, 1905 ; gr. in-8% 132 p. 
(Les villes d'art célèbres.) 

221.GEBHART (Emile). L'Italie mystique, histoire de la renaissance 
religieuse au moyen-âge. 4* édition.— Paris, Hachette, 1904; in-16, 
vii-337 p. (Bibliothèque variée.) 

222. GeschichtsfreuDd (Der), Mitteilungen des histor. Vereins der 
5 Orte Luzern, Uri, Schwyz, Unterwalden und Zug. LX Bd. — Stans, 
H. V. Matl, 1905 ; gr. in-8% xxxi-368 p. 

223. Godart (Justin). La juridiction consulaire à Lyon. La conservation 
des privilèges royaux des foires (1463-1791); le Tribunal de Gonunerce 
(1791-1905). — Lyon, Rey, 1905 ; gr. in-8% 436 p. 

224. GoDiviER (Henri). Histoire de Pouancé et des environs. — Mayenne, 
Poirier frères, 1906 ; in 8% 286 p. 

225. Hansische Geschichtsblâtter, hrsg. vom Verein fur hansische Ges- 
chichle. 32 jabrg. 1904-1905. — Leipzig, Duncker und Humblot, 1905; 
in-b% v-23 et 218 p. 

226. Harnack (Adolf). Die Hetractationen Augustin's. — Berlin, 
G. Reimer, 1905; in-8*, 36 p. (Aus Sitzungsber. der preuss. Akad. der 
Wissensehaften.) 

227. Hausmann (S.) und PoiukCJBK Ë.). Denkniâler der Baukunst iin 
Elsass vom Mitlelaltcr bis zum i8 Jahrh. 19-20 Lfg. — Strassburg, 
W. Heinrich, 1905 ; in-fol., 10 pi. (3 m.) 

228. Hoenig (Fritz). Wôrterbuch der Kôlner Mundart. — Kôln, 
K. A. Staufï, 1905 ; gr. in-8% xxvi-212 p. 

229. HooGEWEG (H ). Urkundenbucb des Hochstifts Hildesheim und 
seiner Bischofe. 4 ïl : 1310-1340.— Ilannover, Hahn, 1905; gr. iD-8% 
vii-962 p. (Quellen und Darstellungen zur Geschichte Niedersachsens, 
hrsg. vom histor. Verein fur Niedersachsen. XXII.) 

230. Ibn Saad. Biographien Muhammeds, seiner GefâUrten und der 



LIVRES /NOUVEAUX XXV 

sp&teren Trftger des Islams bis zum J. 230 der Flucht, hrsg. von Eduard 
Sachau. I Ban& 1 Tl. Biographie Muhemmeds bis zur Flucht, hrsg. von 
Eug. Mittwoch. V.Band. Biographien der Nachfolger in Médina, sowie 
der Gefâhrten und der Nachfolger in den ùbrigen Arabien, hrsg. von 
K. V Zettersteen. — Leiden, Brill, 1905 ; in-8*, xv-50, vn-i61 et lxxxviii, 
06-XXI-412 p. 

231. Jahrbuch der deutschen Bibliotheken, hrsg. vom Verein 
deutscher Bibliothekare. 4 Jabrg. — Leipzig, 0. Harrassowitz, 1905 ; 
in-8% IV- 140 p. (3 m. 20.) 

232. Jahrbuch fur die Geschichte des Herzogt. Oldenburg, hrsg von 
dem Oldenburger Verein fur Altertumskunde und Landesgeschicbte. 
XIV. — Oldenburg, G. Stalling, 1905 ; in-8% v-183 p. et pi. (Schriften der 
Oldenburger Vereins fur Altertumskunde und Landesgeschicbte. 

xxvin.) 

233. Jahressçhrift fur die Vorgeschichte der sftchsisch. thûringischen 
Lânder, hrsg. von dem Prov.-Museum der Prov. Sachsen in Halle 
a. d. S. IV Band. — Halle, 0. Hendel, 1905 ; in-8*, viii-113 p. et pi. 

234. JuLLiAN (Camille). La vie et l'étude des monuments français, leçon 
d'inauguration de la chaire d'histoire et d'antiquités nationales prononcée 
au Collège de France le 7 décembre 1905. — Paris, 41 bis, rue de Châ- 
teaudun^ 1906 ; in-8% 38 p. (Extr» de la Revue politique et littéraire. Revue 
bleue 1906). 

235. JussELiN (Maurice). Notes tironiennes dans les diplômes. — 
Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1905 ; in-8% 29 p. et 
facs. (Extr. de la Bibliothèque de VÉcole des chartes.) 

236. Karabacek (Jos. de), Premerstein (Ad. de), Wessely (C.) et 
Mantuani (Jos.). De codicis Dioscuridei Anicise JuliansB, nunc Vindobo- 
nensis Med. Gr. I. - Leiden, A. W. Sijthofï, 1906 ; in-8% iv-49i p. et pi. 

237. Kelle (Joh.). Untersuchungen ûber den nicht nachweisbaren 
Honorius Augustodunensis ecclesiœ presbiter et scholasticus und die 
ihm zugeschriebenen Werke. — Wien, A. Hôlder, 1905 ; in-8% 27 p. 
[km Sitzungsber der hais. Akad. der Wissenschaften.) 

238. Keysser (Adolf). Mitteilungen ùber die Stadtbibliothek in Kôln 
1602-1902. Fûhrer fur ihre Besucher,4, bis 1905, weitergefuhrte Auflage. 
— Kôln, Du Mont-Schauberg, 1905 ; in-8% vi-27 p. 

239. Lallemand [Léon). Histoire de la charité, t. III. Le moyen-âge (du 
X* au XVI" siècle). — Paris, Picard et fils, 1906 ; in-8% 381 p. 

240. Lauer (Ph.). Les annales de Flodoard, publiées d'après les manus- 
crits. — Paris, A. Picard et fils, 1905 ; in-8% lxviii-307 p. et 2 ph (Collec- 
tion de textes pour servir à l'étude et l'enseignement de l'histoire, 
XXXIX.) (8 fr.) 

241. Lehmann (Hans). Zur Geschichte der Glasmalerei in der Schweiz 
l. Tl. Ihre Entwickelung bis zum Schlusse des 14 Jahrh. — Zurich, Fâsi 
und Béer, 1906 ; in-4% 56 p. (Mitteilungen der antiquarischen Gesellschaft, 



XXTI LIVRES NOUVEAUX 

Kantonale Gesellschaft fur Geschichte und Altertumskunde in Zurich. 
XXVI.) 

242. Lejay (Paul). Le rôle théologique de Césajre d'Arles, étude sur 
l'histoire du dogme chrétien en Occident au temps des royaumes bar- 
bares. — Paris, A. Picard et fils, 1906 ; in-8% 192 p. (3 fr. 50.) 

243. Lepicier (Jules). Archives historiques du département de la 
Gironde, t. XL. Table chronologique des documents et table alphabé- 
tique des noms de lieux et de personnes publiés dans les volumes XXI à 
XXXIX. — Bordeaux, Féret et fils, 1905 ; in-4o, xviii-800 p. 

244. LiNDNER (Arth.). Der Dom zu Kôln und seine Kunstschâtze. — 
Haarlem, H. Kleinmann, 1905 ; in-fol., vii-v et 50 p. et 50 pi. 

245. Maître (Léon). Les hypogées et les cryptes des églises du Poitou 
aixtérieures à l'an 1000. — Niort,tllouzot, 1906 ; in-8% 61 p. 

246. Martin (E.) undLiENHART (H.). Wôrterbuch derelsâssischen Mun- 
xiarten. H Band, 5 Lfg. — Strassburg, K. J. Trûbner, 1905; in-8% 
p. 641-680. 

2n. MÉNiL (F. de). L'école contrapuntique flamande au xv' et au xvi' 
siècle. — Pari?, Démets, 1905 ; in-S«,329p. 

248. Michel (Fritz). Die Herren von Helfenstein, ein Beitrag zur Fami- 
lien und Landesgeschichte Kurtriers. — Trier, F, Linlz, 1906 ; in-8'», 
vii-132 p. et pi. iTrierisches Archiv. VI Ergânzungsheft.) 

249. Mitteilungen aus der lippischen Geschichte und Landeskunde, 
hrsg. von der geschichtl. Abteilung des naturwissenschaftlichen Vereins 
fur das Fûrstentum Lippe. III. — Detmold, H. Hinrichs, 1905 ; in-8% 
iv-230 p. 

250. Mitteilungen des Altertumsvereins zu Plauen in V. 17 Jahres- 
scbrift au! die J. 1905-1906, hrsg. von G. A. Scholtze. — Plauen, R. Neu- 
pert, 1906; in-8% vii-227 p. 

251. MoLiNS (Capitaine). Notes archéologiques sur Narbonne. — Paris, 
ïmpr. nationale, 1905 ; in-8% 20 pr. (Extr. du Bull. archéoL du Comité 
des travaux historiques,) 

252. Monceaux (Paul). Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne, 
depuis les origines jusqu'à l'invasion arabe. T. III. Le iv« siècle, d'Arnobe 
à Viclorin. — Paris, Leroux, 1905 ; in-8% 563 p. 

253. MoNOD (Gabriel. La chaire* d'histoire au Collège de France. — 
Paris, 41 bis, rue de Chèteaudun, 1906 ; in-S% 43 p. (Extr. de la Rev. poli- 
tique et littérairey Revue bleue, 1906,) 

254. MoNTEuuis (Abbé J.). Histoire de Leers. — Lille, impr. de Lefebvre- 
Ducrocq (1905) ; in-8°, xiv-337 p. 

255. Monumenta GermanisB historica, scriptorum tomi XXXII, pars 1. 
— Hannover, Hahn, 1905 ; in-'t% 361 p. (It m.) 

2o6. Musées et monuments de France. Revue mensuelle d'art ancien 
et moderne, publiée sous la direction de Paul Vitry, sous le patronage de 
la Société des Amis du Louvre, n° 1. — Paris, Renouard, 1906, gr. in-8% 
Abonn. anniiel 12 fr.) 



LIVRES NOUVEAUX XXVII 

257. Parguez (Henri). Le vieux Poissy, d'après des documents inédits. 
— Paris, Leclerc, 1906 ; in-8**, 61 p. 

258. Peugier (P.) et Mandrot (B. de). Lettres de Charles VIII, roi de 
France, publiées d'après les originaux pour la Société de l'histoire de 
France, t. V (1496-1498). — Paris, Laurens, 1905 ; in-S^, xii-3i9 p. 
(Société de l'histoire de France.) 

259. Perdrizet (Paul). La peinture religieuse en Italie jusqu'à la fin du 
XIV* siècle. — Nancy, impr. de l'Est, 1903 ; in-8% 55 p. et pi. 

260. Pfaff (Ivo). Tabellio und Tabularius, cin Beitrag zur Lehre von den 
rômischen Urkundpersonen. — Wien, Manz, 1905; in-8°, 60 p. (1 in. 40). 

261. Poète (Marcel). Les sources de l'histoire de Paris et les historiens 
de Paris, leçon de réouverture du cours d'introduction à l'histoire de 
Paris professé à la bibliothèque de la ville. — Paris, 41 bis, rue de 
Châteaudun (1906); in-8% 28 p. (Extr. de la Revue politique et litté- 
raire, Revue bleue, i905.) 

262. Poète (Marcel). Une division de Paris sous Charles VI. — Nogent- 
le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1905 ; in-8% 4 p. (Extr. du 
Bull, de la Soc, de l'histoire de Paris.) 

263. Polagzek (Ernst). Denkmâler der Baukunst im Elsass vom Mittel- 
aller bis zum. 18 Jahrh. Textband. — Strassburg^ W. Heinrich, 1906 ; 
in-40, viii-123 p. et 6 pi. 

264. PouPARDiN (René). Bibliothèque Nationale. Catalogue des manus- 
crits des collections Duchesne et Bréquigny. — Paris^ Leroux, 1905 ; 
in-80, xxvi-343 p. 

265. PouPARDiN (René). Notes carolingiennes. Un nouveau manuscrit 
des Annales de Saint-Bertin. — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley- 
Gouverneur, 1905; in-8°, 13 p. (Extr. de la Bibliothèque de l'École des 
chartes.) 

266. Regel (Ernst). Johann's von Wûrzburg Wilhelm von Oesterreich 
aus der Gothaer Handschrift hrsg. — Berlin, Weidmann, 1906 ; in-8% 
xxii-334 p. (Deutsche Texte des Mittelalters. III.) 

267. Reinach (Salomon). Cultes, mythes et religions, t. II. — Paris, 
Leroux, 1906 ; in-8°, xviii-469 p. 

268. Reinach (S.). Idées générales sur l'art de la Gaule. — Angers, impr. 
de Burdin, 1905 ; in-8% 8 p. (Extr. de la Revue archéologique.) 

269. RiDDER (A. de). Catalogue de la collection de Clercq publié par 
les soins de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. T. IV : Les 
marbres, les vases peints et les ivoires. — Paris, Leroux, 1906 ; in-4°, 
236 p. et pi. 

270. Roy (Maurice). Le Chesnoy-lez-Sens. Histoire d'un flef et de ses 
seigneurs. Fascicule 2. — Sens, Duchemin, 1905 ; in-8% p.^95-222. 

271. Sabatier (Paul). D'une bulle apocryphe de Clément IV, déclarée 
authentique par la curie sous le pontificat de Benoit XIII, et d'une bulle 
authentique d'Innocent IV retrouvée à Assise. — Nogent-le-Rotrou, impr. 
de Daupeley-Gouverneur, 1905 ; in-8% 8 p. (Extr. de la Rev. historique.) 



XXVIII LIVRES NOUVEAUX 

272. Samaran (Ch.) et Mollat (G.)- La fiscalité pontificale en France 
au XIV' siècle (période d'Avignon et grand schisme d'Occident). — Paris, 
Fontemoing, 1905 ; in-8^ xv-^8tî p. et 2 cartes. (Bibliothèque des Écoles 
françaises d'Athènes et de Rome. XGVI.) 

273. Sauvage (H.-E.). Sépultures (ranques et carolingiennes du Boulon- 
nais. — Boulogne-sur-Mer, impr. de Hamain (1906) ; in-8», 26 p. (Extr. 
du Bull, de la Soc, académique de Boulogne-sur-Mer, VIL) 

274. ScHREiBER (W.-L.). Die Entstehung und' Entwicklung der Biblia 
pauperum unter besond. Berûcksichtigung der uns erhaltenen Hand- 
schriften. — Strassburg, J. H. E. Heitz, 1906 ; in-8% 45 p. et pi. 

275. SiEGLERSCHMiDT (Hermaun). La bataille de Paris en l'an 52 avant 
notre ère.— Paris, Leroux, 1905 ; in-8°, 15 p. (Extr. de la Revue archéo- 
logique,) 

276. SoKOLowsKY (Hud.). Der altdeutsche Minnesang der deutscher 
Klassiker und Romantiker. — Dortmund, F. W. Ruhfus, 1906 ; in-8«, 
v-169 p. 

277. SucHiER (Hermann). Les voyelles toniques du vieux français, tra- 
duction de l'allemand augmentée d'un index et d'un lexique par Ch. Guer- 
lin de Guer. - Paris, H. Champion, 1906 ; in-12, 230 p. (3 fr. 50.) 

278. Taenzer (A.). Die Geschîchte der Juden in Tirol und Vorarlberg. 
lund2Thl. -Meran, F. W. Ellmenreich, 1905; gr. in-S», xxxv-802 p. 
(17 m.) 

279. Thudicum (Friedrich). Die Diôzesen Konstanz, Augsburg, Basel, 
Speier, Wornks nach ihrer alten Einteilung in Arcbidiakonate, Dekanate 
und Pfarreien. — Tùbingen, H. Laupp, 1906 ; in-8°, v-125 p. 

280. Thudicum (Friedrich). Die Stadlrechte von Tùbingen 1388 und 1493. 
Anh. I. Die Rechtssprache als Hilfe zur Ausmittelg. der alten Grenzen 
der deutschen Stâmme. 2. Die ehemalige deutschen Reichsarchive. — 
Tùbingen, H. Laupp, 1906 ; in-8% viii-79 p. (Tûbinger Studien fur schwa- 
bische und deutsche Rechtsgeschichte. I.) 

281. Uthera (Abbé J.). Monographie d'Aîgues- Vives et Saint-Frlchoux. 
— Carcassonne, impr. de Bonafous-Thomas (1906) ; în-8°, 184 p. 

282. Yerhandlungen des historischen Vereines fur Niederbayern. 
XLI Bd. — Landshut, Ph. Krûll, 1905 ; ln-8°, 371 p. 

283. Vetter (Ferd.). Elsbet Stagel. Das Leben der Schwestern zu Tôss, 
samt der Vorrede von Johannes Meier und dem Leben der Prinzessin 
Elisabet von Ungarn. — Berlin, Weidmann, 1906 ; in-S», xxvi-133 p. 
(Deutsche Texte des MIttelalters. VI.) 

284. ViARD (Jules). La chronique de Jean le Bel et la ChrOnographla 
regum francorum. — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 
1905 ; in-8°, 7 p. (Extr. de la Bibliothèque de VÉcole des chartes,) 

285. ViDiER (A.). Bibliographie de l'histoire de Paris et de l'Ile de France 
pour les années 1903-1904. — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley- 
Gouverneur, 1904 ; in-8°, 102 p. (Extr. du Bulletin de la Soc, dt Vhistoire 
de Ports et de Vile de France,) 



PÉRIODIQUES XXIX 

286. ViNGiBNNE (Ernest). La mévente des vins au xiv* et au xx' siècle 
(1395-1905). — Vitry-le-François, impr. de Denis, 1905 ; in-8\ 10 p. 

287. WuRM (Alois). Osnabrùck, seine Geschichte, seine Bau-und Kun^t- 
denkmftler, ein Stâdtebild. 2 verm. Auflage. — Osnabrûck, G. Pillmeyer, 
4906 ; in-8%vn-i79p. 

288. Zeitschrift des historischen Vereins fur den Reg.-Bez. Marien- 
werder. XUV. ~ Marienwerder, 1905 ; in-8», iii-73 p. 

289. Zeitschrift des Vereins fur thûringische Geschichte uncl Alter- 
tumskunde, hrsg. von Prof. D' Otto Dobeneçker. Neue Folge, XVI Ed. 
Der ganzen Folge, XXIV Ed., 1 Heft. — Jena, G. Fischer, 1905 ; in-8% 
250 p. (5 m. 50). 

290. Zeitschrift fur deutsche Mundarten, im Auftrage des Vorstandes 
des allgemeinen deutschen Sprachvereins hrsg. von Otto Heilig.und 
Philipp Lenz. Jahrg. 1906, 1 Hft. — Berlin, Verlag des allgemeinen 
deutschen Sprachvereins, 1906; in-8<*. 



PERIODIQUES 



291. Anaiecta BoUandiana, tomus XXIV. (Bruxelles, 1905; iD-8% 
54i p.). — À. Poncelet : Les saints de M.icy, p^ 5-104. — L, Duchesne: Sur 
la translation de saint Austremoine, p. 105-114. — ^. Delehaye : Cata- 
logus codicum hagiographicorum grœcorum bibliothecse D. Marci Vene- 
tlarum, p. 169-256. — /. de Guiberl : Saint Victor de Césarée, p. 257-!>64. 
— Dom H,0*^^tin: Passio S. Dioscori, p. 321-342. — A, Poncelet .Là 
date de la fête des saints Félix et Régula, p. 343-348. — P. Peeters : His- 
toria s. Abramii ex apographo arabico, p. 349-336. — E, Hocedez: 
Lettre de Pierre Ranzano au pape Pie II sur le martyre du B. Antoine de 
Rivoli, p. 357-374. — H, Moretus : Catalogus codicum hagiographicorunf 
latinorum bibliothecae Bollandianso (Appendix I. Miracula S. Nicolai 
Rillariensa sœc. xv ; Catalogus bibliothecse Marchianensis sœc. xi-xii), 
p. 42o-i72. — F. Delvhaye : Hesychii, Hierosolymorum presbyteri, laudatio 
S. Procopii Persœ, p. 473-482.—^. Poncelet : Une source de la vie de 
saint Malo par Bili, p. 483-i86. = Supplément. À, Poncelet: Catalogus 
codicum hagiographicorum latinorum bibliothecarum romanarum, prœler 
quam Vatican». I. Codices archivi basilicœ Sancti Pétri in Vaticano. 
II. Codices archivi capituli Sancti Johannis in Laterano. III. Codices capi- 
tuli S. Mariœ Majoris, p. 1-96. 

292. The Archœological Journal, published under the direction of 
the council of the royal archœological Institute of Great Britain and 
Ireland, vol. LXI. Second séries, vol. XI. (London, 1904; in-S' vii-356 p.). 



XXX PÉRIODIQUES 

— H. Brakspear : The roman villa at Box, Wiltshire, p. 1-32 et pi. — 

E. C. Clark : Collège Caps and doctor's bats, p. 33-73. — T. M. Fallow : 
Yorkshire plate and goldsmiths, p. 74-83 et pi. — C. E. Keyser : An archi- 
tectural account of Swalcllfïe church, Oxlordshire, p. 85-101. — Dillon: 
Ransom, p. 102-119. -r- N, F, Layard : Notes on some English paxes 
including an example recently found in Ipswich, p. 120-130. — C. R, 
Peers : The while monastery near Sohag, Upper Egypt, p. 131-153 et pi. 

— CM. Church: Historical traditions at Wells 1464, 1470, 1497, p. 
155-180. — H. P. MUchell: A newly discovered English mediaeval 
chalice and paten, p. 181-184. — W. H. St-John Hope: Notes on Ihe 
abbey church of Glastonbury, p. 185-»96 et pi. — W. H. St-John 
Hope: On the early working of Alabaster in England, p. 221-240 et pi. — 
/. C. Cox: The collège of Fotberinghay, p. 241-275 et pi. — Dillon: 
Barriers and foot combats, p. 276-308 et pi. — W. B. Dawkins : On the 
pre-roman roads of northern and eastçrn Yorkshire, p. 309-318 — 
/. Hilton: The Pfahlgraben and Saalburg in Germany, p. 319-325 et pi. 

293. Archivio storico italiano, fondato da G. P. Vieusseux e conti- 
nuato a cura délia R. Deputazione toscana di storia patria, 5« série, tomo 
XXXV, anno 1905. (Firenze, 1905; in-8«, 536 p.). —F. Labruzzi:Se il conte 
Umberto Biancamano fu conestabile del regno di Borgogna, p. 3-15. — 
C, Cipolla, : La storia scaligera negli archivi di Siena,, p. 52-64. — 

F, Gabotto : Intorno aile vere origini comunali, p. 65-81. — F. Savini : 
Sui Flagellanti^ sui Fratricelli e sui Bizochi nel teramano durante i 
sccoli XIII e XIV, e una bolla di Bonifacio Vllldel 1297 contre i Bizochi ivi 
rifugiati, p. 82-91. — A. Délia Torre : 11 sesto centenario délia nascitadi 
Francesco Petrarca. Rassegna délie pubblicazioni petrarchesche uscite 
nel 1904, p. 104-189. — P. Villari : Ottone Hartwig, p. •^40-^48. — 
A, Solmi : Le carte volgari dell' Archivio arcivescovile di Cagliari, tesli 
Campidanesi dei secoli xi-xiii, p. 273-330 ; XXXVl, p, 3-65. — F, Tocco : 
1 Fraticelli, p. 331-368. — E. Lasinio : Frammento di un quaderno di 
mandati dell' antica Caméra del Comune di Firenze, p. 440-447. — 
5a série, tomo XXXVI, anno 1905. (Firenze, 1905; in 8, 488 p.). — F. Riz- 
zelli : L'operarius Tersane in Pisa, contributo alla storia délia marina 
Pisana, p. 136-142. -r- G, B. Ristori : Délia venuta e del soggiorno di 
S. Ambrogio in Firenze, p. 241-275. — Q. Santoli : 11 liber censuum del 
comune di Pistoiaj p. 276-301. ~ G. Volpi : Lb questione del Cavalca, 
p. 302-318. — P. SeWa; Alcune note sulla vicinia come èlemento costi- 
tutivo del comune, p. 319-331. — L, Schiaparelli : Il conte Umberto Bian- 
camano fu conestabile del regno di Borgogna? p. 332-338.— E. Gers- 
pach : A proposito del palagio délia lana, p. 356-357. 

29i. Bibliothèque de TËcole des chartes. Revue d'érudition 
consacrée spécialement à l'étude du moyen âge. LVl. Année 1905. (Paris, 
1905; in-8^ 775 p.). — H, Omont : Nouvelles acquisitions du département 
des manuscrits de la Bibliothèque Nationale pendant les années 1903- 
1904, p. 5-69. — H, Moranvillé: Un pèlerinage en Terre-Sainte et au 



PÉRIODIQUES XXXI 

Sinaï au xv' siècle, p. 70-106. — E, Langlois : Chronologie des romans 
de Thèbes et de Troie, p. 107-120. — H. Gaillard: Les franchisesde Vitry- 
sur-Seine sous les règnes de Charles V et de Charles VI, p. 121-130. — 
L. Lex ' Miniatures d'un manuscrit de la bibliothèque de Mâcon, p. 190- 
191. — Reliques conservées au xii' siècle dans la châsse de sainte 
Austreberte à Saint-Omer, p. 191-192.— F.-L. Bruel : Inventaire de 
meubles et de titres trouvés au château de Josselin à la mort du conné- 
table de Clisson (1407), p. 193-245. — Ch, Samaran et L, Delisle : De 
quelques manuscrits ayant appartenu à Jean d'Armagnac, évêque de 
Castres, frère du duc de Nemours, p. 246-260. — H. Omont : Mémorial 
4e l'inquisiteur d'Aragon à la fin du xiv' siècle, p. 261-268. — H. Omont : 
Doctorum doctrinale, recueil d'exemples à l'usage des prédicateurs com- 
pilé au XIV® siècle, p. 269-276. — F. Lot : Les abbés Hilduin au ix* siècle, 
réponse à M. J. Calmette, p. 277-280. — H. Moranmllé : De l'origine de 
Thomas de la Marche, p. 281-286. — H. Omont: Fondation projetée en 
1793 de cours de paléographie, diplomatique et philologie à la Biblio- 
thèque Nationale, p. 351-353. — Ph, Lauer : Le rouleau des morts de San 
Giusto de Suse (Italie), p. 353-335. — M, Jusselin : Notes tironiennesdans 
les diplômes, p. 361-389 et pi. — R. Poupardin : Notes carolingiennes. 
Un nouveau manuscrit des Annales de Saint-Bertin, p. 390-400. — 
I. Delisle : Vers français sur une^pratique usuraire abolie dans le Dau- 
phiné en 1501, p. 426-431-. — P.-i. Lemoisne: Georges Riat, p. 470-471. — 
I. Delisle: Les Heures de Blanche de France, duchesse d'Orléans, p. 489- 
539, 759-760. — J. Viard : La Chronique de Jean le Bel et la Chronogra- 
phia regum Francorum, p. 540-546. — P. Manchal : Calendrier ^solaire 
julien et grégorien, p. 547-560. — Lesort : Paul Parfouru, ancien archi- 
viste du Gers et de Tllle-et- Vilaine, p. 561-575. — H. Omont: Obituaire 
de la collégiale de Saint-Martin de Clamecy, p. 624-623.— L. Delisle: 
Vente deia bibliothèque de Colbert en 1692, p. 626-627. —L. Lex: Lettre 
de La Monnoye à Bernard de Montfaucon, p. 628-631. — Donations d'Ives 
de Chartres et de l'évêque Gui à l'abbaye de Saint-Quentin de Beauvais, 
p. 631-632. — L. Halphen: Une rédaction ignorée de la chronique 
d'Adémar de Chabannes, p. 635-660. — M, Jusselin : Monogrammes en 
tachygraphiesyllabique italienne, p. 661-663. — Guilhiermoz : Le manus- 
crit 4472 du fonds français de la Bibliothèque Nationale et le Grand 
Coutumier de France, p. 664-682. 

295. Ëcole française de Rome. Mélanges d'archéologie et d'his- 
toire. 24» année 190'f. (Paris, in-8% 518 p.). — J. Zeiller : Les églises 
ariennes de Rome à l'époque de la domination gothique, p. 17-33. — 
G. Bourgin : Les coutumes de Piolenc (1406\ p. 35-64, et 319. — E, Martin- 
Chabot : Deux bulles closes originales d'Alexandre III [au roi d'Aragon, 
Alfonse II et à l'évêque de Barcelone] (Tours, 7 décembre 1162. Sens, 
juillet 1164), p. 63-74. — L, Dvchesne : Le provincial romain au 
XII* siècle, p. 75-123. — G, Périnelle: Dépêches de Nicolas de' Roberti 
ambassadeur d'Hercule I", duc de Ferrare, auprès du roi Louis XI 



XXXII PÉRIODIQUES 

(novembre 1478-iuillet 1480), p. 139-203, 425-477. - P. Hazard : Étude 
sur la latinité de Pétrarque d'après le livre des Epistolae familiares, 
p.219-2't6. — g: Bourgin: Les cardinaux français et le diaire cameral de 
1439-1486^ p. 277. — G. de Manteyer : Les manuscrits de la reine'Christine 
aux Archives du Vatican, p. 371-123. — L, Ducheme : L'auteur des 
Mirabilia [Romœ], p. 479-489 

296. EScole nationale des Chartes. Positions des thèses soutenues 
par les élèves de la promotion de 1906 pour obtenir le diplôme d'archi- 
viste paléographe. (Toulouse, E. Privât, 1906 ; in-8"', 158 p.). — L, Bar- 
beau: Essai critique sur la vie et les œuvres de Smaragde, p. 1-6.— 
p. Bernm : Essai sur la vie de Pierre de Brézé (vers 1410-1465), p. 7-17. 
^ 0. Beuve : Histoire de l'église collégiale Saint-Etienne de Troyes 
(1157-findu XVI' siècle), p. 19-25. — H. Cahen: Le collège de Laon à 
Paris, essai sur son fondateur et son histoire depuis sa création jusqu'à 
sa réunion à Louis-le-Grand (1314-1764), p. 27-34. — L. Caillet : Les rap- 
ports de la commune de Lyon avec Chçirles Vil et Louis XI au point de 
vue financier (1423-1483), p. 35-42. — R, Chasles : Étude sur l'institut 
monastique des frères convers et sur l'oblature au moyen âge, leur 
origine et leur rôle (xi-xiii* siècles), p. 43-49. — /. Cordey : Le comte 
Vert (Amédée VI de Savoie), sa politique extérieure au nord des Alpes, 
p. 59-67. — P. Cornu : Étude sur les forêts du Nivernais particulièrement 
du XV» à la fin du xviii* siècle, p. 69-74. — P. Dugueyt : Essai sur Jac- 
ques de Molay, dernier grand maître des Templiers (1244 ?-18 mars 1314), 
p. 81-82. — C. Faure : Histoire de la ville de Vienne aux xiv* etxv' siè- 
cles (1328- 1434), p. 82-93. — M, Fazy : Étude historique et biographique 
sur Etienne de Tournai d'après sa correspondance, p. 95-105. — 
P.-I. Grenier : La cité de Limoges, son évêque, son chapitre, son consulat 
(xii'-xviu' siècles), p. 107- H 3. — M. Jusselin: L'impôt royal sous Phi- 
lippe-le-Bel (1202-1304), p. 115-128. — H, Labrosse : Recherches sur la 
vie et l'œuvre de Nicolas de Lire, de l'ordre des frères mineurs, p. 128- 
139. — R, Martin du Gard : Étude archéologique des ruines de Tabbaye de 
Jumièges (Seine-Inférieure), p. 141-150. — G. Robert : L'abbaye de 
Saint-Rémi de Reims depuis le xi' siècle jusqu'à la commende (1473), 
son organisation intérieure et son pouvoir temporel, p. 151-155. 

297. Journal des Savants, publié sous les auspices de l'Institut de 
France, nouvelle série, 3' année. (Paris, 1905; in-i*, 700p.). — £. Berger: 
Innocent 111 et l'Italie, p. 21-25. — Ch.-V, Langlois :Lsi comptabilité 
publique au xiii" et au xiv' siècle, p. 25-41, 140-152. — E, Bertaux ; L'art 
italien au moyen âge, p. 152-162. — R. Gagnai : La poterie gallo-romaine, 
production et commerce, p. 197-206. — E. Babelon : Les médailleurs frflin- 
çais, p. 233-245. — C, Bellaigue : Dante et la musique, p. 255-265. — 
H, d'Arboisde JubainvUle : La loi d'Adamnan, p. 302-308. — N. Valois: 
Le schisme de Bâle au xv* siècle, p. 3V5-352. — M. Roques : Méthodes éty- 
mologiques, p. 419-431. — H. Omont : La publication des notices et 
extraits des manuscrits par l'Académie des inscriptions et belles-lettres 



PERIODIQUES XXX III 

à la fin du xviii' siècle, p. 433-4i3. — I. Delisle : Enquête sur l'adminis- 
tration des Iles normandes en 1309, p. 457-463. — Ch. Diehl : L'œuvre de 
Byzance dans l'Italie méridionale, p. 477-489. — H. Hauvette : Les bal- 
lades du Décaméron, p. 489-500. — /. Guiffrey : Inventaire des monuments 
d'art en France et en Allemagne, p. 513-528. — E, Berger : Innocent III et 
les Albigeois, p. 528-334. — À. Luchaire : Un' document retrouvé. (Liste 
des évèchés représentés au 4' Concile de Latran, 1215), p. 557-568. — 
L. Léger : Le cycle épique de Marko Kraljevic, p. 605-615, 642-651. — 
P. Monceaux: Zenon de Vérone, p. 659-666. 

298. The Journal of the british archœological association... 
new séries, vol. X, 190i. (London, 1904, in-8% viii-278 p.). — /. C. Gould: 
Some early défensive earthworks of the Sheffield district, p. 29-42. — 
T. Winder : Notes on Sheffield manor house, p. 43-48. — H. J, Dukinfield 
Astley : Portuguese parallels to the Clydeside discoveries, p. 49-63, 103- 
117 etpL — W, J, Nichols: The Chislehurst caves and Dene-holes, p. 64- 
102. — C. H. Compton : Treasur trove, wilh référence to the case of the 
attorney-general v. The Trustées of the British Muséum, p. 118-129. — 
Collier : Saint Christopher and some représentations of him in English 
churches, p. 130-145. — J. B. Mitchell-Wiihers : Winfîeld Manor, p. 146- 
152. — /?.£:. Leader: Ecclesfield church, p. 153-156. — John Slokes : 
Notes on Blyth, p. 158-161. — if. T. Slodden : The manor of Worksop, 
p. 161- '63. — Mason : Steelley chapel, p. 163-169. — Stokes : Notes on 
Beauchief abbey, p. 170-172. — S. W. Kershaïc: Notes on the forest of 
Galtres, p. 183-188. — T. Righy : Langhton-en-la-Morthen church, York- 
shire, p. 189-198. —H, J. Dukinfield Astley : Roche abbey, Yorkshire, ils 
h istory and architectural features, p. 199-220 et pi. — E, J. Hubbard: 
Rotherham church, p. 221-225. — R, E. Leader : Sheffield Cutlery and the 
poll-taxof 1379, p. 226-233. 

299. Mittheilungen des Instituts fur oesterreichische Qes- 
chichtsforschung, XXV Band. (Innsbruck, 1904, in-8% vi-720 p.) 

— /. Jung : Das Itinerar des Erzbischofs Sigeric von Ganterbury und die 
Strasse von Rom ûber Siena nach Luca, p. 1-90. — J. Lechner : Zur Beur- 
teilung der Wormser Diplôme, p. 91-111. — F. Philippi: Handwerk und 
Handel im deutschen Miltelalter, p. 112-123. — R. Stemfeld : Wer ist der 
Kardinal Priester von Capua der am 6 mai 1275 als Bevollmàchtiger 
Gergors X zu Rudolf von Habsburg nach Basel kam? p. 124-127. — 
J, Bleyer : Einige Bemerkungen ùber don Szegediner Friedensschluss und 
die Schlacht bel Warna(1444\ p. 127-137. - 0. Redlich : Engelbert Muhl- 
bacher, p. 201-207. — H, Hirsch: Die Acta Murensia und die âltesten 
Urkunden des Klosters Mûri, p. 209-274, 414-454. — H, Krabbo : Die 
Urkunde Gregors IX fur das Bistum Naumburg vom 8 November 1228, 
ein Beilragzurpàpstlichen Diplomatik im 13 Jahrhundert, p. 275-293 et 
2 pi. — 0. Redlich : Ungedruckte Urkunden Rudolfs von Habsburg, p. 323- 
330. — ^. Schreuer: Zur Altbôhmischen Verfassungsgeschichte, p. 385-413. 

— G. von Below : Zur Frage nach dem Ursprung der âltesten deutschen 



XXXIV PERIODIQUES 

Steuer, p. 453-469. — H. Schrohe : Kleijiere Beitrâge zu den Regesten der 
Kônige Rudolf bis Karl IV, p. 490-494, 693-695. — P. B. Hammerl : Drei 
Urkunden zur Geschichte K. Friedrich III, p. 49o-i96. — B, Schmeidler : 
Venedig und das deutsche Reich von 933-1024, p. 545-575. — G. Sommer- 
feldt :Zu Heinrich Totting von Oyla (Gest. 20 mai î397 in Wien), 
p. 576-604. — M. L. von Pragenau : Zur Geschichte Zwans III Wassil- 
jevic, p. 605-687. — U, Schmid : Traditioncn an die Kirche St. Veit an 
der Gôlsen, p. 688-693. 

300. Neues Archiv der Qesellschaft fttr altère deutsche Ge- 
schichtskunde, XXX" Band. (Hannover und Leipzig, 1005; in-8% iv- 
840 p.) — S. Hellmann : Anecdota aus Codex Cusanus G 14, nunc 37, 
p. 15-31. — F. Giiterbock : Eine zeitgenôssische Biographie Friedrichs II, 
das verlorene Geschichtswerk Mainardinos, p. 35-83. - K. Zeumer : 
Ludwigs des Bayern Kônigswahlgesetz « Licet Juris » vom 6 August 
1338, mit einer Beilage: Das Renser Weisthum vom 16 Juli 1338,p. 85-112, 
485-487. — K. Heidrich : Die Datierung der Briefe in Bruno's Sachsen- 
krieg, p 113 140. — B. von Bonin : Zu Pactus Alamannorum III, 3-4, p. 
143-144. — E. Perels : Ein erhaltener Brief aus der verschollenen Fuldaer 
Briefsammlung, p. 145-147. — W. Lemson : Ein neuer Hymnus auf 
Ursmar von Lobbes, p. 148-151. — H. Wibel : Das Diplom Olto's II iûr 
S. Blasien, p. 152-164.— H, Wibel : Fùnt Urkundenfâlschungen Franz 
Joseph Bodmanns, p. 165-172. — M, Manitius : Ein Brief des 11 Jahrhun- 
derts, p. 173-175. — M. Tangl : Der Anruf der Bischôfe der Magdeburger 
Kirchenprovinz zur Hilfe gegen die Slaven aus dem Anfang des 12 Jh., 
p. 183-191. — If. Krammer : Kritische Untersuchungen zur Lex salica, 
p. 263-319. — 0. Holder-Egger : Italienische Prophetien des 13 Jahrhun- 
derts (suite), p. 321-380, 714-715. — A. Werminghoff : Eine gefàlschte 
Synodalurkunde fur die Abtei Massay von angeblich 839, p. 387-402. — 
AT. Zeumer : Ein Reichsweisthum uber die Wirkungen der Kônigswahl 
ausdem Jahre 1252, p. 403-415. — J. Schwalm : Nachlese zu frûheren 
Reiseberichten [Florenz, Todi, Cremona, Grenoble], p. 417-447. — 
Br, Krusch : Dr B. Sepp als Lichte und Leuchte der Legendenforschung, 
p. 451-466. — S, Hellmann: Die Bremenser Handschrift von des Paulus 
Diàcônus Liber de episcopis mettensibus, p. 467-470. — A. Werminghoff: 
Pseudo-Hinkmar, p. 471-472. — E. Perels : Zur Fragenachdem Verhâltnis 
zwischen Nikolaus I und Pseudo-Isidor, p. 473-476. — - M. Tangl : Der 
Bericbt Otto's von Freising ûber die Erhebung Oesterreichs zum Herzog- 
thum. p. 47'~-484. — H, Kochendôrffer : Pâpstliche Kurjalen wàhrend 
des grossen Schismas, p. 549-601. — J. A. Endr^es : Boto von Prûfening 
und seine schriftscellerische Thàtigkeit, p. 603-646. — E, Stengel: Eine 
deutsche Urkundenlehre des dreizehnten Jahrhunderts, ein Beitrag zur 
Geschichte der Réception des kanonischen Rechls, p. 647-671. — 
A'. Hampe: Ungcdruckte Briefe zur Geschichte Kônig Richard von 
Cornwall aus der Sammlung Richards von Pori,p. 673-690. — F. Thaner: 
Hinkmar von Rheims und Bernald, p. 693-701. — /. Lechner : Das Mono- 



PERIODIQUES XXXV 

gramm in den Urkunden Karis des GrosseD;, p. 702-707. —Br, Krusch : 
Das Datum des Concils von Soissons 744-, Mârz 3, p. 708-709. — 

E. Stengel: Zur Beurtheilung des Diploms 0. I. 86 fur Trier, p. 710-713. 

— K. Zeumer : Zur Herkunf t der Markulfischen Formein eine Antwort an 
G.Caro, p. 716-719. — Gesammtregisler von Band XXI-XXX, p. 823- 
8i0. 

301. Proceedingei of the Society of antiquaries of Scotland. 
Session 1903-1904, vol. XXXVIII. (Edinburgb, lOOi; in-8°, xlvii-60o p.). 

— r. H. Bryce : On the cairns and tumuli of tbe Island of Bute, a record 
of explorations during the season of 1903, p. 17-81 et pi. — J. Abercromby :■ 
Excavations made on the estate of Meikleour, Perthshire in may 1903, 
p. 82-r96. — /. Abercromby : Excavation of three long cists at Gladhouse 
réservoir, Midlothian, p. 96-98. — J. Abercrombry : Exploration of cir- 
cular enclosures and an underground house near Dinnet, on Deeside 
Aberdeenshire, p. 102-122. — D. Chrisiison ; On the standing stones and 
cup-marked rocks, etc. in the Valley of the Add and some Neighbouring, 
districts of Argyle, p. 123-151. — V,-M. Mackenzie : Notes on certain 
structures of archaic type in the Island of Lewis-Beehive bouses, Duns, 
and Stcne circles, p. 173-204. — D. Chrisiison: The forts of Kilmartin, 
Kilmichael, Glassary and North Knapdale, Argyle, p. 203-251 et pi. — 

F. R. Coles : Report on the stone circles of the North East of Scotland. 
The Buchan district, p. 256-305. — A. Beid : Glencorse old churcb and 
churchyard/ p. 305-323. — /. Abercromby : A proposed chronological 
arrangement of the drinking-cup or beaker class of fictilia in Britain, 
p. 323-410 et pi. — A. 0. Curie: Notes on three carved norman 
capitals from Hobkirk, on Rulewater, Roxburghshire ; description of the 
remains of a Wayside cross at Harwood in Hobkirk parish, p. 416-421. — 
T, Ross : Notice of undescribed bog-backed monuments at Abercorn and 
Kirknewlon, p» 42:-l27. — F. R, Coles : Notice of the discovery of a cist 
of the carly Iron âge, on the estate of Moredun near Gilmerton, p. 427- 
438. — J. H. Bryce : Report on human remains found within a cist at 
Moredun, Midlothian, p. 439-ii5. — /. M. Alackinlay : Traces of the 
cultus of St Fergus in Scotland, p. 445-453. — F, Haverfield : On Julius 
Verus, a roman governor of Britain, p. 454-io9. — J. Anderson : Note on 
a late celtic armlet of bronze, p. 460-467. — /. G. Callander : Notice of 
a stone mould for casting flat bronze axes and bars found in the parish of 
Insch, Aberdeenshire, p 487-505. — L, M'Lellan Mann : Notes on two 
tribula, or Ihreshing-sledges, p. 50^-520. — J. Anderson : Notices of a 
sculptured stone with ogham inscription from Latheron, and of twosculp- 
tured slones recently discovered at Edderton, Ross-shire, p. 534-5i:'. — 
A, Hutcheson : Notice of the discovery of the remains of an carth-house 
at Barnhill, Perth, p. 541-547. — J. Abercromby : Notes on primitive 
stone structures of the beehive type discovered in the north of Shelland, 
p. 548-558. — M, Charleson r* Notice of some ancient burials in Orkney, 
p. 559-566. 



XXXVI PERIODIQUES 

302. Revue bénédictine, *22* année, 1905. (Maredsous, 1905 ; in-S% 
0ii p.). ^ D, Germain Morin : Le catalogue des manuscrits de Tabbaye 
de Gorze au xi* siècle, p. 1-14. ^ D. H. Leclercq : Mélanges d'épigraphie 
chrétienne. L'ange du tombeau, p. 65-90. — D. F. Cabrol : La messe de 
Flacius lUyricus, p. 15i-16'K — />. G- Morin: Un écrivain inconnu du 
XI* siècle, Walter, moine de Honnecourt, puis de Vezelay, p. 165-180. — 
D. À. Clément : Conrad d'Uracb, de l'ordre de Citeaux, légat en France et 
en Allemagne, p. 23!i-'i43. — 5. Haidacher : Nilus-Exzerpte im Pandektes 
des Antiochus, p. 2i4-250. — F. Uzureau : L'abbaye de Fontevrault 
(1790), p. 263-270. — G. Mollat : Pierre Bersuire, chambrier de Notre- 
Dame de Coulombs, au diocèse de Chartres, p. 271-273. — D. G. Morin : 
Fragments inédits et jusqu'à présent uniques d^antiphonaire gallican, 
p. 329-350. — D, U, Berlière : Le? chapitres généraux de l'ordre de saint 
Benoit, notes supplémentaires, p. 377-397. — H, Leclercq : Mélanges 
d'épigraphie chrétienne. I. Épigraphie liturgique de la région d'Antioche. 
IL La nuit de la Goutte céleste. III. La topographie de Carthage romaine, 
p. 429-i49. — D. F. Cabrol : L'A vent liturgique, p. 484-495. — 
D. A, Marner : Note sur un sermon de S. Césaire dans la Concordia 
regularum, p. 496-504. — D. G. Morin : Textes inédits relatifs au symbole 
et à la vie chrétienne, p. 505-524. — P. M. Magistreiti : De la missa ou 
dimissio cathecumenorum, p. 569-572. 

303. Société des archives historiques du Maine, la Pro- 
vince du Maine, revue mensuelle publiée sous les auspices de 
M. de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville, t. XII. (Le Mans, 1904^; 
in-8*, 412 p.) — L. Froger : Les pèlerins manceaux à Sainte-Catherine de 
Fierbois au xv' siècle, p. 17-25. — G. Busson : De l'ailaire de Saint-Calais 
et des chartes fausses des Actus, p. 26-30. — Amh. Ledru : Saint Julien, 
évèque du Mans, p. 49-66, 81-88, 113-121, 145-150, 177-181, 209-220, 245- 
254, 277-281, pi. — /. Vavasseur : Contribution à l'histoire de Nauvray, 
p. 67-69, 103-108. — E. Vallée : Notes généalogiques sur la famille d'il- 
liers, p. 70-72, lîM 27, 155-158, 192jl97, 238-241, 255-260, 282-291, 318- 
325, 362-369. — R, de Linière ; Les fiefs de la Fontaine Saint-Martin, p. 80- 
98, 182-191, 226-234, 268-271, 292-30i, 356-361, 385-391, pi. — G. Busson : 
Notes sur les noms de lieu anciens contenus dans les Actus pontificum 
Cenomannis in urbe degentium, p. 99-102, 151-154, 221-225, 272-276, 326- 
331, 392-394. — L. Froger : La confrérie Saint-Martin à Pontlieue, p. 128- 
136, 168-169. — G\ Z^tijjon : Vie de saint Romain du Mans, attribuée à 
Grégoire de Tours, p. 235-237. — L. Froger : A propos des Actus, p. 261- 
267. — H. R. : Ponlhouin, p. 338-340, 395-403. — G. Busson : Les ori- 
gines de l'église du Mans. Saint Julien, p. 341-348, 373-38'k —ilmd. Ledru: 
Remarques sur les origines de l'église du Mans, p. 3Ï9-355. 



Abbeville. — Imprimerie F. Paillart. 



BIBLIOGRAPHIE 



LIVRES NOUVEAUX 



304. Abgrall (Abbé). Etude de la voie romaine et du chemin de pèle- 
rinage des sept saints de Bretagne entre Quimper et Vannes. — Saint- 
Brieuc, Prud'homme, 1906; in-8% 16 p. ^Extr. des Mém, de Vàssoc. 
bretonne. Congrès de Concameaii; 4905,) 

305. Abhandlungen zum historischen Atlas der ôsterreichischen Alpen- 
lânder. — - Wien, A. Holder, 1906; gr. in-S», vi-310 p. et carte. (Aus Archiv 
fur ôsterr. Geschichte.) 

306. Altertûmer (Die) unserer heidnischen Vorzeit, nach den in ôfïen- 
tlichen und Privatsaromlungenbelindlichen Originalen zusammengestellt 
und herausgegeben von der Direction des rômisch-germanischen Central- 
Muséums in Mainz. V Bd, 6 HeCt. — Mainz, V von Zabern, 1905; in-4% 
p. 169-200. (6 m.) 

307. Archiv des historischen Vereins von Unterfranken und Aschaflen- 
burg! XLVII Bd. — VVùrzburg, Stahel, 1905 ; in^8% iii-335 p. (4 m. 50.) 

308. Archiv des Vereines fur siebenbûrgische Landeskunde, hrsg. vom 
Vereins-Ausschuss. Neue Folge. 33 Bd. 1 Heft. — Hermannstadt, F. Michae- 
lis, 1905;in-8%274p. 

309. Archiv fur ôsterreichische Geschichte, hrsg. von der histor: Kor- 
mission der Kaiserl. Akademie der Wissenschaften. XCIV Bd. 1 Hâlfte. — 
Wien, A. Hôlder, 1906; in-8^ vi-310 p. et carte. 

310. Argovia. Jahresschrift der historischen Geselischaft des Kantons 
Aargau. — Aarau, H. R. Sauerlânder, 1905 ; in-8% xviii-113 p. et 9 pi. 

311. Arnaud d'Agnel (Abbé). Le préhistorique dans le sud-ouest des 
Basses-Alpes. Habitats en plein air des cantons de Reillanne et de Banon. 
— Digne, impr. de Chaspoul et V^« Barbaroux, 1906; in-8% 29 p. et 12 pi. 
(Extr. du Bull, de la Soc, scientifique et littéraire des Basses-Alpes,) 

312. AuBRY (P.), BÉDiER et xM EYER (P.). La chanson de Bêle Aelis par le 
trouvère Baude de La Quariere. — Paris, A. Picard, 1906; gr. in-8% 23 p. 
et musique. (2 fr. 50.) 

313. Ballische Studien, hrsg. von der Geselischaft fur pommersche Ges- 
chichte und Altertumskunde. Neue Folge. IX Bd. — Stettin, L. Saunier, 
1905; in-8% iii-235-vii p. (6 m.) 

Moyen Age, 1906 w 



XXXVTIT LIVRES NOUVEAUX 

314. Bave (B*^" J. de). L'église de Kologe, àGrodno (Russie Occidentale). 
II. Quelques émaux occidentaux conservés au Musée impérial historique 
de Moscou. — Paris, Nilsson, 1903 ; in-8°, 18 p. et pi. (Extr. des Mém. de 
la Soc, nat. des antiquaires de France.) 

315. Beauséjour (Gaston de) et Godard (Charles). Jean de Grandson, 
seigneur de Pesmes et la fin d'une famille féodale dans le comté de Bour- 
gogne au XV' siècle. — Besançon, impr. de Jacquin, 1906; in-8°, 38 p. 
(Kxtr. du HuU de VAcad, des sciences, belles-lettres et arts de Besançon.) 

31 «.BÉMONT (Charles). Bôles gascons. ï. HI: 1290-1307. — Paris, Leroux, 
1b06; in-4^ (:c-796 p. (Collection de documents inédits sur l'histoire de 
France.) 

317. Bkrard (Alexandre). La Bresse et le Bugey historiques et pitto- 
resques. — Paris, Nilsson, 1006; in-8°, viii-309 p. 

318. Berichte liber die Tâligkeit der Prov.-Komniission fiir die Denk- 
malpHege in der Bheinprovinz und der Prov.-Museen zu Bonn und 
Trier. X. ioO'J. — Diisseldorf, Schwann, i90«; in-K", iv OU p. et 8 pi. 
(2 m. 50.) 

319. Bkrlière (Doin Ursmer). Analecta valicana belgica. Vol. I. Sup- 
pliques de Clément VI (1342- 1352), textes et analyses. — Paris, H. Cham- 
pion, 1006; in-8«, xxxviii-9o3 p. (15 fr.) 

320. Bernheim (Ernst). Das VVormser Konkordat und seine Vorurkun- 
den hinsichtlich Entstehung, Formulierung, Bechtsgùltigkeit. — Breslau, 
M. und H. Marcus, 190»»; in-8% viii-88p. (Untersuchungen zur dcutschen 
Staats-und Rechtsgeschichte. LXXXl.) (2 m. 60.) 

321. Bertiielk (.Jos.). Enquêtes campanaires. Notes, études et docu- 
ments sur les cloches et leâ fondeurs de cloches du viii* au xx* siècle. — 
Montpellier, impr. de Delord-Boelim et Martial, 1903 ; in-8% xvi-759 p. 
et pi. 

322. BoiNKT(Amédée). Les travaux des mois dans un manuscrit de la 
Bihliothèquc royale de Munich. — Paris, Impr. nationale, 1906;in-8*, 
7 p. et pi. (Extr. du liull. archéol. du Comité des travaux historiques.) 

323. BoNNAULT (Bon de). Guillaumc de Flavy, capitaine de Compiègne. — 
(iompiègne, impr. du « Progrès de l'Oise », 1905; in-8*, 14 p. 

32 't. Bonuer Jahrbùcher. Jahrbiicher des Vereins von Altertumsfreun- 
den im Rheinlande. 113 Hcft. — Bonn, A. Marcus und E. Weber, 1905; 
in-8', iv-297 p. et 16 pi. (10 m.) 

325. Burrmanx (Rich.J.^ Aufnahmen mittelalterlicher Wand-und 
Deckenmalereien in Deutschland. II Bd. 1 Lfg. — Berlin, E Wasmuth, 
1906; in-fol. 6 p. et 7 pi. (iO m.). 

320. Bossa vv (J.). Le maillet d'Vvré-le-Polin. — Le Mans, impr. de 
Monnoyer, 1906; in-8", 3 p. (Extr. du Bull, de la Soc. 'préhistorique de 
France.) 

327. Bremisches Jahrbuch, hrsg. von der hislor. Gesellschaft des Kùns- 
tlcrvereins. XXI Bd. — Bremen, M. Nôssler, 1906; in-8% xv-164 p. 
et 2i pi (5 m.) 



LIVRES NOTTVEAdX XXXIX 

328. Broche (Lucien). C.hoix de pièces inédites conservées aux Archives 
nationales et relatives à l'histoire de Pontoise. - — Pontoise, impr. de 
Paris, 190o; in-8% ul p. (Extr. des Mém. de la Soc. hist. et archéol, de 
Pontoise et du Vexin, XXVI.) 

329. Brucelle (Edmond) et Lefèvre (Abbé Jules'. Un village de la 
vallée de la Serre ou Histoire de Chalandry (Aisne) et de ses environs 
depuis les temps préhistoriques jusqu'à nos jours. — Paris, C. Clavreuil 
ot B. BiefTel, 1906; in-8^ 33G-xvi p. (5*fr.; 

330. BuRET (D' F.). Documents du xiii" siècle relatifs à la syphilis. — 
Paris, Impr. nationale, 1905; in-8% 11 p. (Extr. des Comptes rendus du 
ConfjrèH des Sociétés satantes en 1903. Sciences.) 

331. Butler (Pi.) und Schiess (T.). Urkundenbuch der Abtei Sanct 
(lallen. V Tl. (1412-1442), hrsg. vom histor. A'erein des Kantons St. Gallen. 
2 Lfg. (1420-1 't25\ — St. Gallen, Fehr, 1905 ; in-4% p. 201-400. 

332. Cavallera (K.). Le schisme d'Antioche. — Paris, A. Picard, 1906; 
in-8% xix-342 p. (7 fr. 50.) 

333. Chambon (F.i. Notes sur la bibliothèque de l'Université de Paris 
de 1703 ù 1905. - Gannat, impr. de Fontenay, 1905 ; in-8% 8 p. 

334. CuANTRioT (Emile). Les cartes anciennes de la Champagne. Cata- 
logue et observa lions critiques. — Paris, Berger-Levrault, 1906; in-8% 
viii-92 p. 

335. Charrier (Léon). Jard, sa géographie, son origine et son histoire. 

— La Boche-sur- Yon, 1906 ; in-8% 160 p. 

336. Chénon (Emile). Les arènes de Bourges au moyen âge. — Nogent- 
le-Botrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1906; in-8% 17 p. (Extr. des 
Mém. de la Soc. nat. des antiquaires de France.) 

337. Chevallier (Abbé Emile). Guide à l'abbaye de Bonport. — Pont-de- 
l'Arche, impr. de Claude frères, 1906; in-8% 92 p. et plan. 

338. Chroust. Monumenta paheographica. I Abtig. 1 Série. 21 Lfg. — 
Miinchen, Bruckmann, 1906; in-fol. (20 m.) 

339. Clergeac (Abbé). Cartulaire de l'abbaye de Gimont. — Paris, 
H. Champion, 1906; gr. in-8»^, xvii-503 p. (Archives historiques de Gas- 
cogne.) (i5 fr.) 

340. Cohen (Gustave). Histoire de la mise en scène dans le théâtre reli- 
gieux français du moyen-âge. — Paris, H. Champion, 1906; in-8". (7 fr. 50.) 

341.CONXERT (Hans). Die Stuhlverfassung im Szeklcrlande und auf 
dem Kônigsboden bis zum Ende des 15 Jahrh. — Hermannstadt, NV. Krafft, 
1906; in-8% 52 p. (Aus Festschnft fiir C, Albrich.) 

3't2. Coquelle (P.). Les clochers romans de l'arrondissement de Dieppe. 

— Paris, Impr. nationale, 1906; in-8% 16 p. et 2 pi. (Extr. du Bull, 
archéol. du Comité des travaux historiques.) 

343. CoRBERON (P.). Auxerre, sa cathédrale, ses monuments. Guide du 
touriste. — Auxerre, impr. de Lanier, 1906; in-18, 96 p. 

344. Corpus inscriptionum latinarum, consilio et auctoritate Academia; 
litterarum regia) Borussicfeeditum. XIII. Inscriptiones Trium Galliarum 



XL LIVRER NOUVKAIÎX 

Cl ficrmaniarum laliD.r. iDSlrumenlum domesticum. Collegerunt O. Hirsch- 
fcld, C. Zangemcislcr, 0. Hobn, Ed. Ose. Rohn. Partis 3 fasc. II. InsuDt 
signacula medicoruni oculariorum, éd. .^ilmil. Esperandieu. — BerlîD, 
G. Reimer, 1906; ÎD-fôl., p. 431-773.- 

345. Costa de Beauregard .C" 0.). Note sur deux bronzes antiques 
découverts à Sainl-Jean-de-la-Porle (Savoie). — Nogenl-Ie-Rotrou, impr. 
de Daupeley-Gouverneur, 1006; in-8*, 9 p. (Extr. du Bull, de la Sœ. nat. 
des antiquaires de France,) 

346. Delisle (L.). Les Heures de Blanche de France, duchesse d'Orléans. 

— Nogcnt-Ie-Rotrou, impr.de Daupeley-Gouverneur, 1905; in-8«, 55 p. et 
facs. (Exlr. de la IHbliothèque de VEcole des chartes.) 

347. Delisle (L.\ Addition à la notice sur les Heures de Rlanche, 
duchesse d'Orléans. — Xogent-le-notrou, Daupelcy-Gouvorneur, 1î»0ii; 
in-8% 2 p. (Extr. de la Hibliothèque de l'Ecole des chartes.) 

348. Deloume(A.}. Histoire sommaire de la Faculté de Droit de Tou- 
louse, fondée en 1229. Centenaire de la réorganisation de 1805. — Toulouse, 
Privât, 1905; in-8% 205 p. (Extr. du Bull, de V Unicersité de Toulouse.) 

340. Denys leGhartreux. Opéra omnia. XXXI. Sermones de sanctis. 
Pars I. — Freiburg î B., Herder, 1906 ; in-S% xi-647 p. 

350. DissARD (Paul). Catalogue des plombs antiques ^sceaux, tcssëres, 
monnaies et objets divers) de la collection Hécamier (Musées de Lyon . 

- Paris, RoUin ot Feuardent, 1905; gr. in-8', xxviih328 p. et 8 pi. 

351. Doic.NKAU A.). Nos ancêtres primitifs, notes d'archéologie préhis- 
torique. Préface du D'Capitan. — Paris, C. Clavreuil et R. RicITcl, 1906; 
in-8«. (5 fr.) 

352. Dijrdax-Laiiohik. Trois maillets du Vexin normand. -- Le Mans, 
impr. de Monnoyer, 1905; in-8", '* p. 

353. Edouard d'Alkn(;on (Le P.). Thomas de Celano. S. Francise! Assi- 
siensis vita et miracula, additis opusculis liturgicis. — Roma, Désolée ot 
Lefebvre, 1906; in-8", lxxxvii-481 p. 

35'*. Eriiardt (F.\ Ueber historisches Erkennen. Problème dcr Ges- 
chichtsforschung. — Bern, G. Grunau, 1906 ; in-8% 96 p. 

355. Farcv (L. de). Les sépultures princières à la cathédrale d'Angers. 
— Angers, Germain et Grassin, 1906; in-8% 70 r». Extr. des Méin. delà 
Soc. d* agriculture, sciences et arts d'Angers.) 

356. Farcy (L. de). Usage des tentures de soie et des tapisseries dans 
les églises au moyen âge et notamment à la cathédrale d'Angers. — 
Angers, Germain et Grassîn, lOOt; in-8«, 14 p. (Extr. des Mèm. de la Soc. 
d'a(jncullure, sciences et arts d'Angers.) 

357. FiTTiNG (H.) und Sucrier (IL). Lo Codi, eine Summa Codicis in pro- 
vcnzalischc Sprache aus dcr Mitte des XII Jahrh. 1 TI. Lo Codi in der 
lateinischen Uebersetzung des Ricardus Pisanus. — Halle, M. Niemeyer, 
1006; in-8%. x-6i-385 p. et 3 pi. (ÎO m.). 

358. FoERSTER (Wendelin). Le saint vou de Luques, altfranzôsisches 
Gedicht des XIII Jahrh., mit c. Untersuchung ùber die Spielmannsle- 



LIVRES NOUVEAUX XLI 

gende. — Erlangcn, F. Junge, 1906; in-8*, iii-o9 p. (Aus Mélanges Cha- 
baneau.) 

35». FoROT (Victor). Une seigneurie du Bas-Limousin (Chaunac), études 
historiques. — Paris, Cheronnet, 1906; in-8% 112 p. 

360. FouRGous (J.). L'arbitrage dans le droit français aux xiir et 
xiv« siècles. — Paris, Fontemoing, 1906 ; in-8^ 213 p. (6 fr.) 

361. Freiburger Geschichtsblâtter, lirsg. vom deutscben Gescbichts- 
forsch. Verein des kantons Freiburg. 12 Jahrg. — Freiburg (Schw.), Uni- 
versitâls Buchhandlung, 1906 ; in-8^ xix-184 p. (3 m. 20.) 

362. GossET (Alph.). Cathédrales de Reims, Amiens, Bcauvais. Parallèle 
des coupes transversales présente au Congrès de la Société française 
d'archéologie en juin 1905. — Reims, impr. de Monce, 1900; in-8", 10 p. 
et pi. 

363. Grabmaxn iMart.). Die philosophische und thcologische Krkent- 
nislehre des Kardinals Matthâus von Aquasparta, ein Beitrag zur Ges- 
chichte des Verhâltnisses zwischen Augustinismus und Arislotelismus 
im mittelalterlichen Denken. — Wien, Mayer, 1906; in-8', viii-176 p. 
(Theologische Studien der Leo-Gesellschaft. XIV.) 

304. Gruetzmacher (G.). Rieronymus, cine biographische Studie zur 
alten Kirchengeschichtc. 11. Sein Leben und seine Schriften von 385 bis 
400. — Berlin, Trowitsch und Sohn, 1906; in-8% viii-270 p. (7 m.) 

365. GuiLHERMV (F. de). Montmartre. Mémoire de F. de Guilhermy. — 
Paris, Société du vieux Montmartre, 19<»6; in-8% vii-166 p. 

366. GuiLHiERMOz (P.). Le manuscrit 4472 du fonds français de la 
Bibliothèque nationale et le Grand Coutumier de France. — Nogcnl-le- 
Rotrou, imp. de Daupelcy-Gouvcrneur, 1905; in-8% 21 p. (Kxtr. de la 
Bibliothèque de VEcole des chartes.") 

367. Halphen (Louis). Une rédaction ignorée de la chronique d'Adé 
mar de Chabannes. — Nogcnl-le -Rotrou, iinpr. de Daupeley-Gouverneur, 
1906 ; in-8% 6 p. (Extr. de la Bibliothèque de l'Ecole des chartes ) 

368. Haumoxté (J.-D.) et Pahisot i Jean). Plombières ancien et muderne. 
Edition refondue et augmentée — Paris, Champion, 1905; in-8% iii-433 p. 

369. Heilig (O.). Die Ortsnamen des Grossherzogtums Baden gemein- 
fasslich dargeslellt, ein Beitrag zur Heimalkunde. — Karlsruhe, F. Gutsch, 
1906; in-8% x-157 p (3 m.) 

370. Helbig (K). Die Stêinkreuzeim Kônigr. Sachsenals Grenzzeichen. 
— Leipzig, F. Jansa, «906; in-8% 26 p. (Aus Mitteilungen des Vereins 
fur sachsUchen Volkskunde.) 

371. Herbig (M ). Die Drcieleinschlôsser Birkenfels und Kagenfels, 
Beschreibung und Geschichtc. — Strassburg, J. H. E. Heitz, 1906; in-8% 
48 p. (Stâdte und Burgen in Elsass-Lothringen. XI.) 

372. HiRST (T. 0.). A grammar of the dialcct of Kendal (Westmoreland), 
descriptive and hislorical with spécimens and a glossary. — Heideiberg, 
G. Wintcr, 1906; in 8% v 170 p. i Anglistische Forschungen, hrsg. von 
J. Hoops. XVI.) (Hn.) 



XLII LIVRES NOUVEAUX 

373. HoRTEN tiM .)• Farabi. Das Bucli dcr Hingsteinc, mit deni Kommcn- 
lare des Itlmîr Isma * il cl-Hoscini cl Farani (um liSo) iibersetzt und cr- 
lâutcrt. — Munster, AscliendorlT, 1900; in-8", xxviii-olO p. (Hcitrage zur 
(ieschichte der Philosophie des Miltelalters. Texte und Untersuchun- 
gen. m.) (17 m.) 

374. Hrusevskyj (Mich.). Geschichte des ukrainischen (rulhenischen) 
Volkes. I Bd. Urgeschichte des Landes und des Volkes. Anfàngedes Kije- 
ver Staatcs. Ucbcrsetzt aus der 2. ukrain. Ausg. — Leipzig, B. G. Tcubner, 
1906 ; in-8°, xviii-7o4 p. et carte. (18 m.) 

375. Hubert (Eugène). Le Bas-Berry. Histoire et archéologie du déparle- 
ment de l'Indre. T. I. 1" fascicule. Canton d'Ardentes, Argenton et 
Buzançay ; 2" fascicule, canton d'Argenton. — Paris, A. Picard et lils, 
1902-1905; in-8% p. 1-350. 

376. Jacob (Louis). Le royaume de Bourgogne sous les empereurs Fran- 
coniens (1038-1125), essai sur la domination impériale dans l'est et le 
sud-est de la France aux xi" et xii" siècles. — Paris, H. Champion, tOOfi ; 
in-8% 150 p. (ofr.) 

377. JADART(Henri). Les édifices religieux du département des A rdcnncs. 
Essai de statistique et de bibliographie. — Reims, Michaud, 1900 ; in-8*, 
40 p. (Extr. de la Rev. historique ardennaise.) 

378. Jarry (Eugène). Notice archéologique sur l'église de Triguèrcs 
(Loiret). — Fontainebleau, impr. de Bourges, 1906 ; in-8", 39 p. Extr. des 
Ànnale^s de la Soc. hist. et archéol. du Gàtinais, 1906.) 

379. Jecht (Hich.). Codex diplomaticus Lusatia> superioris. il! entli. die 
àltesten Gôrlitzer Hatsrechnungen bis 1419. Im Auftragc der oberlausilz. 
Gesellschaft der Wissenschaflcn gcsammell. 1 lift umfassend di J. 1375 
(1337) bis 1391. — Gorlitz, H. Tzschaschel, 1005; in-8°, x-l8V p. (3 m. 60.) 

380. JoBARU (Paul). Les enceintes défensives antiques dans la (Ma 
d'Or. Essai de nomenclature. — Dijon, impr. de Jobard, 1005; in-H%. 
108 p. 

381. JoRDA.N (Hich.). Eigenliimlichkeiten des anglischen Wortschatzes, 
eine wort-geographische Untersuchung mit elymologischen Anmerkun- 
gen. — Heidelberg, C. Winter, 1906; in-8", viii-l3l p. (Anglistische Fors- 
chungen, hrsg. von. J. Hoops. XVII.) (3 m. 60.; 

382.. JrssELLN (Maurice). Monogrammes en tachygraphie syllabique ita- 
lienne. — i\ogent-le-Hotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur (1906); in-8°, 
3 p. (Exlr. de la Bibliothèque de iEcole des chartes.) 

383. Keller (Mary Lanslield). Tlie anglo-saxon Weapon naines trcalcd 
archeologically and etymologically. — lleidelbcrg, C. Winter, 1906; in ^'\ 
vii-275 p. (Anglistische Forschungen, hrsg. von J. Hoops.) iv m.) 

384. KiscH (Gust.). Vergleichendes NVôrterbuch der nôsner (siebenbur- 
gischen) und mosel frankisch-Iuxemburgischon Mundart, nebst sieben- 
burgisch-niederrheinischen Orts-und Familienuaiiicnvcrzcichnis. — 
Hermannstadl. W, Krafit, 1905; in-H*, 274 p. (Forschungen fiir Volks- 



LIVRES NOUVEAUX XLIII 

kunde der Deutschen in Siebenburgen, im Auftragc des Vereins fur 
siebenburg. Landeskundc hrsg. F.) 

385. KoEHNE (Cari). Oberrheiniscbe Stadtrechte, hrs^g. von der bad. 
hislor. Kommission. F Abllg : Frànkische Rechte. VII Heft : Bruchsal, 
Rothenberg, Philippsburg (Udenheim), Obergrombach und Steinbach. — 
Heidelberg, C. Winter, 1906; in-8% 152 p. (5 m.) 

386. Lâcher (Karl). Altsteirische Wohnrâume im I^ndcsmuseum zu 
Graz. — Leipzig, K. W. fliersemann, ^906; in-fol., vii-8p. et 32 pi. (40 iii^ 

387. Laigue (Comte René de). Saint Hervé. — Saint- Brieuc, Prud'homme, 
1906 ; in-8% 16 p. (Extr. des Mém. de VÀssoc. bretonne. Congrès de Con- 
cameau.) 

388. Laigue (De). Une fresque du xv* siècle à la Certosadi Pcsio. — 
Paris, Impr. nationale^ 1906; in-8% 16 p (Extr. du Bull. archéoL du 
Camité des travaux historiques.) 

389. La Lande de Calan (Ch. de\ Observations sur quelques points 
controversés de l'histoire de Bretagne. — Saint-Brieuc, Prud'homme, 
1906; in-8% 56 p. (Extr. des Mèm. de VÀssoc, bretonne. Comjrès de Con- 
carneau.) 

390. I^ANDREAu (Dom François. L'abbaye de Saint-Maur do Glanfcuil 
du X* au xiu« siècle, ses relations avec le Mont-Cassiu. — Angers, Ger- 
main et Grassin, 1906 ; in-8% 83 p. (Extr. de la Hev. de l'Anjou.) 

391. Lasnier (Ernest). Notes sur la seigneurie et la commanderic de 
Marsangy, arrondissement de Sens (Yonne). — iUjrhell, impr. de Crète, 
1905; in-S*, 20 p. 

39?. Lastevrie (H. de) et Vidier (A.). Bibliographie générale des tra 
vaux historiques et archéologiques, publiés par les so<;létés savantes de 
la France. T. V. 1" livraison. — Paris, Leroux, 190.;; In-i% 200 p. 

393. LECLEROi (liom . I>es martyrs, T. V. f>e moyon-âgc, recueil d'acleK 
authentiques sur les martyrs. - Paris, 11, Oudin, 190'}; Uï-\i. (4 fr. 50 

391. Lefebvre (Léon). Notes i>our servir à ihintoire de la iiiusique-à 
Lille. Les ménestrels et joueurs d'iostruments sermentés du xiv au 
xviii* siècle. — Lille, impr. de l>efebvre-l)ucroc<|, 1906 ; \n-H% 15 p. 

395. LoiSNE (Comte de). U c>(>lonisation Hi^nonna dans le l^ulounai», 
Nogent-Ie-Rolrou, impr. de Oau|>eley -Gouverneur, 1906, In 8% n p. 
(Extr. des Mém. de la Sfjc. nat, des anth/uaireM de l^rame,) 

396. Mahcet ^Comte Antoine de) i*i ïhM \U)H¥MV [S'Ahmnd). f;ssai de 
répertoire des cx-lîtrif et fer* de P'Ilure di*« bibliophiles lorrains. — 
Nancy, V. Vagocr et J- f.aml>^rl. «906 ; fn ♦*% W) p. 

397. Mabchaikd A. . Pont i'MU*HH MV«nt lu li^voliUion. Abbcville, 
impr. de PaillarL 190:; ; in 10 vmi M\ p. 

398. Mamqc'et uk, \àt^hfA/H 4. Lh iMi^hi/^m' ntiaonno, 4t* la collection 
Martin Le Boy. Moyen hu/ié^iU^-m^ium^nt'^^ t'Hiïtê. i''tm\Hni, 1900; iu-lol. 
(350 fr. en sou§erïy\Mm^ ; 

399. MACDiet (André;. PHitK« viïUiniliuïU' ht^rién**, Vénéiie. — paris, 
HachctU, im ; ïù-i^. ('4 U. 'M).} 



XLÎT LIVRES NOUVEAUX 

400. Mazeiiolle (F.). Le commandant R. 'Mowat, biographie et biblio- 
graphie numismatique. — Chalon-sur-Saône, Bertrand, 1905 ;gr. in-8% 
16 p. (Extr. de la Gazette numismatique française,) 

401. Mélanges H. d'Arbois de Jubainville. Recueil de mémoires concer- 
nant la littérature et l'histoire celtiques, dédié à M. H. d'Arbois de 
Jubainville à l'occasion du 78' anniversaire de sa naissance. - Paris, Fon- 
temoing (1906); in-8% vii-290 p. (8 fr.) 

402. Mertins (Osk.). Wegweîser durch die Urgeschichte Schlesiens, 
hrsg* vom Verein fur das Muséum schlesischen Altertiimcr. — Breslau, 
Preuss und Jûnger, 1906; in-8% vii-150p. (3 m.) 

403. Meyer (Kuno). Contributions of Irish lexicography. Vol. 1, part 1. 

— Halle, M. Niemeyer, 1906; in-8", xxxi-o74 p. (20 m.) 

404. Michaelis (Ad.). Die archaôlogischen Kntdeckuni,'en des 19 Jaiirh. 

— Leipzig, E. A. Seemann, 1906; in-8% viii-325 p. (5 m. 20.) 

405. Michel (André). Histoire de l'art depuis les premiers temps chré- 
tiens jusqu'à nois jours. T. 1 : Des débuts de l'art chrétien à la fin de la 
période romane. — Paris, Colin, 1906 ; gr. in-8<», 959 p. 

406. MiROT (Léon). Les insurrections urbaines- au début du règne de 
Charles VI (1380-1383) ; leurs causes, leurs conséquences. — Paris, Fon- 
temoing, 1905; in-8*, xiii-246 p. 

4(»7. Mitteilungen an die Mitglieder des Vereins fiir hessische 
Geschichte und Landeskunde. Jahrg. 190i-1905. — Kasscl, G. Dufayel, 
1905; in-8% iii-59 p. et 2 pi. (1 m.-50.) 

408. Mitteilungen des Vereins fur Geschichte dcr Stadt Mcissen. 25 Hcft 
(1 des VII Bandes). — Mcissen, L. Mosche, 1906 ; in-8% 128 p (3 m.) 

409. MoLLAT (G.). Lettres communes de Jean XXII (1310-1334), analysées 
d'après les registres dits d'Avignon et du Vatican. T. Il, 2' et 3' fasci- 
cules. — Paris, Fontemoing, 190j ; in-4". (Bibliothèque des Ecoles fran- 
çaises d'Athènes et de Home, 3" série. Lettres communes des papes d'Avi 
gnon.) 

410. MoNTELius (Ose). Kullurgeschiclite Scliwedens von den àltestcn 
Zeiten bis zum 11 Jahrh. nach Christus. ~ Leipzig, E. A. Seemann, 1900; 
in-8% v-336 p. (9 m.) 

411. MoRiN (Louis). La forteresse de Montaigu-en-Othe, documents et 
fouilles. — Troyes, Grande imprimerie, 1006; gr. in-8% 32 p. 

412. MoRiTz (B.). Arabie palœography. A collection of Arabie texls from 
the first century of Ihe Hidjra till the year 1000. — Cairo, Publications 
of he khedivial library, 1905; in-fol., ix p et 188 pi. 

413. MouREK (E. V.). Zur altgermanischen Négation. — Prag, I. Riynac, 
1905 ; in-8% 23 p. (Aus Sitzunqsber, der bôhmischen Gesellschaft tkv 
Wissenschaften.) 

414. Paris (Gaston% Mélanges linguistiques. I : Latin vulgaire et 
langues romanes. — Paris, Champion, 1906; in-8% U9 p. 

415. Pastor (Willy). Donatello. — Berlin, Bard und Marquardt, 1906; 
Id-8% 100p.(DieKunst,Sammlungillustr. Monographien.XLVI.)(1 m. 25.) 



LIVRES NOUVEAUX XLV 

416. Peisker (J.). Neue Forschungen zur Soziai-und Wir tachai tsges- 
chichte der Slawen. I. Die âlteren Beziehungen der Slaven zu Turkotar- 
taren und Germanen tind ihre sozial-geschichtliche Bedeutung. — 
SluUgarl, W. Kohlhamraer, « 905 ; in-8% xii-243 p. (Aus Vierteljahrschr, 
fur Soeial'Und WirtsckafUgeschichte.) 

417. PiLLEMENT (0. von). Ostgoteo. Das Endein Italien. Ostgermanische 
Namensgebungen. EingotischerKanton. — Leipzig, Dieterich, 1906; in-8'', 
38 p. (1 m.) 

418. PiLLioN (Louise). Les soubassements du portail des libraires à la 
cathédrale de Rouen. — Paris, Leroux, 1905 ; in-8«, 61 p. et pi. (Extr. de 
la Rev. archéologique.) 

419. Platon (G.)* Observations sur le droit de npoTi|XTt7i; en droit 
byzantin. — Paris, A. Fontenioing, 1906; in-8'. (4 fr.) 

420. PoRTAL (Charles). Notes sur quelques fondeurs de cloches du xv* 
au xviir siècle. — Paris, Impr. nationale, 1906; in-8^ 11 p. (Extr. du 
Bull, archéol. du Comité des travaux historiques, 1905.) 

421. Prarond (E.). Introduction à quelques parties d'une étude : les 
lois et les mœurs à Abbeville (118i-1 789). Tables combinées et extraits du 
Livre rouge et du Livre blanc de l'échevinage. — Paris, Champion, 1906; 
in-8% vii-294 p. 

422. Rand (E. K.). Johannes Scottus. I. Der Kommentar des Johannes 
Scottus zuden Opuscula sacra des Boethîus. II. Der Kommentar des Rémi- 
gius von Auxerre zu dén Opuscula sacra des Boethius. — Mûnchen, 
C. H. Beck, 1906; in-S% xiy-106 p. (Quellen und Untersuchungen zur 
lateinischen Philologie des Mittelalters, hrsg. von Ludw. Traube. I.) 
(6 m.) 

423. RicHEMOND (Emile). Un diplôme inédit de Philippe-Auguste, acte 
de partage des biens du chambellan Gautier, fondateur de Nemours. ~ 
Fontainebleau, impr. de Bourges, 1906; in-8% 83 p. (Extr. des Annales de 
la Soc. hist. et archéol. du Gatinais.) 

424. RiGAux (E.). La commune de Boulogne en U15. — Boulogne-sur- 
Mer, impr. de Hamain (1906) ; in-8*, 91 p. (Extr. des Mém, de la Soc. aca- 
démique de Boulogne-sur-Merl) 

425. Rivière (Emile). Sur l'emploi des dentales aux temps préhisto- 
riques, comme ornement. — Le Mans, impr. de Monnoyer (1906) ; in-8% 
8 p. (Extr. du Bull, de la Soc. préhistorique de France.) 

426. Roman (J.). Les sceaux des forestiers au moyen-âge. — Nogent-le- 
Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1906 ; in-8% 26 p. (Extr. des Mém. 
de la Soc. nationale des antiquaires de France.) 

427. Saltet (Louis). Fraudes littéraires des schismatiques lucifériens 
aux IV' et v* siècles. — Paris, F. Lecoffre, 1906; in-8% 31 p. 

428. Sauvage (H. E.). Les figurines en terre cuite gallo-romaines du 
musée de Bouiognc-sur-Mer. — Boulogne-sur-Mer, impr. de Hamain 
(1906), in-8% 16 p. (Extr. du Bull, de la Soc. académiqtAe de Boulogne-sur- 
Mer. Vil.) 

Moyen Age, 1906 iv. 



XLVI LIVRES NOUVEAUX 

429. ScHMiDLiN (Jos.). Die Geschichtsphilosophie und kirchenpôlitischc 
Weltanschauung Ottos von Freising, ein Beitrag zur mittelalterlichcn 
Geistesgeschichte. — Freiburg i. B. Herder, 1906; in-8^ vii-xii-i68 p. 
(Studien und Darsteilungen aus dem Gebiete der Geschichte. Im Auftrage 
der Gôrres-Geselischaft hrsg. iV. 2-3) (3 m. 60.) 

430. Schneider (Artli.)* Die Psychologie Alberts des Grossen, nach den 
Quellen dargestellt. II Tl. — Munster, AschendorfT, 1906 ; ln-8% vi p. et p. 
293-559. (Beitrâge zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters. Texte 
und Untersuchungen. VI) (9 m.) 

431. Schubert (H. von). Staat und Kirche von Constantin bis Karl dem 
Grossen. Rede. — Kiel^ Lîpsius und Tischer, 1906 ; in-8% 20 p. 

432. Schultz-Gora(0.). Allprovenzalisches Elcmcntarbuch. — Heidel- 
berg, G. Winter, 1906 ; in-8<', ix-t87 p. (Sammlung roinanischer Elemen- 
tarbûcher. I. Grammatiken. 3). (3 m. 60.) 

433. Simonsfeld (H.). Urkunden Friedrich Rotbarts in Italien. — Miin- 
chen, G. Franz, 1905; in-8<», p. 711-748. (Aus Sitzungsber. der bayer. 
Àkad. der Wissenschaften.) 

434. Spatz (Willy). Bilder aus der Vergangenheit des Kreises Teltow. 
I Tl. Von der âltesten Zeit bis zum Ende des grossen (od. 30 jâhr.) 
Krieges. — Berlin, E. Haase, 1905 ; in-8°, xi-25l-xx p. (20 m ) 

435. Stein (Henri) et Le Grand (Léon). La frontière d'Argonne (843- 
1659). Procès de Claudede La Vallée (1535-1561). — Paris, Picard, 1905; 
in-8«, viii-326 p. (4 fr. 50.) 

436. Stronski (Stanislas). Le troubadour Elias do Barjols, édition cri- 
tique avec une introduction, des notes et un glossaire. — Paris, E. Pri- 
vât, 1906; in-8% liv-160 p. (Bibliothèque méridionale publiée sous les aus- 
pices de l'Université de Toulouse, i" série, t. X.) (5 fr.) 

437. Strzygowski (J.). Die Miniaturen des serbischen Psalters der 
kônigl. Hof-undStaatsbibliothek in Mûnchen mit eincr Belgrader Kopie 
erganzt und im Zusammenhange mit der syrischen Bilder-redaktion des 
Psalters untersucht mit e. Einleitung von V. Jagic. — Wien, A. Hôlder, 
1906 ; in-i% lxxxvii-139 p. et 62 pL (Aus Denkschriflen der K, Àkad, den' 
Wissenschaften.) 

438. Stuembke (Wilh.). Das schmûckende Beiwort in Otfrids Evange- 
henbuch. — Greifswald, L. Bamberg, 1905; in-8% 69 p. 

439. Techen (F.). Die Bùrgersprachen der Stadt Wismar. ~ Leipzig, 
Duncker und Humblot, 1906; în-8% xvi-4H p. (Hansische Geschichts- 
quellen, hrsg. vom Verein fur hans. Geschichte. III.) (13 m. 40.) 

440. Thillier (J.) et Jarry (E.). Cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans 
(814-1 aOO). —Paris, A. Picard, 1906 ; in-8«, cxix-634 p. 

441. Thomas (J.). Les fontaines et les puits publics de l'ancien Amiens. 
— Cayeux-sur-Mer, impr. de Ollivier, (1906) ; in-16, 44 p. 

442. Thomas (Louis). Les dernières leçons de Marcel Schwob sur Fran- 
çois Villon. — Paris, 82, rue de Passy, 1906 ; in-8o, 52 p. ei facs. 



LIVRES NOUVEAUX XLVII 

4^3. Trévédv (J.). Du Guesclin et Richemont. Quel résultat aurait eu 
pour la Bretagne le mariage de la duchesse Anne avec un seigneur bre- 
ton ? — Rennes, Plihon et Hommay, 4906 ; in-8% 47 p. (Extr. de la Rev. 
de Bretagne,) 

444. Truchis (Vicomte Pierre de). La chapelle Saint-Laurent à Tournus 
(Saône-et-Loire). — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeloy-Gouverneur, 
1906 ; in-8% 18 p. et pi. (Extr. des Mém. de la Soc, nationale des anti- 
quaires de France, LXV.) 

445. UzuREAu (F.). Andegaviana. — Angers, Siraudeau, 1904-1906, 
4 voL in-8°, 512, 574, 515 et 515 p. 

446. Van Berchem (Victor). Suisse. Travaux relatifs aux sources de 
l'histoire du moyen âge. — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gou- 
verneur, 1906; in-8% 28 p. {Extr. de la Rev, historique, XC.) 

447. Vauvillé (Octave). L'enceinte de Pommiers (Aisne), Noviodunum 
des ^uessiones. — Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 
1906'; in-8% 4S p. (Extr. des Mém, de la Soc, nationale des antiquaires de 
France.) 

448. Vidal (J.-M.). Lettres communes de Benoit XII (1334-1312), ana- 
lysées d'après les registres dits d'Avignon et du Vatican. T. 11, 3« et 
4* fascicules. — Paris, A. Fontemoing, 1905 ; in-4». (Bibliothèque des 
Ecoles françaises d'Athènes et de Rome. 3' série. Lettres communes des 
papes d'Avigon.) 

449. ViLDHAUT (H.). Handbuch der Quellenkunde zur deutschcn Ges- 
chichte bis zum Ausgange der Staufer, 2 umgearb. Auû. — Werl, A. Stein, 
1906 ; in-8% viii-4U p. (4 m.) 

450. WiNTER (D. A.). Die Politik Pisas wâhrcnd der J. 1268-1282. — 
Berlin, Mayer und Mùller, 1906 ; in-8*», 75 p. (2 m.) 

451. Zaretzky (Otto). Der ersle Kôlner Zensurprozess. Ein Beitrag zur 
Kôlner Geschichte und Inkunabeikundc, mit e. Nachbildungdes Dialoges 
super libertate ecclesiastica, 1477. — Kôln, M. Du Monl-Schauberg, 1906 ; 
in-8% vi-124 p. (Verôflentlichungen der Stadlbibliothek in Kôln. VI Beiheft.) 
(5 m.) 

452. Zeitschrift des Aachener Geschichts-Vereins. XX VII Bd. — Aachen, 
Cremer, 1905 ; in-8% v-336 p. (6 m.) 

433. Zeitschrift des deutschen Vereinesfùr die Geschichte Mâhrensund 
Schlesiens, Red. von D' Karl Schober. 10 Jahrg., 1-2 Hft. — Brûnn, 
C. Winiker, 1906; in-8% 194 p. 

454. Zeitschrift des Vereins fur hessische Geschichte und Landeskundc. 
Neue Folge, ^9 Band (Der ganzen Folge 39Band). - Kassel, G. Dufayel, 
1905; in-8% iii-!96 p. (6 m.) 

455. Zeitschrift fur vaterlandische Geschichte und Altertumskunde, 
hrsg. von dem Verein fur Geschichte und Altertumskunde Westfalens. 
LXllï Bd. — Historisch geograph. Register zu Bd 1-50 von D' A. Bômer 
7 Lfg. — xMùnster, Regcnsberg, 1905 1906, 286-:Mop. et 7 pL et p. 1-224 
du t. 3 de la table. 



XLYIII PÉRIODIQUES 

456. ZiviER (E.). Geschichte des Furstent. Pless. I II. Entstehung der 
Standesherrsch. Pless (bis 1517). — Kattowitz, Gebr. Bôhm, 1906; in-S», 
iv-232 p. (5 m.) 



PERIODIQUES 



457. Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon. 

Procès-Verbaux et mémoires. Année 1905. (Besançon, 1906;in-8% lx-326 p^) 
— G, deBeauséjour et Ch. Godard : Jean deGrandson, seigneur de Pcsmes 
et la fin d'une famille féodale dans le comté de Bourgogne au xv* siècle, 
p. 207-?42. — R. de Lurion : Notice sur M. Jules Gauthier, archiviste de 
la Côte-d'Or, archiviste honoraire du Doubs [1848-1905], p. 243-273 

458. Académie royale de Belgique. Bulletins de la classe des 
lettres et des sciences morales et politiques et de la classe des beaux- 
arts, 1904. (Bruxelles, 1904; in-8% 696 p.) — U, Pirenne: A propos de 
l'édition de la chronique de Jean Molinet, p. 21-2'k — F, Cumont Reli- 
quiee Taurinenses [notes sur des manuscrits grecs de Turin], p. 81-96. - 
E, Marchai : François Pétrarque à Gand et à Liège en 1333, p. 481-492. 

459. Annales de l'Est et du Nord, l'* année. (Paris-Nancy, 1905; 
in-8*, 640 p.) — H. Pirenne Les villes flamandes avant le xii* siècle, 
p. 9-32. — E. Théodore : L'encensoir du musée de Lille et les fonts baptis- 
maux de l'église Saint- Barthélémy à Liège, p. 71-75. — /?. Parisot : 
Sigefroy, le premier des comtes de Luxembourg, était-il (ils de Wigeric? 
p. 76-83. — E, Gavelle : Notes pour servir à l'histoire de la Flandre à la 
fin du XIV' siècle, p. 84-98, 244-252. — G, Six : La babaille de Mons-en- 
Pévèle (18 août 1304), p. 210-233. — /.. Fandcrfetndcrc : A propos d'une 
charte de Saint-Omer, p. 234-238. — L, Vanderkindere : La première 
phase de l'évolution constitutionnelle des communes flamandes, p. 321- 
367. — .£. Duvernoy et R. Harmand : Le tournoi de Chauvency en 1285, 
p. 368-416. — R. Blanchard : Sur la date de l'invasion marine dans la 
plaine maritime de Flandre à l'époque historique, p. 534-541. 

460. Annales de la Société d'émulation et d'agriculture... de 
l'Ain, t. XXXVIII, 1905. (Bourg, 1905; in-8% 438 p.) — H. Binn: His- 
toire de la seigneurie d'Andelot-les-Coli:,'ny (suite), p. 5-35, 321-373, 410- 
426. — Abbé F, Marchand : Eludes archéologiques, Briord, p. 57-88 et 
3 pi. — À. Cornet : Un coin du Revermont. Coligny à travers les âges 
(suite), p. 89-146, 192-231, 267-320 et 3 pi. — £. P/it/ipon ; Le second 
royaume de Bourgogne (suite), p. 147-1 "6. 

461. Annales de la Société d'études provençales, 2« année, 1905. 
(Aix-en-Provence, s. d. ; in-8% xxii-278 p.)- Colonel IL de Ville-d'Àvray : 
Fréjus inédit, deux inscriptions gallo-romaines et bronzes^ p. 55-58, 

2S8-262. - ; Le premier et le dernier des Craponne, p. 154-162. 



PERIODIQUES XLIX 

— // Villard : La léproserie de Marseille au xvr siècle cl son règlement, 
p. 183-103. 

462. Annales de la Société des lettres, sciences et arts des 
Alpes -Maritimes, t. XIX. (Nice, 1905; in-8% 429 p.) — G. Doublet : 
Gallières, une enclave italienne sur la rive française du Var, p. 3-70. — 
A. (iUebhard : Note sur un trésor de deniers romains trouvé en 1901 aux 
environs de Nice, p. 77-89 et 2 pi. — /». Goby : Sur quelques meules à 
grains et un moulin ancien ressemblant au Trapctum, découverts dans 
l'arrondissement de Grasse, p. 93-119 et 2 pi. — E, Raynaud : Statuts de 
la ville de Nice au xiii* siècle, p. 233-253. — Jaubert : I^ Napoulc et ses 
pêcheries, p. 255-262. - Colonel de VUle-d^Atray : Etude et plan des 
Kncourdoules, p. 273-290. — If. Moris : L'abbaye de Lerins, son histoire, 
ses possessions, ses monuments anciens, p. 299-399 et 3 pi. 

4G3. Annales de la Société historique et archéologique de 
Tarrondissement de Saint-Malo. Année 1905. (Saint-Malo, 1905; 
in-8*, 224 p.) — E. Dupont : Le Mont-Saint-Michel et le pays malouin, 
relations historiques du x'au xvi* siècle, p. 13-tO. — Maiqné : Ia pierre 
et la croix de Mi-Grève, p. 57-61. — J. Biathurincl À. Daqnet : Le langage 
cancalais (suite), p. iV5-209. 

46V. Archives historiques du Poitou, XXXIV. (Poitiers, 1905; 
in-8«, vi-xxiv-455 p.) — E. Clouzot : Cartulairede l'abbaye de Notre-Dame 
de la Merci-Dieu, autrement dite de Becheron, au diocèse de Poitiers, 
p. i-xxxiv et 1-454. 

405. Bulletin de la Commission historique et archéologique 
de la Mayenne. 2« série, t. XXï, 1905. (Laval, 1905; in-8% 512 p.) — 
P. Varay : Cartuiairc [et obituaire] de La Haye aux Honshommcs 'd'Angers 
cl des Bonshommes dcCraon], .p. 165-lîH), 295-324 et pi. — 7/. Sautaqe : 
Armoriai de la Mayenne, p. 364-379, 48!». 

iOG. Bulletin de la Société archéologique, historique et scien- 
tifique de Soissons, t. XL 3' série, t!M)l-l002. (Soissuns, 1905; in 8". 
180-208 cl 24 p.) — Plateau : Encore Noviodunum, p. 33-3 i*. — Plateau et 
Michaux : Notices sur E.-L. Lambin, p. 47-54. — Mff^ A, V. de Derame- 
court : La maison de l'évoque de Soissons et ses hôtes à travers les 
âges, p. 56-95. — Abbé Delaplace : Diverses étymologies de Laon, con- 
fusion entre Laon et Lyon. p. 103-100. — Collet : La tour Lardier [à Sois- 
sons], p. 108-110. — Vauvillé : Anciennes monnaies françaises données 
au musée de Soissons, p. 179-180. — //•" L, Le Pelletier : Etude sur la forôt 
de Villcrs-Cottercls. p. 1-208. 

407. Bulletin de la Société archéologique, scientifique et lit- 
téraire du Vendômois, l. XLIV, 1005. (Vendôme, 1905; in-H", 272 p.) 
- R. de Saint-Venant . Nouveaux aperçus sur le combat de Prélevai du 
5 juillet M9i, p. U-*o. — l'aul MaKtellière Remarques à propos de la 
sépulture préhistorique de Marligny, p. 1 13-120. — Jean Martellière : Une 
étymologic de Vendôme et une origine dos Vondômois, p. 12'*-I28. — 
P. rtrment : Monographie fie la paroisse Des Hayes-en-Vendômois, 



L PÉRIODIQUES 

p. 143-186. — Marins Filliozat : Haches à têlecn Loir-el-Cher, p. 185- 
1î)0. — A^. de .Saint- Fmant ; Geoffroy de Vendôme, chevalier et sa bles- 
sure (xii* siècle), p. 243-256. 

468. Bulletin de la Société belfortaine d'émulation, n» 24, 1905. 
(Belfort, 1905 ; in-8% xxx-208 p.) — F. Pajot : Sur les confins des Sequanes 
et des Rauraques aux temps des Romains et des Mérovingiens, p. 107- 
168. — Henri Hardy : Anatole de Barthélémy, p. 160-174. 

469. Bulletin de la Société d'émulation d'Abbeville, années 1903- 
1905, t. VI. (Abbeville, 1905 ; in-S^, 448 p.). — P/i. Des Forls : Une excur- 
sion en Beauvaisis : Clermont, Agnctz, Auviller, Cambronne, Bury, 
Mouy, Cires, Mello, Saint- Waast-les-Mello, p. 97-121 et 3 pi. - R, Ro- 
dière : Notice archéologique sur l'église collégiale de Notre-Dame à 
Noyelles-sur-Mer, p. 139-145. — C" de Drandide Galametz : Les lianccs 
volontaires et l'asile dans le mariage, p. 188-199. — .i. de Florival : \.c 
passage de Jeanne d'Arc dans le Ponthieu, p. 200-216 et 4 pi. — Pli. Des 
Forts : Kxcursion à Saint-Denis, Sarcelles, Kcouen, Villiers-le-Bel, p. 22()- 
233. — Abbé Rançon : Ktude sur Marca, établissement gallo-romain près 
Abbeville, et relation des fouilles laites en 1903 et 1904 sur ses ruines et 
son cimetière : Les Lusers, p. 322-3i5 et pi. — //. Macqueron : Excursion 
à Saint-Omer et à Calais, p. 392-408. 

470. Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes. 24** an- 
née. 1005. (Gap, 1905; in-8% xxx-466 p.) — G. de Manteyer : Le nom ci 
les deux premières enceintes de Gap, p. 1-84, 120-201, 281-324 et 3 pi. 
— D. 3fartin : ïumuli de Corréo et du Guire, p. 89-103 et \)\. — L, Vèsi- 
gnié : Inventaire des objets provenant des fouilles exécutées en août 190i 
dans la grotte de (îrapclet, p. 111-114. — J, Roman : L'emplacement 
d'ictodurus, p. 2^3-250. r- />. 3/a/7in ; Stations romaines de Montseleu- 
cus et de (^ambonum, p. 2i)l-26'i'. — L. Jacob: Essai historique sur la 
formation des limiles entre le Dauphiné et la Savoie, p. 373-399 et pi. — 
y*. Lcmaiire : Etymologie du nom de Gapd'après A. Karnaud, p. 431-431. 
— - Abbè F. Allemand : La mansion de Montseleucus à lia Beaumette, 
p. 435-440. — L. Vésifjnié : Inventaire sommaire des objets trouvés en 
1905 dans les grottes de Sigottier, p. 4i l-44i. — J.-C. Roman : Un nouvel 
exemplaire de la peinture des vices et des vertus découvert à Ville- 
Vallouise, p. 445-448. 

471. Bulletin dé la Société départementale d'archéologie et 
de statistique de la Drôme. 39<' nnnée. 1905. (Valence, 1905; in-S" 
456 p.) — Jules Chemlier : Mémoires pour servir à l'histoire des comtés 
de Valontinois et de Diois (suite\ p. 100-115. — A. //crc^fa ; Les cités 
mystérieuses de Strabon, p. 121-148.- [)oin Germain Maillet-Guy : Jean 
de Montchenu, antonin et évèque de Viviers [xv« s.], p 18î-i95. — 
A. Lacroix . Les environs de Châtillon (suite), p. 266-272. — Etienne 
Meliier : Les ponts anciens et modernes sur le Rhône à Valence (suite), 
p. 31. "^ -335, 376-384. — Jules Chemlier : Un pont sur le Rhône, document 

Inéd/t du x/" *' '^ [bulle de Lucius IH,, p. 434-436. — Etienne 3Iellier : 



PERIODIQUES LI 

Note sur un document inédit du xir siècle. Le frère Etienne et le pont 
de La Guillotière, p. 437-438. — À. Lacroix : Etoile [Drôme], p. 439-ii8. 

472. Bulletin de la Société des sciences historiques et natu- 
relles de Semur-en-Auxois, t. XXXIII, année 1904. (Semur-en- 
Auxois, 1904 ; in 8°, 192 p.) — Saint-Gcnis : L'Alésia de César, p 165-176. 

473. Bulletin de la Société grayloise d'émulation, n' 8. 
Année 1905. (Gray, 1905 ; in-8», 249 p.) — À. Maire : Note sur quelques 
ex-libris franc-comtois, p. 17-95 et pi. — Ch. Godard : Les cordeliers de 
Gray et le corps de ville, p. 97-113. — Raoul Bouillerot : Quelques notes 
sur des camps de construction néolithique dans la vallée de la Saône 
supérieure, p. 115-132, — D' Bouchet : Les sépultures de l'âge du bronze 
de la grotte de Courchapon (Doubs), p. 133-142 et pi. 

474. Bulletin de la Société historique et archéologique de 
Corbeil, d'Etampeset du Hurepoix. Il'annéc. 1905. (Paris, 1905; 
in-S*», xxii-165 p.) — A. Dufour : Le trésor de Saint-Spire de Corbeil 
en 1424, p. 30-48. — J. Depoin : Notre- Dame-des-Champs, prieuré dyoni- 
sicn d'Essonnes (suite), p. 76-108. — Ch. Mottheau : Crosne, seigneurs et 
seigneurie, p. 109-133. 

475. Bulletins et mémoires de la Société d'anthropologie de 
Paris, t. V, 5« série, lOOi. (Paris, 1904; in-8", xxxii-738 p.) — .4. Viré : 
Une station solutréenne, nouvelle grolte et abri sous roche de Lacave 
(Lot), p. '63-66. — /.. Manouvner : Incisions, cautérisations et trépana- 
tions crâniennes de l'époque néolithique, p. 67-73. — L. Manouiorier : 
Note sur les ossements humains du dolmen du Terrier de Cabut Gironde), 
73-76. — Deiore : Les Romains et les Francs dans les montagnes du 
centre de la Gaule au sein de l'Arvernic, p. 104-100. — Atçjitr : Ibères et 
Berbères, origine et significations diverses de ces expressions ethniques, 
p. 110-111.-— (7. Crépon Qi Larillc : Découverte et fouille du dolmen de 
Mcriel, j). 117-118. — />' M. Haudouin : Les menhirs satellites des méf?a- 
lilhes funéraires, p. I39-U2. — (/. Itéraud : (îalets-polissoirs des Deux- 
Sèvres, p. 153-154. — U. Duinas : La station des Châtaigniers-Haron 
(Cîard), p 157-158. — //. Dumas : La grotte Nicolas, commune de Sainte- 
Anastasie (Gard), p. 158-159. — Ch. Lejcune : La communion, p. 404-411. 
— • C.-A. Pielrement : Les races chevalines dans le temps et dans l'espace, 
p. 412-436. — E. Schmit : Investigations d'un puits funéraire de l'époque 
néolithique (période carnacéenne) à Pocancy (Marne), p. 466-469. — 
0. Vauvillé : Fonte d'armes de l'époque de bronze à l'époque gauloise 
dans le département de l'Aisne, p. 492-i93. — IV M. Baudouin et L. Bon- 
nemérc : Les haches polies dans l'histoire jusqu'au xix' siècle, p. 490-5i8. 

- /.aftoroiraki : L'âge des sépultures néolithiques de Chamblandcs eu 
caisse de pierre, à squelettes repliés, p. 610 615. — Zaborowski : Origine 
des Slaves, p. 671-720. 

476. Congrès archéologique de France, LXXP session tenue au 
PuyenlOO'* par la Société française d'archéologie. Paris, 1005; in-8*, 
Lvi-oOO p.) — N. ThioHier: Guide archéologique du congrès du Puy, 



LU PERIODIQUES 

[Le Puy, Âiguilhe, Saint-Paulien, Polignac, La Chaise-Dieu, Chamaiières- 
sur-Loire, Chanteuges, Brioudc, I^ Voûte sur-Loire, Bouzols, Le Monas- 
tier, château de La Tour-Daniel], p. 4-92 et 33 pL — E. Lefèvre-PontalU : 
Les dates de la cathédrale du Puy, p. 158-162. — De Saint-Venant : 
Anciennes mesures mobiles en pierre, p. i6!k-16o. — A. Jacotin : Les 
études archéologiques dans la Haute-Loire au xix' siècle, p. 169-180. — 
A. Vernière : L'âge de pierre dans la vallée du Haut-AUier, p. 181-192. — 
Abbé E, Peyron : Vieil-Brioudc et le fort Victoriac, étude historique et 
critique, p. 193-213. •— J. Déchelette : Les bas-reliefs gallo-romains du 
musée et de la cathédrale du Puy, p. 21 i-243 et 4 pi. — Abbé Achard : Les 
reliques de saint Georges, premier évêquc du Velay et de saint Hilaire, 
évêquc de Poitiers, p. 244-269. — C'« E. de Dienne : L'abbaye de Saint- 
Michel de Cluse et ses rapports avec la ville du Puy, p. 270-300 et 2 pL — 
H. Du Ilanquet : Les influences de l'école auvergnate en Velay, p. 301- 
309 et pi. — A. Philippe : Les églises romanes de la haute vallée du Lot, 
p. 310-333 et 10 pi. — Jacotin de Rosières : Etude sur la sigillographie de 
la Haute-Loire, p. 334-3o7 — U. Ronchon : Les fortifications de la ville 
du Puy, p. 338-372. — Abbé F. Fabre : Les méreaux de la collégiale de 
Sauguesde 1369 à 1625, p. 373-384. — L, Giton : Les peintures murales 
de la Haute-Loire, p. 385-396 et 3 pi. — J. Guiffrey : Les tapisseries do la 
Chaise- Dieu, p. 397-401. — E. Maie : Les originaux des tapisseries de la 
Chaise-Dieu, p. 402-405. — U, Ronchon : Les maisons anciennes de la 
ville du Puy, p. 414-428 et pi. — L, Vissaguet : Les croix monumentales 
de la Haute-Loire, p. 429-4n) et 8 pi. — H, Stein : Une statuette d'argent 
offerte à la cathédrale du Puy en 1487, p. 454-460. — N. Thiollier : Les 
œuvres des orfèvres du Puy, p. 506-541 et 10 pi. — E, LcfèDre-Pontalis : 
Les dates de Saint-Julien de IJrioude, p. 542-555 et 11 pi. — Abbé F, Fabre, 
Abbé A, Achard et N, Thiollier : Cinq slatuesenboisduxii'ctduxiirsiêcle 
dans la Haute-Loire ^vierges de Notre- Dame-des-Tours, de Sainte-Marie- 
des-Chazcs, de Sorlhac, de Saugues; statue d'Arlet], p. 56'»-569 et 2 pi. 
— P, Perdrizet : Le Mater Omnium du miftée du Puy, p. 570-584 et pi. 

4,77. Mémoires de l'Académie de Vaucluse, v série, t. IV, année 
lOOi. (Avignon, 1904 ; in-8®, xv-295 p.). — G, de Manleyer : La sépulture 
de Silvanus à Vachères, p. ii-lO. — 1.-7/. Labande: Bertrand Du Guesclin 
et les Etats pontificaux de France, p. 43-80. — />' P. Pansier : Jean de 
Tournemire (Johannes deïornamira) (l J29-I390), p. 89-102. —F. Saute: 
La région aptésienne, études d'histoire et d'archéologie, p. 127-191 et 
5 pi. — F. Digonnet : Orange antique, un nouveau monument romain, 
p. 193-215 et 8 pi. — - L-fL Labande : Kiilèvement de mosaïque romaine à 
Vaison. Fouilles de Vénasque, p. 217-21'*. 

478. Mémoires de l'Académie dea sciences, lettres et beauz- 
p.rts de Marseille, 190't-1905. (Marseille, 1906; in-8% 394 p.). — 
De Marin de Carranrais : Eloge de L. Blancard, p. 119-133. - i. Magnan 
La renaissance commerciale de Marseille au xr siècle, p. 145-163. — 
H. de Mon^*^' ' : Les canaux de Provence, p. 277-286. 



PÉniODîQUES LÎÎI 

479. Hémoires de la Société académique de l'arrondissement 
de Boulogne-sur-Mer, t. XXIV, 1906. (Boulogne-sur-Mer, 1906; iD-8% 
398 p.) — R, Bodière : Chartes diverses du Boulonnais, p. 1-241. — E, Ri- 
gavx : La commune de Boulogne en 1415, p. 243-332. 

480. Mémoires de la Société académique de l'Aube, t. LXIX. 
(Troyes, s.d.Jn-8% 612 p.)— l. Le Clert: Quelques seigneuries de lancien 
comté de Brienne (suite), p. 13-186 et 3 pi. — Abbé À. Precosl : Histoire 
de la maîtrise de la cathédrale de Troyes, p. 213-371. — Abbé A. Petel : 
Templiers et hospitaliers dans le diocèse de Troyes. La maison de Villers- 
les- Verrières, p. 373-478. — M. Le Clert : Liste des dons faits au musée de 
Troyes pendant Tannée IdOo, p. 5i9-561. 

481. Mémoires de la Société académique du Nivernais, t. XIV. 
(Xevers, 1905 ; in-4% 91 et vi p.) — Victor Gueneau : Montigny-sur Canno 
et l'abbé Baudiau, p. 3-38. — A. Desforges : Notes sur les stations préhis- 
toriques et protohistoriques de la vallée d'AIaine (Nièvre) en particulier 
sur les ateliers néolithiques des environs de Fléty, p. 35-67 et 2 pi. — 
Louis Jolicet : Monnaies de Charles le Gros trouvées au Moulin-Gargot 
(commune d'Huriel, Allier), p. 78. — Table des matières contenues dans 
les 13 fascicules publiés par la société, p. i-v. 

482. Mémoires de la Société archéologique de Rambouillet, 
t. XVllI. (Versailles, 1905; in-8% 468p.) — F, Lorin : La Société archéolo- 
gique de Rambouillet au Perray, à Saint-Hubert, auxMcsnils,à Bazoches, 
au Tremblay, à Saint-Remy-l'Honoré, et aux Essarts-le-Hoi, p. 1-20 et pi. 

— Cointe R, de Nugent : La seigneurie des Menuls, p. 27-36 et pi. — 
Comte de Dion: l.e château de la Ilunière. p. 48-52. — A. de Dion et 
F, Deloille: Ori£,Mne de principaux monuments de Montforl l'Amaury, 
p. 285-288. — F. Lorin : La Société archéologique de Hambouillet à Clai- 
rcfontaine, à Saint-Arnoult et à Sonchamp, notices sur Hulliou, Ahlis, 
Prunay, Craches, l»aray-l)ouaviIle, Sainte-Mesmc, Orcemont, p. 289-393 
et 8 pi. 

483. Mémoires de la Société d'émulation de Roubaix, 4' série, 
t. m (t. XXIV de la collection) 1004. (Roubaix, 1905 ; in-8%23Cp.) - Abbé 
Th. Leuridan : Notice historique sur l'abbaye de Phalempin, p. 121-230. 
= 4* série t. IV (t. XXV de la collection), 1905. (Roubaix, 1905; in-8°, 
260 p.) — Abbé Th. Leuridan : Histoire de Seclin. IV. Histoire de l'Hôpi- 
tal Notre-Dame, p. 5-253. 

484. Mémoires de la Société éduenne, nouvelle série, t. XXXIII. 
(Autun, 1905 ; in-8% xxvn-t07 p.) — H. de Chaignon : Recherches sur les 
gisements ou carrières d'où ont été extraits les matériaux constituant le 
petit appareil de revêtement dans les constructions romaines d'Autun, 
p. 1-16 et pi. — F. Dejusaieu : Hlxcursion à Avignon et à Orange, p. 17- V9. 

— E. Fyot : La chalellenie de (jlenne (suite), p. 51-96. — J.-G. Rulliot : 
La tour du Bost (fin), p. 97-142. — A. de Charmasse : Jacques-Gabriel 
Rulliot, sa vie et son œuvre (fin), p. 143-179. — • R. Godant : Note sur une 
statuette de Mercure assis et sur divers objets gallo-romains trouvés 



LIV PKRIODTQUES 

dans un puits à Autum, p. 275-283 et p\, — A, de Charmasse: Note sur 
l'inventaire des livres liturgiques donnés à l'église collégiale de Notre- 
Dame (l'Autun par Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne^ p. 28o-30'fr. — 
./. Dechelette : La nécropole gauloise de Diou, p. 305-313 et 4 pi. — A, Gillot : 
Excursion à Mont-Saint-Vincent, Gourdon et Blanz^s p. 354-368: — 
Gadant: Excursion à Alise-Sainle-Reine, p 390-^01. 

48:i. Mémoires de la Société historique, littéraire et scienti- 
fique du Cher. lOOli, 4' série, XX® volume. (Bourges, s. d., in-8«, xviii- 
405 p.) — E, Turpin : Les vignes et les vins du Berry, élude historique 
et statistique (suite), p. 47-164. — />. Mater: Le musée de Bourges, notes, 
documents et souvenirs sur sa fondation et son histoire, p. 189-321. — 
A, Gandilhon: Contribution à l'histoire de la vie privée et de la cour de 
Louis XI (Ii23-I48l), p. 335-397. 

486. Mémoires et documents publiés par la Société savoi- 
sienne d'histoire et d'archéologie, t. XLIll. 'l' série, t. XVIII, 
(Chambéry, 1905 ; in-8% (:iv-230 et 237 p.) — L. Schaudel : Les pierres à 
cupules et à bassins de la Savoie, p. 43-64. — JJLelanche : Quelques noies 
sur la chartreuse de l*ierre-Chatel et son prieuré d'Venne, p. 03-113. — 
G, Perouse : Un budget d'une municipalité rurale en Savoie au xv* siècle 
[Mâcot, 1476J, p. 115-130. — J. C or celle : L'Académie (lorimontane, les 
sociétés savantes et les études historiques en Savoie, p. 131-218. 

487. Recueil de législation de Toulouse. 1905, 2' série, t. L (Tou- 
louse, 1905; in-8% xvi-o40p.) — J, Bressolles : Les mariages in extremis, 
p. 175-239. — J. Fourqous: L'arbitrage dans le droit français aux xiir et 
xiv' siècles, p. 210-288. 

488. Recueil des ti^avaux de la Société libre d'agriculture, 
sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, 0' série, t. II, année 1904. 
(Evreux, 1905; in-8*, XLiv-1l3p.)— L. Coutil: Le cimetière franc de 
Bueil (Eure), étude sur les boucles, plaques, bagues, fibules et bractcatcs 
ornées de figures humaines, p. 1-37. 

480. Revue cévenole. Bulletin de la Société scientifique et 
littéraire d'Alais, I90t. (Alais, 1904rin-8', 271 p.)— E. Durand: 
Nouvelles notes pour la monographie de Peyremale (Clard), p. 101-237 et 
2 pi. 

490. Revue d'Alsace, 4« série, G*^ année, t. LVI. (Paris, 1905 ; in-8«, 
072 p.) — A. Hanauer: Le burg impérial de llaguenau, p. 113-131,271-285, 
380-400. — C. Oeberreiner : Essai sur la campagne de César contre Ario- 
viste, p. 185-108. — A. Gasser : L'élise et la paroisse de Soultz (Haute- 
Alsace), p. 225-255, 350-379. — E. Casser : Un alsatique rarissime: 
l'abbaye de Masevaux au xviii* siècle, p. 313-330. — C Oeberreiner : Le 
champ du mensonge, p. 3i5-3l9. — J. Berthelé : Les André, fondeurs de 
cloches à Colmar aux xiv' et xv° siècles, p. 462-460. 

491. Revue de l'Anjou, nouvelle série, t. L. (Angers, 1905; in-8», 
548 p.) — M, Sache : Les livres de raisons de Jean V et de Jean VI Du Bel- 
lay, abbés dASflint-Florent deSaumur, p. 231-259, 465-436. 



PKnïODIQlîF.S LY 

492, Revue de Thistoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 

année 1905. (Versailles, 1905 ; in-8% 323 p.) — i. de Barthélémy : Notes 
historiques sur Ville-d'Avray du xu' au xviii* siècle ^suite), p. 47-80. 

493. Revue historique et archéologique du Maine, t. LVII, 
année 1905,^ 1" semestre. (Le Mans, 1905; in-8", 336 p.) — H. Roquet : 
La Poissonn^èrf^à Saint-Ouen-en-Belin, p. 70-90 et pi. — Robert Latouche : 
Documents inédits. [Donation de Robert de Gorran (1227)], p, 91-IOt. — 
!/'• de Heauehe.we H FAig, Lefècre-Pontalis : Le cliAteau de Lassay 
(Mayenne), p. 103-140 et 5 pi. — Ed. de Lorière: Les iiefs d'Asnières 
(suite), p. U1-I75, 2;»7-280. — Dom Léon Guilloreau : L'abbaye de La 
Couture au xv' siècle, prérogatives et charges des officiers claustraux, 
p. 236-256. 

49 i. Société des sciences, arts et belles-lettres de Bayeux, 
8' volume. (Bayeux, 1905[-1905]; in-8', iii-l89 p.) — Paimblant Du Rouil : 
La Normandie délivrée. Le Bessin pendant l'occupation anglaise. For- 
migny (1417-1450), p. i-ui, 1-15. — (J, Ylllers : La salle capitulaire de la 
cathédrale de Bayeux et ses annexes, p. 40-58. — Abbé Le Liècre : bHude 
sur l'ancien autel de la cathédrale de Bayeux aux xv* siècle, p. 8i-90. 
K. Anquelil : Présentation et collation de bénéfices du diocèse de Bayeux 
(1436-1445), p. 103-163. La dispersion des sour&s historiques relatives 
à Bayeux, p. I6i-I68. 

495. Société florimontane d'Annecy. Revue savoisienne... 
190V, 45* année. (Annecy, 1901 ; in-8», x-278 p.) — 0. Costa de Beanregard : 
Cuirasses halstattiennes découvertes à Fillinges ; Vierge en bois de Chi- 
gnin (xir siècle; p. 6-9. — F. Fenouillet : Notice sur le château et la 
famille de Pelly, p, 57-67 et 104-1 15. — Marteaux : La charte dite du comte 
Robert pour Peillonnex (1012-1019:, p. 9-10. — J. Desormaux ; Notes phi- 
lologiques [la suif ou ablette], p. 67-70. — Fontaine : Inscription de porte 
à Thuy (xv' siècle), p. 75. — M. Le Roux : Le château d'Alery, p. 87. - 
J.-F, Gonthier : Les seigneurs du château d'Alery, p. 92-97. — /.. Ritz : 
Le manuscrit de l'abbaye de Talloires au Musée Britannique, p. 137-145, 
236-246. — A, Fontaine: A travers le vieil Annecy. Le palais et le quar- 
tier de risle,p. 155- 164 et 204-200. = 1905,40' année. (Annecy, 1905;in-8«, 
x-246 p.) — ('. Marteaux : Noms de lieux dans des chartes î^de Saint-Jean 
de Genève] de 1153, 1250 et 1448, p. 125-129. — Marteaux : Montagne de 
Lâchât [étymologie],. p. 151-152. — Marteaux : Origine de Duin, p. i5k — 
J.-F. Gonthier : Les paroisses du diocèse de Ocnôve dépendant d'Ainay, 
p. 159-103. 

490. Société historique et archéologique de l'Orne, t. XXIII. 
(Alençon, 1904 ; in-8% xviii-280 p ) — Ch. Verel : Nonant-le-Pin (suite), 
p. 7-38 et 121-152. — A. Chollet : Le Pin-au-Haras, p. 75-97. — Bibliographie 
du département de l'Orne pendant l'année 1903, p. 153-187. — Marquis de 
Beauchesne : Les seigneuries mancelles du Passais normand. La Berau- 
dière en Céaucé (suite), p 188-202. — F, Daval : Inventaire des docu- 
ments pour servir à l'histoire du duché d'Alencon conservés dans les 



LVt PKRIODIQUE^ 

archives anglaises (suite), p. 203-219. ~ De Castilla : Notes sur la succès 
sion des propriétaires de la seigneurie de Carrouges, p. 220-224. 

497. Société historique et scientifique des Deuz-Sévres. Pro- 
cès-verbaux, mémoires et documents, !'• année i90o. (Niort, 1900 ; in-8', 
406 p.) —C, de Saint-Marc : Armoiries des ducs d'Aquitaine et des comtes 
de Poitou (1190-1453^ blason des rois d'Angleterre, étude historique de 
sigillographie héralaique à propos de carreaux de faïence vernissée du 
XIII' siècle, provenant de l'abbaye des Ghateliers, p. 37-15. — L. Desaiore : 
Les signes lapidaires du château Salbar, p. 00-64. — H, Clouzol : L'hôtel 
Chaumont à Niort, p. 65-80. 

498. lia Thiérache, bulletin de la Société archéologique de 
Vervins (Aisne), t. XX. (Vervins, 1901-1903 [1905] ; in-i% 144 p.) — 
Àbbé Palant : Monographie de Marie, p. 17-48. — Abbé Palant : Recherches 
sur les localités détruites du pays Marlois^ p. 49-59. — A\ Bercet : Notes 
et documents concernant les possessions de l'abbaye de Liessies à Fonte- 
nelle et Papleux, p. 65-76. — Abbé Palant : Les caves de guerre |à Marie], 
p. 120-123. 

499. Travaux de l'Académie nationale de Reims, CX V P volume, 
année 1903-1904, t. 11. (Reims, 1906 ; in-8", ix-323 p.) — Paul Hildenfinger : 
La léproserie de Reims du xii' au xvii' siècle, p. i-ix, l-3:'3etpl. = 
CXVIP volume, année 1904-1903, t. 1. (Reims, 1906;in-8°.) - D'deBovis: 
Caractères de Scythes et caractères de Slaves, p 143-160. — W Seutre : 
Les statues de Varangeville (Meurthe-et-Moselle , p. 269-273. — H. Jadart : 
La maison des musiciens et l'Académie de Reims, p. 275-294. — 
H. Jadart : Quelques anciennes statues des é^^liscs rurales du diocèse de 
Reims (Marne et Ardenues), p 295-308. — //. Jadart : Les christs de pré- 
toire, recherches sur leur orij^^inc, et quelques-uns de leurs types inté- 
ressants à Paris, k lieims et en quelques autres villes, p. 309-331. 



Abbeville. — Imprimerie F. Paillait. 



BIBLIOGRAPHIE 



LIVRES NOUVEAUX 



500. AcHER (Jean). Notes sur le droit savant au moyen âge. — Paris, 
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501. Alinari(V.). Eglises et scuole de Venise. — Paris, Fischbacher, 
1906; in-16, 339 p. (5 fr.) 

502. Annalen des Vereins fur Nassauische Altertumskunde und Ges- 
chichtsforschung, XXXV, 1906. — Wiesbaden, R. Bechtold, 1906; in-8«, 
iv-307 p., 2 pi. et 2 tableaux. 

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Paris, Vitte, 1906 ; in-16, 279 p. 

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tagne-Armorique. Trouvaille de l'époque du bronze faite à Kergoff, en 
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505. AvENEAU DE La Grancière. Vestiges romains à Quémignon en 
Cléguérec (Morbihan). — Vannes, impr. de Galles, 1905; in-8% 2 p. 

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de Monnoyer, 1906 ; in-S», 8 p. (Exlr. du Bull, de la Soc. préhist. de 
France.) 

509. Baudon (D' Th.). Un godet néolithique. — Le Mans, impr. de Mon- 
noyer, 1906 ; in-8% 4 p. (Exlr. du Bull, de la Soc. préhist. de France.) 

510. Beaupré (C" J.). Note sur les enceintes à vallum calciné. — Le 
Mans, impr. de Monnoyer, 1906; in-8% 12 p. (Extr. du Bull.de la Soc, 
préhist. de France.) 

Moyen Age, 1906 v 



LVIII UVRES NOUVEAUX 

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de tumulus signalée en 1882 par M. Chauvet. — Le Mans, împr. de 
Monnoyer, 1906 ; in-8*, 7 p. (Extr. du Bull, de la Soc. préhist. de France.) 

512. Beauriez (L. de). Robert le Fort et les origines de la race capé- 
tienne. Introduction à l'histoire des saints de la Maison de France. — 
Paris, Perrin, 1906; in-16. (2fr. 50.^ 

513. Becker (C. h.). Die Kanzel im Kultus des alten Islam. — Giessen, 
A. Tôpelmann, 1906; in-8% 21 p. (Aus OrientalUche sttuiien.) 

514. Berichte und Mitteilungen des Altertums-Vereines zu Wien, 
XXXIX Bd. - Wien, Gerold u. Sohn, 1906; în-4», iii-xvi-lî4 p. et 20 pi. 

515. Bernoulli (Rud.\ Die romanische Portalarchitektur in der Pro- 
vence; — Slrassburg, J. H. E. Heitz, 1906; in-8°, viii-87p. (Zur Kunstges- 
chichte des Auslandes. XXXVIII.) 

516. Bertoni (Giulio). Il Canzoniere provençale délia Riccardiana 
n* 2,909, edizione diplomatica preceduta da un'introduzione. ^ Halle, 
M. Niemeyer, 1906 ; in-8*, xlvi-236 p. (Gesellschaft fur romanische 
Literatur. VIII.) 

517. Besson (M.). Recherches sur les origines des évôchés de Genève, 
Lausanne, Lyon et leurs premiers titulaires jusqu'au déclin du vi* siècle. 
— Paris, A. Picard et fils, 1906; in-8V (6 fr.) 

518. Bezold (C). Das arabisch-âthiopische Testamentum Adami. ~ 
Giessen, A. Tôpelmann, 1906 ; in-8% 20 p. (Aus Orientalische studien.) 

519. Bibliographie des Bénédictins de la Congrégation de France par des 
Pères de la même congrégation.— Paris, H. Champion, 1906; in-8o. 
(12 fr.) 

520. Blanchet (Adrien). Remarques sur la bataille de Paris en Tan 52 
avant notre ère. — Paris, Leroux, 1906; in-8», 4 p. (Extr. de la Rev. 
archéologique.) 

521. Blaquière (Constant). Histoire des sanctuaires dédiés à la Vierge 
dans le diocèse de Montpellier. — Montpellier, impr. de la Manufacture 
de la Charité, 1906 ; in-8% viii-315 p. 

522. Blâtter fur bernische Geschichte, Kunst-und Altertumskunde 
hrsg. von D' Gust. Grunau, 2 Jahrg. 1906; 1 Hft. — Bern, Grunau, 1906 ; 
in-8% 87 p. 

523. BoccACE. Opère. Decameron. 2. Giornata. — Strassburg, J. H. E. 
Heitz, 1906; in-8% 130 p. (Biblioteca roraanica XXI-XXII. Biblioteca ita- 
liana.) 

524. BoROET (Louis) et Galimaro (D' Joseph). Restes de l'ancienne 
basilique de l'abbaye bénédictine de Flavigny. — Dijon, impr. de Pillu- 
Roland, 1906; in-8% 24 p. (Extr. du Bull. d*hist., de littérat. et d'art du 
dioc. de Dijon,) 

525. Bouvier (Abbé H.). Histoire de l'église et de l'ancien archidio- 
cèse de Sens, t. I : des origines à l'an 1122. — Paris, A. Picard et fils, 
1906 ; in-8% xix-475 p. (6 fr.) 

526- Rrrtaone (Pierre). Le testament en Lorraine, des origines au 



LIVRES NOUVEAUX UX 

aviii* siècle^ ses formes, son contenu et son exécution. — Paris, Berger- 
Levrault, 1906 ; in-8\ 114 p. (3 fr.) 

527. Breuil (Abbé). L'évolution de la peinture et de la gravure sur 
murailles dans les cavernes ornées de l'âge du renne. — Le Mans, impr. 
de Monnoyer (1906); in-8% 7 p. 

528. Bridrey (Emile). La théorie de la monnaie au xiv« siècle. Nicole 
Oresme. Etude d'histoire des doctrines et des faits économiques. — Paris, 
V. Giard et E. Brière, 1906; in-8\ (15 fr.) 

529. Broche (L.). Un règlement de police pour la ville de Taon au moyen 
âge (xiv« ou XV* siècle.) — Paris, Impr. nationale^ 1906 ; in-8°, 24 p. (Exlr. 
du Bull. hist. et philol. du Comité des trav. hist.) 

530. Brochet (J.). La correspondance de^ saint Paulin de Noie et de 
Sulpice-Sévère. — Paris, Foniemoing, 1906; in-8*, 112 p. 

531. Bruneau (Abbé J.). Monographie d'Alligny-en-Morvan (Nièvre). 
— AUigny, l'auteur, 1905 ; in-8% x-345 p. 

532. Brunetière (Fernand) et Labriolle (P. de). Saint Vincent de 
Lérins. — Paris, Bloud, 1906; in-16, xcviii-144p. (La Pensée chrétienne. 
Textes et études.) 

533. Cabrol (Dom F.). Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de 
liturgie. 10: Antiphone dans la liturgie grecque-Archimandrita. — Paris, 
Letouzey et Ané, 1906 ; gr. in-8% col. 2465-2752. 

534. Galmettb (J.). La famille de saint Guilhem. — Toulouse, Privât, 
1906; in-8'', 23 p. (Extr. des Annales du Midi.) 

535. Capitan (D'), Breuil (Abbé), Peyrony et Bourrinet. Fouilles à 
l'Abri-Mège à Teyjal (Dordogne). — Le Mans, impr. de MouQoyer, 1906 ; 
in-8°, 4 p. 

536. Capitan (D'), Breuil (Abbé) et Peyrony. Nouvelles observations 
sur la grotte des Eyzies et ses relations avec celles de Pont de Gaume. — 
Le Mans, impr. de Monnoyer, 1906; in-8% 4 p. 

537. Castan (A.). Notice sur l'Hôpital du Saint-Esprit de Besançon. — 
Besançon, impr. de Dodivers, 1906 ; in-S», 9i p. 

538. Catalogue général des livres imprimés delà Bibliothèque Natio- 
nale. Auteurs, t. XXV: Cau-Chailly. — Paris, Impr. nationale, 1906; 
in-8°, 1242 col. 

539. Catalogue général illustré des monnaies françaises provinciales 
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cabinet de numismatique, H, rue Rameau (1906)^ p. 207-240. 

540. Champeaux (E.). Les cimetières et les marchés du vieux Pijon. — 
Dijon, Nourry, 1906; in-8°, 89 p. (Collection d'études sur l'histoire du 
droit et les institutions de la Bourgogne. VIL Extrait des Mémoires de 
l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. 4* série X.) 

541. Champeval (J.-B.). Carlulaire des abbayes de Tulle et de Roc- 
Amadour. — Brive, impr. de Roche, 1903; gr. in-8°, 736 p. (Extr. du 
Bull, de la Soc. scientif., hist. et archéol. de la Corrèze.) 



LX LIVRKS NOI/VEAITX 

541. Chanel (Emile). Sur une sépulture de tumulus à Relignat (Ain) 
— Bourg, impr. du Courrier de TAin (1906); in-8*, 16 p. 

543. Clavel (André). Le pape Nicolas II, son œuvre disciplinaire. — 
Lyon, Ville, 1906; in-8% 9i> p. 

544. Clément (Abbé). Le village et l'ancien prieuré de Saint-Mammès 
(Seine-et-Marne). — Moret-s.-Loing, 1906; in-l6, iv-145 p. 

545. Clément-Simon (G.). Les coutumes de Montant (Gers) en 1360 et 
1471, notice et texte. — Paris, Impr. nationale, 1906; in-8% 36 p. (Extr. du 
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546. CoGHiN (Henry). Le bienheureux frà Giovanni Angellco de Fiesole 
(1387-1455). — Paris, Lecoflre, 1906 ; in-18, x-293 p. 

547. Ck)LLiNBT (Paul). Trois potes sur le Grand coutumier de France. — 
Paris, Larose et Tenin (1906) ; in-8*, 6 p. (Extr. de la Nouv. Rev. hist. de 
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548. Cote (Claudius). Bagues romaines et mérovingiennes. — Paris, 
Leroux, 1906; in-8*, 8 p. (Extr. de la Rec, archéologique.) 

549. Ck)usiN (Georges). Etudes de géographie ancienne, recherches 
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Paris, Befger-Levrault, 1906 ; in-i^, 590 p. (40 fr.) 

550. Coutil (Léon). Le cimetière franc et carolingien de Bueil (Eure), 
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figures humaines. -- Evreux, impr. de Hérissey, 1905; in-8*, 43 p. 

551. CzEPPAN (Rich.). Die Schlacht bel Crecy (26, VIII, 1346), ein Beitrag 
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552. Daenell (E.). Die Blûtezeit der deutschen Hanse. Hansische 
Geschichte von der 2. Hfillte des xiv bis zum letzten Viertel des xv 
Jabrh. —